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mardi 4 septembre 2018

Mardi 04 septembre. Nouvelles du pari bénédictin. Que le plus grand soit comme celui qui sert !


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Plutôt qu’un château fort dressé au milieu des terres, pensons plutôt à l’armée des étoiles jetées dans le ciel.
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QUAND LA BRUYERE PARLE D’UN HOMME DE PETIT GÉNIE.
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"[…]. Un homme d’un petit génie peut vouloir s’avancer : il néglige tout, il ne pense du matin au soir, il ne rêve la nuit qu’à une seule chose, qui est de s’avancer. Il a commencé de bonne heure, et dès son adolescence, à se mettre dans les voies de la fortune : s’il trouve une barrière de front qui ferme son passage, il biaise naturellement, et va à droite ou à gauche, selon qu’il y voit de jour et d’apparence, et si de nouveaux obstacles l’arrêtent, il rentre dans le sentier qu’il avait quitté ; il est déterminé par la nature des difficultés, tantôt à les surmonter, tantôt à les éviter, ou à prendre d’autres mesures : son intérêt, l’usage, les conjonctures le dirigent. Faut-il de si grands talents et une si bonne tête à un voyageur pour suivre d’abord le grand chemin, et s’il est plein et embarrassé, prendre la terre, et aller à travers champs, puis regagner sa première route, la continuer, arriver à son terme ? Faut-il tant d’esprit pour aller à ses fins ? Est-ce donc un prodige qu’un sot, riche et accrédité.
             "Il y a même des stupides, et j’ose dire des imbéciles, qui se placent en de beaux postes, et qui savent mourir dans l’opulence, sans qu’on les doive soupçonner en nulle manière d’y avoir contribué de leur travail ou de la moindre industrie : quelqu’un les a conduits à la source d’un fleuve, ou bien le hasard seul les y a fait rencontrer ; on leur a dit : ‘Voulez-vous de l’eau ? Puisez’ ; et ils sont puisé."
In
[Jean de] La BRUYÈRE.
Les caractères. Présenté par Marcel JOUHANDEAU.
Le Livre de Poche, Classique, N°1478-1479.
Chapitre De la société et de la conversation. N°38.
Éditions Gallimard et Librairie Générale Française (pour le copyright), Paris, 1965. (Page 146.)
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CONTREPOINT DE GUSTAVE THIBON.
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"Un noble de l’ancien régime pouvait, sans cesser d’être respecté et obéi, traiter ses serviteurs avec une extrême familiarité ; un parvenu moderne est obligé de compenser par un autoritarisme mort, l’absence d’autorité vivante et de marquer d’autant plus ses distances qu’elles n’existent pas en réalité. L’égalitarisme le plus malsain devient fatal dès que la hiérarchie sociale n’est plus fondée que sur des différences de fortune. Pour que le peuple respecte et suive spontanément ceux qui le gouvernent, il faut qu’il sente que ces derniers le dominent par autre chose que l’argent. D’où la nécessité de diminuer entre les hommes les écarts de fortune au profit de différences de caste, de tradition, de culture, etc., ou, tout au moins, d’asseoir les différences des fortunes sur des différences humaines. Mais quelle hideuse caste de maîtres que cette populace dorée. […]."
In
Gustave THIBON.
Diagnostics. Essai de physiologie sociale. Chapitre Sur l’égalité et le problème des classes.
Librairie de Médicis, Paris, 1942. (Pages 37.)
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COMMENTAIRES.
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Ils seront illustrés par des liens :



Et par cette parole du Maître que le parieur fait sienne :

"Il n’en sera pas de même au milieu de vous. Mais quiconque veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur ; et quiconque veut être le premier parmi vous, qu’il soit votre esclave. (Matthieu 20, vv 26 et 27.

Madame Saal a payé sa dette à la société puisqu’elle a été condamnée pour mésusage de l’argent public. Et, comme je l’ai déjà, ce jugement porte sur le for externe. Nous n’avons pas à juger au for interne. Ce que nous pouvons dire simplement est qu’il est difficile de demander au peuple d’être civique quand on promeut un (déjà) haut fonctionnaire à une fonction plus haute encore et mieux, beaucoup mieux rémunérée, tandis qu’on rogne sur les retraites dès qu’elles dépassent 1200 euros par mois. C’est tout simplement incompréhensible…

Le parieur bénédictin, cependant, n'a rien d'un envieux. Il poursuit sa route ; il sait que la porte est étroite, que le chemin est raboteux. Qu'importe, puisqu'il mène à la vie., la vraie, la vie éternelle. Mais cela ne l'empêche pas d'être lucide.


samedi 15 juin 2013

Les grands et le peuple, deuxième billet du 15 juin 2013

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Avant que vous ne lisiez ce deuxième billet, je vous invite à prendre connaissance du premier, consacré à la Résistance... Je m'absente jusqu'à lundi matin, et reprendrai donc mes billets lundi après-midi. Mais avant de partir, je voudrai vous faire part de ce que Gustave THIBON disait du rapport entre ceux qu'il appelle LES GRANDS d'une part et LE PEUPLE de l'autre. Il y a matière à réflexion, quand on considère les abus et les scandales qui  fleurissent chez les premiers et les douleurs qui gémissent chez le second. Voici les paroles qu'il met dans la bouche d'un homme du peuple. Hors contexte, on pourrait croire qu'il considère comme bas tous ceux du peuple, mais ce n'est pas le cas, comme vous l'allez voir :
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"Tu n'avais pas le droit de me ressembler, peut dire l'homme d'en bas à l'homme d'en haut. Tu as exaspéré et déchaîné ma bassesse en me révélant le tienne. L'envie qui me dévore aujourd'hui n'est que le cadavre de ma vénération d'hier. Tu as tué en moi le sens vivant de la hiérarchie, la douceur et la noblesse de l'obéissance. Elle a eu certes la vie dure, CETTE IMAGE DE TA JUSTICE ET DE TA BONTÉ, il a résisté longtemps ce pauvre respect ébloui qui berçait mes rêves et ma fatigue, mais il a bien fallu qu'il succombe à la fin sous tes coups. Tu as fini par me prouver que tu me ressemblais. Eh bien ! je veux maintenant que nous nous ressemblions tout à fait (cette volonté s'appelle révolution, égalitarisme, communisme...) - Pressens-tu le mal que tu m'as fait ? La justice et l'amour m'ont menti par ta bouche. Tu m'as amputé de la meilleure partie de moi-même : ma confiance en toi, et en tout l'ordre humain et divin que tu représentais. Car tu étais aussi pour le peuple le support et le messager du ciel, et l'image de Dieu s'est pourrie en moi avec ton image. Par ta faute, je me suis senti seul et orphelin, j'ai perdu ce sentiment d'une grande réalité supérieure à moi et qui me portait, me gardait et nourrissait dans mon cœur une résignation sans amertume ET UNE ESPÉRANCE SANS FIÈVRE ; j'ai cessé de me sentir dépassé, je n'ai plus rien vu au-dessus de moi-même - au-dessus de ma platitude et de ma faiblesse SI CE N'EST LE MENSONGE. Comprends-tu maintenant que j'essaie de recréer le monde à ma misérable image ?" (In Diagnostics. Essai de physiologie sociale.)
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Ce texte d'une profondeur confondante se passe de commentaires. Il convient de le méditer et d'exiger de nos responsables politiques, quel que soit le niveau de leur responsabilité, de nous donner la preuve de cette grandeur d'âme et de ce dépassement d'eux-mêmes. Je ne suis pas bien sûr que nous en prenions le chemin.