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vendredi 2 septembre 2016

01er septembre 2016. Nouvelles de la Résistance. La philosophie contre l'ensorcellement de l'intelligence par l'idéologie

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Ce n’est pas l’ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c’est la lâcheté !
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"La philosophie est une lutte contre la manière dont le langage ensorcelle notre intelligence."
Ludwig WITTGENSTEIN.
In
Tractatus logico-philosophus (certains auteurs attribuent cette citation à Henri BERGSON, ce qui ne semble pas être le cas.)
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2. COMMENTAIRES.
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Le commentaire le plus autorisé de cette citation est celle d’une chercheuse marocaine qui ridiculise, par le raisonnement, l’incommensurable bêtise bernanosienne d’Edwy PLENEL Elle montre comment le langage connoté, idéologique de cet homme, est faux, manipulateur et dépourvu de toute réflexion.

Réponse d'une Marocaine (et pas n'importe qui) de culture musulmane au plaidoyer d'Edwy Plenel en faveur du caractère banal et anodin du burkini. (D’un correspondant et ami alsacien.)

A vous entendre pérorer sur la liberté vestimentaire des femmes musulmanes, confortablement installé dans une démocratie centenaire dont les institutions sont solidement ancrées et où les libertés individuelles sont sacralisées, je sens mes cheveux se dresser sur ma tête non voilée et la colère m'envahir.
Vous dites que le burkini est un vêtement comme un autre alors que le terme lui-même est un carcan pour les femmes puisqu'il veut dire un mélange entre la burqa (voile total) et le bikini, vêtement de plage. Il ressemble à s'y méprendre à une combinaison de plongée sous-marine avec en plus une capuche qui couvre la tête. Imaginez ce qu'éprouve une femme ainsi couverte, sous le soleil !
Non Monsieur Plenel, le burkini n'est pas un vêtement comme un autre et je sais de quoi je parle puisque je suis une femme de culture musulmane et vivant dans un pays, le Maroc, où l'islam est religion d'Etat. Pays où les droits des femmes ont évolué vers plus de liberté grâce aux femmes qui se sont battues becs et ongles pour que leur voix soit entendue et leur place dans l'espace public reconnue et qui continuent leur lutte encouragées par une volonté politique même si le gouvernement actuel est à majorité islamiste.
Cependant, leurs droits ne sont pas à l'abri d'une régression par ces temps où la pratique de l'islam est plus une ostentation qu'une dévotion.
Quand, Monsieur Plenel, vous comparez le burkini à la soutane en parlant de la sacro-sainte liberté individuelle, vous oubliez une chose importante c'est que la soutane est un habit porté par des personnes qui font de la religion une profession et bien entendu ne doivent aucunement être discriminées même lors de la séparation de l'Église et de l'Etat.
A l'opposé, le burkini n'est pas un vêtement professionnel mais une suite logique du voile et de la burqa. C'est un carcan sophistiqué dans lequel on enferme les femmes sur les plages qui sont censés être des lieux de villégiature et de détente. Par ce genre de vêtement, le corps des femmes est entravé afin, parait-il, de ne pas mettre sans dessus dessous la libido masculine !
Qu'une personne qui a votre audience dans les médias français et francophones, affirme que le burkini est un vêtement dans lequel une minorité se cherche et qui est une mode passagère me choque car vous oubliez que les musulmans ne sont pas une minorité, l'islam étant la deuxième religion de France et que par conséquent le burkini pourrait y constituer un danger pour les femmes toutes confessions confondues.

D'autre part, votre permissivité creuse la tombe des droits acquis par les femmes vivant dans les pays musulmans, pays qui auront vite fait de légitimer cette entrave au corps féminin et toute autre en s'appuyant sur votre notoriété!
Je ne sais pas si vous en avez connaissance mais, dans ces pays musulmans, nos mères portaient, dans les années soixante, le maillot sur les plages et leurs corps profitaient librement du soleil avant qu'il ne se résume à leur entrejambes. De nos jours, nombreuses sont les femmes qui évitent de porter le maillot à la plage de peur d'être agressées par les fous de la religion qui ne sont en fait que de simples obsédés du sexe.
Non Monsieur Plenel, le burkini n'est pas un vêtement comme un autre. Il fait partie d'une stratégie qui, si elle est encouragée par des avis permissifs, finira par arriver à son but final : interdire l'espace public aux femmes!
Fatiha Daoudi

(Docteur en science politique, diplômée de l’Université de Grenoble Alpes.
Licenciée en droit privé et titulaire d’un master en droits de l’Homme et libertés publiques, elle a orienté ses recherches sur le vécu des populations des frontières algéro-marocaines depuis leur fermeture en 1994.
Elle est chercheuse associée au Centre Jacques Berque de Rabat et auteure d’études et de rapports.
Elle est également militante des droits humains, membre de plusieurs associations et experte en genre et en droits humains auprès d’organismes internationaux.)
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3. INFORMATIONS DIVERSES.
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Mgr REY, un grand évêque, un évêque courageux (du site Observatoire de la chritianophobie).


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Le 600 de La Manif Pour Tous à Saint-Brieuc (Barrage de la Saint-Barthélémy).

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Monsieur HOLLANDE à ORLEANS. David aussi ! (Du Site du Salon beige).



dimanche 6 septembre 2015

06 septembre 2015. Nouvelles de la Résistance. Un évêque, un vrai, Mgr Dominique Rey. Premier billet du jour

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Je pille encore, pour ce premier billet du jour, un article publié sur le site du Boulevard Voltaire, plus exactement une interview de Mgr REY, par Charlotte d'ORNELLAS.

« Nous refusons d’être les otages de moralismes mondains et médiatiques »
Interview de Mgr REY, évêque de FREJUS et TOULON par Charlotte d’ORNELLAS.

"L’Église prône sans cesse le dialogue mais une partie de celle-ci le refuse avec le Front National… Vous avez choisi d’inviter Marion Maréchal le Pen à l’université d’été de l’observatoire sociopolitique de votre diocèse. Pourquoi ?
L’Eglise est « sacrement de l’unité du genre humain » (Concile Vatican II). Elle est donc un lieu de communion, et cette communion se fait autour du Christ et du message de vérité qui retentit dans son Eglise. Pour rassembler dans l’unité les « brebis dispersées », Jésus-Christ s’est adressé à tous dans sa vie publique, même à ses contradicteurs et à ses adversaires, même à ceux qui lui crachaient au visage. Nous n’allons pas commencer à faire l’inverse et attiser la culture du rejet et du déchet. Paul VI disait : « l’Église est en conversation avec le monde. »
L’Église dialogue avec tous, même avec ceux qui la rejettent, refusent ou déforment son message de salut. Il revient ensuite aux chrétiens d’opérer, au cœur de ce dialogue, un discernement évangélique pour retenir ce qui est conforme à l’enseignement du Christ, porter un regard critique, voire dénoncer ce qui contrevient à sa doctrine sociale. À la suite de nombreux sociologues, je constate une tendance profonde de notre société post-moderne à la fragmentation sociale, au repli narcissique et anxiogène sur soi, mais aussi à la polarisation médiatique par le prêt-à-penser qui entretient la radicalisation de certains groupes et promeut une lecture idéologique dialectique. On rejette ceux que l’on soupçonne de rejet ! Face à cette spirale clivante, l’Église promeut la rencontre avec tout homme, quelque soit sa race, son opinion. Mais accueillir et écouter ne sera jamais cautionner ou canoniser une position politique. Je note qu’à la table ronde de la Ste Baume, se trouvaient rassemblés dans un débat contradictoire Marion Maréchal le Pen (FN), Hervé Mariton (Les Républicains) et Simon Renucci (DVG), Arnaud Le Clere (Sens Commun) Les questions qui leur ont été adressées ont été sans concessions, (l’accueil de l’étranger, quelle conception du libéralisme et de l’Europe ?) Dans des échanges directs et sereins, les critiques n’ont pas manqué mais elles se sont exprimées dans un climat de respect mutuel sans tomber dans l’invective ou la diabolisation.
Dialoguer avec les autres partis ne semble pas poser problème, pourtant aucun n’est irréprochable du point de vue catholique ?
Beaucoup de principes d’humanité sont aujourd’hui maltraités. Je ne vois aucun parti politique qui soit en totale adéquation avec la doctrine sociale de l’Église. La Conférence des Evêques de France a dénoncé à plusieurs reprises certaines postures et thèses du Front National. On pourrait aussi relever l’incompatibilité de certaines positions de plusieurs partis politiques par rapport au Magistère de l’Église. Il est donc de notre devoir de nous adresser à toutes les sensibilités politiques sans nous transformer en moralistes pour décerner les bons points et les brevets de respectabilité. L’Église s’adresse à des gens qui ne pensent pas comme elle. Elle croit en la force de la Vérité qu’elle tient du Christ. Tous les médias utilisent les débats contradictoires pour éclairer l’opinion publique. L’université d’été a choisi cette procédure en permettant à des opinions divergentes de se confronter à partir des points non négociables de la pensée de l’Église que relevait en son temps Benoît XVI : respect de la vie humaine depuis sa conception jusqu’à sa mort naturelle ; protection de la famille « naturelle » ; liberté de conscience et d’expression de sa foi ; accueil du pauvre, de l’étranger et des personnes fragiles ; solidarité entre les hommes et entre les peuples ; valorisation du travail humain, sauvegarde de la planète…
N’était-il pas temps d’inviter à la table des discussions un parti plébiscité par un grand nombre de Français ?
Que l’on soit d’accord ou non avec le Front national, nous ne pouvons que prendre acte qu’il a bénéficié de beaucoup de suffrages de nos concitoyens (près de 40 % dans le Var). L’Église fait le choix d’écouter toutes les personnes, même celles qui ne se rallient pas à ses convictions. Le pape François nous invite à nous ouvrir aux périphéries existentielles. Les périphéries politiques en font partie. À titre personnel, je n’ai aucun problème à recevoir des élus de droite, du centre ou de gauche, d’extrême droite ou d’extrême-gauche et à dialoguer avec elles toutes ! On ne peut réduire l’invitation adressée à Mme Marion Maréchal le Pen à une promotion et à une labellisation du FN, même si certains médias ont voulu nous en convaincre. Plus l’Église s’ouvre au monde, plus elle est elle-même, mais dans cette ouverture vers l’universel, il nous faut refuser d’être les otages des moralismes mondains et des récupérations médiatiques qui nous enferment dans le politiquement correct et briment la liberté du dialogue. Plus largement, cette polémique questionne la manière dont on pense aujourd’hui le positionnement de l’Église par rapport à la vie politique et par rapport aux médias. Tel était le thème des universités de la Sainte Baume."
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Je précise que le Grand Séminaire du diocèse de FREJUS-TOULON est plein de candidats au sacerdoce, et que le diocèse compte un grand nombre de communautés nouvelles, apostoliques et caritatives. Il doit bien y avoir une raison.
Un autre évêque est en train de renouveler la vie de l'Eglise de BAYONNE, Mgr Marc AILLET. Ce sont là des pasteurs qui, quoiqu'en disent les médias, savent unir justice et charité (curieusement, cersont là les deux principes de la morale selon SCHOPENHAUER, athée convaincu !)


samedi 5 septembre 2015

05 septembre 2015. Nouvelles de la Résistance. Une remarquable analyse de Philippe de Saint-Germain. Premier billet de ce jour.

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Je le confesse. Pour ce premier billet du jour, j'ai pillé le site (remarquable) de LIBERTE POLITIQUE (http://www.libertepolitique.com/), en vous retranscrivant dans sa totalité l'article de Philippe de SAINT-GERMAIN relatif à la présence de Marion MARECHAL-LE PEN à l'Université catholique de la SAINTE-BAUME. Plus que jamais cet article donne raison à notre devise :

Ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté !

Les imbéciles n'ont rien d'autre à dire ou à faire que d'éructer leurs imprécations contre de fantasmatiques ennemis, le cul bien calé dans leur fauteuil. Ils nous cassent singulièrement les gonades (mes lecteurs comprendront cette analogie anatomique).
Voici l'article. Je vous en supplie ! Lisez-le de fond en comble. Une justesse rare dans ce monde qui baigne dans la boue depuis des années.
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1. Article de Philippe de SAINT-GERMAIN.
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"La présence de Marion Maréchal-Le Pen, samedi 29 août 2015, à un débat organisé par le diocèse de Fréjus-Toulon a soulevé un tollé. En invitant l’élue FN du Vaucluse à la Sainte-Baume, le sanctuaire de Marie-Madeleine, Mgr REY donne une leçon politique : la grandeur de la politique est morale, mais elle ne peut défendre la morale en cessant d’être politique.
C’EST LE GRAND MAL français : dans le pays de l’idéalisme cartésien, on confond morale et politique, et surtout moralisme et politique. L’incantation des grands principes tient lieu d’efficacité politique. Plus vos principes sont purs et intraitables, plus vous êtes légitime. Il ne s'agit pas de résoudre des problèmes, de faire progresser le bien dans le champ miné du possible, mais de dire le bien et condamner le mal. Cette confusion a de fâcheuses conséquences. En cantonnant les principes aux discours et à l’anathème, on réduit la décision politique à une affaire de techniciens et de gestionnaires. Et quand les principes fonctionnent comme des impératifs catégoriques a priori, propres mais inatteignables, on gouverne dans l’émotion et le mensonge. Le résultat est constant : on n’obtient le contraire des résultats escomptés.
Les bonnes consciences.
Voyez le drame des migrants. La photo atroce d’un petit bonhomme noyé sur les côtes turques bouleverse l’Europe entière et les indignés s’affolent. Mais ce sont les bonnes consciences qui ont laissé pourrir la situation, provoquant ces exodes en masse, avec leur lot de malheurs et d’accidents tragiques. Pour les indignés, la mesure du problème est l’horreur de l’événement, pas la réalité du bien commun. En opposant le juste droit des personnes à l’injuste réalité politique de la vie des peuples, on s’enferme dans des problématiques insolubles. Pour être morale et généreuse, la politique doit prendre des décisions par définition imparfaites, parfois douloureuses, parce que collectives. Toutes choses égales, le tonnerre de critiques indignées contre l’invitation de Marion Maréchal-Le Pen à l’université catholique de la Sainte-Baume illustre cette confusion entre morale, moralisme et politique. Non seulement le moralisme n’est pas la morale, mais la politique qui refuse la réalité au nom de la morale n’est ni morale, ni politique. Le Front national existe-t-il, oui ou non ? En brisant le tabou du dialogue interdit, Mgr Rey a donné une leçon politique aux professeurs de morale qui refusent le réel qui ne leur plaît pas.
Une société archaïque.
Qui veut faire l’ange fait la bête. En France, ce n’est pas un hasard si les adorateurs de la laïcité sont des idolâtres du pouvoir politique sans limites, si les prêcheurs de l’égalité à l’école creusent les inégalités scolaires, si les défenseurs de « l’accueil de l’étranger » fabriquent à la chaîne des miséreux sans toit, sans travail et sans racines. Mais comme le réel résiste, on donne dans la surenchère hystérique avec l’incantation des « valeurs »… et le bannissement de l’opinion non-conforme, car il faut bien se justifier. Surtout, il faut trouver un responsable pour expliquer ses échecs. La société postmoderne est une société archaïque qui a besoin de son bouc-émissaire. Et dans une société archaïque, on ne dialogue pas avec le bouc-émissaire. Le danger, c’est l’« autre ». Celui qui ne marche pas dans la combine. Celui qui casse l’ambiance du consensus dominant autour des bien-pensants.
Les médiations nécessaires.
Ce moralisme politique n’a rien à voir avec la politique.  La politique cesse d’être politique quand elle ne vise plus le bien de la communauté dans son ensemble. Si le bien moral se choisit librement par chaque personne, il ne peut pas être choisi collectivement de façon unanime. D'où la nécessité, dans une société libre, d'utiliser des médiations pour conduire la collectivité vers le bien. C’est le rôle apaisant et constructif de la culture, de la loi, mais aussi du débat des idées, des contacts entre les partis politiques, des échanges culturels et sociaux au sein des corps intermédiaires. Une politique morale et non moraliste ne sépare pas les principes de l’action, des circonstances et des hommes, et se pratique dans la liberté.
Le dialogue ou la guerre.
Il en est de même en politique internationale, où la relation avec le protagoniste, ami ou ennemi, a les mêmes obligations : une diplomatie moraliste, comme la diplomatie des droits de l'homme, se bloque dans les principes au lieu de défendre prosaïquement les intérêts de son pays. Avec l’ennemi, son choix est pur, mais nul : ou le refus du dialogue, ou la destruction de l’adversaire. Sa seule issue est la guerre. Et à défaut, comme les solutions militaires sont toujours difficiles à faire admettre (hors les confortables bombardements), il reste l’attentisme qui renforce l’ennemi. L’exemple de la politique étrangère de M. Fabius à l’égard de la Syrie de Bachar al-Assad le montre sans peine, comme le fut celle de M. Juppé avec Kadhafi.
Puritanisme idéologique.
En France, ce moralisme politique est pratiqué ad nauseam, et le cordon sanitaire dressé autour du Front national procède de ce puritanisme idéologique. Qu’on sache, ce n’est pas le FN qui est responsable de la montée du chômage, de l’insécurité, des drames de l’immigration. Ce n’est pas le FN qui a déstabilisé les pays musulmans où sont persécutés les chrétiens d’Orient. Ce n’est pas le FN qui a voté les lois sur le divorce, l’avortement, l’euthanasie, la dénaturation du mariage. Le FN n’est pour rien dans les inégalités produites par les délires idéologiques du pédagogisme officiel de l’Éducation nationale. Le FN n’est pour rien dans l’explosion de la dette publique. Ces fiascos, ces dérives libertaires, ce sont les partis de gouvernement qui en sont responsables ; en quoi sont-ils plus convenables que d'autres ? On peut penser que les remèdes proposés par le Front national ne sont pas acceptables, voire dans certains cas pires que le mal — c’est un autre sujet — mais ce n’est pas en refusant de discuter avec le parti-miroir de ses échecs que l’on va progresser. Ce serait au mieux une fuite en avant de plus, et le paravent commode de ses lâchetés.
Refuser l’extrémisme de l’exclusion.
Les élus du Front national sont les élus d’un parti reconnu par la République, et choisi par de plus en plus de Français exaspérés par la politique des partis convenables, et la morale commanderait de refuser la discussion avec lui ? C’est cet ostracisme intransigeant qui est pire que le mal, comme si la violence et le refus de la réalité étaient les seules réponses possibles. La prudence politique, qui conjugue le nécessaire et le possible, se pratique toujours en tension autour d’un certain juste milieu. Ce juste milieu n’a rien à voir avec le consensus mou, mais il refuse l’extrémisme de ces opposants qui s’excluent l’un l’autre. Mgr Rey n’a pas dit autre chose en affirmant que « le refus du dialogue entretient le fanatisme ».
Les conditions du dialogue vrai.
La première condition du bien commun est la paix civile, la première mission du politique est de réaliser les conditions de la paix civile. On reproche au Front national d’entretenir un climat de peur et d’exclusion, mais qui a peur de qui ? Commençons par ne pas avoir peur de la réalité, et d’affronter la réalité politique telle qu’elle est. En recevant une élue politique en situation d’exercer des responsabilités importantes, en lui donnant l’occasion de s’exprimer, de confronter ses points de vue avec les catholiques et d’autres élus, l’évêque rend un service politique dont la communauté nationale devrait se réjouir, a fortiori s’il contribue à casser une dialectique de la proscription qui exacerbe les tensions sans rien résoudre. En outre, l’évêque de Fréjus-Toulon est strictement resté dans son rôle comme créateur de liens, sans céder d’une manière ou d’une autre sur les exigences non-partisanes de sa fonction ni sur le contenu de l’enseignement de la doctrine sociale de l’Église. Comme l’a dit Mgr Macaire, évêque de Fort-de-France, et ancien prieur du couvent dominicain de la Sainte-Baume : « L’Église est la seule à pouvoir discuter avec tout le monde sans perdre son âme. » L’Église de France peut aider la société française à sortir de ses archaïsmes antipolitiques, non en baptisant les partis, mais en rétablissant les conditions d’un dialogue en vérité entre tous, sans concession.

Philippe de Saint-Germain."