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mardi 28 septembre 2010

Referendum en Turquie

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Un de mes lecteurs me presse de donner un avis sur les résultats du référendum qui a eu lieu en TURQUIE le 13 septembre de cette année. Pour dire les choses comme je les sens, je n'ai pas de compétences particulières pour donner un avis motivé. Mais je me suis quand même renseigné.
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Le référendum a été soumis au suffrage des 50 millions de votants que compte la TURQUIE. Il a été proposé par le Premier Ministre Recip Tayyik ERDOGAN, leader du parti islamo-conservateur au pouvoir. Il visait à permettre le jugement de militaires, auteurs de coups d'Etat ou de tentative de coups d'Etat, devant des juridictions ordinaires, d'une part, et à changer le mode de désignation des juges à la Cour Constitutionnelle, de l'autre. Il a été approuvé par 58 % des votants. Ainsi se trouve modifiée la constitution de 1980, promulguée après un coup d'état militaire qui a fait de très nombreuses victimes. Le parti kurde avait appelé à l'abstention. Ce résultat est un grave échec pour monsieur Kemal KILICDAROGLU, le leader du parti kémaliste, parti attaché à la laïcité telle qu'elle a été instaurée par Kemal ATATÜRK après la première mondiale.
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Les défenseurs traditionnels de la laïcité turque sont les militaires et les juges, et l'opposition kémalistes voit dans l'initiative de monsieur ERDOGAN une tentative de ré-islamiser le régime. D'après ce que j'ai lu, il semble que les modifications proposées n'aient aucun caractère confessionnel. Elles ont été saluées (inconsidérément selon moi) par plusieurs membres de la Commission Européenne qui, à la remorque des Etats-Unis, désirent voir la TURQUIE adhérer à l'Union, (malgré les réticences de madame MERCKEL et le refus affiché du Président SARKOZY), et voient dans ces modifications un pas important vers la démocratie.
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Il ne faut pas accepter la rentrée de la TURQUIE dans l'Union Européenne. La TURQUIE est une grande puissance asiatique, peuplée de quelque 70 à 75 millions d'habitants. Et la possession d'un confetti territorial sur la rive européenne du BOSPHORE ne saurait effacer ces deux réalités, l'une géographique, l'autre démographique. La TURQUIE jouxte l'IRAN, l'IRAK et la SYRIE. Il lui est impossible de surveiller les frontières qui la séparent de ces pays. La faire rentrer dans l'Union augmenterait encore la perméabilité de ces fragiles barrières et donneraient licence à de nombreux esprits malintentionnés pour rentrer en Europe afin d'y exercer leur trafics (drogues, notamment) ou leurs attentats. Par ailleurs, le poids démographique de la TURQUIE lui donnerait dans les instances exécutives de l'Union, une influence sans aucun rapport avec son importance économique et politique. Enfin, intégrer dans l'Europe une population musulmane de cette importance reviendrait à bouleverser un équilibre culturel et religieux déjà bien fragile.
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De plus, il faut savoir que l'on parle des langues turques, relativement intercompréhensibles, de la Mer EGEE à l'Océan Pacifique. Rien ne dit qu'un homme politique intelligent et ambitieux ne parvienne à fédérer ces nations turcophones d'Asie centrale et extrême-orientale, et à les incorporer dans une Union Européenne dont la TURQUIE serait devenue membre.
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Le projet intégrationniste est d'une rare folie et je doute que les Grecs, chassés de l'antique IONIE par les Turcs, ou les Arméniens, massacrés en 1915, goûtent une telle intégration.
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Voilà, cher POTOMAC, ce que je peux dire, mais encore une fois sans aucune compétence particulière, seulement une intuition.

dimanche 13 décembre 2009

Démocratie et minarets

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Les citoyens de la Confédération Helvétique ont donc voté : ils ne veulent pas que l'on construise de minarets dans leur pays. Ils n'ont pas dit "mosquées", ils ont dit "minarets". Ce vote a entraîné la réprobation de nombreuses organisations, partis, personnalités, et c'est surtout en France que la réprobation a été la plus incisive et la plus venimeuse.
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Première observation : ce vote a été rendu possible, au titre des référendums d'initiative populaire, parce que le nombre requis de citoyens l'ont expressément demandé. Il y a eu un débat avant le vote. L'alternative était claire : oui ou non ; en ce sens elle satisfaisait au théorème de CONDORCET qui dit que l'opinion majoritaire ne peut être connue si plus de deux choix sont ouverts au suffrage. Enfin, comme le veut la constitution helvétique, la double majorité, celle du peuple, et celle des cantons a été atteinte. On peut raisonnablement conclure que le processus était démocratique au sens où l'entendent nos chers philosophes des Lumières : c'est bien l'opinion majoritaire du peuple suisse qui a été exprimée par ce vote.
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D'où vient donc la réprobation des contempteurs de nos voisins ? Car elle a bien une origine. On peut observer que ceux qui critiquent les résultats sont clairement des démocrates. La réprobation ne jaillit pas d'un supposé viol du principe démocratique qui leur est si cher (il y aurait pour eux une contradiction insoutenable) : il attribue au peuple et au peuple seul la souveraineté, et ce principe a bien été respecté. La réprobation prend ailleurs son origine. Je vois deux ou trois justifications aux critiques : (a) la première est que le résultat du vote ne satisfait pas l'idéologie de ceux qui s'en désolent ; le peuple aurait raison quand il va dans le sens de leur idéologie ; il est manipulé, il est la proie des passions, il vote sous le coup de l'émotion et son opinion n'a pas de valeur, quand il va dans le sens contraire. On met donc ici l'idéologie au-dessus de la démocratie, et c'est clairement un point de vue totalitaire ; (b) la deuxième origine, plus respectable, est que dans une démocratie où la souveraineté du peuple est déléguée à des représentants élus, il y a des débats plus approfondis, des filtres de procédure, de discussions en commission, d'accumulation d'informations sur les causes et les conséquences de la proposition ou du projet de loi, et que la formule finalement adoptée est celle d'un compromis, imparfait certes, boiteux sans doute, dans lequel majorité et minorité se retrouvent ; (c) il y a une troisième origine possible : celle d'une exigence morale qui transcende toutes les petites ou grandes bassesses de l'âme humaine, depuis la vengeance jusqu'à la crainte. C'est, en gros, la position du Vatican, qui a exprimé un avis très critique sur ce vote.
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Dans tous les cas, on voit que le principe démocratique n'est jamais appliqué, sauf en Suisse. Il est violé (totalitarisme de l'idéologie), édulcoré (démocratie représentative), ou surplombé par des exigences morales qui ne dépendent pas des circonstances du moment, et valent pour tous les temps ou tous les lieux. Mais dans tous les cas aussi, sauf celui de la Suisse, les acteurs politiques placent au-dessus du principe démocratique, soit la volonté de puissance, soit le compromis réaliste, soit l'exigence de vérité.
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L'affaire des minarets est très révélatrice de l'illusion dans laquelle nous vivons. Il n'y a pas de volonté collective car dans nos régimes représentatifs, les solutions adoptées ne satisfont jamais chacun des membres de la collectivité. Il est vrai que nous acceptons théoriquement la règle démocratique qui exige de chacun des citoyens qu'il s'incline devant la loi de la majorité ; c'est bien le seul point d'accord, et cela est vrai aussi pour la Suisse, malgré la clarté du choix proposé, qui empêche que l'on nuance les décisions et les lois. Mais aucun citoyen n'est totalement satisfait des solutions adoptées. Et l'insatisfaction prend sa source en de multiples lieux : celui du sordide intérêt parfois, de l'aveuglement ou de l'ignorance souvent, celui des principes idéologiques, et celui bien plus noble, bien plus fécond, bien plus exaltant qui veut notre préférence pour Dieu et non pour les hommes. Je vais plus loin encore : nos choix, nous les faisons en fonction des idoles que nous nous sommes forgées.
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Thérèse de Lisieux disait : "C'est la confiance, et rien que la confiance qui peut nous conduire à l'amour". Je n'aurais pas eu le courage de voter oui aux minarets si j'avais été suisse, car je n'aurais pas eu confiance... Voilà sans doute où est le noeud du problème.

lundi 7 juillet 2008

La démocratie selon madame Hidalgo

Selon madame HIDALGO, il ne serait pas démocratique (sic) de consulter les parisiens sur la modification des hauteurs limites qu'il convient d'assigner aux tours dont on projette la construction à PARIS. Madame HIDALGO, je vous le rappelle, est adjointe au maire et en charge de l'urbanisme. Pourquoi ne serait-il pas démocratique de demander aux Parisiens s'ils acceptent ou non que l'on construise des tours immenses et folles, aussi laides et verruqueuses que la Tour MONTPARNASSE ou que les tours de la DÉFENSE, qui injurient toutes l'azur et le soleil ? Eh bien je vais vous le dire. La problématique de l'évolution urbaine de Paris est trop complexe (sic et resic) pour être tranchée par référendum. En d'autres termes, madame HIDALGO entend bien se moquer de la règle imposée par les Verts qui exigent que les tours ne fassent pas plus de 37 m de hauteur. Ainsi, l'adjointe entend multiplier les exceptions sur plusieurs sites de la périphérie parisienne : BATIGNOLLES, BERCY, PORTE DE LA CHAPELLE, PORTE DE MONTREUIL, MASSENA, PORTE DE VERSAILLES. Vous noterez que ces quartiers ne sont pas forcément hantés par les membres de la haute bourgeoisie germano-pratine ou paludique (LE MARAIS ! Le bien nommé). Ce sont encore les plus vulnérables des parisiens qui vont se voir imposer un urbanisme délirant. En effet, ils n'ont pas les connaissances nécessaires (dixit madame HIDALGO) pour décider de ce qui est bon pour leur cadre de vie. Mais ils ont un excellent discernement quand il s'agit de voter pour le PS, ce qu'ils ont fait majoritairement. C'est se moquer du monde. Ou bien on croit à la démocratie, ce mot qui ne cesse de fleurir sur les lèvres des personnalités politiques de tous bords, et l'on estime que des questions aussi concrètes que les constructions de tours peuvent être tranchées par le peuple, ou bien l'on n'y croit pas, et l'on demande à quelques élites restreintes, de préférence bien pensantes, de coopter quelques copains et copines pour décider au nom et à la place du peuple. Il me semble que, dans le cas d'espèce, c'est la deuxième solution qui a été choisie.
S'il s'agissait de prendre des options diplomatiques ou militaires lourdes, on comprendrait qu'il fût impossible au peuple de voter en connaissance de cause, quantités de données ne pouvant être diffusées. Mais pour ce qui est de la construction de tours, il me paraît incroyable que l'on dénie à ses concitoyens les capacités de choisir. En réalité, ces tours sont destinées à loger un maximum de personnes en un minimum d'espace, dans l'espoir de s'en faire des clients et des électeurs.
A mon avis, il va y avoir de la corrida dans l'air, et madame HIDALGO risque de s'entendre dire sur tous les tons : Olé ! Olé ! Holà ! sous l'effet de critiques parfaitement justifiées.