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samedi 3 juin 2017

03 juin 2017. Nouvelles de la Résistance. Les spéculateurs, les consommateurs et les contribuables !

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Nous poursuivons avec BERNANOS. Je dédie ce billet à un autre Philippe qui est quelquefois pris de vertige devant une page blanche.

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Ce n’est pas l’ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c’est la lâcheté !
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"[…]. On oublie toujours, on veut toujours oublier que l’envahissement de la civilisation humaine par les machines a été un phénomène inattendu. C’est la spéculation qui a imposé les machines. La spéculation s’est trouvée tout à coup en possession de cet instrument formidable dont elle comprenait à peine la puissance. Le spéculateur se fait une certaine idée de l’homme. Il ne voit en lui qu’un client à satisfaire, des mains à occuper, un ventre à remplir, un cerveau où imprimer certaines images favorables à la vente de ses produits. La spéculation disposait des machines, grâce aux machines elle disposait de la puissance. Elle a ainsi, en un temps fabuleusement court, par le seul miracle de la technique, de toutes les techniques, y compris celles qui permet non pas seulement de contrôler l’opinion universelle, mais de la faire, crée une civilisation à l’image d’un homme prodigieusement diminué, amoindri, non plus fait à l’image de Dieu mais à celle du spéculateur ― c’est-à-dire d’un homme réduit au double état, également misérable, de consommateur et de contribuable." (Page 110.)
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2. COMMENTAIRES.
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Comprenez-vous pourquoi, pendant des semaines j’ai combattu, maladroitement j’en conviens, et de manière inadaptée, la candidature de monsieur MACRON. Pour la raison que vient de dire BERNANOS. Je ne crois pas à la civilisation des machines. Mes contemporains y croient, y adhèrent de toutes les fibres de leur être. Beaucoup ne pensent en effet qu’à consommer et se plaignent de payer trop d’impôts. Voyez-vous, je regrette le temps du moulin à café et de ces petits matins gris où, coinçant entre mes jambes l’objet aujourd’hui disparu, je sentais monter une divine effluve de café frais tandis que s'écoulait le grain dans le délicieux engrenage et je jubilais à l’avance d’en boire une tasse. Aujourd’hui on a des capsules de… non je ne le dirai pas !
Le Président MACRON a du talent. Il est d’une intelligence supérieure. Sa réplique au Président TRUMP est foudroyante et hisse enfin notre patrie au niveau qu’elle n’aurait jamais dû quitter, celui d’une patrie faite pour l’universel. Fasse le ciel qu’il ne considère pas ses concitoyens comme de simples consommateurs et contribuables, mais comme des êtres humains capables de dire « Je », comme des personnes libres. Espérons qu’il n’aura pas la bêtise de se lancer dans des réformes sociétales abominables, pressé qu’il serait par certains de ses encombrants amis.
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3. INFORMATIONS DIVERSES.
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Lisez-bien ce jugement… et concluez sur l’idéologie qui l'a inspiré !

De plus l’instituteur en question est agnostique !


Et bien je n’hésite pas à dire à des inspecteurs, fonctionnaires pointilleux et imbéciles, le mot de Cambronne. C’est bien tout ce qu’ils méritent.
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La situation en Syrie.

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Monsieur FERRAND et monsieur FILLON, même combat.


jeudi 18 décembre 2008

Le cynisme de monsieur Madoff

Nous n'en finissons plus de découvrir ce à quoi peut conduire la cupidité humaine. Monsieur MADOFF, qui a occupé de très hautes fonctions au NASDAQ, a pu monter une fraude de 50 milliards d'euros sans que personne ne s'émeuve, ne s'aperçoive de quoi que ce soit ! Voilà un monsieur qui prétendait offrir à ses clients des intérêts mensuels de 1 %, qui attirait les prêteurs désireux d'arrondir leur magot, et qui payait ces intérêts-là avec l'argent déposé dans ses coffres par ses nouveaux clients dont le nombre allait en croissant, attirés qu'ils étaient par ces miraculeux intérêts. Des banques, des petits épargnants, des grandes institutions financières vont perdre des millions et des milliards avec cette carambouille. Nous espérons que monsieur MADOFF passera en prison une partie des jours qui lui restent à vivre, et qu'il répondra sur ses biens - qui ne doivent pas être négligeables - d'une partie des sommes perdues par sa fraude. On est effaré, on est stupéfié, on reste interdit devant le cynisme de cet homme. Il ne semble pas que le scandale l'ait affecté outre mesure. A ma connaissance, il n'est pas encore poursuivi par la justice des Etats-Unis. Nous espérons qu'il le sera. Il est impossible de demander des sacrifices au menu peuple que nous sommes quand de tels hommes peuvent se comporter ainsi. Il faut de toute urgence réguler les marchés financiers, et limiter les gains insensés réalisés par la spéculation financière. Nous avons besoin d'investissements pour produire mieux et moins chers des biens et des services utiles au plus grand nombre : rien de moins et rien de plus. Nous n'avons pas besoin de ces chevaliers de la finance qui n'ont qu'une idée en tête : nous plumer à leur seul profit.

vendredi 3 octobre 2008

Spéculation et corruption : la prophétie de Bernanos

Dans des billets déjà anciens, j'ai eu l'occasion de vous parler de ce livre écrit par BERNANOS lors de son exil au Brésil. Je veux parler de ce texte de feu et de lave, de tonnerre et de visions apocalyptiques : La France contre les robots. Notre homme avait vu, longtemps à l'avance, où nous menait cette civilisation mécanique et matérialiste. J'en extrais pour vous ce passage ; au moment où nous voyons les effets de la cupidité humaine et de la finance en folie sur l'économie mondiale, il nous remet les idées bien en place :
Le jour où la surproduction menacera d'étouffer la spéculation sous le poids sans cesse accru des marchandises invendables, vos machines à fabriquer deviendront des machines à tuer, voilà ce qu'il est très facile de prévoir. Vous me direz peut-être qu'un certain nombre d'expériences malheureuses finira par convaincre les spéculateurs au point de les rendre philanthropes. Hélas ! Il est pourtant d'expérience universelle qu'aucune perte n'a jamais guéri un vrai joueur de son vice ; le joueur vit plus de ses déceptions que de ses gains. Ne répondez pas que les gros spéculateurs seront tôt ou tard mis à la raison par la foule des petites gens. L'esprit de spéculation gagnera toutes les classes. Ce n'est pas la spéculation qui va mettre ce monde à bas, mais la corruption qu'elle engendre.
Et ceci encore, un peu plus loin :
Lorsque l'argent est honoré, le spéculateur l'est aussi. Il aura donc beaucoup plus à craindre l'envie que le mépris ; n'espérons donc pas le réveil des consciences.
Tout le livre ou presque est de cette lucidité désespérée et prophétique. Nous savons aujourd'hui que la crise des crédits hypothécaires aux Etats-Unis est imputable à la spéculation que les banques créancières ont entretenue sur les biens immobiliers. En cas de défaillance de l'emprunteur, elles espéraient se remplumer en vendant le bien hypothéqué. Les petits malins ont vendu des créances à des banques en quête de profits immédiats en leur faisant miroiter le gain qu'elles pourraient en tirer très vite. Bien entendu, les créances douteuses ont été mélangées à des créances de bon aloi, dans des produits dits restructurés. Personne ne pouvait s'y retrouver, sauf les concepteurs de cette abominable tromperie. Quand les taux d'intérêt ont augmenté, les débiteurs, à la solvabilité prévisiblement problématique, n'ont pu rembourser leurs dettes. Leurs biens ont été mis en vente et l'afflux de l'offre a provoqué l'effondrement des prix de l'immobilier. Les acheteurs des créances restructurées y ont perdu cuir et poils, et les vendeurs s'en sont mis plein les poches, sans scrupules, sans état d'âme. C'est eux qui aujourd'hui devraient payer cet effroyable gâchis. Il ne semble pas qu'on en prenne le chemin, et c'est le contribuable américain et les économies dépendantes des Etats-Unis qui vont faire les frais de ces ignobles tripatouillages. Chaque particulier, laissé seul devant la finance et l'Etat, en est aujourd'hui réduit à trouver des expédients qui lui permettront de récupérer une partie de leur mise, et le processus de corruption se poursuivra ainsi.

Ah ! Il faudrait la plume de BERNANOS, les gueulantes de Léon BLOY, les imprécations de DAUDET pour stigmatiser tout ce joli monde. Pour l'instant, l'opinion et les médias commente l'évolution du CAC 40 et la récession qui se profile. Jusqu'au jour où... Dans combien de temps ? Là est la question.