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vendredi 30 janvier 2015

30 janvier 2015. Nouvelles de la Résistance : oui les Philosophes des Lumières étaient antisémites ! Deuxième billet de ce jour.

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Voici l’analyse du livre d’Arthur HERTZBERG publié par  "J.H." dans les Archives de Sociologie des Religions (en 1969 ?), section Bulletin des Ouvrages.
Arthur HERTZBERG.
The French Enlightenment and the Jews.
Columbia University Press, New-York, 1968. (420 pages).


"L’auteur est professeur d’histoire à la Columbia University et rabbin du Temple Emmanuel à Englewood (New Jersey). Son travail a pour but de renverser la perspective habituelle de ceux qui écrivent l’histoire de l’antisémitisme moderne. Ils insistent en général sur le fait que la liberté a été donnée aux juifs au moment de la Révolution française, parce que c’était une exigence fondamentale de tout le mouvement des « Lumières ». A. HERTZBERG va montrer au contraire que l’immense majorité des grands hommes du XVIIIe siècle ont manifesté une animosité personnelle contre les Juifs, et surtout fourni une base rationnelle nouvelle à tout l’antisémitisme post-chrétien. Pour mettre ce point en valeur, il reprend la question de l’antisémitisme en France au XVIIe siècle, au moment où commence la « mise à part » des Juifs. Il analyse ensuite la position des penseurs du siècle de COLBERT en face du judaïsme et spécialement en face de SPINOZA. Au courant antisémite traditionnel vient s’ajouter une nouvelle façon de voir les choses, qui prépare la philosophie des Lumières. À ce phénomène d’ordre intellectuel répond un changement dans la situation sociale et économique des Juifs français : ce que l’auteur appelle le passage « du mercantilisme au commerce », en particulier dans le Sud-Ouest de la France. Il en résulte une évolution dans la « culture » des Juifs et des modifications profondes, aussi bien sur le plan social que religieux, à l’intérieur de la communauté juive. En face de cette communauté, quelle sera l’attitude des Français du XVIIIe siècle. Arthur HERTZBERG étudie d’abord les « hommes d’Église », RICHARD, FLEURY, CALMET, etc. sans oublier les jansénistes, comme DUGUET et RONDET, dont l’influence sur l’abbé GRÉGOIRE est très nette. Mais tout son effort porte sur les « hommes des Lumières ». Le chapitre passionnant qui leur est consacré met en évidence leur antisémitisme. VOLTAIRE, en particulier, fait revivre les arguments de l’antisémitisme gréco-romain et leur donne une impulsion nouvelle. Mais il n’est pas le seul. Autour de lui, on trouve les Encyclopédistes, qui rivalisent avec lui en ce domaine. Il en résulte, au moment de la Révolution, une attitude assez équivoque, qui découle d’une sorte de compromis entre l’antisémitisme des Philosophes et la position « modérée » des disciples de MONTESQUIEU. Malgré la « libéralisation » du statut des Juifs en France, l’antisémitisme des Philosophes se transmettra aux générations suivantes au cours du XIXe  siècle. C’est ainsi que pour l’auteur, « la racine profonde de l’antisémitisme moderne est la renaissance de la haine des païens pour les Juifs, suscitée par les fondateurs de l’esprit moderne, tels que VOLTAIRE, DIDEROT et d’HOLBACH ».

La thèse est certainement intéressante. Elle suscitera de vives discussions. Si Arthur HERTZBERG a raison de refuser la responsabilité « globale » du christianisme, par lequel on explique habituellement l’antisémitisme contemporain, il semble aller trop loin en reportant cette responsabilité « globale » sur l’esprit « philosophique » du Siècle des Lumières. Il vaudrait mieux dire qu’il y a eu convergence des deux idéologies et que les Philosophes avaient, comme les catholiques, leur « antisémitisme », dont les motivations étaient différentes, mais qui aboutissaient au même résultat. C’est précisément cette convergence qui explique l’antisémitisme contemporain, tel qu’il s’est manifesté dans des mouvements anti-chrétiens tels que l’hitlérisme et le marxisme, qui préfèrent se considérer comme les héritiers de VOLTAIRE plutôt que de l’Eglise chrétienne. La thèse de notre auteur, si discutable soit-elle dans ses conclusions, met donc en valeur un fait historique indiscutable, qu’il était indispensable de rappeler."

Je voudrais faire ici une remarque sur cette analyse. Elle me semble pleine de probité et même temps manifeste un certain embarras. S’attaquer à des figures aussi considérables que VOLTAIRE ou DIDEROT qui, au panthéon des grands hommes de l’Éducation qui se dit Nationale, tiennent la plus haute place, ne peut que gêner les intellectuels doté d’un statut reconnu au sein dans le monde des Lettres et de l’Universités. J’avoue que j’ai du mal à comprendre en quoi la convergence des deux antisémitismes, le chrétien – qui, hélas, trois fois hélas, a bien existé et dont l’Église catholique a fait publiquement repentance – a donné lieu à une curieuse disjonction de la part d’HITLER ou de STALINE. Ces deux tyrans antichrétiens étaient habités par la passion de l’idéologie et sa rationalisation totale. C’est au nom de la raison dévoyée qu’ils ont envoyé à la mort des dizaines de millions d’innocents, quand PIE XII hébergeait au Vatican et dans ses dépendances religieuses des milliers de juifs persécutés. (Là aussi, il se peut que ça ne plaise pas à la bienpensance, mais les faits, indubitables sont là et bien là !)

Je voulais simplement dire à Pascal HUTTEN que je n’ai pas inventé l’antisémitisme de VOLTAIRE ou de DIDEROT et que des savants juifs l’ont découvert bien avant moi.



jeudi 29 janvier 2015

29 janvier 2015. Nouvelles de la Résistance. La liberté, la vraie, et l'amour, contre la tyrannie

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Plus que jamais, dussé-je être condamné à mort par les tribunaux médiatiques, je crierai :

Ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté !
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1. Les citations du jour.
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"Car il [l’homme-dieu, c'est-à-dire Jésus] ne fait pas qu’aller se situer à l’opposé de la place par avance assignée au monarque messianique. Il enseigne le contraire de ce qu’eût été son message et sa norme implacable. Là où le roi des derniers jours eût appelé à la guerre, Jésus annonce l’amour. La loi de l’autre monde, autrement dit, celle dont il porte témoignage, n’a rien à voir avec les suprêmes impératifs de la puissance en ce monde. La victoire de la vraie foi, ce ne sera pas le rassemblement de tous les hommes sous un règne unique conjoignant lui-même le ciel la terre ; ce sera le renversement complet de ce qui fut l’universelle règle des hommes. Vivre selon la vérité de l’autre monde, c’est se délier de ce qui est l’obligation par excellence aux yeux de ce monde, à savoir la réciprocité violente, la voix du sang, le devoir de vengeance comme dette envers sa communauté d’appartenance. […].
L’amour, c’est en vérité la distance intérieure de l’individu au lien de société, sa déliaison intime de l’originelle obligation de communauté. Non pas leur rejet ou leur contestation ouverte : leur désertion silencieuse et privée. Jésus ne déclare pas dissous l’ancien principe d’appartenance et le système des devoirs qui l’accompagnent. Il désigne et instaure à côté une tout autre compréhension de l’obligation, à base d’autonomie du cœur. Il ne fonde pas un ordre individualiste. Mais il suscite une personne, un individu du dedans entièrement dégagés, du point de vue de la règle à laquelle ils obéissent, et des fins qu’ils poursuivent, de la loi de l’inclusion qui régit ce bas monde."
In
Marcel GAUCHET.
Le désenchantement du monde. Une histoire politique de la religion. (Collection Folio. Série Essais. No466.)

Gallimard, Paris, 2007 (date du dépôt légal de l'édition).
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2. Commentaires.
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Monsieur CAZENEUVE convoque ses amis francs-maçons à son Ministère, monsieur VALLS déclare que le départ de cent mille juifs causeraient à la France plus de tort que celui de cent-mille chrétiens, CHARLIE HEBDO continue dans la dérision des chrétiens, tout ce qui se dit ouvertement chrétien (La Manif Pour Tous, l'AGRIF, Civitas, Ichtus, le Salon beige, Temps présent, Printemps français, etc.) est vilipendé, déclaré d'extrême-droite, ou ringard, ou anti-républicain. Ils n'ont donc, ces imbéciles, que des idées toutes faites, des réflexes de chien de PAVLOV pour dézinguer tout ce qui s'opposer à la "vérité" officielle, socialiste, laïcarde et fondamentalement hostile aux disciples du Christ.
Marcel GAUCHET vient fort à propos dégager le sens que les chrétiens donne à l'amour : celui d'une déliaison  intime des obligations de l'appartenance à sa communauté. C'est pourquoi les TAUBIRA, DELEVOYE, PEILLON, VALLS, HOLLANDE, fort de leur (très transitoire) position de force veulent nous imposer des obligations que nos consciences réprouvent et se heurtent à un non possumus déterminé contre quoi ils ne peuvent rien, et pour lequel des dizaines de chrétiens, en Orient, en Chine, dans les pays musulmans de l'Afrique, en Chine, en Corée, offrent leur vie.
Marcel GAUCHET, rejoignant en cela les intuitions de René GIRARD, nous dit que les chrétiens renoncent à la vengeance circulaire, au sang, à la violence, au prix même de leur vie.
C'est que l'irruption dans l'histoire de l'Homme-Dieu introduit un rapport inouï et nouveau de l'homme à sa conscience, le met dans la lumière de la pleine liberté, et dans la nouvelle distance qu'il introduit par rapport au politique.
D'où vient cette propension des idéologues à la tyrannie et au viol des consciences ? Il faut la voir sans doute dans l'idéalisme et - je suis désolé de devoir le redire - et le relativisme introduit dans le monde intellectuel par les "philosophes" des Lumières. Et je mets de gros guillemets à philosophes.
Quand je vous parlais récemment de l'antisémitisme de VOLTAIRE, j'ignorai que Bernard ANTONY - classé à l'extrême-droite par les imbéciles au motif qu'il est est chrétien - avait publié un communiqué que je vous livre ci-dessous et j'ignorais surtout qu'un éminent savant juif, Arthur HERZBERG, situait lui-même dans la philosophie des Lumières et la déification de la raison l'origine de l'antisémitisme contemporain.
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3. Informations diverses.
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Communiqué de Bernard ANTONY, président de l’Agrif, sur les propos de Manuel VALLS rapportés ce matin (via le salon beige).

"Avec justesse et justice, l’avocat Arno KLARSFELD vient de rappeler que « les juifs de France se souviendront toujours que si les 3/4 d’entre eux ont survécu c’est grâce à la population française et à l’Église ».

Manuel Valls, lui, qui s’était déjà signalé par son appétit pour la répression des manifestants pacifiques majoritairement chrétiens contre la dénaturation du mariage, vient de déclarer :

« Le départ de cent mille juifs infligerait un coup plus dur à la France que celui de cent mille chrétiens » (Libération 22/01/2015).
Cela est aussi offensant pour les chrétiens que stupide à l’égard de nos compatriotes juifs qui se passeraient bien de tels propos immédiatement exploités par les adeptes antisémites de la thèse du conspirationnisme juif.
En fait, Manuel VALLS, après son irresponsable assertion lourde de justification de violences et de guerre civile, sur l’apartheid que subiraient certaines populations, a ainsi laissé plus que filtrer son aversion haineuse pour le christianisme. Ce qu’il voudrait, en fanatique jacobin, c’est l’éradication totale de ce qui demeure de chrétien dans notre société.
Cet orgueilleux inculte qui se réfère à un Voltaire qu’il n’a pas lu, oublie que ce dernier à été certes très hostile à l’Église catholique mais encore plus aux juifs. M. Valls n’a évidemment pas lu l’ouvrage qui fait désormais autorité du professeur Arthur HERTZBERG intitulé : « Les origines de l’antisémitisme moderne ».
Arthur HERTZBERG, professeur à l’université de New York est président du Congrès juif américain et vice-président du Congrès juif mondial. Il est considéré comme l’un des plus grands penseurs modernes du judaïsme.
Rompant avec les idées reçues et le bourrage de crâne laïciste, il démontre irréfutablement que l’antisémitisme moderne raciste et exterminationniste est l’enfant des « Lumières », des VOLTAIRE, d’HOLBACH, DIDEROT et d’un MARAT et non du christianisme.
S’il n’y avait pas eu en zone occupée d’héroïques chrétiens de conviction, telle notre amie Rolande BIRGY, « juste parmi les nations » et militante infatigable plus tard du respect de la vie, la réalité n’eut pas été celle qu’a évoqué avec raison Arno KLARSFELD.

Manuel VALLS dit et fait n’importe quoi sur trop de sujets. C’est son émigration à lui vers d’autres endroits que Matignon que l’on peut souhaiter."

[Pour ce qui me concerne, je trouve que la dernière phrase est de trop.]

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Un tweet Arno KLARSFELD.