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lundi 22 août 2011

La voie de la nature

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La voie de la nature, un chemin vers Dieu ? D'où vient que devant le spectacle des beautés de la nature, quelque  chose en nous s'émeut, nous élève l'esprit et nous interroge, confusément ou non, sur la signification de ce que nous voyons ? Voici quelques photos de diverses réalités naturelles. Je vous les livre en vous demandant d'en choisir une et d'écrire ce que vous ressentez à sa vue. A titre de démonstration, je vais le faire pour un des planches de Radiolaires publiées par HAECKEL au milieu du XIXe siècle.
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Je m'émerveille de la délicatesse de structure du squelette siliceux de ces micro-organismes qui constituent une composante du plancton animal, je suis étonné par la variété des formes, j'observe aussi que certains de ces Radiolaires épousent une forme quasi sphérique, et utilisent à cette fin des structures hexagonales et pentagonales. Je vérifie que le nombre de pentagones est bien égal à 12. Il est en effet impossible de construire de telle structure sans utiliser ce nombre, pas un de plus, pas un de moins. Et en outre, le nombre d'hexagones n'est pas quelconque. Il est possible de le déterminer mathématiquement. Les Grecs avaient déjà eu l'intuition des relations qui existent entre les mathématiques et le monde divin. Mais ici, on touche à autre chose ; je veux dire que l'on touche à la NECESSITE, à ces réalités nécessaires qui font que Dieu lui-même ne peut faire qu'elles soient autrement, et comme il est intellectuellement impossible de limiter la toute puissance de Dieu, il faut que cette nécessité de nature, dans le monde où nous vivons, soit un reflet de ce qu'il est et qu'il veut pour nous, dans la situation qui est la nôtre. Je les trouve très belles ces structures. Et quoique naturelles, elles rejoignent la voie de la beauté, autre chemin vers Dieu. Il y a comme une cohérence, une unité entre ces voies.
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Je vous invite à faire ce genre de commentaires. J'ai pris l'image la plus difficile. Mais il en est d'autres qui font naître en mon coeur des sentiments de douceur, d'émerveillement, d'éblouissement, en un mot qui m'émeuvent. Allons, maintenant au travail. Vous pouvez choisir entre six photos (celle des Radiolaires y compris) prises dans des domaines naturels très différents. Laissez-vous émouvoir. Mon commentaire n'est pas ému, je le confesse, mais s'il ne l'est pas c'est pour des raisons qui tiennent à ma profession ; j'ai enseigné la Virologie, et les règles de construction des virus quasi sphériques sont les mêmes que celles des Radiolaires. Je n'ai pas pu échapper à cette détermination.
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Dessins de Radiolaires publiés par HAECKEL au milieu du XIXe siècle.



Une orchidée.

Orchidée Rouge

Un papillon.


L'aube sur la montagne.

RETOUR


La nébuleuse d'Orion.

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800 x 600 pixels (109 ko)

Cristal d'améthyste sur quartz.

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Et maintenant, que dites-vous ?

 




samedi 20 août 2011

Mystère et musique

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Il y a des coïncidences qui relèvent de la Providence et non point du hasard. Mais avant d'en parler, je voudrais présenter de plates excuses à mes lecteurs réguliers (si, si, il y en a [bis]) pour ne pas avoir repris le 19 août comme je l'avais annoncé, mais aujourd'hui, le 20.
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Lors de mon dernier billet, je parlais des quatre chemins possibles (en tout cas pour moi) de la montée vers Dieu. Et voilà qu'en rentrant de vacances, je trouve un exemplaire de la revue Prier qui m'est envoyé à titre publicitaire. C'est un ensemble de quelques articles. L'un m'interpelle particulièrement. Il a pour titre : Claire GIBAULT : la musique m'a donné le goût du mystère. Il s'agit d'une interview de la première femme à avoir dirigé l'orchestre de la Scala de Milan. Sa carrière a été prestigieuse et semé d'embûches cependant, car dans ce métier, les femmes, dit-elle "sont perçues comme d'insupportables rivales par les hommes en situation de pouvoir".
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Au journaliste qui lui demande si la musique est un chemin vers Dieu (l'expression est donc celle que j'ai moi-même employée dans mon dernier billet), Claire GIBAULT répond : "Non, je ne crois pas, mais si l'on rencontre Dieu à travers la musique, tant mieux, cela la magnifie. Car la musique classique n'est pas naturellement proche de la spiritualité. On peut très bien diriger les Vêpres de la Vierge de MONTEVERDI [c'est un des exemples que je donnais dans mon billet] ou la Passion selon saint Matthieu de BACH sans éprouver la moindre émotion religieuse. Et de fait, notre société tend à remplacer la spiritualité par l'art, et la croyance par la beauté. Cette focalisation sur l'artiste comme seul maître de la beauté - une sorte de Deus ex machina - a longtemps été la mienne. Néanmoins, j'ajouterais que, très tôt, la musique m'a communiqué le goût du mystère".
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Je respire ! Je respire ! Car Claire GIBAULT parle ici de son expérience d'artiste et elle souligne avec justesse que le chemin de Dieu lui est barré, quand l'artiste se croit maître de la beauté alors qu'il en est que le médiateur. Elle utilise du reste l'expression Deus ex machina. Mais ce n'est pas tout. Un jour Claire GIBAULT se rend dans une paroisse orthodoxe de Paris. Elle assiste à une messe et elle traduit ainsi son expérience : "J'ai ressenti une douceur et une joie incroyables, lumineuses. Tout dans la liturgie me parlait : le langage, la force des chants qui comblait la musicienne que j'étais, et les icônes, de sorte que j'avais l'impression d'y être partie prenante". Cette expérience unique la pousse à la conversion à l'orthodoxie en 1984. Elle a alors 39 ans.
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Oui, la beauté est un chemin vers Dieu pour celui qui le cherche. Et c'est quand elle s'est mise en situation d'écoute que cette grande artiste a rencontré "celui que son coeur aime", comme le dit l'amoureuse du Cantique des cantiques. Pour trouver Dieu, il faut le chercher avant de se chercher soi-même.
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mercredi 3 août 2011

Avant de partir en vacances...

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Je vais m'absenter pour une quinzaine de jours et reprendrai mes billets vers le 18-19 août. Mais je ne voudrais pas le faire sans répondre ici à deux fidèles lecteurs : Pierre-Henri THOREUX et CORATINE.
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D'abord j'admets tout à fait que la seule raison ne parvient à prouver que Dieu existe. Néanmoins, je crois que son usage permet de faire une partie du chemin qui conduit à accueillir la grâce de la foi, toujours un don.
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Je vois quatre voies possibles, et qu'il est indispensable d'utiliser toutes pour aller à la rencontre de Dieu.
(a) La première me semble être la contemplation de l'Univers. Attention, pour ne pas tomber dans la critique de l'argument de la preuve cosmique, je me contenterai de dire que ce spectacle élève l'âme, qu'il s'agisse de la mystérieuse profondeur d'une nuit pleine d'étoiles, ou de l'organisation délicate et admirable d'une diatomée ou d'un radiolaire (je prends ces exemples à dessein, car ces deux types de micro-organismes ont des structures époustouflantes de beauté). Je ne cherche pas la cause de tout cela. Je me contente de contempler sans comprendre.
(b) La seconde voie est celle de la beauté, je veux parler de la beauté dont des artistes de génie, connus ou non, ont été les créateurs. Qui n'est pas bouleversé à l'audition du Concerto pour clarinette de MOZART, ou des Vêpres de la Très sainte Vierge Marie de MONTEVERDI ? Qui n'est pas saisi par la forme parfaite d'un céladon de Chine ? Par l'étrangeté des masques africains, par les sculptures grecques, le buste de NEFERTITI, les miniatures persanes ou médiévales européennes ? Le saisissement esthétique est un puissant élévateur de l'âme. Et c'est pourquoi les cultureux de la décadence sont comme les pharisiens du temps de JÉSUS : ils barrent l'accès à la source avec leurs beuglantes, leurs excréments, leur sang, leurs informités et difformités, leurs bruits inorganisés. Tous les artistes contemporains ne sont pas à mettre dans ce panier. Il en est qui font de la merveilleuse musique ; elle est moderne, certes, mais l'inspiration en est profonde, spirituelle, poétique, et j'inclus là les gospels, le negro spirituals, du jazz. Il y a des peintres abstraits qui produisent des chefs-d'oeuvre d'équilibre de composition, de couleurs, de rythme graphique. Mais ceux-là sont rarement compris et peu médiatiques. Ils ne connaissent pas le chemin du Ministère de la Culture, seulement celui de leur coeur.
(c) La troisième voie me semble être celle de l'histoire et des chercheurs qui la commentent et la scrutent. Je suis en train de faire un travail sur les manuscrits des textes bibliques, et je suis frappé de voir comment, en dépit des petites variantes d'un manuscrit à l'autre, toujours mineures, ces textes se sont conservés ne varietur. Un exemple : le rouleau d'Isaïe trouvé à QUMRAN comporte 1400 variations mineures d'avec le texte le plus ancien (IIIe S.) que l'on connaissait avant qu'il ne fût découvert. Il date de 150 avant J.-C. Seules huit ou neuf variations ont été utiles pour comprendre ou éclairer les éditions critiques modernes de ce prophète. Il faut avoir de très puissantes raisons pour conserver ainsi ces textes, dans une civilisation où la transmission orale tient une très grande place. Il est raisonnable de croire (i) que les textes bibliques ont été transmis sans altérations substantielles ; (ii) que les textes du Nouveau Testament rapporte fidèlement des événements qui se sont réellement passés, vus et compris dans la lumière post-pascale. Il faut une puissante cause pour que douze hommes peu cultivés entreprennent d'évangéliser le monde connu avec la force qu'on leur connaît ; (iii) et puis il y bien sûr des commentateurs, je pense à René GIRARD notamment, dont les analyses forcent l'admiration et entraînent l'adhésion : Jésus est un Maître en humanité et révèle à celle-ci les secrets de sa naissance en tant que société constituée en états, possédant des mythes, des rites, des religions, des sacrifices, des lois, toutes organisations élaborées pour éviter la violence mimétique et la destruction totale, sans jamais la garantie du succès.
(d) Enfin il y a la voie de l'exemple ; celui des mystiques et des saints. Très près de nous, Mère TERESA, Marthe ROBIN, de saints ermites orthodoxes dont j'ai hélas oublié les noms, le Padre PIO, Edith STEIN, Catherine CULMANN (de confession évangélique ; orthographe non garantie). Je veux écouter ce que disent ces personnes de leur expérience intérieure. Elle me paraît plus intéressante que celle de Martine AUBRY, Nicolas SARKOZY ou Marine LE PEN (je ne veux pas faire dans le sectarisme, d'où l'éclectisme de mes références !).
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Voilà, me semble-t-il des chemins possibles. Ils ont été les miens. Rien n'y est facile. Mais tout y est nourrissant. Bonnes vacances.
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jeudi 21 mai 2009

Rencontre toujours

Je poursuis, subjugué, la lecture du livre de Marie-Thérèse DE SCOTT sur l'oeuvre de Marcel LEGAUT.
Je cite ici, en une réponse beaucoup plus vraie aux remarques d'Olibrius que celle que je lui ai faite en commentaire, ce texte que je fais tout à fait mien. Pour rester fidèle à l'inspiration de l'auteur, je ne dirai rien de plus qu'un aveu ; ce texte est un texte de lumière :
A la fin de leur existence, quand il n'est plus l'heure d'agir mais de réfléchir à ce qu'on a vécu, à ce qu'on a voulu vivre, à ce qu'on n'a pas pu réaliser ou à ce qu'on fait seulement de façon médiocre à cause de ses limites et de ses fautes ainsi que de celles de ses proches, certains seront appelés à témoigner de leur vie. Sans rien y rajouter ni en retrancher, sans s'abandonner à l'émotion ni au lyrisme, sans se laisser aller à dire seulement ce qui devrait être ou ce qui peut être reçu avec faveur, sans céder aux facilités du conformisme ou du concordisme, sans être inspirés par le moindre dessein de polémique ou de propagande, qu'ils disent à haute voie comment ils conçoivent la voie qui leur semble aujourd'hui conduire à Dieu et qu'ils sont suivie comme ils ont pu. Quel que soit l'accueil que l'on fera à leur témoignage, qui n'a pas la prétention d'être un enseignement comme leur genre de vie ne veut pas être un modèle, ils seront appels plus encore que jalons, maillons de la tradition vivante et inspirée qui depuis les origines travaille l'humanité pour qu'elle s'accomplisse en Dieu (Introduction à l'intelligence du passé et de l'avenir du christianisme).
Ainsi, Olibrius, encore une fois vous avez raison. Je n'entends plus céder à la polémique ou à la propagande ; peu importe en effet le nombre de mes lecteurs. N'y en aurait-il qu'un, si mon témoignage peut l'éclairer de la lumière qui ne vient pas de celui qui le livre, mais de celui qui l'inspire, alors le dur labeur de l'écriture quasi quotidienne n'aura pas été vain.