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dimanche 14 août 2022

BILLET DU 14 AOÛT 2022. AUJOURD'HUI FAIBLES, DEMAIN VAINQUEURS ET LUMINEUX.

Je n'ai jamais caché l'admiration profonde que je porte à Marcel LEGAUT. Voici ce que je trouve dans mes notes en cette veille du 15 août, une citation de lui :


« Si nous sommes faibles aujourd'hui et méprisés, c'est justement parce que nous sommes de l'avenir, parce que nous avons bâti notre vie sur les valeurs de l'avenir, sur celles qui ne cotent pas au cours d'aujourd'hui, parce que nous sommes des espérants dans un monde d'installés. L'avenir, timide comme un jeune homme, en face des possesseurs bien établis qui le méprisent et le haïssent d'une crainte secrète, inavouée ; l'avenir, candide et sans défense, sans organisation, sans moyens puisque justement il est l'avenir, l'avenir qu'ils voudraient bien empêcher de naître mais qui pourtant sera et qui, un jour, les sauvera s'ils ne veulent pas périr.

               Oh ! la dure vie qu'il nous faut vivre dans ce monde en voie de remontée vers la lumière, mais qui se cramponne et veut s'établir à chacune des étapes où il parvient, hait tous ceux qui l'appellent plus loin, renie chaque fois l'élan spirituel qui l'a porté là où il est, et à qui ils doivent tout, leur confort, leur sécurité, leurs idées, leur morale. Les pharisiens d'aujourd'hui bâtissent des tombes aux prophètes que leurs pères ont tués et ils lapident eux-mêmes les descendants des prophètes. » In Prière d'un croyant, édition de 1947. 

Je dis avec force et certitude que l'avenir du monde est entre les mains des disciples du Maître. Le Christ a besoin de nous, de notre témoignage, de notre patience et de notre amour de nos frères. Courage, courage ! Le monde est encore enténébré (ça je le dis depuis longtemps), mais une aube resplendissante surgira bientôt de derrière les montagnes de mensonges, de violences, de meurtres et de guerre, et enfin nous Le verrons.

jeudi 21 mars 2019

Mardi 19 mars 2019. Nouvelles du pari bénédictin. Servir l'homme intégral.


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Au lieu d’un château fort dressé au milieu des terres, pensons plutôt à l’armée des étoiles jetée à travers le ciel.
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LA SERVITUDE DU FONCTIONNAIRE ANALYSÉE PAR MARCEL LEGAUT.
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"Je savais déjà qu'être intellectuel spécialisé représente une lourde hypothèque pour qui veut atteindre la structure de l'homme complet. Je comprenais maintenant qu'être fonctionnaire est une condition fort peu propre à grandir un caractère. La sécurité matérielle du fonctionnaire, semblable à celle du petit ou du gros rentier de jadis, concourt perfidement, insensiblement, dans une société matérialisée, à l'apprentissage de la servitude. Toucher régulièrement un traitement à la fin de chaque mois par une formule de chèque postal, sans qu'il n'y ait nul rapport visible entre le travail fourni et la rémunération, cela supprime l'aiguillon qui garde au labeur, et à toute la vie, leur originaire capacité d'initiative, de vigueur et de ténacité. Bien peu d'hommes, en effet, ne s'endorment pas sous le poids de leurs déterminismes quand l'aiguillon de la nécessité ne vient pas les pousser au-delà d'eux-mêmes."
In
Marcel LÉGAUT.
Travail de la Foi. Quelques approximations spirituelles.
Éditions du Seuil; Paris, 1962. (Page 17.)
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COMMENTAIRES PERSONNELS.
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Le constat de Marcel Légaut est extrêmement nuancé. Il ne cible pas les fonctionnaires en général, en tous lieux et en tous temps, mais les fonctionnaires d’une société matérialiste (matérialisée). Par ailleurs, Marcel Légaut parle de la structure de l’homme entier. Depuis que j’ai ouvert ce Blog, je ne cesse de crier sur tous les toits que l’erreur politique majeure commise depuis la naissance de la république française est une erreur anthropologique. L’homme complet, dont parle Marcel Légaut, est tout à la fois corps, âme et esprit, selon la belle formule de saint Paul dans la première épître aux Thessaloniciens. Et la grande erreur à laquelle je fais allusion est l’erreur matérialiste qui fait que les hommes politiques de tous bords, ne s’intéresse qu’au corps, dont il est évidemment indispensable de satisfaire les exigences (nourriture, vêtement, toit, chauffage, etc.) si l’on veut que les autres instances (âme et esprit) voient les leur honorées. L’homme ne vit pas seulement de pain, dit Jésus à la fin de ses quarante jours de retraite dans le désert, au moment de la grande tentation.
C’est pour ignorer les exigences de l’âme (qui correspond en gros au psychisme, et à la conscience) que le monde politique se trouve aujourd’hui confronté à une crise d’une exceptionnelle gravité. Il existe une subjectivité sociale qui s’exprime à travers les traditions locales ou régionales, les associations, les fêtes, les commémorations diverses (je pense à la fête de la Vouivre par exemple, un célèbre dragon mythique fort prisé chez les antiques Séquaniens, qui a lieu tous les ans en Bourgogne, ou à la cérémonie qui a lieu chaque année en mémoire des morts de la Commune, ou à la fête de la Lumière à Lyon), les contraintes géographiques (transhumance, par exemple). Cette subjectivité et les pratiques sociales qui la sous-tendent, est délibérément ignorée ou détournée par les élites technocratiques pour qui les problèmes ne peuvent trouver de solutions qu’objectives.
Et puis il a l’esprit, le pneuma, le lieu du souffle, le lieu où l’Esprit repose. Bien entendu, il y a belle heurette que nos politiques ont oublié que l’homme est fait pour louer et honorer son Créateur lequel est à la fois transcendant et immanent.
En retournant à la terre, en retissant le lien qui unit le travail à sa rétribution, Marcel Légaut est l’exemple même du parieur bénédictin. Il a cultivé la terre, après avoir été professeur des universités, il a passé ses journées au rude labeur des labours, et ses soirées à la réflexion, la lecture, la méditation. Il a connu la fatigue du corps et le repos, il a nourri son intelligence de lectures, de culture, d’exclamations émerveillées devant la nature, et par-dessus tout, il a médité et prié. Je suis très étonné de voir qu’un chrétien de cette envergure (comme Jean BASTAIRE d’ailleurs) ait été si peu étudié par nos pasteurs. Il n’est jamais trop tard pour bien faire. Et je vous encourage à lire les œuvres de ce paysan-poète.



jeudi 14 mars 2019

Jeudi 14 mars 2019. Nouvelles du pari bénédictin : guetteurs sur les fortifications.


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Au lieu d’un château fort dressé au milieu des terres, pensons plutôt à l’armée des étoiles jetée à travers le ciel.
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UN ETAT DES LIEUX PAR MARCEL LEGAUT.
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"À mesure que, suivant une évolution quasi ontologique, la société des hommes progresse en connaissances et en puissance, Dieu paraît moins présent, moins agissant, toujours plus absent et plus étranger au monde. La science et la technique effacent peu à peu les traces que l'ignorance et la candeur des siècles passés vénéraient comme des passages de Dieu. Le merveilleux recule sans cesse. Jusqu'où s'arrêtera-t-il ? Toutes les facilités religieuses qui s'appuyaient jadis sur lui disparaissent et sont remplacées par autant d'obstacles. La société humaine n'est peut-être pas encore athée en droit. En fait, elle pèse sur ses membres comme si elle l'était. Chacun en porte lourdement le poids sur son cœur. Les enfants sont rapidement atteints par la contagion de ce scepticisme collectif. Les adultes, même les plus évolués intellectuellement, sont la proie de l'agnosticisme, ils refusent de se passionner pour ce qu'ils ne peuvent pas atteindre par les techniques et les disciplines scientifiques. Il n'est pas jusqu'aux croyants qui parfois s'arrêtent, pris de vertige, devant l'étrangeté de leur recherche et de leur foi au milieu de l'indifférence ou de l'incompréhension générale."
Marcel LÉGAUT.
Travail de la Foi. Quelques approximations spirituelles.
Éditions du Seuil; Paris, 1962. (Page 151.)
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ET UNE RÉPONSE DE THOMAS MERTON.
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"[…]. Je crois que la vie spirituelle est celle de l’être vrai de l’homme, la vie de cet être intérieur dont la flamme est si souvent étouffée sous les cendres de l’anxiété et des soucis vains. Bien qu’elle soit orientée vers Dieu plutôt que vers la satisfaction des besoins matériels de l’existence, la vie spirituelle n’est pas faite d’illusions ou de rêves : sans elle notre existence tout entière devient irréelle et illusoire. En nous intégrant dans l’ordre établi par Dieu, la vie spirituelle nous place en plein centre du réel, non tel que nous l’imaginons, mais tel qu’il est. Elle arrive à ce résultat en nous faisant prendre conscience de ce que nous sommes vraiment, et en nous plaçant en la présence de Dieu."
Thomas MERTON.
Nul n’est une île. Traduit de l’américain par Marie TADIÉ. (Collection «Points», série Sagesses, N°Sa64.)
Éditions du Seuil, Paris, 1993 (date du dépôt légal). (Page5.)
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COMMENTAIRES PERSONNELS.
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LEGAUT et MERTON nous font part de leurs réflexions sur la place de Dieu et de la vie spirituelle dans nos sociétés qui se disent évoluées. Le premier se place d’un point de vue extérieur et jette sur l’état de la foi un constat alarmant. La technique, la science n’ont que faire de Dieu. C’est bien ce que nous renvoient les médias et le monde politique, sans parler du monde artistique moderne, qui n’a d’artistique que le qualificatif et achève le Beau à coup de transgressions, d’obscénités et de laideur (pensons au Plug anal de madame HIDALGO, heureusement vandalisé, comme jadis par Elie les autels dressés aux Baal sur le mont Carmel). Et puis, dans une lumière tout droit jaillie de l’intérieur, le second nous dit que le Royaume est au-dedans de nous, et qu’en acceptant de l’habiter, nous rencontrons ce que nous sommes, et nous entrevoyons notre visage de gloire, celui-là seul que Dieu connaît.
Je voudrais vous donner un exemple de ce que je considère comme une imposture intellectuelle, parée des atours de la plus parfaite objectivité mais très clairement destinée à accabler encore davantage l’Église. Je ne sais plus quelle chaîne de télévision a invité François OZON, l’auteur du film Grâce à Dieu ainsi qu’une victime du père PREYNAT. Deux figurants complètent le plateau animé par je ne sais quel journaliste, un de ces interchangeables intervenants qui confondent le bavardage et la réflexion. François OZON confesse qu’il a été élevé dans le catholicisme mais qu’il est athée. La victime, elle, affirme qu’elle s’est construite, depuis toujours, dans l’athéisme. Les deux autres pantins du plateau ne disent rien. Et le journaliste tartine, tartine, en remet une couche. Il m’apparaît qu’une information objective et honnête aurait exigé que l’on fasse venir un croyant. Il aurait pu en tout premier lieu affirmer sa condamnation sans appel des crimes de pédophilie et d’éphébophilie commis jusque dans les années 1991 par le prédateur dénoncé par OZON. Il aurait pu ensuite dire que ces scandales qui touchent l’Église le remue, le déstabilise, lui font poser des questions, des questions terribles, enfin il aurait pu ajouter que la justice des hommes doit certes passer, mais qu’au-dessus de la justice, il y a aussi la miséricorde, et que les légitimes et sévères sanctions ne doivent pas faire oublier une vérité anthropologique essentielle : il ne faut jamais enfermer un homme dans une phrase ou une action, car c’est affirmer alors qu’il n’y a pas de rédemption possible pour un criminel. Notre Dieu n’est pas de ceux qui condamnent sans appel : il nous invite à la conversion perpétuelle, c’est-à-dire à la sainteté.
Nous devons faire le pari bénédictin : assurer la garde nocturne sur les murailles de l’humanité plongée dans une trompeuse sérénité, attendre l’aurore avec constance, et être rempli de compassion pour ceux qui dorment à l’abri de ces fortifications. Si elles n’étaient pas surveillées par les guetteurs, nul ne peut dire ce qu’il adviendrait des dormeurs.


samedi 9 mars 2019

09 mars. Nouvelles du pari bénédictin. Joie d'une vie remplie !


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Au lieu d’un château fort dressé au milieu des terres, pensons plutôt à l’armée des étoiles jetée à travers le ciel.
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MARCEL LEGAUT PARLE DE LA JOIE D’UNE VIE ACCOMPLIE.
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"Joie ardemment désirée, déjà pressentie dont, au long de mes années, certaines heures de ma vie, j'ai déjà accueilli les prémices dans le recueillement silencieux et plénier.
Joie de l'automne d'une vie, après les durs travaux et les étés torrides, quand la nature entière entre dans son repos et s'ouvre dans la splendeur et le calme des jours, sur le silence immense de l'hiver étincelant. Celui qui fut regardé parmi les hommes du regard de l'attente, direct et pénétrant, chaud comme l'amour, qui s'est levé, qui est parti, sait qu'il va là où tant d'autres aussi ont été appelés, là où ils l'ont précédé tout au long des siècles passés. Compagnons inconnus et secrets de sa route, d'eux il a plus reçu qu'il ne pourrait le dire et qu'il ne peut le savoir.
Joie du crépuscule, quand les étoiles s'allument au plus noir du ciel et qu'au cœur du croyant remontent les souvenirs de ce qu'il a vécu ; souvenirs tout éclairés d'une lumière nouvelle où les ombres elles-mêmes prennent leur place sans prix. Lumière belle et tranquille dont l'extrême lueur porte déjà au-delà, dans ce qui se promet indiscernable mais sûr, ce fruit de l'œuvre de Dieu d'où chaque homme est issu, dont il a hérité, qui lui a été confiée et que ses pauvres mains même quand il est fidèle, à peine peuvent poursuivre tant elle est sans mesure.
Joie du dernier départ pour le dernier effort avant l'arrêt suprême sur le plus haut gradin d'où l'être embrasse d'un unique regard toute sa vie à jamais écoulée… Zone des calmes profonds où plus jamais n'atteignent ni orages ni tempêtes, elle enveloppe de silence ce qui toujours demeure. Ses puissances purifiées, que l'homme s'ouvre immobile, disponible et docile  à l'Action toute divine qui, avec lui et au-delà de lui, a œuvré sans cesse en lui au plus intime.
Joie filiale de l'enfant qui s'en va vers la maison du Père, a osé dire Jésus.»
In
Marcel LEGAUT.
Méditation d’un chrétien du XXe siècle. Questions spirituelles.
Aubier, Paris, 1983. (Page 310-311.)
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COMMENTAIRES PERSONNELS.
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Ce texte est tout simplement admirable (aussi bien dans la forme que sur le fond), et j’aimerais pouvoir en dire autant, au soir de ma vie. Si un homme a vécu le pari bénédictin, c’est bien cet homme exceptionnel, un scientifique de haute volée, qui abandonna l’université pour devenir un humble cultivateur, et vivre pauvrement avec les pauvres d’une campagne reculée.
Voilà ce que je souhaite à tous ceux qui me font l’amitié et l’honneur de me lire. Il m’apparaît bien que ces souhaits en forme de prière ne peuvent émouvoir ce monde englué dans la consommation, la jouissance et la cupidité. Et pourtant, il héberge des saints, des hommes et des femmes, des jeunes et des vieux, des laïcs et des prêtres ou des évêques, des religieux et religieuses donnés tout entiers à leur passion pour Jésus Fils de Dieu. Ils sont muets, comme l'Agneau traîné à l'abattoir. Mais ils sont là et bien là. A quand un film sur eux ?
Croyez bien que je n’ai pas la prétention d’arriver à la cheville de ce chrétien exceptionnel qu'est Marcel LEGAUT, mais son témoignage m’a forcé à rentrer, presque malgré moi, dans cette démarche d’appauvrissement, de kénose à l’image du Fils de l’homme ; je voudrais pouvoir répondre lors du grand face à face : Seigneur je me suis efforcé d’aimer. Voyez-vous, au fur et à mesure que les années passent, je regarde avec une bienveillance croissante tous ceux qui venus d’horizons lointains ont choisi de vivre chez nous parce qu’ils aiment la France. Au fur et à mesure que les automnes surviennent, quand les feuilles commencent à jaunir et que les jours raccourcissent, j’essaye avec plus ou moins de succès de rentrer dans cette démarche d’un authentique amour, lequel n’a rien à voir avec le côté sentimental et mystico-gélatineux que nous dispensent les médias, les hommes de puissance : ils se gardent bien de bouger du petit doigt le fardeau dont ils accablent leurs concitoyens. Nous n’acceptons pas de porter ces fardeaux-là, mais nous acceptons volontiers et avec empressement de porter le joug léger du Fils, lequel nous intime d'aimer TOUS LES HOMMES.


mercredi 6 mars 2019

Mercredi 06 mars ! 2019. Nouvelles du pari bénédictin. Simone Weil et Marcel Légaut lui viennent en aide


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Au lieu d'un château fort dressé au milieu des terres, pensons plutôt à l'armée des étoiles jetée à travers le ciel.
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UN CONSTAT TOUJOURS ACTUEL DE SIMONE WEIL.
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"Conserver la puissance est, pour les puissants, une nécessité vitale, puisque c'est leur puissance qui les nourrit ; or ils ont à la conserver à la fois contre leurs rivaux et contre leurs inférieurs, lesquels ne peuvent pas ne pas chercher à se débarrasser de maîtres dangereux ; car, par un cercle sans issue, le maître est redoutable à l'esclave du fait même qu'il le redoute et réciproquement ; et il en est de même entre puissances rivales."
Simone WEIL.
Réflexions sur les causes de la liberté et de l'oppression sociale. (Collection Folio/Série Essai N°316).
Gallimard, Paris, 2004 (date du dépôt légal de cette édition). (Page 55.)
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CONTREPOINT DE MARCEL LEGAUT AVANT COMMENTAIRE.
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"Si nous sommes faibles aujourd'hui et méprisés, c'est justement parce que nous sommes de l'avenir, parce que nous avons bâti notre vie sur les valeurs de l'avenir, sur celles qui ne cotent pas au cours d'aujourd'hui, parce que nous sommes des espérants dans un monde d'installés. L'avenir, timide comme un jeune homme, en face des possesseurs bien établis qui le méprisent et le haïssent d'une crainte secrète, inavouée ; l'avenir, candide et sans défense, sans organisation, sans moyens puisque justement il est l'avenir, l'avenir qu'ils voudraient bien empêcher de naître mais qui pourtant sera et qui, un jour, les sauvera s'ils ne veulent pas périr.
Oh ! la dure vie qu'il nous faut vivre dans ce monde en voie de remontée vers la lumière, mais qui se cramponne et veut s'établir à chacune des étapes où il parvient, hait tous ceux qui l'appellent plus loin, renie chaque fois l'élan spirituel qui l'a porté là où il est, et à qui ils doivent tout, leur confort, leur sécurité, leurs idées, leur morale. Les pharisiens d'aujourd'hui bâtissent des tombes aux prophètes que leurs pères ont tués et ils lapident eux-mêmes les descendants des prophètes."
In
Marcel LEGAUT.
Prières d’un croyant. (38e édition).
Bernard Grasset, Paris, 1947 (Page 55).
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COMMENTAIRES PERSONNELS.
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Dans son livre sur l’oppression sociale, notre très chère Simone analyse avec une extraordinaire finesse les effets maléfiques des rapports de domination. Il convient de rapprocher cette analyse sur ce que dit notre non moins cher Gustave THIBON sur la l'existence de la hiérarchie, nécessaire à l’équilibre de la société. Les rapports de domination se définissent très simplement par le fait que le dominant a les moyens d’imposer au dominé son point de vue, en utilisant la force (sanctions diverses qu’il est inutile d’énumérer, mais que l’on retrouve dans les rapports de l’État avec les citoyens ou parfois dans les rapports entre un DRH et des salariés). Les rapports hiérarchiques, nécessaires, se définissent non moins simplement par le fait que le supérieur hiérarchique donne l’exemple, et que s’il a un pouvoir de sanction, il ne l’utilise que rarement et à bon escient, non sans avoir pris la précaution préalable d’avertir un possible transgresseur de ce qui l’attend s’il persiste dans son erreur.
Je vois un très direct rapport entre la crise des Gilets jaunes, si brutalement réprimée par les forces de l’ordre sur recommandation du ministre de l’intérieur, et l’analyse des rapports de domination ainsi que de la grande peur des oligarques qui s’accrochent à tout prix à leur puissance, laquelle est pour eux une nécessité vitale. Et je vois un non moins direct rapport entre les attaques frontales des puissants médiatiques, politiques ou culturels contre les catholiques et l’Église, et l’admirable page de Marcel LEGAUT. Le candide avenir entrevu par les espérants s’ouvre largement aux disciples du Maître, mais la remontée vers la lumière à laquelle s’oppose ce monde leur est dure : ils sont attaqués de l’intérieur par les scandales dont se sont rendus coupables des prêtres ou des évêques  perdus,  et de l’extérieur par ces puissants qui étayent leur puissance par leurs dénigrements ciblés, contre ces clercs corrompus bien sûr, ce qui est tout à fait compréhensible, mais aussi contre ceux qui défendent la foi que leur ont transmise depuis les temps antiques les Apôtres, les Pères apostoliques, les confesseurs et martyrs, et les innombrables témoins contemporains qui obstinément, sans relâche, font preuve d’une inépuisable charité.
Les parieurs bénédictins ne sombrent pas dans le désespoir ; ils se sentent appelés à un témoignage de sainteté héroïque, ce qui, pour moi, n’est pas facile tant j’ai envie de claquer le beignet à des CASTANER, des SCHIAPPA, des TACHÉ, des BELLOUBET et autres dominants assez peu serviteurs de leurs concitoyens. Ils confondent l'opinion publique et leur monde virtuel, avec réalité concrète, celle des petits geste réguliers de service et d’amour des pauvres dont je suis le témoin émerveillé tous les jours, œuvres de jeunes gens et jeunes filles, d’adultes discrets, de prêtres consumés de charité et d’ascétisme. A vrai dire, les chiens peuvent aboyer, l’immense cortège des hommes venus de la grande épreuve, ceux qui ont trempé leur tunique dans le sang de l’Agneau, sont en marche (eux aussi !) vers la Jérusalem céleste. Et sur cette route-là, il n'y a ni gendarmes ni CRS.



lundi 23 avril 2018

Lundi 23 avril 2018. Nouvelles du pari bénédictin. Esprit d'enfance ; persécutions


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Au lieu d’un château fort dressé au milieu des terres, pensons à l’armée des étoiles jetée dans le ciel.
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1.  TROIS TEXTES DE MARCEL LEGAUT QUI ANNONCENT LE PARI BÉNÉDICTIN.
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"Heureux ceux qui dès leur jeune enfance ont connu l'appel du Christ. Le commencement d'une vie est aussi le commencement d'une grande œuvre. La naissance est, elle aussi, une aurore. L'âme d'un enfant est muette et attentive comme le silence de l'aube. Elle est naturellement intelligente de Dieu. Plus tard, si elle retrouve cette spontanéité religieuse, ce sera au prix de longs efforts. Combien de vocations sont nées à l'âge de douze ans !" (CC, 88-89.)
(Page 26.)

"Quand le jeune homme connaît son annonciation, lorsqu'il voit émerger des préparations silencieuses du passé le sens de sa vie ; lorsqu'il découvre dans la joie ce qu'il ne sait pas encore qu'il aura à réaliser dans l'abnégation et l'endurance des ténacités extrêmes ; lorsqu'il s'ouvre à la grâce, répond à l'appel et se donne sans réserve dans la foi, il vit l'heure cardinale de son existence. Toutes les autres n'en seront que les conséquences directes ou indirectes, proches ou lointaines, diversifiées par les circonstances et les étapes de la croissance spirituelle." (TF, 25.)
(Page 30.)

"Si nous sommes faibles aujourd'hui et méprisés, c'est justement parce que nous sommes de l'avenir, parce que nous avons bâti notre vie sur les valeurs de l'avenir, sur celles qui ne cotent pas au cours d'aujourd'hui, parce que nous sommes des espérants dans un monde d'installés. L'avenir, timide comme un jeune homme, en face des possesseurs bien établis qui le méprisent et le haïssent d'une crainte secrète, inavouée ; l'avenir, candide et sans défense, sans organisation, sans moyens puisque justement il est l'avenir, l'avenir qu'ils voudraient bien empêcher de naître mais qui pourtant sera et qui, un jour, les sauvera s'ils ne veulent pas périr.
Oh ! la dure vie qu'il nous faut vivre dans ce monde en voie de remontée vers la lumière, mais qui se cramponne et veut s'établir à chacune des étapes où il parvient, hait tous ceux qui l'appellent plus loin, renie chaque fois l'élan spirituel qui l'a porté là où il est, et à qui ils doivent tout, leur confort, leur sécurité, leurs idées, leur morale. Les pharisiens d'aujourd'hui bâtissent des tombes aux prophètes que leurs pères ont tués et ils lapident eux-mêmes les descendants des prophètes." (PC, 227.)
(Page 55.)

In
Thérèse DE SCOTT.
Marcel Légaut. L'œuvre spirituelle. (Collection « Questions spirituelles»).
Aubier, Paris, 1984.
CC : La condition chrétienne.
PC : Prière d’un croyant (édition de 1947).
TF : Travail de la foi.
Les numéros renvoient aux pages des ouvrages d’où Thérèse DE SCOTT a choisi ces extraits.
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2. CONTREPOINT DE CLAUDE 
TRESMONTANT.
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Claude, ah ! cher Claude, vous nous parlez si bien de l’esprit d’enfance !

"Un jour, le rabbi Ieschoua de Nazareth a exulté de joie, à la pensée de ce paradoxe voulu par le Créateur : l’intelligence des choses du royaume de Dieu, l’intelligence de ce qui est le plus important, le plus riche, l’intelligence de l’essentiel, les enfants l’ont plus facilement que les savants et que les professeurs. De même qu’il est plus difficile à un riche d’entrer dans l’économie de la genèse de l’humanité sainte et nouvelle qui est le royaume de Dieu, qu’à un chameau de passer par le trou d’une aiguille, de même il est difficile à un Herr Doctor Professor (sic) d’entrer dans l’intelligence des lois et des merveilles de cette création nouvelle en train de se faire qu’enseigne l’Évangile. Un enfant, lui, y entre sans difficulté, et il comprend."
(Page 105.)

Et si bien des raisons pour lesquelles les disciples sont persécutés :

"Le rabbi Ieschoua enseigne que ceux qui sont ainsi persécutés parce qu’ils communiquent l’enseignement qui vient de Dieu, — c’est cela la fonction prophétique — sont heureux. Ils sont heureux non parce qu’ils sont persécutés, mais parce que la persécution qu’ils subissent, la résistance violente qu’ils rencontrent, atteste qu’ils enseignent à contre-courant, l’enseignement de Dieu."
(Page 104.)
In
Claude TRESMONTANT.
L’enseignement de Ieschoua de Nazareth.
Éditions du Seuil, Paris, 1970.
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3. COMMENTAIRES PERSONNELS ET
 CONSEILS PRATIQUES.
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Marcel LEGAUT fut d’abord professeur de mathématiques et de mécanique à l’Université de Rennes puis de Lyon, avant de renoncer à ces fonctions pour embrasser la vie d’agriculteur dans la Drôme.
Claude TRESMONTANT fut lui aussi professeur de philosophie médiévale à la Sorbonne.
Nous avons donc là des figures d’universitaires qui ont percé à jour la vanité des positions sociales honorées et considérées.
J’ai été moi-même professeur à l’Université Louis Pasteur de Strasbourg, et j’ai joui de la notoriété que confère le titre jusqu’au jour où, peu avant de quitter l’université, j’ai pris conscience de la vanité de ce hochet.
Bien entendu, je n’ai pas la prétention de me comparer à ces deux très grands esprits. Mais ils m’ont inspiré, le premier depuis très longtemps, le second depuis quelques années.
LEGAUT comme TRESMONTANT insistent sur la nécessité d’avoir l’esprit d’enfance pour rentrer dans Royaume. J’ai croisé pendant ma vie professionnelle des esprits remarquables, d’une intelligence supérieure, impressionnante, mais il me semblait qu’il leur manquait quelque chose, que je retrouve avec joie auprès de nombreux jeunes que je croise lors des catéchèses dont je suis responsable. Le choix de Dieu, ils l’ont fait lors de l’entrée dans l’adolescence. Ils me tirent vers le haut, et je ne puis que rendre grâce pour ce qu’ils m’apportent par la vertu de l’Esprit Saint qui les habite.
Pour ce qui est de la persécution, c’est en effet un excellent signe. Je suis moi-même en butte aux railleries ou au scepticisme des êtres qui me sont les plus chers. Et je dois dire que c’est une souffrance. Mais là aussi, je suis sûr que le témoignage, le pauvre témoignage portera son fruit.
Quelques conseils pratiques pour vivre le pari bénédictin : faites vos achats chez les petits commerçants, cessez d’utiliser les cartes de fidélité qui sont des attrape-nigauds, payez autant qu’il vous est possible, avec de l’argent liquide afin de ne pas alimenter par des informations personnelles, les centres de big data. Créez des petits groupes de disciples partageant la même joie de vivre en Jésus. Ne soyez ni violents, ni médisants, ni calomniateurs. Enseignez à vos enfants la dignité du corps dans toutes ses manifestations, notamment dans la sexualité (mais pas seulement).
C’est tout pour aujourd’hui.
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4. LIENS UTILES.
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A quoi mène la violence ? A pas grand-chose sinon à attiser la vengeance circulaire.


Voilà où nous mène la post-modernité.


Là on est assez loin de l'esprit d'enfance !



dimanche 11 septembre 2016

11 septembre 2016. Nouvelles de la Résistance. Le poids du jour, la fatigue, la sueur; le noble travail des mains, les élites l'ignorent

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Ce n’est pas l’ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c’est la lâcheté !
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"[…]. L'une des plus profondes et présentes cases de la dégradation humaine actuelle est que les clercs ne sont pas ouvriers – que les uns font et les autres disent, que les uns travaillent de leurs mains et que les autres se spécialisent dans la spéculation, que les uns portent péniblement le lourd fardeau de la fatigue humaine et que les autres, sans ignorer les malsaines fourbures de l'esprit, ne savent pas que la sueur du visage, que la souffrance des mains, que les risques de l'accident, que les menaces de la misère, sont les altières compagnes d'une pensée authentique et d'une recherche vraie qui ne soit pas l'éternel rabâchage et la sempiternelle reprise sur des tons différents des propos à la mode."
Marcel LEGAUT.
(Inédit, 1949)
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2. COMMENTAIRES.
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Jamais paroles ne m’ont paru plus actuelles que ces paroles de mon cher Marcel LEGAUT. Il y a bien longtemps que je n’avais pas donné à mes lecteurs habituels un extrait de ses réflexions. Et je trouve que celle-ci est d’une brûlante actualité. Pendant que des éleveurs, des agriculteurs, des artisans, des commerçants se lèvent dès l’aurore pour s’occuper qui de leurs troupeaux, qui de leurs champs, qui encore de leur outillage ou de leurs étals, un bataillon de crânes d’œuf se penche doctement sur l’édification de normes intenables, sur la traçabilité de ceci, sur l’écologie de cela, mais jamais avant dix heures du matin. Ils nous les gonflent sérieusement.
Alors que la France, par la voix (pour une fois bien inspirée) de monsieur HOLLANDE a demandé que l’on cessât de négocier un traité transatlantique qui nous livre pieds et poings liés à l’oncle SAM, imperturbablement monsieur JUNCKER continue les tractations, alors même qu’en Allemagne des voix autorisées se sont élevées pour également protester. Eh bien, je vais vous le dire : il est temps que la France quitte ce grand merdier technocratique qu’est devenu l’Europe, et refonde avec l’Allemagne, le Benelux et l’Italie une Europe à six, la seule qui ait jamais vraiment fonctionné.
Ils ignorent les fatigues du jour, le poids de la fatigue du corps, la sueur qui coule sur les visages de ceux qui créent vraiment des richesses. Ils pérorent à STRASBOURG ou à BRUXELLES sur l’avortement, la théorie du genre, l’homosexualité, mais ils ignorent, vous dis-je, les visages de ces hommes et de ces femmes qui envers et contre tout continuent de croire en leur métier et en leur vocation.
Monsieur JUNCKER trahit l’Europe. Il a eu le culot de nommer à je ne sais quel poste important un anglais, alors même que le peuple anglais, fort sagement avait décidé de quitter le radeau de la Méduse qu’est hélas devenu l’Union Européenne.
Vous allez me dire qu’en tant qu’universitaire j’appartiens à la catégorie de ces gens que je fustige. C’est oublier qu’un scientifique MANIPULE, et je mets au défi un énarque de pratiquer une injection dans la veine marginale de la queue de la souris ou une ponction cardiaque à un lapin, comme je le fis du temps de mon activité. Et je défie aussi de coudre ou d’endosser un livre donné à relier, comme j’ai appris à le faire une fois que je me fus retiré de l’Université, ou encore de monter un mur en blocs de granit, comme je le fis du temps de ma jeunesse, et que je sais encore faire.
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3. INFORMATIONS DIVERSES.
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Comment la presse aux ordres, vendue et pourrie a travesti les propos de Robert MENARD.

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L’islamophobie a bon dos (du site du Boulevard Voltaire).


(Voici un extrait de l’article, si vous n’avez pas le temps de le consulter).

"On attend de nos élites qu’elles nous rappellent les devoirs qui sont la condition de toute humanité comme du libre exercice de la religion chrétienne : la protection du faible, le légitime emploi de la force contre les injustes agresseurs, le courage de prendre des risques pour que vive le magnifique patrimoine dont nous héritons en nos pays. Quel évêque, quel homme public, quel intellectuel de renom saura nous répéter, après Hans et Sophie Scholl, après Soljenitsyne, que, s’il n’y a plus de raisons d’exposer sa vie, il n’y a plus non plus de raisons de vivre ? Qui aura le courage de nous rappeler que le juste exercice de la force est la première des miséricordes."

En savoir plus sur http://www.bvoltaire.fr/louismariedeblignieres/nos-chefs-nos-medias-doivent-refuser-manipulation-de-lislamophobie,281181#ZdFjB9CJV0M4dgAl.99

mardi 2 août 2016

02 août 2016. Nouvelles de la Résistance. Qui nous fera voir le bonheur ?

Non, non, trois fois non : ce n’est pas l’ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c’est la lâcheté !

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1.LA CITATION DU JOUR
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C'est une forme de réponse à la question posée par le titre !

"Ce qui caractérise notre époque au point de vue religieux, c'est incontestablement que pour la très grande majorité des esprits le christianisme a perdu son sens, que pour un nombre immense d'âmes dès lors errantes et dispersées, il n'est plus la parole de vie, le principe suprême de la lumière et de la force. Et cela n'est pas vrai seulement de la foule inculte qui ignore, c'est vrai aussi et surtout de ceux qui savent, de ceux qui peuplent les Académies, les Universités, les Écoles. Et même, si la masse ne comprend plus le christianisme et s'en détourne systématiquement, c'est avant tout que les différents foyers où s'élaborent la science et la philosophie rayonnent en elle, par les journaux, les romans, les discours et la législation, des idées qui la dirigent en sens contraire.
                Voilà le fait. Sachons, nous chrétiens, le reconnaître humblement et sincèrement. Un monde intellectuel s'est constitué en dehors du christianisme et contre lui. Et c'est ce monde-là qui règne sur les esprits, c'est ce monde-là qui parle haut, qui écrit, qui enseigne, qui est écouté."
In
Marcel LEGAUT.
Manifeste, Refaire l’Église de toujours, page84-85.
Cité par Thérèse DE SCOTT.
Marcel Légaut. L'œuvre spirituelle. (Collection « Questions spirituelles» ).
Aubier, Paris, 1984.
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2. COMMENTAIRES.
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La vie a fait que, par ma profession et mes engagements dans le scoutisme, autant que par ma famille, j’ai pu discuter tout au long de mes jours avec des dizaines de jeunes, garçons et filles, les écouter et entendre leurs cris silencieux et d’autant plus assourdissants qu’il me fallait tendre l’oreille de mon cœur pour les saisir dans leur profondeur et leur douleur.
Nous nous étonnons que des jeunes de moins de 20 ans soient capables d’égorger devant l’autel du Seigneur un de ses vieux serviteurs. Mais nous sommes les complices actifs de ce crime abominable. Quel sens notre société donne-t-elle à la vie. Elle renvoie chacun de nous à sa propre solitude, sa propre individualité et nous laisserait aller à la dérive si nous ne trouvions dans les maîtres du sens des motifs d’espérer. J’en vois un, justement, avec mon cher Marcel LEGAUT. Il fut professeur des Universités, avant de tout abandonner et de revenir à la terre, arrachant à un sol ingrat des récoltes qui mirent des années à venir.
Les jeunes ont besoin de repères, ils n’ont pas besoin de pépère pour qui tout est relatif pourvu que ça serve sa carrière. Dans leur négation de toute transcendance, dans leurs inspirations babéliennes de construire l’homme à l’image de leurs idées, nos élites ont piétiné les aspirations de la jeunesse à se dépasser elle-même. Les fan zones, les Paris plages, la distribution gratuite de préservatif, le pass contraception ? Ils croient vraiment que ça les satisfait ?
Marcel LEGAUT fait allusion aux foyers où s’élaborent la science et la philosophie. Croit-on vraiment que les philosophes de la déconstruction ont apporté à ces jeunes des motifs d’espérer ? Et croit-on que les chercheurs – et croyez bien que j’en ai connu des dizaines – quand ils ne fondent leur vie que sur la science dite positive font avancer celle de ces jeunes ? Je pense tout particulièrement à l’un d’entre eux qu’il m’a été donné de rencontrer il y a un eu plus d’un an, Benoît, raidi dans son scientisme, et devenu incapable de faire la différence entre le savoir et la connaissance. Il souffre.
Nous savons le Nom de celui qui nous fera voir le bonheur. Mais nous ne voulons point Le connaître.
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3.INFORMATIONS DIVERSES.

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Du père KHALIL, son opinion sur l'islamisme :

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Discrétion totale des médias : 

4000 euros d'amende pour 340 000 euros de détournement de fonds publics. Normal, madame est au PS.

Mais six mois de prison avec sursis pour cet homme qui a mis six lardons dans la boîte à lettres d'une mosquée, un mois par lardon ! Et six mois (fermes !) pour un apprenti djihadiste laissé en liberté avec un bracelet électronique et en a profité pour commettre un abominable crime. Le juge qui a pris cette décision fatale, peut-il encore se regarder dans la glace sans rougir de honte et pleurer de remords ?



vendredi 8 janvier 2016

08 janvier 2016. Nouvelles de la Résistance. La liberté d'expression a bon dos !

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Faudra-t-il qu'au moment des grandes manoeuvres manipulatoires de Normal Ier, je vous rappelle na devise , Palsembleu ! bien sûr que oui !

Ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté !

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1. Les citations du jour.
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Sur fond bleu, les pointes des citations.

(a) "À la différence des régimes autoritaires qui, par nature, brident la liberté de l'individu, la démocratie est censée lui offrir tous ses moyens d'expression. Seulement, nous l'avons vu, si les démocraties naissantes formulent encore le rêve d'une liberté infinie, liée à une dynamique de conquête, les démocraties adultes font, quant à elles, l'expérience d'exercices d'autolimitation et de deuil de liberté indéfinie. Seulement – et c'est là que grandir est difficile –, pour la majorité d'entre nous, brider sa liberté, ce n'est pas aller vers une meilleure maîtrise de son identité, mais au contraire renoncer à son essence même."
Cynthia FLEURY.
Les pathologies de la démocratie.
Le Livre de Poche, biblio essais, N°31544.
Fayard, Paris, 2009 (date de dépôt légal).

(b) "Cependant si le mal s'impose en tout endroit et en tout temps, il ne triomphe pas toujours. La puissance des déterminismes qui soutiennent son règne universel n'est pas sans connaître parfois quelque revers. Lorsque l'homme, parce qu'il a su accueillir l'intuition qui est venue le visiter et répondre à l'appel qui s'est fait entendre en lui, dépasse avec force ce qui le porte instinctivement à se préférer plutôt qu'à se donner, de lui émerge un acte de liberté. Ce comportement serait-il unique et d'un seul homme, soulève déjà dans l'esprit un doute qui ne permet plus qu'un athéisme inquiet."
Marcel LEGAUT
Méditations d’un chrétien du XXe siècle.

(c) "[…] Ce n’est pas tant l’Église qui a besoin de saints, que le monde. Mais il a besoin d’abord d’en sentir le manque, et c’est peut-être ce besoin-là qui, en disparaissant, a emporté avec lui le sens, l’amour, l’exigence de la vraie liberté."
René GILLOUIN.
L’homme moderne bourreau de lui-même.
Le portulan, [sans mention de lieu, Paris probablement], 1951.
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2. Commentaires.
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            Si, au nom de la liberté d’expression, j’osais (ignoblement) dire que les journalistes de Charlie Hebdo ont bien mérité leur sort, je serais très justement inculpé d’apologie de crime. Il y a donc bien des limites à la liberté d’expression. Pour les inconditionnels de la pseudo-République française, ces limites sont déterminées par la loi (Loi PLEVEN de juillet 1972 par exemple), pour les inconditionnels de la loi naturelle, les limites sont déterminées par la conscience. Le fait que l'éducation prétendue nationale et les parents aient abandonné aux hommes politiques et à leurs relais médiatiques le soin de la formater ne les exonère pas d'un devoir impérieux : on peut au moins affirmer que la conscience peut être formée à partir de quelques principes simples (ne pas tuer, ne pas voler, ne pas porter de faux témoignages, ne pas convoiter la femme de son voisin, respecter autrui dans ses biens, sa personne et sa religion, etc.)
            Il est donc légalement permis, en France, de proférer ce que les croyants considèrent comme des blasphèmes, ou des offenses profondes à leur foi, et, donc des atteintes à leur personne. Mais il n’est pas permis de dire qu’en pratiquant le blasphème et l’offense, on prend des risques et par conséquent on les assume. La loi française, et sa laïcité nauséabonde, autorise toutes les attaques contre les religions, à l’exception de l’islam puisqu’il y a, sinon officiellement, du moins socialement, un délit d’islamophobie, confondu à tort avec du racisme. On peut profaner des églises, brûler des crèches, taguer des cathédrales, profaner des tabernacles et des hosties consacrées, la République s’en fout, des furies peuvent se balader à moitié à poil dans une cathédrale sans être condamnées, mais on désigne d’un doigt vengeur les anonymes imbéciles qui déposent une tête de porc sur les marches d’une mosquée, et Menton Pointu se fend d'un tweet ciselé pour condamner l'islamophobie. Tant que les responsables politiques persévéreront dans cette voie, ils feront le lit des extrêmes.
            En vérité, et Cynthia FLEURY le souligne avec force, dans une démocratie adulte, les citoyens font l’expérience de l’autolimitation et comprennent intuitivement qu’il y a des bornes au désir d’une liberté d’expression indéfinie. (Notons qu’elle utilise le mot « indéfinie », mais que dans son contexte le mot signifie « infinie ». C’est très clairement poser la question de la limitation volontaire de la liberté de s’exprimer que nombre d’imbéciles appellent « l’autocensure »).
            Marcel LEGAUT affirme, dans ce style si particulier qui est le sien, que la liberté s’exprime par des actes qui conduisent l’homme libre à préférer autrui que lui-même. Je vous laisse méditer sur les raisons qui ont poussé RISS, de Charlie Hebdo, à dessiner cette Une que je trouve honteuse ; qui flattait-il avec elle ? La liberté d'expression ou l'affirmation d'un principe personnel ?
            Enfin, René GILLOUIN confirme et amplifie ce que disent les auteurs précédemment cités : la vraie liberté se confond avec le renoncement à soi-même : le monde a besoin de saints, en effet.

            Que les limites à la liberté d’expression soient fixées par la loi et non par la voix de la conscience, est extrêmement grave. Car ce qu’une loi fait, une autre loi, aggravante, peut le défaire et dans un sens qui n’est pas favorable à la liberté d’opinion et de religion : la Chine contemporaine, l’Arabie saoudite, le sultanat de Brunei, le Pakistan, par exemple, ont pris sur ce chapitre des dispositions qui en disent long sur la puissance totalitaire du droit positif. La liberté d’expression est une forme particulière de la Liberté ; elle oblige à la responsabilité, et au respect des croyances de l’autre : je conçois parfaitement que l’on tourne un prêtre, le papa, un imam ou un rabbin en dérision ; il s’agit d’êtres humains et les critiques qu’on en fait sont parfois drôles, font souvent mouche, et témoignent d’un esprit de liberté assez roboratif, mais je trouve scandaleux que l’on puisse le faire pour Jésus, ou Mahomet, ou Bouddha ou Moïse, ou Confucius.
            Ce n’est pas la liberté d’expression ou les valeurs dites républicaines qui ont été blessées le 7 janvier 2015, c’est l’humanité de l’homme. Tous les beaux sermons, les plaques commémoratives (avec ou sans fautes d’orthographe), les légions d’honneur à titre posthume, les minutes se silence n’y pourront rien. Et ce que les Français ont condamné le 11 janvier 2015, c’est le massacre de l’humanité, ce n’est pas le décalogue de la rue Cadet ni celui de la rue de Solférino.
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3. Informations diverses.
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A propos de l’attaque du Commissariat du XVIIIe arrondissement.

Hier, en début d’après-midi, sur le site du Figaro, reprise des messages et tweets du Ministère de l’intérieur à propos de l’agression du XVIIIe arrondissement : « Rien ne permet de penser que c’est une attaque terroriste ».
Hier en milieu d’après-midi : « Le parquet antiterroriste est saisi ».

Allez comprendre !
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Mais madame TAUBIRA sait ! (Du Salon beige.)

On a beaucoup aimé les propos de Christiane Taubira hier sur i-Télé à propos du terroriste abattu hier dans le 18e :
"Ce qui apparaît très clairement de ce qui est connu de cette personne, (c'est qu'elle) n'a aucun lien avec la radicalisation violente, aucun."
Quand, dans le même temps, on présente les manifestants LMPT (qui n'étaient pas armés de hachoir) comme des "radicaux", cela a comme un goût de novlange…"
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De Philippe BILGER, cet avis sur la répression de La Manif Pour Tous (via le salon beige).

Philippe Bilger commente l’opinion du défenseur des droits sur l’usage disproportionné de la force lors des manifestations de organisées par La Manif Pour Tous. 
"Je n’ai participé moi-même à aucune manifestation, l’opinion que je vais formuler est donc celle d’un citoyen informé médiatiquement. A partir de là, il est évident que la Manif pour Tous a été mal traitée lors des manifestations. C’est comme si, à l’égard de ces manifestants qui avaient le droit de protester contre le mariage pour tous qui n’était pas encore voté, l’Etat avait voulu faire preuve d’une autorité, d’une force et d’une rigueur qu’il était incapable de mettre en œuvre dans d’autres circonstances. Autrement dit, des manifestants déterminés, convaincus mais pacifiques lui permettaient d’asseoir plus aisément une autorité qu’avec des brutes ou des voyous. C’est très clair. [...]"
 La répression de la LMPT, c'est ce qu'on appelle une interprétation de la liberté d'expression à GEOMETRIE VARIABLE !