"La beauté du compromis, disait LANZA del VASTO, que je cite ici de mémoire, est que quelque chose soit fait." L'entêtement des leaders syndicaux à refuser ce qu'ils appellent "la" réforme des retraites, est en réalité le refus de toutes réformes. Et je crains aussi que l'entêtement du gouvernement à ne point entendre quelques revendications légitimes en ce domaine ne pousse les jusqu'aux-boutistes aux dernières extrémités.
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Etait-il donc si compliqué de dire ceci, qui paraît simple et répond à toutes les questions : il sera possible de prendre sa retraite à taux plein dès que l'on aura cotisé pendant 42 années ? Ainsi ceux qui ont commencé à travailler à 14 ans auraient pu partir à 56 ans, et ceux qui, en raison d'études longues, ne l'ont fait qu'à 25, auraient dû partir à 67 ans. Ce report du départ en retraite à taux plein me semble être juste compensation aux efforts que la communauté nationale fait pour offrir une formation supérieure gratuite à tous les jeunes qui le désirent. Et qu'on ne vienne pas me mettre sous le nez l'histoire des écoles supérieures privées qui coûtent fort cher aux familles : nul n'est obligé de s'y inscrire. L'enseignement public offre des formations tout aussi prestigieuses. Il se trouve de plus que les métiers les plus pénibles sont souvent ceux qui requièrent une formation légère, et dans lesquels on rentre assez tôt (16 à 18 ans). Ainsi, une réponse juste est trouvée à un vrai problème.
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Il serait déjà juste que toutes les parties en présence reconnussent la nécessité d'une réforme. Les propositions socialistes sont ineptes. Elles consistent à trouver par l'impôt une somme de 40 milliards d'euros tous les ans. Cette augmentation frapperait essentiellement les cadres moyens et supérieurs. (Il faut tout de même savoir qu'en France, 16 % des ménages imposables payent 80 % des impôts sur le revenu.) Pour tuer l'économie et freiner l'ardeur au travail, la solution est merveilleusement adaptée. Ils veulent aussi frapper le capital. Il se peut que sur ce point, il y ait de vrais progrès à faire. Le pourcentage des dividendes reversés aux actionnaires a plus que doublé en 20-30 ans. Impôts payés, il a été distribué cette année 100 milliards d'euros. Il ne serait pas anormal qu'un pourcentage non négligeable de ces dividendes soient reversés à une caisse de compensation des retraites, étant entendu alors que ces versements doivent être comptés comme des annuités (pour les salariés de l'entreprise distribuant des dividendes dans le cas d'investisseurs institutionnels, pour la personne physique dans le cas des petits porteurs).
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Oui, la beauté du compromis, c'est que quelque chose soit fait. On en est loin. Et quand on part avec une retraite à taux plein à 55 ans (suivez mon regard...), on ne manque pas d'air à manifester son opposition à des modifications qui ne concernent pas le protestataire. Cette opposition-là est de nature purement politique et fait partie intégrante de la grande manipulation médiatique et politique de l'opinion, conduite par la gauche.
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