Affichage des articles dont le libellé est Réforme des retraites. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Réforme des retraites. Afficher tous les articles

dimanche 12 juillet 2020

Dimanche 12 juillet 2020. Hydroxychloroquine, antiracisme, loi prétendue bioéthique, réforme des retraites : tout se tient !


Nombre de mes lecteurs doivent s’étonner que j’accorde une telle importance à l’affaire de l’hydroxychloroquine. Je vais essayer d’expliquer pourquoi cette affaire relève des aberrations politiques dont notre malheureuse patrie est accablée.
À la suite des mesures de confinement décidées par les pouvoirs publics, qui se retranchent derrière l’avis des scientifiques pour justifier leur décision, des centaines de milliers de nos concitoyens vont se retrouver au chômage à la rentrée, des milliers de restaurants, de petits commerces, de petites entreprises vont fermer, ou déposer le bilan, ou, pire être rachetées pour une bouchée de pain par des requins de la finance pour être incorporées dans des chaînes mondialisées, sans âmes, fades, anglo-saxonisées, en un mot NULLES. L’hydroxychloroquine aurait pu sauver de nombreuses vies, l’isolement après dépistage aussi. Rien. Pas de tests, pas de masques, du doliprane. Et des bonnes paroles, dispensées par les gens de la France d’en-haut.
On aurait pu imaginer que les députés eussent d’autres chiens à fouetter que de savoir si madame Y, lesbienne notoire, pourrait donner ses ovocytes à sa compagne, madame Z, pour qu’elle puisse porter un enfant issu de l’insémination par le sperme d’un inconnu. Pas du tout, mes amis, pas du tout. Cette loi dite de bioéthique (on se demande où est l’éthique), va passer en priorité fin juillet pour être adoptée en seconde lecture par une assemblée aux ordres. L’idée très claire de cette initiative est de susciter une réaction violente des opposants (elle aura lieu de toute façon) en nous faisant oublier la gestion désastreuse de la crise sanitaire. Mais nous n’oublierons rien : ni la loi, ni la crise.
On aurait pu penser que les députés avaient mieux à faire que de reprendre le projet de loi sur les retraites, probablement dans la version voulue par le pouvoir. Ce projet est combattu vent debout par les syndicats, avec souvent (pas toujours) de bonnes raisons. Ils s’en foutent, là-haut. Ils vont continuer à nous bassiner avec l’âge pivot, les points, la pénibilité, nous monter une usine à gaz (ils sont très bien payé pour ça, les énarques de BERCY). Pendant ce temps, ils pensent que nous oublierons la gestion calamiteuse de la crise sanitaire par un quarteron autoproclamé de scientifiques, et des hommes politiques impotents… Mais, je vous le dis, nous n’oublierons rien.
On aurait pu penser qu’il fallait interdire, puisque c’était interdit, la manifestation haineuse de toute une foule essentiellement composée d’Africains, réunis à l’instigation de mademoiselle TRAORE, dont les frères ont tous (ou presque) été condamnés pour des délits très graves. Pas du tout. C'était l'émotion qui parlait, disait l'inénarrable monsieur CASTANER, qui en réalité pétait de trouille devant une possible insurrection des banlieues hors-la-loi. On nous bassine avec le prétendu racisme qui sévirait dans la police. Pendant ce temps on oublie ce qui se passe dans les quartiers dits sensibles, livrés aux bandes ethniques et aux trafics en tout genre.
En effet, on aurait pu penser que les journaux, plutôt que de nous parler de "jeunes défavorablement connus" de la police nous parlent de jeunes issus de l’immigration. Ils n’osent même pas donner les prénoms de ceux qui sont suspectés d’avoir battu à mort monsieur MONGUILLOT, ou de celui du chauffard responsable de la mort de mademoiselle Mélanie LEMÉE ; il était sous l’emprise de stupéfiants, il roulait sans permis, à 130 km/h, et lui aussi était "défavorablement connus des services de police", ou encore ils auraient pu nous parler de celui qui a tué le jeune Thomas, âgé de 19 ans ; l’assassin était un repris de justice libéré par les mesures injustifiables de l’ex-garde des sceaux, madame BELLOUBET.
Quel est donc le rapport avec l’affaire de l’hydroxychloroquine. Il est évident. Les gens qui nous gouvernent savent mieux que nous ce qui est bon pour nous. Allons plus loin, ils se délectent dans l’exercice du pouvoir, celui qui permet d’utiliser la force pour faire appliquer les normes qu’ils ont élaborés, mais ils n’ont aucune autorité, c’est-à-dire aucune légitimité pour le faire. Et cela est gros de dangers.
Nous sommes censés être des ignorants, des gens incapables de nous gouverner nous-mêmes, et il est vrai que nombre de nos concitoyens donnent cette image. Nous sommes en effet des Gaulois réfractaires. TANT MIEUX. Cette image est justifiée par le fait que le système français est un des plus normatifs au monde qui soit, et qu’une règle de sociologie jamais démentie veut que toute interdiction entraîne dans la société et chez les acteurs sociaux des attitudes de contournement. Avez-vous entendu un ministre, un haut fonctionnaire, proposer des solutions positives aux problèmes qui nous accablent ? Rien. Que des interdictions.
Tout indique que l’hydroxychloroquine, ça marche. Le ministre l’avait interdit, sur la foi d’un article falsifié et honteux. Tout le monde fit semblant de s’incliner, et tout le monde utilisa en sous-main un traitement qui avait fait ses preuves. Les autorités de santé avaient parlé. Heureusement, l’arrêté de mars a été supprimé le 10 juillet. Il fallait obéir officiellement, et faire, officieusement selon sa conscience, notion dont le gens d’en-haut, sans aucun  repère moral, puisque leur seul repère est leur nombril, ignorent jusqu’à l’existence.
Nous vivons dans une schizophrénie perpétuelle.
Toute personne sensée sait que la PMA ou la GPA, sont des procédés inacceptables qui violent le principe d'indisponibilité du corps humain, qui transforment le corps, la sexualité et l’être humain en objet de commerce. Mais le Grand Orient, ennemi déclaré de l’Église et du Christ, et le mouvement LGBT ont parlé, et nous allons céder aux pressions de minorités qui, comme les coucous, ont pondu leurs œufs dans les nids du pouvoir, en plaçant aux postes clés leurs affidés.
Tout le monde sait que la question des retraites est épineuse et qu’il faut une réforme profonde des régimes. Là-haut, ils disent qu’ils concertent, mais les projets sont déjà dans les cartons. Les réactions violentes qui vont s'ensuivre permettront de passer sous le tapis des médias les sanglantes poussières de la gestion de la crise sanitaire.
Il est temps de rentrer en résistance. Et je reviendrai sur la manière de la faire, sans jamais offenser ce qu’ils osent appeler la démocratie qu’ils ne cessent de violer.

Il faut écouter cette interview remarquable du Pr PERRONNE. Un homme d’une finesse, d’une humanité et d’une modestie exceptionnelle. Il résume exactement la situation qui prévaut dans l’esprit des élites, à propos de l’hydroxychloroquine.



samedi 15 février 2020

Samedi 15 février 2020. A propos de mon silence...


-
Mes lecteurs fidèles ont remarqué que j’ai cessé depuis quelques semaines de produire mes billets de Blog. Il me semble que le silence est pour l’instant la meilleure attitude à adopter devant la situation qui est celle de notre patrie. Je suis stupéfié de l’incapacité des responsables politiques à identifier les raisons de cette décomposition sociale. Il y a, bien sûr, des raisons propres au système démocratique que les Français ont adopté. TOCQUEVILLE en a très bien analysé les dérives et l’évolution pour ce qui concerne la démocratie américaine, laquelle, cependant, se démarque de la nôtre sur bien des points. Mais cette décomposition a d’autres raisons spécifiquement française : (a) le relativisme moral, enseigné, diffusé, magnifié par l’éducation nationale, par les médias, par le monde de la culture, et qui tire son origine de la philosophie dite des Lumières, (b) le laïcisme qui n’est autre que l’athéisme, dirigé spécialement contre le catholicisme, (c) la prétention de l’État à régenter les moindres détails notre vie privée, au motif de faire notre bonheur, malgré nous, (d) l’arrogance des élites autoproclamée, (e) l’absence totale de toute normative morale.

Quatre événements récents viennent illustrer mon propos. (a) L’affaire des gilets jaunes à laquelle ce gouvernement n’a rien compris, et qui lui a permis d’abord de laisser faire les casseurs afin de disqualifier le mouvement, et ensuite de le réprimer avec la plus grande violence. Tout le monde le sait. Inutile donc de gloser. (b) L’affaire de la PMA dans laquelle ce gouvernement s’est engouffré pour faire plaisir à une minorité agissante et puissante, constituée d’une part des partisans LGBT, et d’autre part des sociétés maçonniques. Illustrative à cet égard est la réflexion de monsieur MACRON à Pascale MOLINIER, présidente des associations familiales catholiques : "votre problème, c'est que vous croyez qu'un père est forcément un mâle." Je vous laisse apprécier la pertinence et l’élégance du propos. (c) L’affaire des retraites, à laquelle personne ne comprend plus rien,  qui n’est pas universelle, et qui remplace une usine à gaz par une centrale nucléaire. (d) Et enfin, la plus désolante, l’affaire Benjamin GRIVEAUX. Celui qui a divulgué la vidéo mettant en scène l’ex-candidat à la mairie de Paris, est, de mon point de vue personnel, un salopard. Quant à notre Benjamin, il a été bien imprudent ou bien naïf.

"Principis est virtus maxima nosse suos."
(Martial. Livre VIII, Épigramme 15)
La première qualité du Prince est de connaître ses sujets.

Ni le Prince, ni les principicules qui l’entourent ne nous connaissent. C’est bien là le drame. Ils ne connaissent qu’eux-mêmes.

dimanche 31 octobre 2010

Bernard Friot et les retraites

-
Ainsi que je l'ai déjà dit, je n'ai pas pu me procurer le livre de Bernard FRIOT sur les retraites. Néanmoins, j'ai reçu avant hier le message d'un ami de POITIERS qui me demandait ce que je pensais des propositions de cet économiste qui lui avaient été transmises par un tiers. C'est donc sur ce message et non sur ce livre que je réagis, en faisant l'hypothèse de départ que ce sont bien les positions de l'éminent collègue qui a publié cette étude. J'espère répondre ainsi, au moins provisoirement, à POTOMAC.
-
Bernard FRIOT est économiste ET sociologue. Il enseigne à l'Université de PARIS X (Nanterre ?). Il a donc une double formation. Avant de dire pourquoi cette analyse me paraît irrecevable, je vais m'efforcer de vous la transmettre, à partir de ce message, j'insiste bien sur ce point, et non à partir du livre. Ceci signifie que le message anonyme a très bien pu déformer les propos de l'auteur.
-
Le message porte donc sur l'article qu'a publié Bernard FRIOT : "Financement des retraites : l'enjeu des cotisations patronales." Il commence par en citer quelques extraits : "On oublie toujours, quand on raisonne sur l'avenir des retraites, que le PIB progresse d'environ 1,6 % par an, en volume, et qu'il double, à monnaie constante, en 40 ans. C'est pourquoi nous avons pu multiplier par 4,5 les dépenses de pension depuis 1960."
-
L'auteur du message s'indigne qu'une telle information ait été passée sous silence et s'en sert pour fustiger la reforme des retraites. Par un calcul (exact), il indique que dix actifs produisent aujourd'hui un gâteau de 100 et qu'ils ont à charge 4 retraités. Quatorze personnes se partagent donc un gâteau de 100, soit 7,14 par personne. Si dans quarante ans, 10 actifs produisent un gâteau de 200 et qu'ils ont à charge 8 retraités, ce sont 18 personnes, dit-il, qui se partageront un gâteau de 400, soit 11,1 par personne. Et l'auteur du message de poursuivre en prétendant que ce sont les patrons qui veulent faire des plus-values boursières sur les 40 % de part salariale qui représentent les "fameuses cotisations patronales" (dixit l'anonyme du message). Et de rager, en prétendant que les patrons veulent faire main-basse sur ce qu'il appelle des "salaires différés".
-
Je ne vais pas faire l'injure à Bernard FRIOT d'avoir produit une telle analyse. Si c'était le cas, je douterais de ses compétences, ceci pour plusieurs raisons.
-
(a) Les chiffres de références qu'il donne prennent pour point de départ l'année 1960, en pleine période des Trente Glorieuses, avec des investissements énormes liés à la reconstruction de la France (après la guerre), et la nécessaire industrialisation. L'auteur du message semble méconnaître ce point, et il fait l'hypothèse très hasardeuse que le PIB continuera de croître sur le même rythme. On peut penser que cette hypothèse est fausse ; (1) en raison de la concurrence internationale, de la mondialisation, du développement des pays émergents (Chine, Inde Brésil), les parts du marché mondial dont nous disposons ont toutes les chances de diminuer et ne pourront être compensées entièrement par l'accroissement de la population française ; (2) nous ne pouvons continuer de vivre sur un mode de développement qui épuise les richesses naturelles, les pille, et les gaspille, et on peut imaginer que les théoriciens de la décroissance vont sans doute faire valoir leur point de vue, un point de vue plus respectueux des générations futures et de l'avenir de la planète.
-
(b) Le concept de 'salaire différé' en matière de retraite est une imposture. Si cela était vraiment le cas, cela voudrait dire que la retraite par répartition est en réalité une retraite par capitalisation, et que nous serions assurés de voir intégralement réparties, au moment de la retraite entre tous les cotisants, les sommes mises de côté pendant la durée de cotisation, et seulement aux cotisants concernés par cette période. Or justement, la retraite par répartition consiste à faire payer par les actifs les pensions des inactifs, en mutualisant totalement les cotisations (ou presque, car les régimes spéciaux échappent à ce système), et en faisant le pari que le renouvellement des personnes rentrées en "inactivité" sera assuré par celles qui rentrent dans "l'activité". C'est précisément parce que c'est un pari dont les termes initiaux ont grandement changé que le problème se pose. Il y a une solution alternative à cette solution. Elle consiste à ne plus payer de cotisations sociales, ni patronales, ni ouvrières, à verser la totalité du fruit du travail aux salariés, et à laisser à l'épargne le soin de régler la question ou à la solidarité celui de prendre en charge ceux qui, faute de ressources, n'auraient pu suffisamment épargner pour assurer leurs vieux jours. Est-ce cela que veut l'auteur du message qui joue entre les deux solutions, celle du salaire différé, et celle de la solidarité, pour étayer une démonstration boiteuse ?
-
(c) Je ne sais pas où l'auteur de ce message a puisé ses renseignements sur la démographie prévisible des inactifs. Je sais simplement que j'ai vu récemment dans divers journaux, que la France comptera très vraisemblablement près de 200.000 centenaires au milieu du siècle. Je ne vois pas comment cet allongement de la durée de vie peut aboutir aux chiffres donnés par cet auteur.
-
(d) Enfin et surtout, je constate que l'analyse est fortement idéologique. Cela n'est pas grave en soi. Tout le monde a le droit de penser que MARX a raison EN TOUT. Mais il serait plus honnête que l'auteur dise d'où il parle, et ne tente pas de faire passer pour information objective ce qui est une analyse fortement contestable sur le plan économique, fausse (pour ne pas dire plus) sur le plan intellectuel, et teintée très fortement de haine de classe.
-
Je ne peux pas imaginer que le livre de Bernard FRIOT reprenne ces arguments sans les nuancer, sans marquer les hypothèses et leur niveau de vraisemblance, et sans comparer ses solutions avec des solutions alternatives. Voilà ce qui, intellectuellement, me paraît honnête.
-

lundi 25 octobre 2010

Effaré, je suis effaré

-
C'est une chose entendue : le droit de grève est un droit constitutionnel. Il donne aux grévistes un droit unique : celui de cesser de travailler ; mais il ne leur donne pas le droit d'empêcher les autres de le faire. Or c'est très exactement ce que les ouvriers et employés des dépôts de carburants sont en train de nous imposer.
-
J'ai entendu le responsable syndical de l'un de ces dépôts dire que ce qu'il cherchait était de provoquer un maximum de dégâts économiques. Il ne précisait pas dans quel secteur, et sans doute peut lui importait. Cette position implique deux dispositions d'esprit particulières et peut- être même plus. (a) Ce responsable défend les intérêts d'un groupe au détriment d'autres groupes sociaux ; il ne cherche pas le bien de tous, mais un bien particulier ; son raisonnement a sans doute une valeur idéologique et politique, mais il n'a aucune valeur morale. Il ne doit donc pas s'étonner, dès lors, de trouver devant lui des groupes ou des personnes tout aussi dépourvues de moralité. Je le redis pour la cinquième fois dans ces billets : le propre de l'idéologie est d'être insensible au sort de l'homme concret. Foin des artisans, des professions libérales, des agriculteurs, des commerçants qui, simplement pour vivre, ont besoin de se déplacer. Qu'ils crèvent, pouvu que nous leur survivions ! (b) Ce responsable, en deuxième lieu, raisonne comme Louis XV : "Après lui, le déluge". Il y a des entreprises au chômage technique dont les employés sont privés de salaire ; le pays est obligé d'importer à grands frais des produits pétroliers de Belgique, de Hollande, d'Italie, et aggrave ainsi le déficit du commerce extérieur, qu'il faudra financer par un emprunt que tous les Français, les employés des dépôts y compris, devront rembourser. (c) L'image de notre pays est durablement affectée : la France est synonyme de chaos, de désordre en tous genres, de pays dont les citoyens sont en grèves incessantes. Mais de cela, les responsables syndicaux (je ne parle pas des grands responsables, type Jean-Claude MAILLY, Bernard THIBAULT ou CHEREQUE) n'en ont cure. Ils donnent l'impression de vivre au jour le jour : "Puisque ces événements nous échappent, feignons de les organiser" semblent-ils nous dire. Ils ont ouvert la boîte de PANDORE et regardent, ébahis, les démons qui s'en sont échappés.
-
Il n'y aura ni vainqueurs, ni vaincus dans cette lutte suicidaire. Il n'y aura que des victimes. Et une aggravation prévisible de l'état de notre économie, d'insolubles difficultés quand il s'agira de parler plus tard des nouveaux et indispensables ajustements du régime des retraites et une pauvreté croissante. C'est ce que l'on appelle la solidarité dans le dénuement.
-
Je souhaite simplement qu'aucun des proches des irréductibles grévistes n'ait à être transporté d'urgence à l'hôpital et ne puisse le faire faute de véhicules approvisionnés en carburant. Ces aveugles n'auraient que leurs yeux pour pleurer, et ne pourraient s'en prendre qu'à eux-mêmes. Je souhaite que jamais ils ne voient leur réfrigérateur vide et qu'ils ne puissent le remplir en raison des ruptures de stock des magasins qui ne seraient plus livrés. Je souhaite que jamais ils ne soient obligé de laisser seuls leurs enfants à la maison, sans surveillance, au motif que les établissements scolaires sont fermés, les transports scolaires supprimés, et les personnes susceptibles de les dépanner incapables de se déplacer. Politique de l'autruche, l'un des animaux les plus bêtes de la création.
-
Effaré, je suis effaré devant tant d'inadaptation à la réalité, d'égoïsme, d'idiotie. Je redis ici qu'étant un privilégié, je comprendrais très bien que l'on diminuât le montant de ma pension pour permettre à d'autres d'en avoir une plus élevée. C'est même une proposition formelle. Je ne suis pas immortel, et je n'emporterai pas avec moi mes billets de banque. On me demandera, Il me demandera, simplement : "As-tu aimé ? " Comme je voudrais pouvoir répondre : "Oui, Seigneur, j'ai aimé". Mais sachant que ce serait un mensonge, je dirais :" j'ai essayé mais je m'en remets à ta miséricorde".
-
-

samedi 23 octobre 2010

Silence étourdissant

-

Il est au Parti Socialiste des hommes qui pensent. Mais on ne les écoute pas. Il y a deux jours, Manuel VALLS a affirmé que "l'allongement de la durée des cotisations étaient inévitable". J'ai vu cette information en bandeau défilant, sur une chaîne d'information continue. Curieusement, les médias nationa(lisés)ux n'ont pas repris cette information. Je crains fort que Manuel VALLS, dont j'ai toujours pensé beaucoup de bien pour sa probité intellectuelle, n'ait définitivement ruiné ses chances lors des primaires organisées pour la désignation du candidat du PS aux futures élections présidentielles. Et j'imagine qu'il a dû se faire copieusement enguirlander par les éléphants de son parti, notamment par madame AUBRY laquelle aurait besoin de consulter un ophtamologiste afin de corriger sa myopie partisane .

-

Parlons-en de ces éléphants. Ils sont démagogues, inconséquents, incompétents, et menteurs. Démagogues, car ils entretiennent dans leur clientèle ordinaire (fonctionnaires essentiellement, et nombreux salariés du privé) l'illusion que le système actuel des retraites peut être maintenu en l'état. Inconséquents, lorsqu'ils prétendent qu'il serait possible de régler le problème en augmentant les impôts (proposition vague) tout en réclamant une augmentation du pouvoir d'achat. Incompétents car ils sont incapables de proposer une réforme qui tienne compte de tous les éléments du problème (ils sont nombreux, complexes et sans aucun doute ; mais la défense des égoïsmes individuels et des avantages indus, le tout sur le ton déclamatoire du principe d'égalité, ne saurait tenir compte d'une analyse sérieuse). Et menteurs, menteurs par-dessus tout. Car s'ils veulent que notre pays maintienne son niveau de vie, produise des richesses et puisse les distribuer, il seront obligés de modifier le système actuel des retraites et la modification sera nécessairement douloureuse ; ils le savent et ne le disent pas, mais je peux vous garantir qu'ils le feront parce qu'il n'y a pas d'autre choix.
-
Ceci explique pourquoi les propos de Manuel VALLS n'ont été repris ni par les médias, imbibés de haine ou de dérision, ou de mépris contre le Président, ni par les membres éminents du PS, plus préoccupés des élections et de leur sort que du bien de notre patrie. Décidément, Manuel VALLS, s'il est isolé parmi les siens, mérite notre respect et notre estime pour son courage. Lui seul ose dire, comme le petit enfant du conte : "Le Roi est nu".
-

vendredi 22 octobre 2010

Lettre ouverte aux lycéens et étudiants

-
Chers lycéens,
Chers étudiants,

Vous manifestez bruyamment contre une réforme des retraites dont vous ne percevez, me semble-t-il, ni les raisons ni les enjeux. Permettez à un homme rentré dans la dernière partie de sa vie, qui a élevé six enfants, enseigné pendant quarante ans à l'Université, été chef scout pendant cinq ans au temps de sa jeunesse, de m'adresser à vous au nom d'une expérience dont vous ne pouvez vous prévaloir.
-
Il me semble que votre colère n'est pas tournée contre cette réforme, mais contre vous-même, et qu'elle traduit un mal-être très profond. Acceptez-vous que nous discutions en faisant appel à la conscience de chacun de nous et à la raison ? Acceptez-vous que l'on vous pose quelques questions ?
-
Connaissez-vous dans le détail les dispositions de cette réforme ?
Pouvez-vous dire avec précision en quoi elle vous lèse ?
Savez-vous qu'il y a d'autant plus d'emplois pour les jeunes qu'il y a de seniors actifs ?
Acceptez-vous le principe de la retraite par répartition qui fait payer les pensions des inactifs par les actifs ?
Connaissez-vous avec précision l'évolution de la démographie du monde du travail ?
Avez-vous des solutions pour trouver l'argent nécessaire au financement de pensions à une hauteur convenable ?
Pensez-vous qu'il n'y ait d'avenir professionnel que dans une situation de salarié ?
Croyez-vous que vous avez les aptitudes personnelles nécessaires pour créer votre propre entreprise ?
Trouvez-vous juste que les grèves n'aient qu'un seul but, celui de nuire au fonctionnement économique du pays ?
Accepteriez-vous de payer plus d'impôts pour abonder le fond de retraite ?
Accepteriez-vous de devenir chef d'entreprise ?
-
Vous êtes dans la protestation si chère aux adolescents. On vous manipule en vous assimilant à un groupe, et un groupe de pression, au service de l'ambition politique de tel ou tel responsable. Les médias, la presse en particulier, depuis trois ans, ne cesse d'accabler la personne du Président de la République, faute de pouvoir critiquer sur le fond les mesures qu'il prend. Mais la détestation d'un homme n'a jamais tenu lieu de politique. Et pour être crédible, il ne suffit pas de bloquer les portes des lycées ou des facultés avec des poubelles, voire d'y mettre le feu. Il faut avoir un projet, une vision de la politique, une vision de l'homme. Et je n'entends rien de tout cela, je n'entends que le cri d'une partie de la jeunesse, déboussolée par le manque de sens d'une civilisation marchande, consommatrice, hédoniste. Cela n'a jamais fait le bonheur, simplement le plaisir, ce qui n'est pas tout à fait la même chose. Et quand je vois, comme hier, un cortège de jeunes manifestants dont l'une des meneurs porte un blouson de cuir du meilleur faiseur, et qu'un autre se balade avec un djambé de luxe en tapant dessus comme un sourd, je me dis qu'il y a des contradictions entre le discours et les comportements qui sont insupportables à tout esprit droit.
-
Votre seul devoir civique, je dis bien le seul, est de vous adonner de toutes vos forces à vos études, de trouver de sains loisirs en compagnie d'amis sûr, et de ne pas oublier que vous avez une conscience dont il convient de faire un constant usage.
-
S'il advenait qu'un leader étudiant lise ce message, je serais heureux qu'il réponde à mes questions. Je l'assure d'emblée de ma bienveillance, croit à sa bonne foi, mais pas forcément à la justesse de ses vues.
-
J'ai consacré ma vie professionnelle à des jeunes de votre âge. Je les ai passionnément aimés, et j'ose le dire, servis. Je leur dois des joies qui n'ont d'équivalent que dans les joies familiales. Et je suis désolé de voir que nombre d'entre eux réagissent aux sollicitations de la vie avec des réflexes de vieux. J'essaye de comprendre. Cela m'est difficile. Ce n'est pas une raison pour démissionner.
-
A tous ceux qui me liront, amitié, rude amitié, mais amitié vraie.

mercredi 20 octobre 2010

Les collectivités ne pensent pas

-
En cette période trouble où les foules, la passion et la déraison semblent submerger les médias, les citoyens, les syndicats et les hommes politiques, il est bon de se rafraîchir aux sources les plus pures de la réflexion. Je n'ai jamais caché l'admiration que je porte à Simone WEIL, trop tôt disparue. Souvent je l'ai citée. Et je vais aujourd'hui continuer à le faire car elle exprime des choses que tout être raisonnable, amoureux de la liberté, devrait sans cesse avoir en tête. Voici ce qu'elle dit dans cet essai admirable et d'une rare densité, Réflexions sur les causes de la liberté et de l'oppression sociale.
-
"Pas plus que l'homme n'est fait pour être le jouet d'une nature aveugle, il n'est fait pour être le jouet des collectivités aveugles qu'il forme avec ses semblables ; mais pour cesser d'être livré à la société aussi passivement qu'une goutte d'eau à la mer, il faudrait qu'il puisse et la connaître et agir sur elle. Dans tous les domaines, il est vrai, les forces collectives dépassent infiniment les forces individuelles ; ainsi l'on ne peut pas plus facilement concevoir un individu disposant même d'une portion de la vie collective qu'une ligne s'allongeant par l'addition d'un point. C'est là du moins l'apparence ; mais en réalité il y a une exception et une seule, à savoir le domaine de la pensée. En ce qui concerne la pensée, le rapport est retourné ; là l'individu dépasse la collectivité autant que quelque chose dépasse rien, car la pensée ne se forme que dans un esprit se trouvant seul en face de lui-même ; les collectivités ne pensent point."
-
Tout est dit. Dans ce livre, Simone WEIL développe plus longuement cette idée que ne le laisse percevoir cette citation. Mais déjà ce bref fragment ouvre à notre esprit une perspective de vérité.
-
Prétendre connaître la vérité de ce que pensent le peuple français à coup de sondage est au mieux une erreur intellectuelle, au pire une imposture et une manipulation. Les sondeurs peuvent nous dire que 59 % (ou 69 %, peu importe) de nos concitoyens demandent que les manifestations contre la réforme des retraites se poursuivent, même si la loi est votée, je dis que de ce sondage ne sort aucune vérité. La vérité, que chacun peut vérifier de ses yeux, c'est que si les Français étaient pour la grève, ils ne se précipiteraient pas aux pompes des stations-services pour faire leur plein de précaution, par exemple. Ils auraient la pudeur de soutenir les grévistes en minimisant les effets de leur mouvement sur la vie sociale ; ils argumenteraient avec des statistiques économiques, démographiques, sociales, pour montrer que cette réforme est inutile, injuste, inefficace. Ils donneraient de leur argent pour soutenir les caisses syndicales de solidarité en faveur des grévistes. Ils proposeraient des mesures, y compris douloureuses, pour remédier à la situation catastrophique des comptes sociaux. Bref, ils se comporteraient en citoyens solidaires (puisqu'ils n'ont que ce mot à la bouche) et responsables. Le comportement de nombre d'entre eux - ne généralisons pas - me semble bien éloigné des valeurs affichées par les responsables syndicaux. Il me semble refléter plus vraisemblablement le chacun pour soi.
-
Allons, encore une petite citation, cette fois-ci de Thomas MERTON. Ce moine trappiste, auteur entre autre de ce 'best seller' intitulé La nuit privée d'étoile, a écrit dans un autre ouvrage, remarquable à tous égards, Nul n'est une île :
-
"Une société dont le seul but est d'éliminer la souffrance et de donner à ses membres les plus grands conforts et les plaisirs les plus recherchés est condamner à périr." Bien entendu, il ne s'agit pas de justifier la pauvreté, et ce n'est pas ce que dit MERTON dans son livre, bien au contraire. Ce qu'il fustige, ce sont les courtes vues de l'hédonisme et du plaisir à tout prix, y compris à celui du sang des plus pauvres et des plus faibles. Je dois dire que je ne mets pas les conducteurs de TGV ou de trains dans cette population.
-

lundi 18 octobre 2010

Les hommes de ce temps ont des bleus à l'âme

-
Je ne mets pas en doute un seul instant la bonne foi des leaders syndicaux dans la contestation qu'ils mènent contre la réforme des retraites. Je mets en cause la justesse de leurs analyses, et par conséquent la justice de leurs actions. Tout ça mérite une explication.
-
Que les leaders syndicaux défendent les intérêts de leurs adhérents, c'est tout à fait légitime. Mais qu'ils le fassent en considérant que ceux-ci forment des groupes complètement indépendants de la société dans laquelle ils vivent, est une erreur de perspective fondamentale qui ne peut conduire qu'à des impasses. Penser que l'on agit justement parce que l'on est le plus fort (j'ai déjà évoqué dans un billet l'opinion de notre grande Simone WEIL sur cette position, hélas très répandue) est tout simplement le comble de l'injustice. Car si nous avons besoin d'agents de la SNCF ou de la RATP ou de dockers, ou d'ouvriers des raffineries, eux ont besoin de plombiers, d'électriciens, de médecins, de boulangers, de bouchers, que sais-je encore. Et la qualité de salarié ne donne aucun avantage particulier dans le champ social sur celle d'indépendant. Qu'arriverait-il si les médecins cessaient tous de travailler ? Et pourquoi faudrait-il qu'interrompre les transports fût de moindre gravité que de cesser de soigner les malades ?
-
Alors, il faut revenir à la réalité : les Français sont attachés, justement, au système de retraite par répartition. Dans ce système, les actifs cotisent pour les inactifs et l'on répartit ce qu'il y a dans le pot. Il se trouve que pour diverses raisons, le pot est devenu sinon minuscule, du moins petit et que son contenu doit être distribué à un nombre croissant d'ayant-droit. Il est donc nécessaire de l'abonder. Quand madame AUBRY proclame qu'il faut tout remettre à plat, elle admet sans le dire que le système est à bout de souffle. Si la seule solution consiste à augmenter l'impôt, déjà fort lourd en France, ce sont les classes moyennes qui vont encore payer. Je reviens à mon idée de prélever sur les dividendes versés aux actionnaires, et de verser ce prélèvement à une ou des caisses de compensation (une par entreprise ? une caisse générale ?) pour augmenter le montant des pensions.
-
En vérité, il me semble que ces protestations traduisent un malaise plus profond, une sorte de mal-être propre à nombre d'hommes et de femme de la post-modernité. Ils ont des bleus à l'âme, et protester sans raisons valables, quoi qu'ils disent, n'est que l'expression de cette blessure intérieure : la vie est devenue matériellement meilleure, mais elle a perdu son sens.

samedi 16 octobre 2010

A Sylvain

-
Cher Sylvain,

Je ne suis pas RILKE, et je suis bien incapable d'écrire une oeuvre du genre Lettres à un jeune poète inconnu. Qu'importe. Je vais m'efforcer de répondre, comme je l'avais promis, à votre commentaire désenchanté du billet du 13 octobre. Je ne vous connais pas, mais vous devine.
-
Oui, cela est vrai. Ceux qui font grève aujourd'hui sont ceux que la réforme des retraites ne concernent pas. J'ai pris soin de vérifier, sur le site officiel de l'organisme qui gère les retraites des agents de la SNCF, certains points mentionnés par TIPPEL dans un commentaire. Les agents de la SNCF partent à 55 ans. Ceci figure, pour autant que je m'en souvienne, dans l'article 1 du règlement des retraites. Il est parfaitement inacceptable de voir ces agents faire grève pour protester contre une réforme qui ne les concernent pas, ou pas encore. Il ne s'agit pas d'un privilège (mot que l'on confond souvent avec "avantage" ; un privilège [private lex] est un règlement particulier qui s'applique à un groupe humain particulier, qui est élaboré par les membres de ce groupe en contrepartie des efforts qu'il consent à titre de groupe). Il s'agit tout bonnement d'un avantage indu. Le temps des locomotives à vapeur est révolu. Il n'y a plus de mécaniciens et de chauffeurs noircis par la fumée du charbon et fouettés par le vent âpre dans leur habitacle inconfortable. Les amplitudes de voyage se sont considérablement raccourcies en raison de l'avènement des TGV. Les conducteurs et les contrôleurs ont encore à souffrir de ces soirées qu'ils passent dans les locaux destinés à les accueillir pour une nuit, le temps pour eux de faire le retour. Mais cela est de plus en plus rare. Et c'est bien. Un raisonnement analogue s'applique aux agents de le RATP à PARIS. Je ne sais pas si la convention collective qui règle les droits et devoirs des agents employés dans les lignes de bus et de métros régionaux comportent les mêmes avantages.
-
Ce qui me paraît le plus touchant dans votre commentaire c'est l'expression d'une blessure, de cette blessure intime qui vous fait regarder avec tristesse et désenchantement le monde contemporain tel qu'il va. Non ! Ne vous laissez pas aller au désespoir. Le monde sera ce que vous en ferez. Et il suffit de quelques jeunes à l'âme bien trempée, pour le changer ce monde. C'est ma conviction profonde. Et vos réactions, leur profondeur, la sensibilité très fine qui est la vôtre l'indiquent à l'évidence : vous êtes de ceux qui peuvent, par la conscience vive des dysfonctionnements sociaux, des atteintes à la relation entre les hommes, du délitements du lien social, contribuer au nécessaire redressement. Le gémissement, disait un jour le Cardinal Alexandre RENARD, n'est pas un don du Saint Esprit. J'ai entendu de mes oreilles cette homélie mémorable qui invitait les disciples à l'action nourrie par la prière.
-
Voilà cher Sylvain ce que voulais vous dire pour aujourd'hui. J'aurai encore des commentaires à faire qui nécessitent de ma part plus de réflexion ; les remarques que je vous livre aujourd'hui sont celle d'un homme dans la dernière partie de sa vie certes, mais un homme plein d'espérance, sans laquelle il n'est pas d'amour possible. J'attends votre réaction avec impatience
-

jeudi 14 octobre 2010

Un nouveau concept politique : la rétropédalitude

-
Madame ROYAL vient d'inventer un nouveau concept politique : celui de rétropédalitude. Elle nie avoir appelé les lycéens à manifester pour protester contre la réforme des retraites, lors de son interview par Laurence FERRARI. Apparemment, elle a oublié la teneur exacte de ses propos. Elle a même eu ce lapsus très révélateur lorsqu'elle a indiqué, dans sa tentative de rectification, conduite sur les ondes de France Info qu'elle a prétendu vouloir dire que "s'ils devaient le faire, ils devaient le faire POLITIQUEMENT", avant de corriger son lapsus (je voir les os de papa FREUD frétiller de joie) en "PACIFIQUEMENT". Madame ROYAL aurait dû les dissuader de manifester. En essayant de corriger son tir, elle fait machine arrière : c'est bien ce que je disais, c'est de la rétropédalitude.
-
Monsieur de VILLEPIN lui, en bon avocat et bon manieur de notre langue prétend (et vous allez apprécier la nuance) qu' "on ne fait pas une réforme crédible sur un sentiment d'injustice". Il ne dit pas "sur l'injustice", non, il dit "sur un sentiment". La véritable question est donc bien de savoir si cette réforme est injuste ou non. Si elle comporte des aspects manifestement injustes, il faut les supprimer. Il semble bien que de très réelles modifications aient été apportées par les sénateurs. Là où les socialistes avaient maintenu le départ à 60 ans pour tous, il devient possible de partir plus tôt et avec un taux plein, si l'on a cotisé un nombre suffisant d'année, par exemple.
-
Parlons des jeunes qui manifestent. Ils sont manipulés, et ils défendent l'indéfendable. J'ai entendu l'argumentation de responsables de l'UNEF et de syndicats de lycéens. C'est hallucinant d'égoïsme et de bêtise : il faut maintenir la retraite à 60 ans, disent-ils, parce que ça libèrera des places pour nous les jeunes ! "Ôte-toi de là que j'm'y mette" en quelque sorte. Ce qui m'épouvante, en fait, c'est que ces jeunes n'aient d'autre aspiration que celle de devenir salarié, et de préférence fonctionnaire. Ils n'imaginent pas qu'ils puissent faire autre chose, créer leur propre entreprise par exemple.
-
Vous me direz : il cause, il cause celui-là. Mais ne fut-il pas fonctionnaire ? Je vais leur répondre. Certes, je le fus. Mais, avec quelques amis et collègues, nous avons créé une entreprise de Recherche sur Contrat, en 1996, avec 14 emplois à la clé. Cette entreprise a été rachetée et elle continue de fort bien fonctionner. Et il a bien fallu que nous investissions de nos économies pour constituer l'assez modeste capital de cette entreprise. Par conséquent, j'estime ne pas avoir de leçon à recevoir. J'ai mis mes compétences, des économies personnelles, au service de jeunes dont nombre étaient du reste mes élèves. Que tous les enseignants syndiqués du SNESUP et autres appellations en fassent autant. Après, on parlera.
-
Revenons aux jeunes, si gracieusement invités à manifester par madame ROYAL. Ils n'ont strictement rien compris, comme tant de Français, hélas, à l'économie en général et à celle des retraites en particulier. Ils n'ont pas compris que c'est eux qui, en rentrant dans la vie professionnelle, vont payer par leurs cotisations sociales les pensions des inactifs. Comme ils seront insuffisamment nombreux à travailler (démographie oblige), il sera nécessaire d'emprunter des capitaux sur les marchés internationaux pour payer les pensions, et il faudra rembourser ces emprunts et les intérêts par l'impôt. Quant à les voir crier qu'ils défendent leur retraite à eux, il y a de quoi se tordre de rire. Ils y pensent déjà avant même d'avoir travaillé ? S'ils y pensent, ils sont déjà vieux dans leur tête. S'ils n'y pensent pas mais manifestent, c'est une manifestation politique, sans rapport avec l'objet officiel des protestations. Qu'ils le disent clairement. Mais qu'ils ne roulent pas le bon peuple dans la farine.
-
En vérité, je le redis, il y a trois moyens pour trouver l'équilibre du financement des retraites : l'allongement de la durée du travail et du nombre d'annuités, l'augmentation de la contribution des uns et des autres, patrons et salariés, et la diminution du niveau de pension. Sans doute faudra-t-il avoir recours au trois moyens un jour, notamment au dernier, si cette réforme de la dernière chance ne passe pas.
-

mardi 12 octobre 2010

Deux points de vue sur les lois

-
Il est de bon ton, en notre pays, de critiquer les lois, de les contourner, ou de les ignorer. Aujourd'hui, nombre d'insatisfaits s'apprêtent à battre le pavé de nos bonnes villes, au motif qu'une loi, votée par des représentants librement et démocratiquement élus, ne leur convient pas. J'ai trouvé par hasard, en lisant le très beau livre de Jacques SANCERY sur CONFUCIUS, deux citations qui disent fortement des choses intéressantes à propos des lois. Cris dans le désert que ce billet ? Certes ! Agacement de Potomac qui va me reprocher mes chinoiseries ? Sans doute. Pour apaiser son très prévisible courroux, je commencerai par citer SENEQUE et son traité De la colère (II, 27) : "La vertu, dit-il, est bien imparfaite lorsqu'on ne fait d'autre bien que celui qui est commandé par les lois. La règle de NOS DEVOIRS est beaucoup plus étendue que celle de la justice rigoureuse. Combien de choses qu'exigent la piété, l'humanité, la libéralité, l'équité, LA BONNE FOI, dont les lois ne font aucune mention ?"
-
Je me lance dans ma seconde citation ? Oui, je me lance en tirant des Mémoires historiques (Shiji) du grand historien chinois SIMA QIAN (que vous connaissez peut-être sous le nom de SSEU MA TSIEN) ceci, qui paraît tellement juste et vient souligner que la loi est le moins mauvais moyen de faire vivre ensemble les hommes, peu vertueux par nature : "Les rites [entendez ici la courtoisie, la politesse, les usages sociaux du bien vivre ensemble], c'est ce qui empêche que le mal se produise, tandis que les lois, c'est ce qu'on applique une fois que le mal est commis. L'utilité des lois est facile à percevoir ; mais les hommes saisissent difficilement l'utilité préventive des rites" (Shiji, CXXX ; traduction de Jacques PIMPANEAU).
-
SENEQUE et SIMA QIAN disent la même chose, chacun selon le génie propre de sa langue et de sa culture. Les lois sont là pour régler la vie ensemble. Elles n'épuisent aucunement les obligations et devoirs moraux de tout homme qui préfère habiter sa vie plutôt que la subir. Et plutôt que de défiler en aboyant des slogans (quand ce ne sont pas des injures), les manifestants, s'ils avaient de vrais chefs qui pensent, devraient s'interroger sur les raisons qui ont poussé les pouvoirs publics à prendre des mesures impopulaires, amendables sans doute, prises sans trop de concertations, mais cependant indispensables : fardeau de la dette sociale, trop lourdes charges qui bientôt peseraient sur les épaules des jeunes générations, abus d'avantages injustifiés de la part de certains secteurs, consommation immédiate au détriment de l'épargne qui aurait pu venir abonder chaque pension individuelle, aveuglement sur les devoirs qui incombent à chaque citoyen de contribuer à la vie commune. J'ai déjà dit, et je le maintiens, que si cela était nécessaire - me considérant comme un très grand privilégié - j'accepterais de voir diminuer ma pension pour ne pas affaiblir ma patrie et permettre à de moins bien lotis d'avoir meilleure enseigne pour se loger. Que puis-je dire de plus ?
-
Allons, encore SENEQUE : La colère est une courte folie.

mardi 5 octobre 2010

La beauté du compromis

-
"La beauté du compromis, disait LANZA del VASTO, que je cite ici de mémoire, est que quelque chose soit fait." L'entêtement des leaders syndicaux à refuser ce qu'ils appellent "la" réforme des retraites, est en réalité le refus de toutes réformes. Et je crains aussi que l'entêtement du gouvernement à ne point entendre quelques revendications légitimes en ce domaine ne pousse les jusqu'aux-boutistes aux dernières extrémités.
-
Etait-il donc si compliqué de dire ceci, qui paraît simple et répond à toutes les questions : il sera possible de prendre sa retraite à taux plein dès que l'on aura cotisé pendant 42 années ? Ainsi ceux qui ont commencé à travailler à 14 ans auraient pu partir à 56 ans, et ceux qui, en raison d'études longues, ne l'ont fait qu'à 25, auraient dû partir à 67 ans. Ce report du départ en retraite à taux plein me semble être juste compensation aux efforts que la communauté nationale fait pour offrir une formation supérieure gratuite à tous les jeunes qui le désirent. Et qu'on ne vienne pas me mettre sous le nez l'histoire des écoles supérieures privées qui coûtent fort cher aux familles : nul n'est obligé de s'y inscrire. L'enseignement public offre des formations tout aussi prestigieuses. Il se trouve de plus que les métiers les plus pénibles sont souvent ceux qui requièrent une formation légère, et dans lesquels on rentre assez tôt (16 à 18 ans). Ainsi, une réponse juste est trouvée à un vrai problème.
-
Il serait déjà juste que toutes les parties en présence reconnussent la nécessité d'une réforme. Les propositions socialistes sont ineptes. Elles consistent à trouver par l'impôt une somme de 40 milliards d'euros tous les ans. Cette augmentation frapperait essentiellement les cadres moyens et supérieurs. (Il faut tout de même savoir qu'en France, 16 % des ménages imposables payent 80 % des impôts sur le revenu.) Pour tuer l'économie et freiner l'ardeur au travail, la solution est merveilleusement adaptée. Ils veulent aussi frapper le capital. Il se peut que sur ce point, il y ait de vrais progrès à faire. Le pourcentage des dividendes reversés aux actionnaires a plus que doublé en 20-30 ans. Impôts payés, il a été distribué cette année 100 milliards d'euros. Il ne serait pas anormal qu'un pourcentage non négligeable de ces dividendes soient reversés à une caisse de compensation des retraites, étant entendu alors que ces versements doivent être comptés comme des annuités (pour les salariés de l'entreprise distribuant des dividendes dans le cas d'investisseurs institutionnels, pour la personne physique dans le cas des petits porteurs).
-
Oui, la beauté du compromis, c'est que quelque chose soit fait. On en est loin. Et quand on part avec une retraite à taux plein à 55 ans (suivez mon regard...), on ne manque pas d'air à manifester son opposition à des modifications qui ne concernent pas le protestataire. Cette opposition-là est de nature purement politique et fait partie intégrante de la grande manipulation médiatique et politique de l'opinion, conduite par la gauche.
-

mardi 22 juin 2010

Elle ment

-
Madame AUBRY ment. Quand elle prétend qu'en cas de victoire de la gauche elle ramènera l'âge de la retraite à 60 ans, elle sait pertinemment qu'elle ne le pourra pas. Elle approuve les mesures prises par ses amis en Grèce, en Espagne ou au Portugal (suppression du 13e et 14e mois en Grèce, diminution des salaires des fonctionnaires en Espagne, par exemple). Il doit bien y avoir une raison. Mais ce qui est bon pour les autres pays ne semble pas l'être pour le sien. Sa France à elle n'existe pas. C'est une France rêvée, une France idéale (dans l'esprit socialiste). Il faut tout de même que la Première secrétaire nous explique comment elle parviendrait à distribuer des richesses qui ne sont pas produites. Car c'est bien de cela qu'il s'agit.
-
La crise que nous connaissons est une crise de l'aveuglement. La majorité des Français, dont l'ignorance en matière économique est abyssale, (à la mesure de la certitude que les éléphants ont de pouvoir résoudre tous nos problèmes par un coup de baguette magique à fort caractère fiscal), n'a pas compris que quand les banques prêtent de l'argent, elles prêtent en réalité un argent qui n'a qu'une existence virtuelle, et qui est gagé sur les biens et richesses à venir produites par l'emprunteur. C'est parce que les pays à direction socialiste ont emprunté plus que la production prévisible de richesses pendant la période de remboursement, que nous connaissons ce marasme. Le problème de la France est essentiellement une insuffisance de production de richesses liée à une insuffisance de travail que n'ont pas compensée les gains de productivité. Sur ce point, toutefois, j'ai lu un article dont j'ai oublié qui l'avait écrit - c'était un universitaire économiste - qui plaidait avec de très bons arguments pour une augmentation du pouvoir d'achat, en encadrant cette mesure par des aides à la production.
-
La solidarité de madame AUBRY consiste à permettre au plus grand nombre de ses électeurs de prendre du bon temps, sans trop se fouler, en faisant financer leurs petits plaisirs par ceux qui ne votent pas pour le Parti de la Rose. C'est une solidarité qui se moque des agriculteurs, des commerçants, des artisans, des professions libérales, bref de tous ceux de nos compatriotes qui exercent un travail autonome et dont les revenus ne dépendent que de leur travail. Madame AUBRY est la maman attentionnée des salariés du public, comme messieurs MELANCHON, BESANCENOT et LAURENT sont les papas putatifs des salariés du privé. Tout cela exhale de vieilles odeurs marxistes. Nous aurions mieux à faire que de nous opposer les uns aux autres. JAURES avait dit des choses remarquables d'humanité sur ce sujet. Il n'avait pas de mots haineux, mais une analyse à la fois rigoureuse et morale (Que faut-il faire pour avoir une vie bonne ? Telle était la question centrale, et pratique, qu'il se posait. J'en ai un jour parlé dans un de mes billets.) Mais tout le monde n'est pas JAURES... Je ne parle pas seulement du sexe de madame AUBRY. Je parle aussi du coeur.
-

dimanche 20 juin 2010

Comment on écrit l'histoire

-
J'achève la lecture d'un petit livre dérangeant et qui me semble devoir être critiqué sur plusieurs points, mais qui donne des éclairages très intéressants sur la fonction éthique du roman, présenté comme une fiction volontaire, et qui ne prend jamais le parti de définir le bien ou le mal, mais simplement révèle la vérité de l'homme.
-
Nancy HUSTON, puisqu'il s'agit d'elle, dans son ouvrage de réflexion L'espèce fabulatrice dit ceci qui me paraît devoir être gravé en lettres d'or sur le fronton de toutes les cheminées, privées ou publiques, spécialement celles des palais nationaux :
-
"Chaque pays raconte, de son Histoire comme de toutes les histoires, la version qui l'arrange, et qui le montre sous la lumière la plus flatteuse. Certains faits marquants seront à jamais engloutis dans le silence ; d'autres, au contraire, deviendront fictions officielles et seront inlassablement soulignés, commémorés, enseignés."
-
Voilà qui est vrai et qui a déjà été analysé avec une acuité remarquable par Simone WEIL, au fil de ses Ecrits historiques et politiques. Dans un texte qu'elle a intitulé Quelques réflexions sur les origines de l'Hitlérisme, elle montre que des formules comme La France éternelle ou L'éternelle Allemagne n'ont strictement aucun sens. Il faut voir comment elle explique, avec une érudition extraordinaire, la manière dont HITLER s'est inspiré de la politique extérieur de Rome. Il n'y a pas de France éternelle, au moins en ce qui concerne la paix et la liberté. Napoléon a inspiré au monde autant de terreur et d'horreur qu'HITLER. Quant aux Germains, ils étaient bien plus fidèles à leurs engagements et à leurs serments que les Romains qui n'ont cessé de les violer et d'exercer sur ces peuples une tyrannie et une cruauté dont nous n'avons pas la moindre idée. Pourtant (et TACITE le confirme : il dit de l'un de ces peuples germains qu'il choisit de défendre sa grandeur par la justice. Il est dépourvu d'avidité, de cruauté, tranquille, se tenant à part) les Germains ont été longtemps des modèles de vie politique bonne. C'est du cynisme romain qu'HITLER s'est inspiré, pas de l'Eternelle Allemagne ! Et nous avons commis l'irréparable erreur, en 1938, de confondre les nazis et les allemands. Voilà qui arrangeait bien les hommes politiques.
-
Si nous n'étions pas prisonniers du mythe de la Révolution française, obsédé par une égalité qui est supposée nous conduire au bonheur, nous comprendrions, entre autre, que si l'égalité est mariée à la fraternité (au moins dans notre devise), nous devrions accepter de faire un effort pour régler au mieux de tous les intérêts de nos concitoyens l'épineux problème des retraites. Le mythe historique a la vie dure, les syndicats aussi. Et, continuant de nous raconter des fables sur la France éternelle, nous allons tout droit dans le mur.

jeudi 17 juin 2010

Il fallait bien s'y attendre

-
Comme on pouvait le prévoir, madame AUBRY du haut de son ministère de la parole a déclaré que la réforme des retraites proposée par monsieur WOERTH est injuste et inefficace. Elle argue, avec une mauvaise foi incroyable, que l'on demande aux salariés 85 % des efforts nécessaires au redressement partiel de la situation financière des retraites et elle utilise ce pourcentage pour illustrer l'injustice des mesures. C'est une idiotie de plus mais elle va faire mouche. Si les salariés contribuent à cette hauteur, c'est tout simplement parce qu'ils sont de loin les plus nombreux cotisants. La Première Secrétaire raisonne en masse et non par personne. En d'autres termes, pour 100 euros perçus, on ne demande pas à un individu donné de verser 85 euros. C'est l'ensemble des cotisations supplémentaires versées par les salariés qui font 85 % du total collecté. Et l'on voit mal pourquoi, au motif qu'ils sont riches, un assez petit nombre de nos concitoyens devraient abonder un trou qu'ils n'ont pas creusé. Certes, il est juste qu'ils contribuent, et plus que les moins bien lotis, mais tout de même il y a des limites aux prélèvements qui dans les projets socialistes risqueriaent d'être de la confiscation pure et simple.
-
On ne voit pas bien non plus pourquoi la mesure serait inefficace. Il est parfaitement admis que le report du départ à la retraite à 62 ans diminuera de moitié les sommes versées en 2018 au titre des pensions. C'est après cette échéance que les choses recommenceront à se gâter. Madame AUBRY critique, mais elle se garde bien de dire comment elle va trouver les 100 milliards annuels manquants pour régler la question. L'emprunt peut-être ? Comme ses amis grecs, espagnols et portugais ? L'impôt peut-être ?
-
Monsieur CHEREQUE, d'habitude mieux inspiré, refuse catégoriquement le report à 62 ans. Il prétend avoir une solution de rechange ; il le proclame ; il le claironne. Mais j'attends toujours de savoir comment il va s'y prendre, et je ne vois rien venir.
-
Ecoutez-bien ce que je vais vous dire. Avant peu de temps, on va reparler de l'affaire BETTENCOURT. Comme par hasard, des conversations, enregistrées à son insu, entre elle et son avocat laissent apparaître l'existence d'un compte de 65 millions d'euros en Suisse. Il semble bien que ce compte soit discret, si vous voyez ce que je veux dire. On susurre que monsieur WOERTH a géré la fortune de madame BETTENCOURT. On va bientôt l'accuser d'avoir couvert cette fuite, alors que c'est par son effort constant qu'il a réussi à obtenir des informations sur les comptes secrets détenus par de riches Français dans les banques de la Confédération. Quand on n'a aucun argument rationnel pour s'attaquer aux évidences, on s'attaque aux personnes, on les salit, sans la moindre preuve, on insinue, et l'on manipule l'opinion pour l'amener à ses vues et à ses fins : le pouvoir, par tous les moyens. C'est vrai pour tous les partis quels qu'ils soient. Et c'est intolérable.
-
La suite du feuilleton à bientôt.