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mercredi 30 juin 2010

La troisième mamelle

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Dans un billet déjà ancien, intitulé "Dinditude et quichitude sont les deux mamelles de Ségolène", j'avais dit tout haut ce que nombre de Français, dont beaucoup de socialistes, pensent de cette responsable politique. Il faut aujourd'hui lui reconnaître une troisième mammelle, celle de "l'injuritude". Il lui est ainsi facile de dire que le régime du Président SARKOZY est corrompu, comme si la péronnelle (je ne vois pas d'autres mots pour la qualifier dans cette posture-là) n'avait pour tout potage programmatique que l'injure gratuite, à quoi s'ajoute une amnésie sélective des plus considérables.
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Madame ROYAL oublie-t-elle qu'elle a été ministre d'un premier magistrat qui a mis illégalement sur écoute téléphonique plus de 3.000 de nos concitoyens, a couvert de son autorité l'arrestation des "Irlandais de Vincennes" présentés comme de dangereux terroristes et contre lesquels on avait fabriqué de fausses preuves, a entretenu des relations soutenues avec un ancien responsable du régime de Vichy (monsieur BOUSQUET), a vu le suicide inexpliqué de deux de ses proches, dont un, monsieur de GROSSOUVRE, a mis fin à ses jours à l'Elysée même, a laissé le Crédit Lyonnais alors nationalisé s'enfoncer dans une dette dont on ne connaît même pas l'ampleur, a fait bloquer tous les jours que le bon Dieu faisait barrer la rue Jacob pour aller voir sa fille, puis a fait loger celle-ci aux frais du contribuable dans des appartements de l'Etat, a vu éclater l'affaire du Carrefour du développement et de monsieur NUCCI, l'affaire Péchiney-Triangle, l'affaire Urba ? Et bien d'autres encore, dont l'énumération serait fastidieuse. Et c'est cette amnésique-là qui se permet de juger la moralité publique de notre légitime gouvernement ? Elle se moque du monde.
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Et je ne vois pas pourquoi il est honteux de compter parmi ses amis des personnes fortunées ; ça l'est moins en tout cas que de loger une ancienne terroriste algérienne au Georges V (Djamila BOUHIREB) laquelle se fait soigner dans l'un de nos hôpitaux. J'ose dire que c'est la grandeur de notre patrie que de prendre en charge une personne qui a sur la conscience la mort de 56 enfants, tués dans un attentat qu'elle a planifié et exécuté, de la traiter sans lui demander d'où elle vient ni ce qu'elle a fait. Mais l'on aurait pu faire preuve d'un peu de discrétion et ne pas réserver à madame BOUHIREB la réception d'une très haute personnalité. C'est une malade, certes ; j'ai appris pendant mes études que l'on ne faisait pas acception des personnes ; elle a le droit d'être soignée. Mais tout de même : sutor, ne ultra crepidam ! Pas de flonflon. Et un peu plus de respect pour la mémoire de ces petites victimes.
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Et puisqu'on parle de corruption, on pourrait - sans accuser ladite Ségolène de corruption, tout au plus de négligence - interroger certains de ses employés qui ont dû plaider devant les prud'hommes pour que l'on respecte leurs droits, et évaluer la manière dont elle les a traités.
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Allez, madame ROYAL, pas ça, pas vous. Occupez-vous du Poitou (ma région natale), distribuez aux lycéennes de votre région des chèques contraception pour qu'elles puissent forniquer à leur aise sans avoir à en référer à leurs parents, faites pleuvoir les subventions sur les Associations bien pensantes de votre bord, et posez donc, en douce et en vache, à madame AUBRY cette question-là : quelle est votre véritable patronyme de femme mariée, à côté de celui de DELORS ou d'AUBRY (celui de votre premier mari) ? Nous aimerions le savoir, non pour dénoncer, car chacun a droit de conduire sa vie privée comme il l'entend. Mais puisque vous réclamez à cor et à cri la transparence des personnalités de la majorité, exigez-là aussi de tous vos amis.
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A bon entendeur, salut !

dimanche 27 septembre 2009

Différence de ton

Madame Michèle COTTA a produit un excellent éditorial dans le numéro du journal 20 minutes daté du 25 septembre. Quelle différence de ton d'avec le poulet venimeux du Monde dont je vous avais parlé dans un récent billet.
Elle intitule son article "Gâchis", et elle passe en revue les ravages et les gâchis qu'a suscités l'affaire Clearstream : gâchis chez les journalistes "qui ont mis la main sur le document" (le fameux listing) qu'ils n'auraient jamais dû toucher (tiens ! apparaît ici la vertu de prudence, et la réflexion morale), gâchis pour les "seconds couteaux", et plus précisément Ihmad LAHOUD qui "a mis en circulation les listes sorties des fichiers informatiques" (là, madame COTTA est indulgente : monsieur LAHOUD avoue les avoir falsifiées !), gâchis pour monsieur GERGORIN, qui, en corbeau diligent, a transmis les listings au juge (il reste à savoir, selon moi, s'il avait connaissance de leur falsification), gâchis pour le jusque-là irréprochable Général RONDOT, "que son rôle dans l'enquête a fini par ridiculiser", gâchis pour le juge VAN RUYMBEKE, qui a été mené en bateau, gâchis "surtout évidemment pour Dominique de VILLEPIN, [...] accusé d'avoir voulu abattre, de cette façon, Nicolas SARKOZY", gâchis pour le Président de la République : "aujourd'hui Président dit-elle, ne gagnerait-il pas à pratiquer le pardon pour oublier l'éventuelle offense plutôt que de parler de coupables ? Ce serait une façon de sauver, avec panache, la seule vraie perdante de Clearstream, la politique".
Cette façon équilibrée d'envisager l'affaire me plaît. Elle apprécie les diverses circonstances, les personnes, les actes avérés des protagonistes de l'affaire. Et j'aime sa conclusion. En effet, il y aurait de la grandeur à pardonner. Peut-on le demander aujourd'hui en ce monde où ne comptent que l'efficacité, la prétendue transparence, l'exacte pesée des pensées et des responsabilités au regard de la loi, l'absolue négation des faiblesses humaines (puisque l'homme peut tout et est à lui-même sa mesure !) ?

Ah, tout le monde n'est pas Louis, duc d'Orléans, qui devenu Roi de France sous le nom de Louis XII après la mort de son frère aîné, disait au duc de la Trémouille : "Le roi de France ne venge pas les injures du duc d'Orléans" . Louis avait pourtant de sérieuses raisons d'en vouloir à ce grand seigneur qui l'avait fait prisonnier à la bataille de SAINT-AUBIN-DU-CORMIER, le 28 juillet 1488. Il avait pris la tête d'une révolte des grands féodaux contre la Régente Anne de BEAUJEU, et le duc l'avait battu.
Vu sous cet angle, alors j'approuve. Le Président de la République ne venge pas les injures de Nicolas SARKOZY. Cela pourrait être juste et exemplaire. Mais seulement sous cet angle, et non sous celui qui dénie à l'injurié le droit de se défendre.