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vendredi 23 août 2019

Vendredi 23 août 2019. Puissance et dignité ne font pas forcément bon ménage

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Aujourd’hui, je serai TRÈS bref. Nous nous contenterons de réfléchir à ce que dit Louis de BONALD :

« La même où il ne manque rien à la puissance, il peut manquer quelque chose à la dignité. »

Les Présidents de la République française disposent d’un pouvoir que les Rois de l’Ancien Régime n’avaient pas. Louis XV déjà se plaignait que les Parlements ne voulussent point enregistrer ses édits. Mais il ne lui serait pas venu à l’idée de contester le droit qu’ils avaient de refuser cet enregistrement. Il était puissant et digne. Et il y eu même un roi pour dire, alors que duc d’Orléans, il venait hériter la couronne : « Le Roi de France ne venge pas les injures du duc d’Orléans ». Il l’aurait pu, il ne le fit pas. Désormais, il s’appelait Louis XII et il ne punit pas les habitants d’Orléans qui ne l’avaient point soutenu dans sa rébellion contre le roi Charles VIII, son cousin, et qui venaient lui faire allégeance en implorant le pardon du nouveau roi. Louis XII aurait pu durement châtier la ville, car il en avait la puissance. Il ne le fit pas par respect pour la dignité royale à laquelle il était parvenu.
Quand monsieur HOLLANDE, tout puissant qu’il fut, sortait nuitamment, casqué, pour rejoindre qui vous savez, il manquait de dignité. Cela ne l’empêcha pas de manifester sa toute-puissance en obligeant à mentir le sinistre BOUCAULT sur le nombre de manifestants du 24 mars, et de faire voter sa loi sur le mariage homosexuel.
Quand monsieur SARKOZY, tout puissant qu’il fut, osa dire à l’un de ses concitoyens : « casse-toi, pauv’ con », il manqua de dignité. Cela ne l’empêcha pas de déclencher la désastreuse guerre de Libye dont nous payons aujourd’hui les pots cassés avec l’immigration clandestine incontrôlée.
Quand monsieur MACRON, tout puissant qu’il est nous impose sa loi de bioéthique, par la vertu de sa toute puissance, il manque de dignité quand il nous traite de Gaulois réfractaires.

Ainsi, Louis de BONALD a tout vu.




dimanche 27 septembre 2009

Différence de ton

Madame Michèle COTTA a produit un excellent éditorial dans le numéro du journal 20 minutes daté du 25 septembre. Quelle différence de ton d'avec le poulet venimeux du Monde dont je vous avais parlé dans un récent billet.
Elle intitule son article "Gâchis", et elle passe en revue les ravages et les gâchis qu'a suscités l'affaire Clearstream : gâchis chez les journalistes "qui ont mis la main sur le document" (le fameux listing) qu'ils n'auraient jamais dû toucher (tiens ! apparaît ici la vertu de prudence, et la réflexion morale), gâchis pour les "seconds couteaux", et plus précisément Ihmad LAHOUD qui "a mis en circulation les listes sorties des fichiers informatiques" (là, madame COTTA est indulgente : monsieur LAHOUD avoue les avoir falsifiées !), gâchis pour monsieur GERGORIN, qui, en corbeau diligent, a transmis les listings au juge (il reste à savoir, selon moi, s'il avait connaissance de leur falsification), gâchis pour le jusque-là irréprochable Général RONDOT, "que son rôle dans l'enquête a fini par ridiculiser", gâchis pour le juge VAN RUYMBEKE, qui a été mené en bateau, gâchis "surtout évidemment pour Dominique de VILLEPIN, [...] accusé d'avoir voulu abattre, de cette façon, Nicolas SARKOZY", gâchis pour le Président de la République : "aujourd'hui Président dit-elle, ne gagnerait-il pas à pratiquer le pardon pour oublier l'éventuelle offense plutôt que de parler de coupables ? Ce serait une façon de sauver, avec panache, la seule vraie perdante de Clearstream, la politique".
Cette façon équilibrée d'envisager l'affaire me plaît. Elle apprécie les diverses circonstances, les personnes, les actes avérés des protagonistes de l'affaire. Et j'aime sa conclusion. En effet, il y aurait de la grandeur à pardonner. Peut-on le demander aujourd'hui en ce monde où ne comptent que l'efficacité, la prétendue transparence, l'exacte pesée des pensées et des responsabilités au regard de la loi, l'absolue négation des faiblesses humaines (puisque l'homme peut tout et est à lui-même sa mesure !) ?

Ah, tout le monde n'est pas Louis, duc d'Orléans, qui devenu Roi de France sous le nom de Louis XII après la mort de son frère aîné, disait au duc de la Trémouille : "Le roi de France ne venge pas les injures du duc d'Orléans" . Louis avait pourtant de sérieuses raisons d'en vouloir à ce grand seigneur qui l'avait fait prisonnier à la bataille de SAINT-AUBIN-DU-CORMIER, le 28 juillet 1488. Il avait pris la tête d'une révolte des grands féodaux contre la Régente Anne de BEAUJEU, et le duc l'avait battu.
Vu sous cet angle, alors j'approuve. Le Président de la République ne venge pas les injures de Nicolas SARKOZY. Cela pourrait être juste et exemplaire. Mais seulement sous cet angle, et non sous celui qui dénie à l'injurié le droit de se défendre.