Affichage des articles dont le libellé est Président de la République. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Président de la République. Afficher tous les articles

mardi 29 mars 2011

Démocratie tordue ?

-
Après les élections cantonales, les commentaires, tous plus brillants les uns que les autres, des hommes politiques comme des journalistes, me semblent bien refléter la maladie dont souffrent les démocraties modernes en général, et la démocratie française en particulier. Je les qualifierai de démocraties tordues.

-

Si j'ai tardé à vous donner mon avis, c'est que j'ai réalisé hier ceci que je tiens à vous dire : pendant longtemps, les jeunes démocraties ont suscité l'émergence de partis politiques qui s'accordaient sur l'existence de problèmes précis, leur donnaient un nom, mais divergeaient sur les solutions à apporter. Il faut dire que ces solutions, bien souvent reflétaient l'idéologie de ceux qui les proposaient, mais enfin il y avait accord sur les problèmes. Et la politique revenait à un débat non point d'idées mais de solutions. Le réel précédait le système.

-

Aujourd'hui, le poids de l'idéologie est devenu tellement lourd que les divergences ne portent même plus sur les problèmes, mais sur l'idéologie elle-même. En d'autres termes, au lieu de regarder bien en face le réel, les idéologies le configurent à leur système, et leurs sectateurs regardent dans leur cerveau au lieu de regarder autour d'eux (comme le disait JOUBERT que j'ai déjà cité dans un très ancien billet). Et si elles procèdent ainsi, ce n'est pas pour le bien du peuple, mais en vue de prendre le pouvoir. Rappelez-vous : l'idéologie est le système de valeurs dont les hommes se servent pour prendre le pouvoir et s'y maintenir.

-

Voici des problèmes qui sont niés par les uns, mis en évidence par les autres.

Le plus emblématique est celui qui porte sur la laïcité. Curieusement, ceux qui devraient défendre cette notion pour l'avoir introduit de force dans les années 1900, sont précisément ceux qui en réfutent l'intérêt. Il y a pourtant une réalité : la loi interdit l'expression d'un culte quel qu'il soit dans l'espace public ; dans de nombreux endroits, cet espace est privatisé à des fins religieuses (rues barrées, foule en prière sur la chaussée et les trottoirs) tous les vendredis ; il y a en France une importante minorité musulmane ; la constitution affirme la liberté de religion. Voilà des éléments factuels, objectifs. Objectif aussi, même s'il est infondé - ce que je crois à titre personnel - le sentiment d'hostilité vis-à-vis de l'islam (je parle de la religion, non pas de la civilisation et des voies politiques qu'il a marqué, et que l'on appelle Islam, avec un I majuscule).

-

Un autre problème est celui de la difficulté croissante que nombre de Français modestes ont à se loger (loyers exorbitants, augmentation du prix de l'énergie [celle du gaz, en particulier, dont on note que le service a été partiellement privatisé par la fusion avec SUEZ, mais aussi de l'essence ou du gaz-oil, de l'électricité], augmentation du prix des produits alimentaires), à élever leur famille, à prendre des vacances ou à choisir de sains loisirs. Tout cela est une réalité dont l'existence ne dépend pas de ce qu'en pensent les grossiums de la banque, de la finance internationale, des fonds de pensions (qu'ils soient souverains ou privés), grossiums qui ne semblent guère intéréssés par cette pauvreté dans un pays riche.

-

Un autre problème est celui de la faillite de l'éducation : illettrisme, nombre croissant de jeunes qui sortent du système scolaire à 16 ans, sans aucun diplôme, aucune formation, échec total de la formation civique. Voilà qui est est d'une aveuglante clarté. Est-ce vraiment par le seul biais des moyens (crédits ou postes - encore que sur ce point, il faudrait sans doute revoir un peu la copie) que l'on va régler une faillite qui est d'ordre qualitative ?

-

Un autre problème est celui de la perte de compétitivité des entreprises françaises. D'où vient-elle ? Il serait intéressant de voir si ce sont les 35 heures, les valeurs collectives, le poids des charges sociales, la crise économique qui sont responsables de la dégringolade.

-

Un autre problème est celui de la patrie et du sentiment patriotique. Il existe incontestablement, et il ne sert à rien de dire, comme l'inénarrable monsieur PORTELLI, que la seule identité qui vaille est celle de l'homme, quand une grande partie de la philosophie moderne nous raconte que l'homme n'est qu'un animal supérieur. Il se trouve que cette question intéresse, et a intéressé des hommes de tous horizons, de BARRES à JAURES, de MAURRAS à CLEMENCEAU. Voilà un problème intéressant et qui mérite d'être abordé, quitte à déclarer obsolète la notion de patrie.

-

Je note que toutes les fois que le Président de la République a essayé de faire dialoguer les Français sur ces problèmes, il s'est trouvé quantité d'imbéciles (au sens de BERNANOS) pour en nier l'existence ou l'intérêt ou pour accuser le Président de manoeuvres (la chose est possible, mais elle n'efface pas l'utilité de la discussion). Nous sommes passés à côté de grandes réflexions, de grandes propositions, susceptibles de recueillir un assez large assentiment, par la faute de ces imbéciles, et croyez bien que je ne range pas dans cette catégorie seulement des hommes politiques de l'opposition, mais aussi des hommes politiques de la majorité. Pitoyable spectacle, pendant que les pays émergents, humiliés longtemps par notre arrogance, relèvent la tête, nous tailleront bientôt des croupières, avant de devenir nos maîtres. Nous l'aurons bien mérité. Après tout, ne discutait-on pas à BYZANCE du sexe des anges alors que les TURCS s'apprêtaient à en briser les portes ?

-

jeudi 10 mars 2011

Grands caractères

-
Joseph de MAISTRE a magistralement traduit l'ouvrage de PLUTARQUE intitulé Sur les délais de la Justice divine. Je jetais un coup d'oeil négligent sur cette traduction, cherchant de quoi vous parler aujourd'hui. J'aurais eu beaucoup à dire sur l'actualité, mais la passion n'est jamais bonne conseillère. Il est préférable d'attendre un peu avant de donner un avis qui, prononcé dans la chaleur de l'événement, ne peut être pondéré, juste et sage. Je cherchais donc, disais-je, et je trouve ceci qui me paraît très juste :
-
"Les grands caractères ne sauraient produire rien de médiocre ; et comme l'énergie qui est en eux ne peut demeurer oiseuse, toujours ils sont en branle comme des vaisseaux battus par les flots et par la tempête, jusqu'à ce qu'enfin ils soient parvenus à des habitudes fixes. Or, comme il peut arriver qu'un homme sans expérience dans l'agriculture, méprise une terre qu'il verra couverte de broussailles, de plantes sauvages, d'eaux extravasées, de fange et de reptiles ; tandis que le connaisseur tirera de ces signes mêmes et d'autres semblables, des preuves de l'excellence de cette terre ; de même les grands caractères sont sujets dans leurs commencemens (sic), à pousser des fruits mauvais et désordonnés ; et nous qui ne pouvons supporter ce que ces fruits ont d'épineux et d'offensants, nous imaginons qu'il n'y a rien de plus pressé que de réprimer par le fer cette fausse végétation ; mais celui qui en sait plus que nous, voyant déjà ce qu'il y a dans ces esprits de bons et de généreux, attend l'époque de la raison et de la vertu, où ces tempéramens (resic) robustes seront en état de produire des fruits dignes d'eux."
-
Il me semble que cette analyse s'applique assez bien à un Président honni, moqué, vilipendé, souvent maladroit, parfois dans l'erreur, et que la versatile opinion publique, manipulée par les médias en quête de "polémiques", de "scoops", de révélations "fracassantes", désire vouer au gémonies. Comme PLUTARQUE le fait dire à BIAS (à travers un discours rapporté par THUCYDIDE) à propos d'un méchant homme, j'ose dire à tous ces médiocres qui prennent leurs discours pour le réel, leurs passions pour du désintéressement, leurs insultes pour des prophéties : Je ne crains pas que vous échappiez à la peine ; je crains seulement de pas vivre assez pour en être le témoin.
-

jeudi 17 février 2011

A propos du courage ; réponse à Jade

-
J'ai lu, comme toujours avec beaucoup d'intérêt, le commentaire de JADE sur mon billet consacré au courage. Il m'apparaît nécessaire de faire quelques remarques complémentaires pour faire comprendre ce que je voulais dire.
-
Je suis tout à fait d'accord avec la définition du courage que JADE rapporte dans son commentaire. Et bien entendu je n'ignore pas qu'il y a dans le monde entier en général, et dans notre pays en particulier des personnes courageuses. Mais en citant Cynthia FLEURY, je n'entendais pas nier cette évidence. Je désirais parler du courage politique, c'est-à-dire de cette vertu civique qui consiste à dire des paroles ou poser des actes dans l'espace public, au risque de la moquerie, de la disqualification, de l'insulte, de la persécution, voire de la vie.
-
Je constate que l'esprit public, en France, est particulièrement lâche. Il s'offusque pour nombre de faits ou d'événements mineurs ou relativement mineurs ; il ne voit pas les dangers autrement grands que font naître la perte du sens de la patrie, la décadence culturelle, le renoncement à l'excellence intellectuelle, l'effondrement du système éducatif. A tous ces maux, il ne trouve comme solutions que des réponses virtuelles, idéologiques, dépourvues de tout examen critique des faits. A quoi sert de condamner avec des mots et des insultes le Front National si l'on ignore la grande souffrance de nombre de nos compatriotes condamnés par leur pauvreté à vivre dans des quartiers dits sensibles et qui sont en réalité des paradis du non-droits, où les richissimes sont les voyous qui s'accomodent très bien de la situation puisqu'ils en profitent ? A quoi sert de critiquer le parti de monsieur MELANCHON si l'on ignore les souffrances et les difficultés de vie de nombre de nos compatriotes qui gagnent à peine de quoi vivre au prix d'un travail harrassant et souvent à celui de très longs déplacements ? Ces opinions extrêmes ne naissent pas spontanément. Au lieu de les observer à travers des lunettes idéologiques, on ferait mieux d'aborder ces problèmes AVEC COURAGE. Cela signifie effectivement qu'il convient de combattre les trafics en tous genres qui minent nos banlieues par tous les moyens, militaires y compris s'il le faut ; mais cela signifie également qu'il est indigne d'un pays développé de laisser sur le bord de la route un nombre croissant de personnes qui ne peuvent pas se loger convenablement, élever leurs enfants, se nourrir , en un mot avoir une vie humaine Il y faut du courage dans les deux cas. Et ce courage est essentiellement politique.
-
Comme nous sommes politiquement englués dans la lâcheté collective, nous ne sommes plus capables de voir que dans d'assez nombreux domaines, le Président de la République a fait preuve de courage civique. Je n'ai pas de sympathie particulière pour lui, ni d'antipathie d'ailleurs ; j'aurais préféré qu'il maniât notre langue avec un plus d'élégance, qu'il soit plus raffiné, ou plus cultivé. Tout cela est sans doute vrai, mais très accessoire par rapport au reste. J'ai eu l'occasion de dire à plusieurs reprises que monsieur MITTERRAND, que par ailleurs je n'admire pas du tout, mais alors pas du tout, a eu le COURAGE de supprimer la peine de mort, contre l'avis majoritaire des Français. Cela doit être mis à son crédit, et pour toujours. En cela il s'est montré grand, comme s'est montré grand le Président de la République en expliquant qu'il est normal qu'un magistrat puisse être sanctionné s'il a fait des erreurs, comme le sont les médecins, les ingénieurs, les fabricants de médicaments (!), les ministres (re !!). Le Président a eu raison de réformer la carte judiciaire, d'encadrer le droit de grève en rendant aux grévistes la responsabilité de leurs actes, de donner aux Universités l'autonomie de gestion (j'en aurais à dire, je puis vous l'affirmer), de réformer le Contrat de travail, d'instaurer un service minimum d'accueil dans les établissements scolaires en cas de grève. Tout cela relève du bon sens. Il semble bien que nous en manquions considérablement, et de courage avec. C'est ce manque de courage qui nous fait critiquer.
-
J'espère avoir convaincu JADE que je ne visais pas le courage des personnes, mais le courage d'une nation, ou plus exactement, d'une patrie. La réaction de l'opposition aux lois sur l'immigration est l'illustration de cette lâcheté, de cette tendance si chère à toute idéologie à GENERALISER. Le racisme est une plaie scandaleuse, je le répète et suis prêt à me battre pour l'effacer de l'espace public ; mais la déchéance de nationalité d'un naturalisé qui a commis des crimes est une mesure de salubrité publique. Cela n'a rien à voir avec le racisme ; cela relève de la paix sociale à laquelle nous avons droit, les plus faibles, les plus désarmés EN PREMIER.
-
C'est tout pour aujourd'hui.
-

lundi 11 octobre 2010

A trois amies chères

-
Trois amies très chères, qui ne se connaissent pas du reste, viennent de me donner par courriel, leur avis sur mes billets. Je désire leur répondre ainsi, du reste, qu'à tous ceux qui pourraient partager leur opinion.
-
Il est vrai que je puis donner l'impression d'avoir des avis péremptoires sur des sujets très divers, et de disserter de tout. Je conçois que cela puisse étonner, agacer et même indisposer. Je demande à mes lecteurs de l'indulgence : dans la mesure du possible, je m'efforce d'argumenter, de faire appel à la raison, de citer mes sources et de m'appuyer dessus. Je lis énormément et travaille de même. Il y a aussi des billets où j'emprunte plutôt le style discursif avec infiniment moins de bonheur, bien sûr, que CONFUCIUS, le Maître du genre et un penseur admirable selon moi, ou que PASCAL, un génie inégalé. Les deux ont largement fait appel à ce style qui enchaîne les idées proches les unes des autres, les lient par la force de l'évidence, et entraînent ainsi l'adhésion du lecteur. Si je puis donner l'impression d'être très sûr de moi, en vérité il n'en est rien. Je prie donc mes lecteurs d'excuser cette tendance - imputable sans doute à mon métier - à être soit docte soit magistral. Et je leur demande de croire à ma bonne foi tout en reconnaissant bien volontiers que je puis être souvent dans l'erreur. J'accepte donc les critiques, et je m'efforce de les accueillir avec humilité.
-
Une autre lectrice trouve que nombre de mes propos trahissent de l'aigreur ou du pessimisme. Et elle trouve que cela ne correspond pas du tout à ma gaieté naturelle. J'aime rire, j'aime faire rire en effet. Je dois donc m'expliquer sur la couleur morose de certains de mes billets. Je déteste le conformisme de la pensée et tiens de mon père cette détestation pour les idées toutes faites, celles que nous distillent les médias ou qu'ils nous assènent quand l'assènement sert leurs intérêts. Je hais le mensonge, la fausseté et la mauvaise éducation. Le politiquement correct me fait horreur. Par exemple nier que la concentration de communautés étrangères en des points précis, des communautés souvent coupées de tout lien commode avec l'extérieur, pauvrement pourvues de services publics, de loisirs, de commerces, conduit à la création de ghettos nationaux et à l'alimentation de la violence, voire de la délinquance, me paraît être suicidaire. TOUTES LES COMMUNAUTÉS ÉTRANGÈRES ne sont pas dans cette situation, tant s'en faut, bien sûr (ainsi en est-il de la communauté chinoise ou de la pakistanaise, qui savent très bien s'adapter à leur pays d'accueil). Mais il y en a. Et cela suffit pour que nous nous posions des questions. Un meilleur accueil, une meilleure formation, des habitations plus dignes, certes, mais aussi l'exigence absolue de respecter les lois et les valeurs de la République, me semblent être normal. Comme il est normal de sanctionner les abus dont ces communautés pourraient se rendent coupables. Il n'y a là rien d'extraordinaire à le dire, aucun racisme, aucune xénophobie, mais une conception saine de la vie en commun. Considérer que la critique systématique des mesures gouvernementales par l'opposition, critique par ailleurs vide de toute proposition, est indigne d'un responsable politique ne me semble pas offensant. On devrait relire JAURES ou BARRES ou CLEMENCEAU ou BERNANOS ou THIBON pour comprendre ce que veut dire proposer.
-
A cette troisième amie qui trouve que je fais la part belle au Président SARKOZY, je dirais ceci : (a) on ne peut parvenir à disqualifier un message ou une politique, en disqualifiant le messager ou celui qui l'inspire ; (b) le Président SARKOZY a commis de graves erreurs ; il a donné l'impression qu'il soutenait les riches au détriment des pauvres, je dis bien donné l'impression, car il a pris nombre de mesures en faveur des classes moyennes (déduction des intérêts d'emprunt pour l'achat d'un logement principal, suppression des droits de succession pour les héritages de taille relativement importante, prime à la casse), et je trouverais juste qu'on le créditât de cette initiative. Mais sa plus grave erreur est d'avoir voulu faire "peuple" par des propos indignes de la fonction. Je crois que le "casse-toi pauvre c..." lui a aliéné un grand nombre de nos concitoyens qui se font une autre idée de la fonction présidentielle ; (c) il s'est attaqué à des féodalités qui ruinent la vie du pays, au nombre desquelles il faut compter la magistrature et les syndicats. Tout n'a pas toujours été fait dans la concertation ou la discussion. Mais est-il possible de reformer la France en profondeur ? Bref, je respecte la fonction, j'approuve certaines mesures qui me paraissent aller dans le bon sens. Mais personne ne me forcera à exprimer pour l'homme une sympathie que je n'éprouve pas.

mercredi 30 juin 2010

La troisième mamelle

-
Dans un billet déjà ancien, intitulé "Dinditude et quichitude sont les deux mamelles de Ségolène", j'avais dit tout haut ce que nombre de Français, dont beaucoup de socialistes, pensent de cette responsable politique. Il faut aujourd'hui lui reconnaître une troisième mammelle, celle de "l'injuritude". Il lui est ainsi facile de dire que le régime du Président SARKOZY est corrompu, comme si la péronnelle (je ne vois pas d'autres mots pour la qualifier dans cette posture-là) n'avait pour tout potage programmatique que l'injure gratuite, à quoi s'ajoute une amnésie sélective des plus considérables.
-
Madame ROYAL oublie-t-elle qu'elle a été ministre d'un premier magistrat qui a mis illégalement sur écoute téléphonique plus de 3.000 de nos concitoyens, a couvert de son autorité l'arrestation des "Irlandais de Vincennes" présentés comme de dangereux terroristes et contre lesquels on avait fabriqué de fausses preuves, a entretenu des relations soutenues avec un ancien responsable du régime de Vichy (monsieur BOUSQUET), a vu le suicide inexpliqué de deux de ses proches, dont un, monsieur de GROSSOUVRE, a mis fin à ses jours à l'Elysée même, a laissé le Crédit Lyonnais alors nationalisé s'enfoncer dans une dette dont on ne connaît même pas l'ampleur, a fait bloquer tous les jours que le bon Dieu faisait barrer la rue Jacob pour aller voir sa fille, puis a fait loger celle-ci aux frais du contribuable dans des appartements de l'Etat, a vu éclater l'affaire du Carrefour du développement et de monsieur NUCCI, l'affaire Péchiney-Triangle, l'affaire Urba ? Et bien d'autres encore, dont l'énumération serait fastidieuse. Et c'est cette amnésique-là qui se permet de juger la moralité publique de notre légitime gouvernement ? Elle se moque du monde.
-
Et je ne vois pas pourquoi il est honteux de compter parmi ses amis des personnes fortunées ; ça l'est moins en tout cas que de loger une ancienne terroriste algérienne au Georges V (Djamila BOUHIREB) laquelle se fait soigner dans l'un de nos hôpitaux. J'ose dire que c'est la grandeur de notre patrie que de prendre en charge une personne qui a sur la conscience la mort de 56 enfants, tués dans un attentat qu'elle a planifié et exécuté, de la traiter sans lui demander d'où elle vient ni ce qu'elle a fait. Mais l'on aurait pu faire preuve d'un peu de discrétion et ne pas réserver à madame BOUHIREB la réception d'une très haute personnalité. C'est une malade, certes ; j'ai appris pendant mes études que l'on ne faisait pas acception des personnes ; elle a le droit d'être soignée. Mais tout de même : sutor, ne ultra crepidam ! Pas de flonflon. Et un peu plus de respect pour la mémoire de ces petites victimes.
-
Et puisqu'on parle de corruption, on pourrait - sans accuser ladite Ségolène de corruption, tout au plus de négligence - interroger certains de ses employés qui ont dû plaider devant les prud'hommes pour que l'on respecte leurs droits, et évaluer la manière dont elle les a traités.
-
Allez, madame ROYAL, pas ça, pas vous. Occupez-vous du Poitou (ma région natale), distribuez aux lycéennes de votre région des chèques contraception pour qu'elles puissent forniquer à leur aise sans avoir à en référer à leurs parents, faites pleuvoir les subventions sur les Associations bien pensantes de votre bord, et posez donc, en douce et en vache, à madame AUBRY cette question-là : quelle est votre véritable patronyme de femme mariée, à côté de celui de DELORS ou d'AUBRY (celui de votre premier mari) ? Nous aimerions le savoir, non pour dénoncer, car chacun a droit de conduire sa vie privée comme il l'entend. Mais puisque vous réclamez à cor et à cri la transparence des personnalités de la majorité, exigez-là aussi de tous vos amis.
-
A bon entendeur, salut !

lundi 31 mai 2010

Lettre ouverte à Madame Martine Aubry (bis)

-
Madame,

Une fois encore, en traitant le Président SARKOZY de MADOFF, vous avez montré le fond de votre pensée politique. Je ne vous ferai pas l'injure de croire que ce que vous laissez paraître de vos passions partisanes soit l'exact reflet de ce que vous êtes vraiment. Mais tout de même, j'ai le droit de m'interroger.
-
Il y a deux sortes de vulgarité. L'une est tout extérieure. Et, hélas ! le Président de la République s'est montré vulgaire en traitant de "petit c..." un de nos compatriotes qui ne "voulait pas se salir les mains en serrant celles du Président", ou en apostrophant un contradicteur haut-perché, en lui lançant "descends de là-haut si t'es un homme...". Mais quand on est attaqué quotidiennement et bassement par une presse irresponsable, que l'on est accablé de responsabilités et de soucis, et que l'on est un être humain doté de sensibilité, on peut réagir d'une telle manière. Ma remarque n'est pas une excuse, juste une explication.
-
L'autre vulgarité, est celle de l'âme. Et, madame, en traitant le Président de MADOFF, c'est bien celle-là que vous manifestez. Rien dans l'action du Président ne justifie ce qualificatif. Il n'a pas volé les Français pour son profit personnel, il n'a pas commis les malhonnêtetés dont cet escroc s'est rendu coupable (ce serait plutôt vos amis grecs, portugais et espagnols qui en empruntant inconsidérément, tout en s'adossant à la solidarité européenne qu'ils savaient nécessaire, les ont commises). Non. Monsieur SARKOZY, à vos yeux, n'a qu'un défaut : celui de n'être pas socialiste. Permettez-moi de vous citer Simone WEIL : "Les partis parlent, il est vrai, d'éducation à l'égard de ceux qui sont venus à eux, sympathisants, jeunes, nouveaux adhérents. Ce mot est un mensonge. Il s'agit d'un dressage pour préparer l'emprise bien plus rigoureuse exercée par le parti sur la pensée de ses membres". C'est ce que vous faites. Vous excitez les passions, mères de toutes les injustices, crimes et violences. Vous ne faites pas avancer d'un pouce le débat. Vous n'apportez aucune solution aux maux qui nous accablent, mais vous nous accablez de mots qui sont des maux rampants, gros de purulence, de bêtise et de bassesse. Vous sous-estimez le Peuple. Il mérite mieux que cela.
-
Plus qu'une imbécillité de langage, plus qu'une injustice de jugement, en accusant aussi ridiculement le Président, vous avez fait monter la pression chez vos partisans mais vous avez restreint considérablement le nombre de ceux qui voyaient en vous une candidate crédible pour les prochaines élections présidentielles. Dieu nous garde de vous avoir comme magistrat suprême, si vous devez traiter de MADOFF tous ceux qui ne pensent pas comme vous. On commence par MADOFF, on finit par LANDRU !
-
Veuillez agréer, madame, l'expression de mes hommages non seulement attristés, mais affligés.

mercredi 24 février 2010

Au bal des faux-culs...

-
Au bal des faux-culs, l'orchestre est socialiste, et les danseurs quelque peu UMP. Je prie mes lecteurs d'excuser la verdeur de mes propos, mais enfin ils disent bien ce qu'ils veulent dire.
-
Monsieur FRECHE et les socialistes du Languedoc-Roussillon qui figurent sur sa liste sont donc exclus du PS. On s'attendait à une exclusion durable, dure, définitive. On se trompe, on se trompe... Monsieur FRECHE et ses amis sont exclus pour trois ans. Mais comme au PS, les opinions sont du genre souple-dur, comme le plastique Grofilex, il est prévu de mettre en place, immédiatement après les élections, une commission dite de "réconciliation" (sic) pour recoller les morceaux, et réintégrer dans l'escarcelle socialiste la région litigieuse. Tout cela est grotesque et ne fait guère honneur à la politique. Mais quand on a le prurit du pouvoir, que n'est-on pas disposé à faire ?
-
On crie haro sur le baudet dans l'affaire de monsieur Ali SOUMARE. A l'exception d'une accusation portée par les élus UMP du Val d'Oise, qui s'est révélée fausse, en raison d'une homonymie, il apparaît bien que la tête de liste du PS dans le Val-d'Oise a été l'objet de plusieurs condamnations. A tous péchés miséricordes. Mais on peut se demander si le choix de ce candidat par le PS n'est pas dicté par le rôle qu'il a joué lors des émeutes de Villiers-le-Bel qui ont suivi la mort accidentelle de deux jeunes gens.
-
Personne, chez les socialistes, ne relève que deux personnalités qui partagent leurs analyses et dont l'une est fort compétente en matière de finances publiques et l'autre a exercé d'importantes fonctions ministérielles, ont été nommées à de très hautes fonctions par le Président de la République... Le chien aboie la caravanne passe. Le Président de la République ne s'en émeut guère. Monsieur SARKOZY fait très exactement le contraire de qu'a fait en son temps monsieur MITTERRAND. On peut au moins lui faire ce crédit, non ?

lundi 1 février 2010

Où va-t-on ?

-
Il y a fort à parier que monsieur FRECHE sera triomphalement réélu à la tête de la région Languedoc-Roussillon. Les principes font bon ménage avec ceux qui les violent. Ainsi va le monde politique.
-
Je n'ai aucune sympathie politique pour monsieur FABIUS. Mais il se trouve que j'ai entendu quelques bribes de ses interventions sur une radio périphérique, ce matin même. L'homme est d'une intelligence remarquable et il a été très digne dans ses réactions. Dont acte.
-
On ne parle pas d'une "tronche pas catholique" ; c'est indigne d'un homme politique. Monsieur FABIUS a donc été gravement offensé. Néanmoins, il me souvient qu'il a raillé le Président CHIRAC qui, disait-il (je cite de mémoire), "caressait le cul des vaches et embrassait les dames, à moins que ce ne soit le contraire". La remarque n'était pas d'un très haut niveau, même si elle est sans rapport aucun avec celle de monsieur FRECHE. Mais elle mérite d'être critiquée pour sa trivialité et ses insinuations ordurières.
-
Il est donc absolument nécessaire que nos élus mettent un frein à leurs élans verbaux : c'est vrai pour le Président de la République qui a offensé sa fonction avec la répartie grossière qu'il a lancée à un opposant, un malotru, certes, mais qui ne méritait que le silence. C'est vrai de monsieur FRECHE, c'est vrai de monsieur FABIUS, et c'est vrai aussi pour nos médias qui ne cessent de taper sur l'apparence, les propos, les mesures, les décisions prises par le Président. Ça finit par être lassant, mais ça risque d'être fort efficace en terme de délabrement de l'image présidentielle.
-
Nous méritons mieux que cela ; il ne faudrait pas trop nous prendre pour des imbéciles : nous exigeons des propositions de la part de l'opposition, des critiques argumentées contre les mesures gouvernementales qu'ils désapprouvent, et nous exigeons aussi qu'ils aient une vision plus réaliste de certains maux qui accablent notre patrie, et dont l'immigration clandestine n'est pas le moindre. J'ai reçu sur ce point des confidences que je ne puis révéler ici, mais qui font froid dans le dos.
-

samedi 30 janvier 2010

Indignations préelectorales

-
Comme les éléphants, éléphanteaux et éléphanticules n'ont rien à dire, rien à proposer, rien à argumenter, ils insinuent, ils tronquent, ils imaginent. Ils ont bien des amis médiatiques qui ne se privent pas de relancer et de diffuser leurs calomnies ou leurs critiques.
-
C'est ainsi que lundi après-midi, j'ai entendu sur France Info monsieur Benoît HAMON critiquer l'intervention du Président de la République qui devait avoir lieu le soir. Il n'en connaissait pas le contenu mais supputait que l'on parlerait de tout sauf de ce qui - dans son esprit - intéresse les Français, et qui ressemble très étrangement à ce qui intéresse le cénacle socialiste. Monsieur PEILLON, de son côté, "en remet une couche", si l'on veut bien me pardonner cette trivialité, en attaquant de nouveau les responsables de France 2 qui l'avaient invité à une émission où il devait débattre avec monsieur BESSON de la question de l'identité nationale. La réaction de monsieur de CAROLIS ne s'est pas fait attendre. Et monsieur PEILLON a du souci à se faire pour son avenir médiatique sur les chaînes publiques. Monsieur PEILLON est un cynique. Ce n'est pas moi qui le dit mais Alain DUHAMEL dans une chronique publiée par Libération dans l'une de ses récentes livraisons.
-
La palme revient toutefois aux réactions des opposants de tous les horizons après que le Parquet eut fait appel de la relaxe de monsieur de VILLEPIN. Celui-ci affirme, sans autre preuve que celle d'une prétendue confidence d'un haut fonctionnaire de l'Elysée, que la décision de faire appel a été intimée au Procureur MARIN par l'Elysée après une réunion stratégique qui s'y serait tenu. Il est un peu contradictoire, monsieur de VILLEPIN : il a été relaxé au motif qu'il n'a pas été possible de fournir la preuve qu'il connaissait le caractère frauduleux des listings de Clearstream, alors qu'il les avait bien eu en mains ; comment peut-il insinuer, lui le bénéficiaire d'un doute juridiquement fondé, sans aucune preuve, qu'il y a eu cette réunion ? Il devrait me semble-t-il manifester un peu plus de cohérence sinon morale, du moins juridique.
-
Monsieur de VILLEPIN sait que quand les juges vont à l'encontre des réquisitions du Procureur, le Parquet fait appel dans 85 à 90 % des cas. On ne voit pas pourquoi monsieur de VILLEPIN échapperait à cette mesure parfaitement légale. Il faut rappeler aussi que deux des mis en cause, finalement condamnés, ont fait appel de leur condamnation. Peut-on imaginer que messieurs LAHOUD et GERGORIN soient condamnés pour dénonciation calomnieuse et que monsieur de VILLEPIN, ami du second ne le soit pas ? Il y a là quelque chose d'étonnant. Et si décision politique il y a, c'est bien la relaxe de monsieur de VILLEPIN et la condamnation de messieurs GERGORIN et LAHOUD qui ont été convaincus de dénonciation calomnieuse. Si j'avais la même malveillance que les opposants ou les adversaires du Président SARKOZY, je dirai que cette relaxe a été prononcée pour embêter ce dernier. Mais il paraît que l'on ne peut pas commenter une décision de justice. Je lui fais donc confiance, mais je ne joue pas aux morceaux choisis : je fais confiance à la probité des juges pour le prononcé du jugement, et à celle du Procureur pour l'appel interjeté. Et c'est encore mépriser les hommes que de supposer qu'ils agissent sur ordre. A cet égard, les critiques de madame GUIGOU qui fut garde des sceaux sont du plus haut comique. Car la situation de dépendance du Parquet vis-à-vis du Ministre de la justice, elle ne l'a pas dénoncé quand elle était en mesure de le faire. Je ne suis pas en mesure cependant de dire qu'elle en a profité. Alors qu'elle fasse de même pour ses successeurs et leur laisse le bénéfice du doute.
-
Allons plus loin. Est-il concevable qu'un très haut responsable politique, saisi d'une telle affaire, puisse en avertir la justice, sans s'assurer au préalable que des pièces accablantes à lui confiées sont authentiques, et sans demander aux principaux suspects de venir lui donner quelques explications. Quels étaient les intérêts de messieurs LAHOUD et GERGORIN ? Monsieur de VILLEPIN a été innocenté. Dont acte. Mais je ne donnerai jamais ma voix à quelqu'un qui agit avec tant de légèreté et tant de duplicité (rappelez-vous la mise en action du Général RONDOT).
-
Finalement, je crois qu'il ne fait faut pas confondre, lorsque l'on critique un homme politique, les attaques que l'on porte contre une personne, son physique, ses tics, voire ses défauts, et les décisions et mesures politiques qu'il prend. Et je suis prêt à parier que le PS, s'il revient au pouvoir, changera fort peu de choses aux réformes, douloureuses mais nécessaires, faites par monsieur SARKOZY.
-

dimanche 27 septembre 2009

Différence de ton

Madame Michèle COTTA a produit un excellent éditorial dans le numéro du journal 20 minutes daté du 25 septembre. Quelle différence de ton d'avec le poulet venimeux du Monde dont je vous avais parlé dans un récent billet.
Elle intitule son article "Gâchis", et elle passe en revue les ravages et les gâchis qu'a suscités l'affaire Clearstream : gâchis chez les journalistes "qui ont mis la main sur le document" (le fameux listing) qu'ils n'auraient jamais dû toucher (tiens ! apparaît ici la vertu de prudence, et la réflexion morale), gâchis pour les "seconds couteaux", et plus précisément Ihmad LAHOUD qui "a mis en circulation les listes sorties des fichiers informatiques" (là, madame COTTA est indulgente : monsieur LAHOUD avoue les avoir falsifiées !), gâchis pour monsieur GERGORIN, qui, en corbeau diligent, a transmis les listings au juge (il reste à savoir, selon moi, s'il avait connaissance de leur falsification), gâchis pour le jusque-là irréprochable Général RONDOT, "que son rôle dans l'enquête a fini par ridiculiser", gâchis pour le juge VAN RUYMBEKE, qui a été mené en bateau, gâchis "surtout évidemment pour Dominique de VILLEPIN, [...] accusé d'avoir voulu abattre, de cette façon, Nicolas SARKOZY", gâchis pour le Président de la République : "aujourd'hui Président dit-elle, ne gagnerait-il pas à pratiquer le pardon pour oublier l'éventuelle offense plutôt que de parler de coupables ? Ce serait une façon de sauver, avec panache, la seule vraie perdante de Clearstream, la politique".
Cette façon équilibrée d'envisager l'affaire me plaît. Elle apprécie les diverses circonstances, les personnes, les actes avérés des protagonistes de l'affaire. Et j'aime sa conclusion. En effet, il y aurait de la grandeur à pardonner. Peut-on le demander aujourd'hui en ce monde où ne comptent que l'efficacité, la prétendue transparence, l'exacte pesée des pensées et des responsabilités au regard de la loi, l'absolue négation des faiblesses humaines (puisque l'homme peut tout et est à lui-même sa mesure !) ?

Ah, tout le monde n'est pas Louis, duc d'Orléans, qui devenu Roi de France sous le nom de Louis XII après la mort de son frère aîné, disait au duc de la Trémouille : "Le roi de France ne venge pas les injures du duc d'Orléans" . Louis avait pourtant de sérieuses raisons d'en vouloir à ce grand seigneur qui l'avait fait prisonnier à la bataille de SAINT-AUBIN-DU-CORMIER, le 28 juillet 1488. Il avait pris la tête d'une révolte des grands féodaux contre la Régente Anne de BEAUJEU, et le duc l'avait battu.
Vu sous cet angle, alors j'approuve. Le Président de la République ne venge pas les injures de Nicolas SARKOZY. Cela pourrait être juste et exemplaire. Mais seulement sous cet angle, et non sous celui qui dénie à l'injurié le droit de se défendre.

mardi 22 septembre 2009

Quand on déclare que la victime est un bourreau

Il se développe dans les médias une curieuse campagne, tendant à faire accroire que la plainte contre X (et non contre monsieur de VILLEPIN) déposée par le Président de la République pour faire la lumière sur la ténébreuse affaire CLEARSTREAM est illégitime. Les deux dernières offensives viennent du journal Le Monde et du site MSN/hotmail.
Dans un éditorial, non signé, publié par le Monde samedi 19 septembre, le journaliste s'interroge, avec le ton onctueux et chattemitique propre à ce journal qui dit sans dire tout en disant, sur la légitimité de l'action de monsieur SARKOZY, au motif qu'il est Président de la République et qu'il peut faire pression sur les magistrats pour obtenir gain de cause. On voit comment ce journaliste juge les magistrats ; il pense que ,pour des motifs d'intérêt personnel, ils ne sont pas capables d'avoir en cette affaire une attitude libre, probe, indépendante. Le corps des magistrats réagit souvent de manière corporatiste, j'ai déjà eu l'occasion de le dire ; les magistrats, pris individuellement, sont en général très jaloux de leur indépendance, et il y en a qui sont prêts à sacrifier leur carrière pour défendre ce qu'ils pensent être la vérité. En terminant son article, le journaliste cite cette belle phrase : De minimis non curat praetor ; le chef n'a pas souci des petites choses. Est-ce donc une petite chose que de voir son honneur mis en cause par d'infâmes insinuations ? Est-ce une petite chose que d'avoir été dénoncé calomnieusement ? Comment le grand citateur des classiques latins aurait-il réagi si c'était lui qui avait été mis en cause ?
Si j'ai une suggestion à faire à notre Président, c'est de ne tenir aucun compte de cet éditorial, tout inspiré par la haine que distille son auteur pour monsieur SARKOZY, par ses présupposés idéologiques, et par le désir d'attaquer la personne et non la politique du Président, de façon à ternir son image dans l'opinion publique et d'obtenir ainsi des avantages pour le Parti de son coeur. Ne tenez pas compte de cet article, monsieur le Président : De minimis non curat praetor.
La deuxième attaque en règle, encore plus perfide, est celle que lance le site MSN à l'aide d'un sondage. Il pose à ses "connectés" une question (je cite de mémoire) : Trouvez-vous normal que le Président de la République puisse porter plainte ? Comme on peut s'y attendre, sur les 30 et quelques mille personnes qui ont répondu à la question, 55 % déclarent que non. Moi j'ai envie de poser une question à nos sondés : Trouvez-vous normal qu'un site pose une telle question ?
Si l'on prenait soin de s'informer, on verrait que la plainte n'a pas été déposée par le Président de la République, mais par monsieur Nicolas SARKOZY, alors ministre d'Etat, bien avant son élection à la magistrature suprême. On verrait aussi qu'il avait de bonnes raisons de le faire, en apprenant que le monsieur de VILLEPIN ne l'avait pas mis au courant de ces accusations, et que contrairement à ses dires, il a rencontré non pas une fois, mais au cinq fois le Général RONDOT, un fameux spécialiste du renseignement. His fecit cui prodest ! L'a fait celui à qui ça profite ! J'ignore bien entendu s'il y a eu complot ou non pour ruiner la carrière politique de monsieur SARKOZY. Je constate simplement que les faits tels qu'on les connaît donnent une certaine consistance à l'hypothèse. Le procès nous en dira plus.

mardi 7 juillet 2009

Et ils se disent journalistes

Une partie des journalistes de la rédaction du Nouvel Observateur proteste hautement contre la publication par Michel LABRO et Denis OLIVENNES de l'entretien à eux accordé par le Président de la République. C'est, d'après ces "journalistes", de la basse flatterie, un soutien déguisé à un homme qu'ils abhorrent, non pour ce qu'il est (quoi qu'ils en disent), mais pour ce qu'il fait et pense. Un journal peut publier - comme l'infâme Airy ROUTIER - des "informations privées", controuvées de toutes pièces, et destinées à nuire, uniquement à nuire, cela ne les gêne guère. C'est "contre", ça ridiculise, ça démolit, ça n'apporte rien au débat politique, et par- dessus tout c'est un mensonge. Mais l'effet visé est (partiellement) obtenu.
Je suis allé lire, sur le site du Nouvel Observateur, la partie de l'entretien qui a été mise en version numérisée. En voici quelques extraits :

"Deux ans après son élection, Nicolas Sarkozy affronte dans un environnement tourmenté la seconde partie de son quinquennat. Crise, chômage, retraites, bouclier fiscal, ouverture, médias ou justice... Dans un entretien exclusif pour «le Nouvel Observateur», il répond aux questions de Denis Olivennes et de Michel Labro. Qu'un président de la République, élu sur un programme de droite, en vienne, la crise aidant, à défendre des positions qui s'apparentent parfois à celles de la social-démocratie, il y a là de quoi surprendre. De quoi s'interroger aussi. Cette volte-face, faut-il la comprendre comme une adhésion partielle aux idées que nous défendons ici depuis toujours ? Ou comme une manoeuvre pour séduire les voix du centre et de la gauche «raisonnable» ? Cela nous a conduits à rencontrer Nicolas Sarkozy. Nous voulions qu'il s'exprime, qu'il dise s'il y avait vraiment un changement et ce qui l'avait motivé, qu'il s'explique sur ce qui nous apparaissait comme une stratégie nouvelle. Nous avions conscience qu'un entretien est aussi une tribune. Faisant cela, nous prenions le risque d'offrir à l'hôte de l'Elysée les colonnes d'un journal qui ne le ménage pas. Mais le débat démocratique, tel que nous l'entendons, nous commandait de le faire. Nous a-t-il convaincus ? Loin s'en faut. Est-il tout à fait le même qu'au début de son quinquennat ? A vous d'en juger. En attendant, voici le nouveau Nicolas Sarkozy, tel qu'en lui- même la crise le change. A tout le moins, tel qu'il veut se présenter à nous.
On ne peut pas dire que cette introduction soit vraiment tendre pour le Président. LABRO et OLIVENNES délimitent avec honnêteté, me semble-t-il, les limites de l'exercice, conviennent qu'il peut être perçu comme une tribune, et mettent clairement en doute la bonne foi de leur interlocuteur, en concluant leur introduction par "A tout le moins, tel qu'il veut se présenter à nous". A croire qu'ils avaient prévu le coup de pied de l'âne de leurs chers confrères.

N. O. - On se souvient encore de l'échange plutôt vif que vous aviez eu avec Laurent Joffrin, le patron de "Libération" - il vous reprochait d'avoir "instauré une forme de pouvoir personnel, voire de monarchie élective" -, lors de votre conférence de presse de janvier 2008...
N. Sarkozy. - Je ne l'aurais plus aujourd'hui. Pas seulement en raison de la considération que j'ai pour l'intéressé. Mais en raison de l'idée que je me fais de ma fonction. Est-ce de cela dont je suis le plus fier dans mon début de mandat ? Certainement pas.

N. O. - Tout récemment encore, à Bruxelles, vous avez éconduit un journaliste de l'AFP qui vous interrogeait sur les rebondissements dans l'enquête judiciaire sur l'attentat de Karachi.
N. Sarkozy. - Si ce journaliste m'avait demandé: "L'assassinat de nos compatriotes est-il lié à un différend franco-pakistanais à propos de commissions non payées ?", je lui aurais répondu que je n'en savais rien et qu'il fallait que la justice aille jusqu'au bout de la recherche de la vérité. Mais la question était : "Vous étiez ministre du Budget, vous souteniez Balladur dans la campagne présidentielle, il y a l'attentat de Karachi, est-ce que vous étiez dans le coup ?" Je fais de la politique depuis trente-cinq ans, je n'ai jamais été associé à un scandale quel qu'il soit, et pourtant on a enquêté sur moi sous tous les angles. Cela devrait vous rassurer d'avoir un président pointilleux sur les questions d'honnêteté. J'en ai connu d'autres qui disaient à la télévision: "Des écoutes ? Moi, jamais." Je ne suis pas capable d'une telle hypocrisie !



(...)N. O. - Dans les deux premières années de votre mandat, vous n'avez donc commis aucune erreur ?
N. Sarkozy. - Certainement pas : j'ai commis des erreurs. Est-ce que tout ce qui m'est reproché l'est injustement ? Non. Il faut un temps pour entrer dans une fonction comme celle que j'occupe, pour comprendre comment cela marche, pour se hisser à la hauteur d'une charge qui est, croyez-moi, proprement inhumaine.

N. O. - La soirée du Fouquet's, au soir de votre élection par exemple, c'est le péché originel du sarkozysme : le CAC 40, les patrons de presse amis, le show-biz !
N. Sarkozy. - Lorsque le général de Gaulle est revenu au pouvoir, en 1958, il avait organisé une conférence de presse dans un grand hôtel parisien, l'hôtel La Pérouse. Un de vos confrères a écrit: "Le général de Gaulle a reçu les journalistes dans cet hôtel où il a ses habitudes." Notons que le standing du La Pérouse ne faisait pas alors débat... Je n'avais pas mes habitudes au Fouquet?s. J'observe d'ailleurs que les critiques sur mes amis, ma vie...
N. O. - ...Votre côté bling-bling !
N. Sarkozy. - Ces critiques avaient commencé bien avant le Fouquet's. Cela correspondait à une époque de ma vie personnelle qui n'était pas facile et où j'avais à me battre sur plusieurs fronts. Je n'avais pas attaché à cette soirée une importance considérable. J'ai eu tort. En tout état de cause, à partir du moment où quelque chose n'est pas compris et fait polémique, c'est une erreur. Et si erreur il y a, ce n'est pas la peine de la recommencer.
Etc., etc.
Je ne vois aucune complaisance dans les questions. Et je me dis qu'une partie de la rédaction du Nouvel Observateur est comparable à un champ de narcisses... Ils détestent tout ce qui n'est pas comme eux ; ils aiment se regarder dans le miroir de leurs propres idées ; ce sont des petits esprits, des minuscules agents d'une opposition infirme, aveugle et sourde, pour le plus grand malheur de la démocratie.

jeudi 23 avril 2009

L'information déformante

Il y a presque deux ans, lorsque j'ai ouvert ce Blog, j'avais fait état de ce livre absolument décapant. J'en avais cité quelques passages. L'actualité m'incite à y revenir. Dans le chapitre III de son livre (L'intelligence en péril de mort), Marcel DE CORTE traite de "l'information déformante". Et je trouve dans ces réflexions une illustration parfaite de la manière dont nos médias traitent des non événements. (Il s'agit surtout de la polémique artificielle suscitée par madame ROYAL à propos de réflexions qu'aurait faites le Président SARKOZY et que toutes les personnalités présentes à ce dîner - de la majorité comme de l'opposition - disent avoir été déformées, voire inventées de toutes pièces, par la Présidente de la Région POITOU-CHARENTES à seule fin de faire parler d'elle dans les médias.)
Le chapitre III, donc, commence ainsi
L'intelligentsia et ses utopies, l'exaltation de la science comme critères universels des connaissances, panacée de tous les mots et substance de la société future sont des phénomènes qui caractérisent notre siècle et qui témoigne du divorce de l'intelligence et de son objet propre : le réel extramental, ainsi que le triomphe corrélatif de l'imagination poétique, constructrice d'un univers qui soit uniquement l'oeuvre de l'homme. Mais si puissantes que soient notre faculté imaginative et notre capacité d'illusion, elles ne parviennent néanmoins pas à créer de toutes pièces, à partir de rien, leur contenu dont les artifices passeront dans la réalité. Elles ont beau renoncer délibérément, avec une sorte d'assurance olympienne, aux données de l'expérience et de la tradition, elles ne peuvent pas se nourrir de néant. Il leur faut quelque chose dont elles puissent tirer partie tant pour justifier l'objectivité qu'elles veulent revêtir que pour continuer sous ce masque leur travail de destruction du réel. Mais ce quelque chose doit être aussi peu indépendant de leur domination que possible. Il doit être malléable à l'extrême. Il doit pouvoir accueillir avec docilité la forme que la volonté de puissance de l'homme entend leur donner. Ce quelque chose dont la volonté de puissance axée sur l'imagination peut faire à peu près tout ce qu'elle veut a reçu un nom : l'information.
Et Marcel DE CORTE d'insister sur le fait que l'information porte sur tout ce qui arrive, advient, survient, a lieu, surgit dans l'immensité de l'Univers. Elle se déploie sur un arrière-fond de changement continu. En somme, l'information porte sur le nouveau. Et le fait nouveau, dans notre civilisation contemporaine, prend la place jadis attribuée à l'expérience et à la tradition. Et Marcel DE CORTE de citer quelques dizaines de pages plus loin la remarque de Jean MADIRAN : L'information moderne, par nature, ignore ce qui est important, ou n'en retient que l'écorce étrangère à la dimension intérieure et à la dimension historique... Les techniques de l'information moderne réclament d'abord de celui qui les manie qu'il se place hors des conditions humaines de réflexion, de méditation, de confrontation personnelle permettant de saisir la portée d'un événement.
Dans le cas qui nous préoccupe, les propos prêtés à tort au Président de la République n'ont strictement aucune importance, si ce n'est celle d'être saisie avec une rare bêtise par une femme politique avide d'un pouvoir qu'elle croyait fermement tenir de par son verbe et sa beauté (qu'il faut lui reconnaître), un pouvoir qui pour le bien de notre patrie et celui du PS lui a échappé. Monsieur GEOFFRIN de Libération a accordé crédit à une ou deux confidences, non recoupées, venues de sources qu'il ne cite pas, dont il garantit la fiabilité. Certes. Mais où étaient-elles ces sources ? Ont-elles entendu vraiment ? Ont-elles saisi quelques bribes d'une conversation privée ? Et dans quel but se sont-elles empressées de la faire connaître ? Les relations de la France et de l'Espagne méritent qu'on accorde un peu plus de réflexion dans la diffusion de ces (fausses) réflexions. Mais c'était nouveau ; ça risquait de faire vendre du papier. Dame ! Il faut bien vivre ! Et surtout, ça nuisait à un "ennemi" qui est quand même le représentant légitimement élu des Français. Il n'y a pas la moindre trace de réel, de vérité, d'importance dans la relation de ces (faux) échanges. Il y a un événement crée de toutes pièces qui permet à une irresponsable de rebondir dans l'opinion.
Ce journal-là, décidément, me dégoûte. Et pourtant je ne saurais dissimuler qu'il lui arrive de publier des analyses et des points de vue intéressants, noyés hélas dans une idéologie culturo-marxisto-boboïque, dépourvue de recul, et de connaissances historiques. Mais agir avec une telle légèreté, faire tant de mal à son pays pour soutenir sa camarilla, voilà qui est insupportable. On sait où peuvent conduire ces "informations" inintéressantes, dépourvues de toutes prises sur le réel. Monsieur Edwy PLESNEL fut un champion du genre qui a très probablement contribué au suicide de Pierre BEREGOVOY en diffusant des "informations" sur un prêt parfaitement régulier à lui consenti par un ami.
Tout cela est minable.

dimanche 19 avril 2009

Dinditude et quichitude sont les deux mamelles de Ségolène

Elle a encore sévi. Prenant ses informations dans le journal Libération qui les tient d'on ne sait où, elle présente à monsieur ZAPATERO des excuses pour une imaginaire offense, qui lui aurait été faite par le Président de la République, en privé. A quelques encâblures d'une rencontre importante entre les autorités espagnoles et françaises, voilà qui sert les intérêt de notre Pays, dont elle prétend être l'unique et justifiée représentante. Elle oublie qu'elle a été battue aux élections présidentielles et qu'elle ne représente qu'elle même, puisque même son Parti n'en a pas voulue.
Elle vit tout simplement dans un monde imaginaire ; elle est venimeuse ; elle est insupportable ; elle ment avec l'aplomb de l'inconscience. Dieu nous garde de l'avoir jamais comme Président de la République. Je me sentirais obligé de lui désobéir, et de promouvoir la désobéissance. On n'est pas obligé de s'incliner devant les exigences des imbéciles.
Monsieur MIGAUD, Président socialiste de la Commission des Finances de l'Assemblée Nationale, monsieur BRARD (que j'ai moi-même entendu à la télévision), député communiste, d'autres personnalités de la majorité comme de l'opposition ont formellement démenti que le Président ait tenu les propos qu'on lui prête, rien n'y fait. Elle n'y était pas, mais elle sait mieux que les témoins de la scène ; elle traverse les murs, et se tient invisible derrière la chaise du Président. Pour autant que j'ai pu décrypter les propos des uns et des autres, il se pourrait bien que monsieur SARKOZY ait vanté l'habilité de monsieur ZAPATERO qui, lui, a gagné deux fois les élections, quand bien même il ne serait pas très intelligent (conditionnel d'allusion à des propos de tierces personnes), petite égratignure contre monsieur JOSPIN qui, lui, très intelligent, les a perdues deux fois. Quant aux propos qu'on lui prête sur monsieur OBAMA, ils refléteraient (à supposer qu'ils aient été tenus) la stricte vérité : monsieur OBAMA n'a jamais été ministre. C'est dommage, sans doute, mais c'est ainsi. Enfin, force est de reconnaître qu'après avoir renâclé, madame MERKEL a fini par rentrer en partie dans les vues de monsieur SARKOZY sur les solutions qu'il convenait de trouver pour résoudre la crise financière et économique mondiale. Et ce ralliement partiel a été souligné et loué en son temps par les médias français, pourtant assez avares de compliments sur le Président de la République.
Comment avoir du respect pour une telle femme ? J'ai beau chercher, je ne trouve aucun argument pour la défendre. Martine AUBRY, décidément, a une autre envergure. Elle n'est pas plus tendre avec la majorité, mais elle est dans son rôle ; elle travaille avec ses collaborateurs ; elle ne s'enfle pas la boufigue, comme le fait celle que des rivaux peu bienveillants appellent la dinde du Poitou ou la Quiche. Je trouvais ces sobriquets peu aimables.
Mais on finit par se demander si la dinditude et la quichitude ne sont pas les deux mamelles de Ségolène.

dimanche 29 mars 2009

Qu'est-ce que la liberté ?

Je vous affirme que j'ignorais que les circonstances me fourniraient l'occasion de parler aussi souvent du livre de Simone WEIL : Réflexions sur les causes de la liberté et de l'oppression sociale. J'ai transmis avant-hier à une amie le petit texte que je vous livre aujourd'hui. (Il me semblait en effet qu'elle était une personne libre au sens où l'entend Simone WEIL.) Je n'hésite pas à le faire pour mes rares lecteurs, car il est d'une force incroyable et peut en toucher plus d'un.
"On peut entendre par liberté autre chose que la possibilité d'obtenir sans efforts ce qui plaît. Il existe une conception bien différente de la liberté, une conception héroïque qui est celle de la sagesse commune. La liberté véritable ne se définit pas par un rapport entre le désir et la satisfaction, mais par UN RAPPORT ENTRE LA PENSÉE ET L'ACTION (les majuscules sont de votre serviteur) ; serait tout à fait libre l'homme dont toutes les actions procéderaient d'un jugement préalable concernant la fin qu'il se propose et l'enchaînement des moyens propres à amener à cette fin. Peu importe que les actions en elles-mêmes soient aisées ou douloureuses, et peu importe même qu'elles soient couronnées de succès ; la douleur et l'échec peuvent rendre l'homme malheureux, mais il ne peuvent pas l'humilier aussi longtemps que c'est lui-même qui dispose de sa propre faculté d'agir. Et disposer de ses propres actions ne signifient nullement agir arbitrairement ; les actions arbitraires ne procèdent d'aucun jugement, et ne peuvent à proprement parler être appelées libres. TOUT JUGEMENT PORTE SUR UNE SITUATION OBJECTIVE, ET PAR SUITE SUR UN TISSU DE NÉCESSITÉ. L'homme vivant ne peut en aucun cas cesser d'être enserré de toutes parts par une nécessité absolument inflexible ; mais comme il pense, il a le choix entre céder aveuglement à l'aiguillon par lequel elle (la nécessité) le pousse à l'extérieur, ou bien se conformer à la représentation intérieure qu'il s'en forge ; et c'est en quoi consiste l'opposition entre servitude et liberté."
Si messieurs BOUTON, OUDEA, et autres responsables de la Société Générale, de Natixis, de Total, et autres grandes compagnies du CAC 40 avaient appliqué ce qu'explique si lumineusement ma chère Simone, ils n'auraient point agi aussi automatiquement, pour satisfaire leur désir d'avoir toujours plus, bonus, stock-options, parachutes dorés. Ils auraient examiné la situation objective et les nécessités qu'elle impose : la difficulté qu'ont nombre de leurs salariés à joindre les deux bouts, l'exemplarité de leur comportement, l'engagement (pour certains) de l'Etat dans leurs établissement, les plans sociaux, et ils auraient tout naturellement renoncé à ces avantages indus, car ils auraient été confrontés dans leur conscience à ces insupportables différences de traitement en temps de crise. Ce ne sont pas forcément ces avantages qui sont honteux, encore que..., c'est simplement l'idée qu'ils peuvent être distribués dans la situation actuelle. Ces messieurs n'étaient pas libres. Ils étaient les esclaves de leurs désirs d'argent. La moindre des objectivités consisteraient à reconnaître que le Président SARKOZY, en faisant pression sur ces grands dirigeants, a eu MORALEMENT RAISON.
La condamnation des propos de Benoît XVI sur le préservatif par la presse (française essentiellement ; cf. l'un de mes précédents billets qui reproduit un article du Cameroon Tribune sur le voyage du pape) va exactement dans le même sens que les propos de Simone WEIL. Certes, il est désirable de satisfaire sa libido. Mais est-il convenable de le faire dans n'importe quelle condition et dans l'ignorance des risques - fûssent-ils minimisés par le port du préservatif - que cette satisfaction peut entraîner pour autrui ? La véritable liberté n'est-elle pas ici dans l'application exacte de réciprocité, fondement de la vie morale, "Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'il te fasse". Feriez-vous l'amour avec un homme séropositif, mesdames, même s'il porte un préservatif ? Feriez-vous l'amour avec une femme séropositive, messieurs, même si vous portez un préservatif ? Il se peut que oui, si le motif de cette union est autre que la simple satisfaction d'une pulsion sexuelle, et témoignage d'un authentique amour. Là est toute la différence entre servitude et liberté.

vendredi 13 mars 2009

Qu'est-ce que la justice ?

Madame AUBRY, dans un livre noir consacré aux (prétendues) attaques aux libertés perpétrées par le Président de la République, déclare : Nous ne sommes pas laxistes, nous sommes pour une société d'ordre mais il n'y a pas d'ordre sans justice.
Qui ne souscrirait à cette affirmation ? Personne, je crois.
Il convient donc de demander à madame AUBRY ce qu'elle entend par justice. Quand j'étais en classe de Sciences Expérimentales, notre professeur de philosophie nous avait appris qu'il existe deux sortes de justice : la justice distributive, et la justice égalitaire. Une justice, dans l'ordre politique, doit donc comporter ces deux éléments. La justice égalitaire consiste déjà à ne pas désigner comme des moutons noirs ceux de nos concitoyens les plus riches, en leur faisant le procès d'être des profiteurs, des cupides, des salauds. Ils ont droit d'être traités, dans le jugement public que l'on porte sur eux, exactement de la même manière que "les plus démunis". La justice distributive consiste aussi à admettre que le travail, le talent, le risque doivent être récompensés par des revenus supérieurs. En d'autres termes, la justice distributive et la justice égalitaire ne s'appliquent pas qu'aux électeurs du Parti Socialiste. Si madame AUBRY est d'accord sur ce point, il est possible d'avancer.
La justice consiste aussi à ne pas nuire aux innocents et à ne pas leur porter atteinte dans leur vie quotidienne. En quoi les mères de famille obligées de garder leurs enfants le jour de grève des enseignants sont-elles responsables des problèmes que ces derniers rencontrent ? Et pourquoi faut-il que les jours où les conducteurs de train, de métro ou d'autobus font grève, les salariés soient contraints de faire des journées harassantes, ou de renoncer à leur traitement en renonçant à leur déplacement ?
La vérité est que madame AUBRY ne s'est pas débarrassée de la vision hégélienne et marxiste de l'histoire qui serait donc le lieu où se résolvent les conflits, tous les conflits, dans des rapports de force.
Laissez-moi vous raconter une histoire que j'ai vécue personnellement. Je rentrais de MARSEILLE par le train de nuit. Arrivé à BELFORT, on nous annonce que des ouvriers d'ALSTOM bloquent un aiguillage très important qui oblige notre train à faire un détour par NANCY. Bilan, au minimum deux à trois heures de retard. J'avise dans le couloir un jeune homme. Son visage est décomposé. Il a été se raser de près dans le petit cabinet de toilette, il est en costume. Je l'interroge : que se passe-t-il ? Il me répond : je suis au chômage depuis plus d'un an. J'avais un entretien d'embauche à STRASBOURG à 9 heures. Je ne pourrai y être et je suis dans l'incapacité de prévenir qui que ce soit. C'est fichu.
Bien entendu, c'est une histoire minuscule. Les ouvriers d'ALSTOM n'ont jamais été au courant de ce petit drame, car c'en est un. J'imagine que chaque grève apporte son lot de dysfonctionnements qui bouleversent la vie des particuliers. C'est ce que madame AUBRY appelle la justice.
J'ai personnellement une autre analyse
Voici ce que dit Anne-Marie ROVIELLO à propos de l'idéologie : L'idéologie totalitaire ne se définit pas par un corpus d'idées, par une vision du monde, comme on l'a dit, et comme cette idéologie elle-même le [prétend], elle ne convainc pas par ses idées, si tant est qu'on peut parler de "conviction" à son propos, mais elle se caractérise par une mentalité, par ce qu'on peut appeler une attitude fondamentale qui consiste en une indifférence foncière pour les idées qu'elle charrie, indissociable d'un mépris radical pour la réalité du monde dont elle prétend parler, en l'occurrence, pour l'existence concrète des hommes qui font ce monde. (In Colloque Hannah ARENDT, Politique et pensée. Article : Les intellectuels modernes, une pensée an-éthique et prétotalitaire. Petite Bibliothèque Payot, N°289, Paris, 2004).
C'est de ce laxisme-là que madame AUBRY entend se défendre. Les difficultés rencontrées par les victimes innocentes des grèves lui importent peu. Triomphe des idées et du rapport de force sur la réalité concrète. Insupportable. Inutile. Et intellectuellement insoutenable.
Bon appétit quand même madame AUBRY.

jeudi 26 février 2009

La paille et la poutre

On se croirait dans une volière. De toutes parts surgissent des cris d'orfraie, des piaillements, des chuintements et autres bruits d'oiseaux. Le motif de ce tintamarre ? Monsieur SARKOZY a osé proposer un de ses amis, monsieur PEROL, comme PDG de la nouvelle banque issue de la fusion de la Caisse d'Epargne et de la Banque Populaire. Il y a là de la part de l'opposition et des "journalistes", qui se croient investis d'une mission prophétique au nom d'une prétendue objectivité, il y a là, disais-je, une rare hypocrisie.
Reprenons l'Histoire et voyons comment les mêmes "journalistes" réagirent du temps de monsieur MITTERRAND. Monsieur Roland DUMAS au Conseil Constitutionnel, monsieur CHANDERNAGOR à la Cours des Comptes, monsieur de NICOLAI au Conseil d'Etat, monsieur COLET (je ne suis plus sûr du nom exact) à la Française des Jeux, monsieur HABERER au Crédit Lyonnais (avec le succès que l'on sait), et tous les dirigeants des Grandes Entreprises Nationalisées, n'étaient pas que je sache, des ennemis du Président d'alors. L'hypocrisie consiste à dire que ce n'est pas la même chose. Pensez-donc, il s'agit de nommer en toute "indépendance" des hauts responsables à la tête de structure d'Etat, comme si la nature étatique de la structure était une garantie absolue d'indépendance de sentiments et de jugements. Il y a tout de même une différence. Monsieur HABERER a pu, en cinq ans, transformer une banque privée prospère en un établissement public au bord de la faillite, sans aucune sanction. Pour prix de son incompétence, quelques jours après son départ du Crédit Lyonnais, monsieur HABERER était nommé Président du Crédit National.
Devant ces nominations - dont le Président MITTERRAND disait (je l'ai entendu de mes propres oreilles) qu'elles étaient tout à fait compréhensibles et justifiables - avez-vous entendu les responsables socialistes protester, monsieur BAYROU "vocitupérer" (joli mot composite et inventé), l'Opinion Publique manipulée par les bas bleus de l'information s'émouvoir ? Que non point. Ces nominations étaient bonnes. Elles venaient de Dieu. Et Dieu ne peut se tromper quand il récompense ses amis. Qu'un Président de droite en fasse autant, et le voilà voué à la géhenne, à l'enfer, aux gémonies.
On reproche à monsieur SARKOZY ses amitiés avec des hommes fort riches. Mais a-t-on reproché à monsieur MITTERAND de compter monsieur Pierre BERGE parmi les siens ? (La récente vente de la collection de messieurs BERGE et SAINT-LAURENT montre le niveau de la fortune de ces amateurs d'objets d'art.) Lui a-t-on reproché son amitié pour monsieur PELAT qui n'était pas précisément dans le dénuement ? Ou pour messieurs André BETTENCOURT ou Guillain de BENOUVILLE (qui étaient des hommes "de droite" pourtant), toutes personnalités respectables mais très fortunées. Quand on n'a aucune idée, aucune proposition, aucune probité intellectuelle, quand on est obsédé par la prise du pouvoir, tous les moyens sont bons, y compris les plus méprisables, qui consistent à démolir, à l'arme blanche, le messager faute de parvenir à le faire de son message. Je comprends que l'on puisse argumenter, expliquer les raisons idéologiques ou logiques de ses critiques. Je comprends moins bien cette attitude insupportable de démolition systématique. Je reviendrai demain sur le choix parfaitement justifié de monsieur PEROL par les Conseils d'administration des deux banques, à l'Unanimité.
L'opposition finira peut-être par obtenir au moyen de la manipulation, de la calomnie, de la déformation des faits, de l'interprétation malveillante des initiatives, toutes les initiatives, du Gouvernement, ce fameux pouvoir dont elle rêve, qui hante ses nuits et ses jours. Mais Napoléon - de sinistre mémoire - disait "On peut tout faire avec des baïonnettes, sauf s'asseoir dessus". Qu'ils y prennent garde. En promettant la Lune, ils risqueraient bien de nous faire habiter la demeure de Pluton.

mardi 10 février 2009

Journalisme, ça ?

J'ai dû m'absenter quelques jours. D'où mon silence. Vous avez comme moi, je suppose, écouté le Président de la République la semaine dernière. Personnellement, j'ai trouvé convaincantes les explications qu'il a données. Mais je vais vous montrer comment un journaliste peu scrupuleux peut orienter l'avis de ses auditeurs. Un présentateur de France 2, jeudi dernier, commence son journal en disant : "Dans un quart d'heure, le Président de la République VA TENTER D'EXPLIQUER ses propositions aux Français". Juste avant de céder l'antenne, il ressort la même phrase : le Président va tenter d'expliquer". Il pouvait dire : "Le Président de la République va expliquer etc.". Non, pour ce monsieur, dont j'ai oublié le nom, "il va tenter". Ceci veut dire (a) ou bien qu'a priori, il ne croit pas à la bonne foi du Président ; dans ce cas, il manifeste son parti-pris ; (b) ou bien qu'il prête aux Français un scepticisme a priori et l'on se demande d'où il tire cette conviction ; des sondages peut-être ? ; (c) ou bien qu'il pense que monsieur SARKOZY est incapable de convaincre ou que la situation est sans issue pour la majorité. Dans tous les cas il connote négativement son discours, et il insinue le doute dans l'esprit des auditeurs. La situation est assez grave pour qu'on n'en rajoute pas. Mais ces messieurs sont tellement aveuglés par la haine de ce qui ne pense pas comme eux qu'ils disent n'importe quoi. C'est insupportable. Pour être clair, je réprouverais de la même manière un journaliste de droite qui présenterait les choses sous un jour avantageux.
La même attitude de dénigrement du pouvoir en place se retrouve sur France 3 ; madame PULVAR et madame MATAUSCH sont les spécialistes des présentations tordues. Elles nous prennent pour des imbéciles. N'accordez aucun crédit à leurs présentations. Nous en avons assez de ces gens qui, pour briller, trouvent des petites phrases et des formules qui font mouche, dont la capacité d'analyse est celle d'une grenouille décérébrée, et qui dans tous les cas produisent des commentaires qui n'ont strictement rien à voir avec le contenu réel de l'information. Les auditeurs ont le droit d'être respectés, et notamment ceux qui, dans leur majorité, ont régulièrement élu monsieur SARKOZY. Doivent être respectés de même ceux qui ont voté pour madame ROYAL. J'ai dit pourquoi je trouvais ses propositions souvent dangereuses, mais je n'oublie pas que 17 millions de mes concitoyens lui ont apporté leur suffrage.

lundi 5 janvier 2009

Les (petits, tout petits) hommes verts

Faut-il que la passion et la haine les aveuglent, les (petits, tout petits) hommes verts. Le cul bien calé dans leur fauteuil de mal élus, ils osent dire que la visite du Président SARKOZY au Proche-Orient est inutile. Ils jouent, comme toujours, contre leur Patrie. Je ne parle même pas des intérêts de leur Patrie, je parle de son honneur. Bien entendu, ils n'ont aucune proposition, aucune suggestion, aucune idée à mettre sur la table. Ils critiquent ; heureusement, leur voix ne rencontre pas d'écho. Ils crient dans le vide. A leur place je dirais, par exemple : "N'envoyez plus de roquettes, ne bombardez pas avec des missiles ; utilisez à la place des canons à courgettes, ou des melons, et choisissez ces cucurbitacées de préférence 'bio' ". Ils sont définitivement nuls, ces (petits, tout petits) hommes verts. Ils sont la honte de la gauche, à laquelle ils prétendent appartenir. Je préfère le silence assourdissant des socialistes à l'agitation de ces homuncules. Elle vaut approbation tacite. Bernard KOUCHNER a donné à monsieur GALZI une belle leçon hier soir au Journal Télévisé. Lui, ainsi que le Président SARKOZY essayent de faire quelque chose et tiennent équilibrée la balance de leur jugement : "Non aux roquettes de ces fous ; non aux chars de ces impitoyables vengeurs. Et il se peut, ajoute-t-il à l'adresse du sceptique monsieur GALZI, que nous n'obtenions pas de résultats, mais au moins nous aurons fait quelque chose."
Tous ces médiocres, ces pauvres types qui se disent "verts", suscitent en moi une colère incroyable. Il faudrait donc que notre pays renonce à jouer un rôle de pacificateur, alors que des civils tant israéliens que palestiniens (hélas, de loin les plus nombreux) meurent sous les coups de leur adversaire ? Il faudrait renoncer ? Ils ne valent pas mieux que les capitulards de Vichy, les (petits, tout petits) hommes verts.
Je considère qu'il faut du courage et de la détermination pour entreprendre ces démarches. Vous noterez que seul notre pays les entreprend. C'est à son honneur, à notre honneur à nous tous. Messieurs les (petit, tout petits) hommes verts, il vous paraît plus important de procéder, contre la Loi, à des mariages homosexuels que de promouvoir la paix ; cela indique bien le niveau de votre pensée politique : même pas au-dessous de la ceinture, mais à celui du sol et de la boue.

dimanche 28 septembre 2008

Gustave, toujours

Je ne me lasse pas de lire et relire Gustave THIBON. Hier, j'ai trouvé dans son ouvrage majeur Diagnostics. Essai de physiologie sociale, ceci, que je vous livre, en pensant à ce que je vous disais hier sur les grands patrons.
Tu n'avais pas le droit de me ressembler, peut dire l'homme d'en bas à l'homme d'en haut. Tu as exaspéré et déchaîné ma bassesse en me révélant la tienne. L'envie qui me dévore aujourd'hui n'est que le cadavre de ma vénération d'hier. Tu as tué en moi le sens vivant de la hiérarchie, la douceur et la noblesse de l'obéissance. [...] Tu as fini par me prouver que tu me ressemblais. Eh bien ! je veux maintenant que nous nous ressemblions tout à fait (cette volonté s'appelle révolution, égalitarisme, communisme).
Comment ne pas être d'accord avec ce constat ? Nos grands patrons, nos hommes politiques devaient mériter notre respect en étant respectables, en offrant à nos yeux et à nos pensées le meilleur d'eux-mêmes. Le spectacle que nous donnent les uns et les autres est attristant. Le dernier en date, celui de madame ROYAL faisant de la politique au Zénith en montant sur les planches accompagnée "d'artistes" en vogue est affligeant, tout comme l'est, du reste, celui d'un Président en train de faire du jogging. Et encore, je comprends mieux que l'on ait envie de faire du sport, que de palabrer sur une scène. Mais on peut le faire dans la discrétion, et en absence de photographes. C'est la rançon d'une certaine candeur plus que le fruit du calcul. Un prince doit s'entourer de mystère, et non de pom-pom girls. C'est en tout cas mon avis.