Affichage des articles dont le libellé est Mark Regnerus. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Mark Regnerus. Afficher tous les articles

mercredi 20 mars 2013

Ce que cache madame Taubira : publication de Mark Regnerus (suite)

-
Je poursuis l'analyse de la publication de Mark REGNERUS, en vous traduisant d'abord le résumé de la grande section consacrée aux résultats :
-
"Pour résumer, dans 25 des issues (outcomes) sur les 40, il existe des différences simples  et statistiquement significatives entre [les enfants] élevés dans des familles dites biologiquement intactes et [les enfants] des "familles" [constituées de] dites lesbiennes dont la mère a des relations homosexuelles. Après contrôles, il existe 24 différences simples de ce type entre les enfants de familles biologiquement intactes et les enfants élevés dans des familles de structure ayant varié dans le temps (stepfamilies) et 24 différences statistiquement significatives. Chez les parents hétérosexuels uniques, il existe 25 différences simples avant contrôles et 21 après contrôles. Il existe 11 différences simples et 19 statistiquement significatives entre les "familles" homosexuelles masculines et les familles biologiquement intactes." (Se référer au billet d'hier pour la classification des groupes de "familles")
-
Voici une partie de la discussion :
-
"[...]. Quand on compare des enfants qui ont été élevés dans des familles (encore) biologiquement intactes, constituées d'un père et d'une mère, à ceux de sujets déclarant avoir une relation homosexuelle, il apparaît des différences marquantes pour de nombreuses issues, dont nombre qui sont manifestement sub-optimales (telle que le niveau d'éducation [comprendre ici études], la dépression, le statut de l'emploi ou l'usage de la marijuana). Sur 25 des 40 issues évaluées ici (soit 63 %), il existe des différences bivariées statistiquement significatives (P < 0,05) entre enfants de familles biologiquement intactes et ceux dont la mère déclare vivre une relation homosexuelle. Sur 11 des 40 issues évaluées (soit 28 %), il existe des différences bivariées statistiquement significatives (P < 0,05) entre les enfants de familles biologiquement intactes et les enfants de pères entretenant une relation homosexuelle. Mais il existe beaucoup plus de différences, quelle que soit la méthode d'analyse, dans les comparaisons de jeunes adultes élevés dans une famille biologiquement intactes et dans une "famille" de femmes lesbiennes et dans celles de jeunes adultes élevées dans ces familles intactes et dans une "famille" d'hommes homosexuels."
-
Enfin, quelques extraits de la conclusion. On en admirera la probité.

"Les enfants exigent-ils d'avoir un père et une mère mariés pour se retrouver bien à lo'âge adulte ? Non, si nous observons les nombreux apports anecdotiques dont tous les Américains sont familiers. En outre, il existe de nombreux cas dans la NFSS [nom de l'étude réalisée par REGNERUS] où les répondeurs à l'enquête ont prouvé leur résilience et se prévalent d'un état adulte, en dépit de nombreuses transitions familiales, telles que la mort, le divorce, l'existence de partenaires amoureux additionnels ou nouveaux, ou le remariage. Mais la NFSS révèle également clairement que les enfants semblent plus aptes à parvenir avec succès à l'état d'adulte - sur de nombreux points et en de multiples domaines - quand ils passent la totalité de leur enfance avec leur père et leur mère mariés, et tout spécialement quand les parents se sont révélés encore mariés au moment de l'enquête..."
-
Voilà qui mériterait un peu moins de précipitation de la part de madame TAUBIRA et de monsieur HOLLANDE... Je vous rappelle qu'il s'agit de l'étude qui inclut le plus grand nombre de sujets, lesquels ont été choisis au hasard, ce qui n'est pas le cas des études qui rapportent, sur des enfants et non des adultes, des résultats différents. Je pense qu'AERELON appréciera cette approche scientifique.
-
Bonne journée.

Ce que cache madame Taubira ; publication de Mark Regnerus

-
Mark REGNERUS est chercheur au Département de Sociologie et de Recherche sur les Populations, à l'Université du TEXAS à AUSTIN. J'ai imprimé les deux articles qu'il a publiés dans Social Science Research et je vous livre ici une analyse de l'Introduction et des Méthodes utilisées par ce sociologue dans son article intitulé How different are the adult children of parents who have the same-sex relationships ? Findings from the New Family Structure Study. Il est difficile de rendre en français les nuances très subtiles de ce titre. On pourrait le rendre par ce qui suit : A quel degré les enfants d'âge adulte (élevés par des) de parents qui ont des relations homosexuelles sont-ils différents ? Résultats de l'étude sur les structures des nouvelles familles. Je sais que cette traduction est approximative, mais je la crois honnête et de bonne foi, dans la mesure où la traduction française ne trahit pas l'absence de préjugé de la question en langue anglaise. Voici donc un bref résumé de cette monumentale étude pour ce qui est de l'introduction et des résultats. Demain, analyse des conclusions.
-
Introduction.
REGNERUS commence par dire que les données collectées par les recherches en sciences sociales sont l'une des rares sources d'informations utiles dans les débats concernant le mariage et l'adoption. Et il indique que les effets que pourraient avoir sur les enfants les nouvelles structures de la famille sont au coeur de la politique concernant le mariage et le développement de l'enfant.
Puis dans le second paragraphe de son introduction, il indique que les sociologues des changements familiaux (family transitions) ont, jusqu'à un passé récent, noté la stabilité élevée et les bénéfices sociaux des familles biparentales hétérosexuelles (couples mariés) contrastant avec ce qu'il en est dans le cas de mères isolées, de couples cohabitants, de parents adoptifs ou de garde partagée entre ex-époux (BROWN, 2004 ; MANNING et al., 2004, McLANAHAN et SANDEFUR). Il signale qu'en 2002, l'Association Child Trends, une organisation de recherche très bien considérée et non partisane souligne l'importance pour le développement de l'enfant d'être élevé en présence de ses deux parents biologiques (MOORE et al, 2002).
Dans son troisième paragraphe, il note qu'en 2001, un article de l'American Sociological Review analyse les résultats (findings) de l'orientation sexuelle et de la parentalité ; il est rédigé par les sociologues Judith STACEY et Tim BIBLARZ, lesquels notent qu'il existe quelques différences dans les destinées (issues) des enfants d'unions homo- ou hétérosexuelles, mais qu'elles ne sont pas aussi grandes que le disent nombre de sociologue de la famille. Ce sont ces données qui le poussent à entreprendre son étude.
Je ne détaille pas les autres paragraphes de cette introduction intitulés Sampling concerns in previous survey (Questions d'échantillonnage dans les enquête antérieures), Are there notable différences ? (bien que ce paragraphe souligne les nombreux biais méthodologiques des études antérieures), et The New Family Structure Study.
Collecte des données, mesures et approche analytique.
Je note ici l'originalité de l'étude de REGNERUS : son enquête s'est faite auprès de jeunes adultes âgés de 18 à 39 ans, et non auprès d'enfants ou d'adolescents, elle est nationale et couvre tout le territoire des Etats-Unis, l'échantillonnage des enquêtés est strictement aléatoire, et s'est faite en deux étapes, elle est totalement comparative, le questionnaire a été élaboré par une équipe d'enquêteur constituée de chercheurs réputés (leading researchers) en sociologie, démographie et développement humain, venus de la Penn University, de la Brigham Young University, de la San Diego State University et de l'Université de Virginie ainsi que de chercheurs de l'Université du Texas à Austin. Enfin c'est l'enquête la plus vaste conduite sur ce sujet. En effet, 2998 personnes ont été interrogées, et parmi elles 175 qui déclarent avoir eu une mère ayant une relation homosexuelle et 75 un père ayant une relation homosexuelle. L'objectif de l'enquête c'est le résultat ou issue (outcome) de l'éducation dans différents types de familles. Le protocole d'étude et le questionnaire ont été approuvés par le University of Texas at Austin Review Board.

REGNERUS classe les "familles" [traduction très approximative] (household settings) des personnes qui ont répondu (responders) en huit groupes. Et c'est là le point méthodologique crucial :

1.La live intact biological family (avec père et mère) ; j'utiliserai la traduction de famille traditionnelle ; le jeune adulte y a été élevé de sa naissance à ses 18 ans ; ses parents sont encore mariés (Nombre de répondeurs [N] : 919).
2.La famille constituée de deux femmes entretenant une relation homosexuelle (REGNERUS utilise l'expression : a same sex-romantic (lesbian) relationship, sans aucune autre modification de structure familiale (N = 163).
3.La famille constituée de deux hommes entretenant une relation homosexuelle sans aucune autre modification se structure familiale (N = 73).
4.La famille est adoptive. L'enfant a été adopté par un ou deux étrangers à sa naissance ou avant ses deux ans (N = 101).
5.La famille est éclatée (divorced later) ou est soumis au régime de la garde conjointe : le répondeur a vécu avec l'un des deux parents de sa naissance à l'âge de 18 ans, parents non mariés au moment de l'enquête (N = 116).
6.La famille "par étape" (stepwise family). Le répondeur a des parents biologiques qui n'ont jamais été mariés ou ont  divorcés ; le parent qui a eu la garde s'est marié avant que le répondeur n'atteigne ses 18 ans (N = 394).
7.Le répondeur appartient à une famille monoparentale. Les parents biologiques n'ont jamais été mariés ou ont divorcé. Le parent qui a eu la garde ne s'est jamais marié avant que le répondeur n'atteigne ses 18 ans (N = 816).
8.Tous les autres cas incluant toutes les autres structures  ou combinaisons familiales dont celui de parents décédés (N = 406).
-
REGNERUS donne ensuite une liste des issues [plusieurs douzaines] (outcomes) d'intérêt et commente les raisons qui l'ont poussé à les choisir. Ellles couvrent des domaines de la vie émotionnelle,  relationnelle (y compris sexuelle) et sociale. De plus, REGNERUS demande aux répondeurs d'indiquer le statut du mariage homosexuel dans l'Etat où ils vivent.
-
Puis il compare les résultats de son enquête pour chacune des catégories de "familles" (household settings) à ceux qu'il a obtenus pour les familles biologiques intactes. Les jeunes adultes appartenant aux groupes 2 (mère lesbienne) 6, 7 et 8 sont ceux qui diffèrent le plus des jeunes appartenant au groupe1. Ceux du groupe 2 sont souvent dans une situation sociale difficile, et c'est aussi le cas, quoique à un moindre degré pour les jeunes adultes des groupe 6, 7 et 8. Le trait le plus frappant porte sur les agressions sexuelles auxquelles ces jeunes adultes déclarent avoir été soumis : attouchements sexuels par un parent ou un adulte (mêmes groupes : dix fois plus pour le groupe 2), ou relations sexuelles contraintes (sex against will ; mêmes groupes : trois fois plus pour le groupe 2 , deux fois plus à deux fois et demie plus pour les groupes 2 à 7 !). REGNERUS dans son analyse souligne la lourde difficulté des enfants de mère lesbienne à s'identifier comme hétérosexuel, voire à éprouver une attirance quelconque pour un partenaire de l'un ou l'autre sexe. Les enfants de mère lesbienne atteignent plus difficilement que les autres enfants un  haut ou un bon niveau d'éducation, et n'ont pas un bon sentiment de sécurité, ont une plus tendance à la dépression, et ont du mal à établir une relation amoureuse stable (their current romantic relationship is in trouble more frequently). Des résultats analogues sont trouvés pour les enfants de père homosexuel.
-
Je ne veux pas vous lasser et continuerai demain l'analyse de ce travail.
-



samedi 2 mars 2013

Ce que nous cache madame Taubira

-
J'ai reçu un courriel de ce très cher ami alsacien. Il résume les travaux de Mark REGNERUS sur les enfants des familles homoparentales. J'ai pu avoir accès aux résumés de l'article princeps, à la réponse que fait REGNERUS à ses détracteurs, et à la vigoureuse défense de ses travaux par un collègue. Je vous donne donc dans l'ordre le texte de ce courriel et les trois résumés en anglais des articles de REGNERUS, et de son collègue. Je les commenterai demain.
-
Une étude publiée par un sociologue américain démontre les effets de l’homoparentalité sur la psychologie des enfants privés d’altérité dans leur éducation et confrontés aux questions sur leur conception et leurs origines. Cette étude tenue secrète en France démontre, outre les problèmes de déséquilibre psychologique des enfants élevés par des couples homosexuels, que ces enfants sont en moyenne 10 fois plus victimes d’attouchements sexuels que les enfants ayant grandi dans leurs familles biologiques.


Le sociologue américain Mark Regnerus a publié un article dans le journal américain « Social Science Research, intitulé « How different are the adult children of parents who have same-sex relationships? Findings from the New Family Structures Study » ( A quel point les enfants devenus adultes de parents ayant eu une relation homosexuelle sont-ils différents ? Résultats de l’Étude sur les nouvelles structures familiales ), qui dresse la bilan de la longue étude qu’il a menée sur 2988 personnes interrogées.

Les résultats de cette étude du chercheur universitaire sont surprenants. Ils ont été repris dans le site d’information américain Slate. Selon cette étude, les enfants élevés dans leurs familles biologiques disposent d’un meilleur niveau d’études, d’une meilleure santé mentale et physique, ils consomment moins de drogue, se tiennent plus éloignés des activités criminelles et se considèrent plus heureux que les enfants élevés par un couple homosexuel.

A l’inverse, les enfants issus de familles homoparentales, et en particulier de couples lesbiens sont bien plus sujets aux dépressions, il ont plus de problèmes physiques, ils consomment plus de marijuana et ont plus de chance d’être au chômage (69% des enfants issus de familles homoparentales vivent des prestations sociales contre 17% pour les enfants de couples hétéros).

Surtout, contrairement aux théories de Jean-michel APHATIE et de Caroline FOUREST, selon lesquelles les hétérosexuels sont de violents alcooliques qui frappent leurs enfants et en abusent, les enfants de couple lesbiens seraient en moyenne 10 fois plus victimes d’attouchements sexuels que dans les familles « hétéro-parentales » (23% contre 2% de moyenne).

Aux États-Unis, le lobby gay a été choqué par cette étude et l’a dénoncée si violemment (appuyé par des journalistes progressistes) qu’un mouvement de scientifiques s’est créé pour soutenir ces travaux et leur sérieux méthodologique.

Il est étonnant de constater que cette étude n’ait jamais été évoquée par le moindre journaliste, en France, alors que nous sommes censés être en plein débat sur l’homoparentalité. Les journalistes préfèrent suivre les socialistes dans leur chasse aux « dérapages » homophobes plutôt que de s’interroger sur le fond du sujet et sur les dangers d’une telle loi.

Il est clair que les études sociologiques peuvent être controversées, mais pourquoi nous cacher celle-là, alors que tous les défenseurs du mariage pour tous les homos, sans jamais rien citer, disent, l’air sûrs d’eux, que les premières études prouvent qu’il n’y a pas de différence éducative entre l’homoparentalité et la parenté « classique » ? Pourquoi personne ne parle tout haut de cet élément qui pourra certes être débattu mais qui ne peut qu’apporter des faits nouveaux aux discussions.

Qu’on montre toute les études et chacun se fera son idée, pourquoi laisser Caroline Fourest nous expliquer que les enfants de couples homosexuels sont en pleine forme sans mettre en doute cette vérité énoncée qui ne coule pourtant pas de sens ?

En même temps, tous ces futurs enfants dépressifs, drogués, aux troubles psychologiques, parasites de l’État, formeront de formidables électeurs (et militants pour ceux qui seront un peu plus en forme) du Parti Socialiste. On comprend mieux pourquoi le PS veut déglinguer nos enfants et légaliser le commerce des bébés…"
-

Mark REGNERUS.
How different are the adult children of parents who have same-sex relationships? Findings from the New Family Structures Study.
Social Science Research, 41, 752-770, 2012.

The New Family Structures Study (NFSS) is a social-science data-collection project that fielded a survey to a large, random sample of American young adults (ages 18-39) who were raised in different types of family arrangements. In this debut article of the NFSS, I compare how the young-adult children of a parent who has had a same-sex romantic relationship fare on 40 different social, emotional, and relational outcome variables when compared with six other family-of-origin types. The results reveal numerous, consistent differences, especially between the children of women who have had a lesbian relationship and those with still-married (heterosexual) biological parents. The results are typically robust in multivariate contexts as well, suggesting far greater diversity in lesbian-parent household experiences than convenience-sample studies of lesbian families have revealed. The NFSS proves to be an illuminating, versatile dataset that can assist family scholars in understanding the long reach of family structure and transitions.


Mark REGNERUS.
Parental same-sex relationships, family instability, and subsequent life outcomes for adult children: Answering critics of the new family structures study with additional analyses.
Social Science Research, 41, 1367-1377, 2012.

The New Family Structures Study (NFSS) is a social-science data-collection project that fielded a survey to a large, random sample of American young adults (ages 18-39) who were raised in different types of family arrangements. In this debut article of the NFSS, I compare how the young-adult children of a parent who has had a same-sex romantic relationship fare on 40 different social, emotional, and relational outcome variables when compared with six other family-of-origin types. The results reveal numerous, consistent differences, especially between the children of women who have had a lesbian relationship and those with still-married (heterosexual) biological parents. The results are typically robust in multivariate contexts as well, suggesting far greater diversity in lesbian-parent household experiences than convenience-sample studies of lesbian families have revealed. The NFSS proves to be an illuminating, versatile dataset that can assist family scholars in understanding the long reach of family structure and transitions.


W.R. SCHUMM. (Défense vigoureuse des travaux de REGNERUS contre les critiques.)
Methodological decisions and the evaluation of possible effects of different family structures on children: The new family structures survey (NFSS).
Soc Sci Res. 2012 Nov;41(6):1357-66.

Every social science researcher must make a number of methodological decisions when planning and implementing research projects. Each such decision carries with it both advantages and limitations. The decisions faced and made by Regnerus (2012) are discussed here in the wider context of social science literature regarding same-sex parenting. Even though the apparent outcomes of Regnerus's study were unpopular, the methodological decisions he made in the design and implementation of the New Family Structures Survey were not uncommon among social scientists, including many progressive, gay and lesbian scholars. These decisions and the research they produced deserve considerable and continued discussion, but criticisms of the underlying ethics and professionalism are misplaced because nearly every methodological decision that was made has ample precedents in research published by many other credible and distinguished scholars.
-
Je pense que quand un des "pères" d'une famille homoparentale est capable de mettre dans les mains d'un garçonnet qui a tout l'air d'être son fils une pancarte portant l'inscription : "Bite dans le cul ou pas, on veut l'égalité des droits", le jour de la manifestation  des partsans de la loi, on peut s'interroger.