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mercredi 31 août 2011

Amabilités cacophoniques

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Michel ROCARD est un "grand pourfendeur de l'hypocrisie" dit Dominique de MONTVALON dans un article de France-Soir. En affirmant que DSK était atteint "d'une maladie mentale et avait du mal à maîtriser ses pulsions", l'ancien premier ministre met hardiment et courageusement les pieds dans le plat. Évidemment, il exaspère les éléphants, éléphanteaux et éléphanticules. Mais enfin il exprime quelque chose qui pourrait bien ressembler à la vérité. DSK n'a pas fait l'objet d'un non-lieu, il n'a pas été blanchi par la justice américaine, comme tant d'imbéciles se plaisent à le proclamer aussi bien à la télévision qu'à la radio. Le procureur a simplement abandonné les poursuites, et s'il s'est effectivement passé quelque chose à caractère sexuel - même la défense de DSK admet des gestes inappropriés - nous ne saurons jamais exactement quoi, puisque la victime supposée ne sera jamais confrontée à son agresseur présumé.
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Bien entendu, après avoir tonitrué haut et fort son opinion sur DSK (qui "a du talent" dit-il, ce qu'il est nécessaire de mentionner), ROCARD s'est attiré une volée de bois verts de la part de Laurent FABIUS qui déclare, l'imbécile (au sens de BERNANOS) : "je ne savais pas que ROCARD était un expert médical internationalement reconnu". Car lui, il l'est, ce qui lui permet d'affirmer haut et fort que ROCARD se fourre le doigt dans l'oeil jusqu'à l'omoplate. Il ne comprend donc pas que ROCARD exprime une idée bienveillante et que lui, l'omniscient, le déclare capable d'avoir une relation sexuelle, consentie ou contrainte, avec une femme de chambre, entre la poire et le fromage, ou plus exactement entre deux avions, sans que cela tire à conséquence.
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Jacques LANG déclare avec hauteur : "Je crois que ROCARD a quelques difficultés à maîtriser les siennes, de pulsions." Voilà un travers qui n'encombre pas le parcours de l'ancien ministre de la culture !
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Et puis il y a monsieur PUPPONI, l'actuel maire de SARCELLES, ami et successeur de DSK dans cette fonction. Monsieur PUPPONI ne fait pas dans la dentelle, mais dans la fête foraine. Il s'apprête à faire en sa bonne ville un accueil triomphal au "blanchi" de NEW-YORK qui n'en demandait sans doute pas tant.
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Oublierais-je madame AUBRY ? Que nenni ! Après avoir passé à MARRAKECH un accord pré-électoral avec DSK, celle-ci prend ses distances, et essaye de décoller de son doigt le sparadrap strauss-kahnien. Il lui faut gagner des voix pour rattraper monsieur HOLLANDE qui la distance dans les sondages. Madame MANSOURET lui a peut-être remonté de symboliques bretelles en lui rappelant l'affaire de Tristane, sa fille, et en lui susurrant que François HOLLANDE savait tout. Du coup, pour grappiller quelques voix chez les militantes, madame AUBRY lance à son ex-partenaire le coup de pied de l'âne : "Je pense la même chose que beaucoup de femmes sur l'attitude de Dominique STRAUSS-KAHN vis-à-vis des femmes" (citation de mémoire.)
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Attendons la comparution en justice de monsieur GUERINI, l'actuel Président du Conseil général des Bouches-du-Rhône, pour en savoir un peu plus sur les combines par lui échafaudées, et qui ont probablement permis à Martine AUBRY de devenir Premier Secrétaire du PS, si j'en crois les protestations de Ségolène ROYAL.
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Personnellement, je trouve que ces amabilités, passablement cacophoniques, traduisent et trahissent la vacuité intellectuelle abyssale du programme socialiste. Les deux qui émergent de ce naufrage sont Arnaud MONTEBOURG qui a dénoncé les pratiques de monsieur GUERINI, et surtout Manuel VALLS qui décidément a une approche autrement réaliste des difficultés de notre pays. En voilà deux qu'il faudra suivre.
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Ceci étant, je maintiens que dans un pays riche comme la France, il est scandaleux que 8 millions et quelques de personnes vivent en-dessous du seuil de pauvreté. Il faudra bien, que dis-je ? il faut mettre fin à ce scandale, et pour cela en avoir le courage et la volonté.
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mercredi 10 septembre 2008

Ils ont eu tort de le descendre en plein vol

On se souvient sans doute des coups tordus que le Président MITTERRAND conçut contre Michel ROCARD. Il le détestait. Et il n'avait pas admis que cet honnête homme puisse vouloir se présenter aux élections présidentielles, dont son ego pensait que lui seul, François, pouvait y prétendre. Et pourtant... Michel ROCARD est sans doute l'un des rares socialistes à avoir aujourd'hui une pensée, à regarder en face le réel et à respecter ses adversaires politiques. Il vient de publier dans Le Monde d'hier un article dans lequel il apporte son soutien à Bertrand DELANOE. Bien que je ne partage pas, pour des raisons philosophiques, les options de monsieur ROCARD, j'ai pour lui du respect, et une certaine admiration. Voici un extrait de la déclaration qu'il a faite en compagnie de quelques amis. J'en ai souligné les aspects les plus importants à mes yeux, par des lettres en gras et italiques.
"En 2012, les Français ne choisiront pas le plus habile manœuvrier d'entre nous, mais se détermineront sur le contrat économique et social que nous leur proposerons, et sur l'authenticité de notre comportement.

Il faut, pour cela, qu'un certain nombre de conditions soient réunies, et vite. D'abord, parler vrai. Ne pas cacher la gravité de notre situation économique et sociale, regarder le monde tel qu'il est, de plus en plus dangereux et instable, y compris à nos portes. Prendre conscience de l'immense fracture qui continue d'exister entre ceux qui s'appauvrissent et ceux qui s'enrichissent au sein de chaque nation et entre les nations.

Ne pas, pour des hommes et des femmes de gauche, se voiler la face devant un capitalisme en mutation, en permanente dilatation, de moins en moins industriel, de plus en plus financier. Bref, un capitalisme qui crée les conditions d'une très grave crise économique, écologique et humaine.

Ne pas, non plus, se payer de mots et ignorer l'état dans lequel l'Europe est plongée à la suite des non français et néerlandais puis irlandais. Bref, dire aux Français que ces réalités demandent autre chose que la répétition des recettes d'hier.

Il faut ensuite être cohérents. Si nous croyons que pour peser dans la mondialisation, pour assurer une régulation mondiale, il faut s'arc-bouter sur l'Union européenne, alors, malgré les difficultés, nous devons réaffirmer clairement que l'avenir de la France est indissolublement lié à l'avenir de l'Europe.

Il nous faudra inlassablement et modestement reprendre contact avec tous nos partenaires pour relancer une dynamique européenne, plus proche des réalités des citoyens mais aussi plus ambitieuse en terme de justice, de démocratie et de politiques communes d'avenir.

Si nous souhaitons rappeler notre attachement à un modèle de développement qui assure une croissance régulière, durable, fondée sur l'économie de la connaissance et respectueuse de notre environnement, alors, il nous faudra présenter des options qui ne reculent pas devant les réformes structurelles. Ne pas semer l'illusion qu'on peut distribuer ce qu'on n' a pas produit.

Ne pas cacher que nous devons prendre à bras-le-corps les problèmes de la désindustrialisation, de la maîtrise de nos déficits et proposer les indispensables investissements pour la petite enfance, pour les familles pauvres, pour les étudiants, les chercheurs, les milliers de jeunes oubliés sur la route et nos territoires urbains ou ruraux marginalisés.

C'est donc avec courage qu'il faut prendre parti sur des sujets difficiles, s'engager, notamment, sur la maîtrise de toutes les formes d'énergie non liées aux hydrocarbures y compris le nucléaire, et sur la réforme de l'Etat et des services publics.

Enfin, être fidèle à soi-même. Sur tous ces points, nous avons travaillé au sein du courant Socialisme et démocratie que nous avons cofondé; nous avons régulièrement avancé des propositions, notamment au moment de la candidature de Dominique Strauss-Kahn, dont les grandes orientations intellectuelles sont toujours les nôtres. Nous pensons toujours qu'il est impossible de séparer les propositions et les idées de la démarche à suivre.

C'est la raison pour laquelle nous n'avons pas accepté de nous diluer dans des ensembles indistincts où se gommeraient, comme par miracle, les vrais clivages de fond et de pratique politique. Comment être compris des militants et des Français quand on varie au gré de ses seuls intérêts tactiques ?
Pour reconstruire le PS, nous avons besoin de la présence à sa tête d'une autorité incontestable, qui certes, écoute et débat, mais aussi tranche.
Nous avons besoin d'une seule voix qui porte nos convictions, pas de dix porte-parole qui organisent la cacophonie. Nous avons besoin que se dégage, dès le 23 septembre, lors du conseil national une motion claire et homogène ayant vocation à arriver en tête du vote militant et à constituer le pôle majoritaire. Besoin, simplement, d'une partition et d'un chef d'orchestre.
Pour cela, nous appelons tous ceux qui se sont reconnus dans les idées de Socialisme et démocratie, à apporter, dès maintenant, sans se disperser dans une solution de transition, leur soutien à la démarche entreprise par Bertrand DELANOË."
C'est là le discours d'un homme d'Etat qui allie le souci de prendre en compte le réel à celui de la justice, qui ne plaide pas pour un égalitarisme gros de violence et de rancoeurs, mais se bat simplement pour que les pauvres, les vrais, puissent manger et ne point survivre comme des animaux traqués (et je suis d'accord avec lui sur cet objectif). Les socialistes mitterrandiens ont eu tort de flinguer en plein vol Michel ROCARD. Ils seraient encore au pouvoir, s'il lui avait reconnu ces qualités. Mais monsieur ROCARD était honnête, naïf dans le bon sens du terme ; il ne clapotait pas dans les marigots des motions, courants, conciliabules et autres luttes éléphantesques. Il avait dit la vérité. Ils l'ont exécuté.

jeudi 6 mars 2008

Un bel article de Michel Rocard

Le Monde a publié dans son numéro d'hier, un très bel article de Michel ROCARD. Intitulé "Tous derrière Laurence PARISOT", il dit des choses essentielles sur le rapport de la morale, de la politique et de l'économique. (L'article m'a été envoyé par ce proche, fidèle et attentif lecteur de mes billets.) Le voici dans son intégralité :
"Point de vue
Tous derrière Laurence Parisot !

Le 28 mai 1890, Jean Jaurès publiait dans La Dépêche du Midi un superbe éditorial qu'il titrait "Patrons français, soyez fiers de l'être". Dans cet hymne à tous ceux qui exercent la difficile fonction de direction dans l'art de produire, il dit à la fois son admiration et son intelligence profonde de leurs risques, de leurs difficultés et de leurs peines. Il fixait en même temps, on l'a trop oublié, la ligne générale de la social-démocratie internationale dès lors que celle-ci a abandonné l'idée de remplacer le capitalisme et sa brutalité mais aussi l'économie de marché par l'administration centralisée de l'économie plus ou moins appuyée sur l'appropriation collective des moyens de production et d'échange.

Assurant la liberté d'entreprendre, de produire et de commercer, l'économie de marché est à la fois le point d'ancrage et la garantie de la liberté tout court dans notre civilisation. Elle est vieille de plus de trois mille ans. Vieux, lui, d'à peine plus de deux cents ans, le capitalisme y a ajouté – par la machine et l'épargne collectivement utilisée – un système de production de masse inouï dont on n'a jamais inventé ni l'équivalent ni le substitut.

Dès la fondation du capitalisme, nombreux furent ceux qui remarquèrent qu'il avait d'autant plus besoin d'éthique qu'il avait moins besoin de règles. Les créateurs de la théorie économique qui l'encadrait étaient presque tous des moralistes : Adam Smith, David Ricardo, François Quesnay… Et l'un des plus rudes patrons industriels de la première moitié du XXe siècle, Henry Ford, estimait que la capacité du capitalisme à éviter les règles étatiques paralysantes était directement liée à sa capacité de s'imposer une éthique exigeante. Notamment, par exemple, le principe qu'un patron ne saurait se payer plus de quarante fois le salaire moyen de ses salariés. Cette règle fut respectée jusque vers les années 1990.

Il est utile de se souvenir de tout cela quand explose en France le scandale de l'UIMM, aggravé du scandale de l'indemnité de départ de Denis Gautier-Sauvagnac – vingt-six fois le salaire annuel d'un agrégé de l'université – et compliqué du refus de la fédération patronale de la métallurgie d'accepter la remise en ordre exigée par la présidente du Medef, Laurence Parisot. Cette très efficace et droite présidente de PME a bien compris que l'affaire était essentielle. A l'évidence, il y a du souci à se faire si le système devient illégitime et inacceptable. Mais il y a beaucoup plus. Cet incident survient à un moment où tous les pronostics de croissance économique sont révisés à la baisse, où une crise bancaire et financière fait rage, bref où il semble que nous entrions dans une récession mondiale.

L'ouverture de la crise se fait dans le secteur des prêts hypothécaires américains. Elle est le résultat d'une technique bancaire nouvelle consistant à prêter massivement de quoi devenir propriétaire de son logement à toute une population aux revenus moyens ou faibles, sans se soucier des possibilités de remboursement. L'espoir du gain pour les prêteurs n'est plus fondé sur le paiement des loyers, mais sur la valeur des maisons que l'on expropriera et revendra autant que nécessaire. Un million trois cent mille Américains ont été ainsi expropriés ces deux dernières années et trois millions d'autres sont menacés. L'effondrement du système traduit la résistance sociale à cette situation. La rapacité bancaire s'est là débarrassée de tout scrupule découlant du fait que ses victimes étaient des êtres humains. La cause majeure de la crise est clairement l'immoralité.

Deuxième élément. Les détenteurs de ces créances douteuses savaient fort bien que les titres dont ils s'étaient ainsi rendus propriétaires étaient frelatés. Plutôt que d'analyser, de provisionner et de soumettre le tout aux régulateurs nationaux ou aux agences de notation, ils ont préféré mélanger ces titres avec d'autres, moins incertains, pour revendre dans le monde entier de tels paquets de crédits, dont le mélange avec des crédits dérivés assurait l'opacité totale. C'est une deuxième immoralité massive, également liée à l'esprit de lucre. Et c'est ainsi que toutes les grandes banques de la planète ont vu leurs bilans infestés de créances incertaines dont le montant est imprévisible : on parle de centaines de milliards de dollars. Les banques se sont mises à se méfier les unes des autres, et donc ne se prêtent plus, ce qui est le mécanisme même de l'aggravation de la crise financière en même temps que de sa transmission à l'économie physique, réelle. Ainsi nous acheminons-nous vers une récession aux proportions incalculables.

Troisième élément. Tout cela n'aurait peut-être qu'une gravité limitée à la seule sphère financière si au même moment nous ne rencontrions pas les prodromes d'une crise économique. De 1945 à 1975, le capitalisme reconstruit d'après-guerre, parce que sérieusement régulé, a connu dans le monde développé une croissance régulière et rapide (5% par an), une absence complète de crises financières internationales et surtout le plein-emploi partout.
Depuis les années 1990, la croissance est molle, inférieure de plus de moitié aux scores de l'ère précédente, les crises financières régionales ou mondiales se multiplient, et le quart de toutes nos populations sont soit au chômage, soit en travail précaire, soit encore exclues du marché du travail et tout simplement pauvres.
La principale cause de ce drame planétaire est le réveil de l'actionnariat. Celui-ci, plutôt maltraité de 1945 à 1975, s'est réveillé et puissamment organisé en fonds de pension, fonds d'investissements et fonds d'arbitrage ou hedge funds. Il a pris souvent le pouvoir et toujours de fortes minorités dans toutes les grandes entreprises de la planète. Il a partout pressuré les revenus du travail pour assurer de meilleurs dividendes. En trente ans, la part des revenus directs et indirects du travail a perdu près de 10% dans le partage du PIB dans tous les pays développés au bénéfice du profit et non de l'impôt.
La stagnation des salaires réels, l'externalisation des tâches vers des PME sans syndicats et soumises à l'aléa des renouvellements de contrats, la multiplication des contrats précaires et bien sûr la multiplication des OPA, moyens de soumettre les directions à l'obligation de mettre en œuvre ces pratiques, sont les diverses formes de diffusion de ces politiques. La baisse des revenus salariaux dans le PIB est celle des revenus les plus disponibles pour la consommation, qui, faute de moteur, devient faible. C'est l'essentiel de nos classes moyennes supérieures, qui, via les placements boursiers, a mis ses espoirs dans le gain en capital et non plus dans le résultat du travail. Nouvelle immoralité.

Quatrième élément. Les générations d'aujourd'hui deviennent âpres au gain. On a appris il y a deux ans comment les grandes banques ne peuvent actuellement éviter de surpayer leurs traders : ils s'en vont en Asie. Jérôme Kerviel a même démontré comment on pouvait être désintéressé pour soi-même en servant, jusque dans la démesure, un système fou d'accaparement. Les indignités cumulées d'un Antoine Zacharias [ancien PDG de Vinci qui a perçu 13 millions d'indemnités] ou d'un Noël Forgeard [ex-président d'EADS parti avec une prime de 8,5 millions d'euros], ou celles de l'UIMM sont presque peu de chose comparées à ce qui se passe ailleurs. Siemens, Volkswagen et la Bundespost sont confondues de corruption ou de fraude fiscale. Le nombre de sociétés en délicatesse avec la justice pour cause de trucages comptables, de délits d'initiés ou d'abus variés devient inquiétant. Nombre d'entre elles sont poussées à ces délits par leurs propres cadres.

Pour moi, la cause est entendue : le capitalisme sombre sous l'immoralité. Nous sommes en train de découvrir qu'il risque techniquement d'y succomber. Tel est le contexte de l'affaire de l'UIMM. Ne sourions pas de ce combat sans merci interne à une catégorie de gens à laquelle nous n'appartenons pas : les riches. Le problème est que leur voracité menace le système lui-même dans lequel nous vivons. Le combat de Mme Parisot nous concerne donc tous : il ne s'agit pas seulement de redonner sa dignité à un système qui en a bien besoin, mais surtout de lui permettre de revenir à un fonctionnement efficace et régulier. Nous avons choisi la libre entreprise. Elle exige de bons patrons, respectables et intègres. Sans éthique forte, il n'y a plus de capitalisme. Il va probablement devenir nécessaire que la règle publique y pourvoie."

Vous noterez que Michel ROCARD est un des rares hommes politiques à parler de morale, et d'éthique. C'est un de mes dada. Il cite JAURES. C'est un des rares socialistes qui soient aussi un humaniste et accorde à la Parole autant de poids qu'aux chiffres. J'en ai déjà parlé dans les billets. Il condamne le goût du lucre. N'ai-je pas dit et redit combien cet appétit de l'argent caractérise notre siècle ? Je me demande comment MM MESSIER avant-hier, FORGEARD hier, et GAUTIER-SAUVAGNAC aujourd'hui peuvent se regarder dans une glace sans rougir. Quel est le service rendu à la Société qui mérite de telles indemnités ? En vérité, nous sommes dans une démesure telle que nous en avons le vertige. Et si la loi est obligée de suppléer au manque de morale, c'est parce que, dans notre pays tout particulièrement, on en abandonné l'enseignement sous la pression des contempteurs de "l'ordre moral", et de la liberté à tout crin. Mais il faut un peu de cohérence à ces messieurs-dames. Si en matière de moeurs et de comportement, tout est permis, pourquoi tout ne serait-il pas permis en matière d'économie ?