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mercredi 24 août 2016

24 août 2016. Nouvelles de la Résistance. Hiérarchie des normes, Mozi, Kelsen et loi El-Khomri.

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Ce n’est pas l’ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c’est la lâcheté !
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"MOZI a dit : Aux débuts de la vie humaine, quand il n’y avait encore ni loi ni gouvernement, la coutume était « à chacun selon son idée ». De ce fait, chaque homme avait sa propre idée, deux hommes avaient deux idées différentes et dix hommes avaient dix idées différentes : autant d’homme, autant d’idées. Comme tout le monde approuvait son propre point de vue et désapprouvaient les points de vue des autres, des désaccords mutuels apparurent parmi les hommes. En conséquence, le père et le fils, le fils aîné et ses cadets devinrent ennemis et étrangers les uns aux autres, puisque ils étaient incapables de se mettre d’accord. Chacun travaillait à faire du tort à l’autre par l’eau, le feu et le poison. On n’employait pas à s’entraider l’énergie en surplus ; on laissait les denrées en surplus pourrir au lieu de les partager ; on gardait secrets d’excellents daos au lieu de les transmettre. Le désordre du monde était comparable à celui qui règne parmi les oiseaux et les bêtes. Et tout ce désordre était dû à l’absence de souverain."
[…]
"Ensuite, comment établit-on l’ordre dans l’empire ? L’ordre régnait dans l’empire parce que l’empereur avait pu unifier les normes dans l’empire. Si cependant tout le peuple s’identifie au fils du Ciel et non au Ciel même, la forêt vierge n’est pas défrichée, les ouragans et les déluges qui s’abattent fréquemment ne sont que le châtiment du Ciel contre le peuple quand il n’aligne pas ses normes sur la volonté du Ciel."

子墨子言曰:「古者民始生,未有刑政之時,蓋其語『人異義』。是以一人則一義,二人則二義,十人則十義,其人茲眾,其所謂義者亦茲眾。是以人是其義,以非人之義,故文相非也。是以內者父子兄弟作怨惡,離散不能相和合。天下之百姓,皆以水火毒藥相虧害,至有餘力不能以相勞,腐臭1餘財不以相分,隱匿良道不以相教,天下之亂,若禽獸然。
夫明虖天下之所以亂者,生於無政長。
察天下之所以治者何也?天子唯能壹同天下之義,是以天下
治也。
[…]
天下之百姓皆上同於天子,而不上同於天,則菑猶未去也。今若天飄風苦雨,溱溱而至者,此天之所以罰百姓之不上同於天者也。」
In
MOZI, Livre III, L’identification au supérieur.
Le texte chinois est tiré du Chinese Text Project.
La traduction est celle du texte anglais établi depuis le chinois par Yi-Pao Mei, par Pierre de LAUBIER.
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2. COMMENTAIRES.
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Je vous demande de lire intégralement ces commentaires. Il me semble qu’ils sont au cœur du débat politique actuel.

Mes lecteurs pardonneront, je l’espère, le recours fréquent que je fais à MOZI, certainement un très grand penseur de la Chine antique, peut-être même le plus grand. Fervent défenseur de L’Amour universel, il s’est opposé aux confucianistes, notamment dans des dialogues (sans doute imaginaires) qu’il aurait eus avec MENCIUS. Il n’a pas eu dans la vie politique chinoise l’importance de CONFUCIUS, sans doute parce que les Lettrés trouvaient dans l’immanentisme de ce dernier, des motifs suffisants pour établir leur puissance et défendre leurs intérêts.
Dans ce texte, MOZI établit une hiérarchie des normes. Les oppositions des syndicats à la loi dite El-Khomri trouvent justement leurs fondements dans la théorie de la hiérarchie des normes que ladite loi inverserait en mettant l’entreprise (employeur plus employés) au-dessus des syndicats (responsables syndicaux plus employés). Je n’ai pas détaillé la hiérarchie qu’établit MOZI ; je ne ferai que la résumer : chef de village, chef de district, seigneur féodal, empereur, et CIEL, chacun édictant des normes emboîtées dans celles de leur supérieur.)
En soumettant l’empereur et le peuple aux normes établies par le Ciel, MOZI se place résolument du côté de la transcendance. Il indique clairement que les châtiments (déluges, ouragans) expriment le courroux du Ciel vis-à-vis d’un peuple qui ne soumet pas à ses règles. C’est, du reste, ce que les prophètes d’ISRAËL ne cesseront de dire au peuple israélite, infidèle aux alliances successives que Dieu a passées avec lui. Sans utiliser le concept de Loi naturelle, MOZI, très clairement y fait référence. Les prophètes d’ISRAËL, eux, ne cessaient de la rappeler au peuple et aux rois ; en évoquant MOÏSE et l’alliance mosaïque et en filigrane, c’est bien au Décalogue qu’ils faisaient allusion.
Revenons à la hiérarchie des normes bousculées par la loi El-Khomri. En premier lieu, on doit reconnaître que cette hiérarchie existe en fait et droit dans notre espace politique. La difficulté tient au fait que la hiérarchie des normes dans la « démocratie » française est dépourvue de TOUS FONDEMENTS. Elle ne trouve sa légitimité que dans la Constitution qui en est la norme suprême. Or, et nous l’avons vécu, une constitution se change, et par conséquent la hiérarchie des normes qu’elle implique peut être bouleversée. En réalité, les partisans d’une nouvelle République veulent changer la hiérarchie des normes. Je ne sais pas s’ils en sont conscients, mais j’affirme qu’un changement de constitution aurait cet effet.
Le théoricien de la hiérarchie des normes dans le droit est KELSEN qui énonçait dans sa Théorie pure du droit, la seule valeur du droit positif, et niait par conséquent que le droit puisse s’enraciner dans la loi naturelle. Il émigra aux Etats-Unis car il était juif, mais il n’hésita pas à affirmer que les lois antisémites de HITLER n’étaient pas dépourvues d’une certaine juridicité. La raison fondamentale qui oppose les Socialistes, les hommes de gauche et certains chrétiens qui se réclament de cette mouvance, aux manifestants contre la Loi TAUBIRA et ses annexes réside dans cette différence : en France, la loi est dépourvue de TOUS FONDEMENTS autres que politiques. L’instauration d’une laïcité pure et dure n’avait du reste d’autre dessein que de servir les intérêts, les buts, l’idéologie d’un courant de pensée auto-institué en maître de la morale publique. Il y a là une grande analogie entre le statut des Lettrés chinois et des dignitaires des Loges maçonniques. S’il était possible de débattre sereinement et PUBLIQUEMENT avec ce courant de pensée qui se veut secret, la démocratie aurait fait un grand pas. Mais ce n’est pas le cas.
Cela, nombre de Français ne peuvent plus l’accepter.





mardi 23 août 2016

23 août 2016. Nouvelles de la Résistance. Pépère devrait lire Arthur !

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Ce n’est pas l’ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c’est la lâcheté.
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"[…]. Nulle part plus qu’en morale, la nécessité d’une explication métaphysique n’est pressante : car il est un seul point sur lequel s’accordent tous les systèmes philosophiques ou religieux : c’est que la signification morale des actions enveloppe une signification métaphysique, une signification qui dépasse la région du pur phénomène, qui va plus haut que toute expérience possible, et qui touche de plus près à la question de l’existence de l’univers, à celle de la destinée humaine ; car de degré en degré, quand l’esprit cherche la raison de toute existence, il s’élève à ce sommet suprême : le bien moral. […]."
In
Arthur SCHOPENHAUER.
Le fondement de la morale. Traduction d’Auguste BURDEAU. Introduction et notes d’Alain ROGER. ("Les Classiques de la Philosophie ")
Le livre de poche, N°4612,
Librairie Générale Française, Paris, Édition 08, 2014 (date du dépôt légal de la présente édition),  p. 222.
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2. COMMENTAIRES
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C’est à dessein que j’ai choisi la citation d’un philosophe qui ne passe pas pour être un fervent adepte du christianisme. Il admirait le bouddhisme, lui trouvait des analogies avec la théologie des mystiques rhénans, et, en quelque sorte, surplombait ces doctrines en les considérant du seul point de vue philosophique, sans jamais prendre en compte l’émergence historique des religions qui les portent et qui pourtant sont des éléments indispensables pour en estimer la valeur. (pour autant que je le sache, car je n’ai lu de cet auteur que l’ouvrage cité en référence et un autre petit livre gorgé de pessimisme : L’art de se connaître soi-même eis heautón. Traduction de l’allemand de Laurent FEREC. Préface et notes de Franco VOLPI. Rivages poche/Petite Bibliothèque. No 830. [Éditions] Payot et Rivages, Paris, 2015).
Ce qui me paraît important dans cette opinion, c’est que la raison permet d’accéder à une vérité qui est accessible à tous : la morale dépasse la région du pur phénomène, elle touche au plus près la question de l’existence de l’univers. Ce dernier point est pour moi capital. Il ne s'agit pas du salut du socialisme agonisant, de la République corrompue, d'une France exsangue à force d'être saignée, mais du salut de l'UNIVERS.
On ne saurait reprocher à pépère son manque de culture, ou son absence de réflexion philosophique. Mais il y a, dans son entourage, des gens qui pensent. Je me demande, notamment, comment les hauts responsables des Loges maçonniques reçoivent ou ont reçu le travail de SCHOPENHAUER sur les fondements OBJECTIFS de la morale.
En réalité, dans le relativisme total et gluant de la pensée contemporaine, la question de la morale est complètement évacuée. Elle est remplacée par celle de l’auto-construction des individus (je ne parle pas des personnes, mais bien des individus), par la légitimité absolue de toutes les opinions en matière de mœurs et de morale, tant qu’elles demeurent émises dans la sphère privée, mais par la contrainte la plus tyrannique du droit positif, quand un comportement a reçu la sanction de l’approbation d’une majorité : c’est ainsi que l’on marie des gens de même sexe, que l’on légitime la GPA ou d’autres pratiques technologiques, et que l’on interdit l’objection de conscience aux maires qui refuseraient de « marier » deux hommes ou deux femmes.
Mais pépère cherche des voix en vue d’une très improbable réélection. Il dit oui à toutes les opinions, ne tranche pas (en apparence), et, en catimini, s’arrange pour donner satisfaction à diverses minorités susceptibles de lui apporter leurs suffrages : appellerait-il cette quête, "recherche du bien commun " ?
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3. INFORMATIONS DIVERSES.
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Voir cette vidéo publiée sur le site du Boulevard Voltaire :