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samedi 29 juin 2013

Nouvelles de la Résistance, premier billet du 29 juin 2013

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Voici dans son intégralité, le discours prononcé par Madeleine à STRASBOURG. Ce texte est tout simplement admirable de clarté, de force et de vérité. Axel nous l'a lu à la fameuse veillée du 26 juin, Place de la République. Si vous n'y étiez pas, et même si vous y étiez, pénétrez-vous de ces paroles. La qualité littéraire est exceptionnelle et son auteur fait preuve d'une maîtrise d'elle-même que bien des adultes peuvent lui envier. Donc voici le texte. Malheureusement, les photos qui l'accompagnent n'ont pu être incluses.
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"Dans la nuit du 14 au 15 avril dernier, alors que le projet de loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples de même sexe allait être adopté par le pouvoir législatif en France, au terme d’un processus parlementaire accéléré,67 jeunes opposés au mariage homosexuel décidèrent de camper pacifiquement et sans bruit devant l’Assemblée nationale. La chose n’était pas inédite : entre autres exemples, des enfants de harkis avaient déjà choisi de camper sur ce lieu, en 2009, pendant 7 mois, pour attirer l’attention des pouvoirs publics sur leur condition, sans être ni inquiétés ni délogés.
Mais les 67 jeunes opposants n’eurent pas droit au même traitement de faveur. Vers 1h du matin, ils furent soudainement et violemment embarqués par les forces de police, puis retenus en garde à vue pendant plus de dix-huit heures dans des conditions extrêmement pénibles, pour ne pas dire déplorables.
Face à une telle disproportion des méthodes répressives, face à un pouvoir qui révélait de plus en plus manifestement son vrai visage, et cherchait la division et l’affrontement quand il aurait fallu favoriser l’apaisement, nous avons réfléchi toute la nuit au moyen de réagir. Fallait-il se soulever et se radicaliser ? Le choix d’une action violente semblait désormais nécessaire pour se faire entendre d’un gouvernement qui enchaînait provocation sur provocation, traitant avec le plus grand mépris plusieurs centaines de milliers de Français légitimement inquiets de leur avenir, de celui de leurs enfants et de leur pays.
Mais au fil de la nuit, nous avons compris que la violence ne mènerait à rien, et qu’on ne pouvait s’ériger en défenseurs de la dignité humaine sans être en même temps garant de la paix sociale. Nous avons compris que la violence première se trouvait du côté d’une loi qui priverait bientôt les enfants d’un père ou d’une mère. Nous avons compris que notre colère, si légitime et si noble fût-elle, pouvait tout aussi bien s’exprimer de manière pacifique. Nous avons compris enfin que nous ne pourrions désarmer ces violences policières qu’en étant nous-mêmes non-violents.
 
Il n’y eut donc pas de concept ou de système préalable à la mise en place des Veilleurs. Non. Il n’y eut qu’une simple intuition, un sursaut naturel de la conscience, ce même sursaut qui conduisit Antigone à enterrer son frère Polynice contre les ordres de Créon. Convaincus de la gravité des évolutions en cours, nous ne pouvons nous empêcher de prendre pour modèles ces grandes voix prophétiques du XXème siècle qui, de Sophie Scholl à Jerzy Popieluszko, de Winston Churchill à Vaclav Havel, se sont courageusement levés pour réveiller une humanité en danger de mort.

Alors, la nuit qui suivit les 67 gardes à vue, nous nous sommes assis sur une pelouse devant les Invalides, avec des bougies, pour veiller sur le respect des personnes. Pour rester vigilants, tandis que les consciences de nos concitoyens s’étaient endormies dans une mortelle indifférence.
Nous sommes aussi venus avec quelques textes de littérature que nous aimons, parce que nous avons eu l’intuition très forte qu’outre la non-violence, la culture serait l’arme la plus juste contre un pouvoir qui, par cette loi, rompait avec des siècles voire des millénaires de sagesse humaine.
Oui, l’adoption de cette loi est la conséquence d’une véritable démission de la pensée. Estimant à la suite d’Hannah Arendt que les pires drames de l’Histoire se sont produits parce que les hommes ont cessé de penser, nous avons choisi de réveiller les voix des grands penseurs dont nous relisons les écrits, soir après soir.

Cinquante lors de la première veillée, nous avons vu notre nombre multiplié par dix au bout de cinq jours seulement. Voilà maintenant douze semaines que nous nous rassemblons, dans le calme le plus absolu. Le mouvement, parti de Paris, a rapidement embrasé toute la France. Les villes de Province ont en effet mis en place leurs propres veillées, de manière spontanée et autonome, sans recevoir de directives de Paris. Les Veilleurs sont désormais présents dans plus de 150 villes en France, et dans une douzaine de pays à l’étranger. Cet embrasement révèle, en France, et bien au-delà, l’existence d’une réelle soif : la soif de reconstruire le sens de l’homme et de sa dignité face à des idéologies qui le menacent. La soif de retisser le lien social d’une société pulvérisée par plusieurs siècle d’individualisme, un individualisme grossissant qui laisse la personne radicalement seule et démunie, notamment en ces temps de crise, et qui détruit les moindres aspirations de l’homme en le réduisant à ses désirs immédiats, afin de le circonscrire dans une vision à court terme, sans souci des générations qui pourront venir après lui, et sans gratitude pour celles qui l’ont fait naître.
Dimanche dernier, à Paris, plus d’un millier de personnes se sont rassemblées devant les Invalides. Nous choisissons généralement de faire nos veillées en un lieu de mémoire ou de pouvoir, en lien avec le thème que nous abordons lors de nos veillées. Celles-ci sont ponctuées de lectures de textes, de discours d’intervenants (psychiatres, légistes, personnalités politiques, artistiques ou religieuses, pères ou mères de familles, enfants adoptés, personnes homosexuelles, etc). Les Veilleurs restent assis en silence : ils applaudissent à la manière des personnes malentendantes, pour ne pas troubler le calme de la nuit, et manifester ainsi leur non-violence absolue et leur respect pour la parole d’autrui. Ce silence est interrompu par des chants que nous reprenons en cœur, notamment le chant de l’Espérance et le chant des Partisans.
Nos rassemblements sont non confessionnels et non-partisans : ils entendent être ouverts à toutes les personnes, quelles que soient leurs opinions politiques et leurs convictions religieuses, car la défense de la dignité humaine est un combat qui dépasse toutes sortes de clivages, et qui doit pouvoir rassembler les citoyens dans un même réveil des consciences.

Nos veillées sont la plupart du temps suivies d’une marche dans Paris vers un lieu symbolique. Nous sommes alors rapidement encerclés par les forces de police, et souvent soumis à des sommations. Chaque veilleur est libre de rester ou de partir. Nous demeurons sur place jusqu’au temps que nous avons fixé, sans obéir aux sommations :  par cette modeste transgression, nous posons un acte de désobéissance civile destiné à manifester notre résistance et l’irrépressible liberté de la marche de nos consciences. Malgré les sommations nombreuses que nous avons pu recevoir, les quelques interpellations et les intimidations que les animateurs ont pu subir, aucun veilleur n’a jamais été emmené en garde à vue, ce qui est assez surprenant dans un contexte où les opposants au mariage homosexuel sont arrêtés à tout va.
Comment expliquer cette relative tolérance à notre égard ? Nous avons pu constater à quel point les forces de l’ordre étaient embarrassées et divisées face à nous. Il est en effet très délicat d’embarquer des personnes qui n’entravent pas la circulation, ne font pas de bruit, récitent des poésies et proclament, à la suite de Dostoïevski, que « la beauté sauvera le monde ». Apparemment inoffensive, cette révolution intérieure, culturelle et spirituelle que nous avons lancée est bien plus subversive qu’il n’y paraît. Elle contamine notamment les forces de l’ordre qui nous entourent. Un veilleur a pu discuter avec l’un d’eux dimanche dernier, et le policier lui a confié : « Nous sommes entre 80 et 90% à être de votre côté. Nous sommes de plus en plus écoeurés par les ordres très sévères que nous recevons contre les opposants au mariage homosexuel, alors même qu’on nous a demandé, lors de la manifestation des antifascistes, de ne pas intervenir, tandis que nous assistions au cassage du quartier de la Bastille. » Certains CRS rient de bon cœur avec nous, d’autres obéissent aux ordres en nous faisant savoir qu’ils le font à contre-cœur. Lors d’une veillée, nous avons lu un discours du général McArthur sur la jeunesse, et un gendarme, qui connaissait ce discours par cœur, l’a récité en même temps que nous. Oui, cette flamme que nous allumons est contagieuse.

Les Veilleurs entendent donner l’étincelle qui permettra l’embrasement d’un véritable réveil des consciences, par la médiation de la culture, de la pensée et des arts. A chaque veillée, depuis le mois de juin, nous demandons aux personnes présentes de prendre un moment de silence pour penser à l’engagement concret qu’elles pourront prendre, dès le lendemain, chacune selon son charisme propre, pour promouvoir à l’intérieur des associations, quels qu’ils soient, à l’intérieur des syndicats, des partis politiques existants ou des médias, le sens de l’homme que nous défendons. Nous assistons à la naissance d’une génération qui a enfin saisi le sens de la citoyenneté et de l’engagement, et qui est porteuse d’espérance pour l’avenir.
L’Europe, actuellement, a choisi de suivre la voix trompeuse des Sophistes, plutôt que la sage pensée des Philosophes. Oui, l’Europe est en train de perdre son âme dans une illusion démiurgique digne de Protagoras, lorsqu’elle affirme que l’homme est la mesure de toute chose, et qu’il peut à sa guise nier la réalité et vider les mots de leurs sens – je pense notamment au mariage, à la filiation et à l’altérité et la complémentarité sexuelles.
Nous, Veilleurs, refusons de nous laisser fourvoyer par ces sophistes des temps modernes, et répondons à la suite de Socrate que si l’homme est la mesure de toute chose, alors la folie devient la mesure de toute chose. Oui, à la suite de Socrate, nous sommes prêts à obéir à la seule voix de notre conscience, malgré le blâme ou la condamnation publique, par amour pour la Sagesse et pour la Vérité, par amour pour notre Cité et pour l’Homme."
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Retrouvez la précédente intervention vidéo de Grégor Puppinck, Président de l’ECJL, le 06 juin dernier au conseil des droits de l’Homme à Genève.
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lundi 24 juin 2013

Nouvelles de la Résistance ; ma nuit avec les Veilleurs (suite), troisième billet du

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Comme promis ce matin, voici une très (enfin une assez) courte description de la veillée d'hier soir.
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Je suis arrivé à 21 heures 50 avec Antoine. La station de métro Latour-Maubourg était ouverte et il n'y avait aucune force de police sur l'esplanade des Invalides quand nous sommes arrivés près du groupe de Veilleurs. Les participants commençaient à arriver et à se rassembler à l'endroit prévu. Il faisait assez froid, et nous craignions que la pluie ne vienne perturber une soirée tant attendue et ne fasse fuir certains des présents. De fait, quand Madeleine ouvre la veillée, nous sortons nos parapluie car il pleut. L'animatrice nous rassure, la météo affirme qu'il ne pleuvra pas. De fait, la pluie cesse et ne reviendra plus.
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La soirée est consacrée au langage, célébré sous toutes ses formes, romanesque, musicale, poétique, philosophique. Mais d'abord, le responsable des Veilleurs de LILLE vient témoigner. A leur première veillée, ils étaient 40, un bien petit nombre pour une si grande ville. Ils sont conspués par quelques dizaines de jeunes "antifa", ces groupes dont faisaient partie Clément MERIC et qui se sont donné comme vocation de "casser du fasciste", c'est-à-dire de dézinguer tout ce qui ne pense pas comme eux et qu'ils qualifient de ce vocable pour justifier leur violence. De fait, jet de pétards, de préservatifs, de lubrifiants (je n'ose imaginer de quel lubrifiant il s'agit...), des moqueries, des injures, des insultes. Nos veilleurs stoïques ne bougent pas un cil. Le responsable reste imperturbable. A la dernière veillée, il y avait 500 lillois. Ô bienheureuse non violence qui attire à elle les amoureux de la paix civile.
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Un philosophe vient nous parler du langage, de la manière dont les idéologies le détournent, et du statut qui lui est donné par ceux qui pensent que le langage désigne le réel, et par ceux (les nominalistes) qui pensent qu'il n'est que convention et par conséquent incapable de dire quoi que ce soit de ce qui est.  Poème de HUGO, lecture diverses (je reviendrai dans un billet spécifique sur la lecture de quelques pages de monsieur PEILLON ; elle fait froid dans le dos, elle est terrifiante et je me demande si on ne devrait pas appeler ce "ministre" François-Vincent FOUQUIER-PEILLON-SAINT JUST : littéralement effrayant). Témoignage d'un jeune interne en psychiatrie qui vient nous indique le sens exact et légitime du mot "gender", forgé par les spécialistes des troubles psychiques pour désigner un symptôme qui fait que l'on ne paraît, ni ne sent conforme à son sexe biologique. La théorie du gender consiste donc à légitimer auprès de gens à peu-près équilibrés, qu'en vérité il s'agit d'un équilibre métastable maintenu par la pression sociale, familiale, etc. A cet égard, Madeleine nous lira quelques extraits du vocabulaires du gender : je ne saurais vous dire les nouvelles classifications que leurs théoriciens assignent au paraître et au ressenti de l'identité sexuelle, laquelle se donne le droit d'être versatile et de changer au cours de l'existence. C'est risible, tellement c'est pédant, abscons, déconnecté. Elle a eu un entretien avec une responsable des promoteurs de l'enseignement de cette théorie à l'école ; il paraît que les enfants de 6 ans, à qui ils veulent donner des explications non culpabilisantes sur les pratiques sexuelles diverses auxquelles s'adonne l'humanité depuis la nuit des temps, savent parfaitement de ce qu'elles sont. Bref, il n'est pas immoral d'en parler à des enfants de 6-7 ans puisque dit cette responsable, ils sont déjà au courant ! Les parents n'ont qu'à bien se tenir. Non seulement l'état veut tout savoir des citoyens, mais encore il veut s'occuper de l'éducation sexuelle et de l'intimité du sexe de nos enfants. De quoi je me mêle. Je préférerais qu'il trouve du travail à leurs parents.
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Très belle intervention de Philippe ARINHO, dont j'ai déjà parlé ici même, un homosexuel converti à la personne de JESUS, dont les travaux ont soulevé l'ire de l'une de mes anciennes lectrices, Elisseievna, laquelle, depuis que la loi qui lui tenait tant à coeur est promulguée, ne semble plus guère s'intéresser à ce que je dis... Elle a tort, Elliseievna, elle a tort ! Philippe nous indique que les opposants à la loi TAUBIRA ont été pris pour des hétérosexuels et des homophobes, et que cette accusation idiote a passé sous silence la radicale différence des sexes. Il n'y a pas d'homo ou d'hétéro : il y a des hommes, et des femme. Je dois dire que personnellement je bémoliserais l'accusation "hétérosexuels" et je m'en suis expliqué dans un billet assez récent. Lecture d'un long passage d'ORWELL sur la novlangue, plusieurs airs de biniou joués par un jeune breton (enfin je le suppose breton) ; le dernier est celui de l'hymne des Veilleurs repris par la petite foule. Pour ne pas sombrer dans le pathos, je ne dirai rien de plus de ces moments où nous l'avons chanté. Intervention de la responsable des Veilleurs de MARSEILLE, émue d'avoir à parler devant tant de personnes. Soutenons son action. Suscitons des vocations de Veilleurs chez nos amis marseillais, si nous en avons. Chant de la paix en hébreu moderne : quelle beauté, quelle tension vers ce bien suprême auquel, nous le savons, aspirent les habitants de l'antique terre qui a vu passer tant de peuples, de conquérants, des habitants recrus d'appréhension, des deux côtés du mur de haine édifié par des décennies d'incompréhension, de guerres, d'attentats, de spoliation, de colonisation injuste. Superbe intervention de KAMEL, un porte-parole de la Manif pour tous qui, en tant que musulman, vient célébrer une France qu'il sent, perçoit et veut catholique, un KAMEL qui célèbre sa patrie, la France, avec une ferveur que nous devrions lui envier et qui nous appelle avec humour les Gaulois de l'Europe !
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Les CRS ont pris position peu avant minuit, et forment le cordon dont j'ai parlé dans mon premier billet de ce matin. Deux très bons acteurs jouent devant nous une scène de l'Alouette d'ANOUIHL, celle dans laquelle, devant Lord WARWICK, elle revient sur son abjuration et demande qu'on lui restitue ses habits d'homme, car elle a été appelée par "monseigneur saint Michel et mesdames sainte Catherine et sainte Marguerite" à chevaucher pour sauver sa patrie. Cette scène n'a pas été choisi au hasard. Jeanne y montre sa féminité, une féminité virginale à laquelle elle tient par fidélité à ce qu'elle désigne sa mission (bien que le mot ne figure pas dans la scène en question). Et puis vient cet incroyable surgissement de notre petite foule, cette marche résolue et calme vers les CRS. Jamais je n'oublierai ce moment, l'un des plus forts témoignages qu'il m'ait été donné de vivre au cours de mon existence. J'ai sans doute oublié des détails, oublié de citer des intervenants. Qu'ils me pardonnent s'ils me lisent, mais une attention, fût-elle soutenue, peut être perturbée par l'émotion toute nue qui étreint le cœur, fait lever l'espérance, et commence à transformer la société (avec un petit nombre de personnes, mais de personnes décidées, des jeunes gens et des jeunes filles bien dans leurs baskets, pleins de vie, d'humour, de résolution , modernes au bon sens du terme, maître d'eux-mêmes). Ainsi est en train de naître en Europe, conformément au génie de notre patrie, lequel imprègne aussi bien AXEL que KAMEL, MADELEINE qu'AQUILA, une force inédite. Je prie le Seigneur auquel je crois de m'accorder encore suffisamment d'années pour voir mûrir un fruit dont nous ne connaissons encore ni la couleur, ni la taille ni le goût ; nous ne sommes pas dans l'immédiateté, mais dans un mouvement de transformation intérieure personnelle, dépourvu de tout souci d'efficacité immédiate et visible.

La République des veilleurs (troisième partie), second et très long billet du 24 juin 2013

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Voici la troisième et dernière partie de l'essai d'Henri HUDE.
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3ème Partie

L’intuition d’une future civilisation humaniste.

 
Au naufrage de la Gauche comme principe spirituel, ne succède pas le néant qu’on pouvait craindre, mais une espérance de liberté substantielle et de renaissance, dont les Veilleurs sont le symbole.
 
L’histoire occidentale se laisse interpréter classiquement comme une dialectique de libération. On excusera la rapidité du survol qui suit, et qui fournit un recul indispensable, bien que sommaire. La raison hellénique, le droit romain, la foi et la religion chrétiennes ont successivement assumé la charge de cette libération. A partir de la fin du Moyen-Âge, le christianisme, qui avait été jusque-là reçu en libérateur a commencé à être rejeté comme un facteur d’oppression. La civilisation européenne s’est même organisée de plus en plus nettement autour de tel ou tel humanisme athée. Les chrétiens pouvaient sans doute démontrer qu’un humanisme sans Dieu devenait un humanisme contre l’Homme. Toutefois, cet argumentaire n’a pas réussi à persuader. Au contraire, même le libéralisme est devenu idéologique et de plus en plus libertaire. Il s'est mis à s’imposer de manière totalitaire. Il pouvait sembler viable, parce qu’il parasitait, pour ainsi dire, à la fois la culture et la civilisation chrétiennes, la culture et les institutions des grandes Lumières (kantiennes).
 
Mais le temps est venu, et nous y sommes, où le parasite lui-même ne peut plus vivre, tant il a affaibli l’organisme parasité. Les idéologies ne sont pas des cultures authentiques, suffisantes et capables de produire de l’éthique et de l’espérance. Elles sont  des parasites de cultures substantielles qu’elles travaillent à détruire et sans lesquelles elles ne pourraient prétendre exister.
 
Cependant, à la différence de ce qui se produit en général dans la nature, l’atteinte de ce point d’épuisement correspond dans l’esprit, à un prodigieux retournement dialectique.
 
Dialectiquement, la liberté se redéfinit désormais dans la conscience commune comme la négation de cette liberté nihiliste qui s’est réduite à l’arbitraire et à la volonté de puissance. Confrontée à l’évidence de la transgressivité cynique et ténébreuse, la nouvelle liberté sait qu’il n’y a pas de convergence naturelle des égoïsmes et que la concurrence bien réglée de ces égoïsmes ne saurait assurer ni la paix perpétuelle, ni la prospérité, ni la liberté maximale, en somme le plus grand bonheur du plus grand nombre et la Démocratie.
 
L’esprit revient ainsi au point de bifurcation, où la liberté a cru bon de se séparer du christianisme, et réciproquement. Il fait un discernement, il tourne en lui-même à la fois les immenses idées de Dieu et de l’Homme, de l’Homme-Dieu et de la liberté, il médite sur l’avenir de l’humanisme, il retrouve la figure non athée de l’Homme-Dieu, il devine qu’on ne peut faire vivre une société libre sans une perspective d’Homme-Dieu. Mais laquelle ? Car l’Homme contre Dieu ne peut pas être un Homme-Dieu.
 
Mais il comprend à nouveau aussi que la foi en l’Homme-Dieu ne peut vivre, inversement, sans une montée humaine en commun, y compris politique, vers la liberté infinie, à la fois utopique et non utopique. Mais qu’est-ce que cela signifie ?
 
Je voudrais en donner ici une faible idée. Sans doute le rejet de « la morale » est-il au cœur du nihilisme transgressif. Aujourd’hui, face à la dictature du nihilisme, l’esprit comprend que la transgression de la loi morale par l’Homme n’est pas totalement négative, en ce seul sens précis que la simple installation de l’Homme dans un ordre légal moral et religieux ne suffit ni à l’Homme, ni sans doute à Dieu. C’est pour cela que les Veilleurs manifestent la forme de verticalité mystérieusement nécessaire à une société libre. La transgression vile par laquelle on viole la loi qui prescrit le bien ne peut être surmontée que par une transgression noble et infinie. L’acte de vertu est une transgression de la transgression. C’est sans doute une union à une transgression infinie et sainte, opérée par Dieu, et le nom de cette transgression est « Incarnation ». C’est pour cela que le respect pour la figure et la personne de Jésus ont toute leur place au sein d’une société libre, et surtout au sein d’une République post-nihiliste. Autrement, l’opposition n’est qu’un moralisme sans vigueur.
 
L’Homme-Dieu, comme simple concept, n’est qu’une figure du meilleur espoir humain, noble mais sans effectivité ; ou alors c’est le slogan de la transgression tout court. L’Homme-Dieu, comme fait réel, c’est l’objet de la foi. La société libre de l’avenir prépare ainsi consciemment sa reconstruction par une veillée en commun autour de la question de la foi et de la liberté infinie. Car elle ne veut pas de foi dans la contrainte. Elle sait qu’elle aura commencé par des veillées dans la nuit, entre des gens qui l’oppriment.
 
En un mot, la France future se prépare dans la nuit. Elle s’appuie sur le rejet méthodique de la liberté nihiliste. Elle fait un retour méditatif sur le point de bifurcation qui a rendu possible une évolution au terme catastrophique, mais elle ne condamne pas cette évolution. Elle vise plutôt ce qu’elle cherchait. Elle vise ce qu’il aurait fallu inventer jadis pour que ce chemin fût pris autrement. Elle sent que les torts historiques furent partagés et elle n’a pas, face à son passé, d’esprit exclusif, pas même envers les postmodernes, qui ont sans doute leurs propres excuses. Elle vise à trouver enfin ce chemin social qui monte vers l’absolu de la liberté, sans tomber dans l’idéologie ou dans l’utopie. Ainsi, la civilisation de l’avenir aimera-t-elle passionnément la liberté, la personne et même l’individu, mais aussi la vie et le corps social, la raison et la loi morale, l’amitié et la nature, l’Homme et Dieu et elle visera à l’Homme-Dieu."

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Le copyright de ce texte appartient à Henri HUDE. Il ne m'en voudra pas de reproduire intégralement un essai que je considère comme absolument fondateur.

 

Nouvelles de La résistance : victoire sur le mensonge, sur l'iniquité et sur les ténèbres, premier billet du 24 juin 2013

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Rentré fort tard cette nuit chez moi (2 heures 30 du matin), je n'ai pu rédiger mon premier billet du jour très tôt, comme je le fais chaque jour. Que mes lecteurs matutinaux me pardonnent. Comme j'ai eu du mal à m'endormir ! Et comme il me tardait de pouvoir donner mon témoignage sur la veillée qui s'est tenue hier soir sur l'esplanade des Invalides, dans une atmosphère fraîche, humide et recueillie, s'il est possible d'associer en cette étrange collocation trois épithètes si dissemblables ! Je me suis rendu à cette veillée, comme à l'habitude, avec Antoine. Il avait fort sagement pris avec lui un sous-cul imperméable (en fait sac poubelle qu'il a fendu en deux afin que je puisse y poser une fesse vouée à l'endolorissement), sur un réceptacle plus digne que la boue de l'esplanade... Et comble de luxe, il s'était muni de barres chocolatées et de compote de pomme logée dans ces petites poches à laquelle on peut goulûment s'aboucher sans en flanquer partout, et surtout pas, pour ce qui me concerne, sur le beau sweat-shirt de la Manif pour tous que je me suis procuré à la boutique de Boulogne-Billancourt (79 route de la Reine).
 
Avant de résumer ce qui s'est passé, dans un billet prévu pour ce soir, je voulais donner l'impression générale sur quoi j'ai quitté la veillée à son expiration. Quand, un peu passé minuit, (alors qu'une vingtaine de cars de CRS étaient maintenant garés près de le pelouse, et que les forces de police avaient pris quelques temps après position entre le rassemblement et le bâtiment des Invalides, magnifiquement illuminé, en formant un cordon d'isolement), Madeleine nous a demandé de nous lever en nous indiquant que nous allions avancer (sans préciser où), nous l'avons fait, et nous avons marché lentement vers les CRS. J'étais tellement ému de ce qui ce passait que je ne me souviens plus si nous étions en silence ou si nous chantions l'hymne de l'espérance. Ce que je sais - j'étais au premier rang à droite - c'est qu'arrivé au contact des hommes du maintien de l'ordre, ceux-ci se sont efforcés de former un cordon infranchissable ; nous avons continué de marcher, et ils sont reculé, oh, pas beaucoup, d'une dizaine de mètres, mais ils l'ont fait, sans violence ni haine ni ressentiment. A ma hauteur, il s'était formé une brèche et il eût été facile de s'y engouffrer et d'isoler une partie (celle de gauche) des forces de l'ordre. Nous ne l'avons pas fait et Madeleine, avec un imperturbable sang-froid a continué de nous faire glisser le long du cordon, vers l'allée arborée qui se trouve à gauche en regardant les Invalides. Là, il m'a semblé entendre un sec "arrêtez !". Nous ne pouvions donc plus avancer. Alors nous nous sommes assis. Miraculeusement pour la préservation de mon pauvre dos en compote, j'ai pu m'asseoir sur le muret donnant sur une grille métallique, sans doute recouvrant un parking.
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Comme nous étions très nombreux, et qu'il y avait à craindre un accident qui aurait terni la réputation des forces de l'ordre, on nous a demandé d'avancer vers le mail arboré, de façon à quitter la très problématique grille sur laquelle nous étions placés. Nous l'avons fait. Le rassemblement a été alors entièrement encerclé par les CRS. Très honnêtement, ils étaient détendus, et j'ose le dire compréhensifs. Et Madeleine nous a dit que nous venions de remporter une immense victoire, non pas sur les forces de police, contraintes d'obéir à des ordres qu'elles ne semblent pas approuver en totalité, mais sur la peur, sur le mensonge et sur l'iniquité. De nouveau nous nous sommes assis. Nous avons été invités, et les forces de l'ordre aussi, à dire notre prénom à notre voisin de droite, ce que j'ai fait. Ma voisine de gauche s'appelait Béatrice. Et j'ai cru voir de mes yeux que certains membres des forces de l'ordre se prêtaient au jeu. En tout deux ou trois jeunes filles se sont levées ont été donner leur nom aux CRS devant qui elles venaient de s'asseoir. J'ai vu, de mes yeux vu, quelques CRS s'écarter pour fumer une petite cigarette, j'en ai vu d'autres sourire, d'autres qui ne savaient quelle contenance prendre. Hymne de l'espérance, chant des partisans, lecture ("La dernière classe" de DAUDET, notamment, un poème de Victor HUGO sur les mots inconsidérément lancés et qui font leur chemin avant de blesser leur cible, parfois mortellement). Cyrille nous a joué un morceau de flûte, magnifiquement, le morceau d'un compositeur moderne. Il fallait entendre ces notes pures s'épanouir dans un silence absolu, contemplatif, un silence de communion. Il m'a semblé que ce moment était pour les forces de l'ordre, un moment de catéchèse, un moment inespéré et qu'elles ne manqueraient pas de réfléchir avant de réagir conformément aux ordres reçus, certes, mais avec discernement.
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Nous nous sommes séparés à 1 h 30 du matin. Lorsque nous avons passé le cordon de CRS qui fermait par derrière le rassemblement, l'un d'eux m'a dit - il était fort jeune - "bonne soirée - après que lui eus dit "bonsoir". Long chemin à pied. (Le pont était interdit aux piétons et aux cyclistes ; deux cars de CRS sur chacun des trottoirs ;  et un policier réglait minutieusement le flux des rares voitures qui voulaient gagner la rive droite de la Seine.) Enfin, passé le pont de l'Alma, nous avons pu trouver un taxi qui nous a laissé à la Porte de Saint-Cloud. Victoire de la non-violence, victoire de la fraternité, victoire de la communication... Victoire sur le mensonge, sur l'iniquité et sur la manipulation. L'espoir a changé de camp... Et ils ne le voient pas !
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Dans le billet de ce soir, je donnerai de plus amples détails sur le déroulé de la veillée (notamment sur le cas de Nicolas BERNARD-BUSSE, à qui je vous demande d'écrire), sur les textes qui nous ont été lus, sur les élucubrations totalitaires de monsieur PEILLON, et sur l'utopie de l'abolition des frontières (le queer ? Orthographe non garantie) à quoi réfléchit un think-tank socialiste qui compte en ses rangs Thomas HOLLANDE, lequel croyant faire de l'universel, et servant son père - ce que l'on ne peut lui reprocher - fait le lit de l'ultralibéralisme à l'américaine... Franchement ils ont du souci à se faire.
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Demain matin, je consacrerai mon billet à l'analyse incroyablement haineuse, superficielle, idéologique qu'un imbécile bernanosien de service du journal Libération a consacré aux Veilleurs. Que de telles inepties puissent être publiées dans un journal qui se voudrait sérieux (et qui l'est parfois), est parfaitement incroyable. Je vous garantis que je le ferai sans hargne (mais avec ironie) mais de manière implacable ; il y a des limites à ne pas dépasser, des insinuations, des déformations, des jugements, des injures latentes, absolument insupportables.
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Bonne nouvelle : naissance des Veilleurs à POISSY et à BOURG-EN-BRESSE ! Voir la carte sur le site des Veilleurs officiels.

dimanche 23 juin 2013

La République des Veilleurs (seconde partie), second et très long billet du 23 juin 2013

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Voici la deuxième partie de l'essai d'Henri HUDE. (Je pars dans 10 minutes pour la soirée des Veilleurs.)
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2ème Partie

Une nouvelle république en formation
La situation politique en France comporte ainsi quelque chose de radicalement nouveau, incompréhensible à la seule science politique et dont la compréhension requiert l’adoption d’un point de vue philosophique. La seule révolte contre la dictature nihiliste ne suffirait pas à produire un mouvement de la nature de celui que nous observons. Un principe spirituel nouveau est à l’œuvre ici. C’est en cela qu’il y a réellement révolution.  
 
C’est une mutation soudaine qui s’est produite, et ce qu’on en voit n’est qu’un début. Nous ne sommes plus en présence d’un affrontement droite/gauche traditionnel en France, avec d’un côté les « conservateurs », ou la « réaction », et de l’autre un « front progressiste ». Nous sommes au contraire en face d’un retournement dialectique d’ampleur historique, conduisant au renouvellement complet des règles du jeu et, en particulier, à une renaissance très originale de l’idée républicaine.

Cette légitimité qui s’oppose aujourd’hui à cette légalité (ou apparence de légalité) qui n’a jamais fait défaut aux pires tyrannies, c’est encore et toujours, en France, la légitimité républicaine et c’est celle de l’Histoire. Mais qu'est-ce que la République ? Nous allons essayer de le dire.

La plupart des Français, chacun à leur manière, sont des républicains et des démocrates. Ils n’en ont pas tous conscience, parce que l’idée de la liberté et celle de la République ont souvent fait l’objet d’interprétations idéologiques, d’accaparements sectaires ou partisans. Cependant, tous inscrivent leur vie dans l’Histoire de la France, de son Etat, de sa République et de sa démocratie.
 
Si une crise politique majeure est en train de s’ouvrir dans le pays, c’est que l’opposition à une loi barbare exprime aujourd’hui, avec les mots particuliers propres à certains, non pas un conservatisme d’inertie, ou une réaction sans imagination, mais la pure essence de la doctrine républicaine française, profondément transformée par un effort infini et victorieux pour s’extirper de cette barbarie. Ce profond renouveau républicain, face au despotisme oligarchique et nihiliste, inspire la formation d’un projet d’avenir crédible et motivant, auquel l’oligarchie libertaire n’a rien à opposer.
 
L’idée française de la République avait reçu de Jean-Jacques Rousseau une première formulation assez précise. Prise à son plus haut niveau d’universalité, la République est tout simplement l’idée d’une société qui cherche à satisfaire, autant que cela est possible, la soif de liberté absolue conforme à la vraie nature de l’Homme. Et le pacte social d’une République a pour objet de constituer une société unie sur un semblable idéal de vie en société libre, à laquelle on convient de donner le nom de république – en ce sens spécial et précis. Cet idéal, pris à ce niveau le plus élevé d’universalité, n’a rien qui ne soit juste et raisonnable, d’autant que nul ne peut se dissimuler raisonnablement la différence qui subsistera toujours entre l’idéal et le réel.
 
Rousseau a donné de ce concept universel une interprétation très individualiste et dans cette mesure défectueuse, d’où se laisse malheureusement déduire le jacobinisme, matrice de toutes les idéologies (cf. Préparer l’Avenir, chapitre 14, pages 117-126, surtout 124-126).
 
Mais, si l’on considère l’Homme dans sa vérité, membre d’un « corps fait de membres pensants », comme le dit Pascal, et structuré par une loi morale naturelle qui est la loi de sa nature sociale, de sa nature rationnelle et de sa nature vivante, alors l’idée de la république reçoit sa forme authentique. Et elle devient légitimement un concept régulateur pour l’établissement des législations, autant que la prudence le permet. Et le pays qui s’unit et se constitue sur un tel idéal en reçoit un dynamisme extraordinaire. Nous assistons sûrement en France au début d’un tel phénomène. Le devenir d’un tel mouvement dépasse infiniment les avatars de tel ou tel morceau de législation, puisque le pays en faisant sa mue, se débarrassera un jour en bloc d’une entière carcasse de législation nihiliste.
 
En un mot, une idée rénovée de la République est en train d’émerger en France. Elle est susceptible d’unir à terme toutes ses traditions (politiques, philosophiques, mystiques) et de la refonder, à la fois structurée, noble, libre, démocratique, conforme à son caractère historique et génialement accueillante aux flux de la nouveauté historique.
 
Le combat pour le mariage, l’emploi et l’entreprise dans les territoires, la lutte contre une idéologie tyrannique  (d’égoïsme radical libertaire et amoral [3]), tels sont les trois piliers de ce mouvement qui lutte aussi pour les droits humains fondamentaux. L’idée de la liberté absolue, une fois détachée de prémisses individualistes et rattachée au sens de la famille, de la vie et de l’action dans le monde, comporte clairement l’ouverture d’une dimension mystique, le respect de cette dimension, de la personne qui est en le siège, et une tension continuelle vers une justice à la fois utopique et patiemment raisonnable. Tel est l’esprit qui surgit, celui de la nouvelle République française.
 
L’opposition définitive du peuple des familles à une loi barbare tient d’abord à ceci, qu’installant l’arbitraire dans la cellule élémentaire de la société, c’est à dire le couple et sa descendance, elle justifie pour demain la soumission de tous à l’arbitraire indéfini des idéologues et de leurs fantasmes. Comme ces derniers sont des intolérants qui excluent tous leurs contradicteurs du cercle qui a droit de déterminer le consensus démocratique sans reconnaître en cela aucune règle objective, il est évident que ce qu’on appelle, presque par dérision, la démocratie, consiste pour le peuple à obéir sans discuter aux volontés arbitraires des idéologues et des oligarques.
 
Mais, l’opposition du peuple tient ensuite et surtout au fait que cette législation ferme radicalement l’horizon de la liberté absolue et abolit ainsi la République. La liberté se trouvant réduite à une interprétation matérialiste, individualiste, excluant Dieu, la Nature et même la Raison transcendantale, fait forcément corps avec le principe de toute idéologie, formulé dans Les Démons par Dostoïevski : « Je commence par la liberté absolue et je termine par la dictature totale. »
 
La prise de conscience des familles n’est que le début d’une prise de conscience nationale demain unanime. Celle-ci va se produire lorsque conflueront l’indignation des couches populaires économiquement opprimées par l’ordre libertaire, et la ferme détermination des familles culturellement opprimées, par ce même ordre libertaire. Se rajouteront en outre à ces deux forces la résistance des patrons et des entrepreneurs écrasés par l’ordre fiscal et administratif, qui constitue un véritable système de privilèges au bénéfice de l’oligarchie libertaire.    
 
Quand les trois grands fleuves sociaux auront mêlé leurs eaux, quand l’ennemi commun aura été identifié, l’oligarchie ne pourra plus régner en divisant et il se produira un renouvellement profond à la fois de la démocratie et de la doctrine républicaine aujourd’hui corrompue. La France refera son unité, elle retrouvera un dynamisme et son Histoire, dans une nouvelle résistance mettant à bas un despotisme. "
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La troisième et dernière partie de cet essai figurera dans le deuxième billet de demain.