Affichage des articles dont le libellé est Solutions concrètes. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Solutions concrètes. Afficher tous les articles

dimanche 19 août 2012

Réveil

-
Aujourd'hui, billet très court, mais très instructif.
-
Le philosophe ALAIN faisait remarquer que l'homme qui s'endort incline la tête comme pour dire oui. Il me semble que les dernières élections illustrent parfaitement ce mouvement d'acquiescement. Mais il ajoutait aussitôt, avec malice, que l'homme qui se réveille agite la tête de droite et de gauche, comme pour dire non. Je crains fort que le réveil douloureux qui s'annonce, après une anesthésie faite de bonnes paroles, de promesses, de vacances et de canicule, ne s'accompagne d'une vigoureuse protestation contre le mensonge et l'hypocrisie politiques. Si l'on savait comment résoudre la quadrature du cercle, ça se saurait. Ils prétendaient connaître la solution de cette énigme. Qu'ils la mettent en oeuvre ou qu'ils s'en aillent...
-
C'est tout pour aujourd'hui.

mercredi 8 décembre 2010

Education nationale : le naufrage

-
Quand, il y a trois jours, je vous faisais part du jugement de Léon BLOY sur le Bien et Mieux, en terminant mon billet par un constat désabusé sur le peu d'exigences que nous imposons à nos jeunes dans les écoles, collèges, lycées et universités, je ne pensais pas que les événements viendraient illustrer mes propos d'une manière si éclatante.
-
Le programme international pour le suivi des acquis des élèves [PISA] vient de faire paraître les résultats de son étude. Elle porte sur l'évaluation des connaissances d'adolescents de 15 ans dans les 34 pays de l'OCDE et les 31 pays ou économies partenaires. On note ces jeunes sur leur compréhension de l'écrit, des mathématiques et des sciences. La France n'arrive qu'en 22e position, très loin derrière les pays de l'Asie du Sud-Est (Chine, Corée du Sud, Singapour, Hong-Kong, lesquels sont devant la Finlande, premier pays européen).
-
Voici les commentaires du ministre ; il y a de quoi se taper le derrière par terre.
"Nous sommes dans la moyenne, nos résultats sont stables et comparables à ceux des grands pays développés comme les Etats-Unis, l'Allemagne, le Royaume-Uni, et le Danemark". Notant toutefois que le nombre d'élèves en difficulté est passé de 15 % en l'an 2000 à 20 % aujourd'hui, le ministre confesse : "C'est un point d'alerte pour nous". Ah ! Quelle belle phrase ! Quelle superbe litote ! Un point d'alerte ? Vous vous rendez compte ? Dans le pays développé qui dépense le plus au monde pour son enseignement, il y a 20 % des jeunes de 15 ans qui sont en difficulté, un élève sur 5, et c'est ce jugement dormitif, lénitif et tiède que le ministre porte sur ce désastre ?
-
Comment en sommes-nous arrivés là ? A mon avis, pour plusieurs raisons. (a) La première est l'invasion des pratiques éprouvées par des Cosinus prétentieux qui prétendent mettre en système les méthodes et les contenus éducatifs. On ne dira jamais assez le mal que les spécialistes en "Science de l'éducation" ont fait à l'éducation ; comme si l'on pouvait mettre en équation ce qui relève de la relation interpersonnelle entre un enseignant bienveillant, maître de ses savoirs, exigeant et ferme et ses élèves. (b) La seconde relève d'une fausse idée de l'égalité. Tout le monde pareil. C'est idiot. Un garçon de 15 ans qui fait 1,75 m de taille n'aura jamais les mêmes aptitudes pour le basket qu'un garçon du même âge qui fait 1,95 m. Un rêveur et un actif n'ont pas les mêmes centres d'intérêt ni les mêmes méthodes d'apprentissage. La véritable égalité consiste à donner les mêmes moyens et chances à ceux qui ont les mêmes aptitudes. (c) La troisième raison tient à une conception erronée de l'enseignement : qu'on le veuille ou non, la relation enseignant-enseigné est dissymétrique. L'un sait (ou est censé savoir), l'autre non. La fonction de l'enseignant est de transmettre des savoirs constitués, non pas de permettre à l'enseigné de construire lui-même son savoir. Il faut être fou pour croire à la pertinence d'une telle utopie. (d) La dernière raison tient à l'absence totale de sanctions (au nom de l'égalité, toujours) que ce soit par des mentions (depuis les félicitations jusqu'au blâme) ou des punitions (de la consigne aux devoirs supplémentaires). Le rapport PISA indique que le niveau de discipline dans les établissements français est un des plus bas de l'échantillon étudié. Et il est avéré que ce sont "les pédagogies les plus coercitives qui fournissent les meilleurs résultats" (dixit Jean-Paul BRIGHELLI, enseignant et essayiste).
-
Bien entendu, dans la même ligne que BOURDIEU et PASSERON, Philippe MEIRIEU, "spécialiste de l'éducation" implique, de la manière la plus idéologique qui soit "le fantasme de faire des économies sur l'éducation", et dément catégoriquement que le niveau baisse. Il affirme que "le système français est une machine à fabriquer des inégalités" mais que "les écarts se creusent entre ceux qui ont accès aux bonnes études et ceux qui sont condamnés à la ghettoïsation". Tiens, tiens ! Mais Philippe MEIRIEU ne fut-il pas un ardent défenseur de la sectorisation (c'est-à-dire de l'obligation d'inscrire ses enfants dans l'établissement scolaire dont relève la résidence des parents des enfants) ? Il semble me souvenir que oui. Si pas de sectorisation, possibilité d'avoir accès aux bonnes études ? Y-aurait-il de mauvaises études ? quelles en sont les caractéristiques ? Et de mauvais établissements ? Même question.
-
Il me semble que ce qui est juste serait de détecter ceux de nos enfants qui ont les meilleures aptitudes dans tel ou tel domaine, en offrant un très large éventail d'aptitudes à évaluer. Une excellente aptitude manuelle - qui n'est pas l'aptitude de tout le monde - peut faire un excellent artisan ; et des passerelles doivent permettre de se former dans de nouveaux domaines quand on se découvre de nouveaux goûts, qualités et désirs.
-
Je vais vous faire une confidence. Quand j'étais assistant à ce qui était encore l'Université de Paris, je donnais des cours à des jeunes gens et jeunes filles qui préparaient un BTS de Biologie. A l'époque, le baccalauréat n'était pas nécessaire pour passer ce diplôme. Je comptais parmi mes étudiants un jeune homme d'une exceptionnelle rapidité d'esprit mais qui avait été collé au Bac. J'ose dire que, grâce à moi, il a pu faire de superbes études, DEA, thèse de troisième cycle, thèse d'état, et qu'il est devenu en son temps le plus jeune Directeur de Recherche de l'INSERM. Je comptais parmi mes collaborateurs, un jeune homme qui avait commencé avec un CAP de mécanique automobile, et qui est aujourd'hui Maître de Conférence Hors Classe, après avoir soutenu sa thèse dans le laboratoire dont j'étais responsable. Et que dire de D..., aide-soignant dans un grand hôpital régional, qui a pu préparer une thèse d'Université chez nous, puis a passé brillamment une Maîtrise en économie de la santé, et est aujourd'hui Surveillant-chef, responsable de tout le personnel soignant d'un hôpital hyperspécialisé.
-
Oui, le Mieux est mieux que le Bien. se contenter de la moyenne est indigne de notre pays. Et s'il faut, dans les banlieues, séparer les enfants issus de l'immigration, les intégrer dans des classes à petits effectifs pour mieux leur transmettre les savoirs, il faut le faire. Ils méritent mieux que le je-m'en-foutisme, l'à-quoi-bonisme et la politique du chien crevé au fil de l'eau. Ce ne sont pas les moyens qu'il faut abonder, ce sont les méthodes et les regards qu'il faut changer.
PS : je prie mes lecteurs de m'excuser pour les fautes que j'ai laissées dans la première version de ce billet, la plus drôle étant sans doute BLOIS au lieu de BLOY.
-

mardi 14 septembre 2010

Ils peuvent agir. Pourquoi ne le font-ils pas ?

-
Disons le tout net. La première circulaire de monsieur HORTEFEUX sur le démantèlement des camps illégaux, notamment ceux qui ont été installés par les Rroms est maladroite et a un drôle de relent. C'est le moins que l'on puisse en dire. Mais je m'étonne considérablement de la protestation scandalisée de l'opposition socialiste. Je vais expliquer cela très succinctement.
-
Les socialistes sont maîtres de l'exécutif de 21 régions métropolitaines sur 22, de toutes les métropoles régionales sauf BORDEAUX et TOULOUSE, de 2 conseils généraux sur 3. Ils détiennent également quantité de mairies de villes moyennes. Or la loi est très claire sur ce point : c'est aux municipalités des communes de plus de 3.500 habitants (je ne suis pas sûr de ce chiffre que je donne donc sous réserve) d'aménager des zones d'accueil pour les nomades, appelés du nom générique de "gens du voyage". Parmi eux, il y a de nombreuses communautés françaises, d'autres d'origine étrangère, dont roumaine.
-
Pour ce que j'ai pu en voir, les camps de Rroms sont occupés par des communautés sédentaires. La plupart du temps, l'occupation est illégale et elle s'étend à des terrains publics comme privés. La situation de ces communautés est tragique et grande est leur pauvreté. Les communes, avec l'aide des Départements et des Régions, peuvent régler le problème de l'hébergement décent des Rroms - qui en vertu de l'appartenance de la Roumanie à l'Union Européenne ont le droit de séjourner en France - de la façon suivante : (a) en mobilisant leurs réserves foncières ; toutes n'en ont pas, mais il y en a qui en ont et de fort importantes ; (b) en utilisant comme hébergement décent, au moins provisoire, la technique des containers aménagés et réhabilités que l'on a utilisé avec profit pour les logements étudiants, notamment dans le Nord. Madame AUBRY a toutes les données techniques et financières en main pour appliquer sans délais cette solution.
-
Par conséquent, protester contre l'expulsion des Rroms sans bouger le petit doigt alors qu'on a les moyens techniques et financiers de régler le problème, relève de la plus grande hypocrisie, des pures "paroles verbales", et de la manipulation médiatico-politique.
-
J'attends de pied-ferme les contradicteurs.

jeudi 11 juin 2009

Remède de cheval ou pilule pour alouette

Les responsables du PS ont-ils pris la mesure du désaveu que le corps électoral a infligé à leur parti ? Il ne le semble pas à voir les décisions prises à l'issu du Conseil National tenu mardi à Paris. Voyez plutôt : pour se concilier madame ROYAL, on la propulsera à la Vice-présidence de l'Internationale socialiste, monsieur HAMON, en dépit de son échec, est maintenu porte-parole. On va ouvrir davantage les instances gouvernantes du PS aux amis de madame ROYAL. Il faut en effet que les strauss-kahniens, fabiusiens, jospinistes, hollandophiles, montebourgeois, delanoïstes, moscovicistes, et autres travaillent d'un seul coeur pour que les choses s'améliorent au PS.
Tout cela est pitoyable.
Le PS doit faire des propositions concrètes. Voici une liste (non exhaustive) des questions auxquelles il doit donner réponse
Est-il pour l'instauration d'une taxe carbone frappant les énergies polluantes ; si oui, à quel taux, et quelles énergies visées ?
Est-il pour le développement d'un machinisme industriel géant - modèle productiviste marxiste - ou au contraire pour la promotion d'un artisanat multiforme et foisonnant.
Est-il pour la rentrée de la Turquie dans l'Union Européenne, et si oui, à quelles conditions ?
Est-il pour la réintroduction des droits de succession, et la suppression des avantages fiscaux liés aux emprunts afférents à l'achat d'un logement principal ?
Est-il pour la suppression du service minimum dans les transports ?
Est-il pour le développement de mode de transport alternatif, comme le ferroutage (qui impliquerait sans doute la construction de nouvelles lignes de chemin de fer) ou le transport par voie d'eau (auquel les écologistes, alliés potentiels mais putatifs, ne sont pas toujours favorables : voir la suppression du projet "grand canal Rhin-Rhône", prise sous leur pression).
Est-il pour une régulation de l'immigration, et si oui à quelles conditions, et quels crédits compte-t-il mettre pour favoriser l'intégration des immigrés ?
Est-il favorable à une responsabilisation des citoyens en matière de dépenses de santé ? Si oui, quelles mesures compte-t-il prendre. Si non, pourquoi (pas de réponse sous forme de "la solidarité doit jouer" s'il vous plaît ; dites-comment vous allez combler le déficit de la sécurité sociale sans offenser l'avenir de nos enfants).
Comment compte-t-il, dans le contexte actuel de crise, assurer l'augmentation du pouvoir d'achat et la création d'emplois ?
Est-il pour que l'Europe édicte des règles de protection de son commerce contre les pratiques de dumping ou d'exploitation des enfants, largement exercées par des pays comme la Chine, voire l'Inde et d'autres pays émergents ?
Est-il pour l'aide au développement des pays pauvres, notamment africains, et si oui, quelle proportion du PIB compte-t-il mettre dans cette action ?
Est-il pour les mères porteuses, le clonage thérapeutique, la vente de gamètes (sperme et ovocytes) ?
Etc.
On n'en finirait pas d'énoncer les questions auxquelles le PS ne répond pas.
Tout ce qu'il sait faire, c'est se réjouir de voir une mesure de la Loi dite HADOPI sanctionnée par le Conseil Constitutionnel (à juste titre du reste). Mais sur ce point, qu'il prenne garde et le Conseil avec. Refuser à une administration de sanctionner une contravention ou un délit est tout à fait juste. Mais c'est bien un droit que l'on accorde à l'administration fiscale et aux douanes. Le jour où les citoyens refuseront d'être pigeonnés par les dites administrations, il y aura du rififi dans les chaumières ministérielles.
Bref, le Conseil National n'offre à ses militants, pour soigner sa langueur, que des pilules pour alouette, certainement pas un remède de cheval.