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dimanche 10 août 2014

10 août 2014. Nouvelles de la Résistance... La Suède comme la France ?

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Ne changeons pas les bonnes habitudes et reprenons notre devise :

Non, ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté.
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1. La citation du jour.
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Il n'aura pas échappé à mes lecteurs habituels que je n'ai pas produit de billet depuis huit jours ! Vacances obligent. J'ai eu l'occasion de lire pendant celles-ci un excellent ouvrage, produit par Henning MANKELL, un très célèbre auteur suédois de romans policiers et traduits dans de nombreuses langues, dont le français. Je pensais que la Suède était un pays d'ordre et de morale quelque peu puritaine. MANKELL m'a détrompé. Jugez- en. Voici ce qu'il met dans la bouche de deux policiers : l'une qui répond au prénom d'Ann Britt, l'autre au patronyme de WALLANDER.

- Anne Britt : "[...]. Je commence à me demander ce que c'est que ce métier au juste [celui de policier]. J'ouvre le journal, et voilà que des collègues de MALMÖ ont été inculpés pour recel. J'allume la télévision et j'apprends que des policiers haut placés nagent dans les eaux du crime organisé. Qu'ils se pavanent aux noces de gangsters, en tant qu'invités d'honneur sur les plages ensoleillées du monde. Je vois tout cela et je constate que ça ne fait qu'augmenter. A la fin, je me demande ce que je fabrique. Plus exactement : comment j'aurai la force de rester dans la police trente ans encore.
-Wallander : "Ça craque de partout. Depuis longtemps déjà ; la gangrène de l'Etat de droit n'a rien de  neuf, et il y a toujours eu des policiers malhonnêtes. Mais c'est pire maintenant. C'est ça qui rend indispensable la présence de gens comme toit."

In
Henning MANKELL.
Les morts de la Sain-Jean. (Traduit du suédois par Anna GIBSON).
Seuil Policiers, Paris, 2001.
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2. Commentaires.
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Est-il vraiment nécessaire de commenter l'évidence ? Cinquante-deux kilos de cocaïne s'évaporent du Palais de Justice où on les avait mis sous scellé. Un policier est suspecté - ce qui ne veut pas dire qu'il est coupable - et il y a de fortes chances pour que le vol ait été commis par une ou des personnes ayant un accès facilité  à la pièce où sont entreposés les produits stupéfiants saisis sur des voyous. Un autre policier, à LYON, a été mis en examen il y a quelques mois pour des faits analogues à ceux que dénoncent MANKELL. D'autres, plus récemment, ont été mis en examen à PARIS pour viol sur la personne d'une touriste américaine. Ne parlons pas des embarquements parfaitement illégaux de Veilleurs ou de Sentinelles/Veilleurs debout.
Que se passe-t-il pour que des hommes, supposés être intègres et irréprochables, se comportent de telle manière qu'il devient difficile d'avoir confiance dans notre police ?
En vérité, le poisson pourrit par la tête et c'est le comportement aberrant, immoral, insupportable de ceux qui se disent "élites" qui rend possible ces errements.
Il semble bien qu'ils soient la conséquence inéluctable d'une certaine façon de concevoir la démocratie, fondée exclusivement sur le droit positif, en déconnexion totale d'avec la réalité et d'avec ce que nos parents et grands parents appelaient le bien et le mal.
Je souhaite très ardemment que les guignols (voir ci-dessous) qui nous gouvernent soient chassés ignominieusement du pouvoir. Ils ne méritent guère mieux.
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3. Infos menues et diverses.
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A LYON, il y a des gens lucides !


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Qu'on se le dise !






jeudi 14 avril 2011

Matière à réflexion

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Ma soeur vient de traduire du roumain un livre intitulé "Bêtes sauvages [mieux rendu en français par "Fauves"], anges et martyrs". Ecrit par une intellectuelle de haute volée, polyglotte, critique d'art, critique littéraire, le livre est la description déchirante d'un parcours de vie, la confession d'une femme qui, après dix ans d'enthousiasme pour le communisme, perd ses illusions, parvient à émigrer en Suède, y acquiert la nationalité suédoise et devient député du Parti Libéral.

Les Français, et particulièrement les hommes politiques, entretiennent sur la Suède des opinions et des jugements parfaitement infondés. Il y a là-bas des manifestations de haine de l'autre, des violences politiques, des points de vue totalitaires dont nous n'avons pas l'idée. L'auteur du livre a elle-même été menacée de mort, insultée, injuriéé ; elle a vu ses campagnes en faveur de l'euro boycottées par des foules de jeunes gens (elle souligne la jeunesse de ses contradicteurs) hystériques, venus de l'extrême-droite comme de l'extrême gauche, par exemple. Elle décrit comment fonctionne l'idéologie suédoise de l'éducation. La description fait peur. Elle a choisi de finir sa vie en France. C'est un hommage rendu à notre patrie par une femme qui parle notre langue parfaitement. (Il se trouve que je la connais en effet.)

Il est impossible de citer tous les passages importants ou décisifs du livre. C'est une critique impitoyable du totalitarisme, du communisme, de l'illusion groupale, de l'intrusion du Bouc Emissaire dans la vie sociale et politique, du fanatisme de parti, de la haine, de la violence politique. Inspiré explicitement d'Hannah ARENDT, implicitement de René GIRARD, l'ouvrage devrait avoir une énorme répercussion s'il trouve en France un éditeur suffisamment libre d'esprit, suffisamment courageux pour briser les murs de la bien-pensance politique et du politiquement correct. Son intérêt vient de la double expérience de l'auteur : celle du communisme roumain dont nous ne percevons pas encore l'horreur, celle de la "démocratie" suédoise dont nous ne voyons pas le côté oppressif et toxique.

Il est intéressant de relever le passage qui suit, au moment où des esprits forts prennent la défense de l'indéfendable en subventionnant l'exposition Piss Christ d'AVIGNON. N'ayant lu le livre qu'hier, je puis vous affirmer que je n'ai pas cherché à soutenir mon jugement sur l'exposition par des a priori faciles ; je trouve à cet extrait une pertinence incroyable :

"Beaucoup de mes compatriotes [l'auteur a pris la nationalité suédoise] ne croient pas en Dieu ; bien entendu, ils ont le droit de ne pas y croire. Mais beaucoup se croient obligés d'humilier les symboles de la croyances et d'humilier les croyants. Peut-être est-ce là une nouvelle forme de racisme, un racisme qui s'imagine devenir le rationalisme le plus élévé, et qui en fait donne libre cours à la haine."

Voilà pourquoi j'ajoute à ma protestation contre Piss Christ une protestation tardive mais énergique contre la parution dans un journal danois des caricatures de Mahomet. C'est une mauvaise action. Je crois bien plus à l'étude des origines de l'islam, à l'exégèse, à la critique historique pour mettre dans une perspective plus objective et plus éclairés certains choix politiques et sociétaux des régimes islamiques, des islamistes, et des fanatiques, mais je maintiens ici mon profond respect pour les croyants sincères de l'islam (i minuscule) qui s'efforcent de mettre en pratique les exigences de leur religion.

Pour dire vrai, si nous n'avions pas renié le Dieu de nos Pères, nous n'en serions pas au point où nous en sommes d'intolérance, de laïcité exacerbée, de haine et de violence.