Affichage des articles dont le libellé est Témoignages. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Témoignages. Afficher tous les articles

samedi 25 avril 2020

Samedi 25 avril 2020. Sur la crise à Saint-Jean de Passy

Il existe une méthode très connue des hommes de pouvoir, quels qu’ils soient : elle consiste à disqualifier le message en disqualifiant le messager. C’est ce qui est en train de se passer à Saint-Jean de Passy. On ne veut point du message, une éducation catholique intégrale, on dézingue les principaux messagers de cette éducation.
Depuis une dizaine d’années, j’exerce les fonctions de catéchiste dans cet établissement. J’étais en charge cette année d’un groupe de troisièmes (garçons), le mercredi à 14 h, de deux groupes de secondes (un de garçons, un de filles) le samedi à partir de 8 h 30, et de deux groupes de premières (garçons), le mercredi à partir de 8 h 30.
J’ai l’habitude d’arriver très longtemps à l’avance. Le matin, j’y suis vers 7 h 50, l’après-midi, vers 13 h 30. Je puis ainsi prendre un café dans la salle des professeurs, avant, le cas échéant, d’aller travailler dans la salle réservée à cet effet, où les professeurs ont accès à des ordinateurs et peuvent aussi travailler et corriger leurs copies sur de grandes tables de bois vernissé.
Lorsque j’arrive, je salue tout d’abord l’agent de sécurité à qui je serre la main, et ensuite, je vois quasiment toutes les fois que j’arrive, monsieur Clément faire le portail comme on dit dans le jargon des collèges, écoles et lycée. Il salue en souriant les collégiens qu’il connaît tous par leur prénom. Il est souvent assisté de deux surveillants qui sont chargés de fonction demeurées pour moi mystérieuses, mais qui sont là. Je n’ai jamais vu aucun des professeurs qui se prétendraient maltraités aider monsieur Clément à faire le portail… Passons. Je connais nombre de professeurs de mathématiques, de français-latin, d’histoire et géographie, de sciences économiques, de sciences naturelles, de physique, de philosophie. Je les appelle souvent par leur prénom et j’en tutoie quelques-uns. Il y a donc entre nous une relation de confiance et d’amitié qui ne s’est jamais démentie. J’affirme que je n’ai jamais entendu un de ses professeurs se plaindre des méthodes managériales de monsieur Clément, et je suis près à en témoigner si cela s’avère nécessaire. Tous sont conscients de travailler dans des conditions exceptionnelles. Ils me l'ont dit. Et tous ne sont pas des piliers de sacristie.
Jean Ducret est un homme adorable et adoré des jeunes. Il est carré, mais les jeunes aiment cela. Il a réussi à lancer le chapelet tous les mardis à 17 h 30 ; j’y suis allé régulièrement. La première fois que j’y ai assisté, je pensais ne voir qu’un pelé et trois tondus : il y avait plus de cinquante jeunes gens et jeunes filles. Après quoi, hors carême, une petite collation joyeuse était servie en salle Béthanie. J’y ai vu les lycéens fêter l’anniversaire de leur préfet, avec force chants et cadeaux. Bien plus, tous les matins, avant la rentrée, sur la terrasse du lycée, une trentaine de jeunes disent l’Angelus. Tout cela sentirait-il horriblement l’intégrisme militaire le plus obtus pour le Conseil d’administration.
Il semble que les plaintes (peu nombreuses, semble-t-il) émanent d’un tout petit groupe de professeurs qui n’ont probablement pas digéré l’éviction de la directrice des études de Prépa, il y a deux ou trois ans, pour des raisons qu’il ne m’appartient pas de révéler, mais qui me paraissent justifiées, si ce que l’on m’a dit (indirectement, et non pas de la direction) est vrai. Il est exact que cette éviction a entraîné la démission d’un certain nombre de professeurs de prépa.

J’affirme encore que près de 80 % du corps professoral, au moins, soutiennent aussi bien monsieur Clément que Jean Ducret. La carrière de ce préfet vaut bien celle des membres du Conseil d’administration. Jean ne s’en vante pas et il a fallu que je le cuisine pour en savoir un peu plus sur ses brillants états de service.
Je vous joins ici un certain nombre de liens intéressants relatifs à cette crise que je considère comme très grave. L’article de Médiapart est particulièrement instructif.

Mediapart (une autre approche, mais des informations intéressantes) : https://blogs.mediapart.fr/droite-parisienne/blog/200420/coup-d-etat-saint-jean-de-passy


jeudi 5 avril 2018

Jeudi 5 avril 2018. Nouvelles du pari bénédictin. De Diognète à Dreher, des lumières ordinaires dans une nuit épaisse


-
C’est le moment de sortir du sommeil !
-
1. ROD DREHER DÉCRIT LES HOMMES DU PARI BÉNÉDICTIN
-
"Nous vivons pleinement la liturgie, nous rendons vivante notre histoire sacrée, par le culte et par le chant. Nous jeûnons et nous festoyons. Nous nous marions, nous marions nos enfants, et, bien qu’exilés, travaillons à la paix dans la cité. Nous accueillons nos nouveau-nés et enterrons nos morts. Nous lisons la Bible et contons à nos enfants la vie des saints. Et nous leur parlons également d’Ulysse, d’Achille et d’Énée, de Dante et de Don Quichotte, de Frodo et de Gandalf, de toutes les histoires qui nous apprennent ce que signifie être des hommes et des femmes d’Occident.
"Nous travaillons, nous prions, nous confessons nos péchés, nous faisons preuve de pitié, accueillons l’étranger et conservons nos commandements. Quand nous souffrons, surtout quand nous souffrons pour le Christ, nous rendons grâce, parce que c’est ce qu’un chrétien fait. Qui sait ce que Dieu fera de notre fidélité ? Certainement pas nous. Suivons le commandement du poète W.H. AUDEN : « Trébuche, avance et réjouis toi. »"
In
Rod DREHER. Dans le Conclusion de l’ouvrage cité. (Page 348.)
-
2. CONTREPOINT DE L’AUTEUR DE LA LETTRE À DIOGNÈTE.
-
Dans les années 190-200, un auteur anonyme, habitant probablement ALEXANDRIE, écrivait à un certain DIOGNETE, un païen de haut rang, une lettre restée fameuse, connue justement sous le nom de lettre à DIOGNETE. A l'intention de cet ami, homme fin, cultivé, et que j'estime profondément, je donne ici l'un des plus fameux passages de cette lettre. Il correspond très exactement à ce que je pense, crois et m'efforce de vivre.

"Les chrétiens ne se distinguent des autres hommes, ni par le pays, ni par le langage, ni par les coutumes. Car ils n'habitent pas des villes qui leur soient propres, ils n'emploient pas quelque dialecte extraordinaire, leur genre de vie n'a rien de singulier. Leur doctrine n'a pas été découverte par l'imagination ou les rêveries d'esprits inquiets ; ils ne se font pas comme tant d'autres les champions d'une doctrine humaine.

Ils habitent les cités grecques et les cités barbares suivant le destin de chacun ; ils se conforment aux usages locaux pour les vêtements, la nourriture et le reste de l'existence, tout en manifestant les lois extraordinaires et vraiment paradoxales de leur manière de vivre. Ils résident chacun dans sa propre patrie, mais comme des étrangers domiciliés. Ils s'acquittent de tous leurs devoirs de citoyens, et supportent toutes les charges comme des étrangers. Toute terre étrangère leur est une patrie, et toute patrie leur est une terre étrangère. Ils se marient comme tous le monde, ils ont des enfants, mais ils n'abandonnent pas leurs nouveau-nés. Ils prennent place à une table commune, mais qui n'est pas une table ordinaire.

Ils sont dans la chair, mais ils ne vivent pas selon la chair. Ils passent leur vie sur la terre, mais ils sont citoyens du ciel. Ils obéissent aux lois établies, et leur manière de vivre est plus parfaite que les lois. Ils aiment tout le monde, et tout le monde les persécute. On ne les connaît pas mais on les condamne, on les tue et c'est ainsi qu'ils trouvent la vie. Ils sont pauvres et font beaucoup de riches. Ils manquent de tout et sont dans l'abondance. On les méprise et, dans ce mépris, ils trouvent leur gloire. On les calomnient, et ils y trouvent leur justification. On les insulte et ils bénissent. On les outrage et ils honorent. Alors qu'ils font le bien, on les punit comme des malfaiteurs. Tandis qu'on les châtie, ils se réjouissent comme s'ils naissaient à la vie. Les Juifs leur font la guerre comme à des étrangers et les Grecs les persécutent ; ceux qui les détestent ne peuvent pas dire la cause de leur hostilité.

En un mot, ce que l'âme est dans le corps, les chrétiens le sont dans le monde. L'âme est répandue dans tous les membres du corps comme les chrétiens dans le monde. L'âme habite le corps, et pourtant elle n'appartient pas au corps, comme les chrétiens habitent le monde mais n'appartiennent pas au monde. L'âme invisible est retenue prisonnière dans le corps visible ; ainsi les chrétiens : on les voit vivre dans le monde, mais le culte qu'ils rendent à Dieu demeure invisible. La chair déteste l'âme et lui fait la guerre, sans que celle-ci lui ait fait du tort, mais parce qu'elle l'empêche de jouir des plaisirs. De même le monde déteste les chrétiens sans que ceux-ci lui aient fait de tort, mais parce qu'ils s'opposent à ses plaisirs. [...]

Le poste que Dieu leur a fixé est si beau qu'il ne leur est pas permis de déserter."
Texte complet dans
-
3. COMMENTAIRES PERSONNELS.
-
Je sais, ou plutôt je devine que cette nouvelle manière de produire mes billets m’a fait perdre bien des lecteurs, et paradoxalement m’en a fait gagner d’autres. Ceci n’a aucune importance. Je voudrais simplement convaincre ceux d’entre vous qui se sentent exilés d’un monde sans âme, sans boussole et sans Dieu, de se jeter avec confiance dans cette vie nouvelle, et incompréhensible pour la plupart des êtres humains, du pari bénédictin. Oh ! je n’ai pas fini de vous en parler. Car Rod DREHER nous ouvre beaucoup de piste, notamment celles qui conduisent à la constitution de petites communautés formelles ou informelles qui, par leur vie pure et droite, témoignent pour les étoiles comme pour les ténèbres de la victoire définitive du crucifié sur les puissances du mal, sur l’Esprit de division, sur l’Esprit de confusion, sur l’Accusateur des frères en qui nous reconnaissons Satan.
Il nous suffit d'être de petites lumières très ordinaires pour éclairer une nuit épaisse.
-
4. LIENS UTILES.
-
Une école selon le pari bénédictin.


A voir !


Partout persécutés !


Un bon début dans le « management » des hommes, mais un début seulement.


Bons et fidèles serviteurs…


Tout finit par se savoir !


La quadruple alliance bénédictine.


samedi 22 juin 2013

Nouvelles de la Résistance, premier billet du 22 juin 2013

-
Jean est le petit-neveu de très chers amis. Je l'ai rencontré à deux reprises chez eux, lors d'un dîner. C'est un jeune homme brillant et précoce intellectuellement (comme son petit cousin Grégoire du reste). Je n'en dirai pas plus pour ne pas froisser sa modestie. Nous sommes rentrés en sympathie ; il s'agit d'une amitié récente, certes, mais néanmoins profonde et qui ne demande qu'à croître grâce à des échanges, des rencontres et le partage des veillées de nos chers Veilleurs. Il m'envoie ce témoignage. Je vous invite à le lire ; il est éloquent et montre à quel point nos gouvernants ont perdu le sens toute mesure.
-
"
Bonsoir Philippe,
Selon mes souvenirs (désolé pour le style, mais il est tard!), il s'agissait de la troisième nuit des veilleurs (18/04). Un responsable de la police est venu faire les sommations d'usage, nous menaçant de poursuites pénales si nous ne nous dispersions pas (plusieurs mois de prisons et plusieurs milliers d'euros d'amende = peine théorique pour refus de dispersion). Travaillant le lendemain, j'ai fini par me lever, avec plusieurs autres. Les CRS nous ont fait passer le cordon qui encerclait les Veilleurs, par groupe de 10. J'étais notamment avec l'Abbé Grosjean. Surprise, derrière, on nous a fait stopper et des policiers en civil sont venus nous mitrailler de leurs appareils photos. Puis les forces de l'ordre nous ont reconduits au métro des Invalides. Une station plus loin, nous ressortions, pour la plupart, et revenions sur la pelouse des Invalides. 
Il y a eu une charge de dispersion, les CRS se sentant menacés par l'attroupement qui se formait peu à peu derrière eux.
Je me suis tenu en retrait avec quelques autres, près de trois policiers en civil, avec qui j'ai pu échanger quelques mots. C'est alors que l'un d'eux m'a dit : "C'est une veillée de prières; ils n'ont pas le droit d'être là; c'est interdit de prier dans la rue". 
Pendant ce temps, les policiers s'étaient attaqués à un côté du rassemblement des veilleurs et remplissaient consciencieusement un car de police. Ils en ont pris 94. Mais il en restait encore plusieurs dizaines (centaines?) assis. Deuxième effort pour arracher et expulser des veilleurs. Technique inefficace pour disperser le rassemblement: 10 min après, le groupe des Veilleurs restait conséquent. Finalement, les policiers ont arrêté leurs vains efforts et ont attendu minuit et demi, heure de dispersion fixée par les Veilleurs. A l'heure dite, ceux-ci se sont levés et ont été raccompagnés au métro. Les interpellés ont finalement été relâchés dans la nuit. Vidéo de la troisième nuit des veilleurs (on ne voit pas beaucoup de choses hélas):
http://www.dailymotion.com/video/xz5emt_3eme-nuit-des-veilleurs-pour-la-famille_news#.UcONlMUkxa0

Voici également un récit de la deuxième nuit des veilleurs, événement fondateur du mouvemen
Sur le sujet du moment :
Jean"
-
 
Je reçois énormément de courriels et d'informations diverses que je m'efforce de trier et de contrôler. Je vous ferai part du très long essai qu'Henri HUDE, dont j'ai souvent parlé dans mes billets, vient de publier sur le phénomène des Veilleurs. Henri HUDE est philosophe, et pour autant qu'il m'en souvienne, enseigne cette discipline à l'école militaire de COETQUIDAN. L'essai est très long, mais d'une très rare profondeur. Je vous le ferai connaître en trois fois. Il met en évidence un phénomène que nos gouvernants et nos hommes politiques de tous bords ne semblent pas voir surgir : la mort d'une certaine idéologie républicaine de gauche, jadis porteuse de valeurs de portée historique et le renouvellement de l'histoire, qui est inscrit dans le génie du peuple français. Et d'un seul coup, tous ces ténors de droite et de gauche nous apparaissent terriblement vieux, poussiéreux, décalés, agrippés à des formes désuètes de la vie politique, et accrochés à leur pouvoir. Le fameux front républicain destiné à battre le candidat du FN à l'élection législative partielle de VILLENEUVE SUR LOT est une des manifestations les plus représentative de cet état d'esprit, comme si les 40 % et plus d'électeurs qui vont voter pour le jeune candidat du FN n'étaient pas de bons Français, de bons citoyens, et même de bons républicains. Cette vision profondément réductrice et diviseuse est le symbole le plus éclatant de la corruption de l'esprit public... Mais il y a cette jeune génération, époustouflante, dont la maîtrise, la culture et la non violence m'ont mis sur un chemin nouveau, un chemin que j'ose dire de deuxième conversion. Pas d'exclusion ! De la douceur, de la non violence, de la culture, de l'argumentation et beaucoup d'humour.
-
J'ai écrit à Nicolas et je lui ai envoyé un roman policier. Ecrivez-lui ! Ne le laissez pas seul. Et n'hésitons pas à manifester à madame TAUBIRA notre opposition si possible courtoise et en tout cas déterminée.