Affichage des articles dont le libellé est Rod Dreher. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Rod Dreher. Afficher tous les articles

dimanche 25 novembre 2018

Dimanche 25 novembre 2018. Nouvelles du pari bénédictin. Vivre en créature, pas en machine


-
Au lieu d’un château fort dressé au milieu des terres, pensons plutôt à l’armée des étoiles jetée à travers le ciel.

-
ROD DREHER ET L’USAGE DES OUTILS.
-
"Certaines personnes soutiennent que la technologie n’est que l’application de la science et que sa portée morale dépend de l’usage que l’on en fait. Ce point de vue est naïf. « Avant d’être un instrument, la technologie est d’abord une façon de voir le monde, qui porte en elle-même une conception particulière de l’être, de la nature et de la vérité », déclarait le philosophe des sciences Michael HANBY en 2015, lors d’un rassemblement catholique.
"Qu’a-t-il voulu dire par là ? Pendant des millénaires, les hommes ont utilisé des outils pour modifier leur environnement. Mais ce qui a donné naissance à la technologie comme vision globale du monde a été, d’abord avec le nominalisme, puis avec l’émergence de la modernité, l’idée selon laquelle la nature n’a pas de signification en elle-même. Qu’elle n’est que de la matière. Ce que l’Homme technologique appelle « vérité », c’est ce qui lui sert à étendre son empire sur la nature et ce qui lui permet de façonner avec la matière des choses utiles ou plaisantes, en droite ligne avec sa conception de l’existence. Regarder le monde selon un point de vue technologique revient à le considérer comme un matériau modifiable à volonté, sans les seules limites de l’imagination.
"Au contraire, pour la tradition chrétienne, la liberté véritable de l’homme, telle que sa nature l’y prédispose, réside dans une soumission pleine d’amour à Son Créateur. Tout ce qui ne vient pas de Dieu est un esclavage. En 1993, Neil POSTMAN publiait Technopoly, un essai dans lequel il expliquait que les croyances théologiques et métaphysiques des cultures prémodernes déterminaient la façon dont elles utilisaient les outils. Ce n’est que dans les temps modernes, avec la montée en puissance de la technologie, que nos outils se sont retournés contre nous et qu’ils ont gagné le pouvoir de rediriger nos conceptions métaphysiques et théologiques."

"« Il n’est pas bien difficile de deviner que le monde se divisera bientôt entre ceux qui veulent vivre en créatures et ceux qui veulent vivre en machines », écrit Wendell BERRY. Rangeons-nous du côté des créatures, et du Créateur."
In
Rod DREHER.
Comment être chrétien dans un monde qui ne l’est plus. Le pari bénédictin. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Hubert DARBON.
Artège, Paris/Perpignan, 2017. (pages 318 et 341.)
-
CONTREPOINT HARMONIEUX DE JEAN-CLAUDE GUILLEBAUD.
-
"Aujourd’hui, nous sommes tentés par le désespoir. C’est donc le bon moment pour espérer.
"Examinons quelques-uns de ces vertiges de l’âme.
"Le premier, c’est le règne toujours plus puissant, conquérant, dominateur de la marchandise. Ce règne laisse de moins en moins de place à la gratuité, au partage, au désintéressement. Il finit par occuper l’espace. C’est MARX qui en a le mieux parlé au XIXe siècle quand il évoquait « les eaux glacés du calcul égoïste ». Difficile de réfléchir au nihilisme contemporain sans commencer par là. Le règne accompli de la marchandise, c’est le triomphe du « combien » sur le « comment ». Qu’il s’agisse d’apprécier le fonctionnement d’un hôpital, d’une école, d’un théâtre, le réflexe est toujours le même : compter au lieu de penser."

"Aujourd’hui, il est clair que nous sommes souvent dans une méconnaissance comparable. Nous agissons sans savoir ce qui est réellement en jeu. Dans l’univers médiatique, on use régulièrement ― et en toute innocence ― de la lapidation d’un présumé coupable. Un homme politique, un artiste, un curé, un chanteur, un magistrat, peu importe. Pendant trois ou quatre jours, il sera désigné comme coupable et lynché en tout bien tout honneur."
In
Jean-Claude GUILLEBAUD.
La foi qui reste. (Pages 138 et 146).
L’iconoclaste, Paris, 2017.
-
COMMENTAIRES PERSONNELS.
-
Ces quelques citations illustrent parfaitement l’impasse politique et sociale dans laquelle est piégée notre patrie.
Les idées forces de ces citations sont les suivantes :
(a) Les machines et les outils se sont retournés contre nous. Devenus dépendants du pétrole pour développer une agriculture intensive et accélérer les échanges par des transports de plus en plus rapides, nous ne pouvons plus réfléchir, rentrer dans le silence et devenir maître de notre vie.
(b) Le règne de la marchandise s’étale avec une rare impudeur aux yeux de ceux qui n’ont pas les moyens de s’acheter tout ce qu’il offre. C’est la raison des protestations qui, ici et là, s’élèvent contre le blocage des centres commerciaux, notamment lors de ce hideux black Friday emprunté aux États-Unis, par les "Gilets jaunes".
(c) La quantité remplace la qualité. Aucun journaliste ne s’est gaussé de l’annonce par monsieur CASTANER du nombre de manifestants à l’unité près, du nombre de sites où manifestaient les gilets jaunes, du nombre d’interpellations et de blessés lors des manifestations d’hier. Certes, un ministre de l’intérieur n’est pas mis à ce poste pour faire du sentiment, mais tout de même, il pouvait y avoir un commentaire de compassion ou de compréhension pour ces manifestants qui expriment leur misère sans pouvoir mettre de mots dessus et en sont réduits à le faire par la colère.
(d) Enfin, la nécessité de trouver un coupable ; il a été identifié hier et qualifié par monsieur CASTANER de bandes d’ultra-droite, alors que j’ai vu de mes yeux vu des manifestants anarchistes relevant de l’ultra-gauche sur des vidéos que l’on peut retrouver sur Twitter.

Je discutais récemment avec un ami, Jacques, qui n’est manifestement pas un pilier de sacristie, mais qui a choisi de vivre comme un moine : pas de télévision, pas de voiture, pas de téléphone portable, une garde-robe réduite à son minimum. Spécialiste de l’Inde, fin connaisseur du sanscrit, Jacques m’expliquait pourquoi il est indispensable de s’affranchir de l’usage du pétrole, ressource épuisable, vendue spéculativement par des pays qui sont des ennemis déclarés de notre civilisation ; qu’il est indispensable de revenir à des modes de vie plus simples, tout simplement parce qu’un jour l’épuisement des ressources naturelles, exploitées sans aucune vergogne par des compagnies anonymes, internationales, puissantes et discrètes, pourrait conduire à la guerre de tous contre tous. Jacques a en tête un projet de développement pour l’Inde. Peut-être acceptera-t-il d’en témoigner sur ce Blog. Je l’y encourage vivement. Dans tous les cas, je partage son analyse, et j’en ai tiré des conclusions personnelles pratiques, notamment dans l’usage de l’électricité.
Vivre en créature, pas en machine ! Et si c'était cela que voulaient exprimer les Gilets jaunes ? Je leur dis ceci : NON AU DÉSESPOIR !



mardi 13 novembre 2018

Mardi 13 novembre 2018. Nouvelles du pari bénédictin : une initiative des parieurs !


-
Au lieu d’un château fort dressé au milieu des terres, pensons plutôt à l’armée des étoiles jetée à travers le ciel.
-
LE PARI BÉNÉDICTIN VU PAR JEAN-CLAUDE GUILLEBAUD.
-
"Ah, cette envie de fuir tout cela et de s’enfermer dans la citadelle ! Se répéter une fois encore « je suis chrétien », et attendre que revienne le temps de la foi partagée ! Après tout, la nôtre est assez solide pour résister aux années qui passent en verrouillant notre esprit. Attendre la fin de l’orage comme firent les hôtes ― humains et animaux ― de l’arche de Noé, mis à l’abri du Déluge. Ne plus bouger spirituellement et oublier les exhortations adressées par AUGUSTIN aux « voyageurs » que nous sommes. Oui, cette tentation m’habite encore de temps en temps. Elle a toujours existé. De siècle en siècle, des hommes et des femmes ont choisi plusieurs fois le refus, l’immobilité stoïque, le retranchement défensif dans leur statut de croyant.
"La citadelle en question, on l’aura compris, est d’abord métaphorique. C’est celle que Thérèse d’AVILA appelle le château intérieur, dans un livre rédigé en 1577, chef-d’œuvre de la mystique occidentale. Reste à savoir de quelle façon on habite ce château. Comme une forteresse insolente, pont-levis haussé et bannières déployées dans le désert des Tartares ? Comme un abri ouvert à l’autre ? Nous voilà revenus, on l’aura compris, à cette querelle moderne de la « foi identitaire », celle que j’évoquais dans le premier chapitre. J’en parlais alors avec sévérité, mais je n’ai aucune envie de jeter l’opprobre sur les chrétiens qui revendiquent ― ou assument ― ce qualificatif d’« identitaire »."
[…]
"Disons que, dans un contexte changé, cette proclamation est aujourd’hui devenue un piège dont je mesure les dangers. Certes, je comprends très bien qu’on puisse réagir face à une menace. On se regroupe, on fait corps pour faire face, quitte à s’enfermer dans un périmètre particulier. Par réflexe, on brandit son identité devant ceux qui ne la respectent pas, ou la combattent. Rien de plus naturel. Face à d’autres discriminations (Noirs, homosexuels, migrants, etc.) les diverses manifestations que l’on qualifie de pride (fierté) sont parfois bruyantes mais légitimes."
In
Jean-Claude GUILLEBAUD.
La foi qui reste. (Page 92ss).
L’iconoclaste, Paris, 2017.
-
CONTREPOINT DE ROD DREHER.
-
Il me semble vous avoir déjà donné cet extrait du livre de DREHER. J’y reviens, car il illustre fort bien ce que Jean-Claude GULLEBAUD veut dire, ainsi du reste que la citation de Jacques MARITAIN qui nous sert de devise depuis l’inauguration de cette série consacrée au pari bénédictin.

DREHER parle des pistes que KINZER ouvre aux chrétiens. (KINZER a été député républicain à la chambre des représentants du KANSAS. Il a lutté, sans succès, pour la liberté religieuse et pour l’objection de conscience. Il a depuis abandonné partiellement la politique conventionnelle.)

"« Il ne faut pas être alarmiste, je sais, mais nul ne peut ignorer les menaces très sérieuses qui pèsent sur les chrétiens, et les dangers bien réels du monde politique. Les chrétiens doivent comprendre ce que signifie être en minorité, et à quel point leur situation est critique. Sans cela, ils joueront à un jeu sans en connaître les nouvelles règles. »
"KINZER soutient que les chrétiens, s’ils doivent effectivement se concentrer sur le local et les communautés paroissiales, ne peuvent pas pour autant se permettre de déserter la politique. L’enjeu des libertés religieuses est bien trop élevé. Que faire, en ce cas ? Il propose quelques pistes :
"— Entreprendre des actions aux niveaux local et national : interpeller les législateurs par courrier manuscrit (en non en copiant-collant des e-mails de groupes activistes) et lors des rencontres publiques.
"— Préférer des objectifs prudent atteignables. Ne pas se lancer à corps perdu dans la guerre culturelle et gâcher un capital politique précieux en gestes anecdotiques ou au contraire trop virulents.
"— Rien n’est plus important que d’assurer la liberté, pour les institutions chrétiennes, de faire grandir les générations futures dans la foi. Vu notre faiblesse politique, c’est la priorité et le reste attendra.
"— Faire appel aux médias locaux pour faire entendre la voix des chrétiens lors de débats importants.
"— Rester poli et respectueux, de manière à ne pas donner raison à ceux qui considèrent les engagements des chrétiens comme des combats de bigots puritains.
"— Parce que nous avons besoin de toute l’aide possible, former des alliances entre les différents courants du christianisme et avec les religions non chrétiennes. Tendre une main amicale aux homosexuels qui ne sont pas de notre avis, mais luttent pour la liberté d’expression et de pensée."
In
Rod DREHER.
Comment être chrétien dans un monde qui ne l’est plus. Le pari bénédictin. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Hubert DARBON. (Page 134.)
Artège, Paris/Perpignan, 2017.
-
COMMENTAIRES PERSONNELS.
-
Il n’est pas question que les chrétiens, devenus minoritaires sur une terre où ils furent jadis triomphants (un peu trop sans doute), désertent le monde. Ils doivent au contraire l’habiter, en sachant qu’ils n’en sont pas des membres consentants. Le chrétien est dans le monde, il n’est pas de ce monde.
Je voudrais donner ici un exemple très concret de l’action du parieur bénédictin. Il est illustré par la création sur la paroisse Sainte-Jeanne de Chantal de l’association Oasis. Ouverte à tous les habitants du quartier, elle offre aux jeunes la possibilité de faire du sport, d’être aidés dans leur travail ; elle aide de jeunes entrepreneurs à monter leur affaire ; elle propose des rencontres de réflexion (surtout aux parents d'adolescents). Il n’y a pas d’ostentation dans son action ; il y a une offre pleine de douceur faite à tous les hommes de bonne volonté, une offre qui se fait dans le nom de Jésus, mais qui ne l’impose jamais. (Cf. https://www.saintejeannedechantal.com/L-Oasis-le-pole-jeune-de-Sainte-Jeanne-de-Chantal_a223.html ; j’ajoute que le site ne décrit pas l’intégralité des activités proposées, lesquelles s’adresse, il est vrai essentiellement aux jeunes).
Penser à l’armée des étoiles jetée à travers le ciel ! Le ciel serait profondément obscur s’il n’était clouté de ces brillants, innombrables et pourtant humbles lumignons que parfois nous devinons avec peine quand la brume est tombée, mais qui n’en sont pas moins là. Nous n’avons pas à être saisi par la fièvre obsidionale, mais nous avons l’ardente obligation de proclamer à temps et à contretemps la Bonne Nouvelle, y compris en manifestant pacifiquement mais massivement et publiquement notre opinion.


samedi 10 novembre 2018

Vendredi 09 novembre 2018. On peut vivre en parieur bénédictin !


-
Au lieu d'un château fort dressé au milieu des terres, pensons plutôt à l'armée des étoiles jetée à travers le ciel.
-
UN EXEMPLE À SUIVRE PAR LES PARIEURS BÉNÉDICTINS.
-
Transmis par mon ami Dominique.

"À Castres, en face du Restaurant MacDonald, un agriculteur du Tarn a vendu ses propres hamburgers sous le nom de MacArel. C’est un succès populaire indéniable.
En face, c’est l’Amérique. Ici, c’est la vie de nos territoires. Philippe LACUBE, éleveur de vaches de race gasconne a Teillet (81) n’y va pas par quatre chemin pour vendre ses hamburgers baptisés « MacArel ». À l’invitation de l’association occitane Pais Nostre, il s’est installé à Castres, en face du restaurant MacDonald pour faire la promotion de ses hamburgers d’un nouveau genre, faits d’un steak haché issu de vaches de race rustique élevées sur sa propriété et d’un pain complet réalisé par le boulanger de son village. On peut y ajouter du sel et du poivre, de la moutarde aussi, et rien de plus. Le résultat est au-dessus de toute attente.
Enfin de la viande qui a du goût avec du pain de farine complète, réalisé de façon traditionnelle ! Les passants se l’arrachent, achetant même des steaks à l’unité pour les servir sur leur table, le soir venu, ou demandant encore les références de l’éleveur pour passer commande.
« Notre but certes est de vendre notre production selon des circuits courts, puisque les bénéfices rebondissent directement dans la bourse des éleveurs. Mais notre démarche est aussi militante. Nous voulons des campagnes avec des agriculteurs, des chasseurs, des randonneurs et des postes ! Faute de quoi elles mourront ». Une autre vision de la ruralité.
Ajoutez à cela un  petit Gaillac à consommer avec modération… et c’est toute une région qui dévoile ses fantastiques produits pas chers !
Pour info, prix de vente d’un MacArel : 1,50 euro ; prix MacDonald : 3,20 euros !
-
CONTREPOINT DE ROD DREHER.
-
Cité par Rod DREHER
De Yuval LEVIN : "La civilisation moderne n’a pas réussi à se garder un centre cohérent : nous devons donc créer nos propres centres, sous la forme de communauté de citoyens aux idées semblables à partir desquelles construire une éthique nationale. Les porteurs d’un message moral devenu non conventionnel ne trouveront plus leur auditoire là où il se trouvait jusque-là. Les chrétiens traditionnels doivent donc comprendre qu’ils ne parviendront à rien en s’exposant au cœur de la société comme s’ils formaient une grande institution, mais en se plaçant aux périphéries, dans des avant-postes. De cette façon, se recentrer sur sa communauté immédiate signifie non pas se retirer du monde, mais au contraire y prêter une attention toute particulière."

De Patrick DENEEN : "Nous en sommes arrivés à un moment crucial : c’est moins d’un mouvement politique que nous avons besoin — quelque important qu’il soit de chercher à atteindre un certain bien public — que d’une renaissance de la culture, des pratiques et des modes de vie durables et justes, tirés de l’expérience commune, de la mémoire et de la confiance. Mais pour ce faire, il ne faut pas chercher à retrouver ce qui a été perdu. Ironiquement, les moyens se trouvent dans le véhicule même de la destruction, dans la puissance du libéralisme lui-même : la créativité de l’homme et sa capacité à réinventer, à toujours recommencer."
In
Rod DREHER.
Comment être chrétien dans un monde qui ne l’est plus. Le pari bénédictin. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Hubert DARBON. (Page 130 pour la citation de LEVIN, et page 140 pour celle de DENEEN.)
Artège, Paris/Perpignan, 2017.
-
COMMENTAIRES.
-
L’histoire du MacArel ne nous dit pas que son promoteur, Philippe LACUBE, est un chrétien de pointe. Elle nous indique simplement qu’il est possible de vivre humainement et bien, sans mobiliser des navires réfrigérés et polluants, pour faire venir de la viande d’Argentine, ni utiliser des produits d’outre-Atlantique, comme le ketchup, (sans doute excellent pour les américains, mais fort éloignés des pratiques alimentaires traditionnelles en notre pays). L’histoire du MacArel nous dit aussi qu’il est possible de faire de bons produits à moindre coût, et sans singer ce qui vient d’un pays aux mœurs fort respectables, sans aucun doute, mais fort éloignées des nôtres. Cette histoire montre aussi que de petites communautés humaines peuvent créer une manière de vivre fraternelle, éloignée de tout mondialisme tapageur, à la sauce BFMTV ou Libération.
Cette histoire prouve que les circuits courts, humains, écologiquement respectueux de l’environnement, ancrés dans une tradition locale sont parfaitement viables, n’en déplaisent aux grossiums de la grande distribution, de la finance et des grands marchands internationaux.
Philippe LACUBE a créé un mode de vie durable et juste. Prions pour que son initiative personnelle ne soit pas récupérée par les puissants. Mais, comme le dit si bien DEENEN, cité par DREHER, c’est en s’appuyant sur le libéralisme lui-même qu’il sera possible de se débarrasser de cette civilisation marchande, inhumaine, financiarisée, qui a un coffre-fort à la place du cœur.



jeudi 24 mai 2018

Jeudi 24 mai 2018. Nouvelles du pari bénédictin. Beaucoup en en ont parlé. Il est temps de le faire.


-
Au lieu d’un château fort dressé au milieu des terres, pensons plutôt à l’armée des étoiles jetée dans le ciel.
-
1. CREER DES CENTRES DE RÉSISTANCE.
-
"Tel est bien, en effet, le trait sans doute le plus paradoxal de notre époque. D’autres époques ont connu la servitude, mais la nôtre est la première qu’on ait vue marcher à la servitude sous le drapeau de la liberté. Peut-être vaut-il la peine de se demander le pourquoi de ce curieux privilège."

"Ainsi nous sommes tous entraînés dans un courant qui est devenu un torrent, dans un  torrent qui est devenu une cataracte, et contre lequel, tant que durera le règne des masses falsifiées, vulgarisées, barbarisées, il serait aussi insensé de lutter que de prétendre remonter le Niagara à la nage. Mais il n’est pas toujours [im]possible de s’en garer ou de s’en dégager, et alors de se retirer dans ce "lieu écarté" dont parle le Misanthrope pour y cultiver, dans la solitude ou une intimité choisie, loin des propagandes grossières et de leurs mensonges infâmes, la vérité, la pureté, l’authenticité. Que des sécessions de ce genre se multiplient, qu’elles se groupent, se fédèrent, elles ne tarderont pas à polariser un nombre immense d’esprits droits et de bonnes volontés sincères, qui ont pris le siècle en horreur, mais qui ne savent ni à qui ni à quoi se vouer. Ainsi pourraient se constituer des centres de résistance inviolables, des équipes de fabricants d’arches en vue du prochain Déluge, des groupes de reconstructeurs pour le lendemain de la catastrophe inéluctable. Qui veut faire partie de cette société de sauvetage d’un nouveau genre ? Elle débuterait petitement sans doute, mais c’est toujours petitement que débutent les grandes choses ; et il ne s’agit pas ici de quantité, mais de qualité."
In
René GILLOUIN.
L’homme moderne bourreau de lui-même.
Le portulan, [sans mention de lieu, Paris probablement], 1951. (Pages 44 et 68.)
-
2. CHESTERTON PARLE DES MONASTÈRES.
-
"[…]. Il se peut que vous n’aimiez pas les monastères ou la civilisation conservée par les monastères, mais il est absolument certain que c’était alors la seule civilisation qui fût. […]." (CHESTERTON fait allusion aux âges sombres.)
In
Gilbert Keith CHESTERTON.
Pourquoi je suis catholique. (Traduction collective.)
Via Romana, Versailles, 2017. (Page 172.)
-
3. COMMENTAIRES.
-
Il est tout de même très curieux, et très instructif, que des auteurs aussi différents que le peu connu (mais remarquable) GILLOUIN et le très connu CHESTERTON, rejoignent dans leur analyse et leur constat ce que Rod DREHER synthétise avec force dans son ouvrage sur le pari bénédictin.
Partout dans le monde, s’élèvent des tours de Babel. L’homme s’essaye avec elles de se faire plus haut que Dieu. La tour la plus haute à Dubai (1 km de hauteur), le barrage le plus audacieux sur le Yant zi jiang, les tunnels les plus longs en Suisse et au Japon en disent beaucoup sur la folie humaine, sur sa démesure, sur l’ubris qui aveugle les plus intelligents des êtres humains. On envoie des satellites, des fusées, vers Mars, vers la Lune, vers la comète Tchouri, que sais-je encore.
Quel profit l’humanité tire-t-elle de ces entreprises ? Que signifient-elles ? Je laisse à chacun le soin de donner sa réponse à ces questions. J’ai la mienne.
Quand la politique se résume à imposer au peuple, sous le fallacieux prétexte de démocratie, les solutions élaborées par des experts, des techniciens, des irresponsables, en fait, alors il arrive un moment où le peuple n’en peut plus et se révolte, souvent avec violence. 
Parlons maintenant concrètement de notre patrie.
Imposer aux Français, comme le fait le très intelligent Président de la République des solutions (qui créent plus de problèmes qu’elles n’en résolvent) de nature purement techniques et matériels à des organismes ou une société qui vit un malaise d’une autre origine que technique et matérielle, c’est manquer sa cible. Certes, la SNCF n’appartient pas aux syndicats, mais aux Français. Mais négliger le capital social, la psychologie sociale qui se vit dans la société des cheminots – une sorte de fraternité vivante, de complicité amicale – c’est une erreur de première grandeur. Ce n’est pas parce qu’un polytechnicien a pensé tout seul dans son burlingue à la manière d’introduire la concurrence dans le transport par chemin de fer, pour obéir à une Europe (enfin aux mondialistes américanophiles libéraux incarné par le très nul Jean-Claude JUNCKER) que SA solution est la bonne. Nous avons des exemples qui montrent combien cette solution peut présenter quelques avantages, mais surtout des inconvénients. Le polytechnicien s’en fout. Il prend l’avion ou il a une voiture de fonction avec chauffeur.
Alors il nous reste la solution de créer ces centres de résistance, ces petits monastères laïcs, tels que le préconise DREHER et GILLOUIN, et de donner au monde, par notre joie de vivre, notre tempérance, l’amour du beau, du vrai et du bien, un témoignage, LE témoignage de civilisation que donnèrent jadis saint BENOÎT de NURSIE, saint ANSELME et tant d’autres moines. C'est ce dit par exemple le cardinal SARAH.
-
4. LIENS UTILES.
-
Signe des temps ?


La main dans le sac ou le bidonnage révélé.


Témoignage bénédictin.


Témoignage africain.

A lire IMPÉRATIVEMENT, surtout vous, les jeunes.
Voici un extrait de cette homélie. "Cher peuple de France, ce sont les monastères qui ont fait la civilisation de ton pays. Ce sont les personnes, les hommes et les femmes, qui ont accepté de suivre Jésus jusqu’au bout, radicalement, qui ont construit l’Europe chrétienne. Parce qu’ils ont cherché Dieu seul, ils ont construit une civilisation belle et paisible comme cette cathédrale."
Puisse le cardinal devenir un jour pape.




Et quand ils auront tué tous les prêtres, il ne restera que des voyants et des satanistes


Soutenir les écoles du pari bénédictin.


Petits blancs ou mâles blancs de monsieur MACRON.

Belle élégance de la pensée macronienne !



dimanche 20 mai 2018

Dimanche 20 mai 2018. Nouvelles du pari bénédictin. Le corps et le progrès !

-
Au lieu d’un château-fort dressé au milieu des terres, pensons plutôt à l’armée des étoiles jetée dans le ciel.
-
1. ROD NOUS PARLE DU CORPS.
-
"Le corps humain n’est pas qu’une sorte d’ordinateur biologique. À prendre l’habitude de penser le corps en termes mécanistes, on baisse sa garde éthique et morale. Le progrès technologique n’est pas le progrès moral ; en réalité, il peut même en être le complet opposé.
Lors d’une conversation passionnante à propos de bioéthique, un brillant chercheur en médecine, chrétien, me disait : « Ce à quoi nous allons assister dans les années qui viennent est tout simplement révoltant. Mes collègues chercheurs ne le voient pas du tout. La plupart ne sont pas chrétiens, mais même ceux qui le sont me regardent sans comprendre quand j’essaie d’aborder le sujet. »
La technologie, qui nous prive de notre capacité à nous penser nous-mêmes autrement qu’en termes technicistes, a corrompu l’esprit des scientifiques. Au début du XXe siècle, les progressistes européens et occidentaux ont embrassé l’eugénisme, cette pseudoscience qui s’est fixé pour but d’améliorer la race en contrôlant la génération. Certaines figures religieuses également, qui clamaient que la science appliquée ferait progresser la société. Seuls les catholiques et les fondamentalistes protestants se sont dressés contre cette doctrine, au nom de la dignité de l’homme."
In
Rod DREHER.
Comment être chrétien dans un monde qui ne l’est plus. Le pari bénédictin. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Hubert DARBON.
Artège, Paris/Perpignan, 2017. (Page 337.)
-
2. CONTREPOINT DE MARC WEINSTEIN.
-
"Pour dépasser la généralité naïve du « bien » et du « mal » ― comment formuler plus concrètement les principes de la relativité technoscientifique ? Pour la commodité, on s’appuiera ici sur les travaux de Jacques ELLUL, dont on tirera les trois principes suivants : 1) l’imprévisibilité, 2) le retour de négativité quantitative, 3) le retour de négativité qualitative. Pour chacun de ces trois principes nous donnons deux ou trois exemples, en laissant à l’expérience quotidienne du lecteur le soin et la liberté de les multiplier :
1) Principe d’imprévisibilité : à un effet positif de la technoscience se relient nécessairement des effets négatifs imprévisibles. Par exemple, les effets cancérigènes de l’amiante ou des pesticides.
2) Principe du retour de négativité quantitative : à un progrès apporté par telles inventions technoscientifiques se relient plusieurs reculs ; autrement dit, la technoscience pose plus de problèmes qu’elle n’en résout. Exemple : la voiture facilite les déplacements mais elle agrandit inutilement les villes et les banlieues qui mordent sur les campagnes, elle augmente les distances domicile-travail et les temps de transport ; enfin la voiture se multiplie et s’embourbe dans les embouteillages (sans parler des problèmes qualitatifs liés à la pollution).
3) Principe de retour à la négativité qualitative : à un progrès apporté par telle invention technoscientifique se relient des reculs plus vastes que le progrès réalisé ; autrement dit, la technoscience pose des problèmes qualitativement plus graves que le problème qu’elle résout. Deux exemples. D’abord : Internet accélère la communication, mais fragilise l’existence de la presse papier, malmène la loi (le droit d’auteur, la réglementation des sondages électoraux), favorise la diffusion des idées racistes et des images pornographiques, encourage le plagiat parmi les lycéens et étudiants, etc. Ensuite : qui veut traiter des maladies en manipulant des gènes doit savoir qu’il accepte aussi la manipulation du génome humain à des fins eugénistes, l’eugénisme étant l’un des grands symptômes des « politiques » totalitaires. Après les tentatives nazies, la question se pose de savoir si l’humanité ne se dirige pas, pour le dire avec Jürgen HABERMAS, « vers un eugénisme libéral » (en rigueur de termes, il faudrait plutôt parler d’eugénisme néolibéral, car John LOCKE, Adam SMITH et Benjamin CONSTANT n’ont jamais ne serait-ce qu’imaginé la possibilité d’améliorer l’espèce humaine).
In
Marc WEINSTEIN.
L’évolution totalitaire de l’Occident. Sacralité politique I.
Hermann, Le Bel Aujourd’hui, Paris, 2015. (Page 297.)
-
3. COMMENTAIRES PERSONNELS.
-
Tous les régimes totalitaires (nazisme, communisme notamment) ont eu recours à l’eugénisme et l’ont même défendu, pour le premier des deux, comme un moyen d’améliorer la race.
Il nous faut donc bien comprendre, - et je prie ceux de mes lecteurs qui pensent que je tombe dans l’intellectualisme de m’excuser s’ils trouvent que ce billet est compliqué, - il nous faut bien comprendre ceci : le recours à l’avortement, d’abord thérapeutique, puis de confort, ouvre la porte au diagnostic génétique anténatal et à la suppression des embryons qui ne correspondraient pas aux désirs des géniteurs : il y a une collusion du progrès, de l’individualisme, et de cette plaie raciste qu’est l’eugénisme. Le recours à la PMA est une autre porte ouverte à l’eugénisme : rien n’empêchera les « banques » (les bien-nommées !) de sperme d’étiqueter les caractéristiques du donneur de façon que les demandeuses puissent le choisir sur catalogue. Il en va de même pour la GPA. Si vous ne comprenez pas quelle boîte de PANDORE nous ouvrons en légalisant ces pratiques qui vont contre la nature, alors, il faut encore un peu réfléchir. Notre corps n’est pas un corps machine. Il est animé par une information de vie. Les apprentis sorciers peuvent essayer de tripatouiller cette information, ils peuvent le faire et ils le feront sans doute. Eh bien  sans doute non plus, il faut savoir ceci : premièrement, l’adoption généralisée de ces pratiques conduiraient l’humanité à sa perte, ne serait-ce que pour des raisons d’appauvrissement génétique de l’espèce et deuxièmement, ladite adoption conduirait à une levée de boucliers sans précédent de la part d’un petit reste d’êtres humains, conscient des enjeux spirituels de ces pratiques. Pour ce qui est de la France, je peux déjà prévenir ceux qui dans l’ombre des ministères et l’obscurité des loges concoctent ces lois inhumaines et iniques qu’ils auront fort à faire avec des millions d’opposants. Car voyez-vous, messieurs, mesdames, les Français forment un peuple rempli de bon sens, très proche de la terre, et ne s’en laisseront pas compter par ces puissants imbéciles. Mais quand j'entends le Pr DELFRAISSY dire qu'il ne sait pas ce qu'est le bien et le mal, lui qui préside les Etats Généraux de la Bioéthique, je suis quand même un peu perplexe et j'ose lui dire : cher Collègue, vous débloquez à plein tube !
Je voudrais enfin compléter mon billet d’hier. S’il est juste et en vérité de condamner les diverses péchés contre le corps, il n’appartient pas de juger ceux qui, pour diverses raisons, y sont tombés : ce serait du pharisaïsme, et ma foi, je ne vois pas parmi le genre humain un homme sans péché qui pourrait leur jeter la première pierre. Seul Jésus le Juste pourrait le faire, et il ne l’a pas fait pour la femme adultère.
-
4. LIENS UTILES.
-
Même Le Figaro Madame s’y met !

Et il y a toujours un imbécile du type décrit par BERNANOS pour défendre ce concept !


Et la mairie de PÉRIGUEUX en remet une couche !


Quand Satan inspire des conduites humaines.


Monsieur le maire (PS) de Sainte-Terre en Gironde n’aime pas le drapeau français.

Moi, si !



Aucun médium ne fait état de ce vandalisme !


C’est que les églises ne sont pas des mosquées, pas vrai monsieur PLENEL ?