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dimanche 5 mai 2019

Dimanche 05 mai 2019. Du nouveau sur le Transfo de Saint-Victor et Melvieu


Chers amis,

Je ne pensais pas que mon billet sur le Transformateur de Saint-Victor et Melvieu aurait une telle répercussion.

(1) Un élu qui a eu mon adresse mail par les amis chez qui je suis reçu, lorsque je me rends dans l’Aveyron, me fait savoir que la déclaration d’utilité publique n’a pas été signée par madame le Préfet (qui n’en a pas la compétence juridique), mais par le ministre de l’écologie d'alors, monsieur Nicolas HULOT ; il l’a signée sans avoir eu connaissance des pièces de l’enquête d’utilité publique. Il est clair qu’il y a eu un curieux dysfonctionnement dans cette affaire et que le ministre, ignorant des enjeux, a été circonvenu. Reste à savoir par qui. On reste confondu qu’un ministre champion de l’écologie se soit prêté à une telle mascarade.

(2) Le même élu m’envoie le texte que les jeunes de L’Amassada (les « zadistes » pour ceux qui méprisent le sol, la terre et le travail des hommes, et qui n'ont que faire du Peuple) ont diffusé auprès des habitants de la commune ; je n’y ai pas changé une virgule.

"Le dimanche 12 mai, L’Amassada vous invite à une journée collective de réflexion autour de ce qui se joue ici localement autour de la lutte contre le méga transfo RTE de Saint Victor, mais pas que…En effet, comment ne pas voir que ce projet d’autoroute de l’électricité qui s’impose au territoire de l’Aveyron et à toute la France n’est qu’une partie d’un système de pouvoirs beaucoup plus vaste. Système dont le but, et Macron n’a cessé de le répéter dans ces différentes allocutions, est de connecter tous les réseaux énergétiques européens afin de rendre toujours plus efficace l’ordre néolibéral. Car on le sait, l’énergie est le nerf de la guerre économique. Sans elle les infrastructures ne tournent pas.
Aussi, le grand blabla de ce gouvernement autour de la « transition » n’émeut plus. Et c’est bien une des forces du mouvement des Gilets Jaunes comme des franges les plus lucides et radicales du mouvement climat que d’avoir mis en avant cette arnaque : la transition telle qu’elle est distillée par les oligarques au pouvoir n’est qu’une bulle spéculative qui n’a pas du tout pour ambition de changer le système, mais bien au contraire d’en affirmer l’hégémonie capitaliste intégrale.
Que Macron ait annoncé dans son discours du 27 novembre lors de la création du Haut Conseil pour le Climat sa volonté de tripler l’éolien et de quintupler le photovoltaïque en France doit être compris comme une manœuvre de communication de bas étage mais aussi et surtout comme une déclaration de guerre contre les parties non réformistes du mouvement écologique lui-même. Car il est évident que « l’écologie industrielle »dont Macron est le porte-voix, est incompatible avec une écologie sensible, populaire et anti-industrielle. Tous les experts indépendants le disent : on ne s’en sortira pas face à la crise climatique et à l’effondrement des écosystèmes en imposant des solutions purement technologiques. C’est bien ce que nous disons à l’Amassada depuis le début de la lutte car nous sommes témoin ici, très localement, de ce désastre des territoires sacrifiés au nom du grand maître Progrès. Et de plus en plus de personnes se rendent compte que toutes ces éoliennes et les infrastructures THT qui les accompagnent ne réparent pas les catastrophes écologiques mais les aggravent ou contribuent à les rendre invisibles.
Cette journée de discussion du 12 mai se voudrait donc être d’abord un état des lieux de la lutte contre ce monstre de « l’écologie industrielle » qu’est le méga-transfo RTE et consorts, mais aussi un moment de réflexion sur les devenirs possibles de cette lutte. Qui dépasse d’ailleurs largement les frontière de l’Aveyron puisque de toutes parts les actions fusent, que se soit par les mouvements de désobéissance écolo, les blocages de Exctinction Rebellion, et les prises de positions de groupes de Gilets Jaunes contre l’écologie néolibérale à la Macron. Nous qui depuis plus de 5 ans tentons de défendre ce lieu de l’Amassada avec ses terres, ses cabanes et ses maisons, et indirectement toute la région, puisque le méga transfo et les centaines d’infrastructures qui l’accompagneront vont impacter des zones extrêmement larges, et bien, nous sentons que quelque chose se joue ici, et que l’urgence de la situation détermine bien des choses à venir.
Le fait que ce gouvernement ne bouge pas d’une ligne face aux émeutes ou face aux pétitions climat de 2 millions de personnes, demande peut être de repenser nos stratégies. Ce qui est certain c’est que les rencontres sur les ronds-points, sur les ZAD, dans les manifs du samedi dessinent une autre géographie de la France, où des gens invisibles ont fait irruption dans l’époque, se sont parlés, sont sortis de leur solitude. Et c’est tout ça, ces cabanes, ces brasiers, ces assemblées, cette nouvelle fraternité des « périphéries en sécession » comme disent les experts patentés, qu’ils ne sont pas prêts de lâcher. N’en déplaise au triste prince fascistoïde qui nous sert de président. Bloquer le temps de l’économie néolibérale et ouvrir des espaces à nous, des espaces de démocratie directe où les besoins matériels sont repensés, voilà des choses vitales à organiser ensemble
Nous vous invitons donc toutes et tous à venir participer à cette journée de discussion à la salle des fêtes de saint victor 12400, à partir de 10h, et d’amener quelque chose à grailler pour midi… Cette journée est importante!!!
Nous espérons être nombreu.ses. A dimanche donc."

Je n’ai pas changé un mot à ce texte qui, vous en conviendrez, n’est pas écrits par des incultes.  Je reprocherais cependant l'usage (très modéré il est vrai) de l'écriture dite inclusive, pour la formule conclusive. Elle n'ajoute rien à la force du texte, mais au contraire peut servir d'argument pour dézinguer ces jeunes. J’avais prévu de vous délivrer un autre billet, mais ces éléments nouveaux m’ont poussé à en différer la publication pour leur laisser la place. J’ajoute cependant que l’écologie punitive, telle qu’elle est pratiquée par ce Gouvernement est très exactement le contraire de ce qu’il faut faire et de ce que veulent promouvoir ces jeunes. Il faut, comme ces derniers le vivent, rentrer dans une vie de tempérance et de fraternité. Si BERNANOS était encore de ce monde, il soutiendrait les jeunes de l’Amassada et les Gilets jaunes.

samedi 4 mai 2019

Samedi 04 mai 2019. Deuxième billet du jour . A propos du Transformateur de Saint-Victor et Melvieu !


Chers amis,


A plusieurs reprises, je vous ai parlé du transformateur que RTE entend installer contre tout bon sens, et contre l’avis de la population, sur le ban de la commune de Saint-Victor-et-Melvieu dans l’Aveyron.
Comme à mon habitude, je viens de passer quatre jours dans ce village tranquille de la France profonde, la vraie France, celle qui fait son charme et pour lequelle des millions d’étrangers viennent la visiter. Je viens d’apprendre que madame le Préfet de l’Aveyron a signé la Déclaration d’Utilité Publique relative à ce transformateur, et que les procédures d’expropriation ont commencé, dans des conditions défiant tout ce qu’il possible d’imaginer dans un pays qui se dit le pays des droits de l’homme.
Je me suis donc rendu en mairie pour en savoir plus, car j’avais déposé ma propre contribution à l’Enquête d’Utilité Publique et je vous en avais du reste fait part.
C’est là que j’ai appris l’imposture, le mensonge et l’arrogance des représentants de RTE.
Madame le Préfet a signé la DUP sans avoir pris connaissance des contributions à l’Enquête, au motif (a-t-elle dit à la délégation communale qui avait sollicité une audience auprès d’elle), que les jeunes occupants de l’Amassada (la ZAD locale) qui entendent interdire la construction de cette abomination, auraient brûlé ces documents. C’est ce que lui a dit semble-t-il un représentant de RTE. C’est un mensonge éhonté ou un alibi. J’ai pu savoir que les documents ont bien été déposés à la préfecture et qu’une décharge avait été signée au moment de leur remise. Ce qui est vrai, c’est que la maquette du transformateur exposée en mairie a été effectivement brûlée par ces jeunes. On imagine mal qu’ils aient eu l’imbécillité de détruire les documents qui les défendaient et s’opposaient à la construction de cette dangereuse horreur. Il y a donc une triple manipulation : intimidation, dissimulation, mensonge à quoi s’ajoute l’arrogance de ces grands techniciens parisiens qui ne sauraient pas faire la différence entre un bœuf et un taureau.
Mais les aveyronnais sont futés, et les secrétaires de mairie avaient pris soin de scanner toutes les contributions, de sorte que madame le Préfet a pu en  avoir une copie qui lui a été transmise sur une clé USB. Mais la DUP était hélas signée ! Je puis concevoir que, faute de temps, elles ne les auraient pas toutes lues. Elle s'est donc fondée sur la conclusion du Commissaire enquêteur, qui.... hélas ! (Je n'en dirais pas plus.)
Vous vous demandez pourquoi il y a des Gilets jaunes, et des Gilets jaunes violents ? Le voilà, le pourquoi, à partir d'un cas particulièrement exemplaire : quelques grossiums de RTE entendent imposer une implantation plus que contestable (alors qu’il existe à quelques centaines de mètres de là d’autres endroits moins dangereux et disponibles). Ils invoquent l’Intérêt Général, dont ils seraient les infaillibles définiteurs, mais ils ignorent ce qu’est le Bien Commun. C’est la tyrannie de l’État, issue tout droit de la conception jacobine et républicaine de la société politique. Et c'est au nom de l'Intérêt déclaré Général qu'ils nourrissent leur ego.
Voyez-vous, on a dépensé 12 millions d’Euros pour organiser le Grand Bla Bla duquel se dégage une fumée à la désagréable senteur de manipulation. Et l’on ne pourrait pas dépenser quelques millions d’euros pour implanter en un autre lieu cette machine infernale ?
Pour conclure, je vous joins l’extrait d’une lettre envoyée par un propriétaire exproprié à madame le Préfet de l’Aveyron. Vous jugerez vous-même de la violence qui lui est faite, et des raisons qui justifient amplement la révolte des Gilets jaunes. Il m’est impossible, pour des raisons bien compréhensibles, de vous donner le nom de la source qui m’a transmis cette lettre poignante. Mais j’en garantis l’authenticité.

"Madame la Préfète,

Je suis propriétaire de terres agricoles au lieu-dit La Plaine, commune de Saint-Victor et Melvieu et j’ai déjà fait l’objet d’une procédure d’expropriation suite à la déclaration d’utilité publique. Ces terres étaient travaillées par mon mari et mon fils. Depuis quelques années, ils ont mis en œuvre des actions pour lutter contre l’érosion des sols, ils ont cessé de labourer et privilégient les semis directs et les semences de plantes à enracinement profond. La terre commence à rendre les fruits de leur travail, elle est en meilleure santé. Mon grand-père, Victor C[…], avait sacrifié beaucoup pour s’offrir ces quelques belles terres de la Plaine et il était fier de ses récoltes. Mon mari et mon fils partagent son amour de la terre et vivent très mal de devoir renoncer aux cultures qui nourrissent les hommes au profit de pylônes et de méga-watts.
Et ceci d’autant plus que, par l’arrêté préfectoral n°12-2018-12-17-005 du 20 décembre 2018, d’autres parcelles vont nous être retirées temporairement sans qu’aucune compensation financière ne soit mentionnée, comme si cela était une formalité et que nos terres et notre travail étaient sans importance !
[…]."

J’ai eu entre les mains copie de cette lettre manuscrite d'où la garantie d'authenticité sus-mentionnée.

Nous ne devons pas laisser faire. Nous ne pouvons pas accepter l’injustice, et la violence faite aux hommes pour la satisfaction de quelques technocrates. Mais c’est bien connu : la technique est tout simplement l’absence d’être (je paraphrase HEIDEGGER).

NB : c'est à dessein que j'ai utilisé le terme de définiteur qui signifie "religieux délégué au chapitre de son ordre pour y traiter des questions intéressant la vie de l'ordre". Ces grands fonctionnaires, ces techniciens infaillibles forment en effet un ordre laïc, avec ses codes et ses règlements. Malheur à celui qui y dérogerait. Il ya dans cette caste des chefs qui se chargent de définir ce qui est bon pour elle et ce qui est mauvais. Et ce qui est bon elle, c'est qu'elle ait toujours le dernier mot.








lundi 28 janvier 2019

Lundi 28 janvier bis. L'enfumage démocratique et la violence d'Etat à Saint-Victor et Melvieu


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Chers amis, je vous invite à lire cet article de Médiapart (ce n’est pas mon agence d’information préférée), mais il me semble équilibré et juste.


Il se trouve que je connais très bien Saint-Victor et Melvieu, où des amis m’invitent régulièrement pour passer quelques jours de vacances. J’ai suivi de bout en bout cette affaire, et j’ai déposé ma contribution lors de l’enquête préalable à la déclaration d’utilité publique. Je me suis aussi rendu sur le site de l’Amassada et j’ai pu discuter avec les jeunes et moins jeunes qui occupent les lieux pour éviter le saccage de cette terre agricole de 5 hectares ; ils sont paisibles, nullement agressifs mais refusent que des technocrates décident de vendaliser, au mépris de toute justice et de toute étude d’impact, un endroit magnifique. Ces jeunes ont été intimidés, conduits un beau matin, contre toute légalité, par des gendarmes, en divers lieu de l’Aveyron, et libérés le soir, sans aucun moyen de pouvoir rentrer chez eux commodément. Les responsables politiques locaux de la communauté de commune – je ne les nommerai pas pour ne point être attaqué en diffamation – soutiennent le projet d’implantation de ce transformateur sur une commune qui est réfractaire à leur façon de faire. (Je pense à cette séance où des jeunes opposants avaient pu rentrer, légalement, dans la salle où se tenait une réunion sur ce transformateur, et en ont été chassés en toute légalité (!) par le Président, qui a invoqué pour ce faire des motifs d’ordre public.) Ajoutons que la commune de Saint-Victor et Melvieu disposait des revenus issus de l’existence d’un barrage sur le Tarn, un barrage construit sur son ban communal, et que, jusqu’à un passé récent, cette commune jouissait de l’autonomie financière, laquelle lui a été supprimée. De sorte que le Président de la communauté de communes dispose, légalement, toujours (!) du droit d’utiliser ces revenus comme il l’imagine, et soumet ses projets à l’assemblée de cette communauté. Enfin terminons pour souligner l’injustice commise à l’encontre d’une population rurale, que la commune de Saint-Victor et Melvieu est déjà dotée d’un énorme transformateur, que des lignes à haute tension sillonne déjà son azur, et que le découpage du territoire de la communauté lui interdit de demander un changement de communauté, puisque l’on s’est arrangé pour qu’elle ne puisse être limitrophe d’aucune autre communauté, condition indispensable à une telle opération.
Je dis que la démocratie, la probité intellectuelle et le souci du bien commun ont été bafoués par des élus dont nombre ont des intérêts personnels qui motivent leur soutien aux initiatives du Président de la communauté. Et j’attends fermement que l’on démente ce que j’affirme ici.
C'est pourquoi je demande aux Gilets jaunes du coin de venir soutenir ces jeunes qui défendent en toute justice, ce qui est juste.




mercredi 10 janvier 2018

10 janvier 2018. Note brève. Un nouveau Notre-Dame des Landes en Aveyron (2)

Comme j’avais déposé une contribution auprès du Commissaire enquêteur chargé d’instruire le dossier du transformateur de Saint-Victor et Melvieu, et que, outre sa publicité obligatoire – chaque citoyen a pu en prendre connaissance – cette contribution était datée, signée et portait mon adresse, une élue m’a envoyé à titre d’information la lettre en forme de droit de réponse à la publication d’un éditorial scandaleux publié dans le numéro du Figaro daté du 5 janvier. Je voulais vous la transmettre pour vous montrer combien, billet après billet, se justifient mes analyses sur cette société technocratique, bureaucratique et oppressive. Je vous demande instamment de partager cette note brève ainsi que le billet je donne le lien ci-dessous ; trop c'est trop ; ni les gendarmes, ni la police, ni la force ne viendront à bout de la résistance des ruraux, sauf à faire des morts.


"Monsieur,

Elue à St Victor et Melvieu j’ai pris connaissance de votre éditorial du 5 janvier ainsi que des articles de vos collègues Christophe Cornevin et Bertille Bayard. Je m’adresse à vous à cause de l’adresse mail mais je vous serais obligée de communiquer mon propos aux deux autres journalistes.

Ce que M Cornevin exprime au sujet du « méga transformateur » de St Victor et Melvieu me semble mériter quelques précisions. D’abord le conseil municipal de St  Victor et Melvieu a voté à plusieurs reprises et à tous les niveaux de ce dossier contre ce projet parce que notre village supporte déjà 13 lignes électriques, un barrage, un poste de transformation et 138 pylônes, un seuil est atteint par la population. Il ne s’agit pas du phénomène « Nimby », pas dans mon arrière-cour, mais simplement de saturation de nuisances pour 400 habitants qui ont déjà beaucoup donné pour la production énergétique nationale. Quant aux « frondeurs » que M le Préfet qualifiait de pré-zadistes ils sont propriétaires du terrain convoité par RTE.

Mais venons en au fond de ce dossier du 5 janvier. Je simplifie : il y a une poignée d’ extrémistes (de gauche) qui fédèrent des égoïsmes locaux. Ce n’est pas la réalité. Il n’y a plus depuis des années de politique des territoires, plus de services publics, déserts médicaux, classes qui ferment, lignes de chemin de fer inexistantes ou supprimées etc…. et voilà que l’on sature ces territoires déjà défavorisés d’ouvrages électriques qui détruisent le seul bien qui reste : un milieu naturel non pollué. Il ne viendrait à l’idée de personne d’implanter un site d’enfouissement de déchets radioactifs à proximité d’une grande ville, mais les 80 âmes de Bure peuvent bien s’y plier, elles n’ont qu’un seul défaut, elles sont peu nombreuses et sans défense. Voilà pourquoi des populations rurales traditionnellement conservatrices et plutôt à droite accueillent parfois avec bienveillance ces « casseurs des champs ».

Il y a effectivement comme le dit Bertille Bayard une « incapacité de notre époque à créer du consensus » et il n’y a là aucun paradoxe avec ce qui lui semble une débauche de communication.(1) Un consensus suppose un noyau de valeurs partagées qui fédère des intérêts et justifie des sacrifices. Les territoires ne peuvent exister que comme un réservoir de ressources pour les agglomérations et une source de profits désormais mondialisés. Les ruraux, les locaux, les exilés des villes appelez les comme vous voulez n’ont plus le sentiment d’appartenir à un pays dont ils seraient tout à la fois les pourvoyeurs et les bénéficiaires. Le consumérisme ne fait pas une civilisation et la nation ne fait plus sens. Ce qui prime alors c’est l’individu  perdu dans un ensemble qui l’ignore et qu’il se plait à son tour à ignorer. Il se replie alors sur son cadre de vie parce que c’est le lieu identitaire qui lui reste.

Présenter les « zadistes » comme une poignée d’extrémistes violents qui viendraient à eux seuls enrayer  une cinquantaine de projets d’aménagement est tout à fait simpliste. Les ruraux constatent le saccage de leur environnement au profit d’un  économisme dont ils sont les perdants. Les frondeurs représentent une contre-société. Ils ne font que relayer avec leur organisation une contestation et un malaise bien plus  profond et plus général.

(1)Je précise qu’à St Victor et Melvieu il n’y a pas eu de débat public, la décision d’implantation a été prise par M le Sous Préfet au nom de l’Etat et le dossier de concertation de l’époque ne correspond pas au dossier actuel."



dimanche 7 janvier 2018

07 janvier 2017. Note brève. Un nouveau Notre-Dame des Landes en Aveyron ?

Depuis plus de dix ans, je passe quelques jours de vacance, deux fois par an, chez des amis qui ont la gentillesse de m’inviter dans ce village dont il faut retenir le nom : SAINT-VICTOR et MELVIEU.
Les habitants du village résistent avec force, depuis des années, contre l’implantation d’un énorme transformateur sur le ban de leur commune, à proximité de SAINT-VICTOR. Le terrain sur lequel devrait être construit ce transformateur est occupé par des jeunes et des moins jeunes que les imbéciles, notamment les « journalistes » qualifient de zadistes, avec cette nuance de mépris qui caractérise tous ceux qui ne sont pas informés.
J’ai été amené à répondre à l’enquête d’utilité publique diligentée par un « commissaire enquêteur » tout acquis à la cause de l’État, de l’administration préfectorale et d’ERDF.
Le dossier présenté par cette « honorable » institution a d’abord été retoqué, car ses concocteurs, consciemment ou non, avaient omis de signaler l’existence d’un hameau près du lieu d’implantation de cet inutile monstre électrique. J’ai déjà signalé dans un billet un peu ancien
la manière dont ERDF avait acheté littéralement la bienveillance des écologistes empressés du LARZAC.
Il faut savoir ceci :
Premièrement, les ondes électromagnétiques émises par ce genre d’installation, sont probablement dangereuses pour la santé.
J’ai appris qu’un habitant du village, habitant près d’une ligne à haute tension, avait développé une tumeur du cerveau (sans doute un glioblastome) et je m’étais interrogé à l’époque sur la relation de cause à effet entre la ligne et la tumeur.
Deuxièmement, le ban communal héberge déjà un transformateur, relié au barrage de PINET. Une fois, ça passe, deux fois ça lasse.
Troisièmement, le conseil d’état à retoqué le plan d’implantation d’éoliennes dans la défunte région de Languedoc-Roussillon. Or il semble bien que l’un des objectifs fixés par ERDF à ce transformateur est de collecter le courant produit par un champ géant d’éoliennes. On voit mal, dans ces conditions, à quoi il va servir si le refus du plan est maintenu.
Quatrièmement, il existe un endroit situé à quelques centaines de mètres de l’endroit litigieux, où il serait possible d’implanter ce transformateur, moyennent un surcoût de quelques millions d’euros. Quand on sait que le comité d’entreprise d’EDF touche 1 % du chiffre d’affaire de l’entreprise et que nombre d’anciens responsables syndiqués de la CGT, membres de ce CE, ont été convaincus de détournement de fonds et lourdement condamnés, on se dit qu’il y a dépenses et dépenses…
Cinquièmement, le prix politique à payer pour l’implantation de ce transformateur sera ou serait extrêmement élevé. Les jeunes, pour l’instant très sages, à quelques actions d’obstructions non violentes près, ne s’en laisseront pas conter. 

Il est grand temps que l’État, enfin ses représentants, écoute les citoyens de la France rurale. Il est grand temps de s’opposer à cette dictature de la technique. Il est grand temps de dénoncer les manœuvres d’intimidation dont les édiles de SAINT-VICTOR ET MELVIEU, m’a-t-on dit, ont été les victimes. La dernière en  date est celle dont le commissaire enquêteur a reçu une délégation municipale, (dont un ingénieur des arts et métiers, un ancien d’ERDF et des élus). Il y avait dans la rue 6 ou 7 camionnettes remplies de gendarmes, casqués, bottés, armés. Et derrière les trois portes de l’immense pièce où se tenait l’audience de messire l’enquêteur, il y avait un garde. Mes sources sont absolument sûres et je mets au défi qui que ce soit de prouver le contraire. Mais le siège de messire est fait comme, doit se faire selon lui l'implantation du transformateur.

C’est ce qu’on appelle la discussion démocratique.


Je dis et je maintiens que ces jeunes qui occupent le terrain litigieux sont en train d’édifier une contre-société qui s’oppose en tout point à la dissociété que nous offre en plat de résistance le macronisme, la technologie, l’arrogance des hauts fonctionnaires et par-dessus tout leur irresponsabilité. Retenez bien le nom de ce village : SAINT-VICTOR ET MELVIEU. Il se pourrait bien que ce soit là un nouveau Notre-Dame des Landes.

samedi 2 novembre 2013

Camping contre transfo...

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Lisez bien ce qui suit. C'est très instructif de la manière dont les puissants fonctionnent.
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Donc, en 2010, RTE, la structure chargée du transport de l'électricité, décide de construire un énorme transformateur sur des terrains agricoles sis au sortir de SAINT-VICTOR (en Aveyron) au bord de la route qui mène à SAINT-AFFRIQUE. Il faut savoir qu'il existe déjà un énorme transformateur non loin de MELVIEU, sur le ban de la commune de SAINT-VICTOR ET MELVIEU. Il traite l'électricité produite par le barrage de PINET, sur le TARN, quelques 200 à 300 m en contrebas. En vérité, il semble que ce projet de transformateur est un prélude à l'installation d'un très grand parc d'éoliennes sur le ban communal. Quand on voit les parcs qui dénaturent l'horizon, du côté du LEVEZOU, de VILLEFRANCHE-DE-PANAT et de BROQUIES, sur la rive droite du TARN, on est absolument consterné. Ces éoliennes sont une véritable offense à la nature. Sur VILLEFRANCHE-DE-PANAT, deux d'entre elles sont déjà en panne et, en vertu d'une loi, il faudra les démonter, à grands frais d'ailleurs. On comprend donc le refus des habitants, d'autant qu'un jeune agriculteur qui vient de s'installer, a formé le projet de construire une bergerie sur le terrain convoité par RTE. Le Préfet et toute l'administration déclarent le projet de transformateur d'utilité publique. Mais il y a de très grosses erreurs dans la publication de l'arrêté, une des communes intéressées n'ayant manifestement pas publié cet arrêté dans les délais, et l'arrêté préfectoral ayant été soigneusement dissimulé pour ne laisser que le délai minimum de publicité par les mairies. Vous me suivez ?
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Voici comment les écologistes ont traité le sujet.
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En 2010, l'association de défense de SAINT-VICTOR ET MELVIEU fait appel à monsieur José BOVE pour qu'il les soutienne dans leur refus. C'est vraiment un sujet écologique. Une première réunion a lieu, non pas avec monsieur BOVE qui est indisponible, sans doute parce qu'il n'a pas fini de bourrer sa pipe, mais avec Anne LACOUTURE, son assistante parlementaire au parlement européen, et Marie-Françoise VABRE, l'épouse de monsieur BOVE. On explique, lors de cette réunion, le lien qui existe entre le transformateur et le parc éolien, du pain béni pour le combat écologique. Anne LACOUTURE, et, par dessus-tout Marie-Françoise VABRE écoutent en effet, avec la plus grande attention, les données du problème.
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Lors d'une deuxième réunion, Anne LACOUTURE, Marie-Françoise VABRE et Arnaud BOUDOU, compagnon de la première, expliquent qu'ils sont allés voir des syndicalistes de RTE, lesquels ont juré sur leurs grands dieux ou ce qui leur en reste, que la construction du transfo était lié à un problème de sécurité pour la région dont la consommation en énergie augmente très rapidement. Arnaud BOUDOU soutient fortement ce point de vue.
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Quelques mois plus tard, on apprend que RTE a donné 35 000 euros à Anne LACOUTURE et Arnaud BOUDOU pour qu'il transforme leur camping sur le LARZAC en un "éco-camping", le côté écologique se bornant, pour l'essentiel, selon mes informations vérifiées, à rendre ce camping accessible aux handicapés. Leur projet a été parrainé auprès de la fondation RTE par Jean-Marc PERRIN, successeur de Martine DEBIEZ à la direction du projet de transfo. Jean-Marc PERRIN, avant cette nomination, a été directeur du projet de double ligne à très haute tension (400 000 volts) COTENTIN-MAINE, destinée à écouler l'électricité produite par, tenez-vous bien, le futur réacteur EPR de FLAMANVILLE, contre lequel se sont battus les écologistes.
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Il semble évident qu'Anne LACOUTURE et Arnaud BOUDOU savaient que RTE dirigeait le projet de la ligne COTENTIN-MAINE et le transfo de SAINT-VICTOR. Ils ont accepté le prix de la fondation RTE pour aménager le camping dont ils sont propriétaires. On peut les comprendre et ne point les juger, sauf à constater qu'ils sont peu cohérents. Et on peut conclure que monsieur PERRIN désamorçait une éventuelle contestation de José BOVE qui n'aurait pu aller contre les intérêts de son assistante.
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Voilà comment fonctionnent les puissants. Au détriment de qui ?

Voici une photo de la vallée du TARN, entre LEVEZOU (à gauche) et plateau de SAINT-VICTOR à droite. En bas, le barrage de PINET. Voilà les sites que RTE va dégrader !


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