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mercredi 22 avril 2020

Mercredi 22 avril 2020. Un beau texte de Coline Serreau

Merci à mon ami Dominique qui m'envoie ce texte :

Texte poignant de Coline Serreau qui ne mâche pas ses mots...
Dimanche 22 mars. Coline Serreau, réalisatrice de Trois hommes et un couffin, mais aussi de films visionnaires, écolos, humanistes et généreux comme La belle verte ou La crise.
LE MONDE QUI MARCHAIT SUR LA TÊTE EST EN TRAIN DE REMETTRE SES IDÉES A L’ENDROIT
par Coline Serreau
Le gouvernement gère l'épidémie comme il peut… mais les postures guerrières sont souvent inefficaces en face des forces de la nature. Les virus sont des êtres puissants, capables de modifier notre génome, traitons-les sinon avec respect, du moins avec modestie.
Apprenons à survivre parmi eux, à s'en protéger en faisant vivre l'espèce humaine dans des conditions sanitaires optimales qui renforcent son immunité et lui donnent le pouvoir d'affronter sans dommage les microbes et virus dont nous sommes de toute façon entourés massivement, car nous vivons dans la grande soupe cosmique où tout le monde doit avoir sa place. La guerre contre les virus sera toujours perdue, mais l'équilibre entre nos vies et la leur peut être gagné si nous renforçons notre système immunitaire par un mode de vie non mortifère.
Dans cette crise, ce qui est stupéfiant c’est la rapidité avec laquelle l'intelligence collective et populaire se manifeste.
En quelques jours, les français ont établi des rites de remerciement massivement suivis, un des plus beaux gestes politiques que la France ait connus et qui prolonge les grèves contre la réforme des retraites et l'action des gilets jaunes en criant haut et fort qui et quoi sont importants dans nos vies.
Dans notre pays, ceux qui assurent les fonctions essentielles, celles qui font tenir debout une société sont sous-payés, méprisés. Les aides-soignantes, les infirmières et infirmiers, les médecins qui travaillent dans les hôpitaux publics, le personnel des écoles, les instituteurs, les professeurs, les chercheurs, touchent des salaires de misère tandis que des jeunes crétins arrogants sont payés des millions d'euros par mois pour mettre un ballon dans un filet.
Dans notre monde le mot paysan est une insulte, mais des gens qui se nomment "exploitants agricoles" reçoivent des centaines de milliers d'euros pour faire mourir notre terre, nos corps et notre environnement tandis que l'industrie chimique prospère.
Et voilà que le petit virus remet les pendules à l'heure, voilà qu'aux fenêtres, un peuple confiné hurle son respect, son amour, sa reconnaissance pour les vrais soldats de notre époque, ceux qui sont prêts à donner leur vie pour sauver la nôtre alors que depuis des décennies les gouvernements successifs se sont acharnés à démanteler nos systèmes de santé et d'éducation, alors que les lobbies règnent en maîtres et arrosent les politiques avec le fric de la corruption.
Nous manquons d'argent pour équiper nos hôpitaux, mais bon sang, prenons l'argent où il se trouve, que les GAFA payent leurs impôts, qu'ils reversent à la société au minimum la moitié de leurs revenus. Car après tout, comment l'ont-ils gagné cet argent ? Ils l'ont gagné parce qu'il y a des peuples qui forment des nations, équipées de rues, d'autoroutes, de trains, d'égouts, d'électricité, d'eau courante, d'écoles, d'hôpitaux, de stades, et j'en passe, parce que la collectivité a payé tout cela de ses deniers, et c’est grâce à toutes ces infrastructures que ces entreprises peuvent faire des profits. Donc ils doivent payer leurs impôts et rendre aux peuples ce qui leur est dû.
Il faudra probablement aussi revoir la question de la dette qui nous ruine en enrichissant les marchés financiers. Au cours des siècles passés les rois de France ont très régulièrement décidé d'annuler la dette publique, de remettre les compteurs à zéro.
Je ne vois pas comment à la sortie de cette crise, quand les comptes en banque des petites gens seront vides, quand les entreprises ne pourront plus payer leurs employés qui ne pourront plus payer les loyers, l'électricité, le gaz, la nourriture, comment le gouvernement pourra continuer à gaspiller 90% de son budget à rembourser une dette qui ne profite qu'aux banquiers.
J'espère que le peuple se lèvera et réclamera son dû, à savoir exigera que la richesse de la France, produite par le peuple soit redistribuée au peuple et non pas à la finance internationale. Et si les autres pays font aussi défaut de leur dette envers nous, il faudra relocaliser, produire de nouveau chez nous, se contenter de nos ressources, qui sont immenses, et détricoter une partie de la mondialisation qui n'a fait que nous appauvrir.
Et le peuple l'a si bien compris qu'il crie tous les soirs son respect pour ceux qui soignent, pour la fonction soignante, celle des mères, des femmes et des hommes qui font passer l'humain avant le fric.
Ne nous y trompons pas, il n'y aura pas de retour en arrière après cette crise.
Parce que malgré cette souffrance, malgré ces deuils terribles qui frappent tant de familles, malgré ce confinement dont les plus pauvres d'entre nous payent le plus lourd tribut, à savoir les jeunes, les personnes âgées isolées ou confinées dans les EHPAD, les familles nombreuses, coincés qu'ils sont en ville, souvent dans de toutes petites surfaces, malgré tout cela, le monde qui marchait sur la tête est en train de remettre ses idées à l'endroit.
Où sont les vraies valeurs ? Qu'est-ce qui est important dans nos vies ?
Vivre virtuellement ? Manger des produits issus d'une terre martyrisée et qui empoisonnent nos corps ?
Enrichir par notre travail ceux qui se prennent des bonus faramineux en gérant les licenciements ?
Encaisser la violence sociale de ceux qui n'ont eu de cesse d'appauvrir le système de soin et nous donnent maintenant des leçons de solidarité ?
Subir une médecine uniquement occupée à soigner les symptômes sans se soucier de prévention, qui bourre les gens de médicaments qui les tuent autant ou plus qu'ils ne les soignent ? Une médecine aux ordres des laboratoires pharmaceutiques ?
Alors que la seule médecine valable, c’est celle qui s'occupe de l'environnement sain des humains, qui proscrit tous les poisons, même s'ils rapportent gros. Pourquoi croyez-vous que ce virus qui atteint les poumons prospère si bien ? Parce que nos poumons sont malades de la pollution et que leur faiblesse offre un magnifique garde-manger aux virus.
En agriculture, plus on cultive intensivement sur des dizaines d'hectares des plantes transformées génétiquement ou hybrides dans des terres malades, plus les prédateurs, ou pestes, les attaquent et s'en régalent, et plus il faut les arroser de pesticides pour qu'elles survivent, c’est un cercle vicieux qui ne peut mener qu'à des catastrophes.
Mais ne vous faites pas d'illusions, on traite les humains les plus humbles de la même façon que les plantes et les animaux martyrisés.
Dans les grandes métropoles du monde entier, plus les gens sont entassés, mal nourris, respirent un air vicié qui affaiblit leurs poumons, plus les virus et autres "pestes" seront à l'aise et attaqueront leur point faible : leur système respiratoire.
Cette épidémie, si l'on a l'intelligence d'en analyser l'origine et la manière de la contrer par la prévention plutôt que par le seul vaccin, pourrait faire comprendre aux politiques et surtout aux populations que seuls une alimentation et un environnement sains permettront de se défendre efficacement et à long terme contre les virus.
Le confinement a aussi des conséquences mentales et sociétales importantes pour nous tous, soudain un certain nombre de choses que nous pensions vitales se révèlent futiles. Acheter toutes sortes d'objets, de vêtements, est impossible et cette impossibilité devient un bonus : d'abord en achetant moins on devient riches.
Et comme on ne perd plus de temps en transports harassants et polluants, soudain on comprend combien ces transports nous détruisaient, combien l'entassement nous rendait agressifs, combien la haine et la méfiance dont on se blindait pour se préserver un vague espace vital, nous faisait du mal.
On prend le temps de cuisiner au lieu de se gaver de junk-food, on se parle, on s'envoie des messages qui rivalisent de créativité et d'humour.
Le télétravail se développe à toute vitesse, il permettra plus tard à un nombre croissant de gens de vivre et de travailler à la campagne, les mégapoles pourront se désengorger.
Pour ce qui est de la culture, les peuples nous enseignent des leçons magnifiques : la culture n'est ni un vecteur de vente, ni une usine à profits, ni la propriété d'une élite qui affirme sa supériorité, la culture est ce qui nous rassemble, nous console, nous permet de vivre et de partager nos émotions avec les autres humains.
Quoi de pire qu'un confinement pour communiquer ? Et pourtant les italiens chantent aux balcons, on a vu des policiers offrir des sérénades à des villageois pour les réconforter, à Paris des rues entières organisent des concerts du soir, des lectures de poèmes, des manifestations de gratitude, c’est cela la vraie culture, la belle, la grande culture dont le monde a besoin, juste des voix qui chantent pour juguler la solitude.
C’est le contraire de la culture des officines gouvernementales qui ne se sont jamais préoccupées d'assouvir les besoins des populations, de leur offrir ce dont elles ont réellement besoin pour vivre, mais n'ont eu de cesse de conforter les élites, de mépriser toute manifestation culturelle qui plairait au bas peuple.
En ce sens, l'annulation du festival de Cannes est une super bonne nouvelle.
Après l'explosion en plein vol des Césars manipulés depuis des années par une mafia au fonctionnement opaque et antidémocratique, après les scandales des abus sexuels dans le cinéma, dont seulement une infime partie a été dévoilée, le festival de Cannes va lui aussi devoir faire des révisions déchirantes et se réinventer. Ce festival de Cannes qui déconne, ou festival des connes complices d'un système rongé par la phallocratie, par la corruption de l'industrie du luxe, où l'on expose complaisamment de la chair fraîche piquée sur des échasses, pauvres femmes porte-manteaux manipulées par les marques, humiliées, angoissées à l’idée de ne pas assez plaire aux vieillards aux bras desquels elles sont accrochées comme des trophées, ce festival, mais venez-y en jeans troués et en baskets les filles, car c’est votre talent, vos qualités d'artiste qu'il faut y célébrer et non pas faire la course à qui sera la plus à poil, la plus pute !
Si les manifestations si généreuses, si émouvantes des peuples confinés pouvaient avoir une influence sur le futur de la culture, ce serait un beau rêve !
Pour terminer, je voudrais adresser une parole de compassion aux nombreux malades et à leurs proches, et leur dire que du fin fond de nos maisons ou appartements, enfermés que nous sommes, nous ne cessons de penser à eux et de leur souhaiter de se rétablir. Je ne suis pas croyante, les prières m'ont toujours fait rire, mais voilà que je me prends à prier pour que tous ces gens guérissent. Cette prière ne remplacera jamais les soins de l'hôpital, le dévouement héroïque des soignants et une politique sanitaire digne de ce nom, mais c’est tout ce que je peux faire, alors je le fais, en espérant que les ondes transporteront mon message, nos messages, d'amour et d'espoir à ceux qui en ont besoin.
Coline SERREAU.

samedi 15 février 2020

Samedi 15 février 2020. A propos de mon silence...


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Mes lecteurs fidèles ont remarqué que j’ai cessé depuis quelques semaines de produire mes billets de Blog. Il me semble que le silence est pour l’instant la meilleure attitude à adopter devant la situation qui est celle de notre patrie. Je suis stupéfié de l’incapacité des responsables politiques à identifier les raisons de cette décomposition sociale. Il y a, bien sûr, des raisons propres au système démocratique que les Français ont adopté. TOCQUEVILLE en a très bien analysé les dérives et l’évolution pour ce qui concerne la démocratie américaine, laquelle, cependant, se démarque de la nôtre sur bien des points. Mais cette décomposition a d’autres raisons spécifiquement française : (a) le relativisme moral, enseigné, diffusé, magnifié par l’éducation nationale, par les médias, par le monde de la culture, et qui tire son origine de la philosophie dite des Lumières, (b) le laïcisme qui n’est autre que l’athéisme, dirigé spécialement contre le catholicisme, (c) la prétention de l’État à régenter les moindres détails notre vie privée, au motif de faire notre bonheur, malgré nous, (d) l’arrogance des élites autoproclamée, (e) l’absence totale de toute normative morale.

Quatre événements récents viennent illustrer mon propos. (a) L’affaire des gilets jaunes à laquelle ce gouvernement n’a rien compris, et qui lui a permis d’abord de laisser faire les casseurs afin de disqualifier le mouvement, et ensuite de le réprimer avec la plus grande violence. Tout le monde le sait. Inutile donc de gloser. (b) L’affaire de la PMA dans laquelle ce gouvernement s’est engouffré pour faire plaisir à une minorité agissante et puissante, constituée d’une part des partisans LGBT, et d’autre part des sociétés maçonniques. Illustrative à cet égard est la réflexion de monsieur MACRON à Pascale MOLINIER, présidente des associations familiales catholiques : "votre problème, c'est que vous croyez qu'un père est forcément un mâle." Je vous laisse apprécier la pertinence et l’élégance du propos. (c) L’affaire des retraites, à laquelle personne ne comprend plus rien,  qui n’est pas universelle, et qui remplace une usine à gaz par une centrale nucléaire. (d) Et enfin, la plus désolante, l’affaire Benjamin GRIVEAUX. Celui qui a divulgué la vidéo mettant en scène l’ex-candidat à la mairie de Paris, est, de mon point de vue personnel, un salopard. Quant à notre Benjamin, il a été bien imprudent ou bien naïf.

"Principis est virtus maxima nosse suos."
(Martial. Livre VIII, Épigramme 15)
La première qualité du Prince est de connaître ses sujets.

Ni le Prince, ni les principicules qui l’entourent ne nous connaissent. C’est bien là le drame. Ils ne connaissent qu’eux-mêmes.

mardi 19 novembre 2019

Mardi 19 novembre 2019. Les deux camps ou l'erreur du Préfet de police de Paris.

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CHRONIQUE DES DEUX CAMPS.
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Un préfet de devrait pas dire ça !

Il ose dire qu’il n’est pas dans le même camp que cette concitoyenne qui lui décline sa qualité de Gilet jaune. Il ose dire qu’il est du côté du manche, de la force, de la violence d’Etat. Il pouvait dire qu’il était tenu par ses fonctions de maintenir l’ordre public. Non. Il a osé dire qu’il n’était pas dans le même camp. Cet homme au visage chafouin (il n’y peut rien) autant que blindé respire la certitude qu’il a raison, l’absence de questionnement, le bon droit. Pendant ce temps, un homme qui manifestait paisiblement perd un œil. C’est terrible.

Comme le dit avec une rare élégance, monsieur LALLEMENT, le Préfet de Police de Paris, il n’appartenant pas à son camp !

Bien fait pour sa gueule, monsieur le Préfet, il n’est pas de votre camp.
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UNE CITATION QUI EXPLIQUE TOUT.
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"Sans doute dans le but compréhensible d’agir vite et fort, le président MACRON a cru que sa légitimité issue des urnes lui suffirait pour agir en maître absolu. Tout se permettre et passer en force en toutes circonstances. Jusqu’à se prétendre « maître des horloges » et donner ses ordres en majesté, en faisant fi des élus de terrain et des corps intermédiaires.
"L’histoire aurait dû lui apprendre que l’on ne gouverne pas la France en jouant une fraction du peuple contre une autre. Ainsi disait De GAULLE :
"« La France, c’est tout à la fois, c’est tous les Français. Ce n’est pas la gauche, la France ! Ce n’est pas la droite, la France ! […]. C’est avec tout cela qu’on fait la France. Prétendre faire la France avec une fraction, c’est une erreur grave, et prétendre représenter la France au nom d’une fraction, cela, c’est une erreur nationale impardonnable.
"« Une erreur nationale impardonnable », rappelle De Gaulle à Emmanuel MACRON qui n’a pas su donner de lui l’image d’un président rassembleur.
"N’y avait-il pas, au lendemain de l’élection présidentielle de 2017, un autre signal à envoyer aux catégories en souffrance, totalement ignorées pendant la campagne que la modification de l’ISF, sans aucune obligation ni contrepartie pour ses bénéficiaires ? N’eût-il pas été plus adroit d’exonérer de l’ISF les seules valeurs mobilières investies dans les entreprises françaises ?"
In
Gérard BARDY.
De Gaulle parle aux Gilets jaunes… et à Macron. (Page 32.)
"Éditions Télémaque, Paris, 2019.
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QUAND L'EXEMPLE VIENT DU MAROC.
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samedi 16 novembre 2019

Samedi 16 novembre 2019. Lao Zi a encore frappé !


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À l’intention des gouvernants du jour.
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UN TEXTE PUISSANT DE LAO-ZI.
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将欲取天下而为之,吾见其不得已。天下神器,不可为也,为者败之,执者失之。故物或行或随;或歔或吹;或强或羸;或挫或隳。是以圣人去甚,去奢,去泰。

If any one should wish to get the kingdom for himself, and to effect this by what he does, I see that he will not succeed. The kingdom is a spirit-like thing, and cannot be got by active doing. He who would so win it destroys it; he who would hold it in his grasp loses it.
The course and nature of things is such that
What was in front is now behind;
What warmed anon we freezing find.
Strength is of weakness oft the spoil;
The store in ruins mocks our toil.
(Traduction de James LEGGE, Cf. Chinese Text Project.)

Qui voudrait s’emparer de l’empire à son profit, court, je le vois, au-devant d’un échec. L’empire est un vase sacré dont nul ne peut user ; qui s’en sert le brise, qui l’étreint le perd.
Car il en va ainsi des êtres :
ils sont sans queue d’avoir été en tête
expirent avant d’avoir inspiré,
périclitent d’avoir prospéré,
et s’effondrent de s’être dressés.
Le sage se garde de l’excès, du luxe, de la démesure.
(Traduction, admirable, de jean LEVI. In Les deux arbres de la voie. Tome * Le livre de Lao-Tseu. Bibliothèque chinoise. Les Belles Lettres, Paris, 2018.)

Dao de Jing, Stance XXIX (Livre de la voie et de la vertu).
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COMMENTAIRES.
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Cette stance du Livre de la voie et de la vertu est très connue. Les gouvernants de ce jour ferait bien de s’en inspirer. Leur premier devoir est, c’est évident, d’assurer la stabilité de notre patrie, sa sécurité, et sa pérennité. Leur second devoir, qui est corrélatif au premier, consiste à ne pas mettre de l’huile sur le feu, en utilisant un impressionnant dispositif de maintien de l’ordre, pour faire peur et contenir une colère, dont l’origine et le mépris dans lequel elle a été tenue, font qu’elle risque en effet d’exploser. Premier anniversaire du mouvement des Gilets jaunes, gros de danger sans aucun doute. Mais à qui ferez-vous croire que les forces de l’ordre sont incapables de faire le tri entre les casseurs genre black-bloc, et les citoyens qui en ont assez de ne pas être ni entendus ni écoutés ? Je pense que c’est en toute connaissance de cause que le ministre de l’intérieur a donné l’ordre de laisser faire les premiers pour disqualifier les seconds. Les Français le sentent, le devinent, l'hypothétisent. Ils ont raison.
Oui, ces gouvernants sont en queue dans les sondages d’avoir été en tête dans une élection préfabriquée par la finance.
Ceci est un diagnostic. Ce n’est pas forcément un traitement ni une ordonnance. Mais tant que le système judiciaire sera plus sévère et injuste avec les manifestants et laxiste avec les Chances pour la France qui peuvent dealer, voler, violer au prix de légères peines, les Français, qui ont le sens de la mesure et de l’égalité, c’est à dire de la justice distributive, continueront d’être réfractaires, gauloisement réfractaires à un désordre légalement organisé.
C’est tout pour aujourd’hui.