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mercredi 9 mars 2011

A messieurs les indignés

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Ils sont vos enfants naturels, ces électeurs que vous traînez dans la boue. Depuis plus de deux siècles, les penseurs qui vous soutiennent et une partie de vos responsables n'ont cessé de pratiquer en paroles et en actes une politique violemment antichrétienne. Et cela continue. Il y deux ou trois ans, des enseignants de l'école publique de la région du Nord ont protesté car on fêtait la saint Nicolas avec les enfants des écoles maternelles. Votre fanatisme est tel que vous avez fait supprimer des éphémérides de la télévision publique la mention saint qui précède le prénom que l'on célèbre. Un présentatrice décontractée vous dira, sourire guimauveux aux lèvres, que "demain on fête les Félicités". Vous ignorez ou voulez que le peuple ignore qui était cette jeune femme martyrisée avec sa coreligionnaire Perpétue, par exemple, tout comme ces hommes et ces femmes donnés aux malades, aux pauvres, à tous les laissés pour compte, aux orphelins.
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Depuis plus de trente ans, vous ne cessez de prôner des valeurs matérialistes, pouvoir d'achat, confort, loisirs, plaisirs. Et votre idéologie s'est répandue dans les médias avec une vitesse confondante. Vous ne parlez que de droit, jamais de devoirs. Vous faites parler ceux à qui vous vous adressez à la première personne du singulier : J'ai droit à... Vous avez critiqué l'éventualité d'un retour au cours de morale à l'école primaire. Vous avez supprimé l'obligation de porter un prénom tiré du martyrologe au point que l'on peut s'appeler Prune, Cerise, Frigidaire, Mahmadou ou Mohammed. Or le prénom est un élément fondamental de l'identification de la personne, dans une culture donnée. Vous ne connaissez que les individus, pas les personnes. Vous parlez de solidarité, jamais de générosité, et bien entendu de charité, cette vertu théologale qui plonge ses racines dans l'amour que le Créateur a pour ses créatures.
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Vous avez contribué en grande partie à effacer de l'esprit de nos concitoyens la conscience morale, de celle qui nous fait discerner et peser nos choix avant que les actualiser. Vous êtes une église, avec des croyances, mais vous êtes une église sans foi. Et s'il faut parfaitement admettre que le poids de l'Eglise catholique institution dans la vie politique et personnelle était devenu intolérable, en France, à un moment donné de l'histoire des hommes, à ce moment crucial où le choix de la charité et du don aurait contribué au véritable progrès humain, vous avez choisi la haine et la violence, le mépris et l'insulte, la destruction et la dérision. Et vous n'avez cessé d'intervenir dans la vie personnelle de vos concitoyens. Les électeurs que vous méprisez sont vos enfants naturels. Vous n'avez que ce que vous méritez. Vous êtes des fauteurs de guerre civile, car vous prétendez imposer au peuple ce que vous jugez bon pour lui, mais vous vous gardez bien de lui demander s'il est d'accord. Et ce que vous voulez imposer n'est jamais clairement exprimé.
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Si vraiment vous croyez à ce que vous dites, annoncez dans votre programme politique que vous augmenterez les impôts pour transformer les banlieues dites sensibles (suppression des ghettos "ethniques", destruction des barres d'immeubles inhumaines, création de commerces de proximité et de services, parcours scolaires adaptés, poste de police, équipements collectifs), que vous mettrez sur pied des programmes obligatoires d'alphabétisation pour les immigrés clandestins, que vous leur procurerez un toit et un travail décent. Mais de grâce, ne versez pas des larmes de crocodiles devant les misères du monde. Il y a longtemps que vous avez anesthésié le sens de la compassion et du partage dans le peuple. Il est votre enfant. Et vous le rejetez. Savez-vous qu'il existe des tests de recherche en paternité ?
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lundi 22 février 2010

Deux choses

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Je n'ai pas aimé la manière dont TIPPEL a commenté mon dernier billet, et mes lecteurs auront compris que la suspension de mes interventions est liée à sa réaction. Ceci étant dit la liberté de penser inclut aussi la possibilité de penser faux.
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Je maintiens qu'une réflexion approfondie sur la question de l'identité nationale, en un moment de l'histoire où les flux migratoires et la mondialisation modifient considérablement l'idée que l'on peut avoir de la nation, a du sens, et que le débat lancé par monsieur Eric BESSON a été pollué bêtement par l'intervention des idéologues frontistes et socialistes. Je n'exclus pas non plus qu'il y ait quelques arrières pensées électoralistes, mais il s'agit alors de suppositions, et non pas des opinions abruptes et déconnectées de tout contact avec le réel, fulminées par les uns et les autres.
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Il est intéressant de remarquer que l'un de nos plus éminents historiens contemporains, Fernand BRAUDEL, a consacré deux importants ouvrages à cette question ; leur titre est explicite : L'identité de la France. Le premier volume est consacré à l'espace et l'histoire ; le second aux Hommes et aux Choses (Arthaud-Flammarion, Paris, 1986). Le hasard a voulu que le deuxième tome me tombe hier entre les mains. Il m'est impossible de vous retranscrire la totalité de l'analyse qu'il fait du problème de l'immigration. Néanmoins, je peux en donner les grandes lignes et en citer quelques passages caractéristiques.
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Après avoir constaté que de très nombreux et illustres français, de nationalité ou d'adoption, étaient d'origine étrangère (Marie CURIE, Pablo PICCASO, MODIGLIANI, CHAGALL, IONESCO, SOUTINE) et avaient honoré leur nouvelle patrie par leur attachement et leur production, BRAUDEL conclut la section intitulée L'immigration étrangère, un problème récent, du chapitre lui-même intitulé La population du Xe siècle à nos jours, par ces mots, je cite :
"En tout cas, pour la première fois, je crois, sur un plan national, l'immigration pose à la France une sorte de problème 'colonial', cette fois planté à l'intérieur d'elle-même. Avec des incidences politiques qui tendent à occulter la complexité des phénomènes de rejet - réciproque - qu'on ne peut nier, autant qu'on les déplore."
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Dans les sections suivantes, BRAUDEL analyse avec objectivité le problème économique (page 187), le problème raciste (page 190), le problème culturel (page 193), posés par l'immigration massive de population d'origine maghrébine. Je vous invite à lire ce livre très équilibré ; il prend tout son sens et son importance dans la bouche d'un spécialiste de l'histoire longue qui a écrit un autre livre tout aussi remarquable, La grammaire des civilisations. Tous ces ouvrages sont des messages d'espoir, de bon sens et d'ouverture sans complaisance. On aurait souhaité que monsieur LE PEN, monsieur MOSCOVICI, et aussi monsieur BESSON, s'inspirassent des premiers livres que j'ai évoqués, pour planter le décor d'un débat centré sur la patrie, et non point sur la nation, vieux concept qui remonte à la Révolution, et qui s'est forgé dans l'opposition sanglante à tout ce qui n'était pas l'idéologie révolutionnaire de ces fous furieux de Conventionnels.
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Je conclus en disant que c'est la dernière fois que j'évoquerai, sauf faits nouveaux, ce problème.

samedi 6 février 2010

Silencieux, et exemplaire

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Il y a mieux à faire que de pétitionner pour défendre les sans-papiers ou les immigrés. Ce mieux consiste à aider les uns et les autres concrètement, dans le respect de la justice et des lois de notre pays.
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J'ai rencontré ce matin une femme d'un certain âge. Pour dire la vérité, nous sortions de la messe, et elle me rappelait gentiment qu'aujourd'hui elle n'aurait pas besoin de mon bras pour atteindre la bouche de métro, comme au temps de la neige. De fil en aiguille, j'apprends que cette personne est religieuse (en civil), et qu'elle est très engagée dans une association de Boulogne-Billancourt, l'AFI : Association Famille Insertion. Je questionne. Elle répond, avec simplicité et sans détour. Voilà une religieuse qui renvoie une image bien éloignée de celle que les médias les plus anticléricaux se plaisent à nous renvoyer.
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L'AFI est animée par un psychologue d'origine maghrébine. Elle a son siège près du Pont de Sèvres, côté Boulogne. Tous les jours, elle reçoit des jeunes d'origine maghrébine, pour les aider dans leurs devoirs. Ils sont nombreux, assidus, motivés et travailleurs. Le mot utilisé par mon interlocutrice est merveilleux : c'est le mot PAIX. Ils sont là dans la paix. Ils ne récriminent pas, ne cassent pas, et n'ont qu'un désir : s'insérer dans leur patrie, sans renier leurs origines. Je vous renvoie au billet sur les Barbares et les Chinois, et au commentaire de Rougemont. Vous aurez tout compris. Voilà qui est exemplaire, utile, et qui doit être aidé et défendu par les pouvoirs publics comme par l'opinion.
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Bien entendu, vous pouvez commenter, critiquer, proposer ou prendre là où vous êtes la même initiative. Mais je sous demande de bien voir ce qu'indique le titre : FAMILLE, INSERTION. La famille solide et stable est bien le socle sur lequel peut se bâtir une insertion réussie. Tout le reste est de la littérature.