Affichage des articles dont le libellé est Avignon. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Avignon. Afficher tous les articles

mercredi 29 août 2018

Mercredi 29 août. Petite pause historique : un instituteur au milieu du XIXe siècle


Il existe en la bonne d’Avignon une rue et un square Agricol PERDIGUIER. J’ai voulu en savoir un peu plus sur cet homme qui était paysan, écrivain et poète, Compagnon du Devoir et de la Liberté et fut l’ami de Georges SAND. Il fut élu comme député en 1848, après la proclamation de la République,  avec le soutien de BÉRANGER, de LAMARTINE et de Georges SAND, puis réélu. Il était résolument Républicain, laïc et franc-maçon et eut à souffrir de ce choix à la proclamation du second Empire. Il écrivit un livre qui s’appelle Mémoires d’un compagnon (écrit en 1852 ; première édition en 1854-1855), livre duquel est tiré le récit que je vous livre et que j’ai trouvé dans l’ouvrage de Fr. et J. FOURASTIÉ : Les écrivains témoins du peuple.

"Néanmoins nous mîmes tous un peu les pieds dans l’école du village ; les filles envoyées par la mère, les garçons par le père. Le tarif des mois était de 1 franc pour les enfants qui apprenaient seulement lire, de 1,5 F pour ceux qui menaient de front la lecture et l’écriture !... Ma mère, la bonne et vaillante femme, payait les mois de ses filles avec l’argent qu’elle gagnait, tout en faisant son important ménage, à confectionner de petits bonnets d’enfants, travail dans lequel elle excellait ; le père ne payait que pour ses fils…
À l’école, M. MADON était à la fois médecin et instituteur, et il n’y allait pas par quatre chemins ni avec ses malades ni avec ses élèves : il menait rudement les uns et les autres. Il disait aux malades : « ce remède doit vous sauver ou vous tuer ; avalez bien vite et que votre sort s’accomplisse. » Pour ses élèves, il avait des mains dures, des férules, des courroies ou sorte de tire-pieds de cordonnier, des nerfs de bœuf. L’écolier lisait-il mal ? un soufflet ; regardait-il à droite ou à gauche ? un coup de courroie ; faisait-il du bruit ? le nerf de bœuf allait son train. La férule, de son côté, se reposait rarement."

Un récit de même contenu est donné par Nicolas LACHAUX qui fut lui-même instituteur dans le Doubs, et raconte les exploits punitifs d’un jeune et nouvel instituteur de 26 ans à l’école de MAGNY-les-JUSSEY, en 1821.

On imagine difficilement la rudesse des châtiments corporels imposés par certains maîtres à leurs petits élèves. Je me demande ce que diraient les parents actuels si un maître osait fortement gronder et secouer – je ne dis même pas donner une claque –à un enfant indiscipliné. Il aurait droit à un blême, une révocation, la une des journaux et les clameurs des imbéciles. Pour ce qui me concerne, j’avais un instituteur extraordinaire et je me souviens encore de ses leçons. Mais il fallait l’écouter. Il avait un petit marteau de bois – dans mon souvenir son maillet est rouge – et il n’hésitait pas à l’envoyer en direction des bavards ou des inattentifs. Je lui ai du reste rendu hommage, en lui dédicaçant, parmi d’autres, ma thèse.



dimanche 23 août 2015

23 août 2015. Habitants d'Avignon, n'oubliez pas les massacres de la Glacière ! Deuxième billet de ce jour

-
Le massacre de la Tour de la Glacière en AVIGNON est consécutif au lynchage de LESCUYER, un ardent «patriote», d’origine picarde, qui avait dans l’idée de piller le trésor des églises d’AVIGNON, ce qui n'était pas du goût de la population. Le récit que MICHELET fait de ce massacre est celui d’un esprit partisan (il ne nomme aucune des victimes, ni leur origine sociale, s'étend longuement sur les coups portés à LESCUYER mais ne dit rien de ceux que l'on a infligé aux pauvres massacrés), et il semble excuser l’acharnement et la barbarie des massacreurs en les mettant au compte d’un breuvage qu’on leur aurait fait boire et qui les aurait rendus furieux. C’est une légende. Rien ne permet de vérifier ce fait. Voici le récit de Gustave GAUTHEROT qui me paraît autrement argumenté que le roman de MICHELET lequel est historien comme moi je suis camerlingue au Vatican ! Du reste, en sa faveur, il convient de souligner que GAUTHEROT parle de l'assassinat de LESCUYER, sans oublier les détails atroces qui l'accompagnèrent.

Nous sommes donc au Palais des Papes en cet automne 1791.

"Dans le vestibule, s'ouvre à mi-corps, une ouverture semblable à la gueule d'un four : par-là, on aperçoit de nouveau l'intérieur de la tour irrégulière; par là, dans ce gouffre seront précipités, dans la nuit du 16 au 17 octobre 1791, quatre-vingts victimes, — car c'est la Tour de la Glacière. Quelles étaient ces victimes ? Sur les soixante cadavres, — quarante-sept d'hommes et treize de femmes — qui purent être identifiés dans la suite, citons trois officiers municipaux, « patriotes », mais modérés; le moulinier en soie GIRARD; l'architecte LAMY; le supérieur de l'Oratoire MOUVANS ; le curé de Saint-Symphorien, NOLHAC; deux « notables », GAUDIBERT et CHAPUIS, qui étaient l'un cordonnier et l'autre menuisier; l'imprimeur NIEL fils et sa mère; le libraire NIEL, et son fils l'abbé; la femme de l'apothicaire CROZET. Tous les autres étaient de très petites gens : cordonnier, sellier, moulinier et fileur de soie, boulanger, tonnelier, maréchal-ferrant, « tueur de cochons », paysans, manœuvre, « échappé des galères », couturières, dévideuse, lavandière. […]. JOURDAN et son Conseil siégeaient dans les beaux appartements du Vice-Légat. Des individus armés de fusils, de pistolets, de sabres, de coutelas, de haches, de barres de fer, occupaient la conciergerie, la grande cour du Palais, la galerie découverte, les corridors intérieurs. Des femmes, la torche à la main, éclairaient les opérations; les coups meurtriers, les cris et les râles des victimes, les actes dont la sinistre ignominie interdit la description, les faisaient rire aux éclats. Au milieu de la prison, on immolait les condamnés tout comme les septembriseurs parisiens de 1792 immolèrent ceux de l'église des CARMES à leur sortie dans le jardin. On leur arrachait leurs objets de valeur; on dépouillait les femmes, surtout les plus jeunes... On traînait les cadavres ou les mourants en haut du rude escalier en faisant sonner leurs têtes sur les marches de pierre ; puis on les précipitait, par la basse et sombre ouverture, dans la Tour de la Glacière. Au fond de cette tour, les cadavres de l'oratorien MOUVANS, dont nous avons dit les sentiments, et de l’ex-jésuite NOLHAC, curé octogénaire de St-Symphorien, furent rejoints par ceux d'un jeune homme de quinze ans (Dominique JEAN), du fils NIEL, qui se débattait encore au fond de la tour sur le tas de cadavres et qu'on dut achever — par pitié ! — avec une grosse pierre, et de sa mère, Madame NIEL. Cette femme de cinquante ans, remarquablement belle encore, aussi énergique que distinguée, remplie d'indignation pour la dictature jacobine, avait essayé en vain de ramener au pouvoir l'ancienne municipalité — dont son mari, l'imprimeur, était membre, — et elle avait correspondu à cet effet avec le Médiateur MULOT. Elle venait d'assister à l'agonie de son fils lorsque son propre corps fut livré au sadisme des bourreaux. Les bourreaux étaient environ cinquante : soldats déserteurs, gendarmes, gardes nationaux, savetiers, taffetassiers, tourneurs, maçons, charcutiers, orfèvres, portefaix, etc., dirigés par les deux MINVIELLE, le menuisier DESCOURS fils, le commis LOUBET (aux gages de SABIN TOURNAI), le cabaretier MOLIN, le boutonnier SALETTE et le major RAYNAUD. On remarquait parmi eux un enlumineur d'images, BELLEY cadet, âgé de 22 ans, aux cheveux noirs et crépus, aux yeux noirs et farouches : vêtu d'une veste en cotonnade rayée blanc et rouge, il avait retroussé jusqu'aux épaules ses manches de chemises et il était couvert de sang de la tête aux pieds. Il se vantait d'avoir égorgé de sa main une vingtaine de prisonniers. « Il faut tout faire périr, avait déclaré le commis de SABIN TOURNAI, car s'il s'en sauvait quelqu'un, il servirait de témoin ». Et l'abbé BARBE, sorte de grand-prêtre de cette hécatombe, avait paru la bénir... en donnant du haut de l'escalier de la Glacière l'absolution à ses propres victimes ! BARBE sera bientôt nommé curé constitutionnel de Saint-Symphorien, à la place du père NOLHAC. Quand on abolira le culte, il deviendra employé dans les bureaux du district de VAUCLUSE et rentrera alors pour jamais dans l'ombre. Après minuit, le « général » JOURDAN, le « colonel » DUPRAT aîné, le capitaine BOUFFIER (tourneur), le gazetier SABIN TOURNAI, les orfèvres MARTIN (de Bollène) et RIGUE allèrent réveillonner rue Bancasse, chez le traiteur J.-B. PEYTAVIN, frère du major. BOUFFIER tenait encore à la main un sabre nu et sanglant ; MARTIN était tout rouge de sang; RIGUE, présentant son fusil brisé, raconta l'avoir rompu sur la tête de plusieurs prisonniers, dont la tête était bien dure. « A nous la victoire ! » criaient en chantant JOURDAN, DUPRAT, TOURNAI et les autres. Comme BOUFFIER, était sorti, rentrait avec trois ou quatre hommes armés de sabres et de fusils, il annonça que la Ratapiole, — la pauvre femme du portefaix, — vivait encore. « Qu'on aille l'expédier ! » ordonna JOURDAN, entre la soupe au fromage et le bœuf à la mode. Un soldat observa qu'elle était enceinte: « Enceinte ou non, répondit JOURDAN, il faut qu'elle y passe ». On mangea, on ribota, on s'esclaffa jusqu'à deux heures du matin. Le traiteur, de sa cuisine, entendait souvent le refrain : «A nous la victoire» "

NB : JOURDAN a été guillotiné quelques années plus tard et il est mort en lâche.

jeudi 28 juillet 2011

Ca suffit !

Message de l'abbé de CACQUERAY, supérieur du district de France de la Fraternité sacerdotale saint Pie X. (Voir mon commentaire à la fin du message).

-
"Avignon avait abrité il y a trois mois, une œuvre d’art outrancière à l’égard de Notre Seigneur : la collection Lambert présentait la photographie d’un crucifix dans un vase d’urine.
-
Aujourd’hui, dans le cadre du festival annuel de la ville, une pièce dénommée « Opéra théâtre », aussi vulgaire que blasphématoire, fait jouer successivement un vieillard indigent dont on retire la couche et dont on présente pendant plusieurs minutes les excréments devant le public et une bande d’enfants lançant des grenades sur un grand portrait de Jésus Christ, formant le décor.
-
Par la suite, ce grand visage est lacéré par des effets techniques qui font dégouliner de ces déchirures une couleur « évoquant plus les matières fécales de la scène précédente que le sang » rapporte un journaliste.
-
A la fin de la scène, un message apparaît aux yeux de tous : « You are not my shepherd » (« Tu n’es pas mon berger »).
-
Peut-être « l’artiste » en mal d’inspiration n’a-t-il pas trouvé mieux qu’une provocation blasphématrice pour s’assurer salaire et subvention. Sans doute, des hérauts du consensualisme verront-ils là un message pour dénoncer les offenses faites au Christ.
-
Mais, à la vérité, on retrouverait les mêmes pour se transformer en sirènes de la république si, à la place du visage de Notre Seigneur, on avait fait figurer Marianne, Mahomet ou un rabbin, déconsidérés par l’excrément, les grenades ou un message les reniant.
-
S’il s’agissait de la photographie de n’importe lequel des individus peuplant cette terre, celui-ci pourrait se porter partie civile et demander dommages et intérêts pour insultes et outrage en public. Combien même s’agirait-il d’un animal, ne verrions-nous pas telle association s’émouvoir et demander réparation ?
-
Mais Jésus Christ a quitté physiquement cette terre depuis 2000 ans. A Celui qui a dit de tendre la joue gauche, on peut si facilement cracher au visage et s’en prendre impunément.
-
Chers amis, par le fallacieux argument de la liberté artistique, on veut tout simplement banaliser l’insulte faite à Notre Seigneur. Il n’est pas dit que nous laissions son visage blessé et son nom moqué au sein d’une société qui n’accepte pas qu’on le fasse à l’un de ses fils."
-
Remarqe N°1:
La fraternité sacerdotale saint Pie X est constituée de prêtres qui, tout en aimant la liturgie latine et le grégorien, sont restés fidèles à l'évêque de Rome. Elle n'est pas schismatique par conséquent. On peut ne pas partager sa sensibilité théologique ou liturgique et admirer cependant ses prêtres indéfectiblement attachés à leurs engagements sacerdotaux.
Remarque N°2:
Après le Piss-Christ, le Golgotha Pic-Nic, le Tous en cène des pauvres LEFORT et LINDON, voilà donc une quatrième offense faite à ceux qui se réclament de Jésus. La réitération de ces attaques anti-chrétiennes en un très courts laps de temps  ne doit rien au hasard. Elle est le résultat d'un climat volontairement entretenu, le fruit vénéneux de provocation imbécile et de la volonté de démolir le peu de sensibilité chrétienne qui marque encore la société française. Je suis tout à fait consterné de constater qu'aucun évêque, aucun responsable des Églises chrétiennes françaises, ne réagit et ne demande des comptes à l'Etat qui subventionne les festivals, les journaux et les expositions où les disciples sont attaqués, tournés en ridicule par des névrosés du sexe et des excréments. C'est avec notre argent que ces imbéciles se payent notre tête. Il est temps de leur dire : ça suffit ! Bien sûr, nous n'avons pas de moyen de coercition pour faire cesser cette persécution molle, hideuse et ordurière. Il nous reste quand même la parole pour les dénoncer, et des moyens de pression politique. Pas une de nos voix ne doit aller à ces partis, PS, UMP, et tous les autres qui laissent faire, et encensent toutes les autres confessions, musulmane ou israélite. Rien. Le vote blanc le plus absolu, l'exil intérieur dans notre propre patrie, en attendant ce moment inéluctable où la conscience publique enfin se rebellera contre ces marchands d'illusions et de malheurs.
-

lundi 18 avril 2011

La pullulation des imbéciles

-
La pullulation des imbéciles est un phénomène très inquiétant. Il faudrait les plumes réunies de Léon BLOY et de BERNANOS pour la dénoncer avec l'humoristique férocité de mes polémistes préférés.

En Avignon, deux individus se sont introduits dans le musée privée d'Yvon LAMBERT, le collectionneur et amateur "d'art", propriétaire du Piss Christ et initiateur de l'exposition "Je crois aux miracles". Ils ont détruit à coups de masse la photo blasphématoire et, sans le vouloir semble-t-il, détruit aussi une autre oeuvre dont la presse ne donne ni le nom, ni le sujet.

Je dis ici tout net que ces personnes ont mal agi. Le Christ Jésus, le Roi des Pauvres dont nous fêtions hier l'entrée solennelle à Jérusalem, l'a bien dit à Pilate : "Mon Royaume n'est pas de monde". Il revenait à la justice de trancher. Soyons sans illusion. Au nom de la liberté, les magistrats auraient donné tort à Civitas, l'association catholique qui entend promouvoir "la royauté sociale du Christ" sur le monde, sans avoir bien compris qu'une telle ambition est un contresens mystique absolu.

Je ne mettrais donc pas au nombre des imbéciles ces deux iconoclastes. Ce n'est pas de ce côté qu'il faut se tourner pour en contempler les visages satisfaits. Non. Il faut aller voir du côté des élites.

Poursuivons donc l'inventaire. Réaction de monsieur Yvon LAMBERT : "C'est incroyable. Deux oeuvres foutues quand même pour toute cette histoire. Ca devient insupportable." Il vaut la peine d'interroger le sens de cette constatation attristée. Des "oeuvres" ? Des "oeuvres", ça ? La photo de monsieur LAMBERT, qui n'est qu'un homme, plongée dans un pot de chambre et présentée comme oeuvre d'art, qu'en dirait-il ? Il se plaint : "Pour toute cette histoire ?" Un individu isolé, parce qu'il est riche, isolé dans sa forteresse de riche, a tout à fait le droit de souiller son regard et ses yeux avec de l'ordure. A-t-il le droit d'en imposer le spectacle à ses semblables ? Voilà qui mérite réflexion. "Insupportable ?" Ce qui est insupportable, monsieur, c'est le mépris que vous affichez vis-à-vis de ceux qui ne partagent pas vos choix, à juste titre. Vous piétinez allègrement ce qu'ils ont de plus cher, vous ridiculisez Celui à qui ils entendent consacrer leur vie. Et vous le faites par artiste interposé, sans assumer vos propres choix de vie. Vous le pouvez, parce que vous êtes riche, influent, connu et apparemment dépourvu de cette délicatesse du coeur si chère aux Saints. Ce que vous déplorez, c'est la destruction de quelque chose qui vous a coûté de l'argent, ce n'est pas d'avoir offensé les petits. Les grands sont suffisamment malades des yeux pour vous comprendre, vous suivre, vous encenser, et pleurer avec vous des larmes de crocodiles.

Poursuivons encore. Monsieur AILLAGON, ex-ministre de la culture, en charge du château de Versailles dont il se plaît régulièrement à dénaturer le sens et la beauté en y organisant l'exposition d'oeuvres "d'art" contemporain, (qui n'ont "d'art" que le nom, et n'ont de raison d'être prisées que celle d'être produites par des artistes qui les vendent à prix d'or, dont la "beauté" est en proportion directe de leur cote sur le "marché" [ah ! tout est dit] de l'art) gémit, pleure, souffre : il est "extrêmement choqué" (vite des sels !) et parle "d'un acte de régression très inquiétant". Sans doute pense-t-il à ce qui pourrait arriver aux pièces dont il nous impose la vue dans la Galerie des Glaces ou ailleurs. Car il nous les impose. Il veut éduquer notre sens artistique, paraît-il. C'est un mauvais maître. Ce n'est pas l'art contemporain qui est en cause - il a donné naissance à des chefs-d'oeuvre -, c'est le goût de monsieur AILLAGON.

Poursuivons enfin. Monsieur Frédéric MITTERRAND tout en concédant "que l'une des deux oeuvres pouvaient choquer certains publics", condamne "une telle atteinte fondamentale, la présentation de ces oeuvres relevant de pleinement de la liberté de création et d'expression qui s'inscrit dans le cadre de la loi". Voilà bien le comble de l'hypocrisie, la contorsion mitterandesque la plus pure, qui consiste à faire un pas en avant (ça peut choquer certains publics) pour en faire immédiatement deux en arrière (liberté de création et d'expression).

Mais monsieur le Ministre, vous savez bien que ce n'est pas cela qui est en cause. Ce qui fait question, ce n'est pas la présentation de cette oeuvre, c'est que de l'argent public, gagné par des contribuables (dont certains font partie de ces "certains publics" exquisément désigné par vous avec un tantinet de commisération), vienne aider à la présentation de telles "oeuvres" par le biais d'une publicité outrageante pour les chrétiens. En somme, pour vous la liberté d'expression et de création donne tous les droits. Ne pas mettre de limites à sa volonté et à son désir porte un nom en psychiatrie : perversité. Oh, loin de moi de vous accuser d'être un pervers. C'est l'ensemble de notre société qui est pervertie parce que perverse. On blasphème, comme on délocalise ou ostracise au gré de ses humeurs, de ses désirs, de sa concupiscence. Il n'y a plus de fondement solide aux lois, rien que des idées relevant de systèmes dont nous sommes en train de crever.


Allez, je conclus. Condamnation sans réserve de la destruction de ces oeuvres. Condamnation de l'aide de l'état et des collectivités locales à l'exposition de monsieur LAMBERT. Respect de la liberté de ce monsieur duquel je réclame en réciprocité la même disposition d'esprit.


Décidément, les imbéciles (ceux que définit si drôlement BERNANOS) prolifèrent. "Non à la prolifération des imbéciles !" Est-ce point là un joli mot d'ordre pour une campagne présidentielle ? En tout cas, et puisque qu'aucune parole de regret n'est venue de madame ROIG et que monsieur Frédéric MITTERRAND a exhalé sa douleur dans une plainte à mettre dans une anthologie des thrènes, je persiste. Plus jamais ma voix à ces imbéciles.

mercredi 13 avril 2011

Tous à Avignon

-
Civitas envoie à tous les signataires de la pétition "défendons le crucifix" un appel à manifester le samedi 16 avril à 15 heures sur la place du palais des papes. Je ne pourrai pas, malheureusement, me rendre à cette manifestation, car je dois m'absenter pour trois jours au week-end des rameaux. Mais je transmets l'information à mes lecteurs. Qu'ils la relaient le plus largement possible, qu'ils s'y rendent s'ils en ont le loisir, et qu'ils n'oublient surtout pas le mot d'ordre : plus jamais notre voix à un parti qui compte dans ses membres un personnage du genre de madame Marie-Josée ROIG. Elle ne devait pas faire subventionner cette exposition par son Conseil Municipal. Elle ne devait pas arguer que, s'agissant d'une initiative privée, elle ne pouvait pas intervenir dans les choix artistiques du "mécène" impliqué dans ce scandale ; c'est un pur mensonge en effet ; elle est intervenue puisqu'elle subventionne.

Chez Catherine

-
Nous avons repris la conversion comme si trente ans ne s'étaient pas écoulés depuis notre dernière rencontre. Oh ! je l'aurais reconnu entre mille. Car si les ans y ont fait leur oeuvre, son visage a gardé la même bonhommie, celle de l'adolescent dont je fus le chef scout. Sa voix n'a pas changé, le regard est plein de malice, et de douce détermination. Un vrai fils de la Bretagne.


Ce ne sont pas des retrouvailles d'anciens combattants, mais une sorte d'inventaire de ce que furent nos parcours, un inventaire dépourvu de complaisance mais plein de gratitude pour ce que la vie a bien voulu nous donné de beau et de bon.


Il avait fait de brillantes études de droit, de droit fiscal notamment. Après des années passées dans un des plus grands cabinets internationaux d'audit, il a ouvert son propre cabinet d'avocat. Dût sa modestie en soufrir - je sais qu'il lit régulièrement ces billets - je dois à la vérité de souligner qu'il a occupé de très hautes fonctions dans l'un des plus gros barreaux de France.

Il unit en lui des capacités et des dons naturels aux fruits d'une éducation conduite par des parents fermes mais compréhensifs. Il a la gentillesse de me dire que notre rencontre de jadis ne lui a pas été inutile.


Comme il est bon, au soir de ma vie, de la voir prendre sens et unité par une projection dans le présent de ces lointaines années. Ce qui me semblait aller de soi, à l'époque, prend aujourd'hui un éclat que je ne pouvais soupçonner. Il n'y a là-dedans aucune nostalgie, simplement le constat que ce que nous avons pu vivre en ces années bénies avait une signification qui ne pourrait se déployer qu'avec les ans.


Nous avons parlé ce ceux qui ne sont plus: nos parents, des anciens de la troupe. Nous avons fait des projets pour le présent et le futur, et je me promets de converser en chinois (quand j'aurai fait des progrès, bien sûr) avec sa future belle-fille, originaire de HONG-KONG.


Comment, enfin, ne pas évoquer l'atmosphère de ce restaurant qui a donné son titre à mon billet : Chez Catherine est sis au 3 rue Berryer, dans le 8e. Accueil délicieux, cuisine imaginative et d'une rare finesse, et un Saint-Véran dont vous me direz des nouvelles.


PS : madame ROIG persiste dans ses erreurs. Je supplie mes lecteurs de bien vouloir signer la pétition de protestation et d'écrire au maire d'AVIGNON pour lui signifier leur indignation. Pour ce qui me concerne, je maintiens mon refus définitif de voter désormais pour un parti qui compte parmi ses membres un tel personnage.

samedi 9 avril 2011

Madame Roig persiste...

-
J'ai protesté auprès de madame ROIG contre l'exposition Piss Christ. Bien entendu, je n'ai eu aucune réponse. Mais un ami parisien m'a fait part de la réaction indignée et forte de Mgr CATTENOZ, Archevêque d'AVIGNON et de la misérable réaction de l'élue. Elle n'a pas à s'immiscer, dit-elle, dans les choix artistiques d'une collection privée, exposée dans un musée qui n'appartient pas à la ville ! Soit. Mais alors pourquoi la subventionne-t-elle des deniers de ses contribuables ? Je vous invite à protester par courriel auprès de cette dame et je persiste dans mon refus de voter désormais pour un parti dont un membre fait preuve d'une telle lâcheté et d'un tel mépris des croyants. Plus jamais une voix ne doit désormais lui aller. Ne parlons pas du PS ; monsieur VAUZELLE, Président de la Région PACA n'a pas hésité à arroser la dite exposition avec l'argent des Provençaux. Mais enfin de la part d'un membre du PS, cela n'étonne guère, comme n'étonne guère le soutien financier que monsieur Frédéric MITTERRAND, ministre de la culture, a accordé à monsieur LAMBERT, propriétaire de "l'oeuvre d'art" ! Bon sang ne saurait mentir.


Puisque les chrétiens sont des étrangers dans leur propre pays, dans ce pays que leurs oeuvres et leurs travaux ont façonné au long des siècles, qu'ils votent blanc, et laissent les loups, les tigres et autres animaux politiques se déchirer entre eux. Et qu'ils continuent, là où ils sont, à partager, à aider, à faire briller la charité, dans le silence et dans l'humilité. Je persiste à croire qu'une campagne de promotion du vote blanc auprès des chrétiens, blessés par un Etat qui ne les respecte pas, aurait un grand impact.N'hésitez pas à soutenir cette idée. Réagissez.


Oui, n'oubliez pas ! Protestez, et indiquez dans votre protestation votre refus citoyen de voter désormais pour l'UMP. Ce parti ne vaut pas mieux que le PS. Ne parlons pas du FN dont le fanatisme et l'aveuglement contribuent à l'obscurcissement du débat public sur des questions pourtant essentielles. Notre patrie a renié ce qui la constituait. Elle meurt à petit feu. Et tous ces gens-là sont des complices. Un jour, ils seront même transformés en croque-morts !


Je vous invite aussi à lire la réaction de Mgr CATTENOZ (voir Internet). Elle est forte et juste. Nous aimerions que les responsables des Églises chrétiennes en France protestent identiquement et que la Conférence des Évêques de France prenne une position publique et solennelle sur ce scandale. S'il faut aller à AVIGNON déloger la photo, nous irons. Maintenant, ça suffit.

jeudi 7 avril 2011

Ce sont des misérables

-
Une amie de Lorraine et un ami parisien me font indépendamment part de leur indignation et m'invitent ainsi que mes lecteurs à manifester la nôtre à qui de droit. Voilà d'abord le texte qui expose le légitime motif de protestation :

"En France, le ministère de la Culture du gouvernement SARKOZY, une mairie UMP et un Conseil Régional PS financent actuellement une exposition (appelée "je crois aux miracles") organisée autour de la photo d'un Christ plongée dans l'urine. Des affiches de cette photo blasphématoire, appelée "Piss Christ", sont exposées publiquement en pleine rue d'Avignon.

Devant ces faits inacceptables, nous exigeons des autorités et dirigeants impliqués les mesures immédiates suivantes :

1-Faire retirer la photo blasphématoire de cette exposition et interdire toute présentation publique en France, en raison de son caractère provoquant et discriminatoire envers les chrétiens.

2-Faire enlever et détruire tous les supports de communication utilisant cette photo (affiches, panneaux municipaux, brochures, etc.).

3-Faire stopper tout financement public et privé de cette exposition (près d'un million d'euros pas an prévu pour cette exposition prévue pour une nouvelle période de dix ans !!! dont une grande partie par le contribuable). Nous attendons avant la fête de Pâques la prise en compte de ces trois mesures sans aucune négociation possible."

Au moment où nombre d'hommes politiques s'interrogent sur l'opportunité qu'il y a à débattre de la laïcité, il me semble que les chrétiens ont le droit de dire aux hommes politiques : occupez-vous de vos oignons. Ne vous mêlez pas de ce qui touche la foi ou la pratique religieuse, tant qu'elles n'offensent pas les lois. Où alors ne vous offusquez pas de voir que des croyants, chrétiens ou musulmans vous interpellent sur ce point.

Vous pouvez déjà signer la pétition concernant cette affaire à l'adresse suivante :


Je vous invite aussi à écrire au Ministère de la Culture, et plus précisément à monsieur Frédéric MITTERRAND, à monsieur Michel VAUZELLE, Président PS de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur, et à madame Marie-José ROIG, maire UMP d'Avignon, dont voici les adresses électroniques :








Autre adresse où protester


Yvon@yvon-lambert.com (monsieur LAMBERT est le propriétaire du Piss Christ).

Maintenant je vais dire à tous ces gens quelque chose : si vous n'obtempérez pas à la demande légitime des chrétiens, plus jamais, pour ce qui me concerne, vous n'aurez ma voix. Et j'inviterai mes lecteurs à en faire autant et à propager autour d'eux cette exigence. Il y a des limites à l'ignominie. Je sais bien que ces belles âmes vont répondre qu'on ne censure pas les oeuvres de l'esprit. C'est ce que le député-maire de BOULOGNE-BILLANCOURT, monsieur BAGUET, m'a répondu quand j'ai protesté auprès de lui contre la parution dans le Journal 20 minutes d'une photo représentant un homme en train de s'essuyer le derrière avec le drapeau français et lui ai demandé d'intervenir au Parlement. Ils osent appeler ça des oeuvres de l'esprit ! Je tiendrai bon sur ce point et tous les jours que Dieu fait, je rappellerai à mes lecteurs (de plus en plus nombreux, et venus du monde entier : j'en profite pour les saluer et les remercier de leur fidélité) que nous n'avons pas à soutenir de tels hommes politiques en leur apportant nos suffrages. Et puis je demande à mes lecteurs, quand ils règleront leurs impôts, d'envoyer un chèque majoré d'un centime (et surtout de ne pas envoyer le TIP). Minorer sa contribution est incivique (encore que dans ce cas, on aurait le droit de le faire en conscience), la majorer bloque le système informatique.

On pourrait aussi demander à nos évêques, Cardinal Vingtrois et Archevêque d'Avignon en tête, aux responsables des Eglises Réformée et Luthérienne, au Métropolite orthodoxe de France, qu'ils envoient aux commanditaires de cette ordure une vigoureuse lettre de protestation. Pour l'instant, leur silence est assourdisssant

Quand les élites ne respectent rien, il ne faut pas demander au Peuple - qu'ils sont censés éclairer -, le respect et l'obéissance de la chose publique.

Honte à Frédéric MITTERRAND !

Honte à Michel VAUZELLE !

Honte à Marie-José ROIG !


Ce sont des misérables, au sens étymologique, des gens pleins de misères intérieures. Elles les étouffent de telle manière qu'ils ne discernent plus l'inacceptable de l'acceptable.

Et s'ils sont baptisés, que le Père de Miséricorde leur inspire un repentir sincère et une conversion du regard. Ils peuvent le faire en publiant un communiqué conjoint regrettant leur acte, et en prenant les mesures qui s'imposent. LVMH et monsieur LAMBERT, qui soutiennent de leurs deniers cette exposition, qu'en dire ? L'argent trompeur, dans lequel paraissent baigner cette maison et ce mécène, les étouffe. Je les plains. Et j'en suis réduit à prier pour qu'un brin de lumière vienne percer l'opaque ténèbre dans laquelle ils se sont perdus.

jeudi 2 septembre 2010

Automne en Avignon

-
Je me suis perdu dans les ruelles ombreuses de la Cité des Papes. J'ai rêvé, en traversant de mystérieuses placettes, silencieuses comme des cloîtres. Je me suis laissé inonder de soleil sur le parvis de la Collégiale saint Agricol. J'ai emprunté la rue de la Velouterie, la rue des Fourbisseurs, la rue Bancasse, la rue de la Carrerie, et tant d'autres dont les noms sentent le moyen âge, les métiers de jadis, et un monde dont nous n'avons même pas l'idée. La Sorgue coule, étroite, entre deux rangées de maisons tortues, dans la rue des Teinturiers. De grandes roues à palettes y tournent indéfiniment, comme si le temps s'était arrêté. Mélancolie paisible des jours qui raccourcissent.
-
Du haut du jardin des Doms, la vue donne sur un Rhône majestueux et sur la citadelle de Villeneuve-lès-Avignon. L'île de la Barthelasse s'étire comme un petit dragon. Froissement des feuilles qui commencent à tomber des arbres ! Lumière déchirante de ce soleil qui perce l'azur. Moments uniques.
-
Et puis il y a le Musée du Petit Palais. Jamais je n'ai vu autant de merveilles venues de l'Italie des XVe et XVIe siècles. Il faudrait y passer des heures, s'imprégner de la douceur de telle madone, de telle vierge à l'humilité (il s'agit de tableaux dans lesquels on voit la Vierge donner le sein à Jésus), de tel visage torturé d'un Christ portant sa croix. Rien n'est plus beau, rien n'est plus émouvant. J'ai vu les larmes du jeune saint Jean couler alors, qu'au pied de la Croix, il est en train de voir mourir son Maître et j'en fus retourné.
-
Que dire de l'admirable Musée Calvet ? Il héberge une collection unique de primitifs flamands, hollandais et allemands, dont un superbe Clair de Lune monochrome, dans le registre du bistre légèrement roussissant. Tout à la contemplation de ce chef-d'oeuvre, j'en ai oublié de qui il était l'oeuvre. On y trouve aussi une belle collection de tableaux modernes dont quelques SOUTINE de la meilleure venue, des GLEIZES, et d'autres encore.
-
Voilà comment on peut quitter l'azur d'un été qui se meurt, dans la paix intérieure, et dans la certitude que la beauté est immortelle. Je vous souhaite de faire la même expérience.
-