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dimanche 23 août 2015

23 août 2015. Habitants d'Avignon, n'oubliez pas les massacres de la Glacière ! Deuxième billet de ce jour

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Le massacre de la Tour de la Glacière en AVIGNON est consécutif au lynchage de LESCUYER, un ardent «patriote», d’origine picarde, qui avait dans l’idée de piller le trésor des églises d’AVIGNON, ce qui n'était pas du goût de la population. Le récit que MICHELET fait de ce massacre est celui d’un esprit partisan (il ne nomme aucune des victimes, ni leur origine sociale, s'étend longuement sur les coups portés à LESCUYER mais ne dit rien de ceux que l'on a infligé aux pauvres massacrés), et il semble excuser l’acharnement et la barbarie des massacreurs en les mettant au compte d’un breuvage qu’on leur aurait fait boire et qui les aurait rendus furieux. C’est une légende. Rien ne permet de vérifier ce fait. Voici le récit de Gustave GAUTHEROT qui me paraît autrement argumenté que le roman de MICHELET lequel est historien comme moi je suis camerlingue au Vatican ! Du reste, en sa faveur, il convient de souligner que GAUTHEROT parle de l'assassinat de LESCUYER, sans oublier les détails atroces qui l'accompagnèrent.

Nous sommes donc au Palais des Papes en cet automne 1791.

"Dans le vestibule, s'ouvre à mi-corps, une ouverture semblable à la gueule d'un four : par-là, on aperçoit de nouveau l'intérieur de la tour irrégulière; par là, dans ce gouffre seront précipités, dans la nuit du 16 au 17 octobre 1791, quatre-vingts victimes, — car c'est la Tour de la Glacière. Quelles étaient ces victimes ? Sur les soixante cadavres, — quarante-sept d'hommes et treize de femmes — qui purent être identifiés dans la suite, citons trois officiers municipaux, « patriotes », mais modérés; le moulinier en soie GIRARD; l'architecte LAMY; le supérieur de l'Oratoire MOUVANS ; le curé de Saint-Symphorien, NOLHAC; deux « notables », GAUDIBERT et CHAPUIS, qui étaient l'un cordonnier et l'autre menuisier; l'imprimeur NIEL fils et sa mère; le libraire NIEL, et son fils l'abbé; la femme de l'apothicaire CROZET. Tous les autres étaient de très petites gens : cordonnier, sellier, moulinier et fileur de soie, boulanger, tonnelier, maréchal-ferrant, « tueur de cochons », paysans, manœuvre, « échappé des galères », couturières, dévideuse, lavandière. […]. JOURDAN et son Conseil siégeaient dans les beaux appartements du Vice-Légat. Des individus armés de fusils, de pistolets, de sabres, de coutelas, de haches, de barres de fer, occupaient la conciergerie, la grande cour du Palais, la galerie découverte, les corridors intérieurs. Des femmes, la torche à la main, éclairaient les opérations; les coups meurtriers, les cris et les râles des victimes, les actes dont la sinistre ignominie interdit la description, les faisaient rire aux éclats. Au milieu de la prison, on immolait les condamnés tout comme les septembriseurs parisiens de 1792 immolèrent ceux de l'église des CARMES à leur sortie dans le jardin. On leur arrachait leurs objets de valeur; on dépouillait les femmes, surtout les plus jeunes... On traînait les cadavres ou les mourants en haut du rude escalier en faisant sonner leurs têtes sur les marches de pierre ; puis on les précipitait, par la basse et sombre ouverture, dans la Tour de la Glacière. Au fond de cette tour, les cadavres de l'oratorien MOUVANS, dont nous avons dit les sentiments, et de l’ex-jésuite NOLHAC, curé octogénaire de St-Symphorien, furent rejoints par ceux d'un jeune homme de quinze ans (Dominique JEAN), du fils NIEL, qui se débattait encore au fond de la tour sur le tas de cadavres et qu'on dut achever — par pitié ! — avec une grosse pierre, et de sa mère, Madame NIEL. Cette femme de cinquante ans, remarquablement belle encore, aussi énergique que distinguée, remplie d'indignation pour la dictature jacobine, avait essayé en vain de ramener au pouvoir l'ancienne municipalité — dont son mari, l'imprimeur, était membre, — et elle avait correspondu à cet effet avec le Médiateur MULOT. Elle venait d'assister à l'agonie de son fils lorsque son propre corps fut livré au sadisme des bourreaux. Les bourreaux étaient environ cinquante : soldats déserteurs, gendarmes, gardes nationaux, savetiers, taffetassiers, tourneurs, maçons, charcutiers, orfèvres, portefaix, etc., dirigés par les deux MINVIELLE, le menuisier DESCOURS fils, le commis LOUBET (aux gages de SABIN TOURNAI), le cabaretier MOLIN, le boutonnier SALETTE et le major RAYNAUD. On remarquait parmi eux un enlumineur d'images, BELLEY cadet, âgé de 22 ans, aux cheveux noirs et crépus, aux yeux noirs et farouches : vêtu d'une veste en cotonnade rayée blanc et rouge, il avait retroussé jusqu'aux épaules ses manches de chemises et il était couvert de sang de la tête aux pieds. Il se vantait d'avoir égorgé de sa main une vingtaine de prisonniers. « Il faut tout faire périr, avait déclaré le commis de SABIN TOURNAI, car s'il s'en sauvait quelqu'un, il servirait de témoin ». Et l'abbé BARBE, sorte de grand-prêtre de cette hécatombe, avait paru la bénir... en donnant du haut de l'escalier de la Glacière l'absolution à ses propres victimes ! BARBE sera bientôt nommé curé constitutionnel de Saint-Symphorien, à la place du père NOLHAC. Quand on abolira le culte, il deviendra employé dans les bureaux du district de VAUCLUSE et rentrera alors pour jamais dans l'ombre. Après minuit, le « général » JOURDAN, le « colonel » DUPRAT aîné, le capitaine BOUFFIER (tourneur), le gazetier SABIN TOURNAI, les orfèvres MARTIN (de Bollène) et RIGUE allèrent réveillonner rue Bancasse, chez le traiteur J.-B. PEYTAVIN, frère du major. BOUFFIER tenait encore à la main un sabre nu et sanglant ; MARTIN était tout rouge de sang; RIGUE, présentant son fusil brisé, raconta l'avoir rompu sur la tête de plusieurs prisonniers, dont la tête était bien dure. « A nous la victoire ! » criaient en chantant JOURDAN, DUPRAT, TOURNAI et les autres. Comme BOUFFIER, était sorti, rentrait avec trois ou quatre hommes armés de sabres et de fusils, il annonça que la Ratapiole, — la pauvre femme du portefaix, — vivait encore. « Qu'on aille l'expédier ! » ordonna JOURDAN, entre la soupe au fromage et le bœuf à la mode. Un soldat observa qu'elle était enceinte: « Enceinte ou non, répondit JOURDAN, il faut qu'elle y passe ». On mangea, on ribota, on s'esclaffa jusqu'à deux heures du matin. Le traiteur, de sa cuisine, entendait souvent le refrain : «A nous la victoire» "

NB : JOURDAN a été guillotiné quelques années plus tard et il est mort en lâche.

jeudi 21 août 2014

21 août 2014. Nouvelles de la Résistance : Remember ! Remember !

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Souvenons-nous d'où vient notre République !
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1. La citation du jour.
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"La situation du faubourg n'était pas rassurante, en réalité. Il était entre trois cimetières, tous trois alarmants. Sainte-Marguerite regorgeant, il avait fallu enterrer à Saint-Antoine, et là, chaque lit de corps n'avait pas quatre pouces de terre. Pour Picpus, où allaient les guillotinés, on n'en soutenait pas la vue. L'argile repoussait tout, refusait de rien cacher. Tout restait à la surface. La putréfaction liquide surnageait et bouillait sous le soleil de juillet. La voirie, qui fit son rapport, n'osait répondre que la chaux absorbât cette odeur terrible. On couvrit les fosses de planches, et les corps étaient jetés par les trappes. On y jeta de la chaux en masse, mais on versa maladroitement tant d'eau à la fois que l'état des choses empira encore.
Le 29 messidor, on songeait, qui le croirait ? à quitter Picpus, à conduire les guillotinés à Saint-Antoine, jugé comble le 27.
L'architecte trouva un terrain hors des barrières, sur la route de Saint-Mandé. C'était une vieille carrière de sable abandonnée qu'on appelait Mont-au-Poivre. Seulement il fallait le temps de l'approprier à la chose. Il fallait au moins le fermer de planches, et creuser les fosses. En notant ces dispositions, il fait cette curieuse remarque : "qu'elles permettront de conserver une belle vigne et des arbres dont il serait intéressant de récolter les fruits".
Pour tout préparer, il fallait quelques jours ; mais, quelque promptitude qu'on y mit, la guillotine allait si vite que Picpus, comble et surchargé de plus en plus, risquait de faire fuir tout le monde, de chasser ses fossoyeurs. La Commune avertie le 8 thermidor, pensa qu'on pouvait bien attendre un jour ou deux, prescrivant seulement ""de brûler sur les fosses du thym, de la sauge et du genièvre pendant toutes les inhumations.
Un architecte, sans nul doute inspiré de ces souvenirs, imagina un monument pour la combustion des morts qui aurait tout simplifié. son plan était vraiment propre à saisir l'imagination. [...]. Immense appareil chimique, qui, sans dégoût, sans horreur, abrégeant le procédé de la nature, eût pris une nation entière, au besoin, et de l'état maladif, orageux, souillé, qu'on appelle la vie, l'eût transmise, par la flamme pure, à l'état paisible du repos définitif."
Jules MICHELET.
Histoire de la Révolution française. Livre XXI. Chapitre I. Les cimetières de la Terreur.
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2. Commentaires.
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Une gravure révolutionnaire se réjouissant de l'exécution de Louis XVI.


Exécution de groupe à la Révolution. Une trappe permet d'évacuer les troncs des condamnés.
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Exécution du journaliste James FOLEY (via le Salon beige).

L'inénarrable journal Libération a d'abord titré ceci :


Il lui faudra bien reconnaître aujourd'hui que ce sont les djihadistes qui ont décapité le journaliste. Mais à l'époque, ça faisait bien dans le tableau que d'attaquer sans preuves un Président dont plus personne ne songe à réclamer le départ !

James FOLEY était catholique. Voici un extrait du message qu'il avait envoyé à sa maman pendant sa première captivité :

"Dans une lettre poignante, écrite en 2011, James Foley, le journaliste américain assassiné mardi 19 août par les djihadistes de l’État islamique (EI), racontait la place qu’occupait la foi dans sa vie. Cette missive, publiée par l’université jésuite américaine Marquette en 2011 – où il avait effectué une partie de ses études —, faisait référence à la première prise d’otage dont le journaliste avait fait l’objet, durant six semaines en 2011, alors qu’il couvrait la révolution libyenne.
Il y relate le premier coup de téléphone qu’il avait eu le droit de passer à l’un de ses proches, lors de cette première captivité. À l’époque, il avait appelé sa mère, Diane Foley. « Je priais pour qu’elle sache que j’allais bien. Je priais pour que je parvienne à communiquer avec elle à travers une quelconque force de l’univers », écrivait-il. « J’ai prié pour que tu saches que j’allais bien, avait dit le journaliste à sa mère, au téléphone. N’as-tu pas ressenti mes prières ? »"
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Une vidéo en vue de la Manif du 5 octobre.


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