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lundi 10 février 2014

Nouvelles de la Résistance : merci aux lettrés confucéens et autres remarques


La devise ! La devise ! La devise !

Non ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté.
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1. La citation du jour.

Puis que je fais état d'un article en chinois qui commente la Manif Pour Tous du 2 février, je crois utile de vous citer un extrait de l'ouvrage de YI I, un lettré confucéen de la tradition coréenne, qui a écrit en chinois ce petit chef d'oeuvre dont Isabelle SANCHO a traduit le titre par Principes essentiels pour éduquer les jeunes gens (Collection de la Bibliothèque chinoise. Les Belles Lettres, Paris, 2011).

"Chez l'homme il est impossible de transformer la laideur des traits en beauté, la faiblesse musculaire en force ou une petite ossature en une grande, car il s'agit là de caractéristiques physiques dévolues à chacun à la naissance et qui ne peuvent être modifiées.
Ce n'est que dans le coeur, l'esprit, que la sottise peut être transformée en intelligence et l'inexpérience devenir sagesse, car il y a une part subtile et mystérieuse du coeur qui agit indépendamment des particularités imparties à la naissance. Rien de plus aimable que l'intelligence ! Rien de plus précieux que la sagesse ! Pourquoi diable ne laissons-nous pas agir cette intelligence et cette sagesse, ET MALMENONS-NOUS CES DISPOSITIONS NATURELLES CONFÉRÉES PAR LE CIEL ?" (Majuscules de votre serviteur.)

Et YI I citera un peu plus loin ce passage du Livre des Odes (Shi Jing) :

"La vie, le sang et la chair reçu par tout homme à la naissance sont tous des dons légués par les parents. [...]. Voilà pourquoi il est dit : 'Hélas ! Hélas ! Ô mon père ! Ô ma mère ! Vous m'avez élevé avec tant de peine et de fatigue !' La reconnaissance que nous devons à nos parents est inexprimable."
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2. Commentaires.

Nous nous trouvons donc, avec Vincent le Pédago (ou le Démago) devant un monsieur qui veut arracher l'enfant à toutes les déterminations sociales, ethniques, religieuses, familiales, pour les remplacer par ses déterminations à lui, le brave homme. YI I est là pour nous rappeler qu'il y a des déterminations physiques auxquelles Vincent le Pédago ne peut rien changer. On pourrait du reste, parmi les déterminations physiques, inclure la détermination sexuelle.
Monsieur PEILLON dit Vincent le pédago, le bon apôtre, est là pour nous rappeler que lui, il a sinon le secret pour/ du moins le projet d'arracher l'enfant à ces déterminations-là, pour en faire un bon esclave à la botte de la "République" (enfin, ce qu'il appelle la République).
YI I parle de l'intelligence et de la sagesse, et il dit qu'il est possible de la faire grandir, comme DISPOSITIONS NATURELLES données par le Ciel. Ce n'est pas la sagesse de monsieur PEILLON, ce n'est pas la sagesse de monsieur JAURES, ce n'est pas l'intelligence (oligophrénique) d'Harlem DESIR ! C'est une disposition que ces messieurs n'entendent pas faire grandir, puisqu'ils n'en reconnaissent pas l'origine et prétendent se substituer à elle qu'ils considèrent comme inexistante, nulle et non avenue ! Leur projet est totalitaire. Et si les enfants n'appartenaient pas à leurs parents comme le voudrait le sénateur Laurence ROSSIGNOL (je refuse la féminisation des titres qui offense le génie de notre langue), ils appartiendraient encore moins à l'Etat.
Quand serons-nous débarrassés de cette idéologie et de ceux qui la répandent ou l'imposent.
Il ne dépend que de nous, pendant qu'il est encore temps.
Du balai ! Tous, de droite comme de gauche ! Non à la partitocratie ! Non à l'échange des bons procédés que pratiquent ces hommes politiques depuis des décennies ! Non aux chasses gardées des oligarques qui sont d'accord pour garder leurs prébendes, leur pouvoir et leur prestige social, quelle que soit leur opinion politique, dût la patrie périr. Oui au corps intermédiaires, oui à la famille ! De l'air, de l'air, de l'air.
Affaire à suivre.
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3. Infos sur la Résistance.
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La presse chinoise parle de La Manif Pour Tous.

2月2日,去年在同性婚姻法案审议期间和通过之后曾多次示威抗议的 “人人上街示威集体”(LA MANIF POUR TOUS,LMPT)卷土重来,打着反对政府“嫌恶家庭”的旗号,再次在巴黎和里昂游行示威,捍卫传统的家庭观。法新社报道,示威者扬言“为了家庭和小孩,绝不罢休!”内长瓦尔斯事先警告“绝不宽容任何失控行为”,他指责“法国式的茶党”出现,呼吁“支持共和的右派人士与之明确划清界限”。专家认为法国的保守势力明显上升.
Je ne reconnais, hélas que quelques caractères. La date 2 Yue 月  2 Ri 日 : 2 février , puis chu 去 (aller) nian 年 (année) zai 在 (dans ; marque du locatif), et à de nombreuses reprises la France : Fa 法 Guo 国. Bu 不 (négation) , Ta 他 (il pronom), Shang 上 (au-dessus) , Zhe 之,De 的, Wei 为, Le 了, Jia 家 (maison, famille), Ren 认, Qu 出 (venir), Xiang 先 (monsieur ; va souvent avec sheng). Si un lecteur chinois veut bien m'aider à traduire cette page , ce sera parfait, et surtout s'il veut bien confirmer que je ne me suis pas planté dans la transcription en pinyin des divers caractères, je l'en remercie à l'avance. Mais pour qu'un pays comme la Chine n'intéresse à ce phénomène, il faut qu'il ait de l'importance ! 


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De Farida BELGHOUL, via le Salon beige.


Nouvelle journée de retrait de l'école... lundi !

Farida Belghoul invite tous les parents de France à faire savoir au gouvernement qu'ils refusent que leurs enfants soient rééduqués par l'enseignement de la théorie du genre. Après le succès de la première journée de retrait des enfants de l'école, qui a affolé le gouvernement, la deuxième est programmée demain, lundi 10 février :
"La première JRE a rendu célèbre notre action pour sauver la pudeur et l’intégrité de nos enfants. Malgré toutes les calomnies, nous avons gagné la première bataille : le site de la Ligne Azur vient de se retirer de l’internet ; de nombreux documents officiels faisant la promotion de l’idéologie du genre ont disparu comme par miracle eux aussi des sites gouvernementaux.
De plus, grâce à la JRE, la présence de la théorie du genre dans les classes apparait jour après jour comme une réalité bien qu’elle soit qualifiée de « folle rumeur » par le Ministère et ses media. Des personnalités de plus en plus nombreuses confirment que l’idéologie du genre, sous couvert notamment de l’ABCD de l’égalité, est d’ores et déjà bel et bien en œuvre dans les programmes scolaires, à titre expérimental, et sera généralisée à partir de la rentrée de septembre 2014."

samedi 6 février 2010

Mea culpa...

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Chers amis sinologues, je vous dois un mea culpa. WANG CHUANSHAN n'est autre que l'un des nombreux noms du très célèbre érudit WANG FUZHI qui vécut entre 1619 et 1692. La contribution sur les Barbares n'est donc pas le fruit des réflexions d'un auteur qui aurait vécu avant que les Mongols ne prennent en fondant la dynastie des YUAN. WANG FUZHI, en réalité, a vu s'écrouler sous ses yeux l'Empire des MING qui a pris fin en 1644 et a été remplacé par la dynastie mandchoue des QIN qui durera jusqu'à la fondation de la première république.
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Les réflexions de WANG FUZHI ont porté sur les raisons qui ont fait disparaître l'Empire et la dynastie nationale des MING ; il identifie, entre autres facteurs, la corruption, le laisser aller, le fatalisme des élites et l'influence pernicieuse d'un bouddhisme et d'un taoïsme transformés en doctrines quiétistes. La réflexion n'a pas perdu un pouce d'actualité : corruption et laisser-aller fleurissent toujours dans les allées des pouvoirs, et l'angélisme prêché par de nombreux médias et hommes politiques vis-à-vis des incivismes de toutes origines ressemble fort au fatalisme et à ces doctrines mystico-gélatineuses qui faisait égarer les citoyens chinois sur les chemins du non-agir. On peut se demander si le déclin français contemporain ne trouve pas son origine dans des facteurs analogues.
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Il aurait suffit que je déporte mon attention de la page 263 du livre d'Etienne BALAZS à la page 254 pour voir que WANG FUZHI est bien ce WANG CHUANSHAN et qu'il s'octroya généreusement une demi-douzaine de noms en plus de son nom patronymique authentique.
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On excusera, je l'espère, cette erreur qui fera sourire les spécialistes. Je n'en suis pas, hélas, et si vous saviez comme je le regrette.

lundi 28 septembre 2009

Courtoisie, politesse et rites

Il est de bon ton de moquer les gens courtois. Le jeunisme envahit tous les compartiments de notre vie sociale : la publicité, les loisirs, la mode, par exemple. On ne dit plus, dans un courriel, "Cher monsieur" ou "Chère madame", on dit "Bonjour !" ou "Bonsoir !", selon l'heure. On ne dit plus "Veuillez agréer etc." mais "Cordialement". Car en ces matières les "jeunes" donnent le ton. Ne parlons pas des modes verbales ; "ça me gonfle", ou "ça me prend le chou" ou que sais-je encore et par exemple.
De quoi cette manière de faire contemporaine est-elle l'indice ? Selon moi, d'un effacement de plus en plus important de la signification symbolique des gestes, des paroles, des couleurs ou des sons. Il faut, pour exister, choquer, faire du nouveau, s'opposer aux traditions, les railler, les détruire, les déformer, faire table rase du passé pour pouvoir vendre toujours, et toujours, et toujours plus de nouveaux produits d'utilité souvent très contestable. C'est la condition nécessaire à l'existence d'une société de consommation, tellement contestée en paroles, tellement aimée dans les faits.
Les Chinois, à l'instigation durable de CONFUCIUS, accordaient et accordent toujours une signification très importante aux rites. Marcel GRANET, dans son livre remarquable sur la religion de Chinois notait avec pertinence que les habitants actuels de l'Empire du Milieu ont su très bien adapter les rites traditionnels au monde contemporain. Ainsi, disait-il (en 1951), on verra une mariée porter une robe à la coupe occidentale, mais cette robe ne sera jamais blanche, car c'est la couleur du deuil, et elle ne sera pas davantage rouge, couleur traditionnelle des noces ; on la portera rose, fût-il très pâle. Admirable perpétuation adaptée de gestes polis par l'histoire, pleins de sens pour qui en connaît la clé et admirable adaptation aux conditions modernes.
Ainsi coupés de la compréhension du passé, inquiets d'un avenir qui ne se laisse pas clairement deviner, nous sommes tout à l'instant présent, sans l'habiter vraiment, car notre inquiétude existentielle fait que nous ne pouvons vraiment le goûter. Désemparés, sans repères, sans ancrage, nous ne savons plus exprimer, faute de langage approprié, nos sentiments profonds ; la politesse, la courtoisie, les rites nous y aidaient. Ils sont en train d'être sacrifiés sur l'autel de la modernité. "Or, disait Paul RICOEUR, il y a une profondeur de l'âme humaine à laquelle le rite seul peut atteindre." Constat bouleversant de justesse. Qu'il serait bon de le méditer.

vendredi 29 février 2008

Sagesse des Chinois

CONFUCIUS avait défini cinq types de relations sociales : souverain/sujet, mari/femme, père/fils, aîné/cadet, ami/ami. Il ne lui avait pas échappé que la seule de ces relations qui, de son temps, ne fût pas dissymétrique était la relation ami/ami. L'amitié était précieuse et forte aux yeux des Chinois et il est tout à fait intéressant de noter que l'idéogramme qui signifie amitié en langue chinoise représente deux mains se réunissant (cf. Cyrille J.-D. JAVARY. 100 mots pour comprendre les Chinois. Albin Michel, Paris, 2008).
Il me semble qu'il y a là matière à réflexion pour une conscience occidentale ; elle porte sur deux points, la symétrie absolue de la relation, et le rôle de la liberté dans l'engagement en amitié. Nous sommes à des années-lumière de la notion de solidarité qui est fondée justement sur la dissymétrie des revenus (ou des situations sociales) et la contrainte que les pouvoirs publics font peser sur les plus hauts d'entre eux pour les redistribuer aux plus bas. Je ne veux pas dire que c'est inutile ! Bien au contraire ! Il s'agit là du rappel imposée à ceux qui auraient tendance à l'oublier de notre commune appartenance au genre humain (une expression de la "mêmeté"). Mais la liberté n'a pas de part dans la solidarité. Et le jeu de deux pièces rendues solidaires est faible ou nul. Il en résulte que la solidarité, à moins qu'elle ne soit le fruit d'un mouvement de la liberté, ce qui lui fait perdre son caractère essentiel de contrainte, et par conséquent sa dénomination, ne peut être socialement vécue d'une manière positive. Nous sommes aussi très éloignés de la notion de fraternité ; on ne choisit pas ses frères, et la fraternité n'implique ni la symétrie (aîné, cadet ; jeune, vieux, etc.) ni la liberté ; elle n'exclut pas le sentiment, l'affection ou la tendresse, mais on sait aussi qu'il y a des haines fraternelles irréductibles dont CAÏN et ABEL, ou ETEOCLE et POLYNICE offrent les modèles les plus achevés. Il reste dans notre langue deux mots, qui méritent qu'on s'y attache, pour désigner le mouvement du coeur ou de l'esprit vers l'autre : le premier est celui de charité, mais il y a encore de la dissymétrie dans la charité des hommes, et Vincent de PAUL disait fort justement à ce propos, à Louise de MARILLAC : "Ma fille, souvenez-vous qu'il nous faut beaucoup d'amour pour que les pauvres nous pardonnent le pain qu'on leur donne". Pour arriver à son exercice, à une hauteur qui soit celle où la situe Paul de TARSE dans sa première lettre aux Corinthiens, il y faut autre chose que nos simples forces humaines. Mais c'est, selon moi, l'horizon définitif de l'humanité. Le second terme est celui d'amitié. Et c'est un mot si fort qu'il est employé par Thérèse d'AVILA quand elle parle de la prière : "La prière, dit-elle, n'est jamais qu'un commerce d'amitié avec Dieu". On retrouve bien là l'audace de cette femme qui se place sur le même plan que Dieu, mais qui engage toute sa vie et sa liberté dans cette relation. (C'est une expression de "l'ipséité", ce qui fait que suis moi et pas un autre.)
Je n'aurais pas la naïveté de confondre les mots avec la réalité qu'ils signifient. Mais ils ne sont pas venus tout seuls dans notre vocabulaire. Et il me semble que nous pouvons relativement bien nous reconnaître dans ce que je viens de dire.
Voilà pourquoi, et j'en termine, il est aussi important de délivrer une parole à l'homme ou à la femme qui mendie, parfois lamentablement et même indignement, car c'est dans la parole partagée que commence à s'établir une relation symétrique, la seule qui puisse prendre place dans l'expression authentique de la charité, et qui tienne compte à la fois de la mêmeté et de l'ipséité.