Affichage des articles dont le libellé est Amitié. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Amitié. Afficher tous les articles

lundi 20 novembre 2017

20 novembre. Nouvelles de la Dissidence. Discours public et relations de proximité.

-
Rien n’est plus facile que de prêcher la vérité. Le miracle, c’est de la faire aimer.
-
1. LA CITATION DU JOUR.
-
Nous commencerons demain un cycle consacré à Louis LAVELLE. Aujourd’hui, il y aura simplement une citation de LA BRUYERE tirée des Caractères, sur lesquels nous reviendrons en temps utile. Elle illustre bien la vanité du discours public.

"Il y a de certaines choses dont la médiocrité est insupportable : la poésie, la musique, la peinture, le discours public. Quel supplice que celui d’entendre déclamer pompeusement un froid discours, ou prononcer de médiocres vers avec toute l’emphase d’un mauvais poète."
In
Jean de LABRUYERE.
Les caractères. (Diverses éditions.) Section "Des ouvrages de l’esprit. N°7".
-
2. COMMENTAIRES.
-
Mon Dieu, qu’ils se taisent ! Qu’ils se fassent petits ! Qu’ils nous laissent tranquilles ! Leur discours est insupportable, leur arrogance incommensurable. Inutile de commenter l’évidence : ceux qui prétendent nous gouverner sont souvent pompeux et ridicules. Le mieux est donc de faire comme s’ils n’existaient pas, et de créer des liens solides et respectueux avec ses voisins, les gens que l’on croise dans la rue : notre prochain (par exemple ces dames qui promènent avec amour des petits chiens gentils, ces mamans qui portent leur bébé sur la poitrine ou poussent un landau, ces jardiniers qui avec un art incroyable fleurissent nos parcs ou nos jardins publics, ces agents de police, ces militaires qui assurent notre sécurité. Un petit mot, un sourire, un compliment, et voilà que le soleil de la relation humaine se lève sur notre jour !
Alors, n’hésitez pas. Bénissez (dites du bien) à ceux que vous croisez et qui sont prêts à accueillir vos paroles. Ce n’est pas une affaire de morale (pouah ! l’horrible mot), c’est une affaire d’amitié.
-
3. REVUE DE PRESSE INSOLENTE ET PARFOIS SERIEUSE.
-
Le mépris du corps et le retour du gnosticisme !

-
Crime organisé et djihadisme européen.

-
Puisque Médiapart vous dit que ce n’est pas grave !

-
Résistance ! Résistance !

-
Les passerelles d’Anouchka la bobote !

-
Il y a cinq ans déjà !

-
Le peuple tant méprisé par les bobos ne s’y trompe pas.

Je souhaite ardemment la disparition de BFMTV dans sa forme actuelle.


-
L'abomination dans une chapelle de Belgique.




-
Oui à la culture de vie !

VV__image-provisoire-1










jeudi 29 juin 2017

29 juin 2017. Nouvelles de la Dissidence : l'amitié est une forme d'amour.

Nous achevons cette semaine (partiellement, car je n’ai pas parlé des contributions de Xavier FONTANET et de Jean-Eudes TESSON, qui feront l’objet d’un traitement ultérieur) notre parcours dans l'ouvrage collectif, appelé Transmettre l’essentiel, actes d’un colloque organisé par L’Académie d’éducation et d’études sociales. Artège-Lethielleux, Paris, 2016. Nous continuons de voyager dans la contribution de Guillaume de PRÉMARE, intitulée Faire vivre des communautés de destin pour construire le bien commun. Pour la gouverne de mes lecteurs, je précise que Guillaume der PRÉMARE a publié en juin 2015 un livre intitulé Résistance au meilleur des mondes ! Tout un programme
-
Ce n’est pas l’ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c’est la lâcheté !
-
1. LA CITATION DU JOUR.
-
"L’amitié est une forme d’amour qui nous manque beaucoup au plan politique et social. C’est ici que notre apport, comme chrétiens, est d’une brûlante actualité et contient une puissance unique. Je crois que nous avons cette capacité, aujourd’hui, dans ce contexte de brouillage des références de « l’homme nouveau », d’apporter quelque chose de nouveau qui est en réalité vieux comme l’Évangile. À cet égard, faire du neuf avec du vieux, comme le christianisme sait si bien le faire est un beau programme et un modèle d’action politique.
"Notre devoir est donc le service des communautés de destin, des communautés de solidarité réciproque, au-delà de la communauté de ressemblance à laquelle nous appartenons. Notre communauté de ressemblance, qui est légitime, ne doit pas être autosuffisante et vivre pour elle-même. Ce serait contraire à la vocation sociale du catholicisme que de s’inscrire dans ce cadre tribal, de constituer la tribu catholique ou plutôt les tribus catholiques.
"Allons-nous représenter un segment sur le marché des idéologies, des partis et de l’offre électorale ? Allons-nous recherche de manière avide notre propre étiquette, celle qui pourrait nous fédérer ? En ce moment, la mode dans les milieux catholiques, est de vouloir fonder une unité autour du libéral-conservatisme : il s’agirait de se montrer libéral au plan économique et conservateur au plan des mœurs. Certains semblent chercher à construire ce qu’ils appellent « la droite que nous voulons ». C’est une droite qui n’existe pas, qui a peut-être existé dans le passé, mais qui a peu de chances d’exister encore aujourd’hui parce que le libéralisme économique, considéré comme primat des réalités marchandes, a absorbé les mœurs traditionnelles pour lui substituer de nouvelles mœurs qui sont celles du capitalisme contemporain. Celui qui cherche la conservation du système économique actuel ne peut obtenir dans le même temps la conservation des mœurs traditionnelles. Les puissances économiques qui dominent le monde n’ont cessé de détruire ces mœurs parce qu’elles sont un obstacle à l’épanouissement de la société marchande. La société de marché s’appuie sur le marketing pulsionnel des comportements. Or la régulation des mœurs porte en elle une culture de tempérance des comportements." (Pages 239-240.)
-
2. COMMENTAIRES.
-
Voilà des années que je dénonce les tares de ce système de fric et de domination économique. Voici deux petits faits qui illustrent admirablement ce que dit si bien Guillaume de PRÉMARE. Nous apprenons hier par la presse que messieurs DRAHI et NIEL, des soutiens fervents et socialistes de monsieur MACRON font partie du club des dix plus riches français, chacun des deux possédant un patrimoine de plus de 5 milliards d’euros (http://www.universfreebox.com/article/30973/TOP-20-plus-grosses-fortunes-francaises-Xavier-Niel-et-Patrick-Drahi-sont-dans-la-place). Et hier, dans l’abris-bus de la ligne 72 en direction de l’Hôtel de ville, Porte de Saint-Cloud, une publicité ainsi rédigée pour montrer la simplicité du changement d’adresse (je cite de mémoire) : « Vous quittez Thomas pour aller avec Paul, rien de plus facile pour changer d’adresse. » Une telle publicité, purement marchande, s’adresse à celles des jeunes filles qui changent de copain et donc d’appart (comme disent les jeunes). C'est beau la manière dont ces créatifs considèrent la jeunesse !
Le constat de Guillaume de PRÉMARE est implacable. Il rejoint celui de CHESTERTON et de son distributisme (j’en ai parlé un jour dans un billet) ou celui de BERNANOS et de sa condamnation sans appel d’un capitalisme totalitaire. Il rejoint, plus curieusement encore celui d’ARISTOTE dans ses Politiques (oui, il s’agit d’un pluriel) sur lequel on reviendra.
Je m’adresse encore à vous, jeunes qui cultivez l’amitié désintéressée et débordante de vitalité : ne jouez plus le jeu de ce monde marchand ; jouez celui de l’amitié, du partage, de la tempérance et de la frugalité !
Guillaume de PRÉMARE dit une chose également très importante : non aux petites chapelles. Je n'ai aucune honte à dire que je suis catholique, et fervent. Mais je ne vois pas pourquoi je devrais m'agréger à tel ou tel groupuscule. Duc in altum a dit Qui vous savez. Avance au large ! 
-
3. INFORMATIONS DIVERSES.
-
Un grand article !

-
Un grand témoin.

-
Un bon remède contre la barbarie.

-
Un grand talent pour célébrer une Rencontre.

-
Un chef d’état responsable.

-
Un bon ministre.

-
Un bon choix.


 -
Alors que va-t-il faire après l'avis du Comité Consultatif National d'Ethique, que j'appelle le Comité de l'étiquette (socialo-maçonnique).


IMG_20170627_231824

mardi 28 mars 2017

28 mars 2017. Nouvelles de la Résistance. Ils n'ont pas d'amis, seulement des complices et des valets

Nous achevons avec ce billet le cycle consacré au Discours de la servitude volontaire. Je m’absente pendant quatre jours et reprendrai mes billets le 2 avril.
-
Ce n’est pas l’ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c’est la lâcheté !
-
1. LES CITATIONS DU JOUR.
-
(a) "[…]. Et en vérité quelle amitié attendre de celui qui a le cœur assez dur pour haïr tout un royaume qui ne fait que lui obéir, et d’un être qui ne sachant aimer, s’appauvrit lui-même et détruit son propre empire."
In
Étienne de La BOÉTIE.
Le discours de la servitude volontaire. Texte établi par Pierre LÉONARD. Et
La Boétie et la question du politique. Textes de Félicité de LAMENNAIS, Pierre LEROUX, Auguste VERMOREL, Gustav LANDAUER, Simone WEIL et de Miguel ABENSOUR, Marcel GAUCHET, Pierre CLASTRES et Claude LEFORT. (Petite Bibliothèque Payot, N° 134.)
Payot et Rivages, Paris, 2002, p. 237 (C’est le texte du Discours, transcrit en français moderne par Charles TESTE.)

(b) "[…]. Le principe de la domination exclut l’amitié. Quel que soit le caractère du prince ou son intelligence à satisfaire les aspirations de ses sujets pour garantir sa sécurité, ce n’est pas de lui que dépend la nature du rapport social ; car il se définit d’un seul trait de structure, à ce seul signe que le pouvoir est décroché du peuple. […]. "[Texte intégral.]
In
Étienne de La BOÉTIE.
Le discours de la servitude volontaire. Texte établi par Pierre LÉONARD. Et
La Boétie et la question du politique. Textes de Félicité de LAMENNAIS, Pierre LEROUX, Auguste VERMOREL, Gustav LANDAUER, Simone WEIL et de Miguel ABENSOUR, Marcel GAUCHET, Pierre CLASTRES et Claude LEFORT. (Petite Bibliothèque Payot, N° 134.)
Payot et Rivages, Paris, 2002, p. 333. (Commentaire du Discours par Claude LEFORT.)
-
2. COMMENTAIRES.
-
(a) Nous apprenons dans le livre de RECASENS, LABBE et HASSOUS que monsieur HOLLANDE a vraisemblablement essayé de déstabiliser son premier ministre, (en qui il voyait, avec justesse, un rival potentiel), en s’attaquant sournoisement à sa femme, la musicienne Anne GRAVOIN. J’avoue que monsieur VALLS, que je n’avais guère ménagé dans mes billets, me paraît aujourd’hui plus sympathique qu’il ne l’était et qu’il a une autre stature que le minable Normal Ier. En pratiquant ces attaques obliques, monsieur HOLLANDE a détruit le PS à qui il devait son ascension. En vérité, il n’a jamais eu d’amis. Il n’a eu que des complices ou des valets. La relative grandeur de monsieur VALLS tient à ce qu’il a tenté d’échapper au mortel étau de la servitude imposée par le Prince à ses ministres.

(b) Le pouvoir, en effet, est détaché du peuple. Et ce que les actuels dominants (les artistes, les journalistes, les hommes politiques en place, les grands capitaines d’industrie) soient détachés du peuple se révèle chaque jour avec un éclat de plus en plus insoutenable. La Guyane, paraît-il, est une île. Monsieur FILLON ne sait pas combien il y a de régions en France (à vrai dire, la chose a été tellement bidouillée, trifouillée, remaniée qu’on peut comprendre cette amnésie). Monsieur MACRON peut gagner 3 millions d’euros en trois ans, et ne déclarer que 200 000 euros de patrimoine (voir l’information ci-dessous), tout est clair, au regard de la loi (qui manifestement est faite pour les puissants) ; il me paraît assez évident qu’il ne sait pas ce que c’est que de vivre avec un SMIC, voire deux, quand on deux ou trois enfants. Il ne sait pas ce que c’est que d’être obligé d’aller à la Banque Alimentaire pour nourrir sa famille. Quand j’y étais bénévole, j’ai vu des détresses incroyables. Qui s’occupe de cette France périphérique ?
Je préfère encore un homme qui aime l’argent et qui ne s’en cache pas, à un homme riche et qui, honteux de l’être, se fait passer pour un Français dit « moyen ».
-
3. INFORMATIONS DIVERSES.
-
On nous dira après que la justice est impartiale.

-
MACRON, l’homme des États-Unis (ou, plus exactement, de la finance américaine).

-
Nous demandons, que dis-je, nous exigeons des réponses concrètes de la part des candidats pour faire cesser ce scandale.

-
La polka des faux-culs centristes !


Ils n'auront plus jamais ma voix. En cas de duel d'un homme de gauche (PS exclu) et d'un UDI, c'est pour l'homme de gauche que je voterai. 


vendredi 6 septembre 2013

Un témoignage magnifique !

-
Voici le témoignage de LIONEL, publié par le site Nouvelles de France. Par ailleurs, il a à peine dix minutes, je viens de corriger une prière absolument bouleversante rédigée par une personne dans une situation analogue (mais il vit seul) à celle de LIONEL. Les publicains et les prostituées, et tous ceux que nous regardons d'un œil torve parce que nous "nous payons la dîme sur le fenouil", nous précéderont dans le Royaume. Il est grand temps de se convertir.
-
" Merci à Lionel, qui me permet de publier ici son témoignage. (Ce merci est une note préliminaire du journaliste.)
« Je suis né dans une famille d’ouvrier, et j’ai vécu dans une cité HLM.
Une petite enfance heureuse ; une adolescence très douloureuse  !
A 15 ans, j’ai découvert et su que j’étais homosexuel ! Et rien ne m’y préparait, et aucun homo autour de moi – donc aucune influence. Une mère catho et un père athée ; très bonne morale à la maison ; par contre, une haine très forte contre mon père, à l’adolescence, qui grandissait ; trop différent, à l’opposé total ! Ma mère entre les deux faisait ce qu’elle pouvait.
Mon père était un homme bien. Bon époux, bon travailleur ! Mais j’étais à l’opposé de lui : presque son contraire ! Il aimait le sport, je détestais le sport ! Il était macho, je détestais cette virilité ! Il aimait beaucoup les femmes, je détestais sa réputation à ce sujet ! Il était manuel, moi je n’aimais que la poésie et les livres ! Bref, nous étions deux inconnus l’un vis-à-vis de l’autre ! Des inconnus ! Et comme son éducation ne le poussait pas du tout à montrer ses sentiments, eh bien la haine s’installa peu à peu, et c’est des années plus tard, quand Jésus est venu dans mon cœur, que j’ai pu le comprendre et l’aimer tel qu’il était, avec son histoire propre. Mais à ce moment-là, à 16 ans, j’ai décidé de fuir la maison et de partir loin, très loin ! Je n’en pouvais plus et je venais de découvrir un an avant que j’étais homo.
Quand j’ai compris que j’étais homo, j’ai cherché où se trouvaient les gay dans ma ville : un parc le soir et une boite de nuit ! J’y suis allé… En moi aucune trace de culpabilité ! Une grande envie de liberté et de connaître l’amour avec un grand A ! Ce que j’ai vu m’a déconcerté, mais m’a fait prendre certaines décisions pour la vie : je ne me marierai jamais ! Je ne voyais autour de moi que des hommes mariés qui vivaient une double vie, et cela je n’en voulais pas pour moi ! Jamais ! Je voulais vivre dans la vérité avec les autres et avec moi-même ! De plus, j’ai décidé aussi de le dire à tous mes amis (ou amies) et à toute ma famille ! Je ne passerais pas ma vie dans le mensonge ! Ces décisions, je ne les ai jamais regrettées.
J’ai vécu donc comme serveur de boite de nuit gay, avec sexe, alcool et autres, et me trouvais très heureux ! Je voyais bien que dans ce milieu ne comptaient que la jeunesse et le sexe à tout va et les uns après les autres, sans sentiments aucun. On est seul, mais je ne voulais pas trop penser ! Juste profiter d’un peu de bonheur !
Un jour, par hasard (j’ai appris à reconnaître la présence de la providence), je rencontre un groupe d’hommes bizarres dans mon quartier : ils vivaient ensemble, avaient leur porte grande ouverte; leur table accueillante à tous : et on pouvait parler de tout avec eux ! C’était des franciscains prêtres ouvriers. Ce qui me touchait chez eux c’est leur amour gratuit ! je n’avait jamais vu cela depuis bien long temps ! De l’amour vrai et gratuit ! Je les adoptais ! Eux aussi et tel que j’étais à 
et tel que j’étais à l’époque, et c’était gratiné !
Homo et appelé par Dieu !Un jour, ces franciscains m’invitent à manger avec eux, dans un foyer de jeunes travailleurs et me disent :  D’abord on va faire la messe dans la paroisse ! Moi je leur dis : Je viens avec vous ! Allez savoir pourquoi ! A la sortie de cette messe, je vois une affiche « Rassemblement le week-end prochain de tous les groupes de prière du renouveau » - C’est quoi ça ? Ils m’expliquent une histoire d’esprit saint, à laquelle je n’ai rien compris ! Va voir, me disent-ils. Alors, un soir, je vais à ce groupe de prière de paroisse, avec tout ce que j’étais avant d’embaucher ! Short ultra moulant, tee-shirt mini… et maquillage des yeux ! Bref, la provoc ! Le prêtre et ces gens m’accueillent à bras ouvert ; me partagent leur chant ; me parlent comme à un frère ! Je n’en reviens pas !

Je suis bouleversé par tant de bonté et de gentillesse de ce prêtre et de ces paroissiens! Il m’invite à venir à ce fameux week-end. Pourquoi pas ? Je me retrouve au milieu de 800 personnes qui prient tout le temps ! Et des enseignements qui me passent au-dessus de la tête ! Mais j’aime les moments des repas : pour eux je fait partie de leur famille ! Je suis leur frère ! Soit ils sont fous, soit c’est vrai ? A la fin du week-end, il y a une messe avec l’évêque. Je m’installe au fond et je regarde et j’écoute… Au moment du Notre Père, tout le monde se lève et se prend la main ; moi aussi ! Et là, un déluge de larmes, et je vois (dans mon cœur) Jésus sur la croix qui me dit : Je suis mort pour toi et je t’aime. Et moi qui réponds : Jésus, mon Sauveur et mon Dieu. Et me voilà louant le Seigneur avec les autres !
Sortant de ce week-end, le cœur rempli de Jésus vivant et le cœur rempli d’amour pour tous, je vais voir mes amis franciscains et leur dis ma joie de connaitre l’amour du Christ. Ils me donnent une Bible et me dise de la lire. Je commence à lire la parole de Dieu, mais mon cœur est entêté ! Il y a des choses bien, mais d’autres qui ne me plaisent pas du tout, du tout ! Alors, la Bible va de mes mains au fond d’un tiroir sans cesse ! Très en colère, je vais voir mes amis prêtres et leur dis : Votre livre c’est impossible à vivre ! Alors, ils ont une trouvaille incroyable : ils me passent le livre de sainte Thérèse de Lisieux : « Histoire d’une âme« . — Lis-le et ton combat va devenir paix. Alors se passe une grâce infinie : je lis ce livre d’un trait et pleure sans cesse ; ce livre me fait comprendre tout le message de l’Evangile, qu’il n’était qu’un message d’amour pour le bonheur de l’homme, et là, j’accepte pleinement ma conversion à Jésus ! Et la petite Thérèse devient ma première sœur du ciel.
Que faire ? Je prends une décision très radicale ! Je laisse mon travail dans cette boite gay ; je laisse la ville dans laquelle je vis ; je dis au revoir à tous après leur avoir dit pourquoi et pour Qui je le faisais, et pars pour une ville du sud de la France, rejoindre une tante et un oncle que je n’ai vus qu’une fois et vivre chez eux ! N’emportant qu’une valise et un peu d’argent ! Je découvre la famille de mon père, qui me reçoit à bras ouverts, et je cherche un travail ; je deviens plongeur dans un restaurant et peu après prends un studio. J’avais 20 ans.
Allez savoir pourquoi, je vais voir un peu partout : protestants baptistes, évangéliques, pentecôtistes…  Je ne m’y retrouve pas du tout : ce n’est pas le Jésus que j’aime ! Et leur vision des homos me fait peur et me révolte ! Mais ils ont mis beaucoup de choses dans ma pauvre tête, et je ne sais plus ce que je dois croire. Faut-il que je soit têtu et buté, aussi, pour pas être allé de suite chez les catholiques ! Un jour, n’en pouvant plus, je décide de jeûner et de prier tout un week-end pour que Jésus réponde à mes deux questions essentielles pour moi : Jésus, quelle est ton Eglise ? Et quelle est la place de Marie ? J’ai dit à Dieu : Je ne sortirai de ma chambre qu’avec mes réponses ! Donc j’ai prié  l’Esprit-Saint tout le week-end ! Et la réponse est venue comme un éblouissement ; une lumière extraordinaire ; le dimanche, toutes les paroles qui avaient trait à la Vierge Marie quand j’avais lu la Bible me sont venues en un éclair, et elles étaient parfaitement claires. Je pris donc ce jour-là Marie comme ma mère, et la cloche de l’église à côté s’est mise à sonner.
« Il faut des années pour convertir son homosexualité à Dieu. »
Je me levai et allais à l’église. En entrant, c’était le chant Seigneur prends pitié de nous, et à la fin le prêtre fit une annonce, une quête pour une petite vieille qui venait de se faire voler sa retraite quelques jours avant ; je fut terrassé ! à genoux ! J’avais trouvé ma famille, mon chez-moi, ma maison, l’église de mon cœur ! Des hommes qui se disaient pécheurs et qui aimaient vraiment, bref, l’expérience que j’avais dans mon cœur, faite de Jésus Sauveur et amour.
Alors, plus de doute aucun : ma vie était au Christ dans son Eglise ! Il faut dire que je vivais un peu avec les anges ! Plus aucune tentation, et que de l’amour dans mon cœur ! Je commençais donc par aller à la messe presque tous les jours quand mon travail le permettait ; je me fis un groupe d’amis et amies de mon âge, et très vite nous prions tous ensemble, une fois par semaine ; et je m’en vais avec la Bible sous le bras évangéliser prostitués, travestis et autres ! Beaucoup de belles choses vécues dans ce feu de l’Esprit Saint. Surtout, peu à peu, j’entraîne tous mes amis chrétiens à faire la même chose, et nous sauvons du trottoir un certain nombre de jeunes garçons en faisant trois choses : évangélisation, aide en les accueillant chez l’un d’entre nous à tour de rôle ; et en les renvoyant chez leur parents après contact, car tous étaient mineurs ou pas loin et avaient fugué de chez eux, croyant que le miroir du sud avec son soleil et sa mer étaient un paradis ! Alors que très vite, pour eux, cela devenait un enfer, et eux une proie ; j’ai vu là beaucoup de miracles et de conversions et une grande fraternité et beaucoup d’amour fraternel ! C’est à ce moment-là que Jésus me fit rencontrer mon premier père spirituel ; un moine qui va me faire cheminer dans la foi à grands pas.
Un homme de miséricorde et de compassion et qui connaît bien notre humanité ! J’ai eu une chance incroyable, inouïe ! Ce qu’il faut savoir aussi, quand vous vivez une conversion si radicale, c’est que c’est une expérience si forte de Jésus sauveur et vivant, que pendant quelques mois, vous êtes au Ciel et vivez dans une grande grâce très sensible, donc sans aucune tentation ! Puis vous revenez à la foi pure de tout un chacun, et là, le « Diviseur » vous attaque cruellement. C’est là que j’ai compris l’importance essentielle dans la foi d’avoir un père spirituel pour vous aider à avancer, à grandir, à cheminer jour après jour avec Jésus. Ce père spirituel me mettait face à Dieu et libre. Ses conseils furent excellents : mettre la prière personnelle chaque jour avec Jésus, d’abord 10 mn, puis 20 mn, puis 30 mn, puis 1 heure au bout de 3 ans ; la messe autant que je pouvais, et la confession à chaque fois que je tombais dans le péché ! C’est tout ; pas de morale ; de prêchi-prêcha ; non ! Juste l’adoration, la messe et la confession, et qu’on se voie une fois par mois ! Et cela a transformé ma vie en quelques années ; vraiment transformé en vérité ! Il m’a dit une parole : Ne triche jamais avec Dieu, qu’importe ta misère, mais ne triche jamais ! Ce qui faisait qu’au début, il m’a fallu aller me confesser tous les jours, et heureusement la ville était grande et avait plusieurs paroisses ! Sinon, bonjour la honte pour moi ! Oui, la foi non sensible était aussi à vivre pour moi avec son lot de tentations, mais tout tendu vers Jésus et prêt à le suivre jusqu’au bout de ma vie !
Je précise que je ne vais pas raconter ma vie dans tous ses détails, mais uniquement mon expérience de l’homosexualité et ce que Jésus sauveur a transformé dans ma vie ! Avec ce moine comme père spirituel, ma vie a pris un sacré tournant… Mais il faut des années pour convertir son homosexualité à Dieu. Alors, pendant ces nombreuses années, j’ai appris les bases du christianisme en restant très pauvre humainement, mais j’ai appris à être patient et humble et à faire confiance à Jésus en mettant ces sept points à vivre tous les jours : la prière personnelle, la messe, la confession, la parole de Dieu, la Vierge Marie, un père spirituel, l’amour fraternel, et ceci a été source de grande guérison pour moi, de paix profonde. La plus grande guérison devant le Saint-Sacrement fut tout à coup quand j’ai vu dans mon cœur l’amour de papa et de maman : l’un très haut et l’autre très bas, et Jésus couper cela et tout d’un coup papa et maman revenir à la même dimension d’amour pour moi. Ce jour-là, je pardonnai à mon père dans mon cœur. Je le comprenais, je l’aimais de nouveau. Je partis le jour même voir mes parents, et me jeter dans leurs bras. On se demanda pardon, et tout fut pardonné : un miracle, un vrai miracle !
Après cette merveilleuse réconciliation avec papa et maman, je décidai de vivre les désirs profonds de mon cœur tout en suivant bien sûr Jésus comme un pauvre, en observant les 7 points de mon confesseur. Je fis donc du théâtre dans une troupe (la providence encore), et un jour m’établis à Paris pour d’abord travailler pour une association et ensuite, en reprenant mes études,devenir éducateur auprès des personnes handicapées. Ce fut une suite de signes de la providences de Dieu sans arrêt. Jésus est bien vivant et ressuscité, je peux en témoigner par toute ma vie ! De grandes guérisons intérieures se sont passées pendant l’adoration, la louange ou la confession. Je peux dire qu’il a changé mon être intérieur à fond. Cela ne veut pas dire qu’il a fait de moi un « hétéro », Jésus ne change pas une pomme en poire, mais il guérit pour vous donner la force de vivre selon son évangile, et cela avec joie et bonheur. En moi, il a mis la joie de vivre, de vivre libre et debout, la force de le suivre jusqu’au bout de son appel d’amour. Mais il a pris tout son temps. Et en plus, je suis très têtu, alors parfois il lui a fallu beaucoup de patience et de douceur.
Ce qui a été le plus fabuleux comme guérison, c’est qu’il a guéri en moi l’autodestruction qui me détruisait à petit feu, et mis sa vie, sa vie en plénitude.
Je me retrouvai seul en province. Après un peu de galère et un peu de temps pour panser mes blessures avec le Seigneur, je trouve un travail et un logement et m’investis dans ma nouvelle paroisse. Je suis seul et cela ne me pèse pas car je me fait beaucoup d’amis (et amies) dans ma vie chrétienne. Je vivais de plus en plus les 7 points de mon confesseur : prière, messe, confession, consécration à la Vierge Marie, parole de Dieu, amour fraternel et père spirituel ! Je trouve un père spirituel aussi formidable que le premier ; et surtout je me forme aux écrits de st Thomas d’Aquin (docteur de l’Église), à la vie des saints et aux paroles des papes pour savoir comment mener ma vie le plus juste possible par rapport à l’évangile et suivre Jésus. J’ai été très frappé par la notion d’amour amitié selon saint Thomas d’Aquin et les écrits à ce sujet de Maritain ; je pris la décision, inouïe vu ma pauvreté, de demander à Jésus la force de son Esprit Saint pour vivre maintenant dans la chasteté ! Et, bizarrement, ce ne fut pas si difficile que cela et quand je rencontrai mon ami actuel, il était très clair pour moi qu’il ne pouvait y avoir vie commune que dans la continence totale et la chasteté, bref comme deux frères ! Et je le dis avec force : cela est possible avec la grâce de Dieu. Cela fait 10 ans que nous vivons ensemble totalement continents et chastes, et lui de son côté fit le catéchuménat et retrouva une vie de foi vivante ! Je le répète, je suis très heureux et épanoui, et lui aussi, mais cela n’est possible qu’avec Dieu et sa grâce, et en prenant les moyens d’être vrai avec soit même et les autres (voir les 7 points). Aujourd’hui il me semble avoir trouvé d’être cet homme homosexuel tout donné à Jésus et marchant selon son évangile radicalement. »"
-
Et, regardant la vidéo de l'agression des Veilleurs à COUERON, j'avais le cœur serré en pensant à l'ignorance des violents, comparée à la lumière qui baigne le témoignage de LIONEL.
 

dimanche 21 avril 2013

Impressions de voyage (suite)

-
Après deux billets consacrés au problème que vous savez, je reprends le fil des impressions qu'a laissé en ma mémoire ce voyage en Roussillon.
-
Après l'Espagne, mardi, (je n'ai pas parlé de notre lundi à TAUTAVEL où Homo erectus a vécu il y a très, très longtemps, mais alors très longtemps, un gros bourg qui possède un musée magnifique consacré aux traces qu'a laissé l'homme préhistorique dans la CAUNE D'ARAGON, une grotte-refuge creusée à flanc de falaise par des eaux qui durent être impétueuses), départ mercredi pour la CERDAGNE. D'abord  passage par cet ermitage où un couple accueille et guide les visiteurs dans cette chapelle dans laquelle on pénètre par une antique porte catalane, des panneaux de bois sur quoi sont insérés de gracieuses volutes en fer forgé). Les gardiens sont des laïcs engagés et mandatés par l'évêque pour veiller sur les trésors de ce havre d'ombre, de douceur et de prière : un Christ roman très rare, monumental, et dont notre guide explique la symbolique avec gravité. Et en particulier, il nous fait remarquer que les pieds du supplicié ne sont pas croisés l'un sur l'autre, comme on est habitué à le voir, mais cloués séparément. Les bras sont parfaitement horizontaux ; seule, la tête inclinée témoigne de la miséricorde de Celui qui a donné sa vie pour nous tous. Comme j'aimerais que les puissants vinssent nombreux en ce lieu avant de prendre des décisions... 
-
Longue visite au monastère de SERRABONNE. C'est un lieu absolument unique à quoi l'on accède par une route en lacets qui serpentent à flanc de montagne, à travers une forêt de chênes verts. (Dans les sous-bois, on trouve des asperge sauvages. Il faut savoir les reconnaître, mais Andrée nous les a indiquées et nous avons pu en ramasser quelques bottes pour l'omelette du soir). SERRABONNE donne sur un horizon de montagnes bleues. Son cloître ne comporte qu'un côté, car le sommet où se juche l'église est trop étroit pour que les moines aient pu y bâtir un ensemble complet. Des chapiteaux de marbre rose, des doubles colonnettes, et dans l'église elle-même, une tribune intérieure qui ressemble à un narthex et dont les colonnes portent aussi des chapiteaux de marbre splendides dans leur finesse, leur agencement, leur symbolique. J'ajoute que SERRABONNE a été donné au Conseil Général des Pyrénées-Orientale par la famille JONQUERES d'ORIOLA.
-
Et puis la CERDAGNE, après un déjeuner à VILLEFRANCHE-DE-CONFLENT. Je signale aux touristes l'auberge Saint-Paul où pour des prix modiques, on peut déguster des plats catalans remarquables : pour ce qui nous concerne, une velouté de potimaron avec tuile de chataigne, et gnochis aux noix, des travers de porc lentement cuits accompagnés de gâteaux de pommes de terre aux fruits sec et d'une chantilly aux lardons et d'une glace au pain d'épice avec moelleux aux coings, le tout pour 19,50 euros !
-
SAILLAGOUSE, ODEILLO, MONTLOUIS sont trop connus pour qu'on décrive l'impression qu'ils laissent aux visiteurs. Elle n'aurait rien de bien originale. Mais je signale à l'intention des hommes politiques, que MONTLOUIS a érigé à un certaine Émile BROUSSE, un monument qui mentionne son action politique, son efficacité et dit "qu'il fut ministre et mourut pauvre"... Avis à messieurs CAHUZAC et autres personnalités de tous horizons dont on ne peut pas dire la même chose.
-
Merci à vous, très chers amis, qui fûtes aussi des collègues, admirés pour votre compétence, votre amour du métier bien fait, votre respect des étudiants, et la qualité de vos cours. Merci pour ces moments de rires, d'anecdotes, de vie habitée par le présent, et non par de nostalgiques souvenirs d'anciens combattants. Je me demande, en vous voyant, qui de nos contemporains sont les plus jeunes : les ados avec leur écouteurs vissés dans les oreilles, ou vous, les yeux ouverts sur le monde et sur les hommes.

lundi 13 avril 2009

Retrouvailles

Nous avions été nommés au début des années soixante-dix. Nous débordions d'enthousiasme. Au sein de l'Association des Professeurs de notre discipline, nous respections nos vieux maîtres, mais nous les trouvions un peu compassés, représentant la vieille école. Nous avions donc décidé, tacitement, je le souligne, de donner de la force et de la visibilité à nos disciplines. Une très forte amitié s'était nouée entre nombre d'entre les membres de ce groupe informel. Certains d'entre eux nous ont quittés : Madedeleine, Jacqueline, Jeannette, restent dans notre souvenir. Ce furent des collègues profondément aimées pour leur compétence et leur gentillesse.
Les temps ont passé et nous avons quitté la scène d'un théâtre universitaire qui me paraît aujourd'hui un peu vain. Je ne renie point les pièces que j'y ai jouées du mieux que j'ai pu ; j'ai passionnément aimé mon métier, et le contact avec des jeunes en recherche de repères, tout remplis de projets pour leur vie a été pour moi comme une profonde respiration. Mais je n'ai point de goût pour le passé. J'y pense pour mieux rebondir dans ma vie d'aujourd'hui.
Voici venu justement le temps des retrouvailles et du présent. Claude, une très chère amie, a pris l'initiative de nous réunir bientôt chez elle. Certes le temps a quelque peu modelé nos visages. Mais notre amitié est restée intacte. Au cours de la préparation de ce week-end (prévu pour l'automne) qui réunissait quelques comploteurs, j'ai pu constater combien notre départ de l'Université n'a en rien altéré notre optimisme et notre goût de vivre. Claude et son mari, devenus des spécialistes de castellologie, restaurent avec une sage frénésie, le vieux château qu'ils habitent. Ils l'avaient acheté bien délabré ; il fallait sans doute être un peu fou pour se lancer dans une telle aventure. Louis et Jeannine s'occupe de leurs petits enfants, pélerinent sur la route de Compostelle, et - pour Louis - arpentent les collines en quête de gibier quand est venu le temps de la chasse. Andrée partage son temps entre son jardin, blotti aux pieds des Pyrénées et ses activités scientifiques ; car elle est restée une très grande spécialiste internationale de la normalisation des méthodes microbiologiques. Georges est un peintre de talent (et je vous invite à voir ses toiles : tapez sur votre moteur de recherche "peintures de gym" et vous trouverez l'adresse de son site.
Vous avouerais-je que, personnellement, je me consacre avec passion à l'étude de la Chine féodale et impériale, ainsi qu'à la Chine contemporaine, à quoi j'ajoute comme activité manuelle la reliure traditionnelle, et un engagement associatif à Tibériade.
Il est bon en ces temps de Pâques où nous fêtons la victoire de la vie sur la mort, de l'éternité sur le temps ravageur, de célébrer ces retrouvailles. Tout ce qui unit les hommes fait monter l'humanité tout entière, et tout ce qui nous permet d'habiter notre vie ici et maintenant, de partager nos histoires et nos légitimes passions, nous vivifie et permet de diffuser dans notre entourage une joie de vivre que le temps n'ont pas altérée.
Appelés à la vie, nous goûtons en préfiguration la vie éternelle. Merci à vous très chers amis à qui je dois tant. Et à bientôt.

vendredi 29 février 2008

Sagesse des Chinois

CONFUCIUS avait défini cinq types de relations sociales : souverain/sujet, mari/femme, père/fils, aîné/cadet, ami/ami. Il ne lui avait pas échappé que la seule de ces relations qui, de son temps, ne fût pas dissymétrique était la relation ami/ami. L'amitié était précieuse et forte aux yeux des Chinois et il est tout à fait intéressant de noter que l'idéogramme qui signifie amitié en langue chinoise représente deux mains se réunissant (cf. Cyrille J.-D. JAVARY. 100 mots pour comprendre les Chinois. Albin Michel, Paris, 2008).
Il me semble qu'il y a là matière à réflexion pour une conscience occidentale ; elle porte sur deux points, la symétrie absolue de la relation, et le rôle de la liberté dans l'engagement en amitié. Nous sommes à des années-lumière de la notion de solidarité qui est fondée justement sur la dissymétrie des revenus (ou des situations sociales) et la contrainte que les pouvoirs publics font peser sur les plus hauts d'entre eux pour les redistribuer aux plus bas. Je ne veux pas dire que c'est inutile ! Bien au contraire ! Il s'agit là du rappel imposée à ceux qui auraient tendance à l'oublier de notre commune appartenance au genre humain (une expression de la "mêmeté"). Mais la liberté n'a pas de part dans la solidarité. Et le jeu de deux pièces rendues solidaires est faible ou nul. Il en résulte que la solidarité, à moins qu'elle ne soit le fruit d'un mouvement de la liberté, ce qui lui fait perdre son caractère essentiel de contrainte, et par conséquent sa dénomination, ne peut être socialement vécue d'une manière positive. Nous sommes aussi très éloignés de la notion de fraternité ; on ne choisit pas ses frères, et la fraternité n'implique ni la symétrie (aîné, cadet ; jeune, vieux, etc.) ni la liberté ; elle n'exclut pas le sentiment, l'affection ou la tendresse, mais on sait aussi qu'il y a des haines fraternelles irréductibles dont CAÏN et ABEL, ou ETEOCLE et POLYNICE offrent les modèles les plus achevés. Il reste dans notre langue deux mots, qui méritent qu'on s'y attache, pour désigner le mouvement du coeur ou de l'esprit vers l'autre : le premier est celui de charité, mais il y a encore de la dissymétrie dans la charité des hommes, et Vincent de PAUL disait fort justement à ce propos, à Louise de MARILLAC : "Ma fille, souvenez-vous qu'il nous faut beaucoup d'amour pour que les pauvres nous pardonnent le pain qu'on leur donne". Pour arriver à son exercice, à une hauteur qui soit celle où la situe Paul de TARSE dans sa première lettre aux Corinthiens, il y faut autre chose que nos simples forces humaines. Mais c'est, selon moi, l'horizon définitif de l'humanité. Le second terme est celui d'amitié. Et c'est un mot si fort qu'il est employé par Thérèse d'AVILA quand elle parle de la prière : "La prière, dit-elle, n'est jamais qu'un commerce d'amitié avec Dieu". On retrouve bien là l'audace de cette femme qui se place sur le même plan que Dieu, mais qui engage toute sa vie et sa liberté dans cette relation. (C'est une expression de "l'ipséité", ce qui fait que suis moi et pas un autre.)
Je n'aurais pas la naïveté de confondre les mots avec la réalité qu'ils signifient. Mais ils ne sont pas venus tout seuls dans notre vocabulaire. Et il me semble que nous pouvons relativement bien nous reconnaître dans ce que je viens de dire.
Voilà pourquoi, et j'en termine, il est aussi important de délivrer une parole à l'homme ou à la femme qui mendie, parfois lamentablement et même indignement, car c'est dans la parole partagée que commence à s'établir une relation symétrique, la seule qui puisse prendre place dans l'expression authentique de la charité, et qui tienne compte à la fois de la mêmeté et de l'ipséité.