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lundi 8 juin 2015

07 et 08 juin 2015. Nouvelles de la Résistance. A quoi sert l'idéologie ?

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Faudra-t-il que je le répète encore ?  Eh bien oui, plus que jamais :

Ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté !
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1. La citation du jour.
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Voici, tirées de la traduction de 18 conférences que fit en anglais Paul RICOEUR en 1975 à l'université de Chicago sur L'idéologie et l'utopie, un passage intéressant.

"[...]. Comme l'explicite Alfred SCHUTZ, nous ne sommes pas uniquement orientés vers ceux qui sont nos contemporains mais vers nos prédécesseurs et nos successeurs : cette séquence temporelle constitue la dimension historique de l'activité. En fin de compte, la motivation de l'activité par les événements passés, présents ou à venir - qu'il s'agisse ou non d'agressions extérieures - attire notre attention sur le fait que l'une des fonctions de l'idéologie est de sauvegarder l'identité à travers le temps. [...]."
In
Paul RICOEUR.
L'idéologie et l'utopie. Traduit de l'anglais par Myriam REVAULT d'ALLONES et Joël ROMAN.
(Collection Point, série Essais, N°538).
Editions du Seuil, Paris, 2005 (date du dépôt légal).
[Onzième leçon (sur MAx WEBER).]
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2. Commentaires.
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D'abord une remarque. Dans ce livre que, pour l'instant je n'ai fait que parcourir (sauf la leçon 11, justement), RICOEUR fait la preuve de sa haute probité intellectuelle. Il analyse la notion d'idéologie développé par Karl MARX, et il le fait non seulement avec objectivité mais encore en extrayant de l'analyse marxiste ce qui lui semble être juste.
Ensuite, RICOEUR fait bien la différence entre l'idéologie, qui a toujours pour fonction de préserver une identité (de groupes ou d'individus), et l'utopie qui a une fonction inverse, celle d'ouvrir le champ des possibles.
Enfin RICOEUR s'efforce de dégager la notion d'idéologie de la connotation négative l'on attribue en général à ce terme quand il s'agit de l'appliquer aux pensées de ses adversaires politiques. Mais c'est toujours dans cette acception négative que j'ai utilisé personnellement ce terme, en expliquant que l'idéologie est un système de pensées clos sur lui-même et déconnecté du réel.
Avec WEBER, RICOEUR reconnaît que l'idéologie peut être constituante, légitimante et déformante.
Toutes les initiatives de nos actuels gouvernants consistent à préserver l'identité d'une pensée qui tire son origine de la REVOLUTION, considérée comme constituante non seulement de notre régime politique, mais encore de notre patrie. Constituante de notre régime, voilà qui est est juste ; constituante de notre patrie, voilà qui est faux. Toutes les initiatives de nos actuels gouvernants consistent ensuite à légitimer l'idéologie socialo-révolutionnaire par leurs initiatives sociétales, sociales et politiques (mariage pour tous, pseudo-égalité et fiscalisme, manipulation des limites des collectivités territoriales sont des exemples pris dans chacun des champs de ces initiatives).
Toutes les activités commémoratives dans lesquelles se complaît monsieur HOLLANDE ne vise qu'à faire durer à travers le temps l'identité socialo-révolutionnaire. La récente panthéonnade est l'illustration caricaturale de cette religion laïque défendue par un Vincent PEILLON ; le temple de la République est bien cet énorme et morne édifice pour lequel le pauvre SOUFFLOT, craignant qu'il ne s'écroule, aurait eu l'intention de se suicider (c'était du moins ce que disait ma grand-mère qui habitait dans le quartier du Panthéon).
Enfin, toutes les activités de ce gouvernement consiste à se maintenir et à perpétuer un système à bout de souffle mais très juteux pour ceux qui y participe. Il n'a aucun projet, il n'ouvre sur aucun possible (pas de réformes profondes susceptibles de redonner su souffle à notre patrie ou de nous faire rêver en mobilisant nos énergies).
Ils sont intellectuellement nuls, politicaillement très forts, et croque-mortement assurés de faire crever la France.
Mais me direz-vous, en face, font-ils mieux ? Je crains bien que non. Et le très symbolique changement de nom de l'UMP en Républicains indiquent avec une admirable clarté d'où vient le vent !
Je ne confonds point la démocratie avec un régime politique particulier, et à plusieurs reprises je l'ai affirmé ici-même. Je ne souhaite point revenir à l'ancien régime. Je dis seulement que l'idéologie actuellement régnante assume parfaitement sa fonction déformante : or, la France a des origines chrétiennes, son paysage a été sculpté par des générations enracinées dans leur terroir et leurs langues, ses coutumes (encore bien vivantes dans certains coins comme en Provence) plongent leur racine dans des temps immémoriaux. Oui, il y a eu de la transmission, oui il y a de la tradition, et ce n'est pas le pantalon ridiculement froissé de monsieur HOLLANDE ou sa veste boudinante qui, devant un authentique descendant de LOUIS XIV, impeccablement et sobrement vêtu, redonnera du prestige à une fonction peu honorée par celui qui la remplit.
Ainsi se trouve bouclée la boucle : constituante, légitimante et déformante, l'idéologie de la prétendue et soi-disante république fait apparaître avec éclat la nécessité de trouver un mode de vie politique plus adapté à notre peuple.
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3. Informations diverses.
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LYON prépare pour aujourd'hui sa manifestation contre le GPA (via le site du Salon beige).








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A MONTPELLIER, les sentinelles devant la mairie "homosexualiste" de MONTPELLIER (même site).

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A LORIENT avec les chrétiens d'Orient (idem)

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A CHATEAULIN, pour la famille.

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Jeudi dernier, devant la mairie de POITIERS (les oreilles ont dû bourdonner au "congrès" du PS !) (Même site).




















mardi 22 juillet 2014

22 juillet 2014. Nouvelles de la Résistance : le travail de la mémoire

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Je ne cesserai de vous le répéter :

Ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté !

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1. La citation du jour.
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Dans un article publié par le Journal Le Monde, le 15 juin 2000, le regretté Paul RICOEUR écrivait ceci :

"Je veux dire combien il importe de ne pas tomber dans le piège du devoir de mémoire. Pourquoi ? Parce que le mot devoir prétend introduire un impératif, un commandement, là où il n'y a à l'origine qu'une exhortation dans le cadre de la filiation, le long du fil des générations '"Tu raconteras à ton fils..."' Ensuite parce qu'on ne met pas au futur une entreprise de remémoration, donc de rétrospection, sans faire violence à l'exercice même de l'anamnèse [...] ; enfin et surtout, parce que le devoir de mémoire est aujourd'hui volontiers convoqué dans le dessein de court-circuiter le travail critique de l'histoire."

A ce vocable, il est donc préférable de substituer l'expression de "travail de la mémoire".
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2. Commentaires.
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La distinction entre "devoir de mémoire" et "travail de la mémoire" est particulièrement pertinente. Ainsi, nous savons que dans un an, dans deux, dans trois, etc., nous fêterons le 14 juillet, le 11 novembre ou le 8 mai ; les admirateurs de la commune se réuniront au mur des communards, et d'autres événements du passé seront évoqués ou commémorés à intervalles réguliers, pour se souvenir, ce qui est certainement louable ou compréhensible.
Le travail de la mémoire est d'un autre ordre. Prenant du recul, excitant l'esprit critique, il permet par exemple, n'en déplaise aux imbéciles, de constater que les femmes, dans l'Ancien régime, ont eu en France des droits politiques ou civiques et ont pu voter et participer aux Etats généraux de Philippe le Bel (en 1302) à Louis XVI (1789). C'est une loi adoptée par l'Assemblée nationale le 22 décembre 1789 qui les a exclues du droit de vote. Cette exclusion sera maintenue par la Convention qui les maintiendra dans l'état de citoyens passifs (avec la bénédiction de SIEYES, dès 1789). Voilà le fruit d'un travail de mémoire. Qu'en dit la jolie Najat ?
Et nos imbéciles feignent de découvrir des droits que leurs ancêtres politiques avaient ôté aux femmes. Amnésiques ? Incultes ? Idéologues ? Je vous laisse le choix du qualificatif
Ne parlons pas des guerres de Vendée et des colliers et pendentifs que les soldats de la république se faisaient avec les sexes des rebelles qu'ils avaient au préalable massacrés. Tout cela est vérifiable et relève d'un véritable travail de la mémoire et de l'exercice d'un esprit véritablement critique. 
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3. Informations diverses.
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Le Président SARKOZY était prophétique.

Henri me transmet le lien d'une vidéo très intéressante. La voici :

    http://www.youtube.com/embed/DcYhKYxv5SU?rel=0
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Différence entre une bonne et une mauvaise manif (via le salon beige).


Rappel : les émeutiers de dimanche dernier n'ont pris que des peines de prison avec sursis. Au printemps, Nicolas BERNARD-BUSS a pris deux mois. Cherchez l'erreur ! Ces juges sont indignes et ignobles au sens étymologique. Et si on doit leur obéir, en vertu de la loi, on n'est pas obligé de les estimer.
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Pour les chrétiens d'Irak.

Journée de jeûne et de prière le 25 juillet. Vous qui voulez être des disciples, participez !














mercredi 26 février 2014

Nouvelles de la Résistance : de l'eau à notre moulin, grâce à Hannah Arendt

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Ah ! Comment pourrais-je commencer ce billet, sans vous rappeler la devise qui, si j'en juge par la fidélité de mes lecteurs, semble nous rassembler :

Non, on ne répétera jamais assez, ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche d'être vrai, c'est la lâcheté !
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1. La citation du jour.

C'est à Hannah ARENDT que nous emprunterons la citation du jour. Comme vous le savez, Hannah a beaucoup réfléchi sur la violence, le pouvoir, la tyrannie, le totalitarisme, et l'on peut tenir pour assuré qu'elle n'avance aucune thèse ou aucun proposition, sans y avoir auparavant longuement réfléchi. Sur ce point, elle ressemble étrangement à Simone WEIL (La grande ! Celle de la Pesanteur et la Grâce).

"C'est le soutien populaire qui donne leur pouvoir aux institutions d'un pays et ce soutien n'est que la suite naturelle du consentement qui a commencé par donner naissance aux lois existantes."

2. Commentaires.

(a) J'emprunte pour commencer à Paul RICOEUR le commentaire de ce passage. "Voilà, dit-il : nous sommes au coeur du problème : qu'est-ce que ce consentement irréductible au rapport de domination ? Qu'est-ce que cette force vive du pouvoir populaire qui, lorsqu'elle s'éclipse, laisse la place précisément à la violence ? On en arrive à la définition proposée tout à l'heure (elle est d'Hannah ARENDT) et que je répète : 'Le pouvoir correspond à l'aptitude de l'homme à agir, et à agir de façon concertée. Le pouvoir n'est jamais une propriété individuelle, il appartient à un groupe et continue à lui appartenir que ce groupe n'est pas divisé". Et encore : "En fait une des différences les plus caractéristiques qui permettent de distinguer le pouvoir de la violence est que le pouvoir a toujours besoin de s'appuyer sur le nombre tandis que la violence peut s'en passer, dans une certaine mesure, du fait que pour s'imposer, elle peut recourir à des instruments."
(b) Et voici mon commentaire personnel. Quand un Président de la République ne recueille qu'à peine 20 % d'opinions favorables, rejoint du reste dans cette disgrâce par son Premier Ministre, il ne jouit plus du soutien populaire. Et pourtant, il continue imperturbablement à faire semblant de gouverner un peuple qui, dans sa grande majorité, n'a pour lui que du mépris. Comment fait-il pour durer ? Il est tout de même invraisemblable de voir siéger dans le même gouvernement des écologistes qui approuvent la manifestation de NANTES (laquelle s'est soldée par la dévastation du centre ville) et des ministres qui veulent imposer un projet contesté et probablement contestable. Il y a désaccord au sein même du pouvoir exécutif. Et pourtant il continue imperturbablement à faire semblant de gouverner un peuple qui au mieux le supporte, au pire le vomit, et de toute façon se moque éperdument de ce qu'il peut dire (mais pas de ce qu'il peut faire). Comment ces gens font-ils pour durer ? Eh bien tout simplement, ils utilisent la violence, oh ! une violence douce, si je puis m'exprimer ainsi, mais une violence caractérisée par le recours à des instruments. Quels sont-ils ? En premier lieu, la police dont elle choisit les chefs et dont les membres voient leur carrière régulée par le Prince. Nous devons faire comprendre à la police qu'elle n'a pas à obéir à des ordres illégaux, car cette police-là reçoit des ordres qui module sa force de coercition : 250 personnes interpellées après la manifestation de Jour de Colère (alors qu'elles n'ont strictement rien cassé, rien dégradé, rien abîmé et qu'il est patent que ce sont des policiers en civil qui ont provoqué les désordres) ; 14 autres interpellées à NANTES après la mise à sac de la ville (alors qu'il y a eu des policiers blessés, des barricades levées, des rues dépavées, des voitures brûlées). Autres instruments, les journalistes et les médias, le monde de la culture maintenu en laisse par un régime de chômage léonin si on le compare à celui des cotisants classiques, par des subventions ciblées. Que ces pauvres gens ne se trompent pas : ils tiennent à leur pitance, on peut les comprendre. Qu'ils soient aveugles au point d'aimer leur esclavage, voilà qui m'épouvante pour l'avenir de la liberté. Autre instrument, poli, affiné, celui de l'éducation nationale, de ses relais syndicaux et des associations du genre planning familial ou LGBT ou Ligne Azur.
Il n'y a pas l'once d'un débat avec le peuple ; il n'y a pas l'ombre d'un commencement de doute dans l'esprit de nos gouvernants. Ce sont des totalitaires qui méprisent les corps intermédiaires, se moquent du bien commun, lequel est fort concret ne leur en déplaise, et, avec un autre instrument, celui d'une soi-disant majorité, se permettent de donner libre cours aux fantaisies que leur inspirent leurs "frères".
Avec ce socialisme à la française, nous ne pouvons être d'accord. Que le politique ait pour objet de régler les conflits qui apparaissent dans l'espace public (celui de la pluralité dit Hannah AREND) c'est l'évidence. Que le moyen obligatoire pour trancher ces conflits soit le recours à la majorité, c'est également normal (à condition qu'il n'y ait pas d'instrumentalisation de l'opinion, art dans lequel les socialistes sont passés maîtres). Mais que le bien commun se réduise dans leur esprit à accorder le mariage à 7000 "couples" homosexuels en chamboulant le pays, voilà qui dépasse l'entendement. Ce n'est pas là le bien commun ; c'est le bien indu de quelques uns. Oui, avec ce socialisme-là nous ne pouvons être d'accord. Car il introduit entre lui et les Français un rapport de domination qui est tout le contraire de la démocratie dont le nom est beuglé sur tous les toits par les parlementaires de la "majorité" !
Je suis absolument certain que si l'on demandait par vote référendaire au Français de faire un effort important pour résoudre le problème des sans-abri, il y aurait une majorité pour dire oui. Si on leur demandait leur avis sur les lois sociétales, (mariage homosexuel, PMA, GPA), sur le gender (il y a des choses à dire dessus, je vous le garantis), on serait surpris de leur réponse de bon sens. Car les Français sont généreux, là-dessus aucun doute, mais il ne faut tout de même pas les prendre pour des imbéciles, faits à l'image de ceux qui veulent imposer leurs vues.
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3. Infos sur la Résistance.

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Même dans Top chef (via le Salon beige) !


Le cameraman l'a-t-il fait exprès ?
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Arrestations abusives : 2 gendarmes au tribunal (via le salon beige)

Deux officiers supérieurs de gendarmerie sont renvoyés devant le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand pour avoir "arbitrairement" retenu un syndicaliste lors d'une visite de Nicolas Sarkozy dans l'Allier en 2010. L'affaire devrait être jugée fin mars. Ils devront répondre d'"acte attentatoire à la liberté individuelle commis arbitrairement par une personne dépositaire de l'autorité publique dans l'exercice de ses fonctions", un délit passible de 7 ans d'emprisonnement et 100 000 euros d'amende.
Le 25 novembre 2010, un syndicaliste qui avait eu l'intention de manifester contre la réforme des retraites avait été maintenu à la gendarmerie toute une matinée, lors d'une visite de Nicolas Sarkozy, alors président de la République. La justice reproche aux deux gradés d'avoir ordonné la mise à l'écart du militant syndical "en dehors de tout cadre légal". 
Cette affaire jugée en 2014 date de 2010. Pour les arrestations abusives de 2013, une suite judiciaire en 2017 ?
Il s'agit de quelqu'un qui n'aimait pas monsieur SARKOZY et on l'empêche de manifester son opinion ? Ah mais ! C'est ignoble ! Non ! (dixit les vierges effarouchées qui gardent le Temple de la Hollandie). Mais on n'a pas le droit de dire que l'on n'aime pas monsieur HOLLANDE ? La police se moquerait-elle de nous ? Je crois plutôt voir l'ombre de Menton Pointu apparaître dans cette affaire.

dimanche 10 février 2013

Faire murir sa pensée

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Mes lecteurs habituels (il y en a, si, si !) auront remarqué que depuis trois semaines je consacre la quasi totalité de mes billets au projet du mariage homosexuel qui suscite tant d'oppositions dans le peuple français. J'ai longuement cherché les raisons de cette opposition massive et qui ne fléchira pas. Et je les trouve à la confluence des pensées de plusieurs philosophes politiques et d'anthropologues, qui influencent ma propre et définitive opposition à cette folie.
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D'abord Hannah ARENDT. "Le pouvoir, dit-elle, correspond à l'aptitude de l'homme à agir et à agir de façon concertée. Le pouvoir n'est jamais une propriété individuelle ; il appartient à un groupe aussi longtemps que ce groupe n'est pas divisé.
La violence se distingue [sous-entendu : du pouvoir] par son caractère instrumental. Sous son aspect phénoménologique, elle s'apparente à la puissance, car ses instruments, comme tous les autres outils, sont tous conçus et utilisés en vue de multiplier la puissance naturelle jusqu'à ce qu'au dernier stade de leur développement, ils soient à même de la remplacer." Dans l'esprit d'ARENDT, l'absence de division ne signifie pas consensus, mais accord sur le fonctionnement des institutions politiques.
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Magnifique commentaire de Paul RICOEUR. "Voilà la cible : avant la tentation de la violence, il y a une erreur même sur la nature même du politique, défini en termes de domination, c'est-à-dire de subordination d'une volonté à une autre." (Souvenez-vous du "Vous avez juridiquement tort, parce vous êtes politiquement minoritaires" ; je crois que c'est André LAIGNEL qui a dit cette bêtise) RICOEUR poursuit : "La domination c'est, pour ARENDT une interprétation falsifiée et falsifiante du pouvoir, entendu comme pouvoir de contraindre, COMME POUVOIR DE L'HOMME SUR L'HOMME" (les majuscules sont de votre serviteur).
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Et puis ma découverte récente du travail de Michel de CERTEAU sur l'Étranger ou l'union dans la différence. "Le refus d'accepter les lois d'un système semble ne plus laisser d'autres issues que la violence. Inversement, plus une société entend éliminer les DIFFERENCES INTERNES par voie autoritaire, plus le conflit resurgit, mais en dehors d'elle, sous la forme d'un retrait anomique, global, et sans autres expression que les armes ; les coups remplacent désormais les paroles. Par une sorte de réciprocité, un malaise global amène les hommes à se mettre en marge de leur société ; celle-ci en se défendant, rejette rejette hors de soi l'opposition et l'accule à employer des instruments étrangers aux réglementations internes dont les lois fixent théoriquement les voies."
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Et puis enfin, René GIRARD. Je réalise seulement maintenant que la revendication  de certaines paires d'homosexuels reflète leur désir mimétique de s'approprier le désir de l'autre (en l'occurrence le mariage et l'enfant) alors même que la chose paraît, pour des gens ordinaires, impossible.
Nous sommes donc non seulement dans la négation de l'altérité des sexes, mais encore dans l'indifférenciation absolue. Et dans le cas qui nous intéresse, il semble bien que dans l'esprit du législateur, l'indifférenciation (appelé par lui égalité) ait précédé la négation de l'altérité. La boucle est bouclée. Les conditions du déchaînement de la violence sont remplies. Pour l'instant, elle s'exprime par des manifestations, formes atténuées de la dite violence, mais  on ne sait pas comment les choses peuvent évoluer.
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Voilà pourquoi j'irai manifester le 24 mars.

lundi 28 septembre 2009

Courtoisie, politesse et rites

Il est de bon ton de moquer les gens courtois. Le jeunisme envahit tous les compartiments de notre vie sociale : la publicité, les loisirs, la mode, par exemple. On ne dit plus, dans un courriel, "Cher monsieur" ou "Chère madame", on dit "Bonjour !" ou "Bonsoir !", selon l'heure. On ne dit plus "Veuillez agréer etc." mais "Cordialement". Car en ces matières les "jeunes" donnent le ton. Ne parlons pas des modes verbales ; "ça me gonfle", ou "ça me prend le chou" ou que sais-je encore et par exemple.
De quoi cette manière de faire contemporaine est-elle l'indice ? Selon moi, d'un effacement de plus en plus important de la signification symbolique des gestes, des paroles, des couleurs ou des sons. Il faut, pour exister, choquer, faire du nouveau, s'opposer aux traditions, les railler, les détruire, les déformer, faire table rase du passé pour pouvoir vendre toujours, et toujours, et toujours plus de nouveaux produits d'utilité souvent très contestable. C'est la condition nécessaire à l'existence d'une société de consommation, tellement contestée en paroles, tellement aimée dans les faits.
Les Chinois, à l'instigation durable de CONFUCIUS, accordaient et accordent toujours une signification très importante aux rites. Marcel GRANET, dans son livre remarquable sur la religion de Chinois notait avec pertinence que les habitants actuels de l'Empire du Milieu ont su très bien adapter les rites traditionnels au monde contemporain. Ainsi, disait-il (en 1951), on verra une mariée porter une robe à la coupe occidentale, mais cette robe ne sera jamais blanche, car c'est la couleur du deuil, et elle ne sera pas davantage rouge, couleur traditionnelle des noces ; on la portera rose, fût-il très pâle. Admirable perpétuation adaptée de gestes polis par l'histoire, pleins de sens pour qui en connaît la clé et admirable adaptation aux conditions modernes.
Ainsi coupés de la compréhension du passé, inquiets d'un avenir qui ne se laisse pas clairement deviner, nous sommes tout à l'instant présent, sans l'habiter vraiment, car notre inquiétude existentielle fait que nous ne pouvons vraiment le goûter. Désemparés, sans repères, sans ancrage, nous ne savons plus exprimer, faute de langage approprié, nos sentiments profonds ; la politesse, la courtoisie, les rites nous y aidaient. Ils sont en train d'être sacrifiés sur l'autel de la modernité. "Or, disait Paul RICOEUR, il y a une profondeur de l'âme humaine à laquelle le rite seul peut atteindre." Constat bouleversant de justesse. Qu'il serait bon de le méditer.