Affichage des articles dont le libellé est Solidarité. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Solidarité. Afficher tous les articles

jeudi 6 août 2015

06 août 2015. Nouvelles estivales de la Résistance : La charité n'a rien à voir avec ce qu'ils appellent la solidarité !

-
Voilà donc des mois que je le répète à mes patients lecteurs :

Ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté !
-
1. La citation du jour.
-
Pour bien comprendre l'erreur profonde dans laquelle nous enfoncent des responsables sans doute bien intentionnés mais absolument dépourvus de toute réflexion, voici un extrait de la première lettre de saint PAUL aux Corinthiens (12, v 31 - 13, v 1-7) ; quand vous l'aurez lu vous comprendrez sans doute beaucoup de choses.

"Aspirez donc aux dons supérieurs. Et je vais encore vous montrer une voie qui les dépasse toutes.

Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas la charité, je ne suis qu'un airain qui sonne ou une cymbale qui retentit. Quand j'aurais le don de prophétie et que je connaîtrais tous les mystères et toute la science, quand j'aurais la plénitude de la foi, une foi à transporter les montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien. Quand je distribuerais tous mes biens en aumônes, quand je livrerais mon corps aux flammes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien.

La charité est longanime ; la charité est serviable ; la charité ne fanfaronne pas, ne se rengorge pas ; elle ne fait rien d'inconvenant, ne cherche pas son intérêt, ne s'irrite pas, ne tient pas compte du mal ; elle ne se réjouit pas de l'injustice, mais elle met sa joie dans la vérité. Elle excuse tout, croit tout, espère tour, supporte tout. [...]."
-
2. Commentaires.
-
Je ne puis lire ce passage sans être remué jusqu'au fond des entrailles, sans que les larmes me perlent aux coins de mes yeux. Mais là n'est pas le sujet.

Vous notez que dans la première partie de ce texte, saint PAUL énonce diverses qualités qui sont ce que les chrétiens appellent des charismes. Dans cette liste, ils vont des plus extérieurs aux plus intérieurs. A la fin de la liste, en effet, figure la foi à transporter les montagnes, et le don de la totalité de ses biens en aumônes pour les pauvres. Et PAUL a l'audace de nous dire qui si nous n'avons pas la charité, cela ne nous sert de rien. Il établit donc une distinction entre la générosité et la charité. En somme, nous dit-il, vous pouvez tout donner, mais si vous n'aimez pas de charité, ce don n'a aucune valeur spirituelle.

C'est qu'il y a une grande différences entre la charité et la générosité, admirable qualité humaine, il faut bien le souligner, mais qualité qui tire sa puissance de forces purement humaines et finit souvent par s'épuiser ou se résoudre en amertume devant l'ingratitude de ceux qui en ont été les bénéficiaires.

La charité trouve sa source en Dieu qui est amour nous dit saint PAUL. Et l'amour ne passe pas.

On pourra, au nom de la solidarité humaine, qui est également une valeur respectable, faire le généreux avec l'argent des contribuables (enfin de ceux qui payent des impôts), il n'y a pas l'ombre d'une once de charité, mais un dispositif, certes utile, mais parfaitement inopérant s'il s'agit d'élever l'âme. Ne parlons pas de fraternité, qui suppose une certaine forme de symétrie dans les relations humaines, telle qu'on la trouve dans une fratrie. La fraternité, chez nous, n'est que de façade. La nécessaire hiérarchie des fonctions sociales s'est transformée en rapport de domination, et le mépris affiché de certains puissants (que je ne nommerai pas) pour les sans-dents est une belle illustration de ce que je viens de vous dire.

Transposé dans la vie quotidienne, sociale et politique, ce texte nous invite d'abord à transformer notre propre regard ; il ne nous interdit pas de porter un jugement sur les actions des hommes - et de ce point de vue, il ne nous est pas interdit de les condamner (PAUL lui-même ne se l'est pas interdit ; cf. l'épître aux Romains 1, v 24-32), mais il nous demande de ne pas condamner les personnes sur le plan moral, car c'est à Dieu et à Dieu seul qu'appartient le jugement des hommes.

Comparer madame TAUBIRA à un singe ou madame Marine LE PEN a une prostituée est une offense à la fraternité, une blessure insupportable pour tout homme qui s'efforce d'écouter la parole de JESUS. Mais affirmer que la loi sur le mariage homosexuel de l'une, et les exclusions sommaires de l'autre sont une insulte à la vérité ou à la solidarité ne relève pas de la condamnation morale mais du jugement que tout citoyen a le droit et le devoir de porter sur l'action des hommes politiques.

En somme la solidarité ne se confond pas avec la charité. L'application de cette distinction à la question des migrants de CALAIS devrait permettre sans aucun doute de trouver des solutions humainement et politiquement acceptables.
-
3. Informations diverses.
-
A propos de la bêtise humaine !

Y'en a un qui s'est étranglé au motif que cette signalétique, rappelant le drapeau de La Manif Pour Tous,  était homophobe, alors qu'il s'agit pour le gérant de ce magasin de signaler un emplacement de stationnement pour les voitures de familles avec enfants.


C




"Le parking de Géant Casino à Chauray compte depuis quelque temps déjà quatre places de stationnement pour familles avec jeunes enfants. Certains ont cru que le symbole sur fond rose les signalant serait celui, tout craché, de la Manif pour tous.
Et s'en émeuvent via Twitter. Exemple avec ce commentaire : « L'homophobie se niche partout désormais ». C'est aller vite en besogne.
Les responsables de la grande surface invitent à ne pas faire d'amalgame : « Cette signalétique est classique et visible ailleurs. On n'a eu qu'un seul cas d'un homme venu protester, évoquant la Manif pour tous, mais il voulait faire l'intéressant », précise-t-on à Géant."
-
A propos du site des Nouvelles de France.
Depuis plusieurs jours, il ne m'est plus possible de lire convenablement les articles publiés par le remarquable site des Nouvelles de France. Je suppose que l'on essaye par tous les moyens de faire taire une voix qui ne sonne pas à l'unisson de celles des imbéciles ! Je lance un appel au responsable du site pour lui demander s'il est au courant de cette sorte de caviardage.
-
Il l'a dit ! (Je désapprouve totalement le titre de cette photo, que ce soit bien clair dans l'esprit de mes lecteurs ! Il n'ajoute rien d'autre qu'une injure gratuite à une sotte opinion.)

"Le pouvoir d'achat des Français s'est amélioré, même s'ils ne s'en rendent pas compte."









mardi 24 décembre 2013

Nouvelles de la Résistance : il vient le Roi de Gloire ; il crie pour les pauvres

-

Ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté.

-

1. La citation du jour.

""L’homme est un être essentiellement religieux, et toute âme humaine, individuelle ou collective, vit sur un fond de mysticité naturelle, plus ou moins riche, plus ou moins mêlé, plus ou moins impur. Le chef-d’œuvre du Christianisme avait été de policer cette force brute, de l’épurer, de le sublimer, autant que le comporte notre nature pécheresse. La culture moderne, ayant entrepris de rationaliser la totalité de la vie, et à cette fin déclaré la guerre à la religion en général comme à la Bastille de l’irrationnel, crut bientôt l’avoir extirpé radicalement du cœur du peuple. En réalité, ce qu’elle avait extirpé, du moins gravement ébranlé, c’était le Christianisme, c’est-à-dire la puissance civilisatrice de la mysticité naturelle ; quant à cette mysticité même, elle l’avait méconnue pour une part, et pour une autre part elle s’était contentée de la recouvrir d’une croûte de notions rationnelles ou prétendues telles."

In René GILLOUIN.
L’homme moderne bourreau de lui-même.
Le portulan, [sans mention de lieu, Paris probablement]°, 1951.
 

2. Commentaire.

Je n'ai pas choisi par hasard ce texte. Nous voici à la veille de Noël, cette fête qui, en dépit des tentatives des Marchands du Temple, a encore gardé sa part de mystère, de mystique et d'enfance. Il est très symptomatique de constater que les Sentinelles/Veilleurs debout ont à plusieurs placé une crèche devant le ministère qui se dit "de la Justice". C'est la réaction viscérale de Français, de jeunes Français contre le matérialisme, le relativisme et l'hédonisme qui semblent être devenus les critères des lois iniques élaborées et votées par cette prétendue majorité.
Des gens qui se prétendent élites, qui veulent guider notre peuple, qui veulent faire le bonheur du peuple malgré lui, nous conduisent droit à l'abîme : plus de sens, plus d'espérance ! Que de la consommation ! L'accord de monsieur HOLLANDE et de madame MERCKEL sur les banques en dit long ; ce sont les avoirs des déposants qui viendront renflouer les banques en délicatesse avec leur bilans. Le fric, le fric, le fric ! Le saint fric.

Celui qui vient est né pauvre ; il n'avait pas de pierre où reposer sa tête, et même pas de tanière comme l'ont tous les renards et les loups du monde. Avec leur laïcité qui n'est que de l'anti-christianisme, ces gens veulent nous arracher à l'esprit de pauvreté, de partage et d'oubli de soi-même. Ils connaissent ce qu'ils appellent la solidarité, c'est-à-dire la possibilité qui leur est donnée de spolier par l'impôt les créateurs de richesse pour redistribuer la manne indûment collectée à leur clientèle. Ils ne cherchent pas le bien commun mais le pouvoir. Ce sont les pires sectaires qui n'aient jamais existé en notre patrie. Ils paieront sans aucun doute de leur défaite un tel déni de l'esprit, une telle négation de la transcendance, car la solidarité à la socialiste ne pourra jamais remplacer la charité qui vient de Dieu, et nous fait nous pencher avec amour, respect et humilité sur la vie des pauvres. Vincent de Paul disait à Louise de Marillac : "Ma fille, souvenez-vous qu'il nous faut beaucoup d'amour pour que les pauvres nous pardonnent le pain qu'on leur donne". C'est de cela dont le monde a besoin, pas des prestations sociales automatiques distribuées sans âme à d'anonymes guichets par des fonctionnaires tirant leur pitance de la détresse des "plus démunis" comme ils disent si bien.  Il vient le Roi de Gloire, c'est un Roi pauvre, c'est le Roi des Pauvres. Ne les oublions pas, les pauvres : enfants abandonnés, petits frères des pauvres, chrétiens d'Orient, conférence de saint Vincent de Paul, Resto du coeur, le Nid, Aux captifs la Libération, Banques alimentaires, Secours populaire (mais oui ; laïc il est, aimant il est aussi), il ne manque pas de ces petits ilôts d'amour dans le grand bric-à-brac de la consommation occidentale. Allons, puisons largement dans nos réserves, puisons sans faire de bruit, et laissons ces imbéciles à la BERNANOS digérer paisiblement dans les salons de la République. Ils ne servent à rien ; ils sont aveugles ; ils sont impuissants. Nous ne les méprisons pas, nous les ignorons. La vie est ailleurs.

3. Les informations.

Les Hommens rallient la Marche pour la vie

Par ce communiqué :
"Les HOMMEN Protect Kids, radicalement du côté des enfants, défendent et continueront de défendre les droits des plus faibles. Depuis bientôt un an, des bénévoles de la résistance HOMMEN se sont levés aux quatre coins de France pour combattre les idéologies ambiantes à grand coup de réalités naturelles incontestables. Loin d'une opposition temporaire à un texte de loi ou d'une simple protestation, c'est un véritable combat qu'il s'agit de continuer activement. Vous êtes responsables.
Les HOMMEN vous appellent à participer à la Marche pour la Vie le 19 janvier prochain à Paris. Tous les enfants doivent être défendus. Il est temps. Vous êtes les gardiens de la nature et de ses lois, vous êtes les soldats de la vérité, et les idéologies sectaires ne peuvent rien contre vous ! N'oubliez jamais que la victoire du mal, c'est l'inaction des hommes de bien ! La résistance du dimanche, c'est terminé. Venez. Nous, nous serons là. On vous attend."

Arrêtées pour avoir brandi des affiches "Hollande dégage"

Des Sentinelles hier soir place Beauvau, avec une variante - le port d'affiches "Hollande dégage" et l'invitation de "Hollande démission" à boycotter les voeux télévisés du président le 31 décembre à 20h, puis à se rassembler sur les Champs élysées le 1er janvier à 1h :



Départ précipité avant l'arrivée de la police pour atterrir... place Vendôme :


Une, deux, trois voitures de police arrivent. Concertation. Le commissaire regarde les vidéos de surveillance pour déterminer qui sont les criminel


Le cas est épineux : une crèche de Noël a été collée sur la cahute de gardien du ministère, afin de rappeler les racines chrétiennes de l'Europe...


.. et une affiche "Hollande dégage" a été glissée à l'intérieur :


Par ailleurs, les suspects n'ont-ils pas brandi des affiches "Hollande dégage" ? Verdict : deux jeunes filles arrêtées et emmenées au commissariat. Elles ne seront relâchées que vers 3 h du matin avec cette menace : "la prochaine fois, le magistrat pourra être contacté". Plus on est de fous...


Jour de (la) Colère : INFOS PRATIQUES
Où ?26-janvier-2014
Paris.
Le parcours sera dévoilé dès qu’il sera officialisé, notre manifestation étant déclarée.
Quand ?
Le dimanche 26 janvier, à partir de 14h
Comment ?
Les manifestants pourront défiler librement ou se regrouper par bannière avec leurs slogans spécifiques.
Les bannières pourront s’exprimer sous les thématiques suivantes :
  • Libertés économiques
  • Libertés scolaires
  • Justice et sécurité
  • Environnement, pays et terroirs
  • Fiscalité – retraites
  • Culture et identité française
  • Famille, santé et bioéthique
  • Autres
A ce jour, les bannières représentées seront :
  • Les retraités en colère
  • Les contribuables en colère
  • Les étudiants en colère
  • Les démocrates en colère
  • Les agriculteurs en colère
  • Les citoyens en colère
  • Les bonnets rouges en colère
  • Les ouvriers en colère
  • Les veilleurs en colère
  • Les familles en colère
  • Les infirmières en colère
  • Les cavaliers en colère
  • Les parents d’élèves en colère
  • Les patriotes en colère
  • Les militaires en colère
-
Rennes fait de la Résistance.
  • Vidéo N°1 : http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=bb8gQrgfY0w
  • Vidéo N°2 : http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=cWUoyl13y1A

vendredi 11 octobre 2013

Effet papillon

-
Tout semblait perdu. La France était battue, occupée par les Allemands, à terre. Il s'est alors levé des hommes qui ont décidé de lutter contre l'oppression, le déshonneur, la tyrannie et le crime. Les uns l'ont fait dans l'ombre ; d'autres, plus ouvertement et au péril sinon de leur vie, du moins de leur liberté. Voici un cours extrait d'une contribution publiée en 1941 par un prêtre très connu, le père SERTILLANGES :
-
"Ce que je fais dans le secret, moi être minime et perdu dans la masse, je me figure que la masse n’en est pas affectée ; que cela demeure entre moi et moi ; que je l’ensevelirai, si je veux, dans le silence d’un passé aboli. Mais non ! Il n’y a pas de passé inerte. Le passé est une vie qui se poursuit dans le présent. Le passé est une lame dont le présent est la pointe, et la pointe actionnée par l’élan de ce qui fut pénètre dans l’avenir pour y déterminer ce qui sera.
                     "Chaque être, à chaque instant, pose un acte qui le sauve ou qui le perd. Ainsi chaque être, à chaque instant, pose un acte qui sauve ou qui perd son milieu, sa famille, son groupe professionnel, sa cité, la civilisation qui l’entoure, dans une mesure que nul ne peut préciser et qui inquiète d’autant mieux une conscience droite.
                     "Si quelque chose est certain aujourd’hui, c’est l’universelle solidarité des faits et des êtres en tout domaine et sous tous les rapports."
 
(R.P. SERTILLANGES. Voix françaises, 24 janvier 1941.)
-
C'était, avant la lettre, reconnaître ce qu'est l'effet papillon ; tout le monde ou presque a entendu parler de manière imagée de cet effet. Il nous est dit que le battement d'une aile de papillon, au Brésil par exemple, peut déclencher une tempête sur les côtes africaines. Il en va de même des comportements humains et c'est la raison pour laquelle, en ces moments politiques très incertains, nous devons faire très attention aux conséquences de nos paroles et de nos actes. Car l'interdépendance des hommes, la solidarité qui existent entre eux du fait qu'ils sont des animaux sociaux, fait que je puis me perdre ou me sauver et avec moi des proches, des amis, des inconnus. Il fallait avoir du courage, en 1941, pour rappeler que ce qui se dit et se fait dans le secret des âmes a des conséquences incalculables dans la sphère publique. C'est le motif essentiel de ma propre résistance et de celle de nombre de mes compatriotes à des lois qui dénaturent l'homme, offense sa dignité, le marchandise, et ne le considère pas plus qu'une combinaison de molécules et d'atomes. Nous ne devons point traiter nos princes comme ils le font de nous. Ils ne sont point des combinaisons d'atomes et de molécules, mais des êtres humains, ni plus ni moins dignes que chacun d'entre eux. Cette similarité de conditions, nous devons la leur rappeler, mais nous devons aussi nous la rappeler.
-
Second billet dans la journée.
 

mardi 3 janvier 2012

Que faire ?

-
Je désire répondre en détail aux commentaires que CORATINE avait fait de mon antépénultième billet. Elles sont à la fois trop précises, trop douloureuses, et, je me permets de le dire, parfois assez injustes, pour que je réponde dans la précipitation, sur le coup de l'émotion, sans avoir réfléchi..
-
CORATINE a jugé bon de supprimer ces commentaires. Je n'ai donc pas eu le temps de les analyser en profondeur. Mais, me souvenant de la teneur générale de ses propos, j'en résumerai la tonalité par quelques mots : révolte, difficultés matérielles difficiles à supporter, appel à une juste solidarité, recours à l'état, et une malicieuse et gentille ironie pour mes naïves paroles.
-
A qui a le nécessaire et même le superflu, ce qui est mon cas, il est facile de prêcher, et d'inonder ses proches ou ses lecteurs, de paroles lénifiantes. Je ne voudrais pas qu'on me compare à ce pharisien qui, dans le Temple de Jérusalem, se vantait de jeûner, de payer la dîme, de suivre scrupuleusement le sabbat et qui regardait de haut, le publicain, caché dans l'ombre au fond du sanctuaire et qui pleurait sur son péché. Je serais vraiment désolé ; ce n'est pas mon intention, et je suis tout à fait conscient de mes limites et de mes honteuses retenues en matière de partage et de solidarité.
-
Cependant, il y a une chose que tout le monde peut faire : tenir compte de l'autre, y faire attention, lui sourire, lui parler. Cette ouverture me semble indispensable au maintien du lien social. Les exemples que j'ai donnés dans ce domaine sont vécus. Ils ne sont pas exemplaires, attention, mais anecdotiques et indicatifs. Déjà, de l'air et du liant. C'est dans cet esprit que, résolument, j'arpente l'espace public, fréquenté par autrui.
-
Si j'étais conséquent, ce que je ne suis pas, je donnerai tout mon superflu à ceux qui manquent de tout. Je n'ai fait qu'effleurer le sujet, mais enfin je l'ai effleuré. Et très franchement, l'urgence du partage me travaille. Je fais ce que je peux. "Peut faire mieux" me dit ma conscience.
-
Que faire alors ? Il me paraît évident que la situation de nombre de nos concitoyens, sans parler du reste de l'humanité, est inhumaine. Et il est non moins évident qu'aucun de nous n'est tout puissant et ne peut à lui tout seul résoudre cette insupportable quadrature du cercle. Je ne crois pas non plus que le recours à l'impôt soit la solution à tous les problèmes. Le développement des technostructures et de l'administration de l'Etat engloutit des sommes considérables pour les résultats que l'on connaît. Recruter des fonctionnaires pour engranger plus d'impôts pour faciliter la redistribution pour etc., c'est consommer la moitié des sommes collectées. Il est absolument nécessaire que nos concitoyens prennent conscience de ce fait. Utiles, ces structures le sont dans le monde tel que nous le voulons. Efficaces, c'est un autre problème.
-
Il y aurait un moyen plus simple, qui consisterait à court-circuiter toutes ces administrations, et à laisser aux citoyens le soin de donner à qui il veut une portion (imposée par la loi en fonction de la richesse de chacun) de ses revenus. Il suffirait simplement, toujours par la loi, de définir les associations agréées (nécessairement encadrées par des bénévoles, et scrupuleusement contrôlées a posteriori, avec des statuts obligeant à la rotation régulière des responsables et des membres du conseil d'administration) susceptibles de recevoir ces contributions. Pour éviter que le contribuable ne triche, ces prélèvements seraient opérés a priori, après que le salarié ou le rentier ou le pensionné, ou l'artisan, ou le commerçant eussent choisi l'association bénéficiaires. Révolution ! Mais quel est l'homme politique qui accepterait de dessaisir l'Etat du pouvoir de nous tondre la laine sur le dos ? Comment flatterait-il sa clientèle électorale ? Il faudrait à l'Etat de quoi fonctionner, c'est l'évidence. Mais il lui resterait la TVA qui représente la plus grosse part des rentrées, et un impôt sur les sociétés complètement redéfinis et incluant les versements aux associations agréées. L'intérêt de ce système est que nous toucherions du doigt la détresse du prochain et que nous aurions le sentiment PERSONNEL de l'avoir concrètement touchée.
-
Ainsi, chère CORATINE, je ne crois pas que l'Etat soit tout-puissant, je ne crois pas que l'on doive accuser le Président de la République des maux qui frappent une partie de nos concitoyens ; c'est collectivement que nous sommes responsables, par excès d'égoïsme, d'individualisme, d'indifférence. Et j'ajoute que demander à l'Etat ce que des enfants ou des proches pourraient, que dis-je ?, devraient  faire pour leurs parents, me semble renforcer le climat d'immoralité et d'égoïsme dans lequel notre société contemporaine moisit, se décompose ou se noie.
-
Je ne sais pas si j'ai répondu. Je désire simplement que CORATINE prenne mes propos comme ceux d'un homme qui cherche, voit bien ses limites, et se heurte à celle de l'humaine nature.
-

lundi 14 novembre 2011

Diagnostic chinois

-
JIN LIQUN est président d'un fonds souverain chinois. Il est intéressant d'entendre le diagnostic qu'il porte sur la vieille Europe ; il serait encore mieux de l'écouter :
-
"Les troubles qui se sont produits dans les pays européens résultent uniquement de problèmes accumulés par une société en fin de course, vivants d'acquis sociaux. Je pense que les lois sociales sont obsolètes. Elles conduisent à la paresse, à l'indolence, plutôt qu'à travailler dur. Le système d'incitation est complètement détraqué."
-
Venant d'une personnalité très importante de la République Populaire de Chine, ces propos devraient être pris en considération par tous les adeptes de papa MARX. Ils se semblent pas pressés d'emboîter le pas à cet économiste iconoclaste. Et pourtant... société en fin de course ! vivant d'acquis sociaux ! système d'incitation obsolète. JIN LIQUN semble reprendre à son compte une formule du Président SARKOZY, laquelle en son temps fit mouche : "Travailler plus pour gagner plus". Il semblerait nécessaire de réfléchir à l'équilibre qu'il convient de trouver entre la solidarité nécessaire et le devoir de contribuer par son travail à la bonne marche de la société. Il n'est pas normal que les personnes bénéficiant de l'aide de leurs concitoyens (n'oublions jamais que l'argent de l'Etat est NOTRE ARGENT, le fruit de notre travail que nous acceptons, plus ou moins librement, de mettre à la disposition de la communauté nationale) n'aient aucun devoir à leurs égards. Il est difficile de trouver des réponses concrètes à ce problème, mais puisque nous souffrons d'un déficit de production de richesse, et d'un excès de salariés privés de responsabilités professionnelles, on peut se demander s'il ne faudrait pas chercher de ce côté là... Monsieur HOLLANDE ne semble pas prendre le chemin d'une telle réflexion, pour qui tout est dû "aux plus démunis" et tout doit leur être donné "par les riches". Au fait, quels sont ses revenus mensuels ? Je veux dire, les revenus qu'il tire de son travail, bien sûr.
-
Bonne journée.
-

dimanche 11 septembre 2011

Mise au point

-
J'ai omis de mentionner à mes lecteurs que je m'absentais pendant deux jours. Je doute qu'ils aient été déçus de ne  pouvoir lire mes billets. Mais enfin peut-être que j'ai quelques fans parmi eux. Alors à ceux-là, je présente mes excuses.
-
Je voudrais faire ici une mise au point. Un très proche que j'avais l'autre jour au téléphone m'accusait de partialité, d'être sur des rails, brefs d'être étroit d'esprit. J'ai pour lui suffisamment d'affection pour ne pas m'offusquer de son opinion. Elle est brutale. Mais je l'accepte. Toutefois je voudrais rappeler ici que je m'efforce autant qu'il est possible de partir de fait que chacun peut contrôler  : un article, une dépêche d'agence, un livre, des statistiques, et que par ailleurs je m'efforce d'argumenter. Quand je dis et maintiens que le PS n'a strictement aucune proposition crédible pour satisfaire les exigences de sa clientèle, je précise que les dites exigences sont triples : gagner plus, travailler moins, et être totalement protégé (soi et sa famille) par un état tutélaire et de ce fait nécessairement totalitaire sinon dans son esprit, du moins dans ses méthodes : il est aidé dans cette tâche par le développement des moyens informatiques, des caméras, des radars, des fichiers, des contrôles de toutes sortes. Je vais développer. Et je vais prendre celui de la fonction publique et plus exactement des enseignants. Je parlerai ensuite de la solidarité.
-
La proposition de madame AUBRY, recruter 300.000 fonctionnaires en 5 ans (si j'en crois ce que j'ai lu et entendu, mais je n'ose vraiment y accorder crédit), est d'une rare folie. Oui, je n'ose croire qu'elle pense ce qu'elle dit ou même qu'elle l'a dit. Je passe par pertes et profits ce qui me semble anecdotique et peut-être faux. Réaliste et plus responsable, Manuel VALLS propose d'établir un moratoire sur la suppression des postes d'enseignants. Il ne parle pas des autres fonctionnaires. Monsieur HOLLANDE entend recruter entre 60.000 et 70.000 enseignants en cinq ans, alors que nous sommes revenus au même niveau d'effectif d'enseignants qu'il y a 30 ans et que les effectifs d'enseignés ont baissé de 50.000 ou 60.000 élèves ou lycéens ; c'est est irresponsable, et de plus irréalisable, car il n'y aurait pas suffisamment de candidats. (L'inénarrable Luc CHATEL, l'introducteur officiel de la théorie du genre dans les sciences de la vie ! a employé ces mots...) Si monsieur HOLLANDE voulait réformer l'éducation nationale, il commencerait par modifier le système d'affectation des nouveaux professeurs, titulaires de l'agrégation ou du CAPES, ou de tout autre diplôme ouvrant la carrière d'enseignant. Telle jeune femme de ma connaissance qui habite POITIERS se voit affecter en région parisienne, dans un établissement qui sans être infernal n'en est pas moins sensible. Elle n'a été prévenue, en tant que titulaire académique, que deux jours APRES la rentrée, (tout ça parce qu'il faut bien mettre des professeurs dans les établissements difficiles, et que la règle de l'ancienneté passe avant celle de l'expérience : les postes les plus faciles sont affectés aux plus anciens, bénéficiaires de "points" dont l'attribution se fait selon une règle extrêmement syndicale, passablement opaque, et sur des bases qui demanderaient à être examinées avec un peu plus de sérieux. Ce calcul ressemble un peu à celui de l'âge du capitaine.) Cette jeune femme devait commencer ses cours le lendemain de l'annonce de son affectation. Commencer est un mot faible : six heures dans la journée ! Comment se loger ? Quel mode de transport ? A quel prix ? Si elle n'avait pas eu à ses côtés quelques personnes secourables, je ne sais comment elle aurait trouver en moins de 24 heures des solutions à ces problèmes. C'est un exemple. Il y en a hélas des milliers. Les responsables des affectations ne semblent pas trop se poser ces questions. Ils gèrent des postes et non des personnes, selon des critères strictement comptables. Ils ne peuvent faire autrement me direz-vous ? Mais si, ils le pourraient si l'on changeait un peu les données du problème : sanctionner les trublions à la première incartade (cf. les analyses du père PETITCLERC, et mon billet "sanctionner ou punir") ce qui ne ferait plus fuir les professeurs les mieux dotés en points et les fixerait au moins pour un temps dans ces établissements délicats, instaurer des classes de niveaux, restreindre les cours à l'apprentissage intensif de la langue française pour les jeunes qui ne la possèdent pas suffisamment. Donner de l'air aux responsables des établissements. Que signifie un programme national quand dans certaines classes, 80 % des élèves ont un vocabulaire restreint à 400 mots ? Les principaux, les proviseurs ont alors recours à des trésors d'ingéniosité pour trouver un peu de jeu dans le carcan réglementaire. J'ai eu l'occasion de rencontrer de nombreux chefs d'établissement en Alsace. J'ai été rempli d'admiration pour leur compétence et leur dévouement. Toutes ces qualités sont gâchées, dilapidées, ignorées par des mesures mesquines, des circulaires inapplicables, des pressions politiques et syndicales de tous ordres et de toutes origines. Le totalitarisme est inscrit dans le mode de gestion des carrières, dans le mode d'évaluation des enseignants (ah ! les inspections !), dans le mode de recrutement. Et très honnêtement, devant la réticence des enseignants titulaires à être le tuteur d'un jeune qui vient d'être nommé (réticence incompréhensible ; car est-il plus belle mission que celle de transmettre autant qu'il est possible un savoir-faire, une expérience ?), je pense qu'il faut réintroduire une année de formation. Ce fut une erreur de la supprimer. Mais si c'est pour apprendre aux futurs enseignants que le nom scientifique du ballon est celui de "référentiel bondissant" (sic), alors il faut trouver autre chose.
-
Il faut bien comprendre que plus l'Etat intervient dans la vie des personnes, et plus il est obligé de contrôler. Son pouvoir d'intervention est directement proportionnel à sa propension totalitaire. C'est la tentation de la solidarité "politique". Mais, me direz-vous, vous êtes contradictoires : il y a deux jours vous trouviez anormal qu'il y ait 8 millions de français vivant au- dessous du seuil de pauvreté ? Et maintenant vous semblez dire le contraire. Que nenni. Si au lieu de nous pomper des impôts de toutes sortes, on nous obligeait à verser, à la source, un pourcentage de nos revenus  à une organisation de solidarité de notre choix (il suffirait de signaler à l'organisme payeur le nom de l'organisme), on supprimerait toutes les superstructures intermédiaires chargées de collecter l'impôt, de contrôler, et de sanctionner parfois à tort : plus de bâtiments pour les héberger, plus de fonctionnaires affectés à  ces services, plus de dépenses de chauffages, d'entretien, d'investissements, et des dizaines d'emplois créés par ces associations de solidarité. Il suffirait simplement d'un agrément de l'Etat sur un contrat d'objectif, et un contrôle a posteriori des résultats. Je ne crois pas que le fait d'être un organisme privé, ou associatif ou public introduise de grandes différences dans la prise en charge de la solidarité... J'ai même la certitude expérimentale du contraire.
-
Bref, il faut mieux articuler la relation des personnes à la société. Conduire une politique qui consiste à répondre à tous les désirs des individus (je dis bien individu), c'est arriver à l'extrême individualisme de la société française, et c'est bien le discours officiel de la gauche, d'une partie de la droite. Nicolas SARKOZY a eu le courage de s'attaquer à ces féodalités idéologiques. Il l'a fait parfois maladroitement. Mais il a tenté de faire bouger notre vieux pays. Or une féodalité blessée est une féodalité tueuse. Voilà une analyse que je crois juste. Voilà ce qui me semble bon. Ce n'est pas avec papa FREUD, papa MARX, la lutte des classes, l'envie (pour la gauche), l'égoïsme (pour la droite) qu'on se sortira du guêpier dans lequel nous ont fourrés trente ans de laisser-faire, de démagogie ou d'imprévoyance, et par-dessus tout d'absence d'esprit (au sens où il s'oppose à la matière).
-
Et puis zut ! Je ne suis pas sûr d'avoir fait une mise au point. Au moins, me suis-je déchargé la bile.

lundi 20 juin 2011

Questions

-
La Grèce est au bord de l'émeute générale ; l'Espagne vit suspendue aux manifestations des "Indignés", et le Portugal a refilé le bébé de l'austérité à la nouvelle majorité de Centre Droit après la déculottée du Parti Socialiste portugais aux élections législatives.
-
Il est tout de même intéressant de constater que dans tous les cas, ces pays ont été dirigés par des hommes politiques se réclamant du socialisme et que tous ont vu se creuser un déficit public abyssal qui les a conduits au bord du gouffre (et de la possible cessation de paiement pour le Grèce). Quand on analyse de près les raisons de ce déficit, on constate (surtout pour la Grèce) qu'il est imputable aux largesses incroyables dispensées aux fonctionnaires, et à leur recrutement massif. Clientèle captive, les fonctionnaires ! En augmenter le nombre, c'était en effet un bon moyen de se constituer un vivier électoral puissant. De plus, jouant avec machiavélisme de la solidarité européenne, ces pays attendent maintenant une aide de ceux qui sont bien gérés et qui curieusement ne sont pas dirigés par des hommes politiques socialistes. Allemagne et la France ont déjà mis la main à la poche. Mais leurs dirigeants se font réticents à puiser plus avant dans leur bas de laine (un peu plus bas que la poche, en effet).
-
Le socialisme se fait une curieuse idée de la solidarité. Dans ce système, la solidarité est toujours à sens unique : on distribue l'argent des "riches" (qui n'est tout de même pas l'argent du brigandage, ou de la corruption, ou des fausses factures) aux "plus démunis", sans demander quoi que ce soit à ces derniers en contrepartie de l'aide que leur apportent leurs concitoyens. L'aide, je le dis tout de suite, me paraît normale. C'est une obligation morale. Mais ce n'est pas un dû. Où a-t-on vu que l'on pouvait gagner sa vie sans travailler ? sans participer un tant soit peu à la vie sociale en apportant quelque chose de soit à la société ? Ce sont là de vraies questions, et les cris abominés des politiciens de gôôôôôche (là, je ne peux pas m'empêcher d'utiliser cette graphie, condamnée par quelques uns de mes rares lecteurs), ne changent rien à la question de fond. Si l'homme est un sujet social, et un animal politique, il trouve alors sa dignité dans la participation active à la vie de la nation, pas seulement par son bulletin de vote - admirablement détournés par ceux qui les flattent en les méprisant - , mais en y apportant de son savoir, de ses talents, de son savoir-faire. Et c'est parce qu'ils ne croient pas que les plus démunis en ont, que ces messieurs les hommes de gauche ne leur demandent rien. Voilà le vrai scandale. Les "plus démunis" (autrement dit "les pauvres") ont quelque chose à nous apprendre, quelque chose à nous apporter. A nous de savoir le recevoir autrement qu'à coup de dénonciations hypocrites portées contre les "riches" qui, pour les vrais riches, sont en fait rarement mis à contribution. Quand les autorités romaines demandèrent au diacre LAURENT de dire où il cachait les trésors de l'Eglise, il vint avec les pauvres de la Cité et il les leur désigna ! C'est tout de même une autre perspective, non ?
-
C'est tout pour aujourd'hui.
-
PS ajouté ce soir : un ami me fait remarquer fort justement que les socialistes n'ont repris le pouvoir en Grèce que depuis 2009. C'est exact, bien entendu, et le déficit public a été largement creusé par les conservateurs qui les ont précédés. Il n'empêche qu'ils ont été au pouvoir fort longtemps avant d'en être délogés puis de le reprendre et que le recrutement massifs des fonctionnaires semblent bien avoir été de leur fait.

mercredi 20 janvier 2010

Silence et recueillement

-
Une effroyable catastrophe a frappé Haïti. Il vous souvient que, quelques jours avant que le séisme ne fasse des dizaines de milliers de victimes, j'avais évoqué dans un billet l'extrême pauvreté de ce pays, au regard de la relative abondance de la Martinique qui venait de rejeter par référendum une plus grande autonomie. Je ne pensais pas que nous aurions sous les yeux, quelques jours après, le spectacle insoutenable de la mort, du chaos, de la violence animale déchaînée par la faim et la soif, un spectacle sinistrement installé chez les pauvres parmi les plus pauvres.
-
Il est bien difficile d'avoir une parole juste. Dépassés par l'ampleur de cette souffrance, nous ne pouvons qu'aider ce peuple par nos dons (et par nos prières, pour ceux qui le peuvent). Il faut le faire. C'est une obligation, et nous manquerions grandement à notre humanité, en fermant notre coeur. Il ne manque pas d'organisations caritatives pour acheminer vivres, médicaments, personnels médicaux, vêtements auprès de ceux qui ont tout perdu. Il n'y a pas à regarder l'étiquette de ladite organisation : du Secours populaire à Médecins sans frontières en passant par Caritas-Secours Catholique : aucune importance ; donnons. Il suffit simplement d'ouvrir son coeur, de laisser les larmes couler de nos yeux, si nous pouvons encore pleurer, et de faire ce que nous devons faire.
-
Il n'y a pas à désespérer de l'humanité, et de notre pays en particulier. L'élan des Français est exemplaire. Il doit être honoré, souligné et salué. Notre patrie n'est jamais aussi grande que quand elle se hisse, par sa générosité,à la dimension de l'univers entier.

jeudi 13 août 2009

Il faut que je commente

L'un de mes fidèles lecteurs fait des remarques trop importantes sur mon dernier billet pour que je ne commente pas ce que j'ai dit de manière elliptique.
1-Ce lecteur est perplexe et il a raison, à la lecture de "Les banquiers... ne semblent pas avoir compris que les temps ont changé". On pourrait entendre ce jugement comme une justification de leurs pratiques anciennes. Il n'en est rien, bien entendu. Tout le monde semblait s'en accommoder, tant que le sang des pauvres n'éclaboussait que discrètement les autels de MAMMON (deux M ; j'ai corrigé) ; mais maintenant, il les inonde en flot ininterrompu et l'on ne peut plus faire l'aveugle. Je suggérais donc (sans l'avoir explicité) que, faute d'un changement des pratiques, il risquait d'y avoir une révolte violente des laissés pour compte, plongés dans le désespoir et la misère, ou un retour à des pratiques autoritaires et à un régime excessivement encadré par la loi.
2-En revanche, je l'invite à relire soigneusement la conclusion de ce billet. Je ne dis pas "Y'a qu'à faut que", mais très exactement le contraire, en appelant à mon secours des penseurs qui démontrent que le seul principe de changement social est le changement des comportements individuels. Ce changement ne peut être obtenu par la loi, en tout cas pas par la loi seule, mais par un retour sur soi-même, et une prise de conscience de la solidarité de destin de tous les êtres humains (qui n'a rien à voir avec la générosité, la fraternité, et encore moins la charité). Ainsi à défaut de mettre Dieu au coeur de la vie sociale, on peut y mettre la raison et montrer que l'harmonie sociale, à un niveau strictement cantonné à l'ordre humain et naturel, exige un équitable partage des biens de la terre.

jeudi 9 avril 2009

Ils ne savent quoi inventer

L'opposition socialiste, en mal d'idées, ne sait plus quoi inventer pour se faire remarquer des médias. Il convient là encore de montrer comment fonctionnent l'idéologie, la propagande, et l'ingénue mauvaise foi. La dite opposition vient de découvrir qu'il existe un texte de loi, fort ancien, punissant les citoyens qui se sont rendus coupables d'avoir aidé un étranger en séjour irrégulier. Il profite de ce qu'une bénévole du Nord a été entendue par la police pour avoir nourri et réconforté des étrangers cherchant à gagner la Grande-Bretagne (et aussi pour recharger les batteries de leur téléphone portable, ce qui me laisse tout de même rêveur), pour demander l'abolition d'un délit qui n'existe pas ! Les socialistes oublient de dire que cette bénévole n'a fait l'objet d'aucune poursuite, et que le texte de loi incriminé précise que nul ne peut être inquiété pour avoir aidé un étranger en situation de détresse physique (sommeil, faim). La loi française, en effet, punit la non assistance à personne en danger. Et le texte incriminé, précise qu'il ne peut dans ce cas y avoir de poursuites judiciaires. Si l'initiative socialiste aboutissait, il n'y aurait plus aucun moyen de juger ces immondes que sont les passeurs.
L'angélisme de l'opposition vis-à-vis de ces situations, à l'évidence douloureuses et complexes, est absolument irrationnel, et gros de dangers. Il suffisait de regarder la vidéo diffusée (illégalement) par un policier (gardé à vue puis poursuivi pour cette raison) où l'on voit quatre jeunes d'origine étrangère - seraient-ils de nationalité française - voler et tabasser un jeune homme dans un bus, en injuriant les passagers et en hurlant des propos racistes (contre les Français), pour mesurer combien la question des populations immigrées est brûlante dans certains quartiers en France (la situation est sans doute très répandue en Europe). Ce n'est pas l'origine étrangère qui fait question, c'est le ressentiment que ces populations nourrissent contre la France, attisé du temps de monsieur MITTERRAND par les Touche-pas-à-mon-pote, les Harlem DESIR, ou l'imbécile monsieur LE PEN. Le ressentiment peut avoir parfois des fondements, il ne faut pas le nier. Ces jeunes gens de nationalité française mais dont les parents sont nés hors de France, bénéficient pourtant comme tous les autres jeunes français de la gratuité de l'école, de la sécurité sociale, des perspectives de retraite, du droit de vote. Et fort heureusement, nombre d'entre eux s'intègrent sans renier leur origine. Ce qui est faux, et qui est exploité par les parangons de la "solidarité", c'est de faire l'amalgame entre l'origine étrangère et victimisation dont on veut auréoler celle-ci. C'est la généralisation du jugement, c'est l'esprit de système qui veut qu'un Français d'origine maghrébine ou africaine doit être mieux considéré que les autres, au motif que l'imbécillité humaine, dont la loi n'est pas responsable, les traiterait moins bien. Décidément, ils ne savent pas quoi inventer... Je préférerais, moi, qu'on discute dans les écoles, collèges, lycées et universités, à l'occasion d'une journée dédiée à cette discussion, de ce qu'impliquent les notions de liberté, d'égalité et de fraternité. Chiche ?

vendredi 6 février 2009

Une idée

Rien ne m'irrite plus que d'être constamment sollicité dans le métro par des violonistes, accordéonistes, clarinettistes, poètes, vendeurs de journaux et autres artistes. Et pourtant je cède souvent et leur donne, par forcément de bon coeur. Mais il y a des moments où je cale.
Il me vient une idée qui permettrait d'aider les plus démunis et de lutter contre les mafias de faux mendiants. Car il en existe qui se distribuent les lignes et les horaires souvent sur fond de violence féroce. La voici mon idée. Pour aider ceux qui quêtent et ont besoin de notre aide, nous pourrions disposer de tickets d'une certaine valeur (1, 2, 5 et 10 euros) qui auraient leur contrepartie financière dans la trésorerie d'une association caritative, abondée par nos dons. Le bénéficiaire pourrait aller, contre ce ticket, au siège de l'association et retirer en aide alimentaire, vestimentaire ou autre (en argent éventuellement et exceptionnellement), l'équivalent de ce ticket. On pourrait lui donner le nom de ticket de solidarité. Les associations habilitées à recevoir ces dons remettraient aux donateurs un reçu fiscal leur permettant de déduire de leurs revenus ces versements, qui de ce fait pourraient être plus importants, et lui enverrait des carnets de tickets d'une valeur correspondant au don, déduction faite d'un prélèvement nécessaire pour faire fonctionner l'association. Bien entendu, les faux bénéficiaires qui ne désirent que de l'argent et non une aide concrète, ou désirent opportunément rester discrets, n'iraient pas libérer ce ticket. Il y aurait là des économies substantielles sur le marché de la fausse charité. Je trouve cette idée assez intéressante, et sans doute à creuser ou à améliorer.
Je m'absente et dis à mes lecteurs à lundi.

Le bon sens du boulanger

Les clins d'oeil du quotidien m'ont toujours plu. En voici un. Je le dois à mon boulanger. Il a - saine habitude - le réflexe d'envelopper dans un étui de papier idoine la baguette toute chaude et point trop cuite que j'aime à lui demander. Souvent, ces étuis de papier sont imprimés de publicités diverses. Celui que j'avais hier dérogeait aux habitudes. Il portait, outre le nom du boulanger, une maxime. Je vous la livre et je la livre aussi aux hommes politiques : Nous n'héritons pas la terre de nos pères ; nous l'empruntons à nos enfants. Profonde réflexion que tous les prometteurs devraient méditer. On peut toujours distribuer des richesses qui n'ont pas été produites. Mais c'est au prix d'un endettement que devrons apurer nos enfants. Voilà pourquoi, même si je peux comprendre les raisons faussement compassionnelles des hommes de gauche, je crois qu'ils font erreur en promettant de distribuer et d'investir dans des dépenses de fonctionnement sans s'assurer que la production de richesses suivra. Il y a un corollaire à cette opinion purement personnelle : les mieux lotis doivent accepter de voir rogner, ne fut-ce que de 3 à 4 % leurs revenus. J'ai trouvé scandaleux la réaction de l'opposition au mode de financement du RSA. Il est facile de prôner le partage, quand on le fait peser sur les épaules de ses adversaires politiques. Mais le 1,1 % prélevés pour financer cette mesure est insuffisant. On ne peut pas se satisfaire de voir la misère se répandre comme une peste.
Je vais demander à mon boulanger d'imprimer des étuis avec cette autre maxime : Qu'as-tu fait de ton frère ?

lundi 12 mai 2008

Aux "élites"

Un week-end ensoleillé, marqué, pour ce qui me concerne par des randonnées pédestres dans les coteaux du Sancerrois, en compagnie d'amis très chers. Tous les marcheurs savent que la marche est un exercice propice à l'échange. Nous discutions donc, B... et moi, de l'état de notre patrie. B... est polytechnicien. Il a occupé de très importantes fonctions dans un groupe français installé dans le monde entier. Homme d'une rare droiture, il a quitté son emploi pour ne pas avoir à couvrir des pratiques qu'il réprouvait en raison de leur immoralité. Et nous parlions de ce que la presse appelle "les élites", pour constater que celles-ci sont devenues folles. Stock-options, indemnités de licenciement pharaoniques, avantages en nature, étalage du luxe dans les toilettes, ou dans les vacances, puissance et domination sans limites ni freins... Bref, une concentration de corruption morale. Tandis qu'à côté, je devrais dire ailleurs, des hommes et des femmes ont aujourd'hui du mal à boucler leur fin de mois, bien qu'ils travaillent dur et assument totalement leurs responsabilités de pères et mères de famille.
Si la France va mal, c'est, selon nous, parce que les "élites", loin de donner l'exemple du dévouement et de la vertu dans la mauvaise passe où elle se trouve, étalent sans vergogne une richesse qui n'a aucune contrepartie dans le service qu'elles rendent au pays. Il est normal que des génies littéraires, artistiques, commerciaux, managériaux, ou des hommes de talents de toutes sortes, vivent mieux que des hommes de moindres envergures, les plus nombreux, en raison des services qu'ils rendent au pays. Mais à ces privilèges liés à des inégalités (quelquefois naturelles, quelquefois non) sont normalement attachées des missions et des responsabilités sociales.
Mon cher Gustave le dit merveilleusement bien : L'inégalité des rangs et des privilèges devient factice et injuste dans la mesure où elles ne répond plus à l'inégalité des missions, des charges et des responsabilités. Un roi qui 'laisse tomber' son peuple en songeant qu'il reste à l'étranger des palaces et des casinos où la vie est douce est un mauvais roi ; un riche qui ne rachète pas sa fortune soit par ses entreprises et ses bienfaits, soit par cette distinction et ce luxe des sentiments que favorise parfois l'oisiveté matérielle, est un mauvais riche.
Les 'élites' ne peuvent justifier leur existence que par l'assomption des risques et les responsabilités inhérentes à leur état, et par une conscience aiguë de leurs responsabilités sociales.
Je rêve d'un mouvement des 'élites' retraitées qui accepteraient volontairement d'amputer leur retraite de 5 % (infime réduction) pour assainir la situation des caisses de retraites, ou d'un mouvement des 'élites' en activité qui déclareraient refuser catégoriquement d'autres rémunération que leur salaire ou leur traitement, justement évalués en fonction des risques et des responsabilités qu'ils prennent dans l'entreprise ou dans la société, d'un mouvement des 'élites' qui refuseraient de jouer le jeu des apparences si bien rapportées dans les journaux people (ah ! les marches de Cannes !), et qui afficheraient publiquement sa solidarité (là, le mot prend tout son sens) avec les hommes et les femmes dont l'avenir dépend d'eux. Je rêve...
Pour ce qui est de la diminution des retraites, je suis déjà, à titre personnel, volontaire. (J'ai fait partie de ces 'élites' de par ma fonction universitaire. Ne voyez donc là aucune espèce d'orgueil, mais un constat de fait. Les professeurs des Universités ont des traitements et des retraites tout à fait convenables.)
Nous serons jugé, n'en doutons pas ; au Jour du Jugement, il nous sera demandé si nous avons aimé. Je voudrais pouvoir dire "Oui, j'ai aimé tous mes frères en humanité".

mercredi 7 mai 2008

Service minimum

Monsieur Xavier DARCOS a raison de poursuivre l'expérience du service minimum d'accueil (SMA) des enfants scolarisés, lorsque les enseignants font grève. Il est tout à fait instructif d'entendre les raisons pour lesquelles l'opposition et les syndicats d'enseignants fustigent avec une rare véhémence cette mesure incitative et non point coercitive, laquelle consiste à faire accueillir les écoliers par des fonctionnaires municipaux, rétribués pour l'occasion avec les retenues sur salaire des grévistes.
Les raisons ? Elles sont lumineuses. Accueillir les enfants, c'est jouer les briseurs de grèves. Ainsi monsieur MOINDROT déclare d'abord que ce service minimum est un mode de garderie. Il invoque des problèmes de sécurité et déclare : Les agents territoriaux n'ont pas forcément les qualifications requises. Il faut aussi des équipements adaptés. A ce point du raisonnement, on constate que l'opposition de monsieur Gilles MOINDROT est une opposition de forme et non de fond. On peut en effet envisager que des municipalités forment quelques uns de leurs agents à cette fonction d'accueil et fassent aménager adéquatement des locaux. Monsieur MOINDROT lèverait-il alors cette objection ?
Continuons l'examen des critiques de cet éminent syndicaliste du SNUipp, et voyons comment fonctionne un esprit formé à la dialectique. Dans le deuxième volet de son argumentation, il affirme que C'est à l'Education Nationale de résoudre ses problèmes. Mais le même, en tout cas je le suppose, n'hésiterait pas à faire appel à la solidarité des fonctionnaires et des salariés pour faire triompher ses idées. Quand il y a des grandes manifestations unitaires de fonctionnaires (et nous en avons connu cette année), ira-t-il dire que c'est à la SNCF de résoudre ses problèmes et que lui s'occupe des problèmes de so n ressort ? Que non, il ira Place de la République, chaussé idoinement pour arpenter de longues heures le trajet qui conduit à la Place de la Nation et proclamer bien haut l'identité des difficultés que rencontrent ses frères de misère.
Enfin, et c'est en réalité la pointe de son argumentation, le SMA dit-il, s'en prend au droit de grève des enseignants. Monsieur MOINDROT suppose donc que, correctement mis en place, le SMA annulerait ou diminuerait fortement la gène engendrée par la grève auprès des familles, et par conséquent, ou bien il lie l'efficacité de cette dernière à l'ampleur des difficultés qu'elle suscite pour les parents des enfants scolarisés, ou bien, faisant peser sur eux des contraintes souvent insupportables, il espère que leur exaspération les amènera à les soutenir pour s'en libérer.
De son côté, monsieur DELANOE, par la bouche de son adjoint aux affaires sociales, monsieur Pascal CHERKI, a réagi : "Il n'y a pas de raison que des fonctionnaires municipaux brisent un mouvement de grève de fonctionnaires nationaux". Il s'agit là d'une formule vide de sens, qui ne donne aucune des raisons pour lesquelles des fonctionnaires municipaux, payés avec les deniers des contribuables locaux, ne devraient pas en alléger les peines et les travaux. Monsieur DURON, le nouveau maire de CAEN, interrogé par des journalistes de télévision, déclare qu'il ne renouvellera pas l'expérience du SMA qu'avait tentée son prédécesseur à la mairie. Aucune autre raison que politique ne vient éclairer sa très pauvre intervention.
Nous voilà donc au terme du parcours, celui qu'avait prévu HOBBES, la lutte de tous contre tous.
Fort heureusement, il y a des esprits un peu moins idéologues, qui, comme le Bonhomme Chrysale vivent de bonne soupe et non de beau langage. Madame Cathy SOULES, secrétaire générale de la PEEP dit avec bon sens qu'il ne faut pas pénaliser les familles qui n'ont pas les moyens de payer une nounou. Elle ajoute : on amalgame le fait de proposer une solution aux familles avec celui d'être contre la grève ! Or ça n'a rien à voir. C'est dommage de politiser ce qui pourrait être une vraie aide aux familles. Elles s'en fichent, elles, que le ministre soit UMP ou PS ! Avec un bon sens malicieux, elle indique que beaucoup de communes ont des centres de loisirs et des animateurs qualifiés. Elles peuvent les ouvrir les jours de grève. C'est vrai, ça représente un surcoût. Mais c'est aux communes de gérer leurs budgets selon leurs priorités. Les fédérations de parents d'élèves, toutefois, ne sont pas toutes sur la même longueur d'onde. Monsieur Jean-Jacques HAZAN, secrétaire général de FCPE, connue pour soutenir la gauche, proclame avec une rare élégance de vocabulaire que Monsieur DARCOS [...] essaye de faire passer la pilule avec une simple garderie. Quelle différence d'avec le ton de madame SOULES. Pour celle-ci, un esprit concret et pratique, pour celui-là un esprit de système déconnecté des réalités.
La vérité, me semble-t-il, est que les français ont perdu le sens de l'utilité sociale de leur travail. Ils ne voient plus dans celui-ci qu'un moyen de gagner leur vie pour profiter au maximum des plaisirs et des facilités de notre civilisation technique. Mais cette poursuite du bonheur matériel que promeut avec acharnement l'esprit de gauche finit par vider de sens leur existence, accroît leur frustration, et suscite la violence. Nous n'avons pas fini de payer notre mépris de la vertu et des qualités supérieures.