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lundi 21 septembre 2015

21 septembre 2015. Nouvelles de la Résistance. Le combat de la pensée contre les collectivités.

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Ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté, et parfois la paresse.

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1. La citation du jour.
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"Pas plus que l'homme n'est fait pour être le jouet d'une nature aveugle, il n'est fait pour être le jouet des collectivités aveugles qu'il forme avec ses semblables ; mais pour cesser d'être livré à la société aussi passivement qu'une goutte d'eau à la mer, il faudrait qu'il puisse et la connaître et agir sur elle. Dans tous les domaines, il est vrai, les forces collectives dépassent infiniment les forces individuelles ; ainsi l'on ne peut pas plus facilement concevoir un individu disposant même d'une portion de vie collective qu'une ligne s'allongeant par l'addition d'un point. C'est là du moins l'apparence ; mais en réalité, il y a une exception et une seule, à savoir le domaine de la pensée. En ce qui concerne la pensée, le rapport est retourné ; là, l'individu dépasse la collectivité autant que quelque chose dépasse rien, car la pensée ne se forme que dans un esprit se trouvant seul en face de lui-même ; les collectivités ne pensent pas." 
In
Simone WEIL.
Réflexions sur les causes de la liberté et de l'oppression sociale. (Collection Folio/Série Essai N°316).
Gallimard, Paris, 2004 (date du dépôt légal de cette édition).
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2. Commentaires.
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Il y a bien longtemps que je n’avais cité la grande Simone WEIL, une des philosophes majeures du XXe siècle. Je répare cet oubli.

Notre chère Simone fait un constat aisément vérifiable par quiconque se donne la peine d’observer. Ni les gouvernants ni les artistes ni les chefs d’entreprise (pour ne citer qu’eux) n’ont la moindre influence sur la collectivité nationale. Les premiers essayent de nous manipuler par le biais des médias dont ils nourrissent les acteurs en flattant leur col comme le fait un cavalier avec son cheval, les seconds signent des pétitions pour que nous accueillions les migrants mais se gardent d’ouvrir leur propre maison et vont à l’encontre du sentiment général (si l’on en croit les sondages). Quant aux chefs d’entreprise, ils n’ont aucun moyen d’action pour contraindre les consommateurs à acheter leurs produits ou forcer les dirigeants des pays émergents à aligner leur réglementation sociale sur la nôtre. Bref, il y a là une accumulation contradictoire et conflictuelle de désirs, de frustrations, d’opinions. Et ce combat est encore aggravé par le relativisme qui veut que chacun se fasse sa vérité. Or sans vérité objective sur quoi les acteurs sociaux et les membres des collectivités pourraient tomber d’accord, il n’y a en effet que les lois très aléatoires du suffrage universel qui accorde à la majorité des voix le bénéfice de la vérité du moment, jusqu’aux prochaines élections.

Oui, c’est bien par la pensée qu’un individu dépasse la collectivité. La preuve en est donnée par le succès des livres d’Éric ZEMMOUR, le tollé par eux soulevé chez les grenouilles qui peuplent les marécages de la bien-pensance, et les sanctions qui le frappent ; la preuve en est donnée encore par les opinions iconoclastes de Michel ONFRAY, dont je suis pourtant loin de partager toutes les opinions, mais qui a le mérite de penser et d’argumenter. La contre-preuve nous est administré par Bernard-Henri LEVY, que j’ai envie d’appeler le bernard-l’hermitte, vous savez cet arthropode marin qui fait sa demeure dans la coquille d’autres coquillages, pour pouvoir protéger des prédateurs son abdomen qu’il a mou. Il est philosophe, BHL, comme moi je suis archevêque.

C’est donc à des penseurs, quelles que soient leurs options philosophiques, religieuses ou politiques qu’il faut avoir affaire, et non aux « paroles verbales » des médias, des ministres, des artistes et autres personnages à la haute voilure sociale, mais au petit tonnage de la pensée.

Les collectivités ne pensent pas. De là viennent nos malheurs, notre impuissance et notre passivité.
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3. Quelques informations.
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Enfin une initiative pleine d'espérance : l'évangélisation des musulmans. Forum pour l'évangélisation des musulmans les 14 et 15 novembre à Toulon (via le Salon beige).

Intervenants : 
  • Monseigneur Dominique REY (évêque de Fréjus-Toulon),
  • le père Samir Khalil SAMIR (jésuite, recteur de l'université pontificale orientale),
  • l'abbé Fabrice LOISEAU (missionnaire de la miséricorde divine),
  • Annie LAURENT (journaliste),
  • Jean-François CHEMAIN
Communautés ou Associations présentes :
  • Missionnaires de la miséricorde divine,
  • Fraternité Jean Paul II,
  • Aide à l'Eglise en Détresse,
  • Eleutheros,
  • ND de Kabylie,
  • ND de l'Accueil,
  • Clarifier,
  • Mission Angelus,
  • Fraternité Saint Marcellin,
  • Mère Qabel Lyon,
  • Bonne Nouvelle aux Musulmans,
  • Observatoire de la christianophobie,
  • Chrétienté solidarité,
  • Islam et Vérité,
  • association Echo
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Le "500" à QUIBERON (via le Salon beige).



N'oubliez jamais que MARX dans sa huitième thèse sur FEUERBACH a affirmé qu'il fallait détruire l'image de la Sainte Famille pour détruire la famille. De là la persécution molle des positions de l'Eglise sur cette cellule sociale, et les sarcasmes de la presse contre La Manif Pour Tous ! N'oubliez jamais qu'un grand-maître de la franc-maçonnerie a affirmé qu'il n'y avait aucune contradiction entre le marxisme et la franc-maçonnerie. Et n'oubliez pas non plus, que dans le livre cité en référence de ce billet, Simone WEIL a parfaitement fait le partage entre la justesse de certaines analyses économiques de MARX et ses errements politiques. Comme quoi, le fait de penser autorise de trouver dans les opinions d'autres penseurs ce qu'il y a de juste.



mercredi 20 octobre 2010

Les collectivités ne pensent pas

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En cette période trouble où les foules, la passion et la déraison semblent submerger les médias, les citoyens, les syndicats et les hommes politiques, il est bon de se rafraîchir aux sources les plus pures de la réflexion. Je n'ai jamais caché l'admiration que je porte à Simone WEIL, trop tôt disparue. Souvent je l'ai citée. Et je vais aujourd'hui continuer à le faire car elle exprime des choses que tout être raisonnable, amoureux de la liberté, devrait sans cesse avoir en tête. Voici ce qu'elle dit dans cet essai admirable et d'une rare densité, Réflexions sur les causes de la liberté et de l'oppression sociale.
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"Pas plus que l'homme n'est fait pour être le jouet d'une nature aveugle, il n'est fait pour être le jouet des collectivités aveugles qu'il forme avec ses semblables ; mais pour cesser d'être livré à la société aussi passivement qu'une goutte d'eau à la mer, il faudrait qu'il puisse et la connaître et agir sur elle. Dans tous les domaines, il est vrai, les forces collectives dépassent infiniment les forces individuelles ; ainsi l'on ne peut pas plus facilement concevoir un individu disposant même d'une portion de la vie collective qu'une ligne s'allongeant par l'addition d'un point. C'est là du moins l'apparence ; mais en réalité il y a une exception et une seule, à savoir le domaine de la pensée. En ce qui concerne la pensée, le rapport est retourné ; là l'individu dépasse la collectivité autant que quelque chose dépasse rien, car la pensée ne se forme que dans un esprit se trouvant seul en face de lui-même ; les collectivités ne pensent point."
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Tout est dit. Dans ce livre, Simone WEIL développe plus longuement cette idée que ne le laisse percevoir cette citation. Mais déjà ce bref fragment ouvre à notre esprit une perspective de vérité.
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Prétendre connaître la vérité de ce que pensent le peuple français à coup de sondage est au mieux une erreur intellectuelle, au pire une imposture et une manipulation. Les sondeurs peuvent nous dire que 59 % (ou 69 %, peu importe) de nos concitoyens demandent que les manifestations contre la réforme des retraites se poursuivent, même si la loi est votée, je dis que de ce sondage ne sort aucune vérité. La vérité, que chacun peut vérifier de ses yeux, c'est que si les Français étaient pour la grève, ils ne se précipiteraient pas aux pompes des stations-services pour faire leur plein de précaution, par exemple. Ils auraient la pudeur de soutenir les grévistes en minimisant les effets de leur mouvement sur la vie sociale ; ils argumenteraient avec des statistiques économiques, démographiques, sociales, pour montrer que cette réforme est inutile, injuste, inefficace. Ils donneraient de leur argent pour soutenir les caisses syndicales de solidarité en faveur des grévistes. Ils proposeraient des mesures, y compris douloureuses, pour remédier à la situation catastrophique des comptes sociaux. Bref, ils se comporteraient en citoyens solidaires (puisqu'ils n'ont que ce mot à la bouche) et responsables. Le comportement de nombre d'entre eux - ne généralisons pas - me semble bien éloigné des valeurs affichées par les responsables syndicaux. Il me semble refléter plus vraisemblablement le chacun pour soi.
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Allons, encore une petite citation, cette fois-ci de Thomas MERTON. Ce moine trappiste, auteur entre autre de ce 'best seller' intitulé La nuit privée d'étoile, a écrit dans un autre ouvrage, remarquable à tous égards, Nul n'est une île :
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"Une société dont le seul but est d'éliminer la souffrance et de donner à ses membres les plus grands conforts et les plaisirs les plus recherchés est condamner à périr." Bien entendu, il ne s'agit pas de justifier la pauvreté, et ce n'est pas ce que dit MERTON dans son livre, bien au contraire. Ce qu'il fustige, ce sont les courtes vues de l'hédonisme et du plaisir à tout prix, y compris à celui du sang des plus pauvres et des plus faibles. Je dois dire que je ne mets pas les conducteurs de TGV ou de trains dans cette population.
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