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lundi 29 juillet 2013

Lettre à mon fils, deuxième billet du 29 juillet 2013

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Mon enfant bien-aimé,
 
Nous n'avons pas les mêmes opinions politiques, et tu ne partages pas ma foi. Bien que j'en sois parfois peiné, je comprends qu'un fils doive tuer le père pour accéder à l'autonomie.
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Nous avons eu un échange assez vif avant-hier soir à propos des Manifestations contre la Loi dite TAUBIRA. Et surtout, avec ta vive intelligence, tu as, dialectiquement, avancé que les participants à la Manif pour tous se sont mobilisés pour les enfants, en général, mais n'ont rien fait pour défendre les enfants, très nombreux dans notre patrie, qui vivent dans la pauvreté, en particulier. Argument en apparence imparable. Et de plus tu as souligné que le candidat HOLLANDE avait inscrit la proposition du mariage homosexuel dans son programme.
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Je constate que le candidat HOLLANDE n'a pas inscrit dans son programme la lutte contre la pauvreté qui frappe un nombre croissant de ces petits, que la "majorité" ne semble pas faire de cet objectif un grande cause nationale prioritaire, et qu'il est mal venu de prétendre que les participants à la Manif pour tous ne font rien pour combattre la pauvreté qui frappe ces enfants. Ni toi ni moi n'en savons quoi que ce soit. A ma remarque sur ma propre participation à cette lutte contre la pauvreté qui frappe les enfants, tu m'as objecté que ce n'était pas une personne (et j'en ai inféré aussi une collection de personnes) qui pouvait faire quoi que ce soit dans ce domaine. Bien que tu ne l'aies pas explicitement formulé, tu as laissé entendre qu'il s'agissait d'un problème de nature politique. C'est vrai ! Et voilà qui condamne définitivement un régime qui satisfait 2 000 personnes pour des raisons idéologiques, et en négligent des dizaines de milliers d'autres par impuissance et incapacité. J'ajoute, et je termine, que nombre des manifestants sont certes des chrétiens, mais pas tous et que nombre de ces chrétiens, que tu ne sembles guère apprécier, sont engagés dans des actions caritatives silencieuses, efficaces, et indispensables pour combattre la misère matérielle de centaines et de milliers de familles. Je te rappelle pour information que la Conférence de saint Vincent de Paul, sur la seule paroisse de Sainte-Jeanne de Chantal (PARIS XVIe !) distribue 30 tonnes de nourriture chaque année à ces frères qui sont rongés par la misère. Oh ! petit ruisseau de charité (un mot que déteste les socialistes) sans doute, mais qui se jetant avec d'autres (comme les Resto du cœur) dans le grande fleuve de la fraternité humaine et de la compassion, leur rend moins dure la vie matérielle, en attendant qu'une plus juste répartition des richesses terrasse définitivement leur misère et les réinstalle dans leur inaliénable dignité !
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Voilà, mon enfant bien-aimé, ce que je voulais te dire, avant de te voir le 31 août, à la veille de ton départ pour le grand tour du monde que tu t'apprêtes à faire pendant un an avec ta famille. Je suis fier de toi. Tu es un médecin magnifique de patience et de compétence dans ta spécialité d'interniste. Et tu vas certainement manquer au CHU où tu exerces comme PH. Votre projet familial est beau et bon et je me réjouis de voir mes trois petits-enfants (12 ans, 10 ans et 5 ans) se lancer naturellement dans l'aventure, comme si elle allait de soi. Mes lecteurs pourront la suivre sur votre Blog familial (faire "Charlipopettes" sur Google).
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Je vous embrasse tous.
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lundi 14 janvier 2008

Into the wild

Toute affaire cessante, allez voir ce film. Il est superbe ; c'est sans doute un chef d'oeuvre. Il raconte une histoire vraie, celle d'un jeune homme en quête de sa vérité, en rupture avec ses parents - pour des raisons compréhensibles - et qui, bien que promis à une carrière brillante, part en vagabond, sans argent, sans autres bagages que le strict nécessaire pour survivre, et court vers le Nord, vers l'Alaska, ses solitudes glacées, et sa vie sauvage. En quête d'une inaccessible pureté qu'il croit acquérir par la vie en solitaire, il confiera finalement à son carnet de bord : "Il n'est de bonheur que partagé". Il conquiert peu à peu la sagesse, et renoue à l'intime de lui-même avec ses parents, tandis que ceux-ci, rongés par l'absence de leur fils, sans nouvelle de lui depuis deux ans qu'il est parti, accomplissent une douloureuse révolution intérieure, qui les ramène à eux-mêmes et les fait rentrer enfin en possession de leur vie.
Jamais, la parole du prophète Malachie n'a paru plus juste, elle qui clôt l'Ancien Testament, le règne de la Loi, et débouche sur le Nouveau Testament qui ouvre celui de l'Amour :
"Il [ndt : le prophète Elie, Figure de Jésus] ramènera le coeur des pères vers leurs fils et le coeur des fils vers leurs pères, de peur que je ne vienne frapper le pays d'anathème". (Malachie, 3, v. 23). Oui, cette parole est bien la dernière de l'Ancien testament.
Si elle vous a touché, je vous en prie, je vous en supplie, dites-le en commentaires. Ceux-ci pourront aider les pères et les fils en rupture les uns d'avec les autres.