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lundi 14 novembre 2016

14 novembre 2016. Nouvelles de la Résistance : mettre l'homme et l'humain au centre de la vie politique

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Ce n’est pas l’ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c’est la lâcheté !
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"[…]. Si vous êtes trop lâches pour regarder ce monde en face afin de le voir tel qu’il est, détournez les yeux, tendez les mains à ses chaînes. Ne vous rendez pas ridicules en prétendant y voir ce qui n’existe que dans votre imagination ou dans le bavardage des avocats. Ne commettez pas surtout l’infamie de lui prostituer le mot de révolution, ce mot religieux, ce mot sacré, tout ruisselant à travers les siècles du sang des hommes. Ne lui substituez pas non plus le mot de progrès. Jamais un système n’a été plus fermé que celui-ci, n’a offert moins de perspectives de transformations, de changements, et les catastrophes qui s’y succèdent avec une régularité monotone, n’ont précisément ce caractère de gravité que parce qu’elles s’y passent en vase clos. Qu’il s’intitule capitaliste ou socialiste, ce monde s’est fondé sur une certaine conception de l’homme, commune aux économistes anglais du XVIIIe siècle, comme à MARX ou à LÉNINE. On a dit parfois que l’homme est un animal religieux. Le système l’a défini une fois pour toutes un animal économique, non seulement l’esclave mais l’objet, la matière première inerte, irresponsable, du déterminisme économique, et sans espoir de s’en affranchir, puisqu’il ne connaît d’autre mobile certain que l’intérêt, le profit. Rivé à lui-même par l’égoïsme, l’individu n’apparaît plus que comme une quantité négligeable, soumise à la loi des grands nombres ; on ne saurait prétendre l’employer que par masses, grâce à la connaissance des lois qui le régissent. Ainsi, le progrès n’est plus dans l’homme mais dans la technique, dans le perfectionnement des méthodes capables de permettre une utilisation chaque jour plus efficace du matériel humain."
In
Georges BERNANOS.
La France contre les robots.
Robert Laffont, Paris, 1948, pp. 26-28 (40e édition).
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2. COMMENTAIRES.
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Ce texte est prémonitoire. Et il est intéressant de voir qu’il reprend les thèses que Marc WEINSTEIN développe dans le livre dont j’ai déjà parlé (L’évolution totalitaire de l’Occident) : la technique économique prend la place de l’homme qui devient superflu, et l’État se charge de le lui faire savoir.
Vous notez également que notre cher Georges ne dénigre pas le mot révolution, pas plus du reste que je ne le fais, s’il s’agit de parler d’une révolution qui met l’homme à sa place, ce que n’a pas pu, voulu ou su faire la Révolution française, prisonnière précisément de ces notions qui nous ont fait crever à petit feu.
Ce qui se passe dans le monde et qui fait pousser des cris d’orfraies à cette bandes d’imbéciles (au sens de BERNANOS) qui prétendent avoir des solution objectives et scientifiques à tous nos problèmes, est une illustration de ce système clos. Les hommes libres en ont assez de se voir imposer le volume d’eau qu’il convient d’utiliser dans les chasses d’eau, le diamètre des pommes, ou toutes autres idioties de ce genre. Ils veulent du sens à leur vie, autant que du pain pour leur estomac ; bien entendu je fais une exception des pauvres, des très pauvres qui quémandent de quoi manger dans nos rues. Ils sont superflus ! Qu’ils dégagent ! disent les bonnes âmes étatiques. Eh bien non !
Dans un très célèbre passage, La BRUYERE parle de ces « animaux qu’on voit dans nos campagnes… » et il conclut « et en effet ils sont des hommes ».
Je préfère un pape qui reçoit les pauvres à des politiciens qui inaugurent des plaques commémoratives (dont il ne s’agit pas de nier la valeur symbolique, certes). Bref, nous sommes cul par-dessus tête, et il est temps de changer tout ça, en mettant l’homme au cœur de la vie politique : si nos impôts servent à éradiquer la pauvreté, je suis tout à fait d’accord qu’ils augmentent. Mais au moins qu’ils servent à ça, pas à fêter la fin du Ramadan, pas à subventionner d’inutiles comités Hippolyte et Théodule, pas à souiller des tonnes de sables pour Paris plage, et pas davantage pour payer de « grands travaux » dont l’utilité est pour le moins problématique.

PS. Si Marc WEINSTEIN en vient à lire ce billet, qu'il se signale. J'aimerais discuter avec lui de quelques points de son livre.
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3. INFORMATIONS DIVERSES.
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Excellente explication de ce vote.

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La déconfiture des imbéciles bernanosiens, des vrais ceux-là, des purs !

Georges doit bien rire du haut du ciel.

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Une belle jeunesse, celle de la France de demain !

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Tous les musulmans ne sont pas comme ceux que je louais hier, hélas !

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In memoriam !

noyades

Lire l'article sur le site de Breizh Info :

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Soutien à nos policiers.


mercredi 15 avril 2009

Ne rangez jamais votre bibliothèque

Ne rangez jamais votre bibliothèque. Vous aurez des surprises. Je l'ai fait ce matin, en partie. Et j'ai retrouvé un petit papillon coincé entre les pages de garde d'un livre que j'avais relié. C'est une manie chronophage certes, mais, quand je lis, je note sur des petits papiers tout ce qui me paraît digne d'intérêt, ou qui a retenu mon attention et sollicité ma réflexion. Ce papillon, donc, était resté là et n'avait jamais été recopié (je le fais toujours dans un cahier spécial).
Je donnerai le nom de l'auteur après.
L'homme n'a saisi qu'un aspect de la réalité. Sur l'arbre de la science, il a cueilli le fruit défendu ; mais ce fruit n'était pas mûr ; il nous donna la connaissance de toute chose à l'exception de nous-même. La science fit l'inventaire du monde matériel ; elle en organisa l'exploitation systématique. La technologie nous apporte la richesse, la santé, le confort, toutes facilités de l'existence ; elle nous permet de créer un nouveau paradis terrestre. [...] [Mais] au lieu d'établir nos institutions sur des concepts scientifiques, c'est-à-dire sur la réalité concrète, nous les modelâmes d'après les idéologies. Ainsi s'édifia un monde qui est incapable de satisfaire à nos vrais besoins et où nous resterons éternellement des étrangers.
L'histoire de notre émancipation morale et de notre abandon du sens du sacré se confond avec celle de la désobéissance aux lois essentielles de notre nature. Considérer, par exemple, le profit comme le but spécifique de l'existence a rétréci arbitrairement le champ des activités humaines. Il n'est pas possible de limiter nos efforts à la poursuite exclusive d'avantages matériels, sans rétrécir notre personnalité. L'Homo aeconomicus est une invention du marxisme et du libéralisme, et non pas de la nature. L'être humain n'est pas construit uniquement pour produire et consommer. Depuis le début de son évolution, il fait preuve d'amour de la beauté, du sens religieux, de curiosité intellectuelle, d'imagination créatrice, d'esprit de sacrifice, d'héroïsme. Réduire l'homme à son activité économique équivaut donc à l'amputer d'une partie de lui-même. Le libéralisme et le marxisme violent donc, l'un et l'autre, des tendances fondamentales de la nature.
Alexis CARREL.
Réflexions sur la conduite de la vie. Quinzième mille.
Librairie Plon, Paris, 1950.
Je trouve tout à fait troublant d'avoir dénicher ce billet après que j'avais rédigé celui que j'ai intitulé : Le réel, l'idéel et le virtuel. J'entends d'ici le choeur des effarouchés. Quoi ! CARREL, ce nazi, ce défenseur de l'eugénisme, ce réactionnaire. L'objection ne me trouble pas. Je regarde d'abord ce qu'il dit, et je réfléchis. Ma conclusion est qu'il a raison. Comme par ailleurs les détracteurs de ce très grand savant sont probablement les mêmes qui approuvent les travaux sur les cellules souches, la procréation médicalement assistée avec réduction embryonnaire consécutive à un diagnostic génétique préimplantatoire, l'avortement, quelles qu'en soient les circonstances, je me dis que ces effarouchements sont de peu d'importance.
Donnez-moi votre avis sur cette question.
Merci à ceux qui ont réagi à mon avant-dernier billet.

vendredi 15 février 2008

Ca bouillonne dans ma tête

L'actualité n'est pas avare de petites phrases, de croches-pieds, de petits faits qui révèlent le climat dans lequel nous sommes plongés depuis quelques semaines. Devant ce flot de ragots boueux et puants, je suis comme saisi de vertige et de crainte ; alors je reviens aux auteurs que j'aime, qui bercent mes rêves éveillés et, je l'espère, inspirent quelque peu mon action. Je vais pour cette raison vous faire partager une page de mon cher LANZA del VASTO. Car ça bouillonne trop dans ma tête.
"Devant ces colonnades, j'ai demandé
Quel est ce Temple ?
On me répond : c'est la Bourse des Valeurs.
Que nous sommes loin du lien entre Travail et Richesse, Vertu et Fortune, Bénédiction Divine et Prospérité. Nous regardons de haut ces naïves justifications, quand nous regardons [les] sommets de la Connaissance-du-Bien-et-du-Mal.
Mais comme nous serrons de près la vraie nature de la Possession ! "Malheur aux riches" est-il écrit sans distinctions ni ménagements et sans explications.
[...]
L'Homo oeconomicus (orthographe et typographie sic) est une nouvelle race d'envahisseurs barbares. Doù vient-elle ? Ni de l'Est ni de l'Ouest, elle sort de sous terre, espèce de nains astucieux et tordus.
Dès qu'ils s'abattent sur un riche pays, c'est comme les sauterelles sur la moisson, c'est comme l'incendie de la guerre qui ne laisse que noir et cendres. Mais tandis que, la guerre passée, les blés aussitôt regagnent et les ruines se relèvent, là où l'Homme économique a étendu sa conquête, l'herbe ne repousse plus. Le grignotement du lucre est une désolation définitive. Et dans l'invisible comme dans le visible."
J'avais déjà parlé de l'Homo economicus dans nombre de mes billets, et je ne pensais pas trouver dans LANZA une confirmation aussi éclatante de ce que je vous avais dit. Ce que LANZA condamne sans appel, ce n'est pas la prospérité, - il le dit très clairement du reste, et la voit comme une bénédiction divine -, c'est l'esprit de lucre qui fait argent de tout, depuis les sacs de plastique qu'on nous vend maintenant dans les supermarchés (pour des motifs prétendument écologiques ! mais on en vend tout de même), jusqu'aux stock-options, en passant par les faux soldes, les six minutes quotidiennes d'habillement, la revente au noir de tickets pour tel ou tel événement sportif, la publicité "sponsorisante", la location des espaces d'un Blog pour de la publicité, la retransmission des matchs de foot-ball par les chaînes payantes, j'en passe et des meilleures. Vous pouvez, vous devez ajouter à la liste. Je vous en supplie, pour que nous puissions contempler ensemble l'ampleur de notre déchéance.
Jusques à quand allons-nous supporter cette foire d'empoigne, ce tout économique, ce tout argent ? Quand les hommes politiques affirmeront-ils, en accord avec toute saine anthropologie, qu'il faut à l'homme suffisamment de pain pour subsister, mais qu'il ne vit pas que de lui. On nous parle de pouvoir d'achat, de salaires, de retraites, d'allocations, de prestations, de subventions. Qui nous parle d'amour ? De fraternité ? Il n'y a pas foule dans ce registre de sentiments. Tout de même, j'ai eu l'immense satisfaction de voir gravée sur le fronton d'un beau bâtiment, rue Toudic à Paris, cette raison sociale : Association Fraternelle des Employés et Ouvriers des Chemin de Fer Français. Elle n'est pas toute jeune cette association ; elle reste le témoignage d'une époque où l'on regardait son voisin avec un peu plus de compassioon et un peu moins de convoitise. Elle date d'avant la guerre.