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samedi 11 novembre 2017

11 novembre 2017. Nouvelles de la Dissidence. Fiscalisme et journalisme vus par Léon Bloy.

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Nous continuons de faire un long bout de chemin avec Léon !
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Rien n’est plus facile que de prêcher la vérité. Le miracle c’est de la faire aimer.
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1. LES CITATIONS DU JOUR.
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"Paiement douloureux de nos contributions. Je ne me prive pas d’exprimer au percepteur mes sentiments vrais. Gracieuse assimilation de son guichet à un trou de latrines où l’on me forcerait de jeter le pain de mes enfants devenu ainsi le pain de TROUILLOT, l’apéritif de PELLETAN ou le pantalon de l’abbé COMBES." (Bloy fait allusion à l’imbécile anticlérical ; il perçoit le côté essentiellement religieux de l’anticléricalisme du petit père COMBES, probablement l'un des plus grands crétins de la troisième république)." (page 14.)

"L'avenir est, d'ailleurs, celui-ci : Tout individu pris en flagrant délit de lecture, de compréhension, d'imagination ou de pensée sera jugé dangereux et probablement grillagé comme un animal féroce. Quand le crétinisme arrive à ce point de parler, comme on fait au Journal, des « hardis pilotes qui ont consacré leur vie au triomphe de la locomotion mécanique et « dont l'automobile est la vie », comment l'anthropophagie la plus déchaînée ne deviendrait-elle pas une loi ? (page 136)."
In
Léon BLOY.
Quatre ans de captivité à Cochons-sur-Marne. Tome II.
Mercure de France, Paris, 1935.
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2. COMMENTAIRES.
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J’aimerais bien que les fiscalistes de BERCY reçoivent en pleine figure, au moment où nous devons payer la Taxe foncière, cette parole si forte, si juste, si drôle et si tragique évoquée dans la première citation : à quoi sert cette contribution ? A faire vivre un millefeuille administratif, inutile, inefficace et tatillon. Pour bien comprendre BLOY, ici, il faut se souvenir qu'il a vécu dans la misère.
Pour ce qui est de la seconde citation, on aura compris que tout esprit libre, qui s’efforce de penser, sans gober ce qui lui proposent des médias absolument indigents, est l’ennemi de ce système que l’on appelle le système démocratique post-moderne. Il est stigmatisé, mis de côté, ringardisé, ridiculise. Il faut avoir la répartie d’un Philippe de VILLIERS pour clouer le bec, dans l’émission célèbre L’heure de vérité, à l’ignoble et ridicule Ivan LEVAÏ, qui assimilait le combat pour les valeurs à du pétainisme. Il n’a jamais pensé, Ivan LEVAÏ. Il ne s’est jamais posé la question de savoir si, par exemple, défendre la famille, était honorable, socialement utile, et naturel. Non, l’imbécile y voyait du pétainisme. Il récitait son petit catéchisme journalistique, son abrégé de lieux communs des bien-pensants de gauche. La caque sent toujours le hareng, monsieur LEVAI, toujours. Et Léon, notre cher Léon, l’avait vu près de 80 ans avant que n’éclate la nullité de réflexion et de pensée de la plupart des « grandes plumes » (on se demande s’il ne se la plante pas dans le derrière) qui font les délices des étranges lucarnes.
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3. REVUE DE PRESSE INSOLENTE ET CURIEUSE.
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Accommodements raisonnables et accommodements déraisonnables : suite de l’affaire de la Croix de Ploërmel.

Je partage entièrement l’avis donné par l’auteur de cet article.

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Vive la Pologne !

Décryptez ce qui se trame contre ce pays qui eut jadis (ne l’oublions pas) un roi français (Henri III, roi de Pologne de 1573 à 1575 et roi de France en 1574). Et merde à l’ignoble SOROS qui veut abattre les régimes de l’Europe de l’Est qui s’opposent à ses projets mondialisateurs.

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Le Secours catholiques fait le point sur la pauvreté en France.


et aussi :

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Ce que tu as caché aux sages et aux savants.

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Il faut tordre le cou au canard !

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Jésus ne rougira pas d’eux devant son Père.


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Merci Natacha !

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Et enfin, hommage à une marraine de poilus !



samedi 21 juillet 2012

L'art de lire

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Il me semble vous avoir déjà parlé de YI I, un coréen confucéen qui écrivit en chinois un ouvrage tout à fait remarquable, traduit récemment en français par Isabelle SANCHO, et publié dans la collection "Bibliothèque chinoise", Éditions Les Belles Lettres, Paris, 2011, sous le titre Principes essentiels pour éduquer les jeunes gens. La deuxième section du chapitre IV (intitulé 'L'étude des textes') devrait être lue et apprise par coeur par tous les collégiens rentrant en 6e. Jugez plutôt :
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"Pour lire, il faut s'asseoir correctement en tenant ses mains avec respect, faire face au livre avec recueillement, concentrer son esprit en exerçant toute sa détermination, affiner sa capacité de réflexion en s'imprégnant totalement du texte (s'imprégner du texte signifie que ce qui est lu doit être convenablement mûri et que la réflexion doit partir des profondeurs de l'esprit), puis il faut serrer au plus près la signification des termes employés. Pour chaque sentence, il faut cheminer pas à pas dans les traces des anciens.
Si l'esprit ne s'approprie pas ce que la bouche récite et que le corps ne le traduit pas en actes, le livre demeure un livre et je reste moi-même : quel est l'intérêt ?"
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Il me semble que la plus grande mutation intellectuelle et culturelle qui vient bouleverser la société contemporaine, est l'interruption progressive d'un contact direct, presque charnel, avec le livre et la chose écrite. Les israélites ne jetaient point les rouleaux usagés de la Bible ; il les enterraient dans des cimetières à parchemins, les geniza ; les Chinois eux-mêmes avaient un très grand respect pour les livres. Leurs empereurs employaient des lettrés pour établir le catalogue de leur bibliothèque. Certains de ces catalogues eux nous ont été conservés et nous pouvons ainsi connaître les titres de centaines et de milliers d'ouvrages anciens.
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Je suis absolument stupéfié de voir le nombre de voyageurs et de voyageuses qui, dans le métro, semblent perdus dans un nirvana musical, les yeux mi-clos, dodelinant de la tête, écoutant je ne sais quelle musique, le casque ou les écouteurs vissé(s) sur ou dans les oreilles. Je m'amuse à les compter. J'arrive toujours à une proportion de 10 % de passagers atteints de cette maladie qui les isole des autres et bien entendu de la lecture, car il est impossible de servir deux maîtres avec la même attention. Certes, il y a encore quelques bien portants qui sont plongés dans un livre. Mais ils ne sont pas nombreux. Et le métro, comme la vie, roule avec bruit, en cahotant, mécaniquement, trimbalant des anonymes à qui il arrive de manquer des correspondances, plongés qu'ils sont dans leurs rêveries musicales. Il n'y a aucune sève vitale apparente dans ces comportements. Ils se ressemblent. La mode exerce ses ravages pour le plus grand profit des FNAC, Virgin, Surcouf et Pixmania (enseignes tout à fait honorables et qui ne sont pas responsables du bon ou du mauvais usage de leurs produits). Le nombre de gens qui prendront le PIREE pour un homme et l'Edit de Nantes pour une vieille dame anglaise ne risque pas de diminuer.
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jeudi 23 juin 2011

Sur l'étrange plaisir de la lecture

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Je viens d'achever la lecture d'un livre merveilleux dû  à Giorgio MANGANELLI : Chine et autres Orients. Voilà un carnet de voyages qui ne se laisse pas résumer, mais qui se savoure, tant la langue (admirablement traduite de l'italien) est savoureuse, foisonnante, riche, suggestive et mystérieuse à la fois. Permettez-moi simplement de vous donner ici la conclusion de ce petit chef d'oeuvre, laquelle est intitulée : Le Cabinet des lettrés.
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"Ceux qui aiment ardemment les livres constituent sans qu'ils le sachent une société secrète. Le plaisir de la lecture, la curiosité de tout et une médisance sans âge les rassemblent.
Leurs choix ne correspondent jamais à ceux des marchands, des professeurs ni des académies. Ils ne respectent pas le goût des autres et vont se loger plutôt dans les interstices et les replis, la solitude, les oublis, les confins du temps, les moeurs passionnées, les zones d'ombre.
Ils forment à eux seuls une bibliothèque de vies brèves. Ils s'entrelisent dans le silence, à la lueur des chandelles, dans le recoin de leur bibliothèque tandis que la classe des guerriers s'entre-tue avec fracas et que celle des marchands s'entre-dévore en criaillant dans la lumière tombant à plomb sur les places des bourgs".
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Ah ! quelles mélancolie dans ces propos ! Cacheraient-ils quelques secrets désespoir ? Comment le savoir puisque le propre des grandes plumes est de laisser le lecteur devant les multiples interprétations possibles de textes conçus et enfantés souvent dans la douleur ?
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Je dois dire que je me reconnais assez bien dans le lecteur bizarre et biscornu qui se repaît de livres dont aucun hall de gare ne voudrait, pas même dans ses réserves. Non, mes choix ne correspondent pas à ceux des marchands, et surtout pas à celui des pantins qui siègent pour le compte de leur éditeur dans les jurys de prix littéraires, prix proclamés prestigieux par tout ceux qui profitent de ce prestige. Non ! Je préfère la ténébreuse solitude du métro, où faute de trouver des hommes disposés à échanger, je finis par me plonger dans ces ouvrages étranges en attendant de retrouver l'air libre mais surchargé des vapeurs indéfinissables et corrompues, celles d'une mégalopole en train de rendre l'âme.
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Sehnsucht aurait dit je ne sais plus quel auteur allemand qui cheminait dans la Rue de Seine, il y a des décennies, cette rue jadis décorée de boutiques de marchands de gravures anciennes qui peu à peu ont disparu. Un jour, il n'y aura plus là que des marchands de fringues, de panini et de kebabs ! Allez, je retourne à mes lectures et à mes voyages intérieurs.
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Bonne journée.