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samedi 17 septembre 2022

BILLET DU 16 SEPTEMBRE 2022. LA RAISON DEPLORABLEMENT CONTAMINEE.

 J'ai, comme ça, quelques auteurs fétiches dans ma besace. Il en est un que je chéris particulièrement, Léon BLOY. Il  des vues fulgurantes, acérées, parfois cruelles, mais justes. En voici une :

"La raison chez vous est-elle si déplorablement contaminée, l'élémentaire faculté de souder ensemble deux pauvres idées a-t-elle si lamentablement disparu de vos cervelles qu'il ne vous soit même plus possible d'apercevoir que votre tête est exactement dans l'axe du marteau de la folie qui va vous aplatir sur l'immobile enclume de l'assentiment universel du genre humain ? Vous parlez de jouir et vous n'avez même pas le triste génie de jouir avec l'intense profondeur des voluptueux du paganisme, dont vous n'avez sucé que les vieilles phrases sans en retenir le diabolisme essentiel, par cette raison qu'ils ne se combinent pas avec l'éducation plus ou moins chrétienne qu'on vous avait donnée.  Or, cette raison vous déshonore puisqu'elle rend évidente le mensonge de votre athéisme et le charlatanisme pervers de votre enfantillage éternel."

Léon BLOY. Propos d'un entrepreneur de démolition. Tresse, Editeur, Paris, 1884.

Vous allez dire que j'exagère ? Il n'en est rien. On a pu voir hier soir monsieur MIRANDE, sur le journal régional de France 3, se pourlécher les babines en nous présentant une version relookée à la sauce LGBT du Roméo et Juliette dans laquelle pour faire moderne, le rôle des deux amants est tenu alternativement (selon les séances) par deux hommes, deux femmes, ou parfois par un homme et une femme ce qui malgré tout me semble être plus conforme à la raison (La Seine musicale, Île Seguin. Revisité par Benjamin MILLEPIED, sur une visite de PROKOFIEV. Pendant le reportage, nous avons eu droit à un long plan fixe où les deux hommes s'embrassent fougueusement. Car selon monsieur MILLEPIED, il n'y a aucune raison sérieuse de s'opposer à cette audacieuse transposition). Le marteau de la folie va écraser la tête des concepteurs de cette ineptie bien dans le vent, qui va sans aucun doute être applaudie par l'ambassadeur délégués aux droits des LGBT. Dénaturer à ce point une oeuvre qui appartient au patrimoine littéraire et artistique de l'humanité est folie. Je vous encourage donc à ne pas assister à la célébration d'un sacrilège anthropologique. Mais, hélas, il semble que cette injure ait du succès, dû au talent inégalé de danseur de notre Benjamin.

samedi 3 septembre 2022

BILLET DU 03 SEPTEMBRE 2022. LEON BLOY PROPHETE ? EHPAD ET HOPITAUX.

Léon BLOY a écrit un ouvrage ébouriffant de drôlerie, mais cruel pour les imbéciles et les aveugles de la modernité : "Exégèse des lieux communs".  Il est un passage qui me fait penser à l'actuel statut des EHPAD et des services de gériatrie. Il glose sur "L'hôpital n'est pas fait pour les chiens", titre qu'il donne à l'exégèse de ce lieu commun très commun.

"Le chien pour qui l'hôpital est fait, c'est le carnivore, devenu vieux ou infirme, dont la compagnie a cessé de plaire, incapable désormais d'aucune sorte de fureur, qui n'a plus la force d'aboyer, que le troupeau à son tour, est obligé de garder et que menace la dent des loups.

A quel autre, je le demande, seraient ouverts ces admirables asiles où on crève, avec tant de consolation dans les bras de l'Assistance publique ? Le vrai, le seul, l'authentique chien, c'est celui - quel que soit le nombre de ses pattes ou la force de son coup de gueule -  qui ne peut plus être profitable. C'est pour celui-là, exclusivement, que fonctionne l'Administration aux mamelles crochues qui s'allaite elle-même du sang des agonisants. Le juste Bourgeois l'a voulu ainsi.

N'est-il pas le Maître ? N'est-il pas le Dieu des vivants et le Dieu des morts ? Depuis que le code Napoléon l'a promu au remplacement de Jéhovah, nul ne le juge et il fait exactement ce qui lui plaît. Or, il lui plaît d'être, comme cela, le Bon Dieu des chiens."

En lisant ces lignes terribles, je ne puis m'empêcher de penser aux vieillards atteints de la Covid, et très âgés, que l'on a achevé à coup de Rivotril, ou à ces vieillards morts de solitude dans des EHPAD plus clos qu'un bunker nazi et coupés de tous contacts avec leurs enfants ou leurs proches. Et je ne puis pas davantage m'empêcher de penser que l'Administration, en effet, en tant que structure d'Etat, s'est allaité du sang des agonisants. Ne pas parler du scandale de certains EPHAD... Chut ! Tenus par des élites rompues aux opérations financières, ils ont laissé des vieillards croupir dans leur urine pour ne pas avoir à changer leurs couches d'incontinents, ils ont mesuré au gramme près la nourriture infecte qui était destinée à leurs pensionnaires et ils s'en sont mis plein les poches. Un tel aveuglement est terrifiant, et le meilleur moyen d'ouvrir les yeux à ces mercenaires de la vieillesse est de prier pour eux afin qu'ils puissent explorer jusqu'au fond des ténèbres leur abominable conduite et puissent s'en repentir.





dimanche 4 août 2019

Lundi 29 juillet 2019. Ils les ignorent faute de pouvoir les déshonorer !


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LA CONSPIRATION DU SILENCE.
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De son vivant, notre très cher Léon BLOY fut vilipendé par des gnomes, des folliculaires, des incapables. Léon BLOY savait ce qu’il en coûte d’être mis sur la touche : voici ce qu’il dit dans

"Le lieu commun du « silence éloquent », par exemple, n’est pas une sottise, et le « silence des passions » est plus à craindre que la pire loquacité. La « conspiration du silence », autre lieu commun, n’a rien de chevaleresque, sans doute, mais elle est indiscutablement efficace pour tuer un homme supérieur qu’il est impossible de déshonorer. C’est le désert de la steppe immense autour du conquérant forcé de mourir d’inanition. C’est la solitude infinie de Dieu lui-même dont nul ne parle et ne veut entendre parler."
In
Léon BLOY.
Histoires désobligeantes. Le temps retrouvé. Édition présentée et annotée par Sandrine FILLIPETTI.
Mercure de France, Paris, 2017.
Préface à l’édition de 1914, page 23 de la présente édition.

Et c’est pourquoi, faute de pouvoir faire taire Éric ZEMMOUR, ils entourent ses interventions d’un silence épais, aussi épais que leur cuir d’imbéciles. Ne parlons pas des philosophes comme Henri HUDE, Bertrand VERGELY, Rémy  BRAGUE, Sylviane AGACINSKI, Michel ONFRAY, Christophe GUILLUY, André MARTIN et tant d’autres penseurs qui ne sont pas dans le vent, car, comme le dit si bien Gustave THIBON, être dans le vent c’est une ambition de feuille morte ; ils se contentent de les ignorer, puisqu’ils ne peuvent les déshonorer…



dimanche 31 mars 2019

Dimanche 31 mars 2019. L'Adorable Face, dans les ordures de Charlie Hebdo !


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EN RÉPONSE AUX ESPRITS FORTS.
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Charlie Hebdo a cru malin de faire une couverture ignoble où le Christ crucifié est abominablement représenté.
Voici ce que lui répondent Philippe MURAY et Léon BLOY :

"Un écrivain religieux a le nez particulièrement creux pour renifler dans la puanteur du dépotoir politique mêlé au charnier des organes une odeur de Dieu très spécifique, celle de la catastrophe de la transcendance décrochée précipitamment en immanence : « Si vous avez besoin de mon Fils, cherchez-le dans les ordures. »"
In
Philippe MURAY.
Rejet de greffe. Exorcismes spirituels I. Essais. Quatrième tirage.
Les Belles Lettres, Paris, 2010. (Page 193.)
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COMMENTAIRES.
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Après tout je n’ai aucune raison de me sentir inféodé ou inférieur à ces dessineux qui ne respectent rien. Et j’ai l’audace de dire que c’est dans la bassesse même de leurs dessins que je puis trouver l’adorable Face du Sauveur. Il n’a pas retenu jalousement le rang qui l’égalait à Dieu, et vous, les blasphémateurs, vous aurez, comme tous les êtres, au Ciel et sur la Terre, à vous prosterner devant sa Majesté. Car vous mourrez, n’en doutez pas. Il vous est sans doute agréable de vous moquer des croyants, de tous les croyants. Nombre de vos amis ont payé de leur vie, d’une manière terrible, dramatique et injuste, le fait d’avoir franchi la barrière de la décence et du respect dus à tous les êtres humains, sans distinction de sexe, de couleur, de race ou de religion. Mais les chrétiens n’utilisent pas armes de la violence et du sang. Vous le savez. Ce sont des cibles faciles. Ah ! Je me sens pris d’une irrésistible colère devant ces imbéciles, et si j’avais devant moi l’auteur de ce dessin torcheculatif (selon l’adjectif forgé par notre bon Léon), je n’hésiterais pas à lui dire ce que je pense de sa lâcheté (à vaincre sans péril...). En vérité, je le plains. Il illustre vraiment la catastrophe de la transcendance décrochée en immanence. Et je suis tout prêt à débattre publiquement avec lui pour lui faire part de ma manière de voir et, peut-être, de l'amener à réfléchir à sa bassesse de vue.

samedi 30 mars 2019

Samedi 30 mars 2019. Nouvelles du pari bénédictin : l'avenir appartient aux mystiques !


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Au lieu d’un château fort dressé au milieu des terres, pensons plutôt à l’armée des étoiles jetée à travers le ciel.
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L’AVENIR DU MONDE REPOSE DANS LES MAINS DES MYSTIQUES.
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"En réalité, le mysticisme est l’activité suprême et les Mystiques sont les vrais clairvoyants de l’humanité. Tous les génies dominateurs, tous ceux-là qui ont eu la puissance de traîner après eux, dans les sillons de la terre, le troupeau d’eunuques et de décapités qui s’appelle le genre humain ; tous les héros de l’Épée, de la Croix ou de la Pensée, tous ont été des Mystiques en quelque manière, et cette manière de mysticisme que l’on déshonore aujourd’hui du nom de superstition était en eux comme une vibration prolongée du FIAT créateur, et répondait à cet éternel appétit de majesté qui se bâtit des solitudes dans les grandes âmes, comme les Pharaons se bâtissaient des solitudes dans l’immensité des déserts."
In
Léon BLOY.
Propos d’un entrepreneur de démolitions (Éd. 1884). Fac simile de l’édition originale.
Tresse, Éditeur, Paris, 1884/Hachette Livre/BnF, SD [2017 ?]. (Page 282.)
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LE PRÉSENT DU MONDE, UNE HONTE POUR LES CHRÉTIENS.
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"L’état présent du monde est une honte pour les chrétiens. C’est à nous, chrétiens, que la chrétienté a été confiée. Qu’en avons-nous fait ? Les châtiments qui nous menacent et ceux qui nous ont déjà frappés sont plus que légitimes. Vu que nous n’avons pas su faire reconnaître en nous la véritable physionomie de la charité du Christ, devant laquelle tout homme de bonne volonté ploierait les genoux, nous ne devons pas être surpris qu’on brûle les églises et qu’on massacre les fidèles. Le sacrement du baptême n’est pas une police d’assurance contre l’incendie ni contre le martyre."
Georges BERNANOS.
In
La révolte de l’esprit. Écrits de combats (1938-1945). ("Le goût des idées". Collection dirigée par Jean-Claude ZYLBERSTEIN.) Présentation de Gilles BERNANOS.
Les Belles Lettres, Paris, 2017. (Page 18).
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COMMENTAIRES PERSONNELS.
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On se gausse dans les loges ; les esprits forts se frottent les mains. Ils vont finir par l’achever, l’infâme qui en vérité les aveugle des clartés de la Vérité : cette Église qui a traversé tant d’épreuves et de siècles, dont les fidèles ont arrosé de leur sang les terres de tous les continents. Mais ils ne peuvent pas faire que ce qui a été, que ce qui est, ait été et soit. Partout dans le monde, il y a des ministres de la charité, des saints qui dans le silence des monastères, ou dans la trépidation des pauvres quartiers indiens ou brésiliens, œuvrent pour faire connaître le Soleil de Justice. Partout dans le monde, sur tous les continents, il y a des mystiques dans les bras desquels repose l’humanité blessée. Hélas, ils sont trop peu nombreux, et l’état présent des choses ne fait monter assez le rouge de la honte au plus grand nombre des chrétiens.
Il est de la plus haute urgence que le petit reste des fidèles, ancrés dans la foi, l’espérance et la charité, témoigne, qu’il crée ces petits groupes de parieurs bénédictins, témoins avancés de la victoire définitive de l’Agneau. Allons, ressaisissons-nous, sans faire de bruit, ça je le répète, et tant par notre prière, nos vies et nos comportements, comptant sur la Miséricorde parfaite, faisons savoir à ceux qui nous approchent que nous ne sommes pas les dupes du trompeur, du diviseur, de l’esprit de confusion.
Plus que jamais, l’avenir de l’humanité appartient aux mystiques.





jeudi 21 mars 2019

Jeudi 21 mars. Note brève sur le consentement à l'impôt.


Ce n'est un secret pour personne ! J'aime énormément Léon BLOY.
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LÉON BLOY PARLE DU PAIEMENT DE L’IMPÔT.
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"25. ―Paiement douloureux de nos contributions. Je ne me prive pas d’exprimer au percepteur mes sentiments vrais. Gracieuse assimilation de son guichet à un trou de latrines où l’on me forcerait de jeter le pain de mes enfants devenu ainsi le pain de Trouillot, l’apéritif de Pelletan ou le pantalon de l’abbé Combes !"
In
Léon BLOY.
Quatre ans de captivité à Cochons-sur-Marne. II. 1902-1904.
(Pour faire suite au Mendiant Ingrat et à Mon Journal.) 7e édition. (Page 14 .)
Le Mercure de France, Paris, 1935. (Téléchargeable depuis BNF Gallica.) 
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COMMENTAIRES PERSONNELS.
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Il me semble que nous avons atteint en France les limites du consentement à l’impôt, et que bien des contribuables, surtout ceux des classes moyennes, et moyennes supérieures, pourraient jeter à la face de ces ministres (qui cherchent encore comment ils pourraient les tondre jusqu’à l’os, pour continuer leur petit commerce de boutiquiers de la politique), ces invectives de BLOY. Lui les adresse à Trouillot, Pelletan et au petit Père Combes !
Car n’en doutez pas, ils cherchent à taxer, à trouver de nouvelles ressources et sources pour financer leurs errements, y compris le moyen de taxer un carbone dont ils sont les principaux pourvoyeurs. Je trouve normal de payer des impôts. Je trouve absolument honteux la manière dont cet argent prétendu public, en fait notre argent, est dépensé, sans soucis d’épargne, sans idées d’économies, arrosoir percé qui arrose une clientèle électorale bien ciblée. Tout cela est indigne. Et pendant ce temps, on imagine des voitures électriques qui posent des problèmes écologiques insolubles tout en condamnent l’industrie nucléaire qui, elle, ne pollue pas (enfin pas trop, car il faudra bien démolir un jour les centrales). Il y a une solution, mais qui s’en soucie ? Elle consiste à utiliser l’hydrogène comme source d’énergie. C’est une source inépuisable, dont la consommation produit de l’eau recyclable. Mais il faut bien faire plaisir aux vendeurs d’éoliennes, Véolia en tête, qui détruisent les paysages, imposent une pollution visuelle et sonore absolument terrifiantes, et nécessitent des tonnes de béton pour leur installation et des millions d’euros pour leur suppression. Décidement, notre argent est bien mal dépensé.






vendredi 1 février 2019

Samedi 02 février. Note pas brève du tout à l'intention des Lycéens (bis)


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Ma foi, je ne puis m'empêcher d'exulter quand je lis les analyses critiques de deux auteurs aussi talentueux que BLOY et MURAY font de l'oeuvre de ZOLA. Le pauvre ZOLA est mort asphyxié, sans que l'on sache vraiment si ce fut un accident ou un crime...
Bon, rentrons dans le vif du sujet.
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Nous vivons en un siècle sans mémoire, sans traditions, sans transmission. Le phénomène a commencé à se manifester au XIXe siècle, avec le triomphe de la pensée bourgeoise, conformiste, positiviste, scientiste, progressiste et par-dessus tout anticlérical. ZOLA est un excellent représentant de cette littérature de décadence, et c’est pourquoi il est, comme vous l’allez voir, passablement et humoristiquement étrillé par deux critiques littéraires dont il serait utile, chers lycéens, que vous vous inspirassiez.
Réglons d’abord un point important. Il faut créditer Emile ZOLA d’un grand courage et d’une singulière clairvoyance dans l’affaire DREYFUS. Très tôt, il a vu la machination que l’on ourdissait contre un innocent, et les mensonges de ses accusateurs. Mais, car il y a un mais, il était viscéralement, fondamentalement anticlérical, anticatholique, comme en témoigne la série des Trois Villes, Lourdes, Rome et Paris  ainsi que sa suite Les quatre évangiles qu’il n’eut pas le temps d’achever. J’ai rédigé, il y a plusieurs années, un billet que je n’arrive pas à retrouver, où l’on voit comment ZOLA offrit de l’argent à une miraculée de Lourdes, qu’il fait mourir dans son roman, (car elle lui faisait de l’ombre,) pour qu’elle parte en Belgique dont son mari était originaire. Elle s’appelait madame WUIPLIER, et ZOLA ne supportait pas qu’on lui fasse remarquer (elle se portait comme un charme et était vendeuse au Bon Marché) que la pauvrette était un démenti vivant à ses mensonges. Passons.
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Voici d’abord le jugement de mon cher Léon BLOY. Il n’est pas tendre comme vous l’allez voir !

"Qu’est-ce donc après tout que la littérature ? la littérature seule, sans enthousiasme ? C’est la plus ville des courtisaneries et la plus déshonorante des inventions qui abrutissent. C’est l’acrobatie de la pensée sans l’excuse du gagne-pain, car on y crève de misère à tous les niveaux, si l’on n’y ajoute pas le très lucratif négoce du maquignonnage politique ou du scandale irréligieux et pornographique, et l’on sait que la littérature moderne fait à peine autre chose. Athée, fille d’athées, mère d’athées, trois fois sacrilèges, soixante-dix-sept fois marquise de la luxure et de l’impiété, cette littérature est devenue quelque chose comme le vomissement des siècles sur le fumier définitif de la pensée et du langage. Je demande pardon pour ces affreuses expressions, mais si l’on veut bien se souvenir des récents travaux de M. ZOLA, par exemple, le chef reconnu et acclamé de toute la nouvelle école, qui donc osera les trouver injustes ou exagérées ?"

Léon BLOY.
Propos d’un entrepreneur de démolitions (Éd. 1884). Fac simile de l’édition originale.
Tresse, Éditeur, Paris, 1884/Hachette Livre/BnF, SD [2017 ?] (Page 4.)
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Mon non moins cher Philippe MURAY nous rappelle un épisode tout à fait incroyable, à propos de l’édification de la Basilique du Sacré Cœur (vous verrez que ZOLA a fait des émules)
"[…]. Il suffit d’entrer dans la basilique, au sommet de la colline de Montmartre. Là, au pourtour du chœur, dans l’ombre, brillent les lettres latines, Gallia, penitens et devota, la dédicace au monument de la France meurtri et fidèle… Immédiatement, toute une histoire sanglante remonte à la mémoire. Les prêtres abattus pendant la Commune, Mgr DARBOY fusillé, la répression versaillaise. Rien qu’un massacre parmi d’autres, quelques crimes qui en annoncent de pires. Et ce culte sublimé du Cœur de Jésus pour commémorer l’éternel retour du délire humain… C’est trop, c’est beaucoup trop pour ZOLA. « Une telle impudence, écrit-il, un tel soufflet donné à la raison, après tant de travail, tant de siècles de science et de lutte ! » Et à Paris en plus ! « À Lourdes, à Rome, cela s’explique. Mais à Paris, dans ce champ de l’intelligence, si profondément labouré, où pousse l’avenir ! » […]. Oui, tout cela est trop charnel. La preuve : « Il [le ‘il’ de ZOLA est celui d’un prêtre futur défroqué] souffrait de cette poitrine ouverte et saignante de Jésus, du cœur énorme que la sainte avait vu battre au fond de la plaie [il s’agit de sainte Marguerite-Marie ALACOQUE, promotrice de la dévotion au Sacré Cœur], dans lequel Jésus avait mis l’autre, le petit cœur de femme (sic), pour le rendre ensuite tout gonflé et brûlant d’amour. Quelle matérialité basse et répugnante, quel étal de boucherie, avec les viscères, les muscles, le sang ! Et il était outré surtout de la gravure qui représentait cette horreur. […] ». Voilà ZOLA surpris en pleine pudibonderie jansénisante, comme en plein puritanisme esthétique, l’un ne va jamais sans l’autre. D’ailleurs, deux plus tard, dans un ultime Salon, en 1896, il avait déjà renié une fois « ces femmes multicolores, ces paysages violets et ces chevaux orange » de la révolution impressionniste…
In
Rejet de greffe. Exorcismes spirituels I Essais. Quatrième tirage.
Les Belles Lettres, Paris, 2010. (Pages 189-190.)

Figurez-vous que monsieur Ian BROSSAT, maire adjoint communiste de madame HIDALGO, dépourvu du moindre talent littéraire, lui, se proposait de transformer le sacré Cœur en espace de Solidarité !
ZOLA a fait des émules…

samedi 13 octobre 2018

Samedi 13 octobre 2018. Défendre l'ordre symbolique contre tous les Askolovitch

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Pour comprendre les raisons de ce long billet, lisez pour commencer :
Ordre symbolique et loi Constitutive. Patrick JUIGNET. Psychisme, 2013

Pourquoi, allez-vous me dire, est-ce que je semble m’acharner contre ce journaliste que je considère comme un être misérable, au sens étymologique du terme, Claude ASKOLOVITCH. C’est que ce monsieur représente, à un niveau d’incandescence rarement atteint, ce qu’il y a de plus faux, de plus tordu chez ces faux sages, ces donneurs de leçon qui s’acharnent depuis des années à détruire l’ordre symbolique constitutif de l’humain.
Permettez-moi de diviser ce billet en trois parties la première et la dernière sont empruntées à Philippe MURAY, toujours lui, et la seconde à un résumé de l’article remarquable de Patrick JUIGNET, dont la référence figure en tête de ce très long billet. MURAY, hélas, n’est plus là pour dézinguer avec humour ces soixante-huitistes, comme il les appelait, qui continuent de pontifier sur des trône médiatiques miteux et vermoulus, maintenu en un état précaire par quelques milliardaires mondialisés qui ont encore besoin d’eux.

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POURQUOI J'AIME L'ESPRIT ET LE TRAVAIL DE MURAY.
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"Maintenant, il est tout de même certain que j’avais quelques dispositions au désaccord, que j’en ai sans doute toujours eu, ne serait-ce que par le goût  très prononcé que j’ai nourri assez tôt, et alors que la plupart des gens de ma génération lisaient du CAMUS ou du SARTRE, pour des écrivains comme CÉLINE, BLOY, PÉGUY ou BERNANOS. Il y avait là, m’a-t-il très vite semblé, tout un courant de littérature bien plus excitante et infiniment moins bien élevée que celle des bonnes consciences de la gauche, une véritable puissance d’altérité ou d’antagonisme, une concentration de violence, de beauté et d’hostilité, une mise en échec du programme social général, un creusement génial du désaccord, partout où ce creusement fait mal, et aussi un art de l’augmentation, du démesurage de toute chose que RABELAIS le premier avait mis en œuvre.  Un art très spécial de l’attaque ad hominem, également, et DIDEROT ne disait-il pas que toutes les billevesées métaphysique ne valent pas une bonne attaque ad hominem ? En bref, je me suis trouvé en parfait accord avec CICÉRON : « La retenue et la modération ne sont pas de mise dans une cause excellente » (Errat, qui temperentium, mediocritatem, modum denique desiderat in re optima). La suite ne devait-elle pas me donner raison ? Au tournant des années 80 (et pour prendre une date commode, après la chute du Mur), j’ai soudain retrouvé ce ton, ce son, cette brutalité face à un paysage social et humain qui se révélait soudain tout nouveau. La moralisation effrénée, le terrorisme de la Vertu, la foi intermittente dans le progrès, le repli sur des croyances préhistoriques irrationnelles (astrologie, etc.), la psalmodie des droits de l’homme et toutes les prières, les sanglots et les vœux pieux accompagnant la montée de ces éléments déchaînés m’ont conduit en 1991 à écrire L’Empire du Bien, dont l’incipit résume à mes yeux la nouvelle période : « Nous voilà donc atteint d’un Bien incurable. » Ce constat, depuis lors, n’a cessé de se vérifier et ses conséquences de s’amplifier. Treize ans plus tard, nous sommes toujours et plus que jamais ceux qui savent et disent et imposent le Bien. Plus que jamais, nous sommes incapables d’imaginer que ceux qui ne pensent pas comme nous (l’Autre islamique, par exemple, ou le peuple quand il vote « mal ») sont ailleurs que dans le Mal (et un Mal quasi-extra-terrestre). C’est une situation sans précédent du fait que cette illusion ambitionne de régner sur toute la planète, et que ce préjugé veut s’y appliquer comme étant le ce-qui-va-de-soi absolu et définitif dans les siècles des siècles (ce qui ne nous empêche pas de répéter dans le même élan que l’Histoire, c’est-à-dire la dialectique continue !). Les résistances que rencontrent cette illusion et ce préjugé ne sont donc plus que des scandales résiduels, des oppositions à liquider. C’est toute l’histoire sans fin de notre époque, où le Bien s’énonce et se dicte à la planète entière avec de plus en plus de brutalité dans quelque domaine que ce soit, depuis les lois répressives contre les plus petits soupçons de mauvaise pensée (de « phobies ») jusqu’aux croisades américaines de la Vertu-qui-se-venge (comme disait Zarathoustra : « Hélas ! que ce mot “vertu” est déplaisant quand il coule de leur bouche ! Et quand ils disent “Je suis juste”, cela sonne toujours comme : “Je suis vengé” ! »)."

In
Philippe MURAY.
Moderne contre moderne. Exorcismes spirituels IV. Essais. Quatrième tirage. Chapitre C’est le sans précédent qu’il faut écrire. (Page 310.)
Les Belles Lettres, Paris, 2010 (pour la présente édition).
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QUE DIT PATRTICK JUIGNET ?
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Patrick JUIGNET affirme et montre que l’ordre symbolique constitutif appartient à la nature humaine, n’est pas structuré par le langage, n’est pas normatif et n’est pas d’origine divine, c'est à dire dépendant d'une révélation extérieure à l'humain lui-même. Mais surtout, à la fin de son remarquable article, il énonce et commente à grands traits les caractéristiques essentielles de cet ordre que les imbéciles du Monde, de Libération ou du Nouvel Observateur s’efforcent de démolir avec obstination depuis des années, sans doute pour se venger de leur père, ce qui leur permet d’affirmer qu’ils sont justes alors qu’ils ne sont que vindicatifs.

 

Le premier principe : la prohibition de l'indifférenciation et la prescription de l'individuation.

JUIGNET insiste sur l’importance de la sexuation,

Le second principe : la limitation pulsionnelle et la prescription de  l'échange.

JUIGNET indique que l’interdit de l’inceste relève de ce principe. L’échange par ailleurs se fait entre TOUS les humains.

Le troisième principe : la prohibition de la violence et la prescription du respect d'autrui.

Ce principe prescrit de renoncer à la violence et reprend ce que ne fait que constater le Décalogue : Tu ne tueras pas, tu ne voleras pas, tu ne violeras pas.
Voici comment Philippe MURAY reprend à son compte, avec ce talent incomparable qui le fait reconnaître entre tous : (Ouvrage cité, chapitre Comment peut-on être pensant, pages 428-429.

"Il y a une nouvelle innocence, une nouvelle forme de candeur, une manière moderne de s’étonner que tout ne soit pas encore tout à fait moderne, complètement moderne, moderne à cent pour cent et plus si affinité.
Il y a une expression à cet étonnement. Elle consiste à tomber des nues, à chuter verbalement de l’armoire ou de tout ce qu’on voudra en entendant quelqu’un proférer encore l’un ou l’autre des mille jugements, sentiments ou façons de voir qui furent considérés comme des banalités de base pendant des siècles et des siècles. Et qui, pour l’étonné moderne, ne sont plus du tout des banalités de base mais des énormités, voire des abominations, au mieux des signes de confusion mentale. Ainsi commence le nouveau millénaire : par un renversement des étonnements.
[…] Et comment s’emmêlait-il les pinceaux dans des propos confus ? [MURAY parle d’un comédien interviewé par un grand quotidien national lequel en faisant le portrait de l’interviewé déclare qu’il « s’emmêlait les pinceaux dans des propos confus »]. En prétendant que, pour les enfants « deux mamans ce n’est pas possible, qu’il faut un père ».
En effet. On ne saurait davantage s’emmêler les pinceaux dans des propos confus qu’en répétant de ces truismes qui remontent à la plus haute Antiquité. Ce n’est d’ailleurs pas qu’il remonte à la plus haute Antiquité qui rend ce truisme plus respectable pour autant ; mais enfin, celui-ci a au moins pour lui les évidences de la Nature et les affirmations de la Bible. On peut être contre, bien sûr, contre la Nature ou contre la Bible, et même contre la Nature et la Bible en même temps, mais alors ça fait beaucoup. Et il y a aussi la psychanalyse, qui ne dit pas autre chose que la Nature ou la Bible quand elle parle d’ « ordre symbolique », c’est-à-dire du père et de la mère nécessaires. Mais l’étonné nouveau se moque éperdument de la Bible comme de la Nature et de la psychanalyse, ces machins obsolètes. Ou plutôt, il s’étonne que quiconque puisse encore y faire référence et même allusion. C’est qu’il n’est pas né d’hier l’étonné nouveau, il est né d’aujourd’hui ; et il ne comprend même plus ce qui s’est passé hier, ni ce qu’on y a pensé, ni qu’on ait pu y penser. Qu’on y ait pensé quelque chose d’autre que ce qu’il ne pense pas le jette dans des stupéfactions sincères. « Comment peut-on être pensant ? » […]."

En prétendant que l’initiative de monsieur JARDIN ― qui a réussi à faire interdire Médine au Bataclan, lieu où sa fille a été assassinée ― sue la haine, monsieur ASKOLOVITCH est moderne, hypermoderne, Il détruit les trois principes de l’ordre symbolique : la paternité, l’échange, la non-violence. C’est lui le violent, c’est lui l’ignoble. Et si j’ai pris un long détour pour arriver à cette conclusion, c’est simplement pour vos souligner (a) que MURAY aime les auteurs que je vous cite depuis des mois : BLOY, BERNANOS, PÉGUY, et aussi CÉLINE dont les ligues de vertus post-modernes ont réussi à faire interdire la réédition, (b) qu’il s’agit de résister à ces nouveaux barbares, qu’il s’agit de lutter pour maintenir l’ordre symbolique constitutif de l’humain. (c) Et qu’en faisant interdire MÉDINE au Bataclan, monsieur JARDIN a eu parfaitement raison au nom du PRINCIPE D’HUMANITÉ !

lundi 24 septembre 2018

Lundi 24 septembre 2018. Nouvelles du pari bénédictin. En attendant le retour du Maître !


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Au lieu d’un château-fort dressé au milieu des terres, pensons plutôt à l’armée des étoiles jetée dans le ciel.
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NOTRE BON LÉON FULMINE, ET C’EST JOUISSIF !
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"L’autre jour, au Chat Noir, un monsieur qui est dans les tunnels et les téléphones, me parla des merveilles de l’industrie. C’était un vrai dévot de cette Église moderne qui exproprie les bonnes gens pour trimbaler les commis-voyageurs et pour fabriquer du dividende à air comprimé. Moi, qui me soucie de l’industrie comme d’une pelure de pomme cuite et qui donnerais trois mille kilomètres de chemin de fer pour un hexamètre passable, je me mis à demander à ce monsieur ce qu’il pensait de la race. Comme je vis immédiatement que ma question n’était pas comprise, j’entrepris d’expliquer à cet homme grave la nécessité philosophique de croire à une loi naturelle parfaitement inaccessible aux terrassiers du progrès ; c’est-à-dire, cette loi, toujours obéie, qui veut que les champignons empoisonnés poussent sur les têtes vénéneuses, les imbéciles sur les plates-bandes de l’École des Mines, et les hommes faits pour commander sur les rameaux altiers du vieux rouvre humain. Paroles fortes qui m’attirèrent le plus extrême mépris, je me plais à le reconnaître."
In
Léon BLOY.
Propos d’un entrepreneur de démolitions (Éd. 1884). Fac simile de l’édition originale. (Page 99.)
Tresse, Éditeur, Paris, 1884/Hachette Livre/BnF, SD [2017 ?]
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CONTREPOINT SUR LES TEMPS DERNIERS.
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"Il faut qu'il vienne ce jour, car il en vient aussi un autre où les illusions auxquelles se cramponnent les hommes en quête d'un semblant de sécurité et de santé mentale vont s'effondrer et se dissoudre. Si des hommes se jetaient déjà par les fenêtres quand l'économie s'effondra lors de la récession de 1929, qu'en sera-t-il de notre génération gâtée, bien moins aguerrie, lorsque le système mondial actuel se mettra à branler et à s'effondrer ? Tout ce qui peut être ébranlé sera ébranlé. Tout ce qui est fondé sur les illusions, les demi-vérités, l'orgueil, la cupidité, et la crainte finira par rentrer en collision avec la réalité. Les êtres écrasés, les cœurs brisés, les captifs, les aveugles seront alors bien plus nombreux encore."
In
Arthur KATZ et Paul VOLK.
L'esprit de vérité. Un message prophétique (2e édition). (Page 68.)
Éditions Emmaüs, Saint-Légier (Suisse), 2008. 
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COMMENTAIRES PERSONNELS.
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Le parieur bénédictin s’attache aux choses impérissables et non à l’écume du soi-disant progrès. Quand BLOY parlait de la loi naturelle, il ne croyait pas si bien dire et n’imaginait pas les offenses qui lui sont faites aujourd’hui. Mais il est bien clair, notre Léon, quand il affirme que les champignons empoisonnés croissent sur les têtes vénéneuses et les imbéciles sur les plates-bandes de l’École des Mines (j’aurais personnellement choisi d’autres écoles, au nombre desquelles je mets en tout premier lieu l’ENA, ce terreau scolastique toxique qui fait mourir tout ce qui vit ou a le malheur d’y avoir été semé ou planté, et qui fait tarir les sources les plus pures de l’esprit humain).
Comme Léon, je donnerais volontiers dix ans de prétendues innovations technologiques ou supposées telles (nous y reviendrons) pour un véritable poème, mais personne, dans la sphère médiatique, politique, ou soi-disant culturelle, n’aime les poètes.
Le jour viendra pourtant, ou résonneront les trompettes annonciatrices du retour du Maître, où le réel — que l’esprit post-moderne ne peut ou ne veut plus voir (Cf. Philippe MURAY) en face puisqu’il lui préfère la réalité dite virtuelle (ce qui est une curieuse façon de traiter le réel) — surgira sur les ossements d’une humanité mécanique vouée à la mort par des apprentis sorciers. Alors l’homme vivant, l’homme dans toute sa dignité, sa beauté et sa vocation à l’éternité, se dressera lui, et dira doucement aux mauvais bergers : qu’avez-vous fait de l’humanité que vous prétendiez libérer ?
Le parieur bénédictin ne désespère pas, jamais. Il ne maudit pas, jamais. Mais il se tient ferme devant l’iniquité et le mensonge, comme le font aujourd’hui avec une constance qui force l’admiration, les Sentinelles devant le ministère de la Justice, pour dénoncer l’offense faite à la loi naturelle.



jeudi 30 août 2018

Jeudi 30 août 2018. Nouvelles du pari bénédictin : trois grandes plumes parlent des journalistes !


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Au lieu d’un château fort dressé au milieu des terres, pensons plutôt à l’armée des étoiles jetée dans le ciel.
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A PROPOS DES MALFAISANTS, CET AVIS DE PHILIPPE MURAY…
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"Je ne crois pas que cette redoutable institution qu’est Le Monde soit en train de sombrer ; mais il est sûr qu’elle a soudain, par la grâce du livre de PÉAN et COHEN [Il s'agit du livre La face cachée du Monde], perdu un éclat qu’elle n’avait d’ailleurs jamais possédé à mes yeux. La rapidité avec laquelle le feu s’est propagé en dit long sur le désir de tous, et depuis longtemps, de voir flamber ce vertueux bûcher des vanités. Qualifiée dès le début de « cabale » par tous les cabaleurs professionnels qui œuvre dans le quotidien de malfaisance, l’opération a connu un succès foudroyant alors même que les cabaleurs avaient cru pouvoir annoncer précipitamment qu’elle échouerait ou ne durerait que le temps d’un soupir dans un verre d’eau. Tous les verrous ont au contraire sauté l’un après l’autre et le verre d’eau est, dans l’instant devenu torrent. Le Monde et ses nuisants n’ont même pas pu organiser un début de conspiration du silence. Une sorte de « mur » s’est aussitôt lézardé. Ce n’est encore qu’une lézarde, mais, derrière, se profilent maintenant en pleine lumières les têtes tartuffières des vertuistes. Ils ont le teint vert. Ils ont des sales gueules de vizirs. On peut considérer cette épisode comme l’échec de l’Empire du Bien. Qui, hélas, en a connu trop peu jusqu’ici."
In
Philippe MURAY.
Exorcismes spirituels IV. Essais. Chapitre Pour qui sonne le Bush ?
Les Belles Lettres, Paris, 2010 [quatrième tirage]. (Page 285. Muray répond à des questions de Peter COWELL.)
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CET AUTRE AVIS DE LÉON BLOY.
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"S’il y eut jamais quelque chose de déshonoré, de méprisé, de croupissant, de pollué et de défoncé, c’est assurément le journalisme contemporain. Les bourgeois eux-mêmes, ces pourceaux augustes, commencent à ne plus vouloir cette ordure pour leur dessert. Le talent qui n’a pourtant pas d’autre exutoire immédiat que ce cloaque du chantage et de la réclame est forcé de le traverser à la nage et s’y enlise neuf fois sur dix."
In
N°546.
Léon BLOY.
Propos d’un entrepreneur de démolitions (Éd. 1884). Fac simile de l’édition originale.
Tresse, Éditeur, Paris, 1884/Hachette Livre/BnF, SD [2017 ?] (Page 104.)
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ET ENFIN CELUI DE CHESTERTON.
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"[…]. Dans les quotidiens de plus gros tirage et de plus forte influence dans cette partie du monde, la responsabilité incombait à un gentleman connu sous un nom qui paraissait singulier à la population étrangère au journalisme, de HIBBS HOWEVER. Cet “However” avait été ajouté par plaisanterie à son nom en raison des précautions compliquées dont il accompagnait ses jugements publics ; de telle sorte que tout semblait dépendre des conjonctions “mais”, “cependant”, “quoique” et d’autres mots comme ce “pourtant”… À mesure qu’il gagnait plus d’argent (les directeurs et les propriétaires de journaux aiment ce style) et que ses vieux amis se faisaient plus rares (car les amis les plus généreux ressentent toujours une légère aigreur devant un succès qui n’a pas, lui, le parfum contagieux de la gloire) il se résolut de plus en plus à se faire valoir comme « diplomate » : comme homme qui dit toujours ce qu’il faut. Mais il n’était pas intellectuellement à l’abri de la némésis. À la fin, il devint tellement diplomate qu’il en sombrait dans des ténèbres incompréhensibles. Les gens qui le connaissaient n’avaient aucune peine à croire que ce qu’il avait dit était ce qu’il fallait, l’expression la plus délicate, celle qui sauverait la situation ; mais il leur était extrêmement difficile de découvrir ce que c’était. Dans sa jeunesse, il avait été très fort, sur l’un des pires trucs du journalisme moderne : celui d’écarter la partie essentielle d’une question et de s’attacher visiblement à l’accessoire. […]."
In
Gilbert Keith CHESTERTON.
L’auberge volante. Traduit de l’anglais et préfacé par Pierre BOUTANG.
Bibliothèque l’Âge d’homme, Lausanne, 1990. (Page 74.)
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COMMENTAIRES.
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Que Le Monde soit un journal malfaisant, contemporain, approximatif, partial et boboïque n’est plus à démontrer. La dernière preuve en date est relative à la manière dont il a rendu compte d’une pseudo-condamnation de la France dans l’affaire Baby-Loup, en omettant, par exemple, de dire que cette condamnation n’en est pas une (Cf. https://www.causeur.fr/baby-loup-richard-malka-comite-onu-154019 ), car ce comité Théodule onusien n’a aucune autre autorité que celle qu’il se donne, et, si mes souvenirs sont exacts, il est présidé par l’Arabie saoudite, un modèle de tolérance, en effet. Il a été malfaisant et malhonnête en tronquant la dépêche de l’AFP qui avait interrogé l’avocat de Baby-Loup, maître MALKA. Ces gens nous prennent pour des couillons.
Mais le parieur bénédictin ne s'arrête pas aux aspects superficiels et malfaisants du journalisme contemporain. Il s'efforce de trier les informations, il en recherche les sources, il lit beaucoup, notamment des philosophes et des penseurs, et il essaye de réfléchir et de confronter les nouvelles irréelles (au sens philosophique du terme) à la réalité et à sa propre expérience (On reviendra là-dessus sur qu'en dit Marcel DE CORTE).
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MES CHRONIQUES.
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CHRONIQUE DE LA CRISE DANS L’ÉGLISE.



CHRONIQUE DES CINGLÉS.


CHRONIQUE DES CHANCES POUR L’EUROPE ET DE CEUX QUI RESISTENT.

(Je reviendrai sur les raisons qui rendent prévisibles ces comportements. Il s’agit simplement de réfléchir un petit peu, avant de condamner en bloc.)


(En effet, je n’ai pas envie d’être étranger dans mon pays.)


CHRONIQUE DE LA MACRONIE.

(Cynisme à l’état pur du jeune homme qui nous sert de président !)

(Exeat Jupiter !)