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lundi 8 avril 2013

Sagesses antiques

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Il est un Livre de l'Ancien Testament dont je recommande vivement la lecture à ceux qui sont friands de connaître la sagesse des nations, j'ai nommé le livre des Proverbes. Il fourmille d'aphorismes ciselés comme des bijoux, de constats à valeurs universelles, de remarques ironiques, d'interrogations. En voici une qui mérite attention en ces périodes où l'on semble plus faire de différences entre l'homme et la femme :
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"Trois choses sont difficiles pour moi, et il y en a une quatrième que je ne comprends pas : le chemin de l'aigle dans le ciel, le chemin du serpent sur la pierre, le chemin du navire en pleine mer et le chemin de l'homme vers une jeune fille." (Pr 30, 18-19).
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Comme le note Jean-Louis SKA dans son livre L'Ancien Testament expliqué à ceux qui n'y comprennent rien ou presque (traduit de l'italien en français par Jean-Pierre PREVOST, Bayard, Paris 2012), nombre de ces proverbes ressemblent au kuan de la spiritualité zen. Les formulations en sont énigmatiques et elles visent à provoquer la réflexion (ce qui serait fort utile, dans le cadre du débat sur le mariage homosexuel ; monsieur MICHEL, monsieur BINET, madame BERTINOTTI, madame TAUBIRA feraient bien de les lire).
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Jean-Louis SKA commente ainsi le proverbe que je viens de vous citer : "Le proverbe cité plus haut parle de certaines 'choses mystérieuses', invisibles et qui ne laissent aucune trace : le chemin de l'aigle dans le ciel, le parcours du serpent sur le rocher, la route d'un navire sur la mer. Le quatrième et dernier élément du proverbe numérique [c'est le cas de ce proverbe] est habituellement d'une autre nature. Il parle lui aussi du 'chemin' (en hébreu : derekh), mais cette fois nous entrons dans un autre univers, qui est celui des relations entre un homme et une femme. La signification n'est pas évidente. Parle-t-on de l'attraction entre un homme et une femme ? De la séduction de l'amour ? De la procréation ? C'est difficile à dire. De toute façon, les poètes, les philosophes et les psychologues se sont occupés du sujet depuis des siècles. Le livre des Proverbes nous dit, en bref,  qu'il est aussi difficile d'expliquer ce qui se passe entre un homme et une femme que de suivre une trace dans l'air, sur un rocher ou dans la mer. Il atteint un maximum d'effets avec un minimum de moyens. Il y a beaucoup de sagesse dans la formulation, mais aussi non moins de poésie."
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Il me semble qu'il est très difficile de parler avec autant de profondeur de l'attraction des sexes. Elle est mystérieuse, et échappe à l'intrusion du juridique que l'on s'efforce d'introduire par cette loi inique que je combats depuis des semaines. Chose mystérieuse que l'amour d'une homme et d'une femme. Il mérite qu'on le respecte, qu'on l'entretienne, et non qu'on le dénature.
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Allez, encore une petite citation biblique :

"Que tu es belle ma bien aimée,
Que tu es belle !
Tes yeux sont des colombes.

Que tu  es beau, mon Bien-aimé (majuscule sic),
Combien délicieux !
Notre lit n'est que verdure."

Cantiques des cantiques 1, 15-16.
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Bonne journée à tous, à vous qui croyez à l'amour comme un don de soi, et non comme un grapillage de l'autre entraîné par le désir.
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lundi 4 octobre 2010

Sur l'argent et les riches

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Si vous avez lu mon billet d'hier, vous aurez bien noté que j'ai précisé ceci : qu'il soit de droite ou de gauche, l'argent est toujours trompeur. C'est ainsi que Jésus l'a qualifié. Malheureusement, les équivalences françaises du mot grec qui qualifie l'argent ne sont pas toujours précises ou fidèles et l'on trouve souvent comme traduction : l'argent d'iniquité. Mais, qu'il y ait ou non un bon usage de l'argent, il reste trompeur. Et Jésus loue l'intendant malhonnête qui -sachant qu'on allait le congédier - se fait des amis en remettant aux débiteurs de son maître une partie des dettes qu'ils ont contractées envers ce dernier, en nous demandant d'être aussi habile dans les choses du ciel que lui l'est dans celles de la terre.
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Il me semble que la clé d'un sain rapport à l'argent est donnée par ces versets du Livre des Proverbes (30, 5-9) : "Seigneur, je ne te demande que deux choses, ne me les refuse pas avant que je meure ! Eloigne de moi le mensonge et la fausseté, ne me donne ni la pauvreté ni la richesse : accorde-moi seulement de quoi subsister. Car dans l'abondance, je pourrais te renier en disant : 'Le seigneur n'existe pas'. Et dans la misère, je pourrais devenir un voleur, et profaner ainsi le nom de mon Dieu."
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L'argent n'a d'autres fonctions que de permettre à l'homme de vivre décemment : se nourrir, se vêtir, se loger, témoigner son amour à son conjoint, élever ses enfants convenablement, s'enrichir l'esprit, accueillir ses proches et ses amis. Il ne sert pas à accumuler des biens immenses dont on ne saurait que faire, dont on ne connait même pas la nature, dont on ne saurait même pas dresser la liste. Car on ne dort que dans un lit, et l'on ne se nourrit que trois fois pas jour, on ne regarde qu'un tableau à la fois, et on ne fait pas conversation avec un coffre-fort.
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L'Ancien et le Nouveau Testament ont des paroles terribles. C'est le prophète AMOS (6, 1a. et 4-7) qui crie aux riches du Royaume d'Israël (le Royaume du Nord) : "Malheur à ceux qui vivent bien tranquilles dans Jérusalem, et à ceux qui se croient en sécurité sur la montagne de Samarie. Couchés sur des lits d'ivoire, vautrés sur leurs divans, ils mangent les meilleurs agneaux du troupeau, les veaux les plus tendres, [...], il se frottent avec des parfums de luxe, mais ne se tourmentent guère du désastre d'Israël ! C'est pourquoi maintenant, ils vont être déportés, ils seront les premiers des déportés ; et la bande des vautrés n'existera plus." On ne saurait être plus net.
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Et puis il y a cette parabole du mauvais riche et du pauvre LAZARE qui aurait bien voulu manger les miettes qui tombaient de la table de cet homme. Mais on ne lui donnait rien, et seuls les chiens venaient lécher ses plaies. L'un et l'autre meurent. LAZARE repose près d'ABRAHAM, le mauvais riche brûle de soif dans les fournaises de la damnation. Il supplie ABRAHAM et LAZARE qu'ils viennent lui humecter les lèvres avec une goutte, une seule goutte d'eau (cf. Luc, 16, 18-31). Et ABRAHAM de lui répondre : "Mon enfant, rappelle-toi : Tu as reçu le bonheur pendant ta vie, et LAZARE le malheur. Maintenant, il trouve ici la consolation, et toi, c'est ton tour de souffrir. De plus, un grand abîme a été mis ENTRE VOUS [notez le pluriel, je vous prie, et comprenez qu'ils visent tous les mauvais riches] ET NOUS, pour que ceux qui voudraient aller vers vous ne le puissent pas, et que, de là-bas non plus, on ne vienne pas vers nous."
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La parabole est pleine d'enseignement : le mauvais riche est condamné non pas parce qu'il est riche, mais parce qu'il a refusé d'abandonner à LAZARE l'usage des miettes qui tombaient de sa table. Ses greniers sont remplis, mais son coeur est sec. Il a refusé de donner des miettes sur la terre, on lui refuse une goutte d'eau dans le ciel.
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Est riche, celui accumule sans autres finalités que d'accumuler et qui fait de l'argent trompeur son idole. En ce sens, Bill GATES qui est multimilliardaire mais distribue 80 % de ses revenus à des fondations charitables diverses n'est pas un mauvais riche. Il lui reste certes de quoi vivre dans le luxe. Mais il ne garde pas tout pour lui et il donne plus que des miettes. Tous les détenteurs des grandes fortunes n'en font pas autant. On pourrait multiplier les exemples de ces riches qui ont redistribué une partie de leurs biens. Les Princes de TOUR et TAXIS à RATISBONNE nourrissent quotidiennement 300 indigents. Des mécènes laissent aux Musées des collections d'objets d'art fabuleuses. Pour ce qui est des Arts asiatiques que je connais un peu, on peut citer les RIBOUD et leur éblouissante collection d'objets indiens légués au Musée GUIMET, Lionel JACOB et sa collection d'objets chinois, GRANDIDIER qui y a laissé 6.000 céramiques et porcelaines chinoises de toute beauté, Emile GUIMET bien sûr, et tant d'autres.
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Pour terminer, voici cette parole de saint Jean-Chrysostome (que j'ai tacitement opposé aux Cacostomes de tous poils dans un récent billet) encore appelé saint Jean-Bouche d'or (exacte traduction du mot grec chrysostome) : "Tout riche est voleur ou fils de voleur". Allons, messieurs du CAC 40, messieurs des banques, grands chevaliers d'industrie, ne voyez-vous pas que votre aveuglement, votre âpreté au gain, votre cupidité, minent sous vos pas le chemin que vous croyiez pavé de sécurité, de certitudes et de bien-être ?
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Je résume. Pour moi, il n'y a ni fric, ni pouvoir d'achat. Il y a l'argent trompeur qu'il s'agit d'utiliser avec discernement. Il n'est ni une finalité, ni une marchandise. Il n'est qu'un moyen. Mais il reste trompeur et il l'est pour les riches qui refusent de partager, et pour les moins riches qui en réclament toujours davantage. Quant aux pauvres, ils n'ont pas de voix pour se faire entendre. Car il n'y a pas de syndicats de pauvres.
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