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vendredi 29 juillet 2016

29 juillet 2016. Nouvelles de la Résistance : reprise des billets :

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Ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté !
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1. LA CITATION DU JOUR.

"À partir de ce moment-là je goûtai un ennui que je n’avais jamais éprouvé. À l’époque je n’en comprenais pas la raison ; ensuite il me sembla qu’il s’expliquait ainsi : si les propositions de quelqu’un rencontrent l’approbation, il sera encouragé à avancer, si elles rencontrent l’opposition, il sera encouragé à lutter, mais si ses cris, lancés parmi des inconnus, ne suscitent aucune réaction, dans un sens ou dans l’autre, il se retrouve impuissant au milieu d’une terre vaine infinie — quelle tristesse ! Alors, je donnai à ce que j’éprouvais le nom de solitude."
In
LǓ Xùn (caractères traditionnels : 魯 迅 ; caractères simplifiés : 鲁 迅)
Cris (呐 喊, Nà hǎn). Collections versions françaises. Traduction, annotation et postface de Sebastian VEG.
Éditions Rue d’Ulm/Presses de l’École normale supérieure, Paris, 2010.

2. COMMENTAIRES.

C’est bien parce que j’éprouvais un grand sentiment d’inutilité et – disons le mot – de solitude dans mes opinions que j’ai interrompu la publication quotidienne de mes billets. Il se trouve que plusieurs amis ou correspondants m’ont incité à poursuivre ces publications. Je ne garantis pas qu’elles seront quotidiennes, mais je garantis qu’elles ne feront aucune concession à l’esprit de démission et d’aveuglement qui semble avoir saisi jusqu’à la moelle le monde politique français. Et je les reprendrai donc à partir de demain. Je vous promet quelques surprises.

LU Xun est très grand écrivain chinois qui s'est investi Les événements du 11 mai 1919, avant de constater que l'esclavage imposé par le régime impérial avait fait place à un esclavage démocratique. J'aurai l'occasion de revenir sur ses écrits.



dimanche 23 août 2015

23 août 2015. Nouvelles estivales de la Résistance.

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Je hésite pas un seul instant, surtout en ce mois d'août où l'on promet de raser gratis demain, à crier très fort :

Ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté.
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1. La citation du jour.
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De Lu Xun (鲁迅), le fondateur d'une école moderne de littérature chinoise, membre influent du mouvement du 4 mai 1919, le premier paragraphe d'une très courte et poignante nouvelle, publiée en 1919 (quoique l'auteur, dans le recueil où il  regroupe plusieurs de ses textes, indique "juillet 1920") et intitulée Une petite affaire.

"Voilà qu'en un clin d'oeil six années ont passé depuis que j'ai quitté la campagne pour PEKIN. Pendant ce temps, j'ai fait l'expérience des prétendues grandes affaires, des affaires d'Etat - quand j'y repense, il y en a bon nombre ; cependant elles n'ont laissé aucune marque dans mon esprit, et si je devais retracer leur influence, je dirais qu'elles n'ont fait qu"aggraver mon mauvais caractère - en toute franchise, elles m'ont appris à mépriser les gens davantage de jour en jour."
In
LU Xun
Cris (呐喊, Nà hǎn).
Traduction, annotation et postface de Sébastian VEG.
Editions Rue d'Ulm, Paris, 2010.
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2. Commentaires.
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Afin qu'il n'y ait pas d'équivoque dans l'esprit de mes lecteurs, je ne partage pas l'idée qu'il est bon de mépriser ses semblables chaque jour davantage. Me situant sur un autre plan que le plan interpersonnel, mais considérant le champ politique que tout citoyen a le droit d'occuper, je me mets à la place de nombre de conseillers, appelés auprès du monarque puis rejetés par lui (par exemple Claude SERILLON, l'éphémère conseiller en communication de Normal Ier ou Arnaud MONTEBOURG, venu de sa BOURGOGNE pour rentrer dans le Gouvernement de Manuel VALLS dit Menton Pointu et expulsé sans ménagement pour cause de désaccord avec ce dernier, ou Aquilino MORELLE, le cireur de bottes qui par esprit de symétrie se faisaient cirer les siennes à grand prix ; je ne parle pas de madame TRIERWEILER, plus maltraitée qu'un mouchoir en papier, ni des nombreux chefs et directeurs de cabinet qu'a épuisés madame TAUBIRA). Que peuvent-ils penser des grandes affaires de l'Etat quand elles se réduisent à de si misérables combinaisons (qui parfois se transforment en casques de scooter) ?
Si ces affaires d'Etat prétendues immenses n'ont aux yeux du héros de LU Xun qu'une mince importance, c'est que l'intérêt de l'Etat ni est guère pris en compte, puisque seul est important dans leur traitement les réactions de l'opinion publique (en fait du corps électoral) et le pouvoir d'une caste.
La politique est l'art du possible et le possible n'est possible que s'il est en prise avec le réel.
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3. Informations diverses.
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A lire absolument sur le site des Nouvelles de France, l'article de Christian VANNESTE : La féria de MENARD.




mercredi 25 avril 2007

La lumière vient de l'Orient

Ex oriente lux ! La lumière vient de l'Orient ! Lu Xun, un écrivain chinois aujourd'hui adulé, mais qui fut largement persécuté par le régime communiste chinois (comme, du reste, par le Kuomintang) a laissé quelques belles oeuvres, et il est resté, jusqu'à sa mort, d'une intransigeante probité et d'une rare lucidité, teintée hélas d'amertume, vis-à-vis d'un régime qu'il jugeait totalitaire et tyrannique, bien qu'il eût, en sa jeunesse, de la sympathie pour le communisme.
Dans l'un de ses ouvrages, il dit : "Schopenhauer avait observé ceci : quand on veut évaluer la grandeur d'un homme, la méthode à suivre est inverse s'il s'agit de la stature morale ou de la taille physique. En ce qui concerne cette dernière, elle apparaît d'autant plus petite qu'on la regarde de plus loin, tandis que la première s'accroît en fonction de la distance.
Mais justement, comme le grand homme rapetisse [Lu Xun parle ici de la stature morale] quand on le regarde de près et qu'on voit plus clairement ses infirmités et ses verrues, il devient semblable à nous : ce n'est plus un dieu ni un phénomène miraculeux, ni un animal d'une espèce inconnue, c'est simplement un homme, rien de plus. Mais c'est précisément en cela qu'il est grand."
Voilà pourquoi beaucoup de journalistes, chroniqueurs, caricaturistes qui moquent le grand nez pointue de celle-la, la petite taille de celui-ci (auquel ils ajoutent en général un petite moustache sous-nasale, et une mêche sur le front), les bajoues d'un troisième, passent à côté de leur sujet quand ils essaient de nous faire croire que la taille physique est le reflet de la stature morale. Ils sont dans le royaume des apparences. Heureusement, il en est qui nous rendent les hommes politiques sympathiques et humains et non tombent pas dans cette manipulation digne de GOEBBELS. Poursuivons.
Lu Xun dit encore :
"Plutôt que de discuter les diverses façons d'atteindre le futur, il me semble que nous ferions mieux de donner la priorité au présent. Même si le présent est désespérément sombre, je n'ai nulle envie de le quitter.
Demain sera-t-il exempt de ténèbres ? On en reparlera demain ; en attendant, occupons-nous plutôt de transformer notre aujourd'hui."
Je tire ces citations de l'ouvrage ci-dessous mentionné :
Simon LEYS.
La forêt en feu. Essai sur la culture et la politique chinoises. Collection "Savoir".
Hermann, Paris, 1983.
Lu Xun est un adepte du réalisme philosophique. Il le sait bien : au nom des idées on a fait tuer, on a tué des millions d'êtres humains, surtout au vingtième siècle. La transformation de l'homme, l'avenir radieux, étaient paraît-il ce prix. Mais Lu Xun nous souffle à l'oreille que le mot chien n'a jamais mordu personne et qu'il faut se méfier des faiseurs-faiseuses de promesses qui semblent n'engager que ceux à qui elles s'adressent.
Voilà quelques sains principes susceptibles de guider notre choix le 6 mai prochain.
Politis-philippe
PS : Golfi, mon contradicteur, ne m'a pas répondu.