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samedi 28 octobre 2017

28 octobre 2017. Nouvelles de la Dissidence. Retour au réel ! Soumission de l'âme au vrai et au bien


Aujourd’hui, nous continuons avec Roberto de MATTEI, mais pour peu de temps encore.
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Rien n’est plus facile que de prêcher la vérité. Le miracle, c’est de la faire aimer !
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"Le retour au réel, dont l’humanité a tellement besoin, est soumission de l’intelligence au vrai et de la volonté au bien : soumission, en un mot, des opérations de l’âme aux lois de l’être, enracinement dans l’être de la personne et de sa nature."
In
Roberto de MATTEI.
La dictature du relativisme. (Collection "Riposte catholique")
Muller édition, Asnières-sur-Seine, 2011. (Page 78.)
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2. COMMENTAIRES.
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On ne dira jais assez que la crise de la civilisation dite occidentale est en fait une crise de la pensée. Quand le vrai et le bien ne sont pas tenus pour des nécessités de l’être, mais résultent de la définition qu’en donnent les lois et les comités Hippolyte et Théodule en un lieu et à un moment donné, il ne faut pas s’étonner des désordres qui secouent l’univers des hommes.
Si une pierre me tombe sur la tête et me fait une bosse et une plaie, je dis que cette pierre est dure et lourde et cette proposition est tenue pour vraie. Elle ne résulte pas de l’idée que je me fais du concept de dureté et de lourdeur, et la bosse ainsi que le sang qui coule sont là pour me ramener à la réalité extérieure. Et le concept de lourdeur et de dureté résulte de l’expérience. Il s’agit là d’un point capital que refuse les relativistes, les idéalistes, les matérialistes, les existentialistes et j'en passe.
Si un homme décapite un autre homme parce qu’il appartient à une autre religion que lui, le relativiste dira que c’est un détraqué, l’homme vrai dira qu’il est un criminel et qualifiera son acte d’horrible. Là est la différence entre le relativisme et le réalisme. Le réaliste dit qu’il y a un accord entre la pensée et les objets qu’elle pense, cet accord n’étant pas une représentation mentale, mais le résultat de la faculté de jugement, laquelle est étroitement articulée à la nature humaine et à la loi naturelle.
Tout le reste est de la littérature. Il est temps de le faire savoir.
Par ailleurs, on me dit que la présentation de ce Blog est, disons, austère. Si quelqu'un peut m'aider à en améliorer la présentation, je l'en remercie.
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3. REVUE DE PRESSE INSOLENTE.
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Le Pr FRYDMAN parle !

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Merci à nos bien-aimés frères orthodoxes.

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Imaginez qu’un imbécile décide d’ouvrir un bar réservé aux seuls blancs ?

Eh bien il y a des bars racistes, réservés aux seuls noirs ! Et ils nous traitent de racistes !

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Et elle nous fait des leçons de morale, la bobote de service !


Le choix du jour.

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Une conférence à ne pas rater !





mercredi 18 janvier 2017

18 janvier 2017. Nouvelles de la Résistance. La nation n'est pas la patrie.

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Ce n’est pas l’ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c’est la lâcheté !
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"[…]. La stupéfiante et heureuse inconscience épique du Français à se sentir de plain-pied avec l’universel accuse dans la psychologie nationale au moins deux traits expressifs. L’un demeure, pris que nous sommes dans un geste à la mesure du monde, l’incapacité nationaliste. Quoiqu’il nous tienne, pas de nationalisme français ou peu. Le nationalisme implique des frontières ; le Français a vécu cette distorsion de n’avoir que des frontières physiques. Citoyen du monde, dès lors ? Certes pas, mais le monde, une autre France. Ainsi l’absence fondamentale de nationalisme français peut-elle être interprétée soit comme une incapacité humorale, mentale ou doctrinale, soit au contraire comme un supernationalisme outrageant de superbe innocente. L’autre trait serait justement cette indifférence à l’étranger, qui est un faux-semblant de l’accueil, mais aussi en mode passif peut-être, une capacité de l’universel et de l’humain. Que ce pays soit très peu « raciste » avoue des fonds à la mesure de la terre entière et des hommes."
In
La France et les Français.
Michel FRANÇOIS (sous la direction de).
Alphonse DUPRONT
Du sentiment national.
Encyclopédie de la Pléiade.
Gallimard, Paris, 1972, p. 1450.
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2. COMMENTAIRES.
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Il me semble que ce constat, si fin et si nuancé résume une partie du débat politique actuel à propos de l’immigration et de l’accueil des migrants et réfugiés : il nous dit que la nation et la patrie, ce n'est pas la même chose. Et me semble aussi que selon que l’on penche pour une interprétation – celle de l’incapacité humorale ou mentale, défendue par les bobos et la gôôôche (c'est la nation) – ou pour une autre – le monde perçu comme une autre France (c'est la patrie, universelle certes, mais c'est la patrie) -, on a de la question de l’immigration une analyse et des solutions très différentes aux problèmes qu’elle soulève.
Les uns, pour faire vite, les bobos et la gôôôche, sont multiculturalistes par idéologie, ce que DUPRONT appelle l’incapacité humorale ou mentale, et que je crois essentiellement mentale (idéologique).
Les autres refusent toute autre solution à l’immigration que celle de l’assimilation à ce qu’ils considèrent comme le fond de la France.
Il faut bien comprendre que les deux tendances dérivent toutes les deux de cette arrogance des Lumières qui pensaient avoir résolu une fois pour toute la question de l’universalité en prétendant que ses analyses étaient les seules possibles. Ou bien on gobe et on accueille tout, ou bien on accueille tout à condition que ce tout soit comme une autre France.
On voit bien qu’aucune des deux solutions n’est la bonne, on l’on voit aussi que les deux découlent d’un jacobinisme mortifère, centralisateur, négateur des corps intermédiaires, des traditions, des coutumes, et des langues qui ne rentrent pas dans le moule centralisateur. On voit bien aussi que ça ne marche pas. C’est ce que WEINSTEIN appelle la négation de la subjectivité sociale.
Le mal français est cette tendance cartésienne à la généralisation, à l’abstraction, à l’incapacité de prendre en compte le réel.
Il est évident que l’on ne peut sans danger pour la cohésion de la patrie, laisser se développer des sociétés parallèles qui ne partagent ni la langue, ni la culture, ni les manières de vivre, ni des valeurs communes (qui ne sont pas proprement françaises comme on le croit, mais relèvent de la longue et chrétienne histoire de l’Europe). C’est pour cette raison, et cette seule raison, que le développement d’un islam radical et intégriste ne peut être accepté. Mais, et sans doute vais-je étonner, je ne vois pas pourquoi on interdirait l’étude de la langue arabe classique à ceux de nos compatriotes qui pratiquent cette langue depuis leur enfance. En revanche, on est en droit de leur demander de posséder parfaitement la langue de leur patrie et l’on doit exiger que, dans les mosquées, les prêches se fassent en français.
            Je raconte encore une fois cette histoire qui m’est arrivée lors d’une visite à l’Université de LAUSANNE. Un charmant collègue, francophone, et très connu dans le monde entier pour ses recherches sur des cellules particulières que l’on appelle les macrophages, me disait : « Vous, les Français, vous ne pouvez vous empêcher de penser à l’échelle du monde. Nous, nous pensons à celle de notre canton ». Cette histoire vraie résume et la grandeur et la faiblesse du génie français, car il faut beaucoup d’humilité pour proposer l’universel sans l’imposer, et modifier quand cela s’impose des vues que l’on croyait définitives.
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3. INFORMATIONS DIVERSES.
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Manuel VALLS giflé à LAMBALLE.

Je trouve cette agression inqualifiable et son auteur doit être sanctionné. Rien d’autre à rajouter sur cet épisode qui n’honore pas le jeune homme responsable de ce geste. Monsieur VALLS a raison de porter plainte.





vendredi 21 août 2015

21 août 2015. Nouvelles estivales de la Résistance. Former des adeptes plutôt que des penseurs !

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Je vais changer (un peu) notre devise :

C'est la lâcheté qui nous empêche de devenir vrai, sachez-le ! 

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1. La citation du jour.
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A destination de tous ceux qui se croient plus malins et libres, cette réflexion sur le  sens réel du travail des loges maçonniques.

"Et le terme, je ne dis pas l’objet, de ce travail passif [celui des Loges], est une destruction. Il consiste en somme à éliminer, à réduire. La pensée qui s’y soumet perd le souci d’abord, puis peu à peu le sens, la notion du réel ; et c’est justement à cette perte qu’elle doit d’être libre. Elle ne gagne en liberté, en ordre, en clarté, que ce qu’elle perd de son contenu réel, de sa prise sur l’être. Elle n’est pas plus forte, elle porte moins : fait capital que cette orientation de la pensée vers le vide ; et les frères ont raison de parler de régénération, d’ère nouvelle. La raison ne cherchait alors la liberté que par-delà un effort de conquête, une lutte avec le réel, tout un déploiement de sciences et de systèmes. Le travail social passe de l’attaque à la défense : pour affranchir la pensée, il l’isole du monde et de la vie, au lieu de les lui soumettre ; il élimine le réel dans l’esprit, au lieu de réduire l’inintelligible dans l’objet ; forme des « philosophes » au lieu de produire des philosophies. C’est un exercice de pensée dont le but apparent est la recherche de la vérité, mais dont l’intérêt réel est la formation de l’adepte."

In
Augustin COCHIN.
Les sociétés de pensée et la démocratie moderne.

Librairie Plon, Les Petits-fils de Plon et Nourrit, Imprimeurs-Éditeurs, Paris, 1921.

(Bien tendu, je possède ce livre et l'ai lu en entier ! Un régal !)
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2. Commentaires.
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Monsieur HOLLANDE a déclaré que les impôts vont baisser, que la croissance est repartie, que la sécurité est assurée et tout et tout. Incantations, déni de la réalité !
Madame la carnassière Najat VALAUD-BELKACEM déclare que sa réforme est un succès, sans compter la réforme des rythmes scolaires mise en place par son prédécesseur (au mépris de la loi de Séparation qui prévoyait une journée entière pour l'instruction religieuse des enfants ; ce fut le jeudi, puis ce fut le mercredi.) Les enseignants sont vent debout comme les parents. Mais madame la carnassière incante et vaticine.
Monsieur CAZENEUVE fait ce qu'il peut mais peut peu devant les dizaines de milliers de migrants qui sont rentrés illégalement et clandestinement sur notre sol. Il ne voit pas la réalité du problème que posent ces populations. Et il continue de traiter de raciste et de xénophobes ceux des Français qui ont à subir les violences, les nuisances et les agressions de ces clandestins perdus.
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3. Informations diverses.
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Du site Aleteia, cette information et une photo (infovaticatana).

"Un violent incendie s'est déclaré en juillet sur une base militaire proche de Madrid. Une grande partie de la végétation est partie en fumée, mais la statue de la Sainte Vierge a été épargnée. Les événements se sont déroulés sur la base militaire El Goloso, située à proximité de la capitale espagnole, siège de la Brigade d'infanterie blindée "Guadarrama". Selon plusieurs sites d'information espagnols, tels Infovaticana et Religión en Libertad, un incendie impossible à maîtriser s'est déclaré, calcinant une bonne partie de la végétation alentour.

Mais, une fois les flammes éteintes, quelle ne fut pas la surprise des militaires quand, au cœur de la surface carbonisée, se dressait, intacte, une statue de Notre-Dame de Lourdes ! La surprise fut encore plus grande lorsque les militaires virent que le gazon près de la statue n'avait pas non plus été touché par les flammes et que celle-ci était même encore entourée de vases garnis de fleurs, également intacts, comme si les flammes avaient respecté l'espace autour de la statue. L'incendie a eu lieu le 30 juillet dernier, en plein pendant la vague de chaleur qui s'abattait alors sur l'Espagne. Les militaires n'ont pas pu expliquer le fait que la statue n'ait subi aucun dégât et que les fleurs n'aient même pas été noircies ou défraîchies ne serait-ce que par la chaleur. L'histoire s'est rapidement répandue sur les réseaux sociaux, certains soupçonnant une supercherie. Mais, dans ses conclusions, l'enquête a dissipé l'ensemble des doutes possibles. Sur les photos, on peut facilement constater que la terre est entièrement brûlée, sauf à proximité de la statue."


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lundi 10 juin 2013

L'adolescent, une proie facile pour les agitateurs..., deuxième billet du 10 juin 2013

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De Marcel DE CORTE dans L'intelligence en péril de mort (Collection du Club de la Culture française, Paris, 1969), ce constat sur la manipulation des adolescents par les agitateurs, manipulation dont nous voyons aujourd'hui les fleurs vénéneuses s'épanouir et finalement tuer de leurs exhalaisons empoisonnées (en rouge mes remarques) :
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[...] l'adolescent qui se sépare du monde social de l'enfance et accède au monde social de l'homme est une proie facile pour l'agitateur ou pour l'informateur qui profite de l'inévitable moment de prise de conscience qu'engendrent les perturbations provoquées par ce passage. On maintient l'adolescent dans ce repliement sur soi-même et dans cette prise de conscience de cette privation [DE CORTE fait allusion à la privation du lien avec les autres, à la rupture du lien social, lié à l'individualisme idéaliste] pour introduire en son âme des maux imaginaires et des remèdes imaginaires dont il est incapable, faute d'expérience et de maturité, de reconnaître l'efficace [Les Veilleurs justement nous invitent à cette prise de distance critique, à ce retour au réel, à cette communion entre les hommes]. Tout l'art de l'information est d'enfermer l'être humain dans sa crise de puberté jusqu'à sa mort et le doper de "chimères". Le citoyen des démocraties modernes est particulièrement exposé à la réclusion définitive : séparé des "communautés" naturelles, il tente en vain de s'insérer dans une "société nouvelle" dont l'édification est sans cesse reportée vers l'avenir. La démocratie  ["moderne" sous-entendu par le contexte de tout le chapitre] est une crise de puberté politique perpétuée.
 
C'est en incitant le moi à s'éloigner davantage des autres et à s'isoler collectivement dans une juxtaposition pure et simple avec ceux qui sont dans la même situation que lui, comme le grain de sable à côté du grain de sable, que la prise de conscience s'effectue le plus commodément. Le moi et ses émules souffrent de cette séparation. Ils ne tardent pas à en prendre une conscience plus ou moins nette. On en profite alors pour assigner à cette prise de conscience un objet imaginaire : "La cause de tous vos maux c'est autrui. Ce sont les autres qui vous font souffrir. Ce sont tous ceux qui ne sont pas comme vous. Opposez-vous à eux. Luttez contre eux. Eliminez-les de la vie politique et sociale, voire de la vie tout court [Ô Hitler, Ô Staline, Mao, Lénine, Pol Pot, Castro, Khadafi, et j'en passe !]. Ainsi délivré de vos maux, vous constituerez avec vos semblables une société désormais paisible, une collectivité sans fissure, une communauté exempte de toute  tribulation et de toute infirmité." "
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Rien n'est plus pertinent que cette analyse acérée. Clément MERIC est mort pour avoir cru à ces mensonges, en toute bonne foi et c'est ce qui rend cette mort encore plus tragique. Demain je poursuivrai la publication d'un paragraphe très éclairant de cet auteur. Mais retenons que nombre des slogans, des concepts, des idées véhiculés par les médias n'existe que dans l'imagination de leurs pauvres créateurs.

dimanche 9 juin 2013

La sainte avait raison... , deuxième billet du 9 juin 2013

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Qui ne se souvient de la blague que nous racontaient nos professeurs de littérature ? Ils nous parlaient de l'art de la critique littéraire, et parfois nous citait SAINTE-BEUVE. Pour détendre l'atmosphère, ils évoquaient  la dissertation d'un cancre sur une opinion du critique, un cancre qui avait conclu son poulet squelettique par cette mention laconique, en quoi tenait tout son discours :  "Conclusion, la sainte avait raison".
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Voilà un petit passage qui doit faire réfléchir et que l'on doit à celui que PROUST a condamné sans appel, à cet homme que des étudiants ont contraint à la démission de sa chaire du Collège de France au motif qu'il s'était rallié à l'Empire. (L'intrusion de la gauche politique dans la vie de l'esprit a de lointaines racines... )
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"DESCARTES a tué la philosophie de l'école, mais il a établi la philosophie de cabinet, non celle de la vie... L'homme qu'il décrit est l'homme de cabinet, celui qu'on trouve et qu'on se forme (fingere) en réfléchissant tout un hiver enfermé dans un poêle (je suppose que SAINTE-BEUVE fait ici référence à un passage des Essais dans lequel MONTAIGNE dit en effet "Un jour, alors que je cogitais en mon poêle", c'est à dire "dans ma chambre") et qu'aussi les moderne néo-cartésiens ont cru trouver plus ou moins du fond de leur fauteuil psychologique. Dans l'étude de l'anatomie, quand on en est aux fibres déliées du cerveau, il faut prendre garde de créer avec l'instrument de dissection l'apparence de l'organe qu'on donne ensuite comme réelle et comme trouvée. Ainsi, dans l'anatomie psychologique, on crée souvent avec la pointe de l'esprit, la division qu'on s'imagine au même moment observer. L'esprit humain, a-t-on dit, a la merveilleuse faculté de tourner sa lunette partout où il lui plaît, et de s'y créer des mondes. Mais que cela est plus facile quand la lunette se tourne uniquement du dedans."
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Je dois dire que ce passage est particulièrement pertinent pour le biologiste que j'ai été dans une vie passée. C'est précisément en refusant de considérer que le motoneurone avait une existence isolée, déconnectée de sa cible, le muscle, que nous avons démontré, dans le laboratoire que j'ai eu l'honneur de diriger, l'origine musculaire de l'amyotrophie spinale infantile. Voilà qui nous a valu bien des railleries lorsque nous avons avancé cette conclusion, publiée en 1996 dans le prestigieux journal Lancet, mais elle est aujourd'hui universellement admise et confirmée par des voies expérimentales différentes de celles que nous avions utilisées. On peut toujours avancer que l'homme peut choisir son genre, s'auto-construire, échapper à ses déterminations, voire être arraché à elles par les vertus incantatoires et quelque peu totalitaires de ce bon monsieur PEILLON. C'est tout simplement faux. Et tout ce qui est faux dans l'ordre de l'esprit déconnecté du réel est condamné à périr. L'homme a un père, une mère, une langue, habite un pays donné ; il ne peut en être séparé sauf à être réduit à une idée de cabinet... La perspective idéaliste des socialistes les conduit à ne pas comprendre l'homme ; en revanche, elle leur permet de s'emparer du pouvoir avec facilité. Le réel, en effet, est ce qui nous résiste. L'imaginé, l'idéalisé ne nous résiste guère, et même, il nous enchante.
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Je conclus donc : la sainte a vraiment raison.

dimanche 29 juillet 2012

La faillite de la pensée, le triomphe de l'inculture

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STRASBOURG, début des années 2000. L'Institut pour la Promotion du Lien Social - j'en suis alors le Président - lance une grande enquête sur la prise en charge des collégiens en difficulté. L'un de nos enquêteurs reçoit la confidence d'un professeur d'histoire et géographie qui enseigne dans un Collège du quartier de HAUTEPIERRE : "Savez-vous, dit-il, ce qu'un jeune m'a dit alors que j'essayais de transmettre à mes élèves un petit savoir sur la géographie ? Le savez-vous ?  : 'Vous pouvez raconter tout ce que vous voulez, on s'en fout' (sic). Et je ne vous dis pas encore que sur une heure de cours, je passe une demi-heure à faire la police". Notre enquêteur ajoutait qu'il avait perçu une grande détresse psychique chez cet homme qui croyait à son métier et découvrait qu'on en rendait l'exercice impossible .
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Je me suis efforcer de comprendre les raisons d'un tel fossé entre l'ambition affichée par les Ministres successifs de l'Education soi-disant et prétendue nationale, depuis Jules FERRY, et la réalité du terrain. A l'époque, j'ai moi-même interrogé plus de 30 personnes (CPE, Principaux, Assistantes Sociales, Infirmières, Professeurs Principaux, Responsables de SEGPA, etc.) et il me semble avoir trouvé un début de réponse dans la philosophie politique et l'idéologie qui imprègnent notre mentalité collective. Et je me demande si la formulation la plus percutante de cette réponse n'est pas apportée par notre grande Simone WEIL. Je vous la livre, avec beaucoup d'émotion, car je porte à cette philosophe une très grande admiration et une immense affection ; j'ai moi-même été enseignant, et j'ai passionnément aimé ce "métier" :
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"On croit couramment qu’un petit paysan d’aujourd’hui, élève de l’école primaire, en sait plus que PYTHAGORE, parce qu’il répète docilement que la terre tourne autour du soleil. Mais en fait, il ne regarde plus les étoiles. Ce soleil dont on lui parle en classe n’a pour lui aucun rapport avec le soleil qu’il voit.

Ce qu’on appelle aujourd’hui “instruire les masses”, c’est prendre cette culture moderne, élaborée dans un milieu tellement fermé, tellement taré, tellement indifférent à la vérité, en ôter tout ce qu’elle peut encore contenir d’or pur, opération qu’on nomme vulgarisation, et enfourner le résidu tel quel dans la mémoire des malheureux qui désirent apprendre, comme on donne la béquée à des oiseaux. " (In L’enracinement, 1943.)
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Tout y est : la critique du relativisme, l'effacement de l'expérience et du réel, le culte de l'abstraction, l'idolâtrie du social et du collectif. Et nous continuons dans cette voie-là, parce que quelques énarques, quelques soi-disant spécialistes de la pédagogie, quelques imbéciles (au sens de BERNANOS) croient détenir LA VERITE dont par ailleurs ils ne cessent de contester l'existence...
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"Misère de l'homme sans Dieu", disait PASCAL. C'est bien vrai.

mardi 6 décembre 2011

Inépuisable richesse de Gustave

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Que voulez-vous, on en se défait pas facilement de l'amitié et de l'admiration que l'on porte à un homme de l'envergure de Gustave THIBON. A ceux qui méprisent le Président de la République et qui POUR CETTE RAISON, ne pensent pas pouvoir lui apporter son suffrage, je voudrais rappeler ce que dit notre vigneron-philosophe. Et puis ça peut donner des idées aux imbéciles bernanosiens de  gôôôôche, qui lorsque on leur montre du doigt la lune regardent le doigt.
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"Pourquoi faudrait-il accepter de se ranger politiquement aux côtés d'un homme qu'on méprise ? - La réponse est simple : parce que cet homme a une conception saine des besoins de la Cité - Comme il serait plus facile de suivre les traces de l'apôtre, même à travers les nuées ! Canailles, ambitieux, menteurs, mes alliés ? - Peu importe au fond, une seule question se pose : combattent-ils, oui ou non (tout en poursuivant égoïstement leur bien propre), en faveur d'institutions adaptées aux nécessités humaines, de formations sociales qui favorisent, chez l'homme tel qu'il est, l'épanouissement du coeur et de l'esprit ? Les bonnes réformes ne sont pas nécessairement amenées par les hommes bons, et les hommes bons peuvent par utopie, n'amener que désordre et décadence... 'Au soir de cette vie, vous serez jugés sur l'amour' (saint Jean de la Croix) : ceci ne s'applique pas en politique. En politique, il importe plus de savoir que d'aimer. Une étincelle d'amour sur une broussaille d'ignorances : n'est-ce pas ainsi que s'allument la plupart des incendies sociaux."
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Méditez, messieurs les Mondistes, messieurs les Marianistes Johanno-francisco-kahniens et autres Libérationistes, méditez aussi cela messieurs et mesdames de l'opposition triomphante, arrogante, et déjà vaincue par l'évidence, méditez cela. Quant à ceux de mes concitoyens qui regardent le doigt plutôt que la lune, qu'ils réfléchissent à deux fois avant d'apporter leur suffrage à des marchands de vents et d'illusions, fûssent-ils de la meilleure foi du monde. Car le réel a ceci de terrible, c'est qu'il se venge et que sa vengeance est impitoyable, surtout vis-à-vis des naïfs.
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dimanche 20 février 2011

Qu'un blog est un chantier immense

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En ouvrant ce Blog, je ne pensais pas me lancer dans un chantier de cette envergure. La recherche de la vérité est un travail ardu, harassant, et dont le succès est des plus aléatoires. Mais, tandis que dans quelques jours je produirait le 1.000e billet, je me rends compte de la grande richesse des échanges que quelques uns de mes lecteurs ont bien voulu entretenir avec moi. Je les en remercie. Et je voudrais tirer, avec eux, et pour moi autant que pour eux, quelques enseignements.
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D'abord il y a billet et billet. Et il est très important de faire la distinction entre un billet d'humeur, expression passagère et superficielle d'émotions et de jugements plus ou moins fondés, plus ou moins argumentés, plus ou moins documentés et un billet plus "philosophique", plus "pensé". Ma foi, je crois que ça relève de genres littéraires très différents. Il est très certain que du temps où je moquais la gôôôôche, je produisais beaucoup de ces billets d'humeur, quelquefois injustes ou méprisants ; et si aujourd'hui j'essaye d'être plus objectif, je reste quand même très critique vis-à-vis des idéologies, et je vais essayer d'expliquer pourquoi.
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Le but de l'action politique - combien de fois l'ai-je dit ? - est de conduire les hommes et les femmes dont on a la responsabilité vers la fin qui leur est due. Il apparaît impossible de réduire l'homme à sa seule dimension politique ou économique. Or c'est bien ainsi que les responsables politiques en général et français en particulier, conçoivent leur tâche : économique et politique. En méconnaissant tout un pan de la nature humaine, ils ne peuvent que se tromper. Car, disait - je cite de mémoire ce bon BACHELARD - "l'homme est un être de désir et non de nécessité". Et je suis bien obligé de constater que telle est la conception de beaucoup d'hommes politiques de l'opposition. J'ai dit "beaucoup", pas "tous". Mais je repère le même défaut chez beaucoup d'hommes politiques de la majorité.
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Pour évacuer le problème, certains penseurs contemporains avancent qu'il n'y a pas de différence de nature entre l'homme et l'animal, à peine une différence de degré. La tour est joué. Si c'est le cas, en effet, il n'y a pas lieu de s'occuper de tout ce qui touche au symbole, au sens, à l'esprit, ni même à la réalité que l'on peut concevoir ou faire émerger dans sa tête seulement, sans tenir compte de la dureté de la pierre, du souffle puissant des éléments, des errements de la nature, des grondements de la terre, de la pression insupportables que les autres exercent sur nous en empiétant sur ce que nous considérons être notre espace vital ou de notre bulle de confort, dont le diamètre ne cesse de croître avec notre richesse individuelle et collective. Mais il est loisible de constater que jamais nous n'avons été aussi riches, et jamais aussi anxieux, grincheux, teigneux, revendicatifs.
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Quelle est donc la fin qui est due à l'homme ? Est-elle purement matérielle ? S'agit-il d'augmenter indéfiniment son pouvoir d'achat, sa consommation, la satisfaction de ses désirs de PLAISIRS ? S'agit-il de confondre PLAISIR et BONHEUR ? Si la réponse est oui, alors nous avons la société que nous méritons. Si tel n'est pas le cas, qu'est-ce que le BONHEUR ? J'avais il y a encore quelques mois des réponses toute faites et idéologiques à cette question. En rentrant de plus en plus profondément dans l'échange avec vous, je me suis rendu compte que je devais de plus en plus mettre en accord ma vie avec ce à quoi et Celui en qui je crois, que vos objections, vigoureuses ou courtoises, devaient être prises comme l'expression d'une expérience personnelle, que parler est toujours exprimer une parcelle de vérité, une sorte de pépite rare qu'il convient de dégager de la gangue des mots dans laquelle elle est enlisée. Et que ma propre parole est elle-même prise dans cette gangue. La seule chose que je puisse affirmer à propos de celle-ci est que je m'efforce d'être le plus près possible de ma propre pensée, le plus sincère possible ; et cela me semble être l'antichambre qui conduit à la pièce où dort la vérité dans l'attente. Et me revient sans cesse la question : Qui nous fera voir le bonheur ?
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Oui, la méthode du questionnement me paraît plus riche, plus ouverte, plus féconde que celle de l'assènement. Je persiste à croire qu'il est possible d'atteindre à la vérité, c'est-à-dire de percevoir et exprimer le réel COMME IL EST. Mais je crois qu'il faut être à plusieurs pour y parvenir. Et je préfère le dialogue à l'anathème.
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Il est une autre leçon que je me donne à moi-même : c'est la leçon de la cohérence. Je reviendrai sur ce point. J'espère ne pas vous avoir lassé. Et je sais que j'ai en suspens trois billets : l'un sur AUSTIN (et le statut performatif de la parole : dire c'est faire), sur le calendrier bizarre mis à la disposition de ses adhérents et adhérents potentiels par un syndicat, et enfin sur la cohérence.
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Passez un bon dimanche
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mardi 8 septembre 2009

Le réel nous résiste

Je répondrai plus en détail à la contribution-commentaire de Fourmi sur PICASSO. Mais, puisqu'elle m'y invite, je vais développer la notion : "le réel est ce qui nous résiste".
Quand je veux planter un clou dans un mur, il me faut prendre un marteau. Car le mur résiste au clou, et il ne suffit pas que je claque dans les doigts pour parvenir à mes fins. Le mur et le clou sont des objets réels qui ne se laissent pas manipuler sans effort. Si je ne mets pas d'essence dans le réservoir de ma voiture, elle finira par s'arrêter. Car, réellement, elle a besoin de carburant pour avancer. Montons d'un cran. Un homme aime une femme qui ne lui rend pas son amour. Le réel est bien là qui la fait résister aux avances de cet homme. Et un peintre ? Où est le réel du peintre ? Tant que le peintre a eu pour souci de rendre au mieux ce qu'il voyait (nature morte) ou imaginait (scènes mythologiques ou religieuses), il s'est efforcé de rendre sur la toile les couleurs, les contours, l'atmosphère de son "sujet" (mot banni aujourd'hui). Et c'est pourquoi il nous est possible de repérer, grâce à l'analyse aux rayons X, les tableaux des anciens maîtres, les retouches et les repentirs des grands maîtres. Le réel des formes, des couleurs, de l'atmosphère leur résistait et, hormis quelques génies, il est rare qu'ils aient peint d'un premier jet. Ils s'efforçaient de rendre la réalité sublimée par leur talent.
Quand PICASSO torture les visages féminins, il n'est pas dans le réel. Car ces visages ne lui résistent en aucune manière. Il est vrai - je l'ai vérifié dans le film de CLOUZOT - qu'il a été un champion des repentirs picturaux. Mais qu'est-ce qui lui résistait alors ?
Alors je vais terminer par une citation de Marcel DE CORTE (L'intelligence en péril de mort ; chapitre 1 ; les Intellectuels et l'Utopie)
"Du XVIIIe siècle jusqu'à nos jours, le régime le plus général sous lequel a vécu et vit encore, si l'on peut dire, l'humanité, est la dictature de l'intelligence telle qu'elle est devenue depuis qu'elle est monopolisée par les intellectuels développés, sous-développés ou en voie de développement. Il n'est pas d'époque de l'histoire où l'humanité ait délibérément reconnu aux "lettrés" ce redoutable et exorbitant privilège de la conduire vers un nouveau paradis terrestre, des lendemains qui chantent, un point Oméga, une fraternité planétaire, un communisme universel, une démocratie mondiale, une fusion oecuménique de tous les théismes, athéismes, monothéismes et polythéismes, bref vers l'utopie."
Eh bien moi je résiste à ces tentatives totalitaires de contrôle par quelques têtes d'oeuf, et si j'utilise mon intelligence, c'est d'abord pour explorer un réel qui ne me doit rien pour exister, et devant lequel je m'incline avec le plus d'humilité possible.

mercredi 15 avril 2009

Le réel, l'idéel et le virtuel

Il y a trois manières d'envisager les problèmes de l'existence, et parmi eux, les problèmes politiques : en tenant compte du réel, en voulant l'idéel, en rêvant le virtuel. Il est très vraisemblable que les solutions qui font sens à ces problèmes tiennent compte de ces trois aspects. Elles deviennent alors des solutions idéales. L'erreur vient toujours de la négligence que l'on manifeste pour l'un d'eux.
Le réel est ce qui nous résiste. A cet égard, en matière sociale, le réel c'est tout aussi bien les manifestations des uns que les propositions de loi des autres. Des deux côtés s'expriment les résistances, et il faut bien en tenir compte. La grande erreur des marxistes est de penser qu'il suffit de créer des "rapports de force", comme ils disent, pour emporter la victoire. La grande erreur des réalistes est d'ignorer que l'homme n'est pas un être de nécessité mais un être de désir, comme le disait BACHELARD.
L'idéel est ce qui nourrit l'idéologie et l'esprit de système. Que de l'observation des faits l'on tire des interprétations et des généralisations propices à nourrir l'action, est tout à fait normal. Mais que l'on veuille à toute force faire rentrer les faits dans des systèmes d'idées préconçues est faux. La grande erreur des socialistes (de certains, plus exactement), est d'ignorer le réel, et de croire (car c'est une croyance) qu'il suffit d'avoir un système d'idées préconçues et de l'appliquer, pour voir se résoudre toutes les difficultés, notamment sociales. Mais le réel se venge. Il résiste, on l'a dit. Et l'idéologie érigée en système de gouvernement est vouée à l'échec. Il est impossible d'appliquer démocratiquement un système imaginé par tel ou tel idéologue, sans voir aussitôt les individus et les groupes réagir pour en contourner les aspects les plus rugueux. Le système, donc, n'est applicable que par la contrainte, et même la contrainte policière. La Chine, Cuba, la Corée du Nord sont d'excellents exemples de l'idéel porté à son paroxysme, et déconnecté de tout réel.
Le virtuel, hélas, est rentré dans la vie, par le moyen des jeux vidéos, des films ou de la littérature de science fiction. Comme les concepteurs de virtuel sont de très fins psychologues, ils parviennent à rendre les adolescents dépendants de mondes qui n'ont pas la moindre chance de jamais voir le jour. Le virtuel, c'est le rêve éveillé. Faut-il pour autant négliger la part de rêve dans les projets personnels ou politiques ? Certes pas, à une condition, c'est de savoir qu'il s'agit d'un moteur pour l'action, mais non d'une fin en soi. Car la vie nous apprend à en rabattre. Martin Luther KING le disait : "I had a dream" ; j'ai fait un rêve. Il n'a pas eu le temps de vivre assez longtemps pour le voir se réaliser en partie. Car il y a des rêve qui ne sont pas fous. Tout le problème est dans le discernement.

lundi 9 juin 2008

L'entendement et la volonté

Immense PASCAL que son génie même a fait enfermer par les médiocres puissants du siècle présent, dans les oubliettes de la ringardise ! Mais il ne suffit que de le lire pour être convaincu de la justesse de ses pensées. En voilà une qui explique la différence entre entendement et volonté, entre réalisme et idéalisme, entre vérité et système.
Personne n'ignore qu'il y a deux entrées par où les opinions s'insinuent dans l'âme, qui sont ces deux principales puissances : l'entendement et la volonté. La plus naturelle est celle de l'entendement ; car on ne devrait jamais consentir qu'aux vérités démontrées : mais la plus ordinaire, quoique contre la nature, est celle de la volonté ; car tout ce qu'il y a d'hommes, sont presque toujours emportés à croire, non pas par la preuve, mais par l'agrément. Cette voie est basse, indigne et étrangère : aussi tout le monde la désavoue. Chacun fait profession de ne croire, et même de n'aimer que ce qu'il sait le mériter.[...) Ces puissances ont chacune leurs principes et les premiers moteurs de leurs actions.
Ceux de l'esprit sont des vérités naturelles et connues à tout le monde, comme le tout est plus grand que sa partie, outre plusieurs axiomes particuliers, que les uns reçoivent, et non pas d'autres ; mais qui, dès qu'ils sont admis, sont aussi puissants, quoique faux, pour emporter la croyance, que les plus véritables.
Le propre des idéologies actuelles qui toutes portent un nom se terminant en ISME est de feindre, ou de convaincre, qu'elles sont fondées sur l'entendement alors qu'elles le sont sur la volonté (puissance qui nous fait agir), et d'admettre comme des axiomes évidents, des intuitions ou des idées dont la seule justification est de s'accorder à la volonté, entendue comme puissance d'action en vue de la satisfaction d'un désir.
Ceux de la volonté sont de certains désirs naturels et communs à tous les hommes, comme le désir d'être heureux, que personne ne peut ne pas avoir, outre plusieurs objets particuliers que chacun suit pour y arriver et qui ayant la force de nous plaire, sont aussi forts, quoique pernicieux en effet, pour faire agir la volonté, que s'ils faisaient son véritable bonheur.[...] Les principes du plaisir se sont pas fermes et stables. Ils sont divers en tous les hommes, et variables en chaque particulier, avec une telle diversité, qu'il n'y a point d'homme plus différent d'un autre que soi-même, dans les divers temps.
PASCAL expliquera dans la suite de ce texte, en un paragraphe consacré à L'Art de persuader (qui, dit-il, n'est proprement que la conduites des preuves méthodiques et parfaites) que la persuasion passe par trois parties essentielles : expliquer les termes dont on doit se servir, par des définitions claires ; proposer des axiomes ou principes évidents, pour prouver les choses dont il s'agit ; substituer toujours mentalement dans la démonstration, les définitions à la place des définis.
Le propre des idéologies actuelles est d'utiliser des mots entendus différemment par les interlocuteurs politiques, économiques, par les acteurs sociaux, en faisant semblant de croire qu'ils s'accordent tous sur leurs définitions : ainsi en est-il du mot LIBÉRALISME, ou du mot SOCIALISME (il serait malhonnête de ne pas souligner les erreurs, insinuations infondées, imputations irresponsables que font les ennemis de ce système. Mais l'un des grands problèmes du socialisme, et des socialistes est qu'ils entendent bien des choses différentes derrière ce mot. ils l'utilisent cependant, tous, sans ignorer la duperie et en écartant ainsi les problèmes de fond. L'une des grands contradiction du libéralisme et des libéraux est de confondre liberté d'entreprendre et liberté de ruiner les pauvres ou les faibles par la spéculation financière).
Dans ce texte extraordinaire, PASCAL a pressenti HABERMAS et René GIRARD, et l'on peut dire qu'il a précédé DESCARTES sans tomber dans l'idéalisme ou le rationalisme. Il substitue à la raison cartésienne, le raisonnement méthodique. C'est mieux.
Dans l'état où se trouve notre patrie, ne se trouvera-t-il point d'hommes pour admettre ces vérités si simples énoncées dans les trois principes de l'Art de persuader ? Faudra-t-il que le goût du pouvoir passe avant celui du bien commun, que le service de ses idées, passe avant la soumission à l'évidence ?

mardi 6 mai 2008

Enfin lucide ?

Dans une interview accordée à Direct matin, Manuel VALLS, député-maire d'EVRY, secoue courageusement le cocotier : Le mot 'socialiste' ne veut plus dire grand-chose ose-t-il dire. Passons sur les quelques erreurs historiques dans ses réponses à la première question. Il prétend que les conquêtes sociales réalisées par le mouvement ouvrier l'ont été quand la gauche a gouverné. J'ai déjà eu l'occasion de dire (a) que c'est la loi LE CHAPELIER, votée à la Révolution, qui en supprimant les corporations a jeté les salariés dans l'esclavage des grands bourgeois enrichis par l'accaparement des biens nationaux (regardez mes billets) - il a fallu attendre la fin du XIXe siècle pour voir le droit de grève rétabli et les syndicats autorisés ; (b) que les principales conquêtes sociales (abolies à la Révolution, alors qu'elles avaient été établies ici et là par les évêques dans leurs diocèses) (voir mes billets) ont été rétablis en partie à l'initiative de quelques aristocrates catholiques (voir mes billets). Je mets monsieur VALLS au défi de me prouver le contraire. Les gouvernements de gauche ont rajouté à ces conquêtes, c'est indéniable, et personne ne conteste que ce fut des conquêtes. Mais avec le secours de Gustave THIBON, nous verrons qu'elles ne peuvent pas atténuer l'abaissement du travail imputable à la mécanisation et à la massification des centres de production. Le problème est ailleurs, et il est spirituel.
Mais les réponses de monsieur VALLS aux deuxième et troisième questions me semblent marquées au coin du bon sens, et témoignent d'une belle capacité d'analyse politique : Une partie de la gauche cultive une nostalgie pour des utopies qui sont en partie défuntes. Mais je crois à une réconciliation de la gauche avec le libéralisme politique, qui conjugue à la fois solidarité et responsabilité individuelle. Nous devons accepter le fait que nous vivons dans une économie de marché. Le véritable enjeu, c'est les règles qu'il faut imposer pour réguler ce marché et un capitalisme financier devenu fou. Mais le socialisme comme alternative au capitalisme, c'est dépassé.
Et encore ceci :
En 2015, 2 millions de Français auront plus de 85 ans. Dès 2020, il manquera 25 milliards d'euros pour assurer le financement des retraites. Il faudra mobiliser les ressources financières collectives pour la dépendance. Je crois donc inéluctable un allongement de la durée de cotisation. Mais pour rendre cela juste, il faut régler la question de l'emploi des seniors, s'attaquer à la pénibilité du travail et aux écarts d'espérance de vie entre catégories sociales et mettre le produit du capitalisme - comme les stock-options - à contribution.
Et bien je vais vous étonner. Non seulement monsieur VALLS a une bonne tête, mais il a une tête bien faite. Il part des faits et non pas des idées (il utilise du reste le mot "fait" et parle "d'utopies"). Il a donc le profil d'un homme d'état. Et sur tout ce qu'il a dit, je suis entièrement d'accord. Si les socialistes ont la sagesse de partager ses analyses, et s'ils ne combattent pas aveuglément les aspirations religieuses légitimes de l'être humain, ils ont de l'avenir dans notre pays.

samedi 1 mars 2008

La complainte du blogueur

Depuis avril 2007, je m'efforce, avec un bonheur inégal j'en conviens, de donner des éclairages personnels sur les événements politiques, économiques ou culturels, en m'efforçant de les replacer dans le contexte d'une vie sociale morale et humanisée, c'est à dire accordée à la fin qui nous est due, et vers laquelle NOUS DEVONS nous diriger pour atteindre le bonheur. J'ai essayé de vous montrer combien les échafaudages intellectuels des idéalistes, qui ne s'appuient que sur leur cerveau et non point sur le réel, nous conduisaient à l'abîme. Et je suis étonné de voir que, si j'ai des lecteurs, j'ai très peu de contradicteurs, ou de commentateurs ce qui me donne à penser que je suis loin d'avoir atteint l'objectif que je m'étais fixé. Je me sens déserté, quand bien même je sais que j'ai quelques lecteurs assidus. Je les prie, et je prie les lecteurs occasionnels, d'apporter leur contribution à un combat qui est essentiel pour l'avenir de l'humanité : le combat pour la pensée. Il s'agit de savoir si l'homme est le maître absolu de l'homme, ou s'il existe dans le réel des piliers solides, qui ne dépendent pas de nous, sur lesquels nous appuyer pour progresser sur la voie de la concorde et de la paix. Car c'est bien de cela qu'il s'agit. Je vous supplie donc d'être à vos plumes, de titiller vos petites cellules grises et de me donner votre avis, car on réfléchit mieux à plusieurs que tout seul. Demain, j'essaierai de vous montrer comment DESCARTES interprété par des esprits qui annonçaient la dialectique de HEGEL nous a fourvoyé sans le vouloir, et pourquoi, nous, Français, nous avons tant de mal à ne pas passer pour arrogant aux yeux des étrangers, et pourquoi, encore, nous n'exportons que des idées, ou des révolutions, mais assez peu de marchandises.

mercredi 21 novembre 2007

Totalitarisme et liberté

"L'objectivisme - cette conviction qu'il existe une vérité objective, indépendante de l'arbitraire des dogmes et de l'idéologie - est [...] véritablement la pierre angulaire de la liberté intellectuelle et de la dignité humaine, et donc aussi la principale pierre d'achoppement du totalitarisme". Ainsi s'exprime Simon LEYS (dans un ouvrage que j'ai déjà cité dans mes billets "La forêt en feu") quand il analyse le totalitarisme de MAO TSE TOUNG et étend sa réflexion au totalitarisme en général. Il me semble que les conflits sociaux que nous traversons en ce moment sont le très exact reflet de cette incapacité où nous sommes de croire à la vérité objective. Monsieur MELANCHON peut renvoyer aux vieilles lunes du conservatisme l'idée qu'il faut d'abord produire des richesses avant de les distribuer, et donc penser qu'il suffit de redistribuer pour que les richesses suivent, le bon sens - qui n'est que l'incarnation dans le peuple de l'objectivisme -crie tout le contraire. Nous avons besoin d'hommes et de femmes libérés des carcans des systèmes : voilà pourquoi l'ouverture prônée par le Président SARKOZY, et tant décriée - aussi bien à droite qu'à gauche -est une nécessité, une liberté, la reconnaissance de la dignité de toute pensée humaine pour autant qu'elle soit droite et sincère.

vendredi 15 juin 2007

Paroles de philosophe

On pourrait croire que je suis partial. Il n'en est rien. Ce n'est pas le socialisme dont j'ai horreur. Je rejette en bloc les leaders socialistes parce qu'ils disent tout et n'importe quoi, et n'ont strictement aucune proposition à opposer à celles que fait le gouvernement. Ils ne sont intéressés que par le pouvoir, ils veulent faire notre bonheur malgré nous, ils ont réponse à tout avec leur système. Le socialisme, comme le libéralisme du reste, est une idéologie. L'un et l'autre sont, en effet, des systèmes, des systèmes de pensée qui ont plus ou moins de rapport avec le réel. D'abord un détour pour comprendre de quoi il s'agit.
Voici comment André COMTE-SPONVILLE, un philosophe médiatique certes, mais très pédagogue, ce qui est rare pour un philosophe, définit matérialisme et idéalisme, dans une joute qui l'oppose à l'un de ses collègues, monsieur STAUNE, et qu'a publié le Figaro (merci à un ami de m'avoir communiqué ce texte) :
"Le matérialiste, au sens trivial, c'est celui qui n'a pas d'idéaux, qui ne vit que pour les plaisirs corporels. Au sens philosophique, il en va tout autrement ! Le matérialisme est d'abord une position métaphysique : c'est penser que tout est matière ou produit de la matière. Attention, je ne parle pas du concept scientifique de matière, qui ne cesse d'évoluer, mais de la catégorie philosophique, qui appelle « matière » tout ce qui existe indépendamment de l'esprit. La vraie question est de savoir ce qui est premier : est-ce l'esprit qui crée la matière, ou la matière (qu'elle soit énergie, ondes ou corpuscules) qui produit l'esprit ? L'idéalisme défend la première position ; le matérialisme, la seconde, ce qui revient à nier l'existence d'un dieu créateur et d'une âme immatérielle. Pour le matérialisme, ce n'est pas un esprit qui a créé le monde ; c'est la nature incréée qui finit par engendrer la pensée dans le cerveau humain. Je ne suis donc qu'un corps, ce qui exclut que je puisse lui survivre : être matérialiste, c'est aussi penser qu'il n'y a pas de vie après la mort. Voici résumées les composantes majeures du matérialisme, depuis Démocrite et Épicure jusqu'à aujourd'hui."
Les définitions sont excellentes. Toutefois je m'interroge sur le grand manquant de ces conceptions métaphysiques, je veux dire le réalisme. Nous voyons bien les dangers des idéalismes, père de tous les totalitarismes. Si l'esprit est "créateur" de la matière, tout est permis à l'homme, et le plus fort de nos frères en humanité pourra nous imposer son système, contre notre volonté : c'est ainsi que l'on a vu fleurir le nazisme, le fascisme, le marxisme, le freudisme, le nietzschéisme, le castrime, le léninisme, le stalinisme, le maoïsme, toutes idéologies dont vous observerez que la plupart portent un nom dérivé de celui de leur créateur. Le matérialisme est un avatar de l'idéalisme. Lorsque je déclare que tout, y compris la pensée, est un produit de la matière, je ne fais que projeter ma pensée dans celle-ci, en lui supposant, sans possibilité de preuve, une telle puissance.
Que dit le réalisme ? Il dit qu'il y a une correspondance possible entre les choses et l'intelligence, que la recherche de cette correspondance est précisément la recherche de la vérité, que les êtres et les choses portent en eux de l'intelligible, c'est à dire la trace d'un esprit. Toute la question est de savoir si l'intelligible des êtres et des choses est prouvable, possible, très conjectural, impossible à détecter ou hypothétique. Un penseur très connu, Karl POPPER, montre qu'il existe trois mondes bien distincts : le monde 1 est celui de la matière, y compris celui du cerveau, le monde 2 est celui du vécu dans chaque conscience, le monde 3 est le monde des idées car les "idées sont perpétuelles". Cela signifie tout simplement que les idées émergent de la matière par le travail de l'esprit humain qui cherche à en dégager l'intelligible. C'est précisément cela le réalisme.
Quelques idées clés du réalisme dont le plus éminent représentant occidental est Thomas d'Aquin, mais qui a aussi de non moins éminents représentants orientaux (Yahia, Miskaywah, Ibn Sibna, etc.) : L'homme individuel ne pourra que difficilement parvenir à ses fins terrestres sans le secours du corps social (Thomas d'Aquin, Miskaywah). La fin ultime est ce au-delà de quoi l'agent ne cherche plus rien (Thomas d'Aquin, les philosophes arabes médiévaux). Tout agent agit en vue d'un bien. L'amour est le mouvement de la volonté éclairée par l'intelligence. Etc.
S'il en est ainsi, on peut comprendre pourquoi la recherche d'un consensus politique n'est pas une utopie, mais une tentative de trouver ensemble l'intelligible des choses, des êtres, et des situations. En d'autres termes, à une situation problématique donnée, historiquement et géographiquement située, il ne peut pas y avoir de solutions dépendantes des idéologies, il ne doit y avoir que des solutions dépendantes du réel. Il peut y en avoir plusieurs, également bonnes, mais il n'y en a pas un nombre infini, ni indéterminé, et notre liberté s'exerce justement dans le choix que nous faisons de l'une de ces bonnes solutions. Aucune solution ne saurait être bonne si elle n'est pas conforme à la fin qui nous est due.
En voilà assez pour aujourd'hui. Mais je continuerai demain sur la question de la TVA sociale, et je montrerai combien sont de mauvaise foi ceux qui en critique le principe, loin de toute réalité, en s'accrochant à des idées dont ils savent qu'elles sont au mieux discutables, au pire mensongères.

dimanche 10 juin 2007

Désastre national ?

Le Point fait paraître un dossier très étoffé sur les heurs et malheurs de l'Education Nationale. Il l'annonce en couverture : la France compte 32.000 enseignants sans élèves, et ce scandale a été dénoncé par la Cours des Comptes. Mais curieusement, Le Point ne dit pas pourquoi il y a tant d'enseignants qui n'enseignent pas. C'est un sujet tabou. La plupart des enseignants sans élèves ont en effet des décharges syndicales, et il est interdit de contrister les syndicats. Silence, silence, et encore silence. Les contribuables payent ces délégués syndicaux dont la fonction essentielle est d'organiser des grèves pour "obtenir plus" ? Silence, silence, silence ! "Travailler moins pour gagner plus" semble être le mot d'ordre de ces permanents de l'agitation. Il faudra bien qu'on mette fin à cet abus. Qui en aura le courage ?
Le même dossier donne la parole à Philippe MERIEU. Personne ne contestera qu'il s'agit d'un spécialiste connu et reconnu des sciences de l'éducation. Cependant, l'objectivité exige qu'on reconnaisse au discours de ce spécialiste toutes les caractéristiques d'une idéologie qui a fait et continue de faire des ravages, notamment en matière de carte scolaire. Comme l'exercice est délicat, monsieur MEIRIEU reconnaît que le statut quo en cette matière, "est hypocrite et injuste". Vous, comme moi, conclueriez que le principe même d'une carte scolaire est un principe faux. Pas du tout. La carte actuelle ne marche pas ? Il faut en faire une autre "afin que les bassins de recrutement associent des quartiers très divers". Je dirais à monsieur MEIRIEU que cette association est déjà faite, et qu'elle a été la providence des établissements privés. Dans tel quartier de Strasbourg, que je ne nommerai pas, on a associé une zone pavillonnaire, habitée par des cadres supérieurs, à une zone de grand ensemble, et l'on a crée une ZEP. Le résultat est que le taux de fuite vers le privé, lors du passage au Collège, est de 36 %. Au lieu qu'il voit des quartiers, je suggère à monsieur MEIRIEU qu'il considère des personnes. Au lieu d'utiliser la contrainte, il est préférable d'utiliser l'incitation et l'argumentation. Ca me paraît plus juste quand il s'agit d'éducation. Mais monsieur MEIRIEU, tout à son rêve d'une cité idéale, poursuit. "Il faut que les établissements les plus exposés - quelle jolie litote - disposent de filières d'excellence, bénéficient d'activités culturelles et artistiques de haut niveau, puisse mettre en place un suivi personnel approfondi des élèves, stabilisent des équipes de professeurs expérimentés et bien formés. Afin que les familles trouvent sur place les meilleures conditions de scolarisation et n'aient pas à fuir le secteur scolaire". Nous sommes ici dans l'idéalisme le plus pur, le plus échevelé, le plus dangereux, et en plus, dans le déni de la réalité. Les Centres Socio-Culturels sont implantés pour la plupart dans des secteurs délicats. Quantité d'Associations animent la vie artistique et culturelle des quartiers. Reste la question des filières d'excellence qui, effectivement n'a pas trouvé de réponse adéquate. Principaux, infirmières, assistantes sociales, conseillers d'orientation psychologues, conseilleurs principaux d'éducation, éducateurs spécialisés font un travail formidable de suivi personnalisé dans les Collèges. Mais monsieur MEIRIEU semble l'ignorer. Et pourtant, des écoles brûlent, des professeurs sont molestés, l'ignorance et l'incivisme prospèrent. Et pourtant - je l'ai moi-même constaté lors d'une enquête que nous avons réalisée à Strasbourg dans 20 Collèges du Bas-Rhin - les enseignants des Collèges de ZEP, et toutes leurs équipes éducatives, SONT ADMIRABLES de compétence, de dévouement, d'imagination (Cf le rapport de l'IPLS : "Etude comparative des modalités de prise en charge des élèves en difficulté", IPLS, 11 rue Silbermann, 67000 STRASBOURG), ils aiment leur métier, et ils ne baissent pas les bras. Les équipes sont stables. Cela ne suffit pas ; le principe de la ZEP est donc tout simplement faux. Mais monsieur MEIRIEU s'acharne à défendre des principes au mépris de la réalité.
"Il faut faire ceci, il faut faire cela", dit monsieur MEIRIEU à plusieurs reprises, comme si le volontarisme en cette matière pouvait se substituer au devoir naturel qu'ont les parents d'assurer le meilleur avenir à leur enfant. Tout le raisonnement de monsieur MEIRIEU repose sur des a priori : les jeunes des "quartiers sensibles" ne peuvent pas s'en sortir tout seuls, ils ont besoin des jeunes de milieu social "plus élevé" (l'auteur le sous-entend), disons pour simplifier, de ces fils et filles de bourgeois, détestés par ailleurs, et ils en on besoin comme modèles ; monsieur MEIRIEU ajoute : si la carte scolaire disparaît les "écoles, collèges et lycées [...] choisiront TOUT NATURELLEMENT (c'est moi qui souligne) les meilleurs élèves" ; c'est une pétition de principe et un jugement bien rapide sur un corps enseignant qui - officiellement - ne cesse de réclamer justement cette mixité sociale. Il me paraît plus simple à moi d'exiger de ces "bons" établissements qu'ils recrutent très largement - le ministre de l'éducation national a le pouvoir d'imposer ce brassage, et il en a les moyens - plutôt que d'imposer à des parents des choix qu'ils ne peuvent accepter en conscience (Un tel choix est fait par tous les établissements privés de Strasbourg, en tout cas par les établissements privés catholiques que je connais : Saint-Etienne, La Providence, Notre-Dame des Mineurs, La Doctrine Chrétienne, Saint-Joseph de Matzenheim). En somme, plutôt que de concentrer les difficultés en un lieu précis, il est préférable de les diluer en des lieux variés. J'ajoute que, lors de l'enquête que nous avons conduite à Strasbourg et dans le Bas-Rhin, nous avons été sidérés d'apprendre des principaux de ZEP que la majorité des jeunes de leur Collège ne sortaient presque jamais de leur quartier. Voilà une bonne occasion pour eux de le quitter.
Une autre suggestion me paraît essentielle. Il n'est pas humain de concentrer les habitats sociaux en des ensembles qui urbanistiquement, géographiquement et démographiquement sont invivables. La seule solution est de diluer l'habitat social dans le tissu urbain. La voilà la vraie révolution. Et jamais personne n'en parle.

jeudi 24 mai 2007

Ils continuent...

Monsieur FILLON disait récemment : "François HOLLANDE est pathétique. Ce qu'on attend de lui c'est qu'il nous dise quel est le projet du Parti Socialiste, pas les pitreries auxquelles on a assisté depuis quelques jours." Monsieur REBSAMEN, le numéro deux du PS, juge ces propos "insultants et inadmissibles" et dénonce "une conception arrogante et méprisante du pouvoir." Je trouve, moi, que ce sont les propos de monsieur REBSAMEN qui sont arrogants. Monsieur FILLON énonce uné évidence : les électeurs du parti socialiste attendent que leurs responsables proposent des solutions aternatives à celles du gouvernement, et non des flots de paroles sans aucune portée politique, ni aucune prise sur le concret. Il est du reste assez symptomatique qu'au meeting de Bordeaux censé lancer la campagne électorale du PS, ni monsieur FABIUS, ni monsieur STRAUSS-KAHN n'étaient présents. Ils étaient retenus, l'un dans l'Isère, l'autre dans la Sarthe et ont prétexté que la direction du parti les avait prévenus trop tardivement pour qu'ils puissent modifier leur emploi du temps. C'est dire l'ampleur des vues politiques qui ont été exprimées dans ce meeting et l'intérêt qu'il a suscité chez des personnalités qui, au PS, ont un poids éléphantesque. Monsieur HOLLANDE continue sur la lancée de ces derniers jours. Il vitupérait hier soir sur France Info :"Tout est fait aujourd'hui au niveau de la communication présidentielle et gouvernementale pour anesthésier les Français". Moi, j'attends de monsieur HOLLANDE qu'il réveille les endormis, si tant est que les Français soient anesthésiés. Chiche ?
Pour comprendre le drame - car c'en est un - idéologique du PS, je vous recommande la lecture d'une interview (intitulée : "Cette élection est une revanche du réel") de Marcel GAUCHET dans Le POINT du jeudi 24 mai. Vous verrez que ce je vous serine depuis 5 semaines n'est pas si faux que cela. Que dit que ce grand politologue et philosophe politique ? Ceci qui est tout simple : "[Ségolène ROYAL] n'était pas de taille à nous protéger d'un parti qui ne s'est pas guéri du mitterandisme et se refuse A REGARDER LA SOCIETE TELLE QU'ELLE EST. Le sens de cette élection est donc à la fois infra-politique - retour au réel - et métapolitique - au-delà du clivage droite-gauche." Et ceci encore "Le PS n'a rien à dire sur le nouvel état du monde sinon que 'ce n'est pas bien'..." Et il conclut son interview par cette phrase qui dit tout : "Les demi-habiles qui se croient malins se prennent les pieds dans leurs subtilités tandis que le peuple, qui ne sait pas tout, ne se trompe pas sur l'essentiel. La politique est restée pascalienne. C'est assez rassurant."
Politis-philippe alias philipepoindron@hotmail.fr

lundi 14 mai 2007

Liberté intellectuelle et dignité humaine

J'ai déjà eu l'occasion de parler du livre de Simon LEYS, "La forêt en feu". Le propre des grands ouvrages est d'être une source inépuisable d'universelles vérités. En voici quelques unes que j'ai puisées dans ce livre dont la lecture devrait faire honte à tous les anciens suppôts du maoïsme, tant il démonte implacablement le caractère totalitaire, sanguinaire et fou du Grand Timonier.
"L'objectivisme - cette conviction qu'il existe une vérité objective, indépendante de l'arbitraire des dogmes et des idéologies - est vraiment la pierre angulaire de la liberté intellectuelle et de la dignité humaine - et donc aussi la principale pierre d'achoppement du totalitarisme". (Incidemment, la campagne présidentielle nous a donné quelques beaux exemples de cette vérité.)
Et cet autre extrait :
"Pour dominer l'univers naturel, l'homme occidental s'est séparé de lui. Cette attitude héroïque, agressive et conquérante à l'égard de l'environnement est bien ilustrée par exemple dans l'art des jardins classiques (l'art des jardins est toujours la projection la plus expressive qu'une culture peut donner de sa vision du monde) - Voyez Versailles ! -où la nature est soumise, déformée, réduite et taillée de façon à devenir entièrement conforme à une géométrie et un dessin que lui impose l'homme. Dans une telle perspective, rigoureusement anthropocentrique, les formes et les motifs naturels, non façonnés de main d'homme, et dont la complexité mystérieuse ne reflète celle d'aucun cerveau, acquièrent automatiquement quelque chose de menaçant. Leur autonomie hermétique limite et met en question l'empire de l'esprit humain."
"Dans un contexte totalitaire, chaque fois que le bon sens entre en conflit avec le dogme, c'est toujours le bon sens qui perd." (Voyez les tentatives de madame ROYAL pour trouver un accord avec monsieur BAYROU : elles ont été torpillées par les éléphants, messieurs FABIUS, EMMANUELLI, et tutti quanti, en tête, pour des raisons idéologiques (j'aime à le penser en tout cas, car si c'est pour des raisons de basse tactique politicienne, c'est indigne). Il faut proclamer haut et fort que madame ROYAL doit prendre la tête d'une opposition constructive. Elle doit être moins agressive car sa "colère" téléphonée lors du débat du mai lui a fait perdre des milliers de voies. Elle doit être plus précise dans ses propositions, et surtout ne pas raconter n'importe quoi dans des domaines aussi importants que la défense et les sous-marins nucléaires, ou dans celui de l'énergie nucléaire. Elle devrait aussi savoir qu'une loi votée en février 2005 a donné aux enfants handicapés un total accès aux établissements d'enseignement, et que sa critique sur la suppression d'Handiscole était absolment infondée. Mais elle a l'honnêteté de mettre en accord ses actes et ses paroles, en se présentant pas à la députation. Voilà les traits d'un caractère fort auquel il ne manque qu'une culture philosophique du réel)
Pourquoi le réalisme est-il si important pour notre liberté ? Parce que dans un contexte totalitaire, toujours lié à un idéalisme, on arrive avec beaucoup de sincérité, mais peu de vérité, à la conclusion qu'il est possible d'opposer "une science allemande" à "une science juive" [Hitler], ou "une vérité prolétarienne" aux "mensonges bourgeois" [Marx, Staline, Mao, Sartre..., eh oui Sartre, pour qui le marxisme était "l'horizon indépassable de l'histoire"].
Je tiens pour certain que le réel est ce qui précisément nous résiste. Et le réel se venge toujours quand il n'est ni respecté, ni pris en compte. C'est vrai pour l'écologie, pour la psychologie, et surtout pour le politique. Je trouve particulièrement intéressant la convergence des analyses d'un Marcel de CORTE, philosophe chrétien, et d'un Simon LEYS, parfaitement agnostique.
Quand reviendra-t-on dans nos écoles, nos lycées et nos universités à ces évidences ?

mercredi 25 avril 2007

La lumière vient de l'Orient

Ex oriente lux ! La lumière vient de l'Orient ! Lu Xun, un écrivain chinois aujourd'hui adulé, mais qui fut largement persécuté par le régime communiste chinois (comme, du reste, par le Kuomintang) a laissé quelques belles oeuvres, et il est resté, jusqu'à sa mort, d'une intransigeante probité et d'une rare lucidité, teintée hélas d'amertume, vis-à-vis d'un régime qu'il jugeait totalitaire et tyrannique, bien qu'il eût, en sa jeunesse, de la sympathie pour le communisme.
Dans l'un de ses ouvrages, il dit : "Schopenhauer avait observé ceci : quand on veut évaluer la grandeur d'un homme, la méthode à suivre est inverse s'il s'agit de la stature morale ou de la taille physique. En ce qui concerne cette dernière, elle apparaît d'autant plus petite qu'on la regarde de plus loin, tandis que la première s'accroît en fonction de la distance.
Mais justement, comme le grand homme rapetisse [Lu Xun parle ici de la stature morale] quand on le regarde de près et qu'on voit plus clairement ses infirmités et ses verrues, il devient semblable à nous : ce n'est plus un dieu ni un phénomène miraculeux, ni un animal d'une espèce inconnue, c'est simplement un homme, rien de plus. Mais c'est précisément en cela qu'il est grand."
Voilà pourquoi beaucoup de journalistes, chroniqueurs, caricaturistes qui moquent le grand nez pointue de celle-la, la petite taille de celui-ci (auquel ils ajoutent en général un petite moustache sous-nasale, et une mêche sur le front), les bajoues d'un troisième, passent à côté de leur sujet quand ils essaient de nous faire croire que la taille physique est le reflet de la stature morale. Ils sont dans le royaume des apparences. Heureusement, il en est qui nous rendent les hommes politiques sympathiques et humains et non tombent pas dans cette manipulation digne de GOEBBELS. Poursuivons.
Lu Xun dit encore :
"Plutôt que de discuter les diverses façons d'atteindre le futur, il me semble que nous ferions mieux de donner la priorité au présent. Même si le présent est désespérément sombre, je n'ai nulle envie de le quitter.
Demain sera-t-il exempt de ténèbres ? On en reparlera demain ; en attendant, occupons-nous plutôt de transformer notre aujourd'hui."
Je tire ces citations de l'ouvrage ci-dessous mentionné :
Simon LEYS.
La forêt en feu. Essai sur la culture et la politique chinoises. Collection "Savoir".
Hermann, Paris, 1983.
Lu Xun est un adepte du réalisme philosophique. Il le sait bien : au nom des idées on a fait tuer, on a tué des millions d'êtres humains, surtout au vingtième siècle. La transformation de l'homme, l'avenir radieux, étaient paraît-il ce prix. Mais Lu Xun nous souffle à l'oreille que le mot chien n'a jamais mordu personne et qu'il faut se méfier des faiseurs-faiseuses de promesses qui semblent n'engager que ceux à qui elles s'adressent.
Voilà quelques sains principes susceptibles de guider notre choix le 6 mai prochain.
Politis-philippe
PS : Golfi, mon contradicteur, ne m'a pas répondu.

lundi 16 avril 2007

Philosophie et politique

Les philosophes médiévaux, occidentaux comme orientaux, identifient en l'homme trois facultés : la sensibilité, l'intelligence, et la volonté. C'est par la sensibilité que l'on accède au beau, par l'intelligence que l'on accède au vrai, et par la volonté que l'on accède au bien. Notez que ces trois facultés s'exercent par l'intermédiaire des organes des sens pour la sensibilité, du cerveau pour l'intelligence, et des nerfs moteurs pour le bien (on agit en vue d'un bien, et l'action est liée à un mouvement).
Jusqu'ici, je ne pense pas que l'on puisse nier cette évidence. On ne niera pas non plus que c'est au cerveau qu'échoit la fonction de traiter les informations sensorielles et de les traduire (ou non) par des actes.
Toute la question est donc de savoir si les choses et les êtres ont en eux un principe d'intelligibilité qui est détecté par notre cerveau après être passé par nos sens (nihil in intellectu quod non prius fuerit in sensu, dit Thomas d'Aquin) ou si l'intelligible est infusé par notre intelligence dans les choses perçues par ces derniers. La question est d'une importance politique capitale. Si les choses et les êtres ont en eux un principe d'intelligibilité qui ne dépend pas de ce que nous pensons d'eux, alors il y a en eux du transcendant.
Il n'est pas inintéressant de constater qu'en grec, le mot "vérité" se dit "alethaia", qui signifie mot à mot "ce qui est sorti du sommeil". Pour nos ancêtres dans la culture, il n'y a pas de doute : chercher et trouver la vérité consiste à repérer l'intelligible dans les choses. Un tel constat est d'une importance politique capitale. Et de mon point de vue, c'est ce qui différencie fondamentalement une sensibilité ou une polique dite "de gauche" d'une sensibilité ou d'une politique dite "de droite". Ce n'est pas le goût de la justice, pas même celui de la démocratie ou de la liberté qui est la pierre de touche de la différence. Pour une sensibilité de gauche, la matière n'a pas de forme et il importe que l'homme lui en donne une. Comme chacun de nous portons une idée personnelle de la dite forme, il faut pour faire triompher une des formes possibles (a) conditionner tous les citoyens par le biais de l'information et de la culture à intérioriser une forme unique pour éviter le désordre et le chaos, et limiter les conflits ; (b) et pour ce faire arriver par tous les moyens au pouvoir suprême : d'où l'âpreté des luttes politiques. Pour une sensibilité dite de droite (j'entends une "vraie" sensibilité de droite), il n'y a pas de bonne politique qui irait à l'encontre de la nature des choses (de l'intelligible qu'elles portent en elles, en vertu de leur être et par l'intermédiaire de leur forme).
Comment agir en toute justice si l'on croit que sa propre analyse, même partagée par les gens de son clan, est la seule qui vaille ? On l'imposera par la force, par la ruse même. Si l'on croit qu'il n'y a pas d'acte juste qui aille l'encontre de la nature des choses, on recherchera ce qui en elles est intelligible, pour agir en conformité avec leur nature. Et de mon point de vue, c'est la définition du bien.
Considérée de la sorte, on comprend pourquoi la culture et l'enseignement ont été et sont des enjeux politiques capitaux. L'idéalisme contre le réalisme, voilà le vrai combat des idées. Et pour moi, l'idéalisme est le père de tous les totalitarismes. On comprend aussi pourquoi un parangon de la modernité disait son "réconfort" pour ne pas dire son exultation, à l'idée que "l'homme est une invention récente, une figure qui n'a pas deux siècles, un simple pli dans notre savoir, et qu'il disparaîtra dès que celui-ci aura trouvé une forme nouvelle".
Eh oui ! Vous avez bien lu. C'est une ânerie de plus à mettre au compte de ce "philosophe". Il aurait mieux fait de relire les grecs, la bible et les philosophes arabes du moyen-âge. Mais pour Michel FOUCAULT, la culture n'est pas ce qui est transmis et enrichi à chaque génération humaine. La culture, c'est sa propre et délirante production. Jamais on aura mis tant d'énergie à utiliser le legs antique (les catégories de la logique d'Aristote) pour le démolir. C'est là une contradiction dont il ne peut se relever. Mais il n'est pas le seul, le pauvre, à gésir sur le fumier de la "déconstruction".