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jeudi 7 juillet 2016

07 juillet 1940. Nouvelles de la Résistance.Un héritier de Voltaire...ou l'ignoble racisme antijuif

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Je vous recommande vivement la lecture d'un livre dont la grande presse bien pensante (Le Monde, L'Observateur, et tous les journaux de gôôôôche et de drouate) n'a pas jugé bon de rendre compte. En voici la référence.

Xavier MARTIN.
Naissance du sous-homme au coeur des Lumières. Les races, les femmes, le peuple.
Dominique Martin Morin, Poitiers, 2014.

Cet ouvrage donne un éclairage particulier à la pensée de ces "pseudo-philosophes" qui méprisaient, comme le fit Jules FERRY, plus d'un siècle après, les "races inférieures" et les juifs, les femmes et le peuple. C'est tout simplement renversant.
Il y a deux ou trois ans, j'ai eu un échange avec Pierre-Henri à propos de l'antisémitisme de VOLTAIRE, dont il ne trouvait pas trace dans les oeuvres de l'homme de FERNEY. Le livre de Xavier MARTIN fourmille de dizaines de citations, empruntées notamment à la correspondance d'un "philosophe" qui se révèle à travers elles méchant, méprisant, infatué de sa personne. C'est ainsi. Et il a eu des héritiers comme vous allez pouvoir en juger par cet extrait.

"Peut-être sait-on que sous la botte de l'occupant national-socialiste a été publié à PARIS, avec bien sûr l'onction ("l'approbation totale" [délivrée le 2 octobre 1940]) de la Propaganda Staffel, un pénible brûlot, le Voltaire antijuif, dû à la plume d'Henri LABROUE, "agrégé d'histoire", "docteur ès-lettre", diplômé d'études supérieures en droit, républicain féru de laïcité, ex-député radical et radical-socialiste, ci-devant affilié à la Loge parisiennes "Les Droits de l'homme", ex-vice président du groupe "Gauche sociale et radicale" à l'Assemblée nationale. Le livre, en sous-main, est édité en fait par une maison allemande, grâce au soutien personnel, sollicité par notre auteur en janvier 1941, du Dr Joseph GOEBBELS lui-même. Henri LABROUE, parallèlement, fonde et préside, avec le généreux soutien des autorités d'occupation, "l'Institut d'Etudes juives" de BORDEAUX, qui présente dans cette ville l'exposition, d'abord parisienne, "Le Juif et la France". Concomitamment fut spécialement, à la Sorbonne, pour ce chercheur de haute volée, créée une chaire "d'Histoire du judaïsme" (en réalité : d'antisémitisme), dont l'enseignement, dûment tissu d'insanités diversement hallucinantes, aura connu l'exact contraire d'un franc succès : chahut inaugural "musclé", cont l'universitaire, vite surnommé "La Boue" s'est plaint dans une longue lettre pleurnicharde à son ministre Abel BONNARD." (Page 127-128).
Pour l'instant, contentons-nous de constater qu'un homme politique affilié à la gauche et à la maçonnerie s'est appuyé sur les oeuvres de VOLTAIRE pour justifier l'antisémitisme national-socialiste. S'ensuit-il que VOLTAIRE fut antisémite ? Il faut pour s'en assurer remonter dans le temps, et prendre connaissance des réactions de ses contemporains.

Et bien figurez-vous que nous avons, entre autre, un témoignage de première main. Scandalisé par les propos de VOLTAIRE sur les juifs, un prêtre français, l'abbé GUENEE avait publié en 1769 un ouvrage réfutant VOLTAIRE en détail, intitulé Lettres de quelques Juifs, Portugais, Allemands et Polonois, à M. de Voltaire  et défendant hautement l'appartenance de ce peuple à l'humanité, appartenance que lui déniait VOLTAIRE. L'abbé GUENEE fut emprisonné sous la Terreur. Son ouvrage n'eut guère de succès, mais il fut réédité au début du XIXe siècle par J.A. LEBEL, lors de la parution des oeuvres du philosophe des Lumières, avec cette mention expresse dans la Préface : "Afin que le remède se trouve à côté du mal, le contrepoison à côté du venin" (histoire racontée par Xavier MARTIN).

Comme le dit Pierre-André TAGUIEFF (Cité par Xavier MARTIN, page 127) dans son ouvrage La judéophobie des Modernes. Des Lumières au Jihad mondial. Odile Jacob, Paris, 2008 : "La responsabilité des philosophes [sous-entendu Des Lumières] dans la formation de l'antisémitisme en tant que forme moderne de la judéophobie, culminant dans le racisme antijuif, apparaît immense."

Sûr que c'est gênant pour ceux qui ne cessent de se réclamer d'un mouvement de pensée carrément homicide, père de tous les totalitarismes et du concept de l'Untermensch.

dimanche 3 juillet 2016

03 juillet 2016. Nouvelles de la Résistance. Lettre ouverte à monsieur Alain Minc.

Monsieur,

            Ce n’est pas de la promotion Léon BLUM que vous auriez dû sortir de l’ENA, mais de la sinistre (du latin sinister : situé à gauche) promotion VOLTAIRE. Comme vous aujourd’hui, en effet, l’ancêtre calamiteux dont se réclament quelques grossiums méprisants et arrogants, osait dire  « le gros du genre humain a été et sera très longtemps insensé et imbécile » (Essai sur les mœurs) ou encore « Le peuple non pensant […] n’est que machine aveugle ». Ou encore dans l’article Cul de l’Encyclopédie : « Il n’y a de bas que les idées populaires et les idées du peuple grossier ». Ou encore : « Ce n’est pas le manœuvre qu’il faut instruire, c’est le bon bourgeois, c’est l’habitant des villes ».
            Jean-Jacques ROUSSEAU écrivait à DIDEROT, cette ordure ambulante : « Vous êtes plaisants, vous autres philosophes, quand vous regardez les habitants des villes, comme les seuls hommes auxquels vos devoirs vous lient ». Il avait bien vu le mépris que les philosophes des prétendues Lumières affichait pour les paysans, les artisans, les gens de « petite naissance » et sur ce point il avait bien raison, le promeneur solitaire.
            Je pourrai multiplier par cent les exemples de la morgue que les philosophes dits des Lumières affichaient, comme vous le faites – oh, de manière très subtile – pour les gens moins diplômés qu’eux, moins riches qu’eux, moins polis (dans tous les sens du terme) qu’eux. VOLTAIRE, du reste, disait tout « le plaisir noble de se sentir d’une autre nature que les sots ». Il me semble bien que vous parlez tout enduit de cette délectation d’être un tout autre !
            Vous avez osé dire que "Ce vote pour le Brexit, c'est la victoire de 'Downton Abbey' sur les bobos, les créateurs d'entreprises et surtout les jeunes. Mais les aristocrates et la classe ouvrière n'avaient pas vu la conséquence du Brexit, c'est-à-dire l'éclatement possible du Royaume-Uni."
            Et de manière plus éclairante et très mensongère : "Ce référendum n'est pas la victoire des peuples sur les élites, mais des gens peu formés sur les gens éduqués". Le glissement sémantique de peuples à gens peu formés est bien symptomatique de votre manière de faire. Ainsi, selon vous, seuls les gens éduqués auraient une vue juste, la vôtre, et feraient de bons choix politiques ? Autant aller jusqu’au bout et transformer en droit cet état de fait : Notre patrie est aux mains d’une oligarchie incapable, cruelle, méprisante. Disons-le dans la Constitution. N’auront voix désormais au chapitre que les énarques, les centraliens, les polytechniciens, les normaliens ; on conférera un strapontin à quelques chercheurs et universitaires. Les autres n’auront qu’un droit, celui d’être guidés par vos mains de fer, qui me semblent assez bien pourvues de griffes. Vous auriez dû, dans votre position, trouver des moyens de loger les sans-abris, de donner du travail aux chômeurs, du lustre à notre patrie. Par vos choix, et ceux de votre caste, vous illustrez à la perfection cette autre phrase immortelle de VOLTAIRE : « Tous les paysans ne seront pas riches ; et il ne faut pas qu’ils le soient. On a besoin d’hommes qui n’aient que leur bras et de la bonne volonté ». Le peuple britannique saura vous donner, monsieur, par sa constance, son courage et son patriotisme, le démenti le plus cinglant, et bientôt aussi, le Peuple français qui vous signifiera votre congé.


            Vous avez commis une mauvaise action, bien dans la ligne de la caste à laquelle vous vous vantez d’appartenir. C’est  pourquoi, monsieur, j’ai bien l’honneur de ne vous point saluer.

lundi 7 janvier 2013

Hasard ou Providence ?

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Figurez-vous que je triais quelques livres dans ma bibliothèque lorsque que je tombe par hasard sur un ouvrage dont j'avais fini par oublier qu'il fût partie prenante de ma chère collection ! Je me suis dit, en lisant, qu'il n'y a pas de hasard, mais seulement de la Providence laquelle m'a fait mettre les yeux sur cet essai. On le doit à  P.L. de BAUCLAIR qui se présente comme "citoïen" (sic) du monde. Le titre en est à lui seul tout un programme ; le voici : Anti-contract social, dans lequel on réfute, d'une manière claire, utile et agréable, les principes posés dans le CONTRACT SOCIAL, de J.J. ROUSSEAU (Chez Frederic STAATMAN, Libraire sur le Kalvermarkt, Vis-à-vis le Maréchal de Turenne, La Haye, 1764). En vérité, plus qu'un rival, il se présente comme disciple de Jean-Jacques. Il fait partie de ces intellectuels philosophes et agnostiques (comme vous allez le voir) qui pullulaient autant par conviction que par mode, au siècle dit des "Lumières". Écoutez bien ce qu'il dit au chapitre premier du Livre  ( premier et second paragraphes), chapitre qu'il intitule Sujet de ce premier livre. J'en respecte l'orthographe.
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"L'homme fut toujours dépendant; par conséquent jamais libre, dans le sens de l'illustre citoïen de GENEVE. sans parler ici des intelligences célestes [notez, je vous prie le pluriel], auxquelles il est subordonné & dont il suit les impulsions secrètes ; sans avoir recours à l'autorité de la révélation, faible ressource pour un incrédule ; la nature et le raisonnement apuieront (sic) seuls ma proposition.
Si l'homme [l'auteur parle ici du mâle] fut né seul et isolé dans cet Univers, il eut pu se trouver indépendant, par rapport aux autres Créatures : l'intérêt de la multiplication lui aïant suscité une compagne, qu'il dut envisager comme un autre lui-même [notez la double référence à l'altérité et à l'identité] ; ses besoins naturels exigèrent bien-tôt qu'il devint esclave ; si, cependant, l'esclavage peut consister dans les égars qu'on rend aux individus de son espèce. Il fallait satisfaire ses désirs & travailler à la population : il entrevit le remède ; il eut recours au complaisance, & aux caresses pour l'obtenir. S'il eut été simplement animal, la nécessité ou quelque mouvement indélibéré de la Nature aurait déterminés ces égars ; étant homme, la raison dut les produire.
On conçoit aisément que la femme n'était pas plus maîtresse de son sort ; ses besoins & et ses affections voluptueuses, sa faiblesse, ses infirmités [l'auteur fait certainement allusion aux rythmes physiologiques de la femme] lui firent sentir qu'elle n'était que la moitié d'un tout, dont l'autre partie était hors d'elle-même [de nouveau, référence à l'altérité et à la différence] [...]. Ainsi le premier pas de l'homme fut pour former une Société, dont la Nature ou la Raison lui prescrivit les devoirs, d'autant mieux fondés, qu'ils étaient à l'avantage des parties contractantes & qu'un choix volontaire les leur imposa. [...]."
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Je trouve assez intéressant que cet auteur fasse appel à la nature et à la raison pour trouver dans l'institution du couple hétérosexuel le fondement même de toute société politique. Mais les TRISSOTIN qui nous gouvernent semblent ignorer ces deux piliers de l'inspiration laïque, quand ces piliers ne soutiennent pas  leurs idées du moment.
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De plus et enfin, tenter de faire croire que seuls les catholiques les plus ringards s'opposent à leur folie est un mensonge amplifié par une presse aux ordres. Faut-il rappeler la position de l'épouse de monsieur JOSPIN, lui-même protestant ? Ou la remarquable analyse du rabbin Gilles BERNHEIM ? Ou des interventions de plusieurs théologiens musulmans ? Une fois de plus, ces gens ne connaissent qu'un ennemi, les cathos. C'est nous faire beaucoup d'honneur, mais nous ne sommes pas seuls !
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Tous à la manif du 13 janvier. Et si cette loi d'injustice venait à être votée, il nous reste des moyens de nous y opposer. Il sera toujours temps de les faire connaître.