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lundi 24 juillet 2017

24 juillet 2017. Nouvelles de la Dissidence. Le grand motif de se bien conduire !

Et toujours le grand MOZI. Je suis toujours étonné que les Occidentaux aient si longtemps négligé l’étude des grands penseurs chinois, y compris du reste les penseurs contemporains comme FENG Youlan. Mais dans chacune des œuvres de ces auteurs, on trouve des perles rares, comme celle qui est soumise à votre admiration. « L’épais charlatan de HEGEL » (SCHOPENHAUER) a traité de CONFUCIUS avec arrogance et mépris. Ce sont en fait les jésuites, de Matteo RICCI ou COUPLET à Léon WIEGER, qui tout au long des quatre siècles de leur présence, de la fin du XVIe siècle à la fin du XXe ont fait connaître la pensée et les œuvres de ces hommes qui égalent par leur génie un ARISTOTE ou un Thomas d’AQUIN.
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Ce n’est pas l’ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c’est la lâcheté !
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"Le grand motif de se bien conduire, ce doit être la crainte du Ciel, le Seigneur du monde, celui qui voit tout ce qui se fait, dans les bois, les vallées, les lieux obscurs, là où l’œil d’aucun homme ne pénètre.
C’est lui qu’il ne faut pas irriter, c’est à lui qu’il faut tâcher de plaire.
Or le Ciel veut le bien et hait le mal, il aime la justice et déteste l’injustice. Tout pouvoir sur la terre lui est subordonné, doit s’exercer selon ses vues. L’empereur est l’homme le plus puissant de ce monde, mais le Ciel est au-dessus de lui. L’empereur gouverne au nom du Ciel, mais c’est le Ciel qui donne le succès, le bonheur, à condition que sa volonté ait été faite.
Le Ciel veut que le prince fasse du bien au peuple, que tous les hommes s’aiment les uns les autres, parce que le Ciel aime tous les hommes.
Quand le Ciel voit un homme bienfaisant, il se dit : celui-là aime tous ceux que j’aime et fait du bien à tous ceux à qui je veux le bien ; et il élève cet homme.
Quand le Ciel voit un homme malfaisant, il se dit : celui-là hait tous ceux que j’aime et fait du mal à tous ceux à qui je veux le bien ; et il abaisse cet homme.
Non, la raison dernière n’est pas la volonté d’un prince ou de l’empereur ; c’est la volonté du Ciel !"
MOZI (  墨子), Mozi. (Le nom latinisé et MICIUS et non pas MENCIUS, erreur que j’ai commise en raison de l’analogie phonique des patronymes chinois et latinisés.)
(Cité dans Léon WIEGER. Histoire des croyances religieuses et des opinions philosophiques en Chine. Imprimerie de la Mission Catholique, sans mention de lieu, sans doute Hien-Hien, 1922). Je n’ai pas trouvé le texte en chinois dans le Chinese Text Project, car je n’ai pas trouvé de chapitre 26, dans aucun des livres qui composent cet ouvrage monumental, et l’extrait est assigné à ce chapitre-là.)
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2. COMMENTAIRES.
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Il est tout de même curieux et intéressant de voir qu’à des milliers de kilomètres de l’Europe et 4 à 5 siècles avant l’arrivée du christianisme dans ce petit bout de l’Eurasie, un penseur a l’idée d’exprimer l’idée qu’il existe une liaison nécessaire entre la morale naturelle (la volonté du Ciel) et la politique. Toutes les loges maçonniques du monde ne pourront rien à cette évidence qui traverse l’histoire de la pensée : il y a des principes qui transcendent la volonté et humaine et commande aux princes de faire ce qui est bien, et de renoncer à ce qui est mal. C’est du reste une constante des initiatives conduisant à la transgression, à savoir leurs contradictions internes : les uns veulent bien que l’on tue un bébé dans le sein de sa mère et ils exigent que tous les citoyens se conforment à cette exigence inscrite dans la loi, au point que les opposants se voient mis à l’amende et punis de prison ; les autres ne veulent pas qu’on tue les bébés, mais trouvent normal d’euthanasier les inutiles, les vieux, des êtres humains déclarés incurables, fussent-ils des enfants, d’autres encore, comme les tenants du racisme le plus abject, exterminent ou ont exterminé sans états d’âme d’innombrables communautés humaines (stalinisme, nazisme, polpotisme, maoïsme, djihadisme, Terreur révolutionnaire en Vendée, etc.), faisant de leur extermination une fin politique : l’homme du peuple, l’homme de sens commun sent et voit l’inhumanité de ces positions. Les gouvernants ne la voient pas ou ne la veulent point voir.
MOZI affirme que le Ciel ne veut pas le mal ; il va plus loin, et il dit que le Ciel punit celui contrevient à ces principes fondateurs. Or nos princes, peu à peu, se sont éloignés de ces sources, utilisant à leur seul profit, toutes les ficelles que les structures du pouvoir mettent entre leurs mains (la dernière ficelle en date est celle du Comité National Consultatif d’Ethique, qui par petite touche modifie avec son accord et à sa demande, les principes d’action des gouvernants en matière morale ; j’affirme que la morale ne se confond pas avec l’éthique : La PMA, la GPA peuvent être déclarées par un comité Hippolyte ou Théodule ; elles restent immorales).
Monsieur MACRON a chuté de 10 points dans les sondages. Il doit y avoir une raison. Le Ciel commence à faire sentir au freluquet qu'il est le Ciel !
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3. REVUE DE PRESSE.
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Ah ! La belle Europe que voilà !

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Le Ciel commence-t-il à punir l’Empereur ?

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Mes ancêtres maternels doivent se réjouir : vers une renaissance du flamand en Flandres française ?

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En France on bannit les preux, on promeut les gueux !


mercredi 19 septembre 2012

Enfin !

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Le cardinal de Lyon sur les ondes d'une radio a expliqué pourquoi il ne pouvait approuver le projet de loi autorisant le mariage homosexuel. Il a effectivement dit, en une phrase qui occupe une toute petite partie de son intervention, que bientôt "ils" (je ne sais s'il s'agit des homosexuels, des hommes en place qui se disent "politiques", des citoyens français) demanderaient à ce que l'on autorise la polygamie, voire l'inceste. Ce faisant, il a très clairement posé une question qui me paraît essentielle : est-ce le droit positif qui décide de ce qui est moral ou pas ; y a-t-il une autre source à la morale et si oui laquelle ? Bien entendu, les imbéciles bernanosiens de service (journalistes en tête, associations Hippolyte ou Théodule, hommes politiques) ont crié au scandale. Jamais, au grand jamais de telles choses ne sauraient arriver. Il faut examiner si ces indignations sont de bon aloi.
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Pourquoi de telles choses ne pourraient-elles arriver ? Il y a deux explication possibles à cette dénégation. La première est que, au fin fond de leur cerveau, ceux qui protestent contre le cardinal jugent que ces propositions déviantes sont immorales. Ils ont simplement déplacé dans leur tête la frontière du moral et de l'immoral, et ils estiment que l'homme étant l'équivalent de la femme, il n'y a aucune raison de ne pas leur accorder les mêmes droits, y compris celui de se marier avec qui ils veulent. Dans cette perspective, l'erreur est anthropologique. On aura beau avancer des arguments biologiques, anatomiques, psychologiques, rien n'y fera. Le seul recours possible est le recours à la morale naturelle. Encore faut-il que nos apprentis sorciers veuillent bien y croire. Tout de même, je rappelle de nouveau que dans les débuts des années 1970, un groupuscule d'intellectuels, Roland BARTHES, Julia KRISTEVA, Gabriel MATZNEFF et d'autres avaient demandé que l'on dépénalisât les relations sexuelles d'adulte avec des enfants. Ce qui nous paraît honteux aujourd'hui (et nous devons reconnaître que du temps où elle était ministre Ségolène ROYAL a lutté contre l'abomination qu'est la pédophilie) ne leur paraissait point abominable à ces imbéciles (au sens de BERNANOS toujours).
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La seconde explication est plus cynique, mais elle n'est pas invraisemblable. Elle consiste à dire que c'est trop tôt, qu'il convient déjà de digérer la première innovation, avant d'en introduire de nouvelles. Dans de très nombreuses civilisations, souvent très raffinées (je pense à la civilisation chinoise), la polygamie était non seulement tolérée mais mise à l'honneur et elle l'est encore aujourd'hui dans certains pays musulmans. Elle est acceptée tacitement chez nous où l'on compte 20 000 foyers polygames. Une ou plusieurs des épouses sont déclarées aux institutions sociales comme mère célibataire et elles touchent les allocations afférentes à cet état ou (ce qui est le cas le plus fréquent) les reversent à leur mari. Si la polygamie n'est pas autorisée en France, elle est parfaitement tolérée. Mais d'où vient l'exigence légale de la monogamie ? Quelle instance de la mentalité collective nous fait juger qu'elle est bonne pour la société ? La tradition ? La perception qu'elle obéit à une exigence de la nature humaine ? Une nécessité sociale ?
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L'inceste également a été en honneur dans certaines couches sociales (les pharaons égyptiens par exemple) des sociétés antiques. Il serait tout de même intéressant de savoir pourquoi cette idée nous fait horreur. Nombre d'ethnologues ou d'anthropologues se sont penchés sur cette question. Elle est, semble-t-il, restée sans réponse contraignante.
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Monseigneur, merci pour ces paroles. Elles ont le mérite, quoique insuffisamment explicites, de placer le débat à son vrai niveau. La loi est-elle le seul moteur des comportements socialement acceptables ? Y a-t-il, au-dessus de l'arrogance humaine, quelque chose (ce que mon ami, le Pr Michel TARDY appelait l'instance de vérédiction) ou quelqu'un (que les croyants appellent Dieu) qui vient nous rappeler que tout n'est pas permis à l'homme ? Vous n'avez pas pété un câble, comme le dit si élégamment monsieur DELANOE, vous avez rappelé qu'on ne mange pas impunément du fruit de l'arbre de la connaissance, de la connaissance du bien et du mal.
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C'est tout pour aujourd'hui.

samedi 29 octobre 2011

Le décalogue à l'envers

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Grande discussion avec cet ami qui me faisait, il y a peu, le (gentil) reproche d'être conservateur. Il avançait la thèse, apparemment raisonnable (a) que dans un état laïc, la loi n'a pas à tenir compte du milieu existentiel transcendant et (b) que la définition du bien et du mal évolue avec les conditions historiques. Ainsi, et par exemple, l'esclavage a été toléré, y compris par des membres de l'Église, voire même de l'Église catholique(encore que d'assez nombreux théologiens et mystiques médiévaux, sans parler de MONTAIGNE (assez raisonnablement pieux pour n'en pas dire plus), ou de LAS CASES ou des Jésuites des Reduciones (orthographe non garantie) du PARAGUAY aient dénoncé ou combattu l'esclavage dont l'ignoble FOUCHER et les armateurs nantais réclamaient le maintien à la Convention (voir un petit billet consacré à cette ignominie).
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J'ai déjà eu l'occasion d'expliquer ici même la différence qu'il y a entre des obligations et règles morales purement casuistiques (qui relèvent - utilisons les mots adaptés - du comportement et donc de l'éthique) et des obligations et règles à caractère apodictique (qui relèvent de la morale et de la réponse à la question : que dois-je faire pour avoir la vie bonne ?). Je dis et je maintiens qu'il est impossible d'avoir une société politique pacifiée - ce qui n'exclue pas les conflits en matière de problèmes casuistiques - qui dans ses lois ne tiendrait pas compte du droit et de la morale naturels.
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Pour bien faire comprendre ce que je veux dire, je me propose de vous donner ici une version antinomique du Décalogue, et de vous laisser conclure vous-mêmes, étant entendu que j'ai exclu des commandements biblique tout ce qui a trait à leur aspect religieux :

-N'honore pas ton père et ta mère.
-Tue (ou il n'est pas interdit de tuer ou encore tu as le droit de tuer).
-Commets l'adultère (ou il n'est pas interdit de commettre l'adultère ou tu as le droit de commettre l'adultère).
-Vole (ou il n'est pas interdit de voler ou tu as le droit de voler).
-Porte de faux témoignages (ou il n'est pas interdit de porter de faux témoignages ou tu as le droit de porter de faux témoignage).
-Convoite la femme son prochain, convoite sa maison, son champ, son serviteur (ou il n'est pas interdit de... ou tu as le droit de... )
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Je suis prêt à parier que l'antinomie qui hérisserait le plus nos compatriotes est celle qui autoriserait le vol, ou la convoitise des biens du prochain. L'autorisation de l'adultère, ma fois, ne gênerait sans doute pas beaucoup de monde, un peu plus peut-être celui de l'abandon de ses parents, et l'autorisation du faux témoignage laisserait perplexe. Bien entendu, l'idée d'avoir le droit de tuer son prochain serait repoussée avec horreur. Puis à y réfléchir un peu plus profondément, et à condition de le vouloir, on conviendrait qu'il y a un  étroit rapport entre ces divers commandements, la convoitise entraînant la violence et le meurtre, le vol pouvant conduire à ne pas honorer ses parents mais à les dépouiller, ne pas honorer ses parents pouvant conduire à leur mort (ah ! cette fameuse canicule pendant laquelle des milliers de vieillards ont été abandonnés par leur enfants, sont morts et ont vu leur mort imputée à l'inertie des pouvoirs publics. J'ai trouvé ça abject... ).
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J'ai bien conscience de ne répondre que très partiellement à Yves. Et je lui accorde absolument que les droits de la conscience éclairée sont supérieurs à ceux des Etats. Il y a des hommes qui sont morts pour suivre les obligations que leur dictait leur conscience, et avoir refuser d'obéir à des lois injustes, suivant en cela le fameux exemple d'ANTIGONE. Mais une conscience peut-elle être éclairée par les seuls mouvements de l'histoire et de la société ? C'est un problème trop grave pour qu'on le traite - ce qui n'est pas le cas de cet ami - à l'aune des intérêts électoraux et de l'idéologie, d'autant plus que la norme positive indépendante de la morale naturelle (revendication des laïcards, de ces groupes  que l'historien Augustin COCHIN (trop tôt disparu) appelle les sociétés de pensée, et de la majorité en place) donne des pouvoirs exorbitants et totalitaires à ceux qui sont chargés de la définir, tout en y échappant en tant que législateurs réunis en corps (toujours au-dessus de la loi, paraît-il ! Ça semble assez vrai !).
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C'est tout pour aujourd'hui

vendredi 24 avril 2009

Que la loi doit reposer sur la morale naturelle

Les animaux consentent à de très nombreux sacrifices pour satisfaire aux exigences de leur nature : se nourrir, se reproduire, protéger leur progéniture le temps qu'il lui est nécessaire pour devenir autonome. Des fauves passeront des heures, immobiles, sous un soleil de plomb, à guetter une proie, des guenons défendront bec et ongle leur petit, les animaux de la savane déploieront des ruses inouïes pour s'abreuver aux maigres mares qui la parsèment tout en échappant à leurs prédateurs.
Il n'en va pas de même pour l'homme. Toute l'histoire de l'humanité peut se résumer aux efforts accumulés par les générations multiples pour diminuer sa peine et ses efforts et augmenter ses plaisirs. Les outils, la vie en société, la spécialisation des fonctions dans les communautés humaines n'avaient d'autres fins que cette volonté d'amélioration, fondement de la culture. Cette tendance, avec le développement prodigieux des techniques, n'a fait que prendre de l'ampleur, au point qu'aujourd'hui toute difficulté à agir, tout frein à l'accomplissement des désirs, tout retard dans l'accaparement des fruits, sont perçus, par ceux qui les vivent, comme une injustice. Chaque individu réagit dans le seul but de diminuer sa peine et d'augmenter ses plaisirs.
De tous temps, pour empêcher que cette tendance humaine à accaparer le fruit et négliger l'effort, ne perturbe la vie sociale, il y a eu des lois dont la fonction est de réguler les comportements humains, et de tempérer le foisonnement des passions individuelles ou collectives. La loi est donc nécessairement contraignante. Mais - et ceci a très bien été étudié et démontré par Michel CROZIER dans un ouvrage très remarquable, L'acteur et le système, - la tendance des êtres humains et des sociétés auxquelles il appartient, est de réagir à la contrainte par un contournement de ses exigences. (Je voudrais ici illustrer ce point par les propos d'un responsable syndical de la police ; il critiquait les mesures prises par les pouvoirs publiques contre les casseurs-manifestants porteurs de cagoule qui, jusque-là, échappaient à la loi en dissimulant leur visage pour ne pas être identifiés ; il énonçait lui-même, à grands renforts de détails, les moyens de contourner cette loi [porter une capuche, un casque de moto intégral, etc.], la jugeait inutile pour le motif qu'elle pouvait être aisément anéantie dans ses effets par l'habileté des casseurs et de leurs avocats). Mais plus la loi est transgressée, et plus on a tendance à la durcir. Comment lutter contre cette atteinte qui, effectivement, pourrait en fin de compte, être jugée comme insupportable ?
Je ne vois personnellement qu'un moyen. On me trouvera naïf, utopique, rêveur. Tant pis. La loi, pour être applicable, ne doit pas blesser la morale naturelle. On peut la résumer par la Règle d'Or formulée négativement : "Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'il te fasse". Ne le tue pas, car tu ne voudrais pas qu'il te tue, ne le vole pas pour la même raison, ne convoite pas ses biens non plus que sa femme, etc. Il faut donc, très tôt et à l'école, enseigner ce qu'est la morale naturelle, et ne rien édicter par la loi qui aille contre : car l'esprit humain est très prompt à détecter les contradictions et les failles d'un discours.
C'est pourquoi, en vertu de la proscription absolue du meurtre, je demeure résolument opposé à l'avortement (hormis quelques très rares cas où il apparaît comme la solution du moindre mal : viol ou inceste, comme ce fut le cas récemment de la petite brésilienne). On voit bien ici que la loi ne vient pas protéger la vie, mais alléger ou supprimer la peine ou les douleurs d'une grossesse non désirée, tout en augmentant les possibilités de prendre du plaisir, celui du sexe. Elle n'a là aucune considération pour l'avenir de l'espèce, ou la protection du faible. Pour la même raison, je suis absolument opposé à la peine de mort, et je ne vois aucune exception possible à cet interdit fondamental. Supprimer le pire des criminels, c'est lui ôter la possibilité d'une rédemption, c'est le croire incapable d'être sujet d'un salut. On pourrait multiplier, pour chaque interdit de la morale naturelle, des exemples qui montrent combien, de nos jours, la loi, offense cette morale naturelle, la seule à laquelle une conscience droite peut obéir sans avoir l'impression d'y être contrainte.
Mais pour qu'il y ait conscience droit, il faut qu'il y ait conscience éclairée. Cela ne se peut, dans notre société laïque, que par un enseignement très rigoureux, très constant, de la morale naturelle, et une étude approfondie des conséquences personnelles et sociales de ses violations.
Je rêve...