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samedi 13 janvier 2018

13 janvier 2018. Note très longue sur le Procès fait à Louis XVI.

Réponse à Dominique et à Francis, des amis.

Dominique commente le billet dans lequel je fais allusion au procès de Louis XVI ; il suggère que Louis XVI était un traître à sa patrie, puis dit que chacun pourrait se faire une opinion, puisque les minutes du procès sont tombées dans le domaine public et que l’on peut les consulter sur Wikipédia.
Cette affirmation est partiellement exacte, très partiellement exacte, et pour tout dire, elle participe à la partialité de la notice de Wikipédia. Je me permets de vous faire part ici de quelques faits et textes restés inconnus pour la plupart, et qui donnent à réfléchir et à se faire effectivement une opinion.

Reprenons les choses dans l’ordre. D’abord le nombre de votants.

Sur les 749 membres déclarés en droit de juger le roi : 683 votèrent la culpabilité, lors du premier vote sur ce point. On procéda ensuite à un second vote pour savoir si après le verdict on demanderait sa ratification par le peuple français. Un pointage soigneux pris sur les documents originaux du procès donne les chiffres suivants :
Pour l’appel au peuple            : 286
Contre l’appel au peuple         : 425
Malades                                   : 9
Se récusent                              : 9
Émettent un avis qui n’est
pas pris en compte                   : 5
Absents car en Commission    : 20

Total                                         : 754

On observe que le total des voix est supérieur au nombre de députés. C’est en vain d’ailleurs qu’un conventionnel, un homme droit, CAZENAVE, député des Hautes-Pyrénées demandent que les membres de la Convention qui n’ont pas assisté aux débats du procès mais sont arrivés quelques jours avant le vote fatal, n’aient pas le droit de vote, puisqu’ils n’ont pas connaissance de tous les éléments du dossier et il réclame que l’on défalque leurs voix du résultat final. Demande repoussée.

Pour dépeindre la lassitude et l’écœurement de certains Conventionnels, il est intéressant de faire parler ici des acteurs de ce procès. En premier lieu RABAUT-SAINT-ÉTIENNE : « Si les juges sont en même temps législateurs, s’ils décident la loi, les formes, le temps, s’ils accusent et s’ils condamnent, s’ils ont toute la puissance législative, exécutive et judiciaire, ce n’est pas en France, c’est à Constantinople, c’est à Lisbonne, c’est à Goa qu’il faut chercher la liberté. Quant à moi, je vous l’avoue, je suis las de ma portion de despotisme, je suis fatigué, harcelé, bourrelé de la tyrannie que j’exerce pour ma part, et je soupire après le moment où vous aurez créé un tribunal national qui me fasse perdre les formes et la contenance d’un tyran. »

Dans la séance du 13 novembre 1793, Charles MORISSON, député modéré, élu de la Vendée, fut l’un des quatre Conventionnels qui déclarèrent illégal la transformation de la Convention en Tribunal et des Conventionnels en jurés. Voici le texte de son intervention : « Une nation peut établir par un article précis de son contrat social que, quoiqu’elle ait des droits imprescriptibles de prononcer des peines aussitôt l’existence d’un délit et la conviction du coupable, l’accusé ne sera jugé, ne sera condamné, que lorsqu’il existera une loi positive qui puisse lui être appliquée. Ainsi depuis longtemps les Anglais, nos voisins, ont acquitté leur criminels dans tous les cas qui n’avaient pas été prévus par une loi positive. D’après nos institutions, pour pouvoir juger Louis XVI, il faut qu’il y ait une loi positive, préexistante, qui puisse lui être appliquée, mais cette loi n’existe point. Le Roi n’est inviolable que par la Constitution. La Constitution n’existe plus, son inviolabilité a cessé avec elle. Mais la Constitution subsiste toujours pour tout ce qui n’a pas été anéanti par des lois postérieures ou par des faits positifs, tels que la suppression de la Royauté et l’établissement de la République. Mais le peuple souverain a déterminé la peine qui lui serait infligée, et cette peine est seulement la déchéance. Mais la Convention nationale aurait-elle encore la mission de juger Louis XVI, je soutiens qu’elle ne pourrait la remplir, parce qu’un jugement, dans l’ordre social, n’est que l’application d’une loi positive préexistante, qu’il n’existe pas de loi positive qui puisse être appliquée à Louis XVI, point de peine qui puisse être prononcée contre lui. » MORISSON est juriste et il s’exprime ici en juriste et fort à propos. Il refusa de voter au motif que Louis XVI n’était pas justiciable, pour les raisons qu’il avait dites.

Passons sur le discours abominable de haine de SAINT-JUST qui intervint peu après MORISSON et venons-en à l’intervention de ROBESPIERRE : « L’assemblée a été entraînée, à son insu, loin de la véritable question. Il n’y a point de procès à faire. Louis n’est point un accusé, vous n’êtes pas des juges. Vous êtes, vous ne pouvez être que des hommes d’État et les représentants de la Nation. Vous n’avez point une sentence à rendre pour ou contre un homme mais une mesure de salut public à prendre, un acte de providence nationale à exercer (on applaudit). La question fameuse qui vous occupe est décidée par ces seuls mots : Louis est détrôné par ses crimes. […]. »

Notons trois choses : le peuple est dit souverain, mais on refuse de recourir à lui pour ratifier la condamnation. Les Conventionnels représentent (après dépouillements des résultats électoraux) 4 % de la population française. Louis n'est pas un accusé et les Conventionnels ne sont pas des juges. Est-ce là un procès équitable ? C'est une exécution de nature politique !

Le calme, la dignité, la majesté de Louis XVI lors de son procès arrache à l’ignoble MARAT ces mots : « Innocent, qu’il eût été grand à mes yeux dans cette humiliation ». Le même homme avouait que les accusations n’étaient ni démontrées péremptoirement ni même déterminées d’une manière précise.
Écoutons maintenant Jean-Jacques FOCKEDEY qui dans ses Souvenirs rapportent ses impressions sur les événements de septembre : « Je me permettrai quelques mots sur la Convention nationale : elle fut convoquée à la suite des événements du 10 août, par la première législature qui succéda en 1791 à l’Assemblée constituante. La Convention était composée de 749 membres ; elle renfermait beaucoup d’hommes de grands moyens, parmi lesquels se trouvaient des partisans de la République, par conséquent ennemis déclarés de la monarchie, de la dynastie régnante dont ils déclarèrent la déchéance dès le 30 septembre et par un décret subséquent proclamèrent la République. Je partis de Dunkerque le 21 septembre 1792. J’appris l’abolition de la Royauté et l’établissement de la République le 22. Monsieur MERLIN de DOUAI, député comme moi à la Convention, mon compagnon de voyage, ne put y croire, vu que ces décrets avaient été rendus avant la réunion générale de tous les députés nouvellement élus. Nos doutes se changèrent en réalité le lendemain, jour de notre arrivée à Paris, et le décret avait été rendu à la majorité des membres présents et pendant l’absence d’environ 500 (cinq cents !) députés non encore arrivés…
― Arrivés à Paris dans la matinée du 24, nous nous rendîmes aux archives pour nous faire connaître. Monsieur MERLIN fut mon introducteur, car jusqu’alors je n’avais pas de pièces qui constatassent ma qualité de député, et sur l’assertion de monsieur MERLIN, l’archiviste M. CAMUS m’enregistra et m’en délivra l’extrait. ― De là nous fûmes au comité de l’inspection, où monsieur CATON, son président, me délivra sa carte d’entrée sous le n° 304. ― Sans nul doute, les 22 et 23 septembre, il était arrivé bon nombre de députés. L’Assemblée conventionnelle comportait en totalité 749 députés. Donc la Royauté fut abolie et la République fut décrétée et proclamée par tout au plus les deux cinquième de ses membres. ― Cette marche précipitée fut-elle légale ? La réponse est simple et aisée. La crainte des novateurs de ne pas réussir à substituer un gouvernement républicain au gouvernement monarchique et constitutionnel si la totalité des députés eût pris part à ce changement majeur et si important, les détermina à rendre ce décret. Telle était à mes yeux étonnés cette Convention à laquelle j’osais dire un jour dans mon discours prononcé à la tribune, à l’occasion du jugement du malheureux Louis XVI : Qu’elle représentait plutôt une arène de gladiateurs qu’un aréopage de législateurs, et que si la nation assemblée pouvait être présente à nos délibérations, elle nous chasserait à coups de fouet. ― Des murmures accueillirent cette phrase. Habitué à ces interruptions, je repris ma phrase et je haussai la voix pour qu’elle fût bien comprise, laissant aux interrupteurs la honte de s’y reconnaître. ― Il était évident pour tout homme réfléchi et bien pensant que le gouvernement républicain voté avant l’arrivée de tous les députés était illégal ; […]. »

         Enfin voici ce qu’on rapporte d’une conversation que Jean De BRY ou DEBRY eut avec des proche alors que, sous l’Empire, il avait été nommé préfet du Doubs. Il disait que son vote (il vota la mort) pesait sur sa conscience. Il se bornait à l’expliquer. ― « J’étais parti de chez moi, disait-il, avec l’intention formelle de voter le bannissement du Roi et non pas la mort ; je l’avais promis à ma femme. Arrivé à l’assemblée, on me rappela d’un signe le serment des loges. Les menaces des tribunes achevèrent de me troubler : je votais la mort. » ― Jean DEBRY ajoutait d’un air mystérieux : « On ne saura jamais si Louis XVI a été réellement condamné à la majorité de CINQ voix. ― Plusieurs croient que le bureau a pu modifier quelques votes avec la complicité silencieuse de ceux qui les avaient donnés. On avait arrangé en conséquence le récit des séances du Moniteur. Quand même le vote était public, personne, excepté les membres du bureau, n’en avait le relevé exact. La séance avait duré deux jours et une nuit, et cette longueur contribua à rendre incertain le résultat suprême. Mais on voulait en finir, et la fameuse majorité de cinq voix a peut-être été constatée à la dernière heure, pour s’épargner l’ennui d’un nouveau scrutin. » (Cité par N. DESCHAMPS. Les sociétés secrètes et la société… II, page 136.)

         Dans l’ouvrage (que je possède) intitulé Petite biographie conventionnelle ou tableau moral et raisonné, (l’auteur est anonyme) publié à Paris en 1815, il est indiqué, faussement semble-t-il, que DEBRY est mort en 1814. En revanche, il y est clairement souligné qu’il faisait partie des enragés puisqu’il voulait créer un corps de tyrannicides « pour combattre, corps à corps les rois en guerre avec la France et les généraux qui combattent leurs armées. Il demanda qu’il fût accordé une récompense de cent mille francs à ceux qui apporteraient les têtes du duc Albert de SAXE-TESCHEN ; de François II, empereur d’Allemagne ; de Frédéric-Guillaume, roi de Prusse ; du duc de BRUNSWICK, et de toutes les bêtes fauves qui leur ressemblaient ». On s’interroge donc sur les raisons de ce remord tardif. DEBRY est mort en 1834, après avoir passé 15 ans en exil, à MONS, de 1815 à 1830, date à laquelle il rentre dans sa patrie. Est-ce pour se concilier les bonnes grâces du Roi des Français ? On ne saurait le dire.

Je voudrai pour terminer vous rappeler les immortelles paroles d’André LAIGNEL, (ci-devant maire d’ISSOUDUN, surnommé le Nain Sectaire, et promoteur malheureux de la fameuse loi sur la création d’un grand service public laïc, national et unifié de l’Éducation nationale, destinée à supprimer les écoles, collèges et lycées privés sous-contrat). L’initiative de cet imbécile aboutit à un résultat malheureux : la démission anticipée d’Alain SAVARY, un honnête homme qui ne faisait que mettre en musique les instructions du Premier ministre et du Président de la République. Il fut doublement désavoué et par ces derniers et par le prévisible mouvement de résistance des Français. Rappelez-vous et n’oubliez jamais ces immortelles paroles qui nous ramènent à la dictature du nombre : « Vous avez juridiquement tort, parce que vous êtes politiquement minoritaires ! » Vous comprendrez alors pourquoi les arrière-grands parents de ce monsieur, ont précipité la proclamation de la République en l’absence des trois cinquièmes des députés de la Convention : il leur fallait pouvoir justifier leur décisions par la loi du nombre…

Si vous voulez bien rentrer dans la perspective historique qui explique l’actuelle république, souvenez-vous de ce que des hommes droits ont dénoncé lors du procès du malheureux Louis XVI, et des remords tardifs du sanguinaire DEBRY. 

Mes sources :

Gustave BORD.
La vérité sur la condamnation de Louis XVI.
A. Sauton, Éditeur, Paris, 1885. (Téléchargeable depuis BNF-Gallica, ce que j’ai fait.)

(Anonyme.)
Petite biographie conventionnelle ou tableau moral et raisonné.
Chez Alexis Eymery, Paris, 1815. (Livre en ma possession.)

N. DESCHAMPS.
Les sociétés secrètes et la société ou philosophie de l’histoire contemporaine.
6e édition. En trois tomes.
Seguin frères, Avignon ; Oudin frères, Paris ; Librairie générale catholique et classique, Lyon, 1882. (Téléchargeables depuis la Bibliothèque Saint-Libère, ce que j'ai fait.)

Augustin COCHIN.
La Révolution et la libre-pensée. La socialisation de la pensée (1780-1789). La socialisation de la personne (1789-1792). La socialisation des biens (1793-1794).
Librairie Plon, Les petits-fils de Plon et Nourrit, Paris, 1924.

Augustin COCHIN.
Les Sociétés de pensée et la démocratie moderne. Études d’histoire révolutionnaire.
Librairie Plon, Les petits-fils de Plon et Nourrit, Paris, 1921.
(Je possède ces deux livres.)

Il faudrait aussi lire TAINE et Edgar QUINET. Mais je ne me suis pas inspiré de ces deux auteurs dont je possède les ouvrages (en édition originale pour TAINE, dans une réédition moderne pour QUINET, peu suspect de sympathie pour la monarchie, mais qui est un homme intellectuellement probe, et un véritable historien).

On m’objectera, bien à tort, que j’ai pris mes sources dans des ouvrages d’auteurs très critiques pour la Révolution. Mais les renseignements que nous donne l’histoire officielle sont puisés à des ouvrages produits par des AULARD (un véritable imbécile), MATTHIEZ, SOBOUL, qui tous se réclament du jacobinisme, quand ce n’est pas du marxisme. Il est donc parfaitement légitime de contrebalancer les opinions officielles par d’autres qui ne le sont pas ! Il me semble que c’est la bonne méthode pour se faire une opinion, comme le suggère Dominique.


samedi 31 mai 2014

31 mai 2014. Nouvelles de la Résistance : Vilain oiseau que celui qui salit son nid !

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Qu'il m'est doux et agréable, chers et fidèles lecteurs de vous rappeler la devise :

Ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté.
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1. La citation du jour.
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C'est un livre très remarquable que celui dont j'extrais la citation du jour. Il fait litière, de manière juste et pondérée, des accusations portées par les esprits dans le vent, souffle au gré duquel les francs-maçons volent, s'envolent, se dispersent et se retrouvent quand il s'agit de défendre leurs idées, leur pouvoir et leur influence. Ecrit par un historien scrupuleux, cet ouvrage mérite d'être lu et médité par tous ceux que la recherche de la vérité intéresse. Il ne cache ni les défauts ni les limites ni les compromissions des responsables des Eglises chrétiennes, mais il en souligne l'admirable constance et la contribution irremplaçable à notre civilisation. Dans L'héritage. Au risque de la haine (Aubier, Paris, 1995), Pierre CHAUNU, puisqu'il faut le nommer, dit ceci :

"Même si la civilisation technicienne, post-industrielle, informatique se veut loin des théologies de la Transcendance, même si dans la tradition des Lumières plaquée sur ce rameau issu du tronc commun, on oppose modernité à chrétienté, dans la mesure même où notre culture ne met rien au-dessus de l'individu, en dépit et jusque dans sa révolte apparente, elle est, plus qu'une autre, héritière du passé."

Et encore :

"Nous sommes solidaires sur l'axe du temps. Renier son passé, c'est renier son être. Le premier devoir est celui de la justice et de la lucidité. Il n'y a pas de futur sans passé. Installé sur un long et riche phyllum, ayant beaucoup donné et, peut-être, plus encore reçu, nous devons refuser les procès imbéciles. Nous n'avons eu [CHAUNU veut parler de la civilisation chrétienne] le monopole ni de la violence, ni de la guerre, ni de la persécution. L'essentiel, peut-être, même l'essence de notre culture, la place donné au Je, au Je avant le Nous, liée à la parole du Transcendant révélé/dérivé."
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2. Commentaires.
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Je crois qu'il est impossible de comprendre ce que les imbéciles patentés et bernanosiens des médias tentent de nous entonner appellent le "repli identitaire" (cf. Nicolas DOMENACH, hier soir, sur BFMTV lors de sa discussion avec Eric ZEMMOUR), manifesté paraît-il lors des élections européennes et appelé avec une subtilité éléphantesque "Vague brune" par les imbéciles non moins patentés du journal gratuit Direct matin, je crois disais-je qu'il est impossible de comprendre ce vote si l'on ne voit pas que les peuples et les patries ne veulent pas qu'on les arrache à leur passé. C'est qu'il permet d'entrevoir l'avenir, comme le dit si bien Pierre CHAUNU.
Rien n'a changé depuis le XVIIIe siècle et le travail de sape que les Loges et Sociétés de pensée ont fait dans l'esprit public. Les initiés continuent de croire qu'ils détiennent la vérité et qu'il convient de l'infuser dans l'esprit du bon peuple, serait-il récalcitrant, par tous les moyens, y compris celui du mensonge, de la désinformation, des groupes de pression, du lobbying et de l'infiltration des centres de décision par nombre d'entre eux. En somme, ils sont le Magistère secret de la République à la française. Attention, je n'entends pas dire que leurs réflexions sont inutiles ou inintéressantes. Mais je condamne fermement leur volonté d'imposer leurs croyances (car il s'agit bien de croyances) en faisant violence à la réalité. Les francs-maçons sont des croyants et à ce titre leur psychologie et ses ressorts peuvent être examinés avec l'esprit critique dont ils font preuve vis-à-vis des chrétiens en général et des catholiques en particulier.
N'ayant rien appris depuis le XVIIIe siècle, ils utilisent les mêmes méthodes, celles qu'a si bien analysé Augustin COCHIN. On discute dans la Loge principale parisienne. On fixe une ligne, faite pour l'instant et le moment considéré, quitte à en changer si les circonstances elles-mêmes changent. On avertit les loges provinciales et on se concerte même avec les loges étrangères. (Voir la section 3.). Seulement ça ne marche plus, pour plusieurs raisons. La première est sans doute la prépondérance du moi autonome (qu'ils ont contribué à répandre dans la société en travestissant le Je  transcendant de Dieu en "Je" de petit bonhomme) qui entend faire entendre sa voix et qui la fait entendre aujourd'hui avec fracas, grâce aux réseaux sociaux. La seconde est que la société réelle se dresse contre la société rêvée, et qu'à une fraternité universelle qui ne cesse d'être annoncée mais ne vient jamais, les peuples préfèrent une fraternité concrète : celle du voisin, celle du concitoyen, celle de la famille, de l'association sportive, etc. Ils se moquent éperdument des grandes envolées lyriques, dont le plus emblématique exemple est le fameux et ridicule "Sortir de l'Europe, c'est sortir de l'histoire". Nous ne voulons pas sortir de l'Europe. Elle est notre maison commune. Nous voulons au contraire y rentrer de nouveau, en abandonnant ce qui doit l'être, mais certainement pas ses origines chrétiennes. L'Europe invoquée par monsieur HOLLANDE est son Europe à lui, ce n'est pas la nôtre.
Vilain oiseau que celui qui salit son nid ! C'est ce que fait monsieur HOLLANDE et ses soutiens.
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3. Infos éclaircissantes.
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Branle-bas de combat chez les frères (via Média Presse).
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"Mercredi 28 mai 2014 : le Grand-Orient de France organisait son 1er forum des Obédiences maçonniques libérales et adogmatiques de l’Union Européenne au Temple Arthur Groussier Hôtel du Grand Orient de France 16 rue Cadet. L’introducteur de la séance, dénonçant l’imminence d’ « une régression identitaire », a souligné la nécessité de faire un débat sur les élections européennes du dimanche 26 mai. L’affluence dans la salle confirmait l’urgence de cette réunion, a-t-il indiqué ensuite, précisant qu’en ces « temps sombres, [il convient] d’apporter de la lumière ». Vingt-huit obédiences s’étaient rassemblées au siège parisien, comprenant plusieurs membres de loges de l’étranger, de loges de France et ceux qu’ils appellent des profanes, les non-initiés – tel l’auteur de cet article. La séance se déroulait en deux temps : le premier se composait de trois interventions sur des thèmes précis (les droits des femmes et leur présence à l’échelle européenne, la question de l’immigration en Europe et l’état de l’Union Européenne en regard du scrutin européen venant d’être voté), le deuxième d’interventions des maçons présents dans l’assemblée qui devaient soulever des problématiques sur l’Union Européenne.
La première intervenante, maçonne grecque, a insisté sur la présence trop discrète des femmes au sein de l’Union Européenne ; a été avancé le nombre de 33 % de femmes présentes à la Commission européenne et cinq présidentes seulement à la tête des pays membres. Le rejet du rapport Estrela, cause des pressions de la droite et l’extrême-droite et les « régressions » de l’Espagne vis-à-vis des lois en relation avec l’IVG ont été dénoncées avec vigueur. Une solution a été proposée : la création d’une charte pour le droit des femmes, afin que la vision « progressiste » soit établie à l’échelle européenne ; tout pays voulant entrer dans l’Union devra adopter celle-ci pour y être intégré favorablement.
[...] Lors du débat, beaucoup de membres des loges présents ont dénoncé l’importance du ‘’lobbysme catholique’’, d’une influence certes moins prégnante (sic) depuis la mise en vigueur de l’article 17 du Traité de Lisbonne qui élève le ‘’dialogue’’ avec les autorités religieuses au statut d’obligation juridique. Ont été dénoncés d’influence majeure l’Opus Dei et les groupes religieux (notamment les Orthodoxes) qui interviendraient de façon trop forte sur les questions des droits des femmes, bioéthiques et en rapport avec la « mort dans la dignité ». Si un maçon intervenait et dénonçait un anathème passéiste, un autre fulminait : « comment se fait-il qu’un lobby catholique puisque encore s’exercer au sein d’une France qui se déchristianise de jour en jour ? ». Enfin, d’autres reprochaient aux catholiques de s’être accaparés la question des « droits de l’enfant » et, en le dissociant des droits de l’Homme, de l’avoir retourné en leur faveur – il devient une sorte de postulat intouchable auquel il est difficile de répondre. Une solution a été proposée : il va falloir bientôt « mettre la main à la poche » pour se constituer un véritable « bureau de lobbying ». [...]"
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Comme aurais-dit COLUCHE : "Je rigole !"





mercredi 28 mai 2014

28 mai 2014. Nouvelles de la Résistance : Liberté de principes et Tyrannie de fait

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Non, ah, certes non, ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai ! C'est la lâcheté.
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1. La citation du jour.
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D'Augustin COCHIN, cette citation empruntée à son livre remarquable Les sociétés de pensée et la démocratie moderne. Etudes d'histoire révolutionnaire. (Librairie Plon, Les Petits-Fils de de Plon et Nourrit, Imprimeurs-Editeurs, Paris, 1921.

"[...]. Tyrannie de fait au service de la liberté de principe : voilà toute la Révolution. Renoncez à la première, la seconde périt aussitôt. Et la raison en est qu'elle est de principe, qu'elle n'est pas de ce monde, et dès lors ne peut y régner que par la fraude et la force. Elle est né dans un monde à part, le monde des sociétés de pensée, loges, clubs, sociétés populaires, peu importe le nom. C'est la Petite Cité, une petite république parfaitement démocratique, mais isolée et fermée, où l'on fait de la politique loin des affaires, de la morale loin de l'action ; où tout le bagage de la vie réelle, expérience et croyance, intérêts et devoirs, tout ce qui est tourné vers l'action et l'effet n'entre pas ; il n'y aurait que faire, et encombrerait sans profit. [...]."

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2. Commentaires.
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Les frères ont du souci à se faire. Augustin COCHIN dans son livre sur les Sociétés de Pensée montre quel a été leur rôle dans l'organisation, le déroulement et l'application de la Terreur (voir la citation). Il montre comment les membres de la Petite Cité, correspondant incessamment entre eux, ont organisé ce climat social qui, en dépit et contre les individus, a permis que l'on tue, noie, fusille guillotine, brûle, éventre, pende des dizaines de milliers de Français, issus du Peuple, sans que l'opinion publique soit jamais informée de ces horreurs parce qu'ils tenaient les journaux et que les idées passaient avant les êtres humains.
Il a fallu attendre, nous dit COCHIN, l'exposé des pièces à conviction présentées à la Convention le 13 octobre 1794 par MERLIN de THIONVILLE pour que la "Représentation nationale" (tu parles !) apprennent ce qui s'était passé à BOURGNEUF quelques semaines auparavant ; 41 personnes y avaient été noyées : 2 hommes (dont un aveugle de 78 ans), 12 femmes, 12 filles, 15 enfants (dont 10 de 6 à 10 ans) et 5 bébés qui n'étaient point encore sevrés. Aucun journalistes (et il y en avait) n'avait cru bon d'évoquer ces horreurs.  Pas de liberté pour les ennemis de la liberté, n'est-ce pas ? Thermidor enfin avait passé. et "les bouches s'ouvraient !"
Les réseaux sociaux sont en mesure de déjouer les plans de ces frères qui tirent gloire d'une utopie née au XVIIe siècle en Écosse (disent-ils). (Voir l'information dans la section 3). Voilà qui s'appelle regarder l'avenir dans un rétroviseur ! Je crois avoir montré (petitement certes) dans mon billet d'hier que l'Europe existait avant eux ; leur vue européenne n'avait pour but que de remplacer cette Europe sans couture et bien réelle, par une Europe utopique, inexistante et à construire ; elle était pensée en chambre par des initiés, et imposée au bon Peuple et contre son gré, par le soin de leur rouage de pouvoir. Aujourd'hui, ça ne marche plus. Et c'est tant mieux. Nous savons qu'ils veulent continuer dans la même voie. Nous savons que nous pouvons, quelle que soit le vote que nous avons émis, dire non à leur projet, ce qui n'est pas dire non à l'Europe, mais non à leur Europe à eux. Mais il y a de forte chance que monsieur MOSCOVICI, en panne de fonctions politiques et d'émoluments afférents, soit désigné par monsieur HOLLANDE comme commissaire. C'est qu'il faut bien vivre, en effet. Il appliquera sans état d'âme les consignes de la rue Cadet. Mais les mêmes causes produisant les mêmes effets, ses initiatives sont vouées à l'échec.
Ont-ils simplement pensé, les Commissaires, leur Président et tous les culs-de-plomb bruxellois payés à prix d'or, que leurs politiques financières réduirait à la misère et au chômage 30 % des Grecs, des dizaines de milliers de jeunes en Espagne et ailleurs ? Bien sûr, les Gouvernants de ces peuples ont leur part de responsabilité dans ce désastre, mais les peuples ont voté. Ils ont mal voté. Il faut changer tout ça nous disent les "frères". Ils se moquent des angoisses que ressentent tant de pères et mères de famille quand arrive la fin du mois, ou des craintes des salariés sur qui pèse le risque d'un licenciement. Péripéties charnelles, réalités subalternes, qui viennent salir la belle ordonnance de leur abstrait projet ! Monsieur MELANCHON, dans son remarquable discours de TOULOUSE a parfaitement décrit la réalité. Et le réel, c'est ce qui résiste nous apprend la philosophie. Mais les frères n'ont pas renoncé, comme le montre l'information qui suit.
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3. Menues infos utiles.
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Lisez-bien cet article, tiré du journal La Provence. La contre-réforme maçonnique a commencé.

"L'Europe est en ruines, il n'y a plus qu'à la reconstruire" : sonnés par le "séisme" d'un scrutin marqué par une forte poussée des populismes, les responsables d'une vingtaine d'obédiences maçonniques européennes se réunissent mercredi à Paris dans un cadre inédit. Ce premier "forum des obédiences maçonniques libérales et adogmatiques de l'Union européenne" avait été programmé avant les élections européennes, mais les résultats du scrutin organisé de jeudi à dimanche dans les 28 pays de l'Union lui donnent un écho particulier.
Près de 25% des suffrages exprimés en France pour le Front national, 27,5% pour les europhobes de l'Ukip en Grande-Bretagne, 26,7% pour le Parti populaire (anti-immigration) au Danemark, les néonazis grecs d'Aube dorée qui font leur entrée au Parlement européen... Mercredi de 14h à 19h, une vingtaine de délégations venues de presque autant de pays, dont la Grèce, la Pologne et la Hongrie, seront rassemblées au siège du Grand Orient de France (GODF), rue Cadet, pour parler droits des femmes, immigration et franc-maçonnerie européenne, mais aussi tirer les enseignements du scrutin. Lequel n'a pas totalement surpris Daniel Keller, grand maître du GODF, première association maçonnique française avec quelque 50 000 membres revendiqués, et l'une des plus importantes obédiences libérales en Europe.
"Les républicains de tous bords se sont très certainement laissé enfermer dans une logique un peu autiste des institutions européennes", explique le dirigeant du Grand Orient, hôte du forum de mercredi. "Cette date n'est pas totalement le fruit du hasard, elle a été anticipée dans la crainte de ce séisme", précise Daniel Keller. Son mouvement avait d'ailleurs lancé début mai, avec la Grande loge mixte de Grèce et d'autres obédiences européennes, un "appel d'Athènes" alertant contre le risque d'un fort vote extrémiste.
"On s'aperçoit que les populismes progressent dans tous les pays de l'Union européenne. L'Europe est en ruines, il n'y a plus qu'à la reconstruire", ajoute le grand maître du GODF, relevant que c'est une constante de la franc-maçonnerie que de travailler "sur la symbolique du temple qu'il faut en permanence rebâtir". Un forum de réflexion peut-il seulement répondre à l'urgence d'un séisme politique ? "Sur l'Europe, orpheline d'un projet, la solution ne sera pas trouvée en quinze jours. C'est aussi le rôle des francs-maçons dans chaque pays d'initier cette réflexion citoyenne qui fait défaut", plaide Daniel Keller, pour qui la maçonnerie, apparue en Ecosse au XVIIe siècle, est "une grande utopie de la civilisation européenne".

[...].
J'ai surligné en jaune les passages éclairants et parfois contradictoires de monsieur KELLER.
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