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lundi 13 septembre 2010

Des raisons d'espérer...

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Natacha a été violée et tuée dans la fleur de son âge. Son assassin présumé est un récidiviste condamné à dix ans de réclusion et libéré au bout de quatre ou cinq ans (je ne sais pas le chiffre exact). Le père de cette jeune femme aurait eu toutes les raisons humaines de haïr l'homme qui lui a ravi sa fille. Or, lors de la cérémonie qui a eu lieu à MARC-EN-BAREUL, lieu où résidait la victime, cet homme brisé a eu le courage de dire un Notre-Père en étendant les bras et de prononcer d'une voix forte le "Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés". Je l'ai vu et entendu, et c'était bouleversant, car il n'y avait pas de mensonge dans la voix, ni d'ostentation dans le geste, ni d'affectation dans le ton : tout était juste. Oh oui ! Voilà une raison d'espérer en l'homme droit. Monsieur MOUGEL a donné un exemple, et sans le savoir, un témoignage de disciple.
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Samedi soir ! Nous désirons voir le film de Xavier BEAUVOIS, Des hommes et des dieux, à la séance de 20 heures. Nous pensons qu'arriver une demi-heure avant le début de la séance, suffira pour trouver des places. Las ! Il y a une queue de plus de 200 mètres, et nous renonçons. Dimanche, la séance du début d'après-midi est moins chargée. C'est qu'à 13 h 30, à Paris, en ce premier jour de la semaine, on déjeune. Mais quand nous sortons vers 16 heures, il y a une file d'attente de plus de deux cents personnes. Un silence plein de respect et de ferveur vient d'accueillir la dernière image. Nous nous taisons. Les spectateurs le sentent en effet : il ne convient pas de commenter les chefs-d'oeuvre. Encore une raison d'espérer.
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Aujourd'hui, à Tibériade, il est possible de prendre un exemplaire du testament de Christian de CHERGE, le prieur de TIBHIRINE, décapité avec ses frères dans des conditions qui demeurent mystérieuses. Christian l'a rédigé entre le 1er décembre 1993 et le 1er janvier 1994, d'abord à ALGER, puis dans son monastère de TIBHIRINE. En voilà un extrait, prophétique et superbe : "Ma mort, évidemment, paraîtra donner raison à ceux qui m'ont rapidement traité de naïf, ou d'idéaliste : 'Qu'Il dise maintenant ce qu'Il en pense !' Mais ceux-là doivent savoir que sera enfin libérée ma plus lancinante curiosité. Voici que je pourrai [noter le futur, je vous prie ; c'est moi qui souligne], s'il plaît à Dieu, plonger mon regard dans celui du Père pour contempler avec lui Ses enfants de l'Islam tels qu'il les voit, tout illuminés de la gloire du Christ, fruit de Sa Passion, investis par le Don de l'Esprit dont la joie secrète sera toujours d'établir la communion et de rétablir la ressemblance, en jouant avec les différences". Oui, encore une raison d'espérer en ces hommes de prière et de foi qui acceptent par avance de donner leur vie et qui effectivement la donne.
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Dans un autre registre, ces chiffres qui laissent augurer d'une embellie dans les perspectives d'emploi, et le recul du chômage : en 2010, 43 % des entreprises consultées ont prévu d'embaucher au moins un cadre (8 points de plus qu'il y a un an). Ce sont là des résultats assez proches de ceux qui prévalaient avant la crise (chiffres de l'APEC, dans sa note de conjoncture du troisième trimestre 2010). Un directeur de cabinet de recrutement (Frédéric BEZIERS ; cabinet HAYS) constate une amélioration globale de l'embauche. Le groupe GDF-Suez annonce 13600 recrutement en 2010 (dont 1400 cadres et 350 jeunes diplômés). Le groupe BOUYGUES annonce, lui, 5000 recrutements en 2010, et EIFFAGE, 3000). On note une forte augmentation de la demande en maçons, coffreurs, boiseurs, soudeurs dans le domaine du bâtiment, et pour des emplois très qualifiés. Même remarque pour les chefs d'équipe, chefs de chantier, conducteurs de travaux, qui sont très recherchés. Encore une raison d'espérer.
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Je résume : l'espoir vient de la foi de quelques hommes enracinés dans la certitude du disciple, il vient de l'intérêt inespéré du public pour des hommes qui ont vécu une aventure spirituelle engageant leur vie ; il vient de la confiance que quelques entrepreneurs, moins frileux que la moyenne, illustrent en recrutant des jeunes, des ouvriers qualifiés, des cadres. Tous regardent l'avenir avec des yeux neufs. Ils n'ont pas le coeur rance, l'esprit aigri, et ils croient en l'homme. Allons ! Courage ! Tout n'est pas perdu.
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dimanche 12 septembre 2010

Au temps qui court

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Le révérend JONES a conçu un projet homicide. Il voulait brûler des Corans le 11 septembre de cette année, jour anniversaire des attentats contre les tours jumelles du World Trade Center, au motif que le Coran est pour lui un livre satanique. Que de telles idées puissent germer dans la tête d'un homme qui se dit disciple de Jésus, qui plus est ecclésiastique, est inconcevable. Il a fort heureusement renoncé à sa folie. Nous devons du respect à ces millions de musulmans qui prient, pratiquent l'aumône et l'hospitalité, jeûnent, et qui n'ont rien à voir avec les islamistes, réplique symétrique optique (c'est-à-dire dans un miroir) de ceux qui soutiennent le fanatisme du révérend JONES. Oui ce projet était homicide, assassin, inspiré par le Malin.
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Nous pouvons regretter que nombre de musulmans, comme nombre de chrétiens du reste, ne s'attachent pas à pénétrer le sens profond de leurs livres saints respectifs, en négligeant de leur appliquer les méthodes modernes de la critique historique ou littéraire, de l'archéologie, de la papyrologie, des sciences humaines, que sais-je encore. Mais il y a des scientifiques musulmans, notamment des chercheurs égyptiens, qui se sont attelés à cette tâche avec une rare intelligence et une probité intellectuelle sans faille, et qui rattrapent le temps perdu. Chez les chrétiens, ce travail a commencé il y a longtemps et il a porté de beaux fruits dans le coeur de ceux qui ont pris le temps de s'y intéresser.
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Mais le plus effarant pour moi a été de lire les résultats d'un sondage, dépourvu il est vrai de toute valeur scientifique, paru sur le site d'accueil MSN-hotmail. On constate que seulement 51 % des personnes qui ont répondu trouvent le projet du révérend JONES inacceptable, et que plus de 40 % l'approuvent. Voilà bien un signe des temps, de ce temps qui court et pourrait nous conduire à l'abîme si nous n'y prenons garde. Oui, un signe qui interpelle.
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Au moment où paraît le film de Xavier BEAUVOIS Des hommes et des Dieux, comment ne pas citer ici ce que le prieur de TIBHIRINE, Christian de CHERGE, dit dans son admirable livre L'invincible espérance ? "La foi de l'autre est ici un don de Dieu, mystérieux bien sûr. Il impose le respect. Il ne prendra tout son sens qu'au sommet de cette échelle qui nous retourne ensemble vers le Donateur unique. Et ce don fait à l'autre m'est aussi destiné pour me stimuler dans le sens que j'ai à professer."
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lundi 6 septembre 2010

Des hommes et des dieux...

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Dans quelques jours, il nous sera possible de voir le film de Xavier BEAUVOIS, Des hommes et des dieux. A cette occasion, le magazine Panorama publie une interview de Lambert WILSON, conduite par Bertrand REVILLON (Livraison de Septembre 2010, N° 468). Si vous en, avez la possibilité, lisez cet entretien. Lambert WILSON décrit la manière dont il a peu à peu perçu la vie monastique - en faisant une retraite à l'abbaye de TAMIE avec les autres acteurs choisis pour tenir les places (je n'ose pas dire les rôles) des moines du monastère de TIBHIRINE, enlevés par des islamistes, et décapités dans des conditions qui resteront à jamais mystérieuses, pour ne pas dire ténébreuses ; comment aussi il a habité le personnage de Christian de CHERGE, le prieur de l'abbaye.

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Ses réponses sont pleines de pudeur. Lambert WILSON préfère le silence de la campagne et la paix des monastères à l'agitation médiatique de PARIS. Il précise qu'il a été baptisé par l'abbé PIERRE, dont il avait joué le rôle dans Hiver 54. Mais là n'est pas le point principal. A la question [La foi] l'avez-vous, Lambert répond : "Il faut se méfier du piège des mots. Oui, je crois que j'ai la foi, à condition que ce mot ne signifie pas 'posséder une certitude' mais être sur un chemin, un itinéraire inévitablement chaotique, empli de tâtonnements. Je répugne à prononcer le nom de Dieu. Je crois que nos lèvres sont infiniment trop petites pour prononcer le nom de Dieu. Lorsque je parle de lui, je dis 'Il', car il est l'indicible..."

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J'approuve ces paroles. Et du reste, dans les billets où j'ai eu l'occasion de parler de la foi chrétienne, je n'ai jamais utilisé le mot de Dieu, ni même celui de Christ, mais celui de Jésus, pour cette raison-là que je n'aurais pas sur dire aussi clairement.

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Christian de CHERGE a été marqué par un terrible événement. Il fait la guerre d'Algérie, mais à sa manière, noue une profonde amitié avec Mohamed, le garde champêtre dû village dont il doit assurer la protection. Mohamed est un croyant, un priant ; les deux amis échangent sur la prière en se promenant. Un jour des nationalistes algériens veulent faire un sort à l'officier. Mohamed s'interpose et sauve la vie de son ami. Trois jours plus tard, on le retrouvera égorgé, près de son puits. Le prieur est marqué pour le restant de ses jours par la mort tragique de Mohamed : "Dans le sang de cet ami, dira-t-il, j'ai su que mon appel à suivre le Christ devrait trouver à se vivre, tôt ou tard, dans le pays même où m'avait été donné ce gage de l'amour le plus grand".

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Le père de CHERGE a été un ardent propagateur et un animateur infatigable du dialogue entre le christianisme et l'islam. Il a donné sa vie pour faire vivre ce dialogue, car le sort des hommes de paix, c'est d'être la cible de fous furieux qui croient défendre celui qu'ils appellent "Dieu", mais qui en réalité se mettent à sa place. Tel n'est pas l'avis des musulmans croyants dont beaucoup sont des mystiques de très haute spiritualité. C'est pourquoi toute assimilation de croyants musulmans à des islamistes est une généralisation homicide ; c'est pourquoi il convient de défendre ceux d'entre eux qui ne confondent pas la foi et l'action politique et de combattre impitoyablement ceux qui le feraient?

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vendredi 18 juin 2010

Esprit de système et esprit droit

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Depuis l'ouverture de ce Blog, je n'ai cessé de pourfendre l'esprit de système et de privilégier l'examen des faits au détriment de la tyrannie des idées. Seule cette méthode permet vraiment de penser, c'est-à-dire de porter un jugement en vérité. Je parle ici de la vérité et de la droiture de la personne ; en aucun cas, je ne prétendrais que la méthode donne immanquablement accès à la Vérité, mais il est impossible de l'approcher sans son secours.
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Un homme extraordinaire a donné sa vie pour cette raison-là. Christian de CHERGE, prieur du Monastère de TIBHIRINE a été décapité et six de ses frères avec lui, pour avoir vécu saintement de cette certitude. Son livre, "L'invincible espérance" est d'une densité remarquable. Esprit supérieur, Christian de CHERGE ne divise pas les hommes en deux catégories ceux qui ont les mêmes idées que lui : les bons, et les autres : les méchants. Il sait que le combat est d'abord un combat intérieur, et qu'il réclame d'autres moyens que ceux du monde et de sa ténèbre.
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Des esprits enfiévrés, dépourvus de discernement, englobent dans la même réprobation tous les musulmans. C'est une généralisation qui relève de l'esprit de système. Christian, lui, a une autre vision ; voici comment il parle d'un religieux musulman de ses amis, "le cheikh BOUSLIMANI : militant islamiste, et aussi cheville ouvrière d'une sorte de Caritas musulmane. Sollicité par des extrémistes de donner une fetwa (un jugement) autorisant la violence au nom de l'islam, il a préféré l'arrestation, la torture et finalement la mort. Pour nous tous, il est un témoin, parce qu'il n'a pas voulu pécher contre l'Esprit saint. Nous attestons que son martyre vient de l'Esprit, et nous proclamons que ce savant du droit musulman a partagé la grâce des simples et des tout-petits qui est de rendre témoignage à la vérité."
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L'exemple est démonstratif. Il prouve en abondance que ce n'est pas l'étiquette qui fait l'homme, mais sa capacité à penser et à penser en vérité. Christian de CHERGE proclame que le cheikh BOUSLIMANI est saint et qu'il a été inspiré par l'Esprit Saint. Je partage - comment pourrais-je faire autrement ? - cette opinion. Et comme il serait bon qu'elle soit celle de toute notre société. La violence aveugle reste la violence, et il n'est pas nécessaire d'être chrétien, ou bouddhiste, ou musulman pour déduire qu'elle n'est pas digne de l'homme.
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Ayons une pensée pour tous ces hommes et ces femmes qui ont donné leur vie pour rendre témoignage à la vérité.
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