A côté des ignobles, des crapules, des lâches, des violents, il existe des êtres lumineux qui sont l'honneur de l'humanité, donnent des raisons de vivre et d'espérer, et changent le regard. Christian de CHERGE était de ceux-là. J'ose affirmer que la Providence vient de mettre sous mes yeux un écrit du prieur de TIBHIRINE, qui est à la fois une réponse à POTOMAC, et l'expression précise de ce qu'obscurément je pense, sans avoir la force ou l'intelligence de le dire.
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"Ma vie n'a pas plus de prix qu'une autre. Elle n'en a pas moins non plus.
En tout cas, elle n'a pas l'innocence de l'enfance.
J'ai suffisamment vécu pour me savoir complice du mal qui semble, hélas, prévaloir dans le monde et même de celui-là qui me frapperait aveuglément.
Je ne vois pas, en effet, comment je pourrais me réjouir que ce peuple que j'aime soit indistinctement accusé de mon meurtre.
C'est trop cher payer ce qu'on appellera peut-être la grâce du martyre que de la devoir à un Algérien, quel qu'il soit, surtout s'il dit agir en fidélité à ce qu'il croit être l'islam.
Je sais le mépris dont a pu entourer les Algériens pris globalement.
Je sais aussi les caricatures de l'Islam qu'encourage un certain islamisme.
Il est trop facile de se donner bonne conscience en identifiant cette voie religieuse avec les intégrismes de ses extrémistes."
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Il s'agit, on l'aura compris du testament du prieur, par lui rédigé en la ville d'Alger, entre le 1er décembre 1993 et le 1er janver 1994. Un billet de ce Blog a déjà évoqué les paroles de feu de ce moine. Mais l'extraordinaire, c'est que ce texte m'ait été mis sous les yeux au moment même où je doutais de l'utilité de mon entreprise.
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Comment ne pas rapprocher ce testament de la Parole du prophète Isaïe. Oui, comment ne pas y voir une actualisation, une concrétisation de la promesse qu'il a faite aux hommes en annonçant qu'il leur viendrait un Sauveur dont l'un des noms serait "Le Prince de la Paix".
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"Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; sur les habitants du sombre pays, une lumière a resplendi. [...]. Oui un enfant nous est né, un fils nous a été donné ; l'insigne du pouvoir est sur son épaule ; on proclame son nom : 'Merveilleux-Conseiller, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix'. [...]. Il sera solidement établi sur le droit et la justice dès maintenant et pour toujours. Voilà ce que fait l'amour invincible du Seigneur de l'univers'." (Isaïe 9, 1 à 6 passim).
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