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vendredi 23 décembre 2016

22 décembre 2016. Nouvelles de la Résistance : Sur le Prince de la Paix, attendu même par Virgile

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Ce n’est pas l’ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c’est la lâcheté !
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1. LES CITATIONS DU JOUR.
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(a) "[…] Nul ne peut grandir dans son humanité en piétinant autrui, en le lésant gravement, même si celui-ci en porte quelque peu la responsabilité. Nul n'a le droit d'en courir le risque, fût-il des plus restreints, fût-ce avec quelques regrets."
In
Marcel LEGAUT.
L’homme à la recherche de son humanité.
Aubier-Montaigne, Paris, 1971, p. 18

(b) "Nul homme libre n’a le droit d’en punir un autre. L’homme libre est celui qui connaît la Loi, reconnaît sa faute et se punit lui-même.
In
LANZA del VASTO.
Les Quatre fléaux.
Section 97. Des éléments d’une justice non violente.
Éditions du Rocher, Monaco, 1993, p. 414.

(c) Jam redit et Virgo, redeunt Saturnia regna,
jam nova progenies caelo demittitur alto.
Tu modo nascenti puero, quo ferrea primum
desinet ac toto surget gens aurea mundo, - modo nascenti puero, quo ferrea primum
desinet ac toto surget gens aurea mundo,
casta fave Lucina ; tuus jam regnat Apollo.
Teque adeo decus hoc aevi, te consule, inibit,
Pollio, et incipient magni procedere menses
te duce. Si qua manent sceleris vestigia nostri,
irrita perpetua solvent formidine terras.

Déjà la vierge Astrée revient sur la terre, et avec elle le règne de Saturne; déjà descend des cieux une nouvelle race de mortels. Souris, chaste Lucine, à cet enfant naissant; avec lui d'abord cessera l'âge de fer, et à la face du monde entier s'élèvera l'âge d'or: déjà règne ton Apollon. Et toi, Pollion, ton consulat ouvrira cette ère glorieuse, et tu verras ces grands mois commencer leur cours. Par toi seront effacées, s'il en reste encore, les traces de nos crimes, et la terre sera pour jamais délivrée de sa trop longue épouvante. Cet enfant jouira de la vie des dieux; il verra les héros mêlés aux dieux; lui-même il sera vu dans leur troupe immortelle, et il régira l'univers, pacifié par les vertus de son père."
In
VIRGILE.
Buccoliques, quatrième églogue.
Commentaires sur :
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2. COMMENTAIRES.
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Pourquoi ces trois citations ? Bon sang, mais c’est bien sûr aurait dit l’inspecteur BOURREL, incarné avec talent par Raymond SOUPLEX dans la très fameuse émission des Cinq dernières minutes (c’était aux beaux temps de la télévision).
Bientôt, nous fêtons la naissance de JÉSUS. ISAÏE, qui l’annonce environ sept siècles avant sa venue, l’appelle le Prince de la Paix (Is 9, 6). La Paix est incompatible avec la vengeance. Elle passe d’abord par la paix avec soi-même, et c’est ce que nous dit mon cher LANZA del VASTO, et il n’est pas de paix intérieure possible sans reconnaissance de ses propres errements. C’est la condition même de la vraie liberté. Mon non moins cher Marcel LEGAUT, dans le même registre, interdit à quiconque de punir qui que ce soit, de son propre chef, s’il veut grandir en humanité. Le monde a bien besoin de ce rappel. Et je ne pense pas que les bombardements, les raids, les exécutions, les décapitations, les viols fassent avancer le monde vers la paix à laquelle il aspire.
Très curieuse est l’annonce par VIRGILE de la naissance d’un enfant, née d’une vierge, qui apportera la paix au monde. Inspiration du poète ? Attente indescriptible d’une paix qui tarde à venir ? Manifestation anticipée et prophétique de la venue de JESUS par la grâce anticipée de l’Esprit-Saint ? Comment savoir ? Bornons-nous à constater qu’il y a une curieuse convergence de ces vers avec l’annonce que fit ISAÏE en son temps.
Bonne fête de la Nativité à vous tous, très chers lecteurs. Je salue particulièrement mes lecteurs russes et chinois (dont le nombre va croissant). Je souhaite aux premiers – qui n’ont pas exactement le même calendrier liturgique que les latins – une belle préparation de ces fêtes, et à mes lecteurs chinois, la constance dans la foi et le témoignage.
Je salue également mes très nombreux lecteurs américains et allemands, et j’assure à ces derniers mon amitié, et ma compassion en ces moments douloureux que traverse leur patrie.
Bien entendu, mes lecteurs français ont droit aussi à ces pensées amicales tous comme les lecteurs (moins nombreux) de divers pays dispersés dans le monde.
Pax et bonum !
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3. INFORMATIONS DIVERSES.
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Curieuse réaction de la municipalité de Nantes quand il s'agit d'aider les commerçants à collecter des jouets pour les enfants qui ne pourraient en avoir à Noël.


jeudi 5 mai 2011

Toute ressemblance etc.

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La chaîne ARTE a récemment diffusé une émission sur le procès des 24 hauts responsables du IIIe Reich, et elle a consacré sa première séquence au cas de GOERING. Elle montre notamment comment Robert JACKSON, juge à la Cour Suprême des Etats-Unis et ancien procureur général de son pays, réfléchit avant d'établir les chefs d'accusation dont il entend charger les prévenus, et comment il accumule des preuves, aussi bien écrites que filmées. Finalement, le tribunal retiendra quatre chefs, celui de complot (pour lequel nombre d'accusés seront blanchis), de crime contre la paix, de crimes de guerre et de crime contre l'humanité. Les accusés ont eu le droit de choisir un ou des avocats de leur choix, à l'exclusion toutefois d'avocats convaincus de nazisme. Le procès s'ouvre le 20 novembre 1945 et se termine le 1er octobre 1946. Le tribunal prononce douze condamnations à mort (par pendaison, ce que certains accusés, dont GOERING ne voulaient pas ; celui-ci se suicidera au cyanure la nuit de l'exécution), 7 condamnations à des peines de prison (beaucoup d'accusés accompliront leur peine en totalité), et 3 acquittements (ce qui déclenche la protestation des représentants soviétiques, lesquels voulaient envoyer tout le monde ad patres).


Bien des militaires et de politiciens alliés auraient préféré que l'on exécutât purement et simplement ces hommes qu'ils considéraient comme des monstres. Plus sagement les responsables politiques ont préféré instruire la cause des accusés de la manière la plus équitable possible : chefs d'inculpation, présentation des preuves, procédure américaine accusatoire (qui justement oblige aux preuves), interrogatoire de témoins à charge et à décharge. Ce fut une sage décision, et nous retirons de ce procès l'impression qu'il n'a pas été fait à ces criminels ce qu'ils avaient fait à des millions d'innocents. Ce fut l'honneur des nations démocratiques. Et, bien que personnellement je sois résolument contre le peine de mort, je ne pense pas que ces condamnations aient été injustes, et je ne verse pas de pleurs sur le sort de ces hommes.


Que vient donc faire ici le procès de NUREMBERG ? Vous ne voyez pas ? Cherchez un peu. Au risque de m'attirer bien des remarques acerbes, des injures et des horions, je ne crois pas que justice soit faite après l'exécution de BEN LADEN. Sa maison était protégée et défendue, c'est une affaire entendue. Il avait pensé, inspiré, désiré d'horribles attentats. C'est exact. Mais lui-même n'avait pas d'armes quand il a été abattu. Il m'aurait semblé préférable de le capturer, de le ramener vivant aux USA et d'instruire à son encontre un procès international. Bien sûr, j'imagine que la chose était difficile, voire impossible. Mais tout de même je reste abasourdi devant les scènes de liesse qui ont accompagné l'annonce de sa mort. Le recueillement et la tristesse d'avoir dû en arriver là auraient été plus dignes. Cette joie insane, c'est la manifestation la plus passionnelle de l'esprit de vengeance. Et je serais doublement infidèle à René GIRARD et à son analyse de la violence circulaire, et à ce que dit JÉSUS, si je n'exprimais pas ici une profonde consternation devant les réactions des uns et des autres, y compris et surtout des responsables politiques. Non je ne crois pas que justice soit faite. Tout au plus que la vengeance a eu lieu.


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jeudi 8 avril 2010

Choc...

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Voici le texte, retrouvé dans les archives d'un camp de concentration, et publié il y a quelques années par le SüddeutscheZeitung. Il s'agit sans doute de la prière d'un déporté qui venait d'expirer et qu'un bourreau a gardée par devers lui.


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"Paix à tous les hommes de mauvaise volonté ! Que toute vengeance cesse, tout appel au châtiment et à la rétribution... Les crimes ont dépassé toute mesure, tout entendement. Il y a trop de martyrs...

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Aussi ne mesure pas leurs souffrances aux poids de ta justice, Seigneur, et ne laisse pas ces souffrances à la charge des bourreaux pour leur extorquer une terrible facture. Qu'ils soient payés en retour d'une autre manière.

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Inscris en faveur des exécuteurs, des délateurs, des traîtres et de tous les hommes de mauvaise volonté le courage, la force spirituelle des autres, leur dignité, leur lutte intérieure constante et leur invincible espérance, le sourire qui étanchait les larmes, leur amour, leurs coeurs brisés qui demeurèrent fermes et confiants face à la mort même, oui, jusqu'aux moments de la plus extrême faiblesse.

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Que tout cela soit déposé devant toi, ô Seigneur, pour le pardon des péchés, rançon pour le triomphe de la justice : que le bien soit compté, et non le mal ! Et que nous restions dans le souvenir de nos ennemis non comme leurs victimes, non comme un cauchemar, non comme des spectres attachés à leurs pas, mais comme des soutiens dans leur combat pour détruire la furie de leurs passions criminelles. Nous ne leur demandons rien de plus.

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Et quand tout cela sera fini, donne-nous de vivre, hommes parmi les hommes, et que la paix revienne sur notre pauvre terre - paix pour les hommes de bonne volonté et pour tous les autres."

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Le choc que j'ai ressenti à la lecture de cette prière est indescriptible. Il m'est impossible de la commenter : elle se suffit à elle-même.

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Oui, paix aux hommes de bonne et de mauvaise volonté.