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mercredi 30 janvier 2019

Mercredi 30 janvier 2019. Note pas brève à l'intention des lycéens.


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Ce billet s’adresse tout spécialement aux lycéens qui préparent le bac de français. Bien entendu, dans l’esprit de conformisme ambiant, je leur déconseille de s’inspirer entièrement de l’ouvrage dont je vais parler, bien qu’il soit d’une rare puissance.
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En effet, je n’ai jamais lu un ouvrage de critique littéraire comme celui-là. À côté de lui, les écrits de Sainte-Beuve, d’Émile FAGUET ou de Gustave LANSON font bien pâle figure. Dans son Rejet de Greffe. Exorcismes spirituels I. (Les Belles Lettres, Paris, 2010) Philippe MURAY analyse avec une érudition époustouflante, en s’aidant du reste des apports de FREUD (mais pas que), les œuvres de quelques grands écrivains français (qu'il aime et admire) ou d’écrivains célébrés par la bien-pensance bourgeoise, tout droit issue de la bourgeoisie libertine du XIXe siècle. RABELAIS, CHATEAUBRIAND, FLAUBERT, HUGO, ZOLA, BAUDELAIRE, Léon BLOY sont passés au crible de son esprit acéré, de sa plume flamboyante, et de son humour. Mais c’est à ZOLA et à HUGO qu’il décoche ses flèches enflammées. Elles atteignent leur cible, en plein cœur. Les autres, notre critique les aime.
Voici un petit extrait que MURAY tire d’un texte publié par Antonin ARTAUD en 1934 à propos de Victor HUGO :
"Toutes les commémorations me paraissent vaines. Et une époque comme la nôtre qui vit sans mémoire comme sans aspirations, pour qui le passé ne compte pas plus que l’avenir, qui vide le cerveau, qui se donne un présent purement alimentaire, parfois sportif, mais par-dessus tout lâche et terrorisé, qui ne pense plus qu’à son estomac et à sa bourse, preuve qu’elle n’a plus d’ailleurs ni l’un ni l’autre, et qui n’a d’autre préoccupation pour tout dire que le trottoir et le bordel, ne peut guère se laisser émouvoir par le souvenir d’un vieillard conformiste [il s’agit de Victor HUGO que l’on commémore], révolutionnaire contre l’Empire, niaisement humanitaire, patriote sur ses vieux jours, et en fait exclusivement bourgeois qui a laissé en tout et pour tout une petite dizaine de poèmes à apprendre dans les lycées."
Et MURAY de nous apprendre que lors de la panthéonisation du vieillard conformiste, de son inhumation dans le temple blasphématoire par excellence qu’est le Panthéon, on a scié la croix qui figurait sur le fronton de ce qui fut jadis une église.
Voyez-vous, ce n’est pas pour rien que cet écrivain polygraphe et anticatholique viscéral, a donné son nom à une des plus belles avenues parisiennes, habités par des bourgeois aussi conformistes que l’éponyme de leur avenue de résidence. Je déteste Victor HUGO, je le trouve ronflant, gonflant, insupportable de dégoulinante compassion, et d’une remarquable mauvaise foi. Toutefois je reconnais bien volontiers qu’il a commis quelques vers qui méritent d’être mémorisés.
Demain, nous dézinguons ZOLA, avec MURAY et Léon BLOY. Je vous dis que ça va décoiffer !





mardi 22 mai 2018

Mardi 22 mai. Nouvelles du pari bénédictin. Le siècle des Lumières est le siècle de la bourgeoisie triomphante !

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Au lieu d’un château fort dressé au milieu des terres, pensons plutôt à l’armée des étoiles jetée dans le ciel !
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1. LA VRAIE NATURE DES LUMIÈRES DÉVOILÉE PAR BERTRAND : L’AVÈNEMENT DE LA BOURGEOISIE.
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"Avec les Lumières l’origine change, a-t-il été dit. Le Droit, et avec lui, la loi humaine remplacent la loi divine. Métaphysiquement, cela se traduit par l’avènement du bourgeois, à savoir l’homme qui a décidé de vivre non plus pour l’autre monde mais pour celui-ci, en ne s’adaptant plus à la religion mais en adaptant le religion à lui, la nouvelle religion étant sociale et non mystique avec en son centre l’homme qui se fait lui-même et qui fait le monde. Ce qui n’est pas sans aller avec un certain contentement de soi, une suffisance, voire de l’arrogance. Dans L’existentialisme est un humanisme ― en citant HEGEL qui dit que l’homme est ce qu’il fait ― lorsqu’il fait l’apologie de l’homme qui, niant toute transcendance, part de lui-même pour s’inventer, SARTRE pense ne pas être un bourgeois. Lourde erreur. Il n’y a pas plus bourgeois, ce dernier étant, comme le rappelle Bernard GROETHUYSEN, celui qui, par définition entend inventer l’homme par l’homme."
In
Bertrand VERGELY.
Obscures lumières. La révolution interdite.
Les Éditions du Cerf, Paris, 2018. (Page 59)
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2. PREMIER CONTREPOINT REMARQUABLE DE GEORGES.
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"Si les imbéciles avaient pu savoir, aux environs de 1770, la véritable nature de l’étincelle qu’Otto de GUÉRICKE venait de réussir à tirer d’une ridicule mécanique à globe de soufre, ils n’auraient pas manqué de dire qu’ils avaient « domestiqué » la foudre. Ce mot « domestiqué » est d’ailleurs à retenir, il éclaire très bien la psychologie des imbéciles. La science est, pour l’imbécile, une espèce de bonne à tout faire de laquelle il prétend exiger toujours plus de travail pour un salaire de moins en moins élevé. Voilà longtemps que sa bonne est devenue sa maîtresse, je veux dire que pour le même prix, elle doit satisfaire aux besoins et aux plaisirs, selon la vieille formule de l’hédonisme bourgeois. L’imbécile se frotte les mains. Il n’avait jamais cru aux miracles, et voilà qu’il a ceux de la science à portée de la main, autant dire le bon Dieu à domicile ― « et pour deux fois rien, vous vous rendez compte ? » Il estime peu sa bonne à tout faire, c’est entendu, mais il ne pourrait plus maintenant se passer d’elle ; il voudrait lui faire un enfant qui s’appellerait Progrès et qui, d’ailleurs, tarde bien à naître. Le spectacle du bonhomme en savates s’efforçant de grimper sur le grand Ange Noir de la Connaissance qu’il prend pour sa servante, c’est bien là un spectacle à faire éclater de rire l’enfer."

"J’ai fait la guerre de 1914 (engagé volontaire) comme simple caporal, c’est-à-dire dans une familiarité et une fraternité quotidienne avec mes camarades ouvriers et paysans. Ils ont achevé de me dégoûter pour toujours de l’esprit bourgeois. Ce n’est pas la misère ou l’ignorance du peuple qui m’attire, c’est sa noblesse. L’élite ouvrière est la seule aristocratie qui  nous reste, la seule que la bourgeoisie du XIXe et du XXe siècle n’ait pas réussi à avilir."
In
Georges BERNANOS.
Français, si vous saviez… (Collection Folio, série Essais N°325.) Édition établie et préfacée par Pierre GILLE.
Gallimard, Paris, 2017 (date du dépôt légal de cette édition.) (Page 70, page 319.)
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3. SECOND CONTREPOINT ADMIRABLE DE NOTRE CHER LEON.
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"Autrefois, lorsque l’abolition du sens des mots n’avait pas encore été promulguée, l’honneur d’une famille consistait à donner des saints ou des Héros, tout au moins d’utiles serviteurs de la chose publique. Cela, qu’on fût riche ou pauvre, qu’on eût des ancêtres illustres ou qu’on n’en eût pas. Dans ce dernier cas, on montait simplement et naturellement dans l’aristocratie, par la seule nature des choses.
"Aujourd’hui, l’honneur des familles consiste uniquement, exclusivement, à échapper aux gendarmes.
"Les bourgeois éclairés accordent quelquefois, après avoir demandé à réfléchir, que la pauvreté peut, dans un très petit nombre de cas qu’ils se gardent bien de spécifier, n’être pas déshonorante, mais rien n’effacerait la honte d’une condamnation judiciaire, surtout en province.
"Les Martyrs ont beau avoir leurs ossements sur les autels depuis des siècles, l’Église a beau carillonner leurs fêtes et les inonder de gloire, le Bourgeois plein de défiance voit en eux des maladroits qui se sont laissé pincer et qui ont un casier judiciaire. Une nièce de saint Laurent ne trouverait pas à se marier et un arrière-petit-cousin du bon larron n’obtiendrait jamais une place de douze cents francs dans une administration.
"La répugnance du Bourgeois pour le Christianisme tient en grande partie à ses sentiments d’honneur ― on ne l’a pas assez dit. Il n’arrive pas à s’arranger d’une religion dont le « fondateur », après avoir subi une peine infamante, est ressuscité le troisième jour, pour aggraver éternellement le déshonneur de sa famille." [Texte intégral.]
In
Léon BLOY.
Exégèse des Lieux Communs. Rivages poche/Petite Bibliothèque. N°501.
Payot et Rivages, Paris, 2015. (Page 85.)
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4. LIENS UTILES.
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Des écoles dans l’esprit du pari bénédictin.





Qu’on se le dise !


Une belle vidéo sur les habitants de nos campagnes.


Monsieur MACRON va-t-il protester ?

Vous voyez bien que l’anglomanie est l’ultime triomphe de la bourgeoisie. CHESTERTON a écrit là-dessus des choses admirables sur lesquelles nous reviendrons.


Coucou mon cher robot, comment allez-vous ?


Vous voyez, chers lecteurs, que toutes les 30 heures, j’ai ce pic de lecture. Curieux, non ?


Graphique représentant les consultations des pages Blogger 

dimanche 5 novembre 2017

05 novembre 2017. Nouvelles de la Dissidence. Il y a bourgeois et bourgeois !

Il y a cent ans, mourait un très grand écrivain que l’on est en train de redécouvrir : j’ai nommé Léon BLOY. Alors tant pis si je lasse, je recommence un cycle qui lui est consacré
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Rien n’est plus facile que de prêcher la vérité. Le miracle, c’est de la faire aimer.
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"Obtenir enfin le mutisme du bourgeois, quel rêve ! 
"L’entreprise, je le sais bien, doit paraître fort insensée. Cependant, je ne désespère pas de la démontrer d’une exécution facile et même agréable.
"Le vrai Bourgeois, c’est-à-dire, dans un sens moderne et aussi général que possible, l’homme qui ne fait aucun usage de la faculté de penser et qui vit ou paraît vivre sans avoir été sollicité, un seul jour, par le besoin de comprendre quoi que ce soit, l’authentique et indiscutable Bourgeois est nécessairement borné dans son langage à un très petit nombre de formules."
In
Léon BLOY.
Exégèse des Lieux Communs. Rivages poche/Petite Bibliothèque. N°501.
Payot et Rivages, Paris, 2015. (Dédicace de l’ouvrage par l’auteur, page 9.)
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2. COMMENTAIRES.
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Oh, je sais ! Vous allez me dire que je suis un remarquable exemple de ces bourgeois que dézingue avec une remarquable allégresse mon cher Léon. Je vais vous faire une confidence : si, sociologiquement, il est vrai que j’appartiens à cette classe sociale, je dois à mes parents de n’avoir jamais tiré de cette caractéristique le moindre orgueil ou la moindre repentance. Ils étaient bons, tournés vers les petits et les pauvres et je me souviens de ces 24 décembre où ma maman envoyaient ceux de ces cinq enfants qui le pouvaient, distribuer des colis de Noël à toutes les personnes isolées, pauvres, délaissées. Elle n’en tirait aucune gloire, et, bien  au contraire trouvait qu’elle n’en faisait pas assez. Il n’y avait aucune condescendance, aucune attitude du genre « dame patronnesse » : rien qu’une empathie, une compassion qui forçait mon admiration. Quant à mon papa, c’est après sa mort que nous avons découvert sa générosité vis-à-vis de telle ou telle association caritative. Il n’en avait jamais parlé à qui que ce soit.
Alors, que répondre à Léon ? Je répondrai ceci : mes parents organisaient toutes les semaines ou presque des réunions d’après-dîner où l’abbé C…, des amis, les Dr V…, F…, par exemple, et il s'agissait de discuter de problèmes de philosophie, de foi. J’étais admis, sans bien savoir pourquoi, à assister souvent à ces discussions auxquelles je ne participais pas – j’avais dix ans – mais il m’arrivait de poser des questions.
Je me souviens de cette remarque de l’abbé C… La foi n’est pas du domaine de la croyance, elle est du domaine de la certitude objective et absolue. Et c’est ainsi, qu’au soir de ma vie, en lisant de Christ hébreu de Claude TRESMONTANT, j’ai découvert que l’abbé C… avait parfaitement traduit le mot grec pistis, sous lequel on peut trouver le mot hébreu qui désigne la certitude.
BLOY vise les bourgeois libertins, les bourgeois de l’industrie, de la finance et de la politique, les bourgeois mondains. Il n’est plus là pour me répondre : mais je pourrais s’il le faisait lui dire qu’il y avait de (rares) bourgeois qui s’essayaient à penser et que je compte mes parents dans leur petit nombre.
Ah ! Si seulement on pouvait faire taire Jacques ATTALI, Bernard Henri LEVY , Alain MINC et quelques autres, sans compter les "humoristes" qui, le cul bien calé dans  leur fauteuil distribuent les bons et les mauvais points (cf. Yann BARTHES) ! On sait d'avance ce qu'ils vont dire, on connaît leurs formules et leurs tics verbaux ! Qu'ils la ferment et fassent retraite pendant trois mois dans une chartreuse.
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3. REVUE DE PRESSE INSOLENTE.
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Chère Elisabeth, vous avez bien raison.

Ils nous les brisent menues !

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Personnellement, je ne crois pas que cette approche soit juste, mais je donne quand même le lien.

Il ne s’agit pas de saisir l’affaire de Ploërmel pour l’instrumentaliser politiquement.

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A lire absolument : voilà comment la presse « informe ».

Monsieur François-Régis Hutin, s’il vit encore, doit être tout ébahi et même scandalisé. Nous disons aux rédacteurs du quotidien Ouest France : vous êtes des menteurs par omission. Honte à vous.

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Une sainte dont les médias ne parleront pas.

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En mémoire d’un très grand écrivain : Léon BLOY.