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vendredi 26 avril 2019

Vendredi 26 avril 2019. Mes chroniques : avant toute chose héritiers des "Lumières", vraiment ?

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CHRONIQUE DES IMBÉCILES OU DES IGNORANTS OU DES DEUX.
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Il paraît que ces profanations sont de mauvaises blagues ! C’est France 2 qui vous l’affirme.

Il me semble que l’on peut avoir une opinion différente de celle du journaliste qui parle de mauvaise blague.
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CHRONIQUE DES TÉNÈBRES.
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Après réflexion, persiste et signe sur le « en même temps ».

Rappelons-nous, tout de même, que VOLTAIRE voulait détruire Notre-Dame. Nier que les soi-disant Lumières n’aient pas, hélas, influencé le devenir de notre patrie serait évidemment faux, insensé, et inutile. Mais il ne nous est pas interdit de réfléchir sur les conséquences réelles des prétendues innovations, qui ne font que reprendre en réalité la fatale erreur de Guillaume d’OCCAM et du nominalisme. C’est ce qui fait que l’avortement classé comme crime après la première guerre mondiale (Marie-Louise GIRAUD a été guillotinée en octobre 1943 pour avoir pratiqué plus de 20 avortements) est devenu un droit quasi constitutionnel, depuis le triomphe des déconstructeurs et de la pensée maçonnique. Comment croire à une république dont les "valeurs" changent au gré du temps et des gouvernants ?
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CHRONIQUE POLITIQUE.
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Lire tout et conclure soi-même !


Des informations très intéressantes sur l’affaire BENALLA.


Une très juste remarque de Marion MARÉCHAL : aujourd'hui, on administre des choses, on ne gouverne plus des hommes !

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CHRONIQUE DE NOTRE-DAME.
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Dans Notre-Dame de Paris incendiée...


Lire ce témoignage ! Prophétique et vraiment troublant accompagné d'une peinture.



84118-jesus-j-ai-confiance-en-toi

Et aussi cette très juste exhortation.

mardi 22 mai 2018

Mardi 22 mai. Nouvelles du pari bénédictin. Le siècle des Lumières est le siècle de la bourgeoisie triomphante !

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Au lieu d’un château fort dressé au milieu des terres, pensons plutôt à l’armée des étoiles jetée dans le ciel !
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1. LA VRAIE NATURE DES LUMIÈRES DÉVOILÉE PAR BERTRAND : L’AVÈNEMENT DE LA BOURGEOISIE.
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"Avec les Lumières l’origine change, a-t-il été dit. Le Droit, et avec lui, la loi humaine remplacent la loi divine. Métaphysiquement, cela se traduit par l’avènement du bourgeois, à savoir l’homme qui a décidé de vivre non plus pour l’autre monde mais pour celui-ci, en ne s’adaptant plus à la religion mais en adaptant le religion à lui, la nouvelle religion étant sociale et non mystique avec en son centre l’homme qui se fait lui-même et qui fait le monde. Ce qui n’est pas sans aller avec un certain contentement de soi, une suffisance, voire de l’arrogance. Dans L’existentialisme est un humanisme ― en citant HEGEL qui dit que l’homme est ce qu’il fait ― lorsqu’il fait l’apologie de l’homme qui, niant toute transcendance, part de lui-même pour s’inventer, SARTRE pense ne pas être un bourgeois. Lourde erreur. Il n’y a pas plus bourgeois, ce dernier étant, comme le rappelle Bernard GROETHUYSEN, celui qui, par définition entend inventer l’homme par l’homme."
In
Bertrand VERGELY.
Obscures lumières. La révolution interdite.
Les Éditions du Cerf, Paris, 2018. (Page 59)
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2. PREMIER CONTREPOINT REMARQUABLE DE GEORGES.
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"Si les imbéciles avaient pu savoir, aux environs de 1770, la véritable nature de l’étincelle qu’Otto de GUÉRICKE venait de réussir à tirer d’une ridicule mécanique à globe de soufre, ils n’auraient pas manqué de dire qu’ils avaient « domestiqué » la foudre. Ce mot « domestiqué » est d’ailleurs à retenir, il éclaire très bien la psychologie des imbéciles. La science est, pour l’imbécile, une espèce de bonne à tout faire de laquelle il prétend exiger toujours plus de travail pour un salaire de moins en moins élevé. Voilà longtemps que sa bonne est devenue sa maîtresse, je veux dire que pour le même prix, elle doit satisfaire aux besoins et aux plaisirs, selon la vieille formule de l’hédonisme bourgeois. L’imbécile se frotte les mains. Il n’avait jamais cru aux miracles, et voilà qu’il a ceux de la science à portée de la main, autant dire le bon Dieu à domicile ― « et pour deux fois rien, vous vous rendez compte ? » Il estime peu sa bonne à tout faire, c’est entendu, mais il ne pourrait plus maintenant se passer d’elle ; il voudrait lui faire un enfant qui s’appellerait Progrès et qui, d’ailleurs, tarde bien à naître. Le spectacle du bonhomme en savates s’efforçant de grimper sur le grand Ange Noir de la Connaissance qu’il prend pour sa servante, c’est bien là un spectacle à faire éclater de rire l’enfer."

"J’ai fait la guerre de 1914 (engagé volontaire) comme simple caporal, c’est-à-dire dans une familiarité et une fraternité quotidienne avec mes camarades ouvriers et paysans. Ils ont achevé de me dégoûter pour toujours de l’esprit bourgeois. Ce n’est pas la misère ou l’ignorance du peuple qui m’attire, c’est sa noblesse. L’élite ouvrière est la seule aristocratie qui  nous reste, la seule que la bourgeoisie du XIXe et du XXe siècle n’ait pas réussi à avilir."
In
Georges BERNANOS.
Français, si vous saviez… (Collection Folio, série Essais N°325.) Édition établie et préfacée par Pierre GILLE.
Gallimard, Paris, 2017 (date du dépôt légal de cette édition.) (Page 70, page 319.)
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3. SECOND CONTREPOINT ADMIRABLE DE NOTRE CHER LEON.
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"Autrefois, lorsque l’abolition du sens des mots n’avait pas encore été promulguée, l’honneur d’une famille consistait à donner des saints ou des Héros, tout au moins d’utiles serviteurs de la chose publique. Cela, qu’on fût riche ou pauvre, qu’on eût des ancêtres illustres ou qu’on n’en eût pas. Dans ce dernier cas, on montait simplement et naturellement dans l’aristocratie, par la seule nature des choses.
"Aujourd’hui, l’honneur des familles consiste uniquement, exclusivement, à échapper aux gendarmes.
"Les bourgeois éclairés accordent quelquefois, après avoir demandé à réfléchir, que la pauvreté peut, dans un très petit nombre de cas qu’ils se gardent bien de spécifier, n’être pas déshonorante, mais rien n’effacerait la honte d’une condamnation judiciaire, surtout en province.
"Les Martyrs ont beau avoir leurs ossements sur les autels depuis des siècles, l’Église a beau carillonner leurs fêtes et les inonder de gloire, le Bourgeois plein de défiance voit en eux des maladroits qui se sont laissé pincer et qui ont un casier judiciaire. Une nièce de saint Laurent ne trouverait pas à se marier et un arrière-petit-cousin du bon larron n’obtiendrait jamais une place de douze cents francs dans une administration.
"La répugnance du Bourgeois pour le Christianisme tient en grande partie à ses sentiments d’honneur ― on ne l’a pas assez dit. Il n’arrive pas à s’arranger d’une religion dont le « fondateur », après avoir subi une peine infamante, est ressuscité le troisième jour, pour aggraver éternellement le déshonneur de sa famille." [Texte intégral.]
In
Léon BLOY.
Exégèse des Lieux Communs. Rivages poche/Petite Bibliothèque. N°501.
Payot et Rivages, Paris, 2015. (Page 85.)
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4. LIENS UTILES.
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Des écoles dans l’esprit du pari bénédictin.





Qu’on se le dise !


Une belle vidéo sur les habitants de nos campagnes.


Monsieur MACRON va-t-il protester ?

Vous voyez bien que l’anglomanie est l’ultime triomphe de la bourgeoisie. CHESTERTON a écrit là-dessus des choses admirables sur lesquelles nous reviendrons.


Coucou mon cher robot, comment allez-vous ?


Vous voyez, chers lecteurs, que toutes les 30 heures, j’ai ce pic de lecture. Curieux, non ?


Graphique représentant les consultations des pages Blogger 

jeudi 20 février 2014

Nouvelles de la Résistance : vont-ils enfin nous écouter ?

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La devise pour commencer :

Non, ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté.
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1. La citation du jour.

Nous l'emprunterons à Benjamin CONSTANT :

"[L'effort de la société moderne] est de faire que chaque individu soit son propre centre. Or, quand chacun est son propre centre, tous sont isolés. Quand tous sont isolés, il n'y a que de la poussière. Quand l'orage arrive, la poussière est de la fange." (De la religion considérée dans sa source, ses formes et ses développement. Préface), cité par T. TODOROV.
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2. Commentaires.

Quand on analyse les décisions prises par les hommes politiques depuis 50 ans, on ne peut que constater ceci qui laisse rêveur : du général de GAULLLE au Président POMPIDOU, les décisions et lois ont toujours intéressé le bien commun et le corps politique des Français pris dans leur ensemble. L'élection de Valéry GISCARD d'ESTAING a marqué un tournant dans la conception de la responsabilité politique : il fallait en avoir une drôle en effet, pour instaurer un "Ministère de la qualité de la vie", comme si l'Etat était en mesure de contribuer au bonheur en prenant des mesures concernant l'individu (et non la personne) pris comme un isolat dans une foule anonyme. Du général de GAULLE qui refusait de faire rembourser la pilule contraceptive par la sécurité sociale avec ce mot qui est bien de lui (Ah non ! on ne rembourse pas le plaisir !) à nos socialistes qui font de l'avortement un droit inaliénable, il y a, vous en conviendrez un immense fossé. Je vous en laisse apprécier la largeur et la profondeur.
Nous en sommes arrivés aujourd'hui à un point où tout l'effort de l'Etat socialiste (mais pas seulement lui) consiste - et c'est un paradoxe - à ne considérer que les individus pour répondre à leurs désirs, et non pas à voir le bien commun qui suppose l'existence de liens de toutes sortes : familiaux, sociaux, professionnels, culturels, amicaux, etc. fondements mêmes d'une société vivante. La seule conception qu'ils ont de cette dernière est celle d'un agrégat d'atomes dont le rassemblement suffit à former une "nation" (mot horrible) et non point une patrie. Cette incapacité à voir qu'une patrie est comme un corps vivant au sein duquel circule des informations et des sentiments, qu'il fonctionne par échanges, interactions, rétroactions positives ou négatives, nous ramène (a) au communautarisme qui est le très pâle substitut de la patrie, (b) aux revendications des individus groupés en lobbies dont le seul ciment est la défense d'intérêts catégoriels, (c) à la mort des corps intermédiaires (à commencer par la famille, les groupements spontanés que sont des associations autonomes [indépendantes des subventions publiques pour leur survie] - qu'elles soient professionnelles, culturelles, ou politiques), (d) au totalitarisme devenu nécessaire pour assurer la cohésion  sociale d'individus qui ne savent plus ou pas pourquoi ils vivent ensemble.
Accabler les socialistes ou les libéraux (qui ont sur l'homme pratiquement la même pensée) de tous les maux est vain et de plus injuste. Ils ne sont que les héritiers de ce mouvement né à la Renaissance (!), amplifié par DESCARTES, codifié et installé pendant les prétendues Lumières, culminant à la Révolution, et engendrant ce système impossible qu'est la République française, un mouvement qui place le "moi" ou plus précisément l'ego au centre de la vie de chacun de nous. Hélas, comme le dit si bien CONSTANT, cela n'aboutit qu'à créer un tas de sable, dont les flots de l'histoire mondiale qui montent sous nos yeux pourraient bien avoir sous peu raison en le transformant en tas de fange.
Mais la nature humaine est ainsi faite que rien ne peut vraiment la détruire, n'en déplaise à ce fieffé imbécile bernanosien qu'est Vincent PEILLON. Les Français n'ont plus que du désintérêt quand ce n'est pas du mépris, pour tous ces pantins qui s'agitent dans les couloirs des Palais nationaux et s'imaginent qu'il suffit de parler, de communiquer, d'avoir des mots, pour que le réel se plie à leurs fantasmes. Le système ressemble à un moulin qui broie du vent. Les Français, rois mondiaux de la débrouille, se passent de plus en plus de leurs "services", lesquels ressemblent plutôt à des oukases qu'à des décisions utiles à tous.
Je rêve à ce jour, où prenant conscience de leurs erreurs, examinant avec humilité des effets désastreux de leurs décisions, ces "élites" enfin nous écouteront et entendront la voix du bon sens. 
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3. Infos sur la Résistance.
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20 février : accueil de Najat Vallaud-Belkacem à Grenoble.

Grenoble a le plaisir de recevoir Najat Belkacem ce jeudi 20 au musée.
RDV entre 19h et 19h15 devant l'entrée du musée proche de celle du parking...
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Une vidéo du Père Jean-Régis FROPO (Merci à Anne).

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Des Sentinelles/Veilleurs debout devant un bureau de poste (via le Salon beige) pour demander le retrait du timbre Femen.

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Belgique : des Sentinelles/Veilleurs debout protestent contre l'assassinat des mineurs (via le Salon beige) : une vidéo.

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=eiMUSUcAKdA



lundi 5 décembre 2011

Les enfants, avez-vous éteint les Lumières ?

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Il y a quelques mois, j'avais délivré un billet intitulé : "Il est temps d'éteindre les Lumières". Continuant de lire et de réfléchir à ce qui me semble être la plus grande catastrophe de l'histoire intellectuelle de l'Occident, je veux dire les Lumières (Enlightment, Aufklärung, très différents des Lumières françaises), j'ai accumulé depuis lors une masse impressionnante de réflexions dues à des esprits très divers, y compris à des Philosophes des soi-disant Lumières. Il m'est impossible de vous les présenter toutes. Il me suffira de résumer les motifs d'un cheminement qui a commencé il y a bien longtemps, puis de vous citer quelques contributions très éclairantes.
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Dans mon jeune âge, avec l'enthousiasme du jeune chercheur qui embrasse la carrière, j'ai cru à la puissance de la raison, et à sa capacité à introduire un certain ordre dans la société des hommes. J'ai vite déchanté, et bientôt j'ai compris que la raison, loin d'être une servante au service de la vérité, était en réalité une idole à quoi on sacrifiait des vies humaines, des réputations ou des nations. On s'agenouillait devant elle pour mieux se l'annexer et l'instrumentaliser, en un mot pour satisfaire son appétit de pouvoir.
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Allons, commençons.
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De Jeremy RIFKIN (Une nouvelle conscience pour un monde en crise. Vers une civilisation de l'empathie. Éditions Les liens qui libèrent, Paris, 2011).
Après avoir exposé le résultat de diverses expériences de psychophysiologie qui démontrent la fausseté des théories de FREUD sur la nature humaine, et de diverses autres qui montrent que naturellement, le bébé est porté à l'empathie et reconnaît la détresse de l'autre, RIFKIN conclut :
"Si notre conception de la nature humaine et nos idées sur le rôle parental ont radicalement changé au cours de ces dernières années, notre pensée philosophique et politique reste désespérément lente à se mettre au niveau. Nous vivons encore selon les préceptes des Lumières du XVIIIe siècle. Mais nous ne pouvons avoir une nouvelle vision de la nature humaine sans repenser le sens même du parcours humain et, avec lui, nos convictions les plus chères sur ce qui nous paraît important, ce à quoi nous aspirons et la façon dont nous avons choisi de vivre."
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Mise en garde Frédéric II de Prusse à VOLTAIRE, ou un petit bonjour aux horreurs futures de la Révolution :
"Nous connaissons les crimes que le fanatisme de la religion a fait commettre ; gardons-nous d'introduire le fanatisme dans la philosophie."
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Opinion de JOUBERT sur les hommes du XVIIIe siècle :
"Le soleil des esprits n'était plus visible pour eux... Dans cette absence de l'extase, cette vacance la contemplation, ne pouvant plus regarder l'Être, ils s'occupaient du monde."
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Naïveté de DIDEROT (dans un article de l'Encyclopédie).
"La raison est à l'égard du philosophe ce que la grâce est à l'égard du chrétien." "Nous avons foi en la raison."
Augustin COCHIN commente (dans Les sociétés de pensée et la démocratie moderne. Plon, Paris, 1921) : "Ainsi, ce qu'on demande aux frères est moins de servir la raison que d'y croire ; il en est de culte-là comme des autres : c'est la bonne volonté qui sauve."
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Manipulation de d'ALEMBERT (Lettre à Frédéric II).
"Nous remplissons comme nous pouvons les places vacantes à l'Académie française, de la même manière que le festin du père de famille de l'Evangile, avec les estropiés et les boiteux de la littérature."
Augustin COCHIN commente ainsi : "Tel esprit boiteux sera donc admis, s'il est bon philosophe, et tel autre exclu, qui est bien d'aplomb, mais indépendant. Le parti-pris est net, et encourage, vous le savez, un quiétisme de la raison encore plus nuisible à l'intelligence que le quiétisme de la foi à la volonté. Rien ne fait plus de tort au progrès de la raison que son culte : on ne sert plus de ce qu'on adore."
Un tel aveu est effrayant pour ceux qui croient à la probité intellectuelle des élites. Hélas, les choses ne semblent guère avoir changé, dans le domaine politique au moins.
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Et de mon cher, mon très cher Gustave THIBON (dans Parodies et mirages ou la décadence d'un monde chrétien. Notes inédites. Editions du Rocher, Monaco, 2011. Plus je le lis, et plus je regrette que le vigneron-philosophe [un vrai, celui-là] nous ait quittés).
"Quand on fait le désert dans l'homme (ce à quoi le rationalisme et le moralisme s'emploient depuis plusieurs siècles), il ne sert à rien de claironner le retour aux sources. Le suicide de la raison et de la morale est un faux suicide - un ressort de théâtre - après lequel elles ressurgissent sous d'autres noms, parées des dépouilles de cette nature et de cette vie qu'elles ont tuées. C'est toujours l'homme seul avec lui-même... Narcisse brisant son miroir, mais retrouvant dans chaque fragment son image éclatée et déformée."
Je conviens qu'adhérer à ce constat peut paraître troublant de la part d'un type qui ne cesse de parler de morale en politique. Mais THIBON ne parle pas de morale (l'art de l'action pour avoir la vie bonne), mais de moralisme cul-bénissant, fait d'interdits ou d'obligations qui n'ont qu'un lointain rapport avec la charité et l'amour de l'autre, et ressemble fort au culte de son nombril.
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Nous ne sommes pas ou plus des hommes, mais des enfants ou plutôt des ombres d'enfants. Et je m'interroge et puis j'entends au fond de mon coeur une petite voix timide qui me dit : "Les enfants, avez-vous éteint les Lumières ?"
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mardi 12 avril 2011

Sur les intellectuels contemporains

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A plusieurs reprises, je vous ai parlé de Jürgen HABERMAS. C'est un philosophe et penseur allemand d'abords parfois difficiles, mais sa pensée me paraît profonde. Je m'efforce de relire ses Écrits politiques. Voilà ce que j'ai trouvé et que je désire examiner d'un oeil critique :


"En s'engageant au moyen d'arguments rhétoriquement bien formulés, en faveur des droits lésés et des vérités réprimées, en faveur des innovations qui s'imposent et des progrès qui ont été retardés, les intellectuels s'adressent à un espace public capable de réagir, vigilant et bien informé. Ils comptent sur le respect des valeurs universelles, font confiance à un État de droit qui fonctionne plus ou moins bien et à une démocratie qui ne vit que de l'engagement des citoyens à la fois méfiants et combatifs."


HABERMAS, quelques paragraphes plus loin, cite un extrait de Dietz BERING qui s'est attaché à faire le portrait-robot de l'intellectuel vu par les adversaires de l'Universalisme et de l'Individualisme des Lumières. Bien entendu, c'est l'antithèse de la description qu'HABERMAS en fait. Pour BERING, les adversaires de l'intellectuel le désignent comme un être dépourvu d'instinct, déraciné. Il est caractérisé par "l'universalité abstraite de sa pensée, [...] une absence de patriotisme et de loyalisme, une décadence irrémédiable et un manque de caractère, la manie de la critique négative. [...]"


Et puis il y a mon cher BERNANOS, mon cher et inépuisable Georges, qui dit ceci, toujours dans cet ouvrage qui est devenu comme mon oreiller, mon coussin, mon doudou : La France contre les robots. Je radote car j'ai déjà cité ces propos dans un ancien billet. Mais il est bon de proclamer sans arrêt quelques idées aussi férocement roboratives :


"L'expérience m'a depuis longtemps démontré que l'imbécile n'est jamais simple, et très rarement ignorant. L'intellectuel devrait donc nous être, par définition, suspect ? Certainement. Je dis l'intellectuel, l'homme qui se donne à lui-même ce titre, en raison de ses connaissances et des diplômes qu'il possède. Je ne parle évidemment pas du savant, de l'artiste ou de l'écrivain dont la vocation est de créer - pour lesquels l'intelligence n'est pas une profession, mais une vocation. Oui, dussé-je, une fois de plus, perdre en un instant tout le bénéfice de mon habituelle modération," [!, le ! est de votre serviteur] "j'irai jusqu'au bout de ma pensée. L'intellectuel est si souvent un imbécile que nous devrions toujours le tenir pour tel, jusqu'à ce qu'il ait prouvé le contraire."


Il dit aussi : "J'affirme une fois de plus que l'avilissement de l'homme se marque à ce signe que les idées ne sont plus pour lui que des formules abstraites et conventionnelles, une espèce d'algèbre, comme si le Verbe ne se faisait plus chair, comme si l'humanité reprenait en sens inverse, le chemin de l'incarnation."


J'ose dire ici que les Lumières avec leur "universalisme et leur individualisme" sont responsables de la prolifération offensante des imbéciles, et que le portrait-robot des intellectuels vus par les adversaires des "Eclairés" et des "Hommes de Progrès" que fait BERING est tout à fait celui des imbéciles de BERNANOS. C'est une conséquence inévitable de la primauté des idées sur la pensée, des systèmes sur l'examen des faits, de l'idéalisme ravageur sur le réalisme.


Lisez, je vous en prie, les critiques et analyses amphigouriques, obscures, absconses que les intellectuels médiatiques contemporains font de tout et de rien, le sommet du ridicule dans le domaine étant atteint par les disciples de LACAN dont j'affirme que pas un sur dix ne comprend le centième de ce que leur Maître a voulu dire, si tant est qu'il ait voulu dire quelque chose.


Revenons à nos premières amours : clarté de la pensée, amour de la vie et du beau, respect des particularités légitimes, gaieté, élégance, courtoisie, belle langue. Tout le reste est de la littérature.