Affichage des articles dont le libellé est Philippe Muray. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Philippe Muray. Afficher tous les articles

vendredi 26 août 2022

BILLET DU 26 AOÛT 2022. PHILIPPE MURAY PARLE DU PANGOLIN !

 Dans son Moderne contre moderne. Exorcismes spirituels IV. Essais. Quatrième tirage.

Les Belles Lettres, Paris, 2010 (pour la présente édition)

 Philippe MURAY écrit ceci

"Un jour, Zarathoustra s’échappa d’entre les dernières pages du livre où il avait tant parlé et vécut de nouvelles aventures

 "Il voyagea, connut les froids réveils sous la tente, l’étourdissement des paysages et des ruines, l’amertume des sympathies interrompues, les écrans LED, les guerres humanitaires, les pactes de stabilité, les priorités du Pentagone, la multiplication des conflits ethniques, l’explosion des inégalités dans le monde, l’exacerbation des intégrismes, la pollution atmosphérique. 

"Il apprit comment on se sert d’un ordinateur, d’une alerte météo de niveau cinq, d’une alarme à l’attentat, du capitalisme boursier, d’Internet, des nouveaux systèmes de prévention de la prévoyance par temps d’exception et de dépassement des anciennes frontières par temps de doubleclic [sic] et de véliplanchistes. Il entendit parler de la diversité culturelle et du lien social.

"Puis, après bien des aventures encore, décidé à porter de nouveau le feu dans les vallées plutôt que la cendre sur la montagne, il revint dans la ville qui lui était chère et dont le nom était : la Vache-aux-mille-couleurs.

"Celle-ci relevait à peine de l’épidémie d’encéphalite canine islamique, vulgairement appelé Kanina, qui l’avait dévastée durant près d’un an. Des draps mortuaires claquaient partout comme des drapeaux. Le canon faisait entendre par intervalles des coups solitaires. Dans l’obscurité des derniers temples, les prêtres psalmodiaient jour et nuit, pour une foule gémissante, les prières d’une agonie perpétuelle. Au fronton des immeubles, des bulletins lumineux comptabilisaient des nombres de victimes toujours approximatifs, foudroyés par une fièvre hémorragique qui avait fait le tour du monde en trois mois, passant de l’antilope au raton laveur, du raton laveur au pangolin, du pangolin à l’œuf, de l’œuf à la poule, de la poule à l’œuf, des deux au chien de traineau et du chien de traineau à l’homme ; comme la parole de vengeance va de bouche en bouche. On faisait encore la queue, aux carrefours, devant les Bulles de soutien psychologique où des spécialistes accueillaient les proches des défunts et répondaient à leurs questions sur la mort et sur la vie. Un brillant soleil couvrait également de son indifférence les camions frigorifiques remplis de cadavres noircis et les longs cortèges de manifestants qui, chaque jour, vociféraient leur colère contre Kanina et tentaient de la repousser loin de la cité à coups de tambours du Bronx et de sacrifices de chiens infectés ou susceptibles de le devenir. L’air avait une certaine saveur métallique qui plut à Zarathoustra."


En lisant ce texte prophétique, je ne puis m'empêcher de penser à la manière dont la pandémie de Coronavirus a été traitée par les politiques, les médecins de plateaux, les médias. Je me souviens de monsieur SALOMON le croque-mort et son bilan journalier, la réquisition des chambres-froides de Rungis pour entreposer les  cercueils de défunts en attente d'inhumation, Bien entendu, MURAY, avec un art incomparable, dézingue cette époque de fous, où un homme peut être enceint, des meurtriers ou des violeurs faire une course de karts dans une prison, un Conseil Constitutionnel refuser la réintégration des infirmières non "vaccinées" par un vaccin qui n'empêche pas l'infection et présente de très nombreux inconvénients. Je vais vous donner un bon conseil : cultivez le bon sens, et méfiez-vous de la pseudo-modernité qui ne poursuit qu'un but : détruire l'humanité et l'humain dans l'homme.

jeudi 11 avril 2019

Jeudi 11 avril 2019. Note brève. Diamètre : 7,9 mm !


-
DIAMETRE : 7,9 mm
-
"Je n’ai absolument pas besoin de lire le traité de Maastricht, sécrétion mégalomane, pataquès comploté par douze potentats en phase maniaque, pour savoir ce que c’est que l’Europe. Seules les conséquences de ce micmac lugubre dans la vie quotidienne m’intéressent ; pas les déclarations d’intention. Une « psychopathologie de la vie quotidienne » est d’ailleurs à réinventer : transmettre, à partir des moindres détails, à partir des plus futiles événements le dégoût de tout ce qui est en trains de se mettre en place sous le nom d’Europe en serait l’un des axes principaux. Cette Europe, donc, j’en ai approché la réalité il y a quelques jours, quand je me suis fais refiler pour la première fois, au tabac du coin, mon premier paquet de Gitanes en chocolat formatées « aux nouvelles normes européennes ». La Gitane de l’an 2000 était arrivée ! « Son diamètre a légèrement diminué, passant à 7,9 mm », disait le petit mot d’excuse qui l’accompagnait. Légèrement, tu parles ! Elles n’ont plus que le papier sur les os ! Rabougries, ratatinées, rétrécies, abrégées, réduites, contractées, amaigries, nanifiées, ce ne sont plus des Gitanes, ce sont des résumés de cigarettes, des condensés, des digests, des saloperies dévaluées, amoindries, exténuées, des difformités.
"On y a touché. On les a fait maigrir, on les a effilées, on les a émaciées, décharnées, efflanquées. On les a lignées sur les blondes en espérant que je ne m’en apercevrais pas, ou pas vraiment ; ou encore, devant cet ersatz misérable, je sauterais de joie en me répétant qu’il faut être absolument moderne et que les Gitanes à l’heure européenne, c’est vachement moderne, youpi, puisque c’est vachement européen." [Texte intégral.]
In
Philippe MURAY.
Rejet de greffe. Exorcismes spirituels I. Essais. Quatrième tirage.
Les Belles Lettres, Paris, 2010 (pour la présente édition). (Page 331.)
-
CONTREPOINT DE BERNANOS.
-
"La civilisation européenne, nous le savons, a un caractère universel. Il serait donc faux de dire qu’elle est l’Europe et rien qu’elle. Il ne s’agit pas non plus de prétendre que l’homme d’Europe est l’Homme. Mais nous croyons que la civilisation européenne est inséparable d’une certaine conception de l’homme. Est-ce l’Europe qui a fait l’homme européen ? Est-ce l’homme européen qui a fait l’Europe ? La question ne saurait être maintenant résolue, et d’ailleurs il n’importe pas de la résoudre. Le problème se pose autrement. L’homme européen doit-il abdiquer devant de nouvelles formes de civilisations, prétendues sans analogue dans l’histoire ? Si ces formes existent, doit-il, et peut-il s’y conformer ? En s’y conformant, lui est-il permis d’espérer
In
Georges BERNANOS.
La liberté, pour quoi faire ? (Collection Folio, série Essais N°274). Édition établie et préfacée par Pierre GILLE.
Gallimard, Paris, 2017 (date du dépôt légal de cette édition.) (Page 179.)
-
COMMENTAIRES.
-
Au moment où l’on essaye de nous bourrer le crâne avec une Europe parfaitement imaginaire, il est bon de comparer les deux citations. En vérité, avec son diamètre de 7,9 mm attribué aux Gitanes, l’Europe avait abdiqué toute prétention à un certain universalisme, lequel puise sa source dans la conception chrétienne de l’homme. Les élections approchent. Nous ne saurions donner notre voix à des partis qui ne tiennent pas compte du caractère unique de l’être humain, tel que l’avait conçu la vieille Europe, vendue aujourd’hui aux marchands du temple. Non au 7,9 mm, non à cette course effrénée vers le tout économique, les normes contraignantes, le tout fric, non, en un mot, à tout ce que nous présentent, le bec enfariné, les supporters de monsieur MACRON. Non à cette civilisation matérialiste imitée de la culture américaine. J’attends de monsieur BELLAMY, pour qui j’ai beaucoup de sympathie, des éclaircissements sur ce qu’il entend promouvoir en matière de conception de l’homme. Et du courage, aussi, pour dénoncer le travail de sape des lobbies en tous genres : les Monsanto, les LGBT, les Loges, les Georges Soros, et j’en passe. Affaire à suivre donc !


mardi 2 avril 2019

Mardi 02 avril 2019. Note brève sur le nihilisme et les voyous publics !



Il est à noter – dit Philippe MURAY dans un renvoie en bas de page de ses Exorcismes spirituels. I – que ce sont les pires nihilistes, ceux de la Bonne Cause (en général des médiateurs ou des médiatisés) qui ne cessent de dénoncer le nihilisme chez ceux qui menacent leur imposture. HEIDEGGER appelait voyous publics ces individus : 
"Les voyous publics ont aboli la pensée et mis à sa place le bavardage, ce bavardage qui flaire le nihilisme partout où il sent son bavardage en danger."

J’ose mettre dans le même sac tous ces Enfoirés, ces Apôtres de la lutte contre le Changement Climatique, ces ONG qui disent vouloir sauver des naufragés, dans l’unique but de faire triompher leur idéologie de no borders. Ce sont des voyous publics, incapables de justifier par une pensée solide leur choix et leurs actions. Pour les uns, il s’agit de chanter ou de se produire un soir dans un concert-spectacle où l’on ne sait plus ce que l’on célèbre : les vedettes, Coluche (qui eut une très belle idée, ça je le souligne), la foule anonyme qui rentre en transe aux bruits furieux de sonos terrifiantes ; pour les autres, il s’agit de se mettre en valeur par des actions qui ne font pas baisser d’un dixième de degré la température moyenne annuelle, tout en évitant de réfléchir sur les cycles solaires, sur les réserves de dioxyde de carbone (la mer essentiellement), et sur les variations des températures à l’échelle des millénaires. Enfin pour les derniers, il s’agit braver les lois, (et un peu les éléments, mais pas trop tout de même) et d’attirer dans les filets mortifères de Neptune les milliers de candidats à l’exil dont il est assuré, hélas, que des dizaines périront en mer, malgré les susdites ONG. Tout cela tombe dans les griffes de l’Empire du Bien, en aucun cas dans celui de la charité, de la vérité, et du service de l’homme. Ces voyous publics ont des idées creuses, se targuent d'actions ponctuelles, prennent des manières de se donner une bonne conscience, sans avoir à mettre en cause le SYSTEME de production et de répartition des richesses, sans avoir le courage de fermer le bec aux pétromonarchies musulmanes qui veulent bien payer la construction de mosquées en Europe, mais se gardent d’accueillir chez elles leurs coreligionnaires, sans prendre la décision de faire payer leur dû à ces multinationales qui exploitent de manière éhontée les richesses naturelles des pays pauvres mais ne combattent point la corruption de leurs dirigeants, bien au contraire sans doute.
C'est tout pour aujourd'hui. Reprise des billets dimanche prochain !

lundi 1 avril 2019

Lundi 01er avril. Note très longue sur l'Europe dont nous ne voulons pas.


-
UN CRI DE DOULEUR DE BERNANOS.
-
(a) "Le drame de l’Europe, le voilà. Ce n’est pas l’esprit européen qui s’affaiblit ou s’obscurcit depuis cinquante ans et plus, c’est l’homme européen qui se dégrade, c’est l’humanité européenne qui dégénère. Elle dégénère en s’endurcissant. Elle risque de s’endurcir au point d’être capable de résister à n’importe quelle expérience des techniques d’asservissement, c’est-à-dire non pas seulement de les subir, mais de s’y conformer sans dommages. Car cette décomposition dont je parlais tout à l’heure aura évidemment une fin. Ce qui se décompose actuellement sous nos yeux, ce sont les éléments les plus précieux et par conséquent les plus fragiles de la civilisation. Il n’est malheureusement pas défendu d’imaginer une civilisation privée de ces éléments au cours d’une évolution régressive, et finalement stabilisée au point le plus bas. Cette stabilisation au point le plus bas eût été jadis impossible pour cette raison que l’humanité moyenne n’aurait pas accepté de vivre dans une civilisation de cette espèce ; elle s’y serait débattue comme un animal pris au piège. Elle n’eût probablement pas réussi à l’améliorer, elle l’eût précipité dans le chaos. La question qui se pose aujourd’hui est de savoir si les techniques modernes sont capables d’agir sur l’opinion d’une manière assez puissante, assez continue, pour détruire à la longue, un par un, les réflexes moraux qui eussent rendu jadis intolérable à l’homme moyen une société déspiritualisée à l’extrême."

(b) "L’humanité est-elle menacée de mort, oui ou non ? Ce qu’on veut nous faire prendre pour la crise du régime capitaliste n’est-elle pas une crise de la civilisation tout entière ? Non pas que nous ayons jamais pensé à identifier capitalisme et civilisation. Nous pensons, bien au contraire, que le régime capitaliste glisse de lui-même, par la pente chaque jour plus rapide du dirigisme économique, au régime totalitaire, mais il n’y tombera qu’en se dépouillant de tout ce qui lui restait encore d’humain. Nous croyons volontiers que la civilisation capitaliste est une civilisation manquée ou ― pour rappeler le mot heureux de CHESTERTON ― une civilisation chrétienne devenue folle, et nous comprenons mieux chaque jour que cette folie est la folie furieuse, le delirium tremens. Ce que le totalitarisme nous propose n’est pas de guérir cette humanité enragée, mais de l’enchaîner, de l’enchaîner tout enragée à sa besogne totalitaire, à ses plans quinquennaux, de l’enchaîner à son travail par le milieu du corps, après lui avoir crevé les yeux, comme jadis un esclave au pressoir à huile, un galérien au banc de la galère. Non, il ne s’agit pas de détruire les machines, il s’agit de comprendre que la civilisation des machines favorise à l’extrême le lent et sûr écrasement des hommes libres par les masses, c’est-à-dire par l’État irresponsable… l’État irresponsable fait pour trancher tout ce qui dépasse et broyer tout ce qui résiste, l’État-dieu, le dieu d’un univers sans dieu, qui sera bientôt un univers sans hommes, rendant ainsi éclatante la mystérieuse solidarité de Dieu et de l’homme, qui est le plus auguste des mystères chrétiens. Il ne s’agit pas de former des hommes libres aux dépens des masses, car les masses ont beau mettre leur confiance dans leur volume et leur poids, elles ne survivront pas aux hommes libres ; dans une humanité sans hommes libres, les masses ne tarderont pas à périr comme tombent les feuilles d’un arbre privé de sève. Il ne s’agit pas non plus de détruire les machines, il s’agirait bien plutôt de sauver aussi les machines. La bombe atomique n’est-elle pas précisément une machine à détruire les machines ? Elle est une machine à détruire les machines. Elle est aussi, elle est essentiellement une machine à détruire les masses, à les écraser dans le pressoir. Ainsi nous est-il permis de discerner la vraie nature et les mobiles secrets de cette sollicitude que le monde affecte en toute occasion pour les masses : c’est une sollicitude carnassière."
In
Georges BERNANOS.
La liberté, pour quoi faire ? (Collection Folio, série Essais N°274.) Édition établie et préfacée par Pierre GILLE.
Gallimard, Paris, 2017 (date du dépôt légal de cette édition.)
Citation (a), page 164.
Citation (b), page 207.
-
UN IMMENSE ET RAGEUR CONTREPOINT DE PHILIPPE MURAY.
-
"[…]. Chacun sait de quoi se sont nourris les enthousiasmes de la modernité : haine proclamée du passé, lutte contre le vieux monde, théories de la coupure, etc. Écriture automatique, décomposition de la langue, chapeau plein de mots découpés de TZARA, etc. La revendication de hic et nunc, l’horreur du passé sous toutes ses formes de mémoire, la lutte contre le présent comme ordre établi, ont conduit à l’anticipation permanente d’une promesse de révolution comme retour à l’époque précosmogonique d’une cosmogonie imaginée. Cette tradition de nouveau ― et là il faut appuyer sur le mot tradition, tant le nouveau est passé dans les mœurs comme train-train quotidien, compulsion à innover, radotage ― s’est constitué rapidement en académisme de l’oubli. Je dis académisme de l’oubli parce que très vite, il me semble, l’idée qu’on était en train d’oublier quelque chose a été oubliée. Il y a loin, par exemple, de la conscience très aiguë qu’avait RIMBAUD d’un dialogue dramatique, en lui, entre l’immémorial et la perte de mémoire, au ronron satisfait des avant-gardes dans la perte de mémoire vécue comme anticipation lumineuse. […]."
In
Philippe MURAY.
Rejet de greffe. Exorcismes spirituels I. Essais. Quatrième tirage.
Les Belles Lettres, Paris, 2010. (Page 209.)
-
COMMENTAIRES.
-
Il y a une étroite corrélation entre ces trois textes. Au moment où peut se jouer le sort de l’Europe, il est bon de se rappeler ce que dit BERNANOS, avec cette puissance qui lui est si personnelle.
Oui, l’homme européen se dégrade, oui, les responsables politiques participent à cette dégradation, oui ils veulent nous faire oublier, à nous les peuples, nos traditions, nos histoires, nos luttes et nos haines, nos alliances et nos victoires. La suppression de l’enseignement et des leçons de la bataille de VERDUN n’est qu’une petite illustration de ce phénomène de dépossession de nous-mêmes, et il est conduit avec une persévérance, une perversité et une ignorance abyssales. La perte de mémoire n’est pas une anticipation lumineuse des lendemains. L’abolition des différences entre les peuples, entre les sexes, entre les générations, l’élaboration d’un modèle d’homo economicus forcément connecté pour une meilleure surveillance, le règne de la technique, des robots, de l’intelligence ( !) artificielle, le bruit incessant, tout cela, effectivement, conduit à une déspiritualisation de l’être humain et à la disparition de l'homme..
Le modèle d’Europe qui nous est présenté est ignoble, au sens étymologique ; il se résumé à organiser le marché et l’économie, il n’a aucune ambition culturelle, spirituelle, artistique. Il lui suffit d’imaginer comment pondre des normes pour « harmoniser », ce qui n’a nul besoin de l’être, puisque l’Europe tire son harmonie d’une histoire dont on veut la déposséder.
Non au modèle de monsieur MACRON, de madame MERKEL, de monsieur JUNCKER, de monsieur DRAGHI et de tous ces crânes d’œuf qui savent tout mais ne savent que ça ! Votez pour qui vous voulez, mais pas pour un parti dont l'ambition est d'effacer notre patrie de la scène de l'histoire, sans nous assurer pour autant qu'il remplira nos estomacs !


dimanche 31 mars 2019

Dimanche 31 mars 2019. L'Adorable Face, dans les ordures de Charlie Hebdo !


-
EN RÉPONSE AUX ESPRITS FORTS.
-
Charlie Hebdo a cru malin de faire une couverture ignoble où le Christ crucifié est abominablement représenté.
Voici ce que lui répondent Philippe MURAY et Léon BLOY :

"Un écrivain religieux a le nez particulièrement creux pour renifler dans la puanteur du dépotoir politique mêlé au charnier des organes une odeur de Dieu très spécifique, celle de la catastrophe de la transcendance décrochée précipitamment en immanence : « Si vous avez besoin de mon Fils, cherchez-le dans les ordures. »"
In
Philippe MURAY.
Rejet de greffe. Exorcismes spirituels I. Essais. Quatrième tirage.
Les Belles Lettres, Paris, 2010. (Page 193.)
-
COMMENTAIRES.
-
Après tout je n’ai aucune raison de me sentir inféodé ou inférieur à ces dessineux qui ne respectent rien. Et j’ai l’audace de dire que c’est dans la bassesse même de leurs dessins que je puis trouver l’adorable Face du Sauveur. Il n’a pas retenu jalousement le rang qui l’égalait à Dieu, et vous, les blasphémateurs, vous aurez, comme tous les êtres, au Ciel et sur la Terre, à vous prosterner devant sa Majesté. Car vous mourrez, n’en doutez pas. Il vous est sans doute agréable de vous moquer des croyants, de tous les croyants. Nombre de vos amis ont payé de leur vie, d’une manière terrible, dramatique et injuste, le fait d’avoir franchi la barrière de la décence et du respect dus à tous les êtres humains, sans distinction de sexe, de couleur, de race ou de religion. Mais les chrétiens n’utilisent pas armes de la violence et du sang. Vous le savez. Ce sont des cibles faciles. Ah ! Je me sens pris d’une irrésistible colère devant ces imbéciles, et si j’avais devant moi l’auteur de ce dessin torcheculatif (selon l’adjectif forgé par notre bon Léon), je n’hésiterais pas à lui dire ce que je pense de sa lâcheté (à vaincre sans péril...). En vérité, je le plains. Il illustre vraiment la catastrophe de la transcendance décrochée en immanence. Et je suis tout prêt à débattre publiquement avec lui pour lui faire part de ma manière de voir et, peut-être, de l'amener à réfléchir à sa bassesse de vue.

vendredi 8 février 2019

Jeudi 07 février. La chasse au vide est ouverte...


-
La chasse au vide est ouverte…
Voici comment Philippe MURAY (plus utile que jamais en cette période glauque, incertaine, pleine d’obscurités et pourtant illuminée d’une belle espérance grâce à une jeunesse absolument époustouflante !) parle du vide juridique. Je m'efforcerai de commenter en utilisant le même ton ironique et distancié.
-
PHILIPPE MURAY ET LE VIDE JURIDIQUE.
-
"De cette légifération galopante, de cette peste justicière qui investit à tout allure l’époque, comment se fait-il que personne ne s’effare ? Comment se fait-il que nul ne s’inquiète de ce désir de loi qui monte sans cesse ? Ah ! la Loi ! La marche implacable de nos sociétés au pas de Loi ! Nul vivant de cette fin du siècle [nous sommes ici à la fin des années 90] n’est plus censé l’ignorer. Rien de ce qui législatif ne doit nous être étranger. « Il y a un vide juridique ! » Ce n’est qu’un cri sur les plateaux. De la bouillie de tous les débats n’émerge qu’une seule voix, qu’une clameur : « Il faut combler le vide juridique ! » Soixante millions d’hypnotisés tombent tous les soirs en extase. La nature humaine contemporaine a horreur du vide juridique, c’est-à-dire des zones de flous ou risquerait de s’infiltrer un peu de vie, donc d’inorganisation. Un tour d’écrou de plus chaque jour ! Projets ! Commissions ! Mise à l’étude ! Propositions ! Décisions ! Élaboration de décrets dans les cabinets. Il faut combler le vide juridique ! Tout ce que la France compte d’associations de familles applaudit de ses pinces de crabes. Comblons ! Comblons encore ! Prenons des mesures ! Légiférons !
Saintes Lois, priez pour nous ! enseignez-nous la salutaire terreur du vide juridique et l’envie perpétuelle de le colmater ! Retenez-nous, ligotez-nous au bord du précipice de l’inconnu ! Le moindre espace que vous ne contrôlez pas au nom de la néoliberté judiciairement garantie est devenu pour nous un trou noir invivable. Notre monde est à la merci d’une lacune dans le Code ! Nos plus sourdes pensées, nos moindres gestes sont en danger de ne pas   avoir été prévus quelque part dans un alinéa, protégés par un appendice, surveillé par une jurisprudence. « Il faut combler le vide juridique ! » C’est le nouveau cri de guerre du vieux monde rajeuni par le transfert intégral de ses éléments dans la poubelle-média définitive."
In
Philippe MURAY.
Rejet de greffe. Exorcismes spirituels I. Essais. Quatrième tirage.
Les Belles Lettres, Paris, 2010. (Chapitre L’envie du pénal, pages 382-383.)
-
COMMENTAIRES PERSONNELS ET UN TANTINET AUDACIEUX.
-
Un imbécile patenté qui répond au nom d’Yves COCHET avance qu’il serait nécessaire que les Français limitassent les naissances pour faire de la place aux immigrés. Il y a là un énorme vide juridique qu’il convient de combler pour répondre à la sollicitation limitative de ce monsieur. Voici ma proposition :
"Une caméra 360° sera installée dans toutes les pièces des appartements, y compris la cuisine (on ne sait jamais). Les couples, mariés ou non, auront le droit de faire l’amour les jours pairs s’ils habitent du côté pair de la rue, les jours impairs, s’ils habitent du côté impair. Toute violation de cet impératif sera sanctionnée par une amende de 500 euros, dont le fruit sera reversé aux ONG qui s’occupent de faire traverser la Méditerranée à l’immigration asiatique et/ou africaine.
Ceux ou celles qui auraient envie de s’envoyer en l’air dans des lupanars, des clubs échangistes, disons le mot, des hôtels de passe, devront montrer au tenancier un jeton ou un permis, attestant de leur adresse. Et hop : côté pair, jour pair, on rentre. Côté impair, jour impair on rentre. Ainsi se trouve comblé un vide juridique dont le comblement devrait remplir d’aise monsieur COCHET. Il est évident que seraient exemptés de ce dispositif tous les étrangers qui pourraient ainsi peupler notre patrie. Reste le cas épineux et particulier des SDF, pour lequel il conviendra de créer une commission ad hoc, chargée de faire des propositions utiles, combleuses, et hygiénistes.
La nature a horreur du vide. Monsieur COCHET aussi. C’est pourquoi il entend le combler à sa manière.


mardi 5 février 2019

Mardi 05 février 2019. Petit voyage dans l'ordre symbolique post-moderne : ode burlesque et dézingante à la télévision


-
Je crois que dans ce passage de Rejet de greffe, MURAY a atteint le sommet de son art lequel consiste à démolir l’Empire du Bien et à réintégrer le péché originel dans l’Histoire. Je pense que vous allez vous payer une belle tranche de rigolade ! (Rejet de Greffe. Chapitre Ode à la Télévision. (Pages 403ss, passim.)
-
"Ô Télévision, toi sans qui les choses ne seraient pas ce qu’elles font semblant d’être !
Moloch informe et lumineux ! Rayon de la mort ! Poubelle irrévocable !
Ô Grand Fétiche de la vitesse absolue et de l’innocence irrémédiable ! Ô quantité enchantée et enchevêtrée ! Polycopie divine de toutes les multiplicités trafiquées !
Attention !
Toi qui as su ôter la vue aux aveugles, l’ouïe aux sourds, la signification à toute vie ; toi qui effaces les repères, démembres les langues, anéantis le sens de tout ; toi qui débarrasses en beauté les hommes de leurs illusions idéologiques, de leurs attentes utopiques, de leurs velléités critiques : toi qui les soulages de leur entendement, de leur jugement et de leur raisonnement, ô pur Non-Esprit !
Méfie-toi.
[…].
On rêve de jouir de toi, ô frigide nébuleuse. Des intellectuels repentants et sournois s’approchent, rodent, te reniflent, soupèsent, agitent sous ton nez les instruments d’investigation dont tu es le vivant et perpétuel anéantissement, ô non-sens souverain.
[…].
Ô télésphère insaisissable roulant dans tes vapeurs, au milieu de tes parts de marché, de tes sacrées soirées, de tes dimanches d’horreur, de tes téléthons, de tes froufrous, de tes cracras, de tes taratatas, de tes Drucker, de tes Pivot, de tes expéditions humanitaires, de tes chimpanzés maousse-kosto, de tes Nagui, de tes Dechavanne, de tes coucous c’est nous, de tes brassées de sondages en bouillie et de toute la quincaillerie de tes grilles de programme ! Voilà qu’ils voudraient te refaire une dignité à leur mesure ! Une beauté à leur goût !
Œsophage du monde nouveau, ils te traitent de « lien social indispensable » !
Ô caniveau !
Poubelle irrévocable ! Ne les laisse pas faire !
Refuse de te laisser arranger le portrait !
Ne deviens pas surtout leur Téléubu à visage humain, ce serait ta fin.
Reste l’inconnaissable, l’Obscure, l’Impénétrable.
Te voilà avertie, ô grande cochonnerie obligatoire ! Sois de plus en plus bête, obscène, téléthonne, délatrice, morbide, chiotte, corrompue, infâme. Le troisième millénaire sera dégueulasse ou ne sera pas. Ô Parque à Thèmes ! L’avenir épouvantable des siècles est à toi."

Il y a dans ce passage du CÉLINE, du BLOY et bien entendu du MURAY. J’admire et approuve ce jugement terrible sur la pire institution qui transforme le réel en virtuel par le prisme décomposant l’image sélectionnée. Pas plus tard qu’il y a deux jours, regardant par hasard (hélas !), le journal régional de France 3, je constate que le journaliste de service avait invité Philippe BESSON, un copain du Président, un futur consul dans une grande ville américaine. Il s’agissait pour la chaîne de faire de la publicité pour un nouveau roman du sus-dit, exaltant les vertes années de ses amours homosexuelles adolescentes. J’ai vite quitté le salon… Mais avant, j’avais dû subir la publicité, où systématiquement, apparaît, au milieu des figurants, au moins un Africain, pour faire multiculturel et mieux vendre la camelote vantée par des images idiotes et infantilisantes. Nous avons eu droit aussi à des retransmissions de quelques séquences du Grand Débat National, où, sous le meilleur angle (et après sérieuse filtration des participants) on voit un Président, recueilli, attentif, pénétré de son importance messianique. Société du spectacle, société qui refait à l’image des maîtres de l’outil, une France irréelle, imaginaire, tandis que la campagne crève de son isolement, des paysans se suicident tous les jours, des agriculteurs mettent la clé sous la porte, des éoliennes poussent comme champignons en humides printemps dans les petits villages qui n’en peuvent mai ! Pourquoi ne mettrait-on pas des éoliennes sur le Champ de Mars, aux Buttes Chaumont ou au Parc Monceau ? Il ne manque pas de vents en ces lieux boboïsés, et ça ferait bien plaisir aux écologistes parisiens, non ?

samedi 2 février 2019

Samedi 02 février 2019 (bis). Nouvelles du pari bénédictin : le vol noir des vautours fond sur F.X. Bellamy


-
Au lieu d’un château fort dressé au milieu des terres, pensons plutôt à l’armée des étoiles jetée à travers le ciel.
-
La meute des loups, les hordes médiatiques de chacals, d’hyènes et de coyotes journalistiques, sans compter le vol épais et noir des vautours de la bien-pensance bobote sont en train de fondre sur un homme qui a commis un double crime, inexcusable aux yeux des argousins de la pensée : il est CATHOLIQUE, et est contre l’AVORTEMENT.
Je vous livre un petit passage de Philippe MURAY sur le sens profond de l’anticatholicisme, et je vous invite, chers amis, à faire connaître à François-Xavier BELLAMY cette citation.

"En réalité, ne pas être anticatholique réclame des efforts inouïs et fervents. Ça coule tellement de source qu’on soit contre le catholicisme à fond, contre son histoire, son passé, son passif terrible… C’est tellement évident et moderne. Tellement appelé par toutes les doctrines, tous les événements, tous les penchants, toutes les positions de progrès qui ont la Raison dans leur fibre. C’est tellement dans la pente. Tellement dans le sens courant de l’assentiment général. Y résister si peu que ce soit demande un travail fou. Au moins est-on payé de retour et c’est ce qu’il faut démontrer."
In
Philippe MURAY.
Rejet de greffe. Exorcismes spirituels I. Essais. Quatrième édition.
Chapitre Il n’y a que la mauvaise foi. (Page 254.)
-
On aurait pu imaginer que des journalistes, des penseurs, qui ont autre chose qu’un pois chiche dans le crâne interrogent le candidat BELLAMY sur sa conception de l’Europe, sur le rôle de la France dans une construction européenne renouvelée. Il n’en a rien été. Et c’est une honte pour ces gens qui se prétendent journalistes et ne sont que des imbéciles patentés, des vrais, ceux de la pire espèce, ceux qui croient qu’ils ont raison contre tout autres pensées que les leurs.
Il est tout à fait intéressant de noter que MURAY dans ce très long et magnifique chapitre démontre que l’Église catholique, par son enseignement sur la sexualité, est en réalité un maître d’érotisme humanisé. Je n’ai pas le temps de développer ce point. On y reviendra.

Voyez-vous, ce qui passe a été prévu par le Maître, il y a deux mille ans :

22Heureux êtes-vous, quand
les hommes vous haïront,
et quand ils vous excluront
et insulteront
et rejetteront votre nom comme mauvais
à cause du  Fils de l’homme.
Luc 6, 22.

Je vous donne ci-dessous quelques liens intéressants, qu’il convient de lire pour comprendre ce qui se passe d’une part, et la pertinence intellectuelle de BELLAMY.







Et souvenez-vous de ce qu'a dit Thomas d'Aquin  qui rejoint le parieur bénédictin dans son insertion au monde : "le DÉVOUEMENT au bien public est la forme suprême de la charité." Examinez qui se dévoue au Bien public, et qui se dévoue à son nombril : le partage n'est pas difficile à faire.