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mardi 27 août 2019

Lundi 26 août 2019. Xun Zi et la vie de l'esprit.

XÚN Zǐ (荀子) est un penseur confucianiste du 3ème siècle av. J.-C. On trouvera la traduction de ses écrits dans la remarquable collection dirigée par Anne CHENG, appelée "Bibliothèque chinoise", éditions des Belles Lettres, Paris (2016). La traduction du texte chinois est due à Ivan P. KAMENAROVIC. N’ayant pas sous la main le texte bilingue, je m’en remets une fois encore à la traduction française produite dans l’ouvrage de H.G. CREEL, traduit par Jean-François LECLERC (page 136).

" Ceux qui attachent peu d’importance aux principes moraux sont toujours ceux qui font le plus grand cas du matériel. Ceux qui extérieurement attachent de l’importance au matériel connaissent toujours l’angoisse intérieure. Ceux qui agissent sans se soucier des principes moraux sont toujours dans une position extérieure dangereuse ; et de tels hommes sont toujours intérieurement en proie à la peur."

Ne disposant que de très peu de temps aujourd’hui, je laisse à votre sagacité le soin de savourer la justesse de cette pensée et d'en méditer la profondeur. Je reviendrai dans un proche avenir, dès que j’ai le texte bilingue sous les yeux, sur ce très grand penseur.

Portrait de XUN Zi (d'après Wikipedia).


Portrait of Xun Zi.jpg

samedi 6 juillet 2019

Vendredi 05 juillet : l'assassinat légal ? ils n'ont ni regrets, ni remords


Grâce au concours conjugué de quelques membres de sa famille, du dévoiement de la médecine, de l’inhumanité de la justice (pour reprendre un bon mot de VOLTAIRE, monsieur MOLINS doit faire attention ; son cœur lui étant tombé dans la vessie, il se pourrait qu’il y accumulât quelques cailloux), grâce encore aux pressions de la franc-maçonnerie, Vincent LAMBERT vit ses dernières heures. Tous ces responsables auront à répondre au tribunal de Dieu, de leurs actes homicides.
Je vous livre un extrait de la Préface, situé page 5, d’un ouvrage dont je vous ai déjà parlé et dont voici la référence exacte :

de BONNALD [vicomte Louis].
Œuvres de M. de Bonald. Tome XII.
Démonstration philosophique du principe constitutif de la société, suivie de Méditations politiques tirées de l’Évangile.
Librairie d’Ad[rien] Le Clère et Cie, Paris, 1830.

"Nous ne  nous arrêterons pas plus longtemps sur cette doctrine abjecte [le sensualisme ou matérialisme], réfutée dans nos Recherches philosophiques, etc., et M. DAMIRON l’a remarqué : elle animalise l’homme, en n’offrant à ses désirs et à son activité que des jouissances matérielles ; elle laisse la vertu souffrante sans récompenses, le crime heureux, sans châtiment, la conscience sans remords, l’homme sans avenir et sans consolation ; et comme elle ne voit d’autre bonheur que la vigueur corporelle, et nie tout autre devoir que celui de la conserver, elle semble imaginée tout exprès pour les méchans (sic), que HOBBES appelle des enfans (sic) robustes."

J’ai respecté l’orthographe de cet ouvrage, paru avant la réforme qui eut lieu vers le milieu du XIXe siècle.

Notez bien chaque terme :

La vertu souffrante sans récompense : c’est bien le cas des parents de Vincent qui souffrent de voir leur fils handicapé et avaient accepté cette situation en la prenant en charge. L’insinuation de la presse qui en fait des catholiques intégristes est insupportable et honteuse ; elle impute à leur foi ce qu’ils appellent faussement un acharnement thérapeutique, moyen commode s’il en est de noyer le poisson et d’éviter une réflexion philosophique en profondeur sur ce qu’est la vie, et un travail scientifique non moins profond sur les lésions cérébrales. Moyen imparable de disqualifier davantage encore l’Église catholique. Conspiration accusatrice des imbéciles du type si bien décrit par BERNANOS. Ces gens m'inspirent à la fois du mépris et de la pitié.

Le crime heureux, sans châtiment, la conscience sans remords : il se semble pas que monsieur SANCHEZ, monsieur MOLINS, madame Rachel LAMBERT, sans compter PONCEFRELU-PILATOQUET aient à craindre la moindre sanction pour avoir accepté de mettre en œuvre un assassinat légal. Quant aux remords, on  attend toujours…

L’homme sans avenir et sans consolation : comment ces acteurs du crime légal pourraient-ils croire à quoi que ce soit de consolant dans la vie humaine, eux qui ne croient qu’à la jouissance matérielle, et certes pas à la vie éternelle.

N’épiloguons pas sur le bonheur qui résiderait dans la seule vigueur corporelle. Faute de pouvoir l'améliorer, car conserver la vigueur résiduelle de Vincent, "ILS" le pouvaient, "ILS" ont préféré ôter de leur vue, de leurs soucis, de leur conscience, un être humain sans défense. Décidément, cette philosophie politique est bien faite « pour les méchans ».


Louis de BONALD est né et est mort à MILLAU. Il écrit admirablement bien. Et sous prétexte qu’il était catholique, royaliste et ultramontain, on a dédaigné de l’honorer en cette ville en donnant son nom à une rue, une avenue ou un boulevard. Pire, là comme ailleurs, on a ignoré sa pensée philosophique. Or elle mérite d’être examinée objectivement, sans cette stupide prévention qui rejette dans les ténèbres de la République, tous les penseurs qui n’ont pas adhéré à la totalité de ses utopies, sans parler de ses erreurs. Les gens de CLERMONT-FERRAND n'ont pas eu ces scrupules, eux qui ont édifié un centre en l'honneur de Georges COUTHON, un  sanguinaire révolutionnaire des plus résolus, qui fut initié à la franc-maçonnerie en cette ville. On a les références qu'on mérité !


mardi 22 mai 2018

Mardi 22 mai. Nouvelles du pari bénédictin. Le siècle des Lumières est le siècle de la bourgeoisie triomphante !

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Au lieu d’un château fort dressé au milieu des terres, pensons plutôt à l’armée des étoiles jetée dans le ciel !
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1. LA VRAIE NATURE DES LUMIÈRES DÉVOILÉE PAR BERTRAND : L’AVÈNEMENT DE LA BOURGEOISIE.
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"Avec les Lumières l’origine change, a-t-il été dit. Le Droit, et avec lui, la loi humaine remplacent la loi divine. Métaphysiquement, cela se traduit par l’avènement du bourgeois, à savoir l’homme qui a décidé de vivre non plus pour l’autre monde mais pour celui-ci, en ne s’adaptant plus à la religion mais en adaptant le religion à lui, la nouvelle religion étant sociale et non mystique avec en son centre l’homme qui se fait lui-même et qui fait le monde. Ce qui n’est pas sans aller avec un certain contentement de soi, une suffisance, voire de l’arrogance. Dans L’existentialisme est un humanisme ― en citant HEGEL qui dit que l’homme est ce qu’il fait ― lorsqu’il fait l’apologie de l’homme qui, niant toute transcendance, part de lui-même pour s’inventer, SARTRE pense ne pas être un bourgeois. Lourde erreur. Il n’y a pas plus bourgeois, ce dernier étant, comme le rappelle Bernard GROETHUYSEN, celui qui, par définition entend inventer l’homme par l’homme."
In
Bertrand VERGELY.
Obscures lumières. La révolution interdite.
Les Éditions du Cerf, Paris, 2018. (Page 59)
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2. PREMIER CONTREPOINT REMARQUABLE DE GEORGES.
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"Si les imbéciles avaient pu savoir, aux environs de 1770, la véritable nature de l’étincelle qu’Otto de GUÉRICKE venait de réussir à tirer d’une ridicule mécanique à globe de soufre, ils n’auraient pas manqué de dire qu’ils avaient « domestiqué » la foudre. Ce mot « domestiqué » est d’ailleurs à retenir, il éclaire très bien la psychologie des imbéciles. La science est, pour l’imbécile, une espèce de bonne à tout faire de laquelle il prétend exiger toujours plus de travail pour un salaire de moins en moins élevé. Voilà longtemps que sa bonne est devenue sa maîtresse, je veux dire que pour le même prix, elle doit satisfaire aux besoins et aux plaisirs, selon la vieille formule de l’hédonisme bourgeois. L’imbécile se frotte les mains. Il n’avait jamais cru aux miracles, et voilà qu’il a ceux de la science à portée de la main, autant dire le bon Dieu à domicile ― « et pour deux fois rien, vous vous rendez compte ? » Il estime peu sa bonne à tout faire, c’est entendu, mais il ne pourrait plus maintenant se passer d’elle ; il voudrait lui faire un enfant qui s’appellerait Progrès et qui, d’ailleurs, tarde bien à naître. Le spectacle du bonhomme en savates s’efforçant de grimper sur le grand Ange Noir de la Connaissance qu’il prend pour sa servante, c’est bien là un spectacle à faire éclater de rire l’enfer."

"J’ai fait la guerre de 1914 (engagé volontaire) comme simple caporal, c’est-à-dire dans une familiarité et une fraternité quotidienne avec mes camarades ouvriers et paysans. Ils ont achevé de me dégoûter pour toujours de l’esprit bourgeois. Ce n’est pas la misère ou l’ignorance du peuple qui m’attire, c’est sa noblesse. L’élite ouvrière est la seule aristocratie qui  nous reste, la seule que la bourgeoisie du XIXe et du XXe siècle n’ait pas réussi à avilir."
In
Georges BERNANOS.
Français, si vous saviez… (Collection Folio, série Essais N°325.) Édition établie et préfacée par Pierre GILLE.
Gallimard, Paris, 2017 (date du dépôt légal de cette édition.) (Page 70, page 319.)
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3. SECOND CONTREPOINT ADMIRABLE DE NOTRE CHER LEON.
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"Autrefois, lorsque l’abolition du sens des mots n’avait pas encore été promulguée, l’honneur d’une famille consistait à donner des saints ou des Héros, tout au moins d’utiles serviteurs de la chose publique. Cela, qu’on fût riche ou pauvre, qu’on eût des ancêtres illustres ou qu’on n’en eût pas. Dans ce dernier cas, on montait simplement et naturellement dans l’aristocratie, par la seule nature des choses.
"Aujourd’hui, l’honneur des familles consiste uniquement, exclusivement, à échapper aux gendarmes.
"Les bourgeois éclairés accordent quelquefois, après avoir demandé à réfléchir, que la pauvreté peut, dans un très petit nombre de cas qu’ils se gardent bien de spécifier, n’être pas déshonorante, mais rien n’effacerait la honte d’une condamnation judiciaire, surtout en province.
"Les Martyrs ont beau avoir leurs ossements sur les autels depuis des siècles, l’Église a beau carillonner leurs fêtes et les inonder de gloire, le Bourgeois plein de défiance voit en eux des maladroits qui se sont laissé pincer et qui ont un casier judiciaire. Une nièce de saint Laurent ne trouverait pas à se marier et un arrière-petit-cousin du bon larron n’obtiendrait jamais une place de douze cents francs dans une administration.
"La répugnance du Bourgeois pour le Christianisme tient en grande partie à ses sentiments d’honneur ― on ne l’a pas assez dit. Il n’arrive pas à s’arranger d’une religion dont le « fondateur », après avoir subi une peine infamante, est ressuscité le troisième jour, pour aggraver éternellement le déshonneur de sa famille." [Texte intégral.]
In
Léon BLOY.
Exégèse des Lieux Communs. Rivages poche/Petite Bibliothèque. N°501.
Payot et Rivages, Paris, 2015. (Page 85.)
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4. LIENS UTILES.
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Des écoles dans l’esprit du pari bénédictin.





Qu’on se le dise !


Une belle vidéo sur les habitants de nos campagnes.


Monsieur MACRON va-t-il protester ?

Vous voyez bien que l’anglomanie est l’ultime triomphe de la bourgeoisie. CHESTERTON a écrit là-dessus des choses admirables sur lesquelles nous reviendrons.


Coucou mon cher robot, comment allez-vous ?


Vous voyez, chers lecteurs, que toutes les 30 heures, j’ai ce pic de lecture. Curieux, non ?


Graphique représentant les consultations des pages Blogger 

dimanche 3 décembre 2017

03 décembre 2017. Nouvelles de la Dissidence. Commencement n'est pas origine !

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Lisez cela, les jeunes, et souvenez-vous-en quand vous ferez un devoir de philosophie !
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Rien n’est plus facile que de prêcher la vérité. Le miracle c’est de la faire aimer.
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"Il faut distinguer soigneusement la question du commencement ― commencement de l’homme, commencement de la vie, commencement de la terre et du système solaire, commencement de notre Galaxie, commencement de l’ensemble des galaxies, c’est-à-dire de l’Univers ― et la question de l’origine.
"Distinguons ces deux notions de la manière suivante. La question du commencement relève de l’histoire naturelle. Par exemple, la question du commencement de l’Homme sur la terre relève de la paléontologie. La question du commencement de telle espèce vivante relève de la paléontologie, de la zoologie. La question du commencement de notre système solaire relève de la physique cosmique. La question du commencement de l’Univers relève aussi de la physique cosmique, de l’astrophysique.
"La question de l’origine est toute différente. C’est une question philosophique, et même proprement métaphysique, que nous allons aborder maintenant, et qui requiert une technique spéciale d’analyse, comme nous allons le voir."
In
Claude TRESMONTANT.
Sciences de l’univers et problèmes métaphysiques.
Éditions du Seuil, Paris, 1976. (Pages 22 et 23)
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2. COMMENTAIRES.
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La lecture de ce livre est roborative, stimulante et entraîne la conviction. Je ne saurais  trop la recommander à ceux de nos jeunes qui s’intéressent à la question des origines. Comme le note TRESMONTANT, il faut bien distinguer la question du commencement, sur laquelle les avancées des sciences de la nature et de l’univers jettent quelques lumières, sans toutefois éclairer ce coin prodigieux, ce coin incroyable que l’on appelle la "singularité" et qui désigne ce qui était avant le big bang.
Et puis il y a la question des origines. Du néant, il ne peut sortir de l’être. Il y a deux réponses possibles à cette question. (a) L’univers est tout l’être, il est éternel, n’a pas eu de commencement et n’aura pas de fin. C’est la solution adoptée par certains philosophes grecs (comme PARMÉNIDE). Il s’agit d’une fausse solution. Nous savons de science sûre que l’univers a une fin, comme il a eu un commencement. (b) La seconde solution celle qui s’accorde le mieux avec les données de la connaissance scientifique, c’est qu’il y a eu une création dont la cause ne peut être déterminée par la science, mais dont le déroulement dans le temps a été exploré avec méthode et un grand degré de certitude.
Il en résulte que le matérialisme qui fait de la matière le tout de l’être est une doctrine erronée. Il n’en résulte pas cependant, hormis l’événement certain de l’explosion initiale, que nous devrions croire à un Dieu personnel. On ne peut arriver à cette conclusion que par deux voies : l’une, d’ordre scientifique, indique qu’il semble exister dans le dessein de l’évolution ce que les anglo-saxons appellent un intelligent design, une conception intelligente ; la seconde, une fois que nous sommes arrivés au bord de l’insondable précipice, est d’ordre spirituel, et nous plonge dans le mystère de Dieu. Je ne vois pas d’alternative, sauf à imaginer des scénarios tous plus improbables les uns que les autres, que l’expérience, du reste, ne peut vérifier, et qui pour cette raison ne sont pas d’ordre scientifique. Il s’agit tout au plus d’hypothèses hasardeuses.
Suite au prochain billet.
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3. REVUE DE PRESSE CURIEUSE, NOURRISSANTE OU BAROQUE.
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De notre chère Elvire DEBORD, l’analyse d’un livre sur la prière avec le corps.


J’invite les jeunes qui me font l’honneur de lire parfois ces billets, à lire totalement celui d’Elvire. Il leur souviendra que je leur ai parlé du soma, du psuchè et du pneuma, et que je les ai invités à mobiliser toutes les strates de leur être quand nous disons ensemble le Notre-Père.
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Un beau, un vrai, un excellent tweet de Gérard DEPARDIEU.


Et quand il parle de journalistes, je le trouve très courtois !
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Voilà une initiative qui confirme en tout point mon émerveillement devant cette jeunesse inventive et aimante.

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De quoi se mêlent-ils ? Vive la Hongrie, monsieur !


Il est bon de souligner que le chargé d’affaires américains en Hongrie a été nommé par OBAMA.
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Vive Natacha POLONY ! Merdre à Libé, et aux autres

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Ces gens se moquent de nous !

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Et enfin, des remarques sur la justice internationale à deux vitesses.


mercredi 13 septembre 2017

13 septembre. Nouvelles de la Dissidence. Démocratie, individualisme, matérialisme et pillage !

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Tvetan TODOROV continué !

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Rien n’est plus facile que de prêcher la vérité. Le miracle, c’est de la faire aimer !

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1. LA CITATIOND DU JOUR.
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"L’autre grande menace qui pèse sur la société démocratique vient de ce que les hommes y pensent obsessionnellement à la satisfaction de leurs intérêts matériels. De ce fait même, ils délaissent les valeurs spirituelles. « Tandis que l’homme se complaît dans cette recherche honnête et légitime du bien-être écrit TOCQUEVILLE, il est à craindre qu’il ne perde enfin l’usage de ses plus sublimes facultés, et qu’en voulant tout améliorer autour de lui, il ne se dégrade enfin lui-même. » Cette crainte est plus qu’une hypothèse : à observer les mœurs américaines, TOCQUEVILLE voit partout le fort amour des richesses, puisque celles-ci occupent maintenant le sommet de la hiérarchie, réservée dans les sociétés aristocratiques aux honneurs. « La démocratie favorise le goût des jouissances matérielles », explique-t-il. « Ce goût, s’il devient excessif, dispose bientôt les hommes à croire que tout n’est que matière ; et le matérialisme, à son tour, achève de les entraîner avec une ardeur insensée vers ces mêmes jouissances. » Le matérialisme est la pente naturelle des hommes en démocratie.
Tzvetan TODOROV.
Le Jardin imparfait. La pensée humaniste en France. (Collection dirigée par Jean-Paul ENTHOVEN ; Biblio essais ; Le Livre de Poche N°4297.)
[Le Livre de Poche], Grasset, Paris, 2006. (Page 30.)
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2. COMMENTAIRES.
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Il me semble que TODOROV, avec l’aide bienveillante de ce cher TOCQUEVILLE, décrit avec une merveilleuse précision les raisons pour lesquelles, en même temps que la liberté de penser, la démocratie nous précipite dans le précipice sans fond du matérialisme le plus noir, le plus suicidaire. L’exemple archétypique de cet état d’esprit — mais il ne s’agit pas là de condamner, simplement de constater — est celui des pillages qui sévissent sur les îles de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy après le passage du cyclone Irma. Alors qu’en métropole, un incroyable mouvement de solidarité se développe (c’est le propre du génie français) à l’initiative de toutes sortes d’institutions charitables privées, sur place, chacun tente de sauver sa peau et de remplir son estomac. On aurait pu imaginer qu’il s’organise entre les rescapés une sorte de partage de ce qui subsistait dans tant de ruines accumulées. Mais la démocratie a réussi ce tour de force de faire condamner un État qui a – je le dis haut et fort – rempli ses obligations, et, au nom de cette condamnation, de pousser les habitants des îles à ce chacun pour soi, dévastateur et misérable. Ah ! Nous la payons bien cher, cette démocratie moderne tellement vantée par les beaux esprits des ministères, vantée sur le papier bien sûr, mais nous voyons bien que les vertus authentiquement démocratiques ne sont plus enseignées depuis belle heurette (expression originelle authentique pour « belle lurette ») dans les écoles, les collèges, les lycées, les facultés. Or ces vertus étaient des vertus civiques, des vertus inscrites dans la vie de l’espace public. L’espace public des démocraties à la grecque est devenu dans nos modernes démocraties une jungle où, dans certains quartiers, il n’est pas bon qu’une femme déambule non accompagnée.
Il me semble aussi que notre ministre de l’éducation nationale est un bon ministre et qu’il a compris l’enjeu essentiel d’un enseignement digne de ce nom. Nous ne pouvons que souhaiter une chose : sa réussite.

Un superbe poème de Marc RUGGERI en l’honneur de la Vierge Marie.

C’est l’heure de Marie,
l’heure où finissent les ombres
du Grand Livre accompli.
L’heure, pour elle, d’agrafer le Temps,
d’emmailloter le monde
dans son manteau de nuit.

Elévations sur notre temps (été 2017)

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3 REVUE DE PRESSE INSOLENTE.
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Français et Finlandais au Liban !


Inutile de dire qu'n tant que Français, j'aime le Liban où je compte quelques amis, anciens élèves ou étudiants.
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Etat des lieux en Syrie ;

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La France et la désinformation.

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Et la censure !

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La boucle de l’individualisme et du matérialisme est bouclée.

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Les Restos du cœur de Nantes cherchent des bénévoles.

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Un bilan nécessaire ; et je parle ici comme le pharmacien que je suis.

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Peut-être ces imbéciles préfèrent-ils Satan ?

Ils n’ont pas besoin de l’appeler. Il est bien là, et on se demande s’il ne les inspire pas !


Quand Joffrin nie grossièrement que “Libé” et “Le Monde” sont complaisants avec Macron

samedi 16 février 2013

Du matérialisme

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Je n'ai jamais caché l'admiration que je porte à LANZA del VASTO. Il me semble y avoir chez lui une grande cohérence de la pensée et de l'action. Outre qu'il était un véritable aristocrate, Prince Lanza di Trabia, et qu'il a parfaitement illustré par la hauteur de ses propos, de son maintien et de son action ce qui a justifié longtemps l'existence de la noblesse jusqu'à ce qu'elle se perde dans les abus, la morgue, les avantages indus, et les prébendes héritées, il a écrit en un style inimitable et flamboyant des choses impérissables. Je relisais donc quelques pages de l'une de ses oeuvres majeures, Les quatre fléaux et je trouve ceci, à la section 52 de l'ouvrage, qui concerne le matérialisme. Nos gouvernants nous en font crever... Ah ! s'ils pouvaient lire ce qui suit :
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"La Matière - contrairement à l'opinion courante - ne tombe jamais sous le sens ; le phénomène (mot qui signifie apparence ; explication donnée en note) seul est donné ; les instruments de précision ne font qu'en présenter de nouveaux aspects, mais ne présentent rien quant au rapport de l'Apparence avec Ce-qui-se-tient-dessous : la Substance.

La définition de la matière comme substance extérieure comporte d'insurmontable contradiction ; et son existence est aussi difficile à prouver objectivement que celle de Dieu et bien davantage. Affirmer qu'elle est, qu'elle est l'Être et qu'il n'y a rien d'autre, demande un acte de foi qui d'ailleurs s'ignore, se prend pour une constatation de fait et une évidence, ce qui est le propre de la foi aveugle. D'où le caractère dogmatique et fanatique de cette attitude mentale, autant qu'agressif et négatif. Mais cette croyance qui se croit connaissance n'est pas une adhésion de l'esprit, c'est une aversion de tout ce qui est spirituel, une mutilation volontaire, un reniement de soi qui exigent explication.

Toute connaissance suppose deux pôles : le sujet et l'objet, les met en communication, et l'accord des deux s'appelle la vérité. L'erreur vient de l'imagination et de l'affabulation, faculté du sujet de tirer de soi des formes qui se substituent à celles des objets ou s'y ajoutent, et de donner à ses aspirations des formes qu'il prend pour des objets. Le Matérialisme (comme toute autre école philosophique) cherche le moyen de supprimer l'erreur, mais n'en a pas trouvé de meilleur et plus définitif que de supprimer le Sujet.

Comme on scierait la branche sur laquelle on est assis.

Du sujet, on ne garde que le corps, qui est objet et tombe sous le sens. Mais l'Esprit tombe-t-il sous le sens ? Non. Rangeons-le donc parmi les futilités. Et l'Absolu, l'infini,  l'Eternel, le parfait, tombe-t-il sous le sens ? Ce sont donc des inventions du sujet.

Le Matérialisme, c'est l'Esprit optant conte soi-même pour son contraire, optant pour l'extérieur contre l'intérieur, pour l'inférieur contre le supérieur, renversement de l'ordre cosmique et de la hiérarchie des valeurs, subversion érigée en système.

C'est la philosophie qui convient à la Révolution pour le règne de la masse."
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C'est très exactement cette philosophie qui fait dire à l'ignoble (ou snob : sine nobilitatem) Pierre BERGE qu'il n'y a pas de différence entre louer son ventre pour porter l'enfant d'une autre et louer sa force de travail ; c'est très exactement cette philosophie qui anime les lois iniques sur le mariage homosexuel ou les recherches sur l'embryon ; c'est cette philosophie qui a fait se rétracter François-Normal Ier à propos de l'objection de conscience qu'il reconnaissait aux maires refusant de procéder à des "mariages" qu'ils réprouvent à l'intime d'eux-mêmes ; c'est cette même philosophie qui place le droit positif au-dessus de tout et méconnaît l'absolue dignité de la conscience. Nous n'en voulons pas ; nous n'en voulons plus car l'on voit bien où cela nous a menés. Il faut s'attendre à des suites très intéressantes.
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Quant aux deux députés de l'UMP, messieurs RIESTER et Benôt APPARUT qui ont voté en faveur de la loi d'indignité, il faudra, en temps opportun, rappeler à leurs électeurs leur vote. J'ose espérer qu'ils l'ont fait en conscience et non pas pour des raisons d'intérêt politique... On a tout de même le droit de ne pas les approuver.

  

mercredi 1 décembre 2010

Quand la science bouscule les vieux préjugés

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Les MONOD, CHANGEUX, CRICK et autres grands savants, matérialistes, réductionnistes et antireligieux sont désormais scientifiquement hors jeu. Leurs théories, leurs hypothèses sont tout simplement mises à bas par les découvertes les plus récentes de le neurologie.
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Voici ce que dit Roger SPERRY, prix Nobel de médecine :
"Quand je me prétends mentaliste, je soutiens que les phénomènes mentaux subjectifs, tels qu'on en fait l'expérience subjective, représentent une réalité primordiale exerçant un effet causal et qu'ils sont distincts de leurs éléments physico-chimiques, auxquels ils ne peuvent être ramenés" (In Science and moral priority, Columbia University Press, 1982). Voilà qui mérite d'être commenté. SPERRY affirme qu'il y a une réalité non physico-chimique qui précède et détermine nos pensées et nos actions, quand bien même celles-ci laissent des traces détectables par divers moyens dans notre cerveau. Exit l'homme neuronal et le paquet de neurones de Jean-Pierre CHANGEUX, ; fini le hasard et la nécessité de Jacques MONOD.
SPERRY va encore plus loin : "Il me paraît indispensable de contester avec la dernière rigueur la conception matérialiste et réductionniste de la nature et de l'esprit humain, conception issue semble-t-il de l'attitude objective et analytique aujourd'hui prédominante dans les sciences du cerveau et du comportement [...]. Je soupçonne que nous avons été dupés, qu'à la société et à elle-même la science n'a fourgué que de la camelote." (Ibidem).
Ainsi, pour SPERRY, l'esprit conscient n'est pas de nature physico-chimique est replacé "dans une position de commandement suprême".
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Je vous reparlerai des expériences de Benjamin LIBET qui remisent définitivement aux oubliettes les conceptions matérialistes de l'esprit humain. Mais déjà, je vous signale le livre décisif auquel j'ai fait récemment allusion. "Notre existence a-t-elle un sens ? Une enquête scientifique et philosophique", de Jean STAUNE, publié aux Presses de la Renaissance, Paris 2007, dans lequel j'ai puisé ces citations. Difficile d'accès, ce livre, qui est l'oeuvre d'un mathématicien, diplômé aussi en paléontologie, informatique, gestion, sciences politiques et économiques, est tout simplement percutant. J'en recommande la lecture à toute personne soucieuse de se tenir au courant des progrès de la science. J'en exigerais bien volontiers la lecture de la part de nos hommes politiques, de tous les responsables économiques ou syndicaux, de tous les artistes, de tous les hommes de bonne volonté. La conscience n'est pas le fruit du fonctionnement du cerveau ; elle le surplombe, même si elle en exige l'existence pour se manifester. Il n'échappe à personne que, dans ces conditions, c'est elle qui juge de la valeur moral des actes, et qui les classe sur une échelle de valeur. Tout ne se vaut pas... Avis aux amateurs qui veulent chambouler par la loi ce que toute conscience droite réprouve. Avis aux amateurs encore qui se permettent de juger de l'intention et de la responsabilité morale d'autrui. Ce n'est pas pour rien que SPERRY a intitulé son livre "Science and moral priority."
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Décidemment, nous avons encore beaucoup à apprendre.

lundi 21 septembre 2009

Parole toujours vivante

Dans la lettre que Paul de TARSE envoie à son disciple TIMOTHEE, ceci toujours actuel (au chapitre 6) :

"De même que nous n'avons rien apporté dans ce monde, nous ne pourrons rien emporter. Si nous avons de quoi manger et nous habiller, sachons nous en contenter. Ceux qui veulent s'enrichir tombent dans le piège de la tentation ; ils se laissent prendre par une foule de désirs absurdes et dangereux, qui précipitent les gens dans la ruine et la perdition. Car la racine de tous les maux, c'est l'amour de l'argent."
En regard de ce constat prophétique, lus dans les journaux, entendus à la radio, vus à la télévision ou sur les placards publicitaires du métro, ces propos :
La Société Générale diminue les provisions pour bonus de 1 milliard d'euros à 500 millions (seulement ?!). Argent.
Les syndicats réclament une hausse du pouvoir d'achat. Argent.
Si vous ne faites pas pour l'environnement, faites-le pour l'argent (publicité !). Argent.
Devenez radin, vendez sur... (suit le nom d'un site internet). Argent.
L'Etat met tant de milliards d'euros pour sauver les banques. Argent.
Bien sûr qu'il en faut de l'argent. Mais il est fondamentalement TROMPEUR. Il n'est donc pas neutre, comme de bonnes âmes, souvent ecclésiastiques mais pas seulement, essayent de nous faire accroire. Il est TROMPEUR, et c'est Jésus qui le dit. Peut-on abolir sa parole ?
Quand tout se ramène à des questions d'argent, la perte du sens de la vie n'est pas loin. Quand le bonheur se résume à l'épaisseur de son compte en banque, ou au nombre de zéros qui adornent le premier chiffre à gauche en bas de la colonne, la violence n'est pas loin. Nous allons payer très cher ce matérialisme de bas étage.
Oh, certes, il m'est facile de vilipender l'argent. Je ne suis pas dans le besoin. Cependant je peux me regarder sur ce point dans une glace sans avoir à rougir. J'épargne, comme il est nécessaire de le faire pour ne pas offenser l'avenir, mais sans excès et je n'ai jamais spéculé. Voilà bien une chose que je trouve basse, ordurière, animale, fondamentalement immorale. Je m'efforce de partager, sans doute insuffisamment, et je ne trouverais pas anormal d'avoir une retraite un peu moins confortable pour que d'autres compatriotes puissent en avoir une meilleure. Je l'ai déjà dit et je le redis. Et quand je vois la simplicité de vie des laïcs engagés dans des communautés de vie fraternelle, comme celle que je fréquente à STRASBOURG, je me dis qu'ils ont choisi la meilleure part et qu'elle ne la leur sera pas ôtée. Sans doute n'ai-je pas le courage, et surtout pas la latitude de partager leur choix. Et ça me fait peine.
La parole de Paul de TARSE est toujours vivante. Il n'est pas trop tard pour la mettre en pratique. En aurons-nous la sagesse ?

mardi 23 septembre 2008

Le pape, la science et Yvon Quiniou

Monsieur Yvon QUINIOU a fait paraître dans le Monde un article qui mérite qu'on s'y attarde. Il s'agit d'un article de fond qui critique assez sévèrement la position de Benoît XVI telle qu'il l'a présentée dans sa Conférence aux Bernardins.

Monsieur QUINIOU a l'honnêteté de reconnaître que s'il est philosophe, il est aussi incroyant. Il présente donc le point de vue d'un incroyant opposé à celui d'un croyant. D'un strict point de vue intellectuel cela revient à admettre la relativité des deux positions.

Je vais essayer, en tant que scientifique et croyant, de reprendre point par point les critiques de monsieur QUINIOU. Je note tout d'abord que les trois premières phrases de cet essai sont des phrases de jugement, et de jugement négatif, avec en outre, une utilisation du sens du mot "positiviste" par l'essayiste, qui est tout à fait inappropriée. Le positivisme, tel que je l'ai appris, est le mode de pensée qui consiste à ne prendre en considération que des faits tombant sous le coup de l'expérience concrète, plus précisément de l'expérience des sens, fut-elle transmise par des appareils. Le mot "positivisme" utilisé par Benoît XVI l'est strictement dans ce sens, et il ne recouvre pas entièrement le sens du mot "rationalisme", ou plus justement de celui de "rationalité". Si la raison ne peut s'exercer que sur des faits d'observation et d'expérience, alors la philosophie n'a pas lieu d'exister. Or elle se se construit par des raisonnements spéculatifs, fondés certes sur l'expérience, une expérience non seulement objective et positive, mais aussi une expérience intérieure et c'est justement ce qui en explique l'existence.

Je suis au regret de contredire totalement monsieur QUINIOU quant au supposé rejet de la science par l'Église. J'ai à plusieurs reprises dans des anciens billets expliqué que de nombreux savants étaient des moines et des prêtres qui ont fait faire aux sciences positives des progrès considérables. Reprendre la vieille lune de GALILEE est certes efficace, mais d'une rare malhonnêteté intellectuelle. GALILEE a été condamné non pas parce qu'il disait que la terre tournait autour du soleil mais parce que, ayant prouvé qu'elle le faisait, il ne pouvait que conclure aux erreurs des écritures. On ne disposait pas à l'époque de l'outil de l'analyse littéraire et de la connaissance des genres littéraires et il a fallu plus de trois siècles pour y arriver. Monsieur QUINIOU nous donne à croire que la science a été faite par des incroyants. C'est ce que l'enseignement officiel apprend à nos enfants. Voilà une affirmation un peu courte.

Et puisque monsieur QUINIOU est philosophe, il doit savoir que ne relève du scientifique que ce qui est révocable en doute par l'expérience. L'évolutionisme de DARWIN (qui a été très remanié depuis que son auteur a exposé sa théorie) est une théorie, c'est à dire un ensemble explicatif cohérent qui rend compte de l'ensemble des faits observés, tout comme les théories sur les mouvements des astres, avant COPERNIC, expliquaient ceux-ci presque entièrement. Pour l'instant, il me paraît déraisonnable de n'y pas croire, mais c'est une croyance. En somme, le darwinisme sort de la connaissance positive telle que le conçoit monsieur QUINIOU. Ceci étant dit, je lui accorde qu'il existe un phénomène, appelé "invention génique", qui expérimentalement rend compte parfaitement de la micro-évolution. Je ferai la même remarque sur FREUD. Que ses théories soient opératoires, c'est l'évidence même. Mais elles ne sont qu'opératoires, c'est à dire susceptibles d'être utilisées avec profit dans des circonstances particulières, et ne relèvent en aucun cas de la science positive, au sens où l'entend et monsieur QUINIOU et Benoît XVI, ce qui n'est pas le moindre des paradoxes. En somme, en affirmant ce que critique monsieur QUINIOU, Benoît XVI réintègre dans le champ de la rationalité ce que monsieur QUINIOU s'obstine à mettre dans le champ des sciences positives. Connaître le monde, c'est aussi connaître ce qui relève de l'expérience intérieure, de l'expérience subjective, des faits de conscience.


L'expérience nous apprend aussi combien sont rares les moments de plénitude, et fréquents, obsédants ceux qui nos ramènent à nos limites, à notre finitude. Si nous n'aspirions à rien d'autre qu'à satisfaire des besoins terrestres, ce qui est en partie réalisé dans les pays riches pour un grand nombre de personnes, nous devrions nous contenter de cette satisfaction. Il n'en est rien. Des gens comblés se suicident, se droguent, meurent d'ennui, sont déprimés, comme s'ils étaient incapables de trouver du sens à leur vie. C'est bien là tout le problème. Sortant du point de vue scientifique pour rentrer dans celui du croyant, j'attribue au désir d'infini qui habite le coeur de l'homme, cette soif qui n'est jamais étanchée, même et surtout par les biens matériels.


Il me semble et je conclus, qu'une attitude ouverte et véritablement scientifique consisterait à accueillir sans préjugés, et comme également honorables et utiles, les deux attitudes : celle de l'incroyant, celle du croyant, laissant au libre arbitre de chacun un choix qui donne du sens à sa vie. Le totalitarisme consiste justement à affirmer qu'il n'y a qu'un voie possible, celle que l'on présente. D'accord avec monsieur QUINIOU, je trouve un peu raide l'affirmation qu'il n'y a qu'une culture véritable, celle qui est fondée sur la recherche de Dieu. Mais essayant d'en examiner le plus grand nombre, je suis arrivé à la conclusion que les cultures les plus sublimes sont celles qui se sont efforcées de le faire. Et il serait intéressant, d'un point de vue psychologique de faire des enquêtes comparatives sur le sentiment de bonheur personnel qu'éprouvent les croyants et les incroyants.





vendredi 15 juin 2007

Paroles de philosophe

On pourrait croire que je suis partial. Il n'en est rien. Ce n'est pas le socialisme dont j'ai horreur. Je rejette en bloc les leaders socialistes parce qu'ils disent tout et n'importe quoi, et n'ont strictement aucune proposition à opposer à celles que fait le gouvernement. Ils ne sont intéressés que par le pouvoir, ils veulent faire notre bonheur malgré nous, ils ont réponse à tout avec leur système. Le socialisme, comme le libéralisme du reste, est une idéologie. L'un et l'autre sont, en effet, des systèmes, des systèmes de pensée qui ont plus ou moins de rapport avec le réel. D'abord un détour pour comprendre de quoi il s'agit.
Voici comment André COMTE-SPONVILLE, un philosophe médiatique certes, mais très pédagogue, ce qui est rare pour un philosophe, définit matérialisme et idéalisme, dans une joute qui l'oppose à l'un de ses collègues, monsieur STAUNE, et qu'a publié le Figaro (merci à un ami de m'avoir communiqué ce texte) :
"Le matérialiste, au sens trivial, c'est celui qui n'a pas d'idéaux, qui ne vit que pour les plaisirs corporels. Au sens philosophique, il en va tout autrement ! Le matérialisme est d'abord une position métaphysique : c'est penser que tout est matière ou produit de la matière. Attention, je ne parle pas du concept scientifique de matière, qui ne cesse d'évoluer, mais de la catégorie philosophique, qui appelle « matière » tout ce qui existe indépendamment de l'esprit. La vraie question est de savoir ce qui est premier : est-ce l'esprit qui crée la matière, ou la matière (qu'elle soit énergie, ondes ou corpuscules) qui produit l'esprit ? L'idéalisme défend la première position ; le matérialisme, la seconde, ce qui revient à nier l'existence d'un dieu créateur et d'une âme immatérielle. Pour le matérialisme, ce n'est pas un esprit qui a créé le monde ; c'est la nature incréée qui finit par engendrer la pensée dans le cerveau humain. Je ne suis donc qu'un corps, ce qui exclut que je puisse lui survivre : être matérialiste, c'est aussi penser qu'il n'y a pas de vie après la mort. Voici résumées les composantes majeures du matérialisme, depuis Démocrite et Épicure jusqu'à aujourd'hui."
Les définitions sont excellentes. Toutefois je m'interroge sur le grand manquant de ces conceptions métaphysiques, je veux dire le réalisme. Nous voyons bien les dangers des idéalismes, père de tous les totalitarismes. Si l'esprit est "créateur" de la matière, tout est permis à l'homme, et le plus fort de nos frères en humanité pourra nous imposer son système, contre notre volonté : c'est ainsi que l'on a vu fleurir le nazisme, le fascisme, le marxisme, le freudisme, le nietzschéisme, le castrime, le léninisme, le stalinisme, le maoïsme, toutes idéologies dont vous observerez que la plupart portent un nom dérivé de celui de leur créateur. Le matérialisme est un avatar de l'idéalisme. Lorsque je déclare que tout, y compris la pensée, est un produit de la matière, je ne fais que projeter ma pensée dans celle-ci, en lui supposant, sans possibilité de preuve, une telle puissance.
Que dit le réalisme ? Il dit qu'il y a une correspondance possible entre les choses et l'intelligence, que la recherche de cette correspondance est précisément la recherche de la vérité, que les êtres et les choses portent en eux de l'intelligible, c'est à dire la trace d'un esprit. Toute la question est de savoir si l'intelligible des êtres et des choses est prouvable, possible, très conjectural, impossible à détecter ou hypothétique. Un penseur très connu, Karl POPPER, montre qu'il existe trois mondes bien distincts : le monde 1 est celui de la matière, y compris celui du cerveau, le monde 2 est celui du vécu dans chaque conscience, le monde 3 est le monde des idées car les "idées sont perpétuelles". Cela signifie tout simplement que les idées émergent de la matière par le travail de l'esprit humain qui cherche à en dégager l'intelligible. C'est précisément cela le réalisme.
Quelques idées clés du réalisme dont le plus éminent représentant occidental est Thomas d'Aquin, mais qui a aussi de non moins éminents représentants orientaux (Yahia, Miskaywah, Ibn Sibna, etc.) : L'homme individuel ne pourra que difficilement parvenir à ses fins terrestres sans le secours du corps social (Thomas d'Aquin, Miskaywah). La fin ultime est ce au-delà de quoi l'agent ne cherche plus rien (Thomas d'Aquin, les philosophes arabes médiévaux). Tout agent agit en vue d'un bien. L'amour est le mouvement de la volonté éclairée par l'intelligence. Etc.
S'il en est ainsi, on peut comprendre pourquoi la recherche d'un consensus politique n'est pas une utopie, mais une tentative de trouver ensemble l'intelligible des choses, des êtres, et des situations. En d'autres termes, à une situation problématique donnée, historiquement et géographiquement située, il ne peut pas y avoir de solutions dépendantes des idéologies, il ne doit y avoir que des solutions dépendantes du réel. Il peut y en avoir plusieurs, également bonnes, mais il n'y en a pas un nombre infini, ni indéterminé, et notre liberté s'exerce justement dans le choix que nous faisons de l'une de ces bonnes solutions. Aucune solution ne saurait être bonne si elle n'est pas conforme à la fin qui nous est due.
En voilà assez pour aujourd'hui. Mais je continuerai demain sur la question de la TVA sociale, et je montrerai combien sont de mauvaise foi ceux qui en critique le principe, loin de toute réalité, en s'accrochant à des idées dont ils savent qu'elles sont au mieux discutables, au pire mensongères.