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dimanche 23 avril 2017

23 avril 2017. Nouvelles de la Résistance. Avant d'aller voter !

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Interruption provisoire du cycle consacré à Henri HUDE.
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Avant d’aller voter, lisez ce texte sorti de la plume de notre cher BERNANOS.

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Ce n’est pas l’ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c’est la lâcheté !
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"La France a été trahie par ses élites et ses élites intellectuelles l’ont encore plus trahie que les autres, car elles ont trahi sa tradition et son génie, en doutant systématiquement de l’une et de l’autre. Elles l’ont engagée dans ce chemin sans issue où le capitalisme et la démocratie, au terme de leur évolution logique et naturelle, vont d’absorber dans le marxisme, où les trusts, après avoir mis en échec l’État, vont se perdre dans ce trust des trusts, ce trust unique et sans responsabilité, qui s’appelle l’État moderne, à condition que l’on veuille bien donner ce nom d’État au dirigisme totalitaire, simple exécuteur, exécuteur impitoyable de toutes les fatalités du déterminisme économique. La France a été trahie par ses élites intellectuelles en sorte qu’incapable de concevoir le péril qui la menace, qui menace la tradition universelle dont elle est l’expression historique la plus haute et la plus pure, elle doit seulement le pressentir, ou mieux encore, le sentir par les seules ressources de l’instinct, comme un troupeau sent l’orage. Eh bien j’en porte le témoignage. J’ai parlé assez franchement de mon pays depuis 1940 pour avoir le droit de dire sur lui toute ma pensée. J’ai foi, je crois ardemment que le monde lui rendra un jour justice. Notre peuple, la masse de notre peuple ne croit déjà plus à la contre-civilisation qui dissipe à mesure tout l’effort humain, l’engloutit dans des catastrophes démesurées. […]. Je dis notre peuple, la masse de notre peuple, ce sont ces millions d’hommes qui s’abstiennent ou votent pour des programmes ou des partis, non par attachement pour ces programmes ou ces partis, mais parce que ces programmes ou ces partis leur semblent précisément assez médiocres pour ne pas lui faire courir des périls immédiats. […].
In
Georges BERNANOS.
La liberté, pour quoi faire. (Référence dans des billets antérieurs.)
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2. COMMENTAIRES.
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Notre cher Georges explique prophétiquement les raisons pour lesquelles des candidats comme monsieur MÉLENCHON ou madame LE PEN ont tant de supporteurs. Et il nous donne aussi les raisons essentielles de ne pas voter pour un homme qui déteste sa patrie, ne connaît que les lois du déterminisme économique et n’est jamais que la version douce d’un totalitarisme à la sauce MARX.
Non à MACRON. Définitivement non.
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3. INFORMATIONS DIVERSES.
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Ô délicieux poison du doute ! Si tu avais le pouvoir de transformer le doute en certitude !

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Honneur à ce confrère cambodgien.

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La bêtise humaine n’a décidément pas de limites !

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Un géographe se paie un démographe.

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L’imposture MACRON.

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Les monnaies du linceul de Turin.



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jeudi 3 novembre 2011

Un économiste courageux

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Il a 41 ans, il est normalien, docteur ès-sciences (mathématiques) et chercheur au CNRS. Gaël GIRAUD présente une autre caractéristique intéressante : il est jésuite. Cocktail explosif de compétences, de savoirs (pluriel), de connaissance (singulier) et de foi, sa parole n'est pas celle d'un intellectuel tel que le fustige notre cher BERNANOS. Il rentre dans la catégorie (que BERNANOS a parfaitement identifiée dans son ouvrage souvent cité ici La France contre les robots) des hommes qui par leur activité font progresser la connaissance du monde : BERNANOS les appelle les Savants. Mais je ne suis pas certain que Gaël GIRAUD aimerait qu'on l'affublât de ce titre.
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Si je donne ces détails, c'est parce que le point de vue de Gaël GIRAUD sur la crise de la dette, sur la crise de l'Euro, sur l'Europe, est iconoclaste et par bien des points brisent des tabous.

Je vais vous donner ici trois réponses qu'il a faites aux questions que lui posaient Antoine d'ABBUNDO et Frédéric NIEL pour le compte de l'excellent magazine Pèlerin.
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Question : Pour éviter la catastrophe et rassurer les marchés, les pays endettés, dont la France, vont devoir adopter des plans d'austérité. Or vous affirmez que le problème est mal posé. Que voulez-vous dire ?

Réponse : On entend partout que l'Etat est trop dépensier. En France c'est faux. Les dépenses rapportées au PIB sont passées de 55 % en 1993 à 52,3 % en 2007. Ce ne sont donc pas les dépenses publiques qui ont explosé, mais les recettes de l'Etat qui ont diminué. Les cadeaux fiscaux principalement consentis aux hauts revenus depuis dix ans pèsent grandement sur le budget. Si l'on revenait à la fiscalité de 2000, on récupérerait entre 70 et 100 milliards d'euros par an. Au contraire les plans d'austérité ne peuvent que renforcer la crise car ils vont freiner un peu plus la croissance.

Une simple remarque de ma part : j'adhère à ce raisonnement, avec toutefois ce petit bémol qu'il convient de mentionner pour comprendre comment est composé le PIB. Il inclut la totalité des salaires des fonctionnaires dont on considère que la richesse qu'ils produisent est exactement représentée par la rétribution dont ils sont gratifiés. La diminution du pourcentage de PIB affecté aux dépenses de l'Etat reflète donc peut-être la diminution du nombre des fonctionnaires d'Etat (je ne parle pas de la Fonction Publique Territoriale, dont les effectifs ont explosé, ni de la Fonction Publique Hospitalière qui serait plutôt la parente pauvre du système) ou une augmentation réelle des richesses produites avec une stagnation des effectifs de fonctionnaires ou une évolution moins rapide que le rythme de production des autres richesses. Par ailleurs, la période considérée inclut deux magistratures présidentielles : la fin des années MITTERRAND et les deux mandatures de Jacques CHIRAC. Il serait donc peu honnête d'imputer à Nicolas SARKOZY cette diminution de pourcentage.
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Question : Que faire alors ? [...] vous proposez un plan de sauvetage qui préconise un retour au protectionnisme, le passage de l'euro, monnaie unique, à l'euro monnaie commune et un grand plan de transition énergétique et écologique. En quoi ces mesures seraient-elles efficaces ?

Réponse : Il nous faut sortir du tout pétrole devenu un produit trop rare pour assurer une croissance forte. Cela exige des investissements à long terme que seul l'Etat peut prendre en charge. Alors rêvons : pourquoi ne pas autoriser la Banque centrale européenne à faire marcher la planche à billets pour financer ces grands chantiers ? On me rétorquera que cela va créer de l'inflation. Et alors ? L'inflation peut être supportable si les salaires augmentent. Or qu'est-ce qui bloque la hausse des salaires ? La concurrence des pays émergents comme la Chine. D'où l'importance de rétablir des barrières douanières limitant les effets néfastes de cette concurrence déloyale. Pour ce qui est de l'euro, les pays européens les plus fragiles doivent pouvoir dévaluer leur monnaie. Vendus moins chers, leurs produits redeviennent compétitifs. Mais ces pays ne peuvent pas le faire tant qu'ils sont dans la zone euro. Je propose donc que l'on garde l'euro comme monnaie commune pour les transactions hors de la zone euro, mais qu'à l'intérieur de l'Europe on en revienne à des monnaies nationales.
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Question : Votre discours est très radical. Qu'ya-t-il de chrétien dans votre analyse ?

Réponse : En tant que jésuite, j'essaye de vivre l'option préférentielle pour les pauvres qui nous vient de l'Evangile. En France huit millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté ! Parmi eux, des travailleurs, des femmes seules avec enfants, sont obligés d'aller à la Banque alimentaire pour se nourrir. On ne peut pas continuer comme cela. les chrétiens ne peuvent pas rester aveugles face à cela. J'en rencontre de plus en plus qui veulent agir et ne sont plus dupes d'un discours qui voudrait que le marché permette plus de justice.

Remarque : Je m'associe tout à fait à cette analyse, avec toutefois un bémol. Le marché dont il est question dans cette réponse semble viser un système de liberté d'entreprendre. Je crois que ce qu'il faut dénoncer avec vigueur, c'est la domination du marché de l'argent. Oui, il est trompeur ! Oui, ce système est scandaleux ! Et à dire vrai, je me demande s'il ne faudrait pas supprimer l'existence des actions, propice à toutes les spéculations, les manipulations, et les remplacer toutes par des obligations. Les entreprises ont besoin de liquidités pour investir. Il est normal que ceux de nos concitoyens qui épargnent et ont le désir d'aider notre économie puissent prêter à intérêt. Plus d'actionnaires, plus de dividendes, adieu la valse insane des indices, du CAC 40, du NASDAQ, du DOW JONES etc. Les grands lacs américains risqueraient de déborder sous l'effet de la stimulation lacrymale qu'une telle mesure déclencherait chez les rapaces de Wall Street, idem pour le HOANG HO ou le YANG ZI JIANG, pareil pour la SEINE, la TAMISE, la SPREE, le PO, et tous les fleuves du monde qui baignent les murailles en or des Temples idolâtres de la Finance.
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mercredi 1 avril 2009

Enfin on y vient

Dans le numéro 1563 du journal gratuit METRO, en date du 31 mars, Olivier FERRAND, Président de Terra Nova publie un éditorial très intéressant intitulé : Une question de morale collective. Je dirai tout à l'heure pourquoi je suis en désacord total avec le titre, et l'adjectif collectif. Mais dirai aussi pourquoi j'approuve complètement le contenu de cet article. Voilà des mois que je vous bassine avec la morale, entendue au sens d'un art de vivre, et d'une réponse donnée par la conscience éclairée à la question Que dois-je faire ? Force m'est de constater que le mot de morale, utilisé hélas timidement, et d'une manière souvent ambiguë, revient à la mode, et que son contenu sera désormais au centre de toute réflexion politique.
Voici d'abord ce que dit Olivier FERRAND : Comment renouer avec une société plus juste ? Il faut sans doute réglementer ou fiscaliser. L'administration OBAMA vient de faire les deux. Mais la cause des dérives n'est pas la réglementation. Elle n'a pas changé. On pouvait se verser des sommes faramineuses il y a quinze ans, mais on ne le faisait pas. Ce qui a changé c'est la morale collective. L'éthique du capitalisme industriel était une éthique du travail. L'éthique du capitalisme financier, qui a miné toute l'économie, est une philosophie de l'argent roi, de l'immédiateté, de la jouissance.
Sur le fond, je suis bien entendu tout à fait d'accord. Mais je refuse le glissement de la morale à l'éthique. Je sais bien que je vais à contre-courant ; tout le monde n'a que le mot éthique à la bouche. C'est plus riche, et ça évite d'avoir à se poser la question du Que dois-je faire. (L'éthique est, je le répète, un ensemble de comportements normés, définis et acceptés par la société. On peut parfaitement décider qu'il est éthique de pratiquer ce que l'on appelle pudiquement l'aide à la fin de vie. Il n'en restera pas moins vrai que c'est immoral, en ce sens que si j'interroge ma conscience, elle me dit qu'attenter à la vie d'autrui, fût-il consentant, est un interdit absolu. Je conviens tout à fait que devant la douleur d'un être qui souffre, on peut être tenté d'éliminer ses souffrances en abrégeant sa vie ; il suffit de diminuer les souffrances, me dit ma conscience, même s'il peut en résulter indirectement un raccourcissement de la vie, ce qui n'est pas la même chose. Monsieur FERRAND se range implicitement à cette explication comportementale, puisqu'il parle de l'éthique du capitalisme financier). En d'autres termes, la morale est une question de conscience personnelle, et ce n'est pas la morale collective qui a changé, car la collectivité n'a pas de morale, mais des moeurs ; ce qui a changé c'est la morale de nombre de dirigeants d'entreprise, et notre acceptation collective de cette immoralité. Voilà pourquoi, me semble-t-il, il est nécessaire d'en revenir aux enseignements fondamentaux de la morale naturelle, résumés par le Décalogue, certes, mais de la même manière par bien d'autres sagesses ; il est nécessaire de faire des lois qui ne contreviennent pas à cette morale naturelle, sinon, "les bornes étant franchies, il n'y aurait plus de limites", et il ne faut point transiger avec l'immoralité. Utopie ? Rêve irréalisable ? Je ne crois pas. Car nous voyons bien que l'immoralité conduit au désastre et que la morale est faite pour le bien et la survie de l'humanité.

vendredi 10 octobre 2008

Parachutes dorés et Droits de l'homme

Je dois à mes rares lecteurs des excuses. Je ne les avais pas avertis que je m'absentais quelques jours. Je m'apprête du reste à en faire autant pour demain et dimanche. Ceci étant dit, je fais rattraper mon retard en publiant aujourd'hui quelques billets.
J'ai stigmatisé l'attitude de ces dirigeants de grands groupes industriels qui, quand ils sont remerciés, souvent en raison de leur mauvaise gestion, se voient équiper d'un parachute doré qui leur permet de quitter sans risque l'aéronef en perdition. Je dis, je prétends, et je maintiens que cette disposition est non seulement scandaleuse moralement, mais encore qu'elle est juridiquement inconstitutionnelle. On sait que les sages du Conseil Constitutionnel ont incorporé la Déclaration des Droits de l'homme dans le Bloc Constitutionnel. Or cette déclaration dit formellement ceci : Les hommes naissent et demeurent égaux en droit. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune. Il y a donc une très sérieuse base juridique pour limiter ces pratiques, les encadrer, j'aurais aimé pouvoir dire les moraliser. Hélas...
Nombre de philosophes politiques ont très largement étudié le statut de l'élite. Il n'y a pas d'élite légitime si le statut ne s'accompagne d'aucune responsabilité sociale, et d'aucun service rendu à la société. Quand tel ou tel dirigeant, par ses erreurs stratégiques de gestion, entraîne la chute de son entreprise (baisse de la valeur capitalisée, licenciements, fermetures d'usines, etc.), il doit être sanctionné et non pas couvert d'or. La sanction devrait venir des actionnaires, non de la Loi. Mais on voit bien que tous ces messieurs se tiennent par la barbichette, et se font des amabilités au cas où. Alors, en dernier ressort, la Loi doit intervenir dans toute sa rigueur.
Ce qui est terrible, c'est que ce dévoiement entraîne une condamnation sans nuance du capitalisme industriel, qui n'a rien à voir avec le capitalisme financier. Prendre des risques pour créer des biens est un indice de vigueur sociale. Reconnaître que l'augmentation de la valeur boursière est le fruit et de ce risque et du travail des salariés de l'entreprise est un acte de bon sens. Les événements boursiers actuels indiquent bien que risque il y a, puisque nombre de petits actionnaires ont vu leur patrimoine fondre en quelques jours. Il est donc faux de dire qu'à tous les coups on gagne. On peut aussi perdre. Le problème est que les perdants sont les risqueurs de bonne foi, et les gagnants, ces petits groupes de spéculateurs initiés aux combines de la finance. A mon avis, c'est à la jointure des notions de risque et de spéculation que le politique doit travailler. J'ai déjà donné des pistes puisées dans les travaux d'Henri HUDE (voir billets anciens).

samedi 27 septembre 2008

Petits commentaires



Lacan revisité par Ubu.
Je ne résiste pas au plaisir de vous communiquer les impressions de Michel SCHIFFRES après la lecture qu'il a faite dans Libération (livraison de jeudi) d'un article jailli de la plume de Julia KRISTEVA. Il a, dit-il, commencé sa lecture à 10 h 44 et l'a terminé à 15 h 07. Texte assez long, ajoute-t-il, qui fait 236 lignes (en effet). Il avoue qu'il a trébuché sur nombre de paragraphes dont celui-ci que je vous livre : Le symptôme Sarah PALIN et autres passages à l'acte féminin, qui signent le malaise actuel de civilisation relèvent moins d'une 'virtuelle essence féminine' que d'une crise hystérique destructrice sous son masque salutaire. Avec ses dérives borderline de toute-puissance maternelle, sexuelle et divine, une telle posture défigure l'expérience complexe de la maternité, qu'elle fige dans l'impénétrable pouvoir de la matrone phallique, fantasmée comme prothèse des mâles défaillants et châtrés.
Personnellement, j'aurais écrit, plus sobrement (à supposer que j'aie compris ce que veut dire l'auteur) : La candidature de madame PALIN à la vice-présidence des Etats-Unis ne sert pas la cause des femmes. Elle met en relief leur soif de pouvoir, et d'une certaine façon leur masculinité. Et madame PALIN n'est qu'un prétexte pour ce pauvre monsieur McCAIN, insuffisamment sûr de lui, assez peu viril, qui cherche dans cette colistière un soutien peu glorieux.
Michel SCHIFFRES est plus humble que moi qui conclut : Découvrir qu'on est d'une intelligence moyenne et d'une capacité de compréhension moyenne est une expérience terrifiante.
Il a raison. Je suis au bord des larmes. Je puise ma consolation dans l'idée que l'article de madame KRISTEVA est un remake de LACAN, revisité par UBU.
Parachute doré.
Monsieur MESSIER, qui a failli ruiner VIVENDI par sa désastreuse mégalomanie, a perçu après sa démission une indemnité de 20 millions d'euros ; monsieur ZACHARIAS, qui démissionne de VINCI, n'a perçu que 13 millions d'euros ; monsieur FORGEARD, ex-coprésident d'EADS, démissionne de son poste en 2006, au moment où explose la crise (prévisible) de l'Airbus A380, et touche 8,5 millions d'euros. Quant à monsieur TCHURUK, malheureux dirigeant d'ALCATEL, dont les affaires ne sont pas très brillantes, il reçoit à son départ une aumône de 5,65 millions d'euros. Tout cela est inacceptable. Ces grands patrons, quelles que soient leurs qualités, n'ont pas rendu à leur entreprise des services tels qu'ils méritent d'être traités aussi somptueusement au moment de leur départ. Il y a une disproportion qu'aucun esprit amoureux de la justice ne peut accepter. Il ne s'agit pas d'exprimer ici de l'envie ou de la jalousie, mais de regarder en face la réalité. Rétribuer confortablement des dirigeants qui ont de lourdes responsabilités est une chose ; les "récompenser" par des indemnités pharaoniques, quand bien même ils ont géré leur entreprise de manière désastreuse en est une autre. On peut toujours m'objecter qu'ailleurs, aux Etats-Unis, par exemple, on utilise couramment ces pratiques. J'en doute fort. Là-bas, un patron qui rate est renvoyé par les actionnaires sans autres forme de procès. Et si la situation des dirigeants est si belle que cela, que nos grands patrons aillent aux Etats-Unis louer leurs services. Je ne les regretterai pas, et j'aurai à l'esprit qu'ils ont une âme de mercenaires. Toutefois qu'il y réfléchissent à deux fois : je n'aimerais pas être le PDG de la défunte et faillie société LEHMAN-BROTHERS ; son sommeil doit être agité.
Les répercussions de la crise financière sur la Chine.
Julie DESNE nous apprend dans les pages saumon du Figaro d'hier que 67.000 PME ont fermé leur porte en Chine au premier semestre de l'année 2008, laissant sans emploi 20 millions de Chinois. CHEN XINGDONG, économiste à la Banque BNP PARIBAS confirme que le gouvernement chinois ne peut pas se permettre de descendre sous la barre des 8 % (sous-entendu, "de croissance annuelle"). Il confirme ainsi les dires de CAI ZHONGGUO ou de Thierry WOLTON dont j'ai évoqué les analyses dans des billets précédents. Or les analystes économiques prévoit une hausse du PIB de 10 % en 2008 et de 9 % en 2009 (Banque Asiatique de Développement) ou (moins optimiste) de 9,9 % en 2008 et de 7,9 % en 2009 (Standard Chartered Bank). Nous devons nous inquiéter de cette situation qui risque de plonger la Chine dans une situation économique et sociale dramatique, d'autant plus que les récentes affaires du lait maternisé en poudre SANLU, du dentifrice à l'antigel, ou des fauteuils CONFORAMA (fabriqués en Chine) dont les tissus provoquent des allergies gravissimes n'est pas de nature à donner confiance aux consommateurs occidentaux, principaux clients de l'Empire du Milieu.
Conclusions de cette petite revue : (a) on ne fait pas de politique avec la morale ; j'en conviens. Mais rien n'interdit aux dirigeants haut placés d'avoir le sens de la mesure et le goût de l'intérêt général ; (b) la course aux paillettes, à la renommée médiatique, pousse souvent des esprits brillants à des excès qui frisent le ridicule ; ils font la mode hélas ; c'est là qu'est l'os aurait dit BOURVIL, s'il était encore des nôtres, parodiant une de ses immortelles réparties de la Grande Vadrouille ; (c) le monde est devenu un village ; le froissement d'une feuille dans une forêt de l'Amazonie peut déclencher une tempête en mer de Chine : c'est du moins ce que nous apprennent les mathématiciens de la Théorie du chaos (mot terrible s'il en fut !).