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samedi 27 juin 2020

Samedi 27 juin. Chronique de l'hydroxychloroquine. Acte 10, à l'intention de madame Thibert


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Madame, dans une récente livraison du Figaro vous osez titrer votre article :

"Pour masquer la grande faiblesse de ses études -point sur lequel s’accorde la communauté scientifique-, le chercheur a choisi de grossièrement détourner l’attention."

Je voudrais vous faire remarquer que vous généralisez un tantinet votre propos, en prétendant que la Communauté scientifique s’accorde pour souligner la grande faiblesse des études du Pr RAOULT.
Je fais partie de cette communauté scientifique. Et à votre différence, je suis virologue et pharmacien, ce qui peut donner un peu de crédibilité à mon propos. Nombre de virologues et de médecins étrangers, chinois, algériens, indiens, américains, par exemple, soutiennent sans réserve les résultats publiés par l’équipe marseillaise. Il est donc inexacte de dire « LA communauté scientifique s’accorde ». Cela est faux et mensonger. Il serait plus juste de dire qu'elle est divisée, car c'est l'exacte reflet de la vérité.
La dernière publication de l’équipe marseillaise portant sur une cohorte de 3737 patients, est acceptée pour publication dans Travel Medicine and Infectious Disease. En voici le titre et la liste des auteurs.

Outcomes of 3,737 COVID-19 patients treated with hydroxychloroquine/azithromycin and other regimens in Marseille, France: a retrospective analysis
Jean-Christophe Lagier, Matthieu Million, Philippe Gautret, Philippe Colson, Sébastien Cortaredona, Audrey Giraud-Gatineau1, Stéphane Honoré, Jean-Yves
Gaubert, Pierre-Edouard Fournier, Hervé Tissot-Dupont, Eric Chabrière, Andreas
Stein, Jean-Claude Deharo, Florence Fenollar, Jean-Marc Rolain, Yolande Obadia, Alexis Jacquier, Bernard La Scola, Philippe Brouqui, Michel Drancourt, Philippe Parola, Didier Raoult. and IHU Méditerranée Infection Covid-19 Task Force

Il paraît donc que Didier RAOULT a grossièrement détourné l’attention pour masquer la faiblesse de ses études. En quoi a-t-il détourné l’attention ? En soulignant que ses détracteurs avaient de très graves conflits d’intérêts qui n’étaient pas toujours déclarés ?

Voici ce que dit le Journal France-Soir relayé par divers sites d’information :

« France Soir publie la liste des professeurs payés par Gilead. Ils sont tous contre la chloroquine et contre le professeur Raoult…
Voici le Top 13 du classement des revenus récents versés par l’industrie pharmaceutique
N°1. La Palme d’Or revient au Pr François Raffi de Nantes. 541.729 €, dont 52.812 € de Gilead. Est-ce un hasard si on nous apprend que le coup de téléphone anonyme pour menacer Didier Raoult, s’il persistait avec l’hydroxychloroquine, est parti du téléphone portable du service d’infectiologie du CHU de Nantes, dont François Raffi est chef de service ? Sûrement une pure coïncidence.
N°2. Le Pr Jacques Reynes de Montpellier. 291.741 €, dont 48.006 € de Gilead et 64.493 € d’Abbvie. Or Jacques Reynes a été sollicité par Olivier Véran pour piloter l’essai clinique du protocole Raoult à Montpellier alors qu’il est en même temps le coordinateur national de deux études sur le remdesivir pour le compte de Gilead. Il n’avait sûrement pas eu le temps d’envoyer au Ministre sa Déclaration publique d’intérêts (DPI).
N°3. La Pr Karine Lacombe de Paris – Saint Antoine. 212.209 €, dont 28.412 € de Gilead. Elle est sur la dernière marche du podium, mais l’essentiel est d’y être. Il n’y a pas que le podium avec les Ministres à Matignon.
N°4. Le Pr Jean Michel Molina de Paris – Saint Louis. 184.034 €, dont 26.950 € de Gilead et 22.864 € d’Abbvie. Or Jean-Michel Molina est co-auteur d’un article publié dans Médecine et Maladies Infectieuses sur quelques cas, pour dire que l’hydroxychloroquine ne marche pas. Médecine et Maladies Infectieuses est le journal officiel de la SPILF (Société de Pathologie infectieuse de Langue Française).
N°5. Le Pr Gilbert Deray de Paris. 160.649€. Une belle somme pour un néphrologue qui très présent sur les plateaux télés. Attention le remdesivir peut être très toxique pour les reins.
N°6. Le Pr Jean-Paul Stahl de Grenoble. 100.358 €, dont 4.552 € d’Abbvie. A noter que cette somme n’a pas été déclarée sur sa DPI. Or Jean-Paul Stahl est rédacteur en chef du journal Médecine et Maladies Infectieuses. C’est lui qui a comparé le Plaquénil au papier toilette.
N°7. Le Pr Christian Chidiac de Lyon. 90.741 €, dont 16.563 € de Gilead. Or Christian Chidiac est président de la Commission Maladies transmissibles du Haut Conseil de la Santé Publique qui a rendu le fameux Avis interdisant l’hydroxychloroquine, sauf aux mourants et demandant d’inclure les malades dans les essais officiels (donc Discovery). Son adjointe, la Pr Florence Ader, citée ci-dessous, est l’investigatrice principale de Discovery. Pure coïncidence.
N°8. Le Pr Bruno Hoen de l’Institut Pasteur. 82.610 €, dont 52.012 € de Gilead. A noter que sur sa DPI, il a noté n’avoir reçu que 1000 € de Gilead ! Or Bruno Hoen a attaqué l’équipe de Marseille dans un courriel du 18 mars 2020, partagé avec tous les infectiologues.
N°9. Le Pr Pierre Tattevin de Rennes. 79.956 €, dont 15.028 € de Gilead. A noter que sur sa DPI, comme son prédécesseur, il a noté n’avoir reçu que 1000 € de Gilead ! Ca doit être le surmenage. Or Pierre Tattevin est président de la SPILF. Cette Société savante a attaqué l’hydroxychloroquine pour encourager les inclusions dans Discovery, ainsi que dans les autres études par tirage au sort avec des groupes de patients non traités (études randomisées).
N°10. Le Pr Vincent Le Moing de Montpellier. 68.435 €, dont 4.776 € de Gilead et 9.642 € d’Abbvie. Or Vincent Le Moing pilote, avec son patron Jacques Reynes cité ci-dessus, l’essai clinique de Montpellier.
N°11. Le Dr Alain Makinson de Montpellier. 63.873 €, dont 15.054 € de Gilead. Or Alain Makinson participe à l’étude de Montpellier avec Jacques Reynes et Vincent Le Moing. Un beau trio. Montpellier est très bien représentée.
N°12. François-Xavier Lescure de Paris – Bichat. 28.929 €, dont 8.621 € de Gilead. Or François-Xavier Lescure est l’adjoint de notre célèbre Yazdan Yazdanpanah qui est dans le Conseil scientifique Covid-19. Il a publiquement critiqué l’équipe de Marseille pour discréditer l’hydroxychloroquine. Il est co-auteur de l’étude très contestable sur le remdésivir de Gilead, publiée dans le New England Journal of Medicine. Or cette étude n’a aucune méthodologie.
N°13. La Pr Florence Ader de Lyon. 11.842 € , dont 3.750 € de Gilead. Or Florence Ader est l’investigatrice principale de Discovery.

Lors de son audition à l’assemblée, le Pr Didier Raoult soulignait :
«J’ai été surpris de voir que le directeur de Gilead, devant le Président de la République et le Ministre, tutoyait celui qui était en charge des essais thérapeutiques en France pour le Covid19.»

Il convient par honnêteté de dire que, comme le note un commentaire à cette publication reprise par le site du Salon Beige, ces sommes ont certainement été déclarées au fisc, et que l’on ignore sur quel laps de temps elles ont été versées. Mais ces conflits d’intérêt n’ont pas été signalés lors des diverses interventions de ces sommités sur les plateau de télévision ou dans des occasions plus officielles.

Voyez-vous madame, je lis tous les deux jours les travaux relatifs au traitement de la Covid-19. J’affirme qu’aucun des essais destinés à montrer l’inefficacité de l’hydroxychloroquine n’a été conduit dans les conditions décrites par l’équipe marseillaise. Celle-ci n’a jamais prétendue que la molécule pouvait être utilisée en prévention. Vous ne semblez pas vous étonner que l’agence Européenne du Médicament ait autorisé l’usage du remdésivir de Gilead pour le traitement de la Covid-19, une molécule très coûteuse dont il est prouvé qu’elle est parfaitement inefficace et qu’elle a de graves effets secondaires.

Puisque, pour des raisons qui m’échappent et semblent relever plus de votre subjectivité que d’une analyse objective de la réalité, je vais vous dire ce que je pense : je croirai à l’inefficacité de l’Hydroxychloroquine + Azithromycine (pour complaire aux fanatiques des essais randomisés) le jour où sur un essai comprenant quatre bras : placébo, hydroxychloroquine seule, azithromycine seule, hydroxychoroquine + azithromycine aura montré, en utilisant tous les critères utilisés à Marseille, que le pourcentage de morts chez les patients admis en réanimation est identique dans les quatre cohortes.
Les critères d’inclusion doivent comprendre les points suivants :

Examen clinique approfondi et date d’apparition des symptômes, s'il y en a.
Prélèvements nasopharyngés et mesure quantitative de la charge virale par RTq-PCR ; expression des résultats en nombre de cycles nécessaires pour voir apparaître un signal amplifié.
Mise en culture cellulaire du prélèvement et examen des effets cytopthologiques éventuels dus à la multiplication du virus.
Electrocardiogramme à l’enrôlement et ensuite tous les jours.
Bilan sanguin (ionogramme complet), numération formule, vitesse de sédimentation, diverses enzymes, le tout très régulièrement.
Relevé des comorbidités éventuelles.
Tomographie pulmonaire et classification des éventuelles lésions en fonction du nombre de lobes éventuellement atteints.
Classification des patients en termes de score NEWS (national emergency warning score), dont la saturation en oxygène.
Mesure de la charge virale pour vérifier le délai de négativation de la présence du virus.

Aucune étude critiquant l’hydroxychloroquine n’a repris la bithérapie incluant l’azithromycine ; certaines ont même utilisé de la chloroquine au lieu d’hydroxychloroquine. L’étude RECOVERY est de ce point de vue particulièrement scandaleuse puisque les doses d’hydroxychoroquine était quatre fois plus importantes que les doses recommandées par l’IHU-Méditerranée infection. L’étude la plus délirante publiée dans le New England Journal of Medicine, et qui se pique d’avoir fait une étude randomisée, est à elle seule un monument de bêtise, puisque les auteurs ne notent aucun mort dans les deux bras de l’essai, que les patients enrôlés étaient asymptomatiques, que le but de l’étude (qui ne fait usage que d’hydroxychloroquine) était de voir si cette molécule peut être utilisée en prophylaxie, et non pas en traitement, que l’inclusion s’est faite soit par mesure de la charge virale soit par la présence de symptômes de la maladie ce qui est contradictoire avec la notion de patients asymptomatiques, soit encore par une exposition connue et durable laissant suspecter que le sujet pouvait développer la maladie. Et c’est ce type d’article que des journalistes ignorants vont mettre en avant pour dénigrer les études marseillaises  qui pour l’instant me semblent être les plus solides, fondées sur des résultats analogues observés en Chine.

Je ne sais pas quels intérêts vous servez, madame, et je ne vous ferai pas de mauvais procès sur ce point. Je dis simplement que vous ne lisez pas les articles, que vous ne semblez pas savoir comment agit l’hydroxychoroquine sur le virus et à quel stade de sa multiplication il peut intervenir. Mais nous allons avoir le droit de nous démolir les reins à coups de remdésivir, avec le bienheureux concours des institutions européennes.




lundi 8 juin 2020

Lundi 8 juin 2020. Chronique de l'hydroxychloroquine. Acte 6... Il faut creuser, messieurs, mesdames les journalistes !



Petites notules dérangeantes sur l'essai E-RECOVERY...
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Messieurs et mesdames les journalistes scientifiques du Monde et du Figaro, relayés par la Presse Quotidienne Régionale, détenue par les mêmes mains, n’avez-vous pas honte ?
Mais vous devriez vous couvrir de cendres, vous vêtir de sac de toile, et faire pénitence. Vous annoncez, que dis-je ? vous assénez des vérités en vous fondant sur les conclusions d’une étude randomisée en double aveugle, (en tout cas déclarée telle) selon un de ses responsables, le Pr Martin LANDRAY, qui n’est nullement infectiologue, mais spécialiste du traitement informatique des Big data (ou données massives) et des essais cliniques (en matière de maladie cardiaques chroniques, de maladies chroniques du rein, et d’hypercholestérolémie). Vous ne connaissez pas les raisons de cette étude puisque vous n’avez pas eu accès à l’introduction d’un article qui devrait paraître (ce qui n'est pas encore fait), ni aux méthodes utilisées, ni aux critères d'inclusion dans l'étude, ni aux éléments cliniques, biologiques, virologiques, radiologiques, électrocardiologiques, pharmacologiques (posologie, distribution dans l’organisme), et pas davantage aux résultats et à leur analyse statistique. Vous avez ignoré ou feint d’ignorer que l’auteur principal de l’essai n’a utilisé que de l’hydroxychloroquine, et non pas l’association hydroxychloroquine + azithromycine. Si les investigateurs avaient eu un minimum de rigueur scientifique, ils auraient distribué l’étude de cette question de l'hydroxychloroquine en trois bras : hydroxychoroquine seule, azithromycine seule, et hydroxychloroquine + azithromycine. Il aurait alors été facile de voir si l’association des deux médicaments exerce un effet synergique ou si l’azithromycine seule est active. Mais ce n’était de cela qu’il s’agissait. Il s’agissait de démontrer QUE ÇA NE MARCHE PAS le traitement de RAOULT, et pour cause puisque ce n’est pas ce traitement qui a a été soumis à l’essai.
Si vous vous rendez sur le site dont voici le lien
https://www.trialsitenews.com/university-of-oxford-ramps-up-pragmatic-recovery-trial-testing-vaccine-candidate-developed-for-covid-19/?fbclid=IwAR3YPw5VznKs9P0RHBqveQvcAzQaa6KikrREHwn19mME7tY03qvCTvfgauA, vous avez un petit choc. Trialsitenews est un site international, hébergé dans l’état d’Utah, à SALT LAKE CITY. Il  enregistre tous les essais cliniques de médicaments dont les promoteurs veulent bien lui signaler l’existence, dont l’essai du Pr LANDRAY (adjoint à l’investigateur principal, Deputy Chief Investigator) et de son collègue, le Pr Peter HORBY qui est désigné comme l’investigateur principal (Chief Investigator for the Trial). Il est curieux que ce ne soit pas lui qui ait laissé fuité les conclusions - très hâtives – de cette étude, mais celui que l’on doit donc considérer comme le porte-parole officiel de cette dernière, Martin LANDRAY. Jusque ici, me direz-vous, rien de bien grave, sans doute des légèretés intentionnelles. Mais il faut lire le titre sous lequel a été enregistré l’essai par le site Trialsitenews : University of Oxford Ramps up Pragmatic RECOVERY Trial Testing Vaccine Candidate Developed for COVID-19. Alors vous vous frottez un peu les yeux.  Le titre signifie, approximativement, "L’Université d’Oxford accélère l’essai pragmatique RECOVERY en vue de tester un vaccin candidat développé pour la COVID-19".  (J'avoue que le titre est très tarabiscoté et que ma traduction est très approximative.) Vous vous attendez donc à voir un commentaire sur de possibles essais à venir avec ce candidat. Que nenni, il s’agit d’abord de prouver qu’aucun des traitements proposés ne marche, pour laisser la voie libre à la promotion d’un vaccin : les auteurs étudient donc l’effet du Lopinavir/Ritonavir, dont il est prouvé qu’il est inefficace par diverses études notamment chinoises, la Dexaméthasone (on se demande bien pourquoi, d’ailleurs, car ce stéroïde ne peut avoir d’effet que comme anti-inflammatoire, en phase cytokinique, aucunement comme antiviral et il est connu pour avoir des effets désastreux sur les pneumonies varicelleuses de l'adulte), l’Hydroxychloroquine (seule), et l’interféron-β 1a, utilisé en aérosol. Les auteurs de l’essai semblent avoir oublié le très sérieux travail de KLIMKE et al. qui ont utilisé avec succès un aérosol d’hydroxychloroquine seule. Voir ci-dessous la référence.

KLIMKE A, HEFNER G, WILL B, VOSS U.
Med Hypotheses. 2020 Apr 27;142:109783. doi: 10.1016/j.mehy.2020.109783.
L’article est en accès libre. On se demande pourquoi il n’est pas plus cité.

Cette voie d’administration est très facile à mettre en œuvre.

En somme, le but de l’étude E-RECOVERY consiste à déblayer le terrain pour permettre la commercialisation d’un vaccin.

Poursuivons notre analyse pour voir un peu plus loin. En général, il faut chercher d’où vient l’argent qui a servi à financer une étude manifestement fort coûteuse. Voici donc la liste des organisations qui ont financé ce travail.

Welcomme (c’est sans doute une erreur ; il faut lire Wellcome, je suppose)

Bon sang mais c’est bien sûr, aurait dit le commissaire BOURREL dans les Cinq dernières minutes. Bill Gates veut vacciner l’humanité entière. (Cf. l’article du Monde https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/06/05/bill-gates-nous-ne-sommes-pas-aussi-prepares-que-nous-aurions-pu-l-etre_6041830_3244.html). Il ne fait aucun doute qu’il a les meilleures intentions de toute la terre, mais c’est tout même une manifestation d’hubris. Et c’est pourquoi il lui était nécessaire de démontrer l’inutilité des traitements en cours  pour faire prévaloir son idée. Je ne veux pas tomber dans le complotisme idiot. Bill Gates a donné beaucoup de sa fortune pour des causes humanitaires. Mais tout de même, l’essai de LANDRAY et HORBY n’a pas inclus le Remdesivir, qui se présente, ou du moins est présenté comme l’arme fatale contre le SARS-Cov-2 d’où l’essai européen EDISCOVERY qui a lamentablement capoté mais l'avait inclus dans un bras spécifique . Nous assistons là à une énorme passe d’arme entre Gilead et Bill Gates. Remdesivir contre vaccin.

En fait cette étude, plus solide en apparence que celle du Lancet, souffre des mêmes biais, à l’exception de la fraude dans la collecte des résultats et de biais supplémentaires, qui sont des omissions (Hydroxychloroquine + Azithromycine ; Remdesivir) ; nous devons aussi nous interroger sur les options philosophiques du Pr LANDRAY qui, le 13 février de cette année publiait avec trois autres auteurs un article parlant de la magie de la randomisation et du mythe de la preuve par le réel. Je ne connais que le titre de cet article, et je ne puis me fonder que sur lui, car je n’ai pas vu de résumé, et je n’ai eu encore accès au texte lui-même. Je reste donc prudent.
En voici cependant les références :

Rory COLLINS, Louis BOWMAN, Martin LANDRAY and Richard PETO.
The magic of randomization versus the myth of real-world evidence.
New England Journal of Medicine, 382, 674-678, 2020.

Je suis amené à penser que pour le Pr LANDRAY, tout est donné a priori dans l’entendement, et rien dans l’expérience : c’est du kantisme pur. Et en matière de recherche scientifique, cela s’appelle un préjugé. Les observations ? Aucun intérêt ! La tradimédecine ? Du charlatanisme ! Et pourtant, on sait que 75 % au moins des usages thérapeutiques traditionnels sont validés par l’expérience scientifique. C’est du reste un domaine dans lequel j’ai une (petite) expérience personnelle, notamment pour ce qui concerne les usages traditionnels des plantes en Asie orientale.

Voyez-vous, messieurs les journalistes, vous cherchez le sensationnel. Pour des raisons qui m’échappent, vous dézinguez notre marseillais, un compatriote, sans avoir été aux sources de ses publications (ce que j’ai fait). Vous n’avez strictement aucune compétence pour juger de la qualité d’une recherche scientifique, sauf à imaginer que vous avez fait de longues études de médecine, de pharmacie ou de science, avant de vous lancer dans le grand bain glauque des médias.

C’est pourquoi, après avoir parlé des essais encourageants obtenus avec le Tocilizumab, utilisé pour traiter les patients en phase d’orage cytokinique, c’est-à-dire gravement malades, vous avez ensuite parlé au Figaro, d’une autre molécule, curieusement utilisée elle aussi, comme l’hydroxychloroquine, pour traiter le lupus et l’arthrite rhumatoïde, et qui serait administrée aux patients les plus gravement atteints, l’Anakinra (qui vaut tout de même 247,20 euros les sept ampoules). Autrement dit, attendons que les plus atteints atteignent cette phase critique pour leur administrer des médicaments coûteux, aux effets « encourageants » (sic). Exit le Tocilizumab, intret l’Anakinra…

Jamais, vous ne semblez vous être posé la question de fond : comment faire pour éviter qu’un patient infecté n’évolue vers une forme grave de Covid-19 ? Jamais, vous n’avez été lire la littérature relative à l’incidence de Covid-19 qui s’est trouvée être inversement proportionnelle à l’incidence de la malaria, en des zones où la Nivaquine est d’usage courant. Vous me direz que les populations de ces régions sont jeunes et que les jeunes sont plus résistants et donc moins sensibles, blabla, etc. Mais nous avons eu en France des jeunes de 20 ans qui sont morts de la maladie et qui n'étaient pas à risque. Et cette explication ne tient guère la route, quand on sait qu'en Afrique, la malnutrition, la dénutrition, les parasitoses et la pauvreté sont certainement des facteurs de risque.

Bref, tout cela me paraît être du journalisme, mais en aucun  cas une information digne de foi. Je préfère lire les articles originaux des auteurs que vos commentaires approximatifs. Je ne sais quels buts poursuivent les journaux dans lesquels vous écrivez ; ce dont je sûr, c’est que ce n’est pas la vérité.

vendredi 10 avril 2020

Vendredi 10 avril. A madame Cécile Thibert et monsieur Tristan Vey

Madame, monsieur,


Depuis déjà plusieurs semaines, par votre canal, Le Figaro ne cesse de jeter des soupçons sur les résultats obtenus par le professeur RAOULT dans le traitement de la Covid-19 par l'association de l'hydroxychloroquine et de l'azithromycine, et vous osez dire que les résultats obtenus avec ce traitement sont peu convaincants. J'ai cherché en vain quelques renseignements sur vos parcours universitaires. Aucun de vous n'est médecin, aucun de vous n'est pharmacien. Seul madame THIBERT semble avoir une teinture scientifique, notamment par un séjour qu'elle a fait à Nottingham dans le laboratoire d'un microbiologiste réputé, et qu'elle a consacré à l'étude de l'acquisition de la résistance bactérienne aux antibiotiques.
J'ai enseigné pendant près de 40 ans la virologie à l'université de Strasbourg, à la Faculté de pharmacie, et en tant que pharmacien, j'ai appris quelles actions l'hydroxychloroquine exerçait sur la cellule. Je me suis bien entendu intéressé à la manière dont le SARC-Cov-2 pénétrait dans la cellule et y exerçait son pouvoir infectieux. Il ne vous a pas échappé, je suppose, que le virus, pour déverser son génome dans le cytoplasme de la cellule, et le faire fonctionner comme un ARN messager, doit pouvoir fusionner son enveloppe avec celle de l'endolysosome dans lequel il est d'abord enclos. En milieu acide, un spicule qui est inséré dans l'enveloppe est clivé par une ou des protéases lysosomiques, ce qui permet alors à l'un des produits de clivage d'exercer son activité fusionnante. Si le milieu n'est pas acide ou pas assez acide, le clivage ne se fait pas, et le virus ne peut déverser son génome dans le cytoplasme. L'hydroxychloroquine, entre autre effet, empêche cette acidification. Par ailleurs le virus doit se fixer sur un récepteurs, l'ACE2, lequel est glycosylé et ne peut fonctionner correctement comme récepteur s'il ne l'est pas. L'hydroxychloroquine prévient cette glycosylation et donc empêche la fixation du virus sur la cellule épithéliale pulmonaire. Par un mécanisme analogue d'inhibition de glycosylation des spicules des néovirions, l'hydroxychloroquine les empêche d'être facilement libérés par bourgeonnement dans le milieu extérieur. Enfin, l'hydroxychloroquine est un anti-inflammatoire utilisé pour le traitement de maladie chronique comme le lupus et elle prévient très probablement l'orage cytokinique qui survient après 7 jours de symptômes et l'apparition de problèmes respiratoires.
Vous osez dire que les résultats ne sont pas convaincants ? On se demande ce qu'il vous faut comme preuves. Avec un taux de mortalité de 0,4 pour cent, là où l'on trouve des taux de 3 à 4 pour cent en absence de traitement, vous pensez que ce n'est pas en faveur de celui que préconise le Pr RAOULT ? Toutes les preuves scientifiques ont été apportées pour expliquer les retards dans la diminution du titre viral dans quelques prélèvements nasopharyngés ; ainsi, et par exemple, la pharmacocinétique du médicament chez un mauvais répondeur montre que la concentration sanguine efficace n'est pas atteinte. Le scrupule, l'honnêteté du rendu des résultats sont des qualités majeures de l'article sur lequel vous jetez le voile du doute, alors que vous n'avez strictement aucune compétence scientifique, virologique ou médicale pour porter un tel jugement. 
Je suis en relation avec un médecin et ami africain qui m'a envoyé des clichés pulmonaires d'un de ses patients atteint de pneumonie à SARS-Cov-2, avant et après traitement, qui prouvent le succès de ce médicament, sans compter les résultats époustouflants (selon ses mots) qu'il a obtenu avec d'autres patients. (Il est vrai que vous laissez une petite porte entrouverte : peu convaincants, dites-vous.) Vous ne rendez pas de bons services à la médecine. Je tenais à vous le dire et à le faire savoir.

mercredi 5 mars 2014

Nouvelles de la Résistance : une tare de la démocratie à la française

Je suis absolument certain que vous seriez déçus si ce billet ne commençait pas par notre devise :

Non ! Ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai. C'e'st lâcheté.
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1. La citation du jour.

J'emprunte à monsieur de BONALD la citation du jour. Je viens de me procurer ces fameux Mélanges d'où est extrait ce petit bijou.
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"La philosophie du dernier siècle [c’est-à-dire le XVIIIe] n’a vu que l’homme et l’univers, et jamais la société. D’un côté elle a, si j’ose me servir de cette expression familière, haché menu les Etats et les familles, où elle n’a vu ni pères, ni mères, ni enfants, ni maîtres, ni serviteurs, ni pouvoirs, ni ministres, ni sujets, mais seulement des hommes, c’est-à-dire des individus ayant chacun leurs droits, et non des personnes liées entre elles par des rapports. […]. De l’autre, elle n’a proposé à nos affections que le genre humain." (In Mélanges littéraires, politiques et philosophiques, 1838.)
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2. Commentaires.
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Il me semble que BONALD a mis le doigt sur la tare essentielle de la démocratie à la française : un système parfaitement abstrait, où l'égalité efface les différences, ou le réel est balayé au profit des idées, où (comme le dit si bien BONALD) les corps intermédiaires, bien concrets et bien vivants, sont délaissés voire détruits pour faire la place à une humanité désincarnée. Plus j'avance dans mes réflexions, et plus je crois que les socialistes français ont une haine profonde de la chair, dans ce ce qu'elle a de concret et de sexuée, de "naturelle" (je sais bien que les philosophes français de la post-modernité, FOUCAULD, DERRIDA, etc. font de l'homme un produit de la seule culture, un être antinaturel, seule manière pour lui, selon eux, d'être vraiment libre). Ils nient qu'il existe des déterminations (que pour nous faire détester, ils appellent déterminismes), mais il y en a, et la meilleure manière de n'en être pas l'esclave consiste justement à en être conscient, et à agir et vivre à l'intérieur de ce qui nous est donné : nous ne sommes pas tout puissants, nous sommes mortels, nos muscles souffrent à l'effort, il nous arrive d'avoir mal à la tête, de désirer telle ou telle femme (pour un homme) croisée dans la rue, ou tel ou tel homme (pour une femme), d'avoir faim ou froid ou chaud. Ce sont là des déterminations auxquelles toute la pseudo-philosophie du pseudo-agrégé qu'est monsieur PEILLON ne peut rien. Ils veulent nous réduire à l'état d'individu, d'atome social, nous rendre esclave de leur système pour garder le pouvoir, non pour notre bien. Mais ils ne peuvent tuer l'amour ni les affections. Voilà leur erreur, voilà leur limite, voilà notre salut : nous ne sommes pas des individus, mais des personnes, c'est-à-dire des sujets sociaux, capables de dire "je", "tu" et "il(s)".
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3. Infos sur la Résistance.
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Accueil de monsieur AYRAULT à NANTES : une vidéo.

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=tFLLZ9CRfsk
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Une curieuse police.


Le Salon beige diffuse un article édifiant du Figaro sur l'enquête visant la naturalisation d'une jeune femme russe.


"C'est une brillante jeune fille, en tête de sa classe en hypokhâgne. Anna, née à Saint-Pétersbourg il y a bientôt 19 ans, aimerait bien pouvoir se concentrer sur ses examens. Mais alors que ses parents, immigrés en France et installés dans les Yvelines depuis 2004, ont obtenu leurs papiers assez facilement, l'étudiante attend toujours sa naturalisation française. Et si l'on en croit les policiers qui lui ont fait subir, en septembre, un interrogatoire édifiant, elle n'aurait pas tout à fait le profil idéal.
Dans une longue lettre de motivation pour obtenir sa naturalisation, Anna indique qu'elle «(s')intéresse à la vie politique de (son) pays» et qu'elle a déjà participé à «un meeting» et à «des manifestations». Il n'en fallait pas plus pour qu'elle fasse l'objet d'une attention toute spécifique de la Sous-direction de l'information générale (SDIG, ex-RG) des Yvelines. «Vous être de droite, je présume!», attaque le policier dès l'entrée de la jeune fille dans son bureau du commissariat de Viroflay. «Ils m'ont même demandé si j'allais à la messe!», raconte la jeune orthodoxe. «Est-ce que vous êtes allée à la Manif pour tous? Et vos amis de prépa? Et ceux de votre ancien lycée versaillais?», mitraillent un major et son commandant.
Les policiers laissent planer la menace d'un «avis défavorable». «À moins que, pour montrer votre bonne foi, vous ne donniez des noms précis de gens qui participent à la Manif pour tous…, lâchent-ils. Et que vous n'alliez, jeudi 10 octobre prochain, aux Veilleurs, à Versailles…»" 

Il est juste de souligner que Manuel VALLS a demandé une enquête de l'IGPN sur cette affaire. On ne saurait moins faire, mais il faut lui reconnaître le mérite de cette initiative.

dimanche 19 octobre 2008

Des sifflets qui ne veulent rien dire ?

J'avais évoqué il y a peu trois raisons pouvant expliquer les sifflets qui ont accompagné la Marseillaise lors du match amical de football opposant l'équipe de Tunisie à l'équipe de France : (a) le ressentiment ; (b) l'emballement mimétique des foules ; (c) l'expression politique d'une revendication de la reconnaissance de la différence et de la ressemblance.
Jean-Thomas LESUEUR, délégué général de l'Institut Thomas MORE, a sur cette question un autre point de vue, un point de vue original. Voici son argumentation : ces jeunes, Français ou pas, ne haïssent pas la France parce qu'ils aiment une autre patrie. Ils communient en groupe dans une identité sociale de réaction, facilement violente, banalement hostile à toutes les institutions, mais dont les caractéristiques essentielles, selon nous, est qu'elle est aussi spectaculaire dans ses manifestations que faible sur ses assises.[...]
Cet épisode du Stade de France, pour choquant qu'il soit pour beaucoup, doit donc être analysé comme il convient : le signe du triomphe d'une puérilité grégaire massivement répandue dans la société, le résultat spectaculaire d'un coup médiatique conçu de longue date par certains, les "cinq minutes de gloire" de jeunes qui font du bruit mais pas de politique. (Le Figaro, vendredi 17 octobre. [page Débats]. Sifflets au Stade de France : un signe de révolte non verbalisée.)
Je crois bien que je partage cette opinion. Vous aurez remarqué, dans mon billet précédent, que j'étais fort prudent dans mes conclusions. Mais, là je serais plus incisif. Si l'analyse est juste, elle caractérise et condamne deux institutions de notre société : l'Education Nationale ; les Médias. Que l'école, le collège ou le lycée échouent à transmettre l'amour de la patrie est d'une grande tristesse. Je n'ai pas souvenance que mes instituteurs ou mes professeurs aient manqué dans la transmission de cet amour. Ils m'ont fait aimer la France, avec ses faiblesses, sa grandeur, et sa spécificité irréductible à toute autre forme de culture.
D'un autre côté, si les Médias n'étaient pas à l'affût du spectaculaire, nous n'aurions pas de ces manifestations "spontanées" qui font la une des journaux télévisés : du genre Enfants de Don Quichotte et tentes de sans-abris sur les quais du Canal Saint-Martin, défilé de la gay pride, tambours et fumigènes dans les cortèges qui défilent les jours de grève. S'il n'y avait pas de médias pour amplifier ces réactions, il n'y aurait pas ces réactions. Les problèmes demeureraient, certes, mais il serait possible de les examiner de manière objective, discrète, et efficace, car les réactions prendraient une autre tournure, plus politiques, au sens noble. Au lieu que la répercussion médiatique, qui ne retient souvent que le côté spectaculaire et violent de ces crises, ne fait qu'exacerber la violence, laquelle n'a jamais rien résolue. Mais la violence fait vendre. Et il faut bien que les journaux fassent du bénéfice.

samedi 27 septembre 2008

Petits commentaires



Lacan revisité par Ubu.
Je ne résiste pas au plaisir de vous communiquer les impressions de Michel SCHIFFRES après la lecture qu'il a faite dans Libération (livraison de jeudi) d'un article jailli de la plume de Julia KRISTEVA. Il a, dit-il, commencé sa lecture à 10 h 44 et l'a terminé à 15 h 07. Texte assez long, ajoute-t-il, qui fait 236 lignes (en effet). Il avoue qu'il a trébuché sur nombre de paragraphes dont celui-ci que je vous livre : Le symptôme Sarah PALIN et autres passages à l'acte féminin, qui signent le malaise actuel de civilisation relèvent moins d'une 'virtuelle essence féminine' que d'une crise hystérique destructrice sous son masque salutaire. Avec ses dérives borderline de toute-puissance maternelle, sexuelle et divine, une telle posture défigure l'expérience complexe de la maternité, qu'elle fige dans l'impénétrable pouvoir de la matrone phallique, fantasmée comme prothèse des mâles défaillants et châtrés.
Personnellement, j'aurais écrit, plus sobrement (à supposer que j'aie compris ce que veut dire l'auteur) : La candidature de madame PALIN à la vice-présidence des Etats-Unis ne sert pas la cause des femmes. Elle met en relief leur soif de pouvoir, et d'une certaine façon leur masculinité. Et madame PALIN n'est qu'un prétexte pour ce pauvre monsieur McCAIN, insuffisamment sûr de lui, assez peu viril, qui cherche dans cette colistière un soutien peu glorieux.
Michel SCHIFFRES est plus humble que moi qui conclut : Découvrir qu'on est d'une intelligence moyenne et d'une capacité de compréhension moyenne est une expérience terrifiante.
Il a raison. Je suis au bord des larmes. Je puise ma consolation dans l'idée que l'article de madame KRISTEVA est un remake de LACAN, revisité par UBU.
Parachute doré.
Monsieur MESSIER, qui a failli ruiner VIVENDI par sa désastreuse mégalomanie, a perçu après sa démission une indemnité de 20 millions d'euros ; monsieur ZACHARIAS, qui démissionne de VINCI, n'a perçu que 13 millions d'euros ; monsieur FORGEARD, ex-coprésident d'EADS, démissionne de son poste en 2006, au moment où explose la crise (prévisible) de l'Airbus A380, et touche 8,5 millions d'euros. Quant à monsieur TCHURUK, malheureux dirigeant d'ALCATEL, dont les affaires ne sont pas très brillantes, il reçoit à son départ une aumône de 5,65 millions d'euros. Tout cela est inacceptable. Ces grands patrons, quelles que soient leurs qualités, n'ont pas rendu à leur entreprise des services tels qu'ils méritent d'être traités aussi somptueusement au moment de leur départ. Il y a une disproportion qu'aucun esprit amoureux de la justice ne peut accepter. Il ne s'agit pas d'exprimer ici de l'envie ou de la jalousie, mais de regarder en face la réalité. Rétribuer confortablement des dirigeants qui ont de lourdes responsabilités est une chose ; les "récompenser" par des indemnités pharaoniques, quand bien même ils ont géré leur entreprise de manière désastreuse en est une autre. On peut toujours m'objecter qu'ailleurs, aux Etats-Unis, par exemple, on utilise couramment ces pratiques. J'en doute fort. Là-bas, un patron qui rate est renvoyé par les actionnaires sans autres forme de procès. Et si la situation des dirigeants est si belle que cela, que nos grands patrons aillent aux Etats-Unis louer leurs services. Je ne les regretterai pas, et j'aurai à l'esprit qu'ils ont une âme de mercenaires. Toutefois qu'il y réfléchissent à deux fois : je n'aimerais pas être le PDG de la défunte et faillie société LEHMAN-BROTHERS ; son sommeil doit être agité.
Les répercussions de la crise financière sur la Chine.
Julie DESNE nous apprend dans les pages saumon du Figaro d'hier que 67.000 PME ont fermé leur porte en Chine au premier semestre de l'année 2008, laissant sans emploi 20 millions de Chinois. CHEN XINGDONG, économiste à la Banque BNP PARIBAS confirme que le gouvernement chinois ne peut pas se permettre de descendre sous la barre des 8 % (sous-entendu, "de croissance annuelle"). Il confirme ainsi les dires de CAI ZHONGGUO ou de Thierry WOLTON dont j'ai évoqué les analyses dans des billets précédents. Or les analystes économiques prévoit une hausse du PIB de 10 % en 2008 et de 9 % en 2009 (Banque Asiatique de Développement) ou (moins optimiste) de 9,9 % en 2008 et de 7,9 % en 2009 (Standard Chartered Bank). Nous devons nous inquiéter de cette situation qui risque de plonger la Chine dans une situation économique et sociale dramatique, d'autant plus que les récentes affaires du lait maternisé en poudre SANLU, du dentifrice à l'antigel, ou des fauteuils CONFORAMA (fabriqués en Chine) dont les tissus provoquent des allergies gravissimes n'est pas de nature à donner confiance aux consommateurs occidentaux, principaux clients de l'Empire du Milieu.
Conclusions de cette petite revue : (a) on ne fait pas de politique avec la morale ; j'en conviens. Mais rien n'interdit aux dirigeants haut placés d'avoir le sens de la mesure et le goût de l'intérêt général ; (b) la course aux paillettes, à la renommée médiatique, pousse souvent des esprits brillants à des excès qui frisent le ridicule ; ils font la mode hélas ; c'est là qu'est l'os aurait dit BOURVIL, s'il était encore des nôtres, parodiant une de ses immortelles réparties de la Grande Vadrouille ; (c) le monde est devenu un village ; le froissement d'une feuille dans une forêt de l'Amazonie peut déclencher une tempête en mer de Chine : c'est du moins ce que nous apprennent les mathématiciens de la Théorie du chaos (mot terrible s'il en fut !).