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lundi 13 mars 2017

13 mars 2017. Nouvelles de la Résistance : jeunes gens, défendez la cause de la France dans le monde

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Ce n’est pas l’ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c’est la lâcheté !
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Georges, ô cher Georges, vous nous manquez. Votre voix puissante, hélas, n’est plus là pour tonner et dénoncer l’imposture des hommes politiques qui prétendent gouverner notre patrie. Du moins, pour ceux qui vous connaissent et vous aiment, est-il encore possible de faire entendre ce que vous dîtes avec tant de force dans votre recueil intitulé Français, si vous saviez…
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1. LA CITATION DU JOUR.
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(a) "Il y a encore de la place dans le monde pour les hommes libres. Je l’ai écrit dès les premières semaines de mon retour en France et je l’écrivais pour les jeunes Français. Il faut que les jeunes Français sachent que le monde est encore plus grand et plus libre qu’on pense et qu’ils peuvent espérer jouir de ce monde.
Les imbéciles me reprochent d’exciter ainsi les jeunes Français à la désertion. Les imbéciles, à force d’imbécillités, les unes austères, les autres frivoles, feront bien pis que d’envoyer les jeunes Français aux antipodes voir si la vie est réellement aussi plate sur une planète pourtant sphérique, ils pousseront, sans le vouloir, les jeunes Français à l’« à quoi bon ? » fatal, à l’ « à quoi ça sert ? », bref, à une autre sorte de désertion beaucoup plus grave : la désertion à l’intérieur, la désertion du désespoir."
Article J’invite les jeunes Français à changer d’air, publié le 14 septembre 1945 (p. 43).

(b) "Je m’excuse de parler avec cette franchise, mais l’écriture va si lentement, les événements vont si vite ! À l’heure où nous sommes, il est vraiment trop facile et trop lâche d’écrire, à l’applaudissement des nigauds, que des milliers de jeunes Français veulent quitter la France parce qu’on y mange mal. Ce n’est pourtant pas le mot de nourriture qui revient presque à chaque ligne des lettres émouvantes que je reçois chaque jour, c’est celui de liberté. ― « Qu’ils restent donc ici pour la sauver » riposteront sans doute les professeurs de morale civique. Oh ! pardon… ils ne sauraient sauver la liberté sans nous, et ils se demandent si nous sommes même décidés à la défendre, si le jour venu nous ne leur conseillerons pas, en style munichois, d’abandonner ou d’échanger le plus avantageusement possible une liberté déjà grevée de trop d’hypothèques pour rapporter quoi que ce soit…"
Article Les héritiers dépouillés, publié le 1er mars 1946 (p. 129).
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2. COMMENTAIRES.
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Comme je les comprends ces jeunes qui, comme un des enfants que j’ai élevé est parti travailler en Californie, ou ce neveu en Floride, ou encore ces deux élèves à Londres, ou cette autre à Bâle, ou ma filleule à Londres, ont préféré quitter cette marâtre qu’est devenue la France pour ses enfants les meilleurs.
Les MACRON (surtout), LE PEN, MELENCHON, HAMON, FILLON (les trois derniers un peu moins) et tous les autres ne parlent que de quantité, que de problèmes économiques alors que notre jeunesse a d’abord besoin de sens.
Qu’en savez-vous, le vieux, pourraient me dire ceux de mes censeurs qui quelquefois me lisent ? J’en sais quelque chose messieurs, mesdames, car je les fréquente ces jeunes gens et ces jeunes filles, quatre fois par semaine, en différents lieux et à différents jours, pour leur parler du Maître, de ce Jésus que nous avons apostasié, nous les enfants de saint Rémi. Je les entends, et nombre d’entre eux demandent que je prie pour eux, me demandent conseil, ou viennent me faire des confidences qu’ils n’osent faire à leurs parents ou, pour les garçons, à leur père. Ils sont avides de beauté, d’esprit, de pureté (pas au sens sexuel comme seuls les imbéciles pourraient le croire, mais au sens de désintéressement, de don de soi pour une noble cause). Et tout ce que leur propose l’ectoplasme, c’est de leur parler de réforme des retraites, alors qu’ils n’ont pas encore vécu.
Misère ! Misère !
Quelle est la grande voix qui osera, aujourd’hui, dire que nous sommes en train de crever parce que nous avons renié ce qui faisait notre génie : une subtile alliance de goût, de légèreté, de joie, d’amour d’honneur et de service de Dieu ? Nous l’attendons, et pendant cette attente, il convient d’encourager nos jeunes gens, et je le fais, à essaimer de par le monde pour porter le flambeau de la patrie, et montrer à nos amis que la France n’est pas morte.
Quant aux jeunes gens qui restent, ils sortent surtout de l'ENA ou de Sciences Po, et on sait comment ils s'en tirent, en tirant leur subsistance du travail, de la sueur et du sang des pauvres.
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3. INFORMATIONS DIVERSES.
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Le Parquet doit être trop ciré !

Il ne désire pas s’interroger sur les étrangetés financières de monsieur MACRON. Il a peur de se casser la figure ?

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Une explication :

Intéressant que ce soit Médiapart l’auteur de cette enquête ! A lire ABSOLUMENT.


cf. https://networkpointzero.wordpress.com/2017/03/08/macron-cible-par-la-cia/  

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Le coup d’état de Pépère.

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C’est Pépère qui peut être fier de son travail  !

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Voilà l’affiche que des laïcards ont fait interdire par l’agence de régulation de la publicité.



Diffusez-là au maximum ! Rien que pour enquiquiner les imbéciles.
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Résistance, résistance !

http://lesalonbeige.blogs.com/.a/6a00d83451619c69e201b7c8db733d970b-pi

mardi 8 juillet 2014

8 juillet 2014. Nouvelles de la Résistance : le vrai Peuple de France et autres considérations. Deuxième billet de ce jour

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Ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté.
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1. La citation du jour.
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De KANT (dans Observations sur le sentiment du beau et du sublime) : 
"Je suis par goût un chercheur. Je sens la soif de connaître tout entière, le désir inquiet d’étendre mon savoir, ou encore la satisfaction de tout progrès accompli. Il fut un temps où je croyais que tout cela pouvait constituer l’honneur de l’humanité et je méprisais le peuple qui est ignorant de tout. C’est ROUSSEAU qui m’a désabusé. Cette illusoire supériorité s’évanouit ; j’apprends à honorer les hommes ; et je me trouverais bien plus inutile que le commun des travailleurs, si je ne croyais que ce sujet d’étude peut donner à tous les autres une valeur qui consiste en ceci : faire ressortir les droits de l’humanité."
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2. Commentaires.
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Je comprends tout à fait ce que veut dire KANT. Longtemps, j'ai cru que le fait d'être professeur à l'Université et chercheur me mettait au-dessus du commun des mortels. En revanche, je n'ai jamais méprisé ce que l'on appelle le Peuple qui, pour moi, est certainement le dépositaire du sens commun, du sens moral, et du sens esthétique d'une patrie. Je pensais simplement que je pouvais l'éclairer. En somme, je croyais que j'avais des choses à lui apprendre, et c'est lui qui m'en apprend aujourd'hui.

En voulez-vous un exemple ? Le voici. Il inaugurera le temps de relâche de mes billets puisque je m'absente jusqu'au 20 juillet inclus.

Il y a 6 jours, alors que je rentrais chez moi, ayant laissé ma femme et ma fille faire du shopping, une activité pour laquelle je n'ai guère d'inclination, je réalise, alors que je suis dans le métro, que je n'ai pas pris les clés de l'appartement. Tant pis. J'attendrai dans le petit parc qui s'étend entre le périphérique et l'avenue Ferdinand Buisson. Il fait beau. Il y a du soleil que filtre les frondaisons des arbres. Le parc est merveilleusement entretenu par une équipe de jardiniers dont le responsable, avec qui je discute régulièrement, a un sens inné du jardin et compose des sous-bois et des jardinières exceptionnels. Il se trouve que ce parc héberge aussi des terrains de boule et des terrains de quilles aveyronnaises et qu'il arrive à des joueurs à l'accent rocailleux du Rouergue de venir s'entraîner. C'est le cas ce jour-là. Normalement, on n'entre sur le terrain que si l'on est membre du club. Je reste donc sagement à la porte tout en m'émerveillant de l'habileté des joueurs. Ils sont quatre. L'un d'eux voit que je les observe et me fait signe d'entrer. Je ne me fais pas prier. Il m'invite à m'asseoir et m'explique patiemment les règles de ce jeu subtil, des règles assez complexes qui impliquent, notamment, qu'il faille abattre une quille déterminée pour que les points (attribués au nombre de quilles abattues plus celui du bâton de jet) soient comptés. Parmi les joueurs, (André, Bernard, Pierrot et un quatrième dont j'ignore le prénom), il y en a un qui arbore une magnifique moustache. Il ne lui manque plus que le casque ailé, le bouclier, les saies et la lance pour faire un guerrier gaulois plus vrai que nature.

Nous parlons de l'Aveyron. Je leur indique que j'ai l'intention de louer une petit appartement à MILLAU. Eux sont du Nord, et il est clair qu'il n'est pas question de les confondre avec ceux du Sud ; selon eux, ils n'ont pas tout à fait le même accent que leurs cousins méridionaux. Il faut sans doute une oreille celte pour voir la différence ! Je devine qu'à l'issue de l'entraînement, et conformément à une habitude amicale, on servira à boire.

Il me faut partir hélas, et je le fais à regret. Et l'un des joueurs me dit : "C'est dommage. On voulait vous inviter à boire un coup".

Voilà la France, la vraie, celle du partage de la parole, du lien social, des traditions, de l'amitié. Voilà la France qu'on voudrait faire disparaître sous les coups d'une mondialisation marchande, inhumaine, parfaitement aseptisée et faite pour les quelques puissants qui se partagent les richesses du monde. Je ne sais pas comment ROUSSEAU a pu désabuser KANT, et du reste je m'en moque, car comme esprit faux quoique génial on ne fait pas mieux que Jean-Jacques. Mais je sais que KANT a raison : les maîtres de sagesse ne s'appellent pas HOLLANDE, TAUBIRA, HAMON ou Bernard HENRY-LEVY. Ils s'appellent André, Pierrot, Bernard ; ils ont le visage de ces joueurs qui ont su partager leur passion avec un passant inconnu. Ils sont l'honneur de la patrie et de l'humanité. Tout le reste, c'est de la littérature.
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3. Menues et divertissantes infos.
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La carte des Provinces de France (comparez à celle de monsieur HOLLANDE).

Réforme territoriale : pourquoi pas un retour à la France des anciennes provinces ?

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Gentilles finances de monsieur SAPIN contre méchantes finances de monsieur HOLLANDE.

Monsieur HOLLANDE dans son discours du BOURGET :

«Je vais vous dire qui est mon adversaire, mon véritable adversaire», avait lancé le 22 janvier 2012 le candidat socialiste à la présidence: «Il n'a pas de nom, pas de visage, pas de parti. Il ne présentera jamais sa candidature. Il ne sera pas élu. Et pourtant, il gouverne. Mon adversaire, c'est le monde de la finance.» Promis, François Hollande allait mettre au pas le monde de la finance.

Monsieur SAPIN dans son intervention à AIX-EN-PROVENCE :

Aux Rencontres économiques d'Aix-en-Provence dimanche, Michel Sapin, qui admet une «provocation», explique que «notre amie c'est la finance: la bonne finance». 

Cherchez l'erreur. Décidément, le temps maussade est propice à la multiplication des imbéciles (bernanosiens, bien sûr).

dimanche 4 décembre 2011

La cagnotte...

Maintenant que le Sénat est à gôôôôche, la pureté républicaine est enfin de retour dans notre République. On peut donc penser que les Sénateurs qui incarnent le retour de la morale publique vont changer le cours des choses tel qu'il apparaît dans l'article que m'a transmis un correspondant, un lecteur fidèle de mes billets.
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"Sénat : Une cagnotte de 1,3 milliard d’euros…

Le Sénat a accumulé une cagnotte de 1,3 milliard d’euros, en ne rendant jamais à l’Etat ses excédents budgétaires. En temps de crise, il serait urgent de rembourser cet argent du contribuable.

Le Sénat est assis sur un véritable trésor de guerre.
1,310 milliard d’euros comme trésor de guerre, 1.310 millions d’euros qui dorment tranquillement dans la cagnotte du Sénat, alors que le gouvernement racle les fonds de tiroirs, à la recherche du moindre petit million pour réduire la dette colossale de la France. Cela ressemble à un scandale d’Etat, dont personne ne semble s’émouvoir. Pourtant, en un demi-siècle, les trois cents et quelque sénateurs et les mille deux cents fonctionnaires environ de cette Assemblée, censée être exemplaire, ont « confisqué » dans les faits l’argent du contribuable pour se constituer un très égoïste trésor de guerre.

Comment est-ce possible ? L’origine de cette incroyable et très contestable cagnotte remonte à la Libération. En effet, pendant la guerre de 1939-1945, le régime de Vichy avait supprimé les dotations financières accordées chaque année à l’Assemblée nationale et au Sénat. Les deux Assemblées ont donc connu d’énormes difficultés de fonctionnement jusqu’à la Libération. En 1945, pour se mettre à l’abri de tels désagréments, les deux Assemblées ont décidé de se constituer, dorénavant, un trésor de guerre… totalement injustifié en temps de paix, dans une démocratie apaisée.

Qu’importe : sénateurs de droite, du centre et de gauche ont décidé de ne plus reverser au Trésor public l’argent non dépensé de la dotation gouvernementale qu’ils reçoivent tous les ans. Sous la IIIe République, ces excédents étaient intégralement reversés à l’Etat. C’était la moindre des choses. Mais, après 1945, les parlementaires se sont accordé sans complexes le droit de garder et de gérer les excédents financiers de l’Assemblée nationale et du Sénat, sans avoir à subir le moindre contrôle d’une quelconque autorité administrative.

Une cagnotte qui grossit.

D’année en année, le Sénat a veillé à faire grossir sa « caisse noire », dans l’opacité la plus totale. En effet, le premier rapport public sur l’utilisation du budget du Sénat n’a été publié qu’en 2003. Depuis, tous les ans, ce rapport est vendu pour la modique somme de 3,5 €. Mais, c’est un labyrinthe de tableaux et de chiffres difficiles à décrypter, compréhensible aux seuls spécialistes, si bien que les médias s’y sont peu intéressés.

Pas de Cour des comptes au Sénat.

Même la Cour des comptes n’a pas pu fourrer son nez dans la comptabilité du Sénat. Cette institution est pourtant chargée de vérifier la bonne gestion de tous les budgets des ministères, des collectivités locales, du Parlement et même de l’Elysée. Tous se plient sans rechigner à cette règle constitutionnelle… tous sauf le Sénat, qui s’exempte lui-même de cette obligation sans être sanctionné ! Avec l’aide d’un expert-comptable, M. Claude Jaillet, France-Soir a donc décidé d’éplucher les 88 pages du rapport d’information du 18 mai 2011 de la « Commission spéciale chargée du contrôle des comptes et de l’évaluation interne sur les comptes du Sénat de l’exercice 2010 ». Et là, nous sommes tombés sur la discrète cagnotte du Sénat, à la page 75.

Bien cachée.

C’est dans la rubrique comptable « immobilisations financières » que se cache cette cagnotte, valorisée au total à 1,310 milliard d’euros. Trois grands postes principaux y figurent. Primo, le portefeuille de titres du Sénat proprement dit. Il totalise la bagatelle de 119,8 millions d’euros en actions et obligations de toutes sortes. En clair, depuis des années, le Sénat joue (habilement) en Bourse. Secundo : les 152,8 millions d’euros de prêts (immobiliers pour la plupart) accordés à taux zéro aux sénateurs et au personnel de cette Assemblée par les deux très riches caisses de retraite du Sénat. Troisième poste : les placements financiers et leurs intérêts venant en couverture des engagements de retraite pour 1,026 milliard d’euros. Ces derniers se répartissent entre 499,5 millions d’euros pour la caisse de retraite des anciens sénateurs et 527 millions d’euros pour la caisse de retraite des ex-employés du Sénat.

Deux caisses de retraites en or.

Dans les pages 27 et suivantes du rapport parlementaire, l’examen des comptes de ces deux caisses de retraite (qui fonctionnent par répartition et capitalisation) montre qu’elles n’ont nul besoin de se refinancer chaque année auprès de l’Etat. Démonstration avec l’année 2010 : le Sénat a versé à ses retraités 26,7 millions d’euros de pensions, tout en dégageant un excédent de 28,8 millions d’euros. Pour certains ancien dignitaires de la Haute Assemblée, ces pensions s’élèvent à près de 10.000 € mensuels…

On peut se féliciter que cette caisse de retraite des sénateurs soit bien gérée, au point d’être assise sur un tas d’or, contrairement à beaucoup d’autres. Mais que cette même caisse continue, chaque année, à solliciter l’aide de l’Etat, comme si elle était en déficit, frôle l’indécence. Même constat pour la caisse de retraite du personnel du Sénat.

Remboursez !

Un seul chiffre résume la florissante comptabilité du Sénat : en 2010, tous budgets confondus, cette Assemblée a dégagé un résultat en excédent de 3,275 millions d’euros sur le dos du contribuable, 3,275 millions inutiles, un trop-perçu qu’il serait juste de rembourser à l’Etat… qui se dit en situation de préfaillite, qui multiplie les plans d’austérité, imposés à tous les Français, qui fait la chasse aux niches fiscales et augmente la TVA.

Rendre ce trésor de guerre aux Français semblerait logique. Dans son discours d’investiture, le 1er octobre dernier, le nouveau président du Sénat, le socialiste Jean-Pierre Bel, n’a pas écarté cette éventualité. Au-delà de la justice sociale, cela améliorerait l’image d’une institution pléthorique (348 sénateurs français, contre 100 aux Etats-Unis, 66 en Allemagne et 264 en Espagne), aux émoluments ou avantages élevés (les sénateurs touchent près de 15.000 € brut par mois, dont 6.000 en indemnité mensuelle forfaitaire pour frais).

Jean-Pierre Bel a donc admis : « Nous devons changer l’image de notre Assemblée, souvent caricaturée certes, mais qui se doit aujourd’hui à plus de transparence, plus de modestie. Elle se doit d’aller vers une vraie rénovation démocratique, vers une autre façon de travailler […]. Nous devons en débattre ensemble, dans un cadre collectif. »

Monsieur le président, pour « plus de transparence, plus de modestie » rendez à l’Etat la cagnotte de 1,310 milliard d’euros, puisque tous les ans vous touchez plus d’argent que vous n’en avez besoin. En 1992, le gouvernement de Pierre Bérégovoy avait déjà demandé à l’Assemblée nationale et au Sénat de restituer leurs deux cagnottes… afin – déjà ! – de diminuer le déficit budgétaire.

L’Assemblée nationale avait accepté de rendre, en deux fois, 4 milliards de francs (environ 610 millions d’euros). Les divers présidents du Sénat, eux, se sont opposés à tout remboursement, permettant à leur cagnotte de grossir encore. La raison officielle de ce refus était toujours la même : gonflé d’intérêts, ce reliquat des sommes versées par l’Etat constituait une provision en prévision des retraites futures des sénateurs et du personnel de cette Assemblée. On l’a vu, faux argument. Alors, Messieurs les Sénateurs, remboursez ! Un milliard trois cent dix millions d’euros pour diminuer, tout de suite, notre dette sans douleur, qui dit mieux ?

Les plus hauts salaires de la fonction publique.

Cette caisse noire ne sert pour l’instant presque à rien, sinon à immobiliser des excédents financiers dans un Sénat qui accorde déjà les plus hauts salaires mensuels brut de la fonction publique à son personnel. Un salaire minimum fixé à 3.000 € pour, notamment, les gardiens du Luxembourg, lingères et agents de nettoyage, 6.000 € pour les chauffeurs en début de carrière et jusqu’à près de 20.000 € pour les grands directeurs. Un même Sénat qui fait bénéficier les anciens sénateurs de retraites mensuelles brut canon : 4.400 € en moyenne, 6.600 € pour vingt-deux ans de cotisations et jusqu’à 10.000 € pour une quarantaine de sénateurs « dignitaires ». Cerise sur le gâteau : une indemnité mensuelle (« allocation de retour à l’emploi » payée par le Sénat) pouvant aller jusqu’à 5.542 € est versée à chaque sénateur battu aux élections et sans emploi… pendant trois ans.

Par Yvan Stefanovitch

(France Soir !)

jeudi 3 novembre 2011

Un économiste courageux

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Il a 41 ans, il est normalien, docteur ès-sciences (mathématiques) et chercheur au CNRS. Gaël GIRAUD présente une autre caractéristique intéressante : il est jésuite. Cocktail explosif de compétences, de savoirs (pluriel), de connaissance (singulier) et de foi, sa parole n'est pas celle d'un intellectuel tel que le fustige notre cher BERNANOS. Il rentre dans la catégorie (que BERNANOS a parfaitement identifiée dans son ouvrage souvent cité ici La France contre les robots) des hommes qui par leur activité font progresser la connaissance du monde : BERNANOS les appelle les Savants. Mais je ne suis pas certain que Gaël GIRAUD aimerait qu'on l'affublât de ce titre.
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Si je donne ces détails, c'est parce que le point de vue de Gaël GIRAUD sur la crise de la dette, sur la crise de l'Euro, sur l'Europe, est iconoclaste et par bien des points brisent des tabous.

Je vais vous donner ici trois réponses qu'il a faites aux questions que lui posaient Antoine d'ABBUNDO et Frédéric NIEL pour le compte de l'excellent magazine Pèlerin.
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Question : Pour éviter la catastrophe et rassurer les marchés, les pays endettés, dont la France, vont devoir adopter des plans d'austérité. Or vous affirmez que le problème est mal posé. Que voulez-vous dire ?

Réponse : On entend partout que l'Etat est trop dépensier. En France c'est faux. Les dépenses rapportées au PIB sont passées de 55 % en 1993 à 52,3 % en 2007. Ce ne sont donc pas les dépenses publiques qui ont explosé, mais les recettes de l'Etat qui ont diminué. Les cadeaux fiscaux principalement consentis aux hauts revenus depuis dix ans pèsent grandement sur le budget. Si l'on revenait à la fiscalité de 2000, on récupérerait entre 70 et 100 milliards d'euros par an. Au contraire les plans d'austérité ne peuvent que renforcer la crise car ils vont freiner un peu plus la croissance.

Une simple remarque de ma part : j'adhère à ce raisonnement, avec toutefois ce petit bémol qu'il convient de mentionner pour comprendre comment est composé le PIB. Il inclut la totalité des salaires des fonctionnaires dont on considère que la richesse qu'ils produisent est exactement représentée par la rétribution dont ils sont gratifiés. La diminution du pourcentage de PIB affecté aux dépenses de l'Etat reflète donc peut-être la diminution du nombre des fonctionnaires d'Etat (je ne parle pas de la Fonction Publique Territoriale, dont les effectifs ont explosé, ni de la Fonction Publique Hospitalière qui serait plutôt la parente pauvre du système) ou une augmentation réelle des richesses produites avec une stagnation des effectifs de fonctionnaires ou une évolution moins rapide que le rythme de production des autres richesses. Par ailleurs, la période considérée inclut deux magistratures présidentielles : la fin des années MITTERRAND et les deux mandatures de Jacques CHIRAC. Il serait donc peu honnête d'imputer à Nicolas SARKOZY cette diminution de pourcentage.
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Question : Que faire alors ? [...] vous proposez un plan de sauvetage qui préconise un retour au protectionnisme, le passage de l'euro, monnaie unique, à l'euro monnaie commune et un grand plan de transition énergétique et écologique. En quoi ces mesures seraient-elles efficaces ?

Réponse : Il nous faut sortir du tout pétrole devenu un produit trop rare pour assurer une croissance forte. Cela exige des investissements à long terme que seul l'Etat peut prendre en charge. Alors rêvons : pourquoi ne pas autoriser la Banque centrale européenne à faire marcher la planche à billets pour financer ces grands chantiers ? On me rétorquera que cela va créer de l'inflation. Et alors ? L'inflation peut être supportable si les salaires augmentent. Or qu'est-ce qui bloque la hausse des salaires ? La concurrence des pays émergents comme la Chine. D'où l'importance de rétablir des barrières douanières limitant les effets néfastes de cette concurrence déloyale. Pour ce qui est de l'euro, les pays européens les plus fragiles doivent pouvoir dévaluer leur monnaie. Vendus moins chers, leurs produits redeviennent compétitifs. Mais ces pays ne peuvent pas le faire tant qu'ils sont dans la zone euro. Je propose donc que l'on garde l'euro comme monnaie commune pour les transactions hors de la zone euro, mais qu'à l'intérieur de l'Europe on en revienne à des monnaies nationales.
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Question : Votre discours est très radical. Qu'ya-t-il de chrétien dans votre analyse ?

Réponse : En tant que jésuite, j'essaye de vivre l'option préférentielle pour les pauvres qui nous vient de l'Evangile. En France huit millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté ! Parmi eux, des travailleurs, des femmes seules avec enfants, sont obligés d'aller à la Banque alimentaire pour se nourrir. On ne peut pas continuer comme cela. les chrétiens ne peuvent pas rester aveugles face à cela. J'en rencontre de plus en plus qui veulent agir et ne sont plus dupes d'un discours qui voudrait que le marché permette plus de justice.

Remarque : Je m'associe tout à fait à cette analyse, avec toutefois un bémol. Le marché dont il est question dans cette réponse semble viser un système de liberté d'entreprendre. Je crois que ce qu'il faut dénoncer avec vigueur, c'est la domination du marché de l'argent. Oui, il est trompeur ! Oui, ce système est scandaleux ! Et à dire vrai, je me demande s'il ne faudrait pas supprimer l'existence des actions, propice à toutes les spéculations, les manipulations, et les remplacer toutes par des obligations. Les entreprises ont besoin de liquidités pour investir. Il est normal que ceux de nos concitoyens qui épargnent et ont le désir d'aider notre économie puissent prêter à intérêt. Plus d'actionnaires, plus de dividendes, adieu la valse insane des indices, du CAC 40, du NASDAQ, du DOW JONES etc. Les grands lacs américains risqueraient de déborder sous l'effet de la stimulation lacrymale qu'une telle mesure déclencherait chez les rapaces de Wall Street, idem pour le HOANG HO ou le YANG ZI JIANG, pareil pour la SEINE, la TAMISE, la SPREE, le PO, et tous les fleuves du monde qui baignent les murailles en or des Temples idolâtres de la Finance.
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mercredi 2 novembre 2011

Le retour du Catoblépas

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En demandant au peuple grec de donner son avis sur l'accord arraché à l'Europe et destiné à sauver la Grèce d'un désastre économique, social et financier, Georges PAPANDREOU déclenche des réactions unanimement réprobatrices, y compris au sein de son propre parti le PASOK.
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Il y a, selon moi, au moins trois manières de juger cette initiative.

(a) Le première est politique. Il est clair que cette décision surprise est déloyale au regard des concessions et des sacrifices demandées aux peuples européens, au travers de leurs banques. Car abandonner 50 % de ses créances sur la Grèce, ce n'est pas rien pour une banque. Songez-y, chers lecteurs, l'argent des banques, c'est d'abord le nôtre, celui des déposants. Et compte tenu de l'altruisme assez spécial de ces institutions, nous pouvions conjecturer que la facture aurait été ou sera payée par les déposants, car les banques, toujours en vertu de cet altruisme qui leur fait chérir les riches et abominer ceux qui n'alimentent leur compte courant que de leur salaire mensuel, ne vont pas manquer ou n'auraient pas manqué (le conditionnel est utilisé ici puisque nous ne savons pas ce que le peuple grec votera) de répercuter sur leur clients les douloureuses concessions faites au système. Monsieur PAPANDREOU avait, semble-t-il, donné son accord à cet accord. Il s'est dédit. Il peut paraître parjure, et en tout cas, le système étant ce qu'il est, il met l'Europe dans une situation impossible.
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(b) La seconde lecture est philosophique. En absence d'un système fédéral européen, de la persistance des États-Nations en Europe, et de la sacro-sainte référence à la démocratie, je ne vois aucune espèce de difficulté à demander à un peuple sur lequel pourrait s'abattre des contraintes lourdes, s'il est d'accord ou non pour souffrir (afin d'être beau ?). Le référendum est éminemment  démocratique. Conformément au théorème de CONDORCET (dont j'ai parlé plusieurs fois ici-même), il permet de connaître l'opinion majoritaire du peuple, en lui offrant deux choix, et deux seulement : oui ou non. C'est sûr que si l'on pouvait se passer de l'opinion  du peuple, semblent dire certains empêcheurs de tourner en rond, ce serait bien. Mais dans un pays qui a inventé la démocratie, il est d'assez bon ton de lancer cette initiative référendaire, dont nul ne peut connaître l'issue ni les conséquences. On ne peut pas vouloir la démocratie quand ça arrange, et ne pas la vouloir quand ça dérange.
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(c) La troisième est financière. A l'annonce du référendum grec, les valeurs bancaires cotées en bourse se sont effondrées : la véritable raison des décisions politiques européennes est d'ordre financier. Pour faire passer la pilule, on demande aux banques de banquer (après tout c'est un peu leur métier), en fait et in fine, aux déposants particuliers de payer la facture, puisque leur argent c'est notre argent, de façon à pérenniser un système de fou. Faire de l'argent une marchandise est moralement, intellectuellement, économiquement une monstruosité. Il se pourrait bien que le référendum grec marque le glas des idoles, le déboulonnage de MAMMON. Les Grecs auraient alors à supporter les conséquences des inconséquences de leurs gouvernements successifs, une certaine Europe irait à l'agonie, et ceux des peuples européens qui en ont la volonté et les moyens pourraient enfin s'unir pour le bien des leurs. L'Europe actuelle est une pétaudière à 27. Nous n'avions pas besoins de 27 membres. L'Europe des 6 suffisaient, et il y avait encore bien du travail à conduire pour harmoniser les politiques, les finances, la fiscalité, le commerce, la culture. Je suis désolé de les mettre ici dans le même sac, mais Arnaud MONTEBOURG et sa lutte contre la mondialisation et Marine LE PEN et son combat contre l'Europe financière et sans âme, risquent bien de trouver des adeptes, car tout n'est pas faux dans ce qu'ils disent.
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Je voudrais simplement conclure et justifier le titre de ce billet. Les mesures européennes étaient faites pour les financiers. Le référendum grec se moque des financiers. Les financiers se vengent à la bourse. Le Catoblépas se mord la queue. Tout est à reprendre. 
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